vendredi 11 septembre 2015

L'Homo Naledi, un ancêtre de l'Homme au cerveau de la taille d'une orange

Cette nouvelle espèce est classée dans le genre Homo, auquel appartient l’homme moderne…

Petit mais costaud, l’Homo naledi pourrait nous en apprendre beaucoup sur les origines de l’Homme moderne. Mise au jour au fin fond d’une grotte d’Afrique du Sud, à Maropeng, sur le site archéologique du « Berceau de l’humanité », classé au patrimoine de l’Unesco, cette ancienne espèce humaine jusqu’alors inconnue est une découverte « remarquable » qui souligne la complexité de l’évolution humaine, ont déclaré jeudi des chercheurs internationaux. Mais à quoi ressemblait-il ? 20 Minutes dresse le portrait de notre lointain aïeul.



Un cerveau de la taille d’une orange et un corps élancé

Baptisée Homo naledi, cette nouvelle espèce est classée dans le genre Homo, auquel appartient l’homme moderne. La quinzaine d’individus retrouvés dans la grotte seraient donc nos lointains ancêtres. Entre eux et nous, des caractéristiques communes indéniables existent, mais de nombreuses différences aussi. Pas très grand, l’Homo naledi mesurait en moyenne 1,5 mètre pour 45 kilos, mais ses pieds et ses longues jambes laissent penser qu’il était fait pour marcher longtemps. En revanche, il n’était pas doté d’un cerveau très développé.
L’Homo naledi « avait un cerveau minuscule de la taille d’une orange et un corps très élancé », a détaillé John Hawks, chercheur à l’université de Wisconsin-Madison et auteur d’un article publié jeudi dans le magazine scientifique eLife. « Son petit cerveau et la forme de la partie supérieure de son corps sont plus proches du groupe pré-humain des australopithèques », explique le professeur Chris Stringer du Musée d’histoire naturelle de Londres.

Capable de manier des outils

« Dans le même temps, certains aspects de l’Homo naledi, comme ses mains, ses poignets et ses pieds, sont très proches de celles de l’homme moderne », poursuit-il. D’ailleurs, ses mains « laissent supposer qu’il avait la capacité de manier des outils », ses doigts étaient extrêmement incurvés, tandis qu'« il est pratiquement impossible de distinguer ses pieds de ceux d’un homme moderne », ont abondé l’université du Wits, la National Geographic Society et le ministère sud-africain des Sciences.

« Le mélange de caractéristiques de l’Homo naledi souligne une fois de plus la complexité de l’arbre généalogique humain et la nécessité de conduire des recherches plus poussées pour comprendre l’histoire et les origines ultimes de nos espèces », estime Chris Stringer. Cette découverte, qui vient compliquer un peu plus le tableau des hominidés, pourrait permettre d’en apprendre davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d’années, entre l’australopithèque primitif et le primate du genre homo, notre ancêtre direct. Mais pour l’heure, les quelque 1.550 ossements retrouvés n’ont pas été datés.

Les chercheurs pourraient d’ailleurs en trouver d’autres. Depuis des années, le Berceau de l’humanité, zone truffée de grottes et de fossiles de pré-humains et véritable mine d’informations sur nos ancêtres, est un trésor pour les archéologues et paléontologues.

Source : 20 minutes du 10/09/2015