mercredi 8 mars 2017

Un hominidé inconnu découvert en Chine

Une équipe de chercheurs annonce la découverte en Chine de restes de crânes anciens qui pourraient appartenir à une espèce humaine archaïque inconnue, probablement un ancêtre direct des Chinois modernes.

L’évolution du genre humain ressemble à un buisson foisonnant. Certaines lignées sont des impasses quand d’autres cohabitent en même temps, mais évoluent de manière autonome, en parallèle et sans interfécondations. Remonter chaque lignée est donc une tâche ardue qui ne s’appuie que sur les quelques fossiles retrouvés ici et là. Mais des fossiles, on continue d’en trouver ! Des fouilles récentes menées près de la ville de Xuchang, dans la province du Henan et détaillées dans la revue Science ont récemment révélé la présence de crânes vieux de 105 000 à 125 000 ans qui pourraient venir combler quelques-unes des pièces manquantes de l’évolution du genre humain en Asie de l’Est.

Les crânes retrouvés ont des traits communs avec ceux des hominidés qui habitaient à l’époque préhistorique dans le centre et le nord de la Chine dont des fossiles avaient déjà été découverts. Pour autant, ces crânes présentent néanmoins des spécificités qui permettent de les classer à part. « Il s’agit d’une toute nouvelle espèce », assure l’archéologue Li Zhanyang de l’Institut des vestiges culturels et des recherches archéologiques du Henan. Selon lui, l’os temporal et la voûte crânienne prouvent qu’il s’agit bien d’une espèce intermédiaire qui aurait vécu entre le sinanthrope (700 000 à 230 000 ans avant notre ère) et les premiers Homo sapiens (40 000 avant notre ère).

« C’est la première fois que l’on découvre des fossiles qui ont des traits propres aux os des Néandertaliens en Asie de l’Est (…). Il est fort probable qu’ils soient les ancêtres directs des Chinois modernes », souligne le chercheur. Il est à cette heure un peu tôt pour spéculer, mais les archives de fossiles humains étant extrêmement fragmentées en Asie orientale, la découverte n’en reste pas moins très excitante. Aucun ADN n’a pu être encore extrait des échantillons retrouvés, de sorte que toute autre identification est pour le moment impossible, mais de nouvelles fouilles sur le site pourraient fournir plus d’indices.

Source : Sciencepost du 07/03/2017