mercredi 26 avril 2017

La saga du « Hobbit » continue : quelles sont les origines de l’Homme de Florès ?

De nouvelles recherches suggèrent que l’Homme de Florès (Homo floresiensis), aussi appelé le « Hobbit » en raison de sa petite taille, serait finalement étroitement lié à un ancêtre humain vivant en Afrique il y a quelques millions d’années, Homo habilis (et non Homo erectus comme on il était largement supposé).

En 2003, sur l’île de Florès, en Indonésie, de petits Hominidés furent trouvés et appelés « Hommes de Florès » ou « Hobbits » en raison de leur petite taille. Onze ans plus tard, d’autres restes humains plus anciens ont été découverts sur cette même île. Ils étaient alors considérés comme les ancêtres de ces « Hobbits ». Ces nouveaux fossiles évoquant Homo erectus, notre ancêtre, ces petits hominidés ont alors été considérés comme nos cousins et auraient subi le phénomène évolutif du nanisme insulaire. Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université nationale australienne (ANU) a en revanche révélé que l’Homme de Florès était probablement une espèce sœur d’Homo habilis, l’une des premières espèces d’êtres humains qui vivaient en Afrique il y a 1,75 million d’années.

Ainsi l’Homme de Florès n’aurait aucun lien avec Homo erectus ? Les chercheurs ont en effet examiné plus de cent caractéristiques osseuses de onze espèces d’hominidés, dont Australopithecus afarensis, Homo erectus, Homo habilis et Homo sapiens. En appliquant des outils statistiques, il ont alors conclu qu’il n’y avait aucune preuve étayant l’hypothèse dominante actuelle sur les origines de H. floriensis : « Les résultats permettront de clore un débat depuis la découverte de l’Homo floresiensis », a notamment admis Debbie Argue, de l’École d’archéologie et d’anthropologie de l’ANU. « Les analyses montrent que sur l’arbre généalogique, l’Homme de Florès était probablement une espèce sœur de l’Homo habilis. Cela signifie que les deux ont partagé un ancêtre commun ».

En analysant les restes de H. floriensis (133 points de données sur le crâne, les mâchoires, les dents, les bras, les jambes et les épaules), les chercheurs ont tablé que des structures telles que la forme de la mâchoire étaient trop primitives pour être liées à H. erectus. « Logiquement, il serait difficile de comprendre comment vous pourriez avoir cette régression — pourquoi la mâchoire d’Homo erectus évoluerait-elle vers la condition primitive observée chez Homo floresiensis ? », interroge Debbie Argue. En revanche, les caractéristiques primitives suggèrent une séparation assez précoce d’une espèce d’hominidés plus ancienne, il y a plus de 1,75 million d’années : Homo Habilis. Il est alors possible qu’une population diminuée d’hominidés plus proches de H. habilis que toute autre espèce humaine en provenance d’Afrique ait traversé l’Asie, avant de se retrouver dans les coins les plus éloignés du monde comme l’île de Flores.

Malheureusement, comme beaucoup d’autres espèces, le « hobbit » n’aura laissé derrière lui que quelques os dispersés sur une île et quelques pierres ébréchées, de quoi nous fournir quelques indices de son histoire. Les découvertes futures et les analyses des fossiles pourraient fournir plus de détails sur la nature exacte de cette ramification. Il s’agit là d’une simple branche dans un magnifique buisson d’hominidés, mais quelle branche exactement ? L’Homme de Florès est-il vraiment une espèce sœur d’H. habilis ? Appartient-il à un autre groupe ? La saga du Hobbit a encore de beaux jours devant elle.

Source : Sciencepost du 25/04/2017