dimanche 30 avril 2017

Les origines d’Homo floresiensis se précisent

D’après une nouvelle étude des restes fossilisés du « hobbit », il apparaît que ses origines seraient à chercher vers un autre ancêtre africain qu’Homo erectus

L’hominidé découvert sur l’île de Flores, en Indonésie, est certes petit par sa taille (1,1 mètre), mais la multitude d’études qui lui sont consacrées depuis 2003 en font une des plus grandes révolutions dans la compréhension de l’évolution humaine.

Une étude plus complète

La nouvelle étude était diligentée par le Dr Debbie Argue (École d'Archéologie et d'Anthropologie, Australian National University) ; l’équipe était constituée de scientifiques australiens, malgaches et américains. Elle a été publiée dans le Journal of Human Evolution.
Jusqu’à présent, les études allaient dans le sens d’un Homo floresiensis descendant d’un Homo erectus beaucoup plus grand et qui vivait en Asie, à Java. Une autre piste expliquait la morphologie de l’Homme de Flores par une lignée malade d’Homo sapiens.
Alors que les précédentes recherches étaient concentrées principalement sur le crâne et la mâchoire inférieure, l’étude de Debbie Argue a utilisé 133 points de mesures comprenant aussi bien le crâne que la mâchoire et les dents, mais également les bras, les jambes et les épaules. Plusieurs espèces ont pu ainsi être comparées : A. afarensis, A. africanus, A. sediba, H. habilis, H. rudolfensis, H. ergaster, H. erectus (Sangiran and Trinil), H. georgicus, Homo naledi, H. floresiensis, et H. sapiens.

Une remise en cause de la filiation d’Homo floresiensis

En comparant la morphologie et le squelette de l’homme de Flores avec celui d’Homo erectus, l’équipe a complètement invalidé la filiation entre les deux espèces.
"Nous avons examiné si Homo floresiensis pouvait être un descendant d'Homo erectus" indique le professeur Argue.
"Nous avons constaté que si vous essayez de relier ces deux espèces sur l'arbre généalogique, vous obtenez des résultats incompatibles. Tous les tests indiquent que cela ne correspond pas, cette théorie n'est tout simplement pas viable".

Le Dr Argue indique que par de nombreuses caractéristiques, telles que la structure de la mâchoire, Homo floresiensis était plus primitif qu’Homo erectus.
"En toute logique, il est difficile de comprendre comment vous pourriez avoir une régression. Pourquoi et comment la mâchoire d'Homo erectus aurait-elle pu évoluer vers un stade plus primitif comme celui d’Homo floresiensis ?" C’est une constante dans l’évolution des espèces… on ne revient pas en arrière.

Homo habilis en ancêtre probable ?

D’après les chercheurs, il semble que les racines d’Homo floresiensis pourraient être beaucoup plus anciennes qu’initialement prévues. Avec cette nouvelle étude, la « date de naissance » de l’espèce pourrait être repoussée à 1,75 millions d'années en arrière.
"Si c’est le cas, Homo floresiensis aurait évolué avant le premier Homo habilis, ce qui rendrait cette espèce très archaïque", a déclaré le Dr Argue. Les deux espèces sœurs aurait donc un ancêtre en commun.
Le professeur Mike Lee (Université Flinders) et le Musée sud-australien d’Adélaïde ont utilisé la modélisation statistique pour analyser les données.
"Lorsque nous avons fait l'analyse, il y avait des éléments très clairs en faveur d’une relation avec Homo habilis. Homo floresiensis occupait une position très primitive sur l'arbre de l’évolution humaine", a déclaré le professeur Lee.

"Nous sommes sûrs à 99 % qu’Homo floresiensis n'est pas lié à Homo erectus et à presque 100 % qu’il n’est pas non plus un Homo sapiens mal formé", a déclaré le professeur Lee.

Source : Hominidés.com du 27/04/2017