La grotte de Rouffignac est une grotte ornée située au cœur du Périgord, sur la commune de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac, entre Bergerac et Sarlat, dans le département de la Dordogne (France). Le site abrite plus de 250 gravures ainsi que des dessins au trait datant du Paléolithique supérieur (Magdalénien, plus de 13 000 ans).
Art
Il y a environ 13 000 ans (Magdalénien), ces galeries furent ornées de 158 mammouths associés à des rhinocéros laineux, des bisons, des chevaux et des bouquetins. Les figures sont profondément gravées ou peintes en noir. Quatre figurations humaines et des signes tectiformes sont également présents.
L'oxyde de manganèse qui a servi au tracé des dessins vient de Romanèche, distant de 450 km.
Historique
La grotte est connue depuis plusieurs siècles et a été décrite en 1575 par François de Belleforest. Le chanoine Jean Tarde la mentionne également au XVIIe siècle, déclarant y avoir vu « des peintures en plusieurs lieux, montrant des vestiges de toutes sortes de bétail ».
C'est au milieu du XVIIIe siècle qu'est dressé le premier plan de la caverne, qu'on doit à Gabriel Bouquier. Ce plan est aujourd'hui conservé au Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord.
La grotte de Rouffignac est connue sous d'autres noms, utilisés par le passé : la grotte de Miremont, le Cro des Cluzeau, le Cro de Granville.
Les dessins de la frise des rhinocéros sont (re)découverts par le Spéléo-Club de Périgueux. Ils apparaissent derrière une tente de leur campement photographié par Bernard Pierret lors d'une expédition en 1948. Cette photo est publiée en 1951 dans Le Périgord souterrain de B. Pierret. Informé par les spéléologues, le directeur de la Circonscription préhistorique (Séverin Blanc) conclut à « des dessins faits par le maquis ».
Les peintures et gravures de la grotte ont été découvertes scientifiquement le 26 juin 1956 par le professeur Louis-René Nougier, titulaire de la chaire de Préhistoire de l'Université de Toulouse, et Romain Robert de la Société Préhistorique de l'Ariège.
Une vive polémique relatée dans l'ouvrage La Guerre des Mammouths surgit entre ceux qui croient en l'authenticité des œuvres d'art et ceux qui en doutent. La conclusion ferme et définitive est donnée en septembre 1956, après les expertises de Henri Breuil, du professeur Paolo Graziosi de l'Université de Florence et du professeur Martin Almagro de l'Université de Madrid. Auparavant il y a eu les grands débats sur l'art pariétal découvert à la grotte Chabot (1878), Altamira (1879), Pair-non-Pair (1883), grotte de la Mouthe (1895), la grotte du Figuier… et bien d'autres. Le terrain est donc déjà largement préparé pour une reconnaissance de l'ancienneté de l'art de Rouffignac.
Source : Wikipedia


