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mardi 31 octobre 2023

La poussière d’astéroïde bel et bien à l’origine de l’hiver de 15 ans qui a causé l’extinction des dinosaures

Il y a 66 millions d’années, le ciel s’est assombri et a plongé la Terre en hiver durant quinze ans. Plutôt que du soufre ou de la suie, une étude affirme que c’est la silice soulevée par l’astéroïde qui aurait bloqué la lumière du soleil.

L’énigme de la disparition des dinosaures s’éclaircit. On savait que l’impact d’un astéroïde d’au moins 10 kilomètres de diamètre dans l’actuel golfe du Mexique, il y a 66 millions d’années, avait causé l’extinction des trois quarts du monde vivant, dont les dinosaures. Mais la nature exacte du phénomène provoqué par la météorite Chicxulub restait matière à débat. Selon une étude publiée ce lundi 30 octobre dans Nature Geoscience, la poussière soulevée par le gros caillou au moment de l’impact sur la surface de la Terre pourrait être à l’origine de l’hiver mondial meurtrier qui a suivi.

Les théories les plus récentes voulaient que du soufre dégagé par l’impact, ou la suie dégagée par des incendies colossaux, aient bloqué la lumière du soleil et plongé le monde dans un long hiver. Une équipe de géoscientifiques de l’Observatoire royal de Belgique à Bruxelles, a réexaminé les conséquences de cet épisode et a redonné du souffle à une théorie antérieure : ce sont plutôt de fines poussières de silice, du sable pulvérisé, qui auraient persisté dans l’atmosphère quinze années durant et obscurci le ciel durablement.

Pour obtenir de tels résultats, les chercheurs ont retrouvé et identifié des particules de poussières de 0,8 à 8 micromètres, issues de l’impact de l’astéroïde, dans le Dakota du Nord, aux Etats-Unis. En entrant leurs données dans des modèles climatiques similaires à ceux utilisés aujourd’hui, les géoscientifiques ont déterminé que ces poussières avaient joué un rôle beaucoup plus important qu’estimé. Les simulations ont révélé que sur toute la quantité de matière projetée dans l’atmosphère, les trois quarts étaient constitués de poussières, pour 24 % de soufre et seulement 1 % de suies.

Ces particules de poussière ont «complètement empêché la photosynthèse» chez les plantes pendant au moins une année, entraînant un «effondrement catastrophique» de la vie, selon Ozgur Karatekin, coauteur de l’étude. L’obstruction presque totale de la lumière solaire a également provoqué un refroidissement brutal de la surface de la Terre. Suivant les scénarios, les températures moyennes mondiales auraient alors chuté de 34 °C, passant de près de 19 °C à -15 °C.

«Nous devons approfondir nos connaissances sur les causes du refroidissement global et de la perte de photosynthèse afin de mieux comprendre les mécanismes exacts de destruction qui ont suivi l’impact de Chicxulub», explique Cem Berk Senel, à la tête de l’étude. «C’est la première fois que des simulations paléoclimatiques indiquent une suppression de l’activité photosynthétique pendant deux ans et un hiver d’impact induit par la poussière pendant 15 à 20 ans», se félicite-t-il. Le brouillard sur les causes de cet hiver dramatique semble donc se dissiper. Une chose est sûre les dinosaures ont pris un fatal coup de froid.

Source : Libération du 31/10/2023

mercredi 25 octobre 2023

Extinction des dinosaures : volcan ou météorite ? Un ordinateur tranche

Lequel du volcan ou de la météorite est à l’origine de l’extinction des dinosaures, il y a 66 millions d’années ? Des chercheurs ont programmé un modèle informatique pour qu’il réponde à cette question et tranche sur ce débat de longue date. En deux jours, il a analysé plus de 300.000 scénarios en les comparant aux données d’archives fossiles et n’en a retenu qu’un seul.

Depuis la découverte, par Luis et Walter Alvarez, du cratère de Chicxulub au Mexique, causé par un astéroïde de plusieurs kilomètres de large, le débat fait rage entre les scientifiques : les dinosaures ont-ils finalement été tués par cet impact, ou plutôt par le déversement de gaz provenant de volcans dans la région de l'Inde actuelle ?

Des chercheurs du Dartmouth College (Etats-Unis) ont expérimenté une nouvelle approche, en retirant les scientifiques de la discussion. Ils ont conçu un programme informatique capable d’analyser des milliers d’archives fossiles. A partir des données géochimiques et organiques que ces fossiles contiennent, le réseau de processeurs a tranché : l’extinction du Crétacé-Paléogène (K-Pg) serait attribuée à de grands volcans, connus sous le nom de trapps du Deccan. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Science.

Analyser les fossiles… à l’envers

Pour analyser les conditions climatiques d’une période, les chercheurs disposent d’une source d’information précieuse : les fossiles, qui enregistrent et figent la température et la chimie des océans à un instant t. Dans la plupart des modèles informatiques, les scientifiques proposent un scénario et le programme compare le résultat à ces archives fossiles, c’est le sens "direct". "Leur portée est limitée car les scientifiques donnent des "causes" à un ordinateur, qui analyse les effets", explique Alexander Cox, premier auteur de l’étude pour Sciences et Avenir.

Au contraire, un modèle dit "inverse" utilise les "effets” comme données d'entrée et s'efforce de trouver leurs causes. Le programme qu’ont élaboré les chercheurs américains utilise donc les données géochimiques capturées dans les fossiles pour comprendre les changements environnementaux qui se sont opérés à l’époque de l’extinction des dinosaures. "Nous ne pouvons pas observer directement la quantité de gaz qui a été rejetée par les volcans du Deccan, par exemple, mais nous pouvons observer les changements chimiques qui se sont produits à cette époque, tels qu'ils sont enregistrés dans les fossiles", résume-t-il.

Les chercheurs ont une idée précise du climat qui devait régner alors. La composition de l’atmosphère la rendait instable. Chargée en soufre, elle empêchait le soleil d’atteindre le sol, et emmagasinait de la chaleur à cause des minéraux en suspension dans l’air et du dioxyde de carbone. Restait à identifier leur origine.

128 processeurs interconnectés

Pour cela, l’équipe d’Alexander Cox a établi un réseau de processeurs interconnectés : 128 exactement. Chacun est capable d’analyser des données géologiques et climatiques sans intervention humaine et de comparer ses résultats avec les autres processeurs dans le but d’affiner son hypothèse. "Nous proposons à un processeur une première estimation des émissions de dioxyde de carbone et de soufre, aux alentours de la limite d'extinction, ainsi que d'autres facteurs biologiques. Le modèle calcule ensuite les conditions et la température qui résulteraient de cette quantité de gaz", précise Alexandre Cox.

Un "score" est alors attribué au résultat, en fonction de la qualité du modèle. Le processeur modifie ensuite de manière aléatoire la quantité de dioxyde de carbone et de soufre, puis exécute à nouveau le modèle et lui attribue un nouveau score. Si le score est meilleur, il considère cette nouvelle solution comme la meilleure estimation actuelle. "Lorsque 128 processeurs travaillent en interconnexion, cela signifie qu'une fois que chaque processeur a terminé ses calculs, ils peuvent comparer les résultats entre eux et parvenir à une solution plus rapidement", indique le chercheur.

Les volcans en cause

Il aura fallu seulement 48 heures à ce programme pour quantifier les émissions de gaz nécessaires aux perturbations chimiques enregistrées dans les fossiles de cette période. "Celles-ci correspondent à nos estimations concernant les grands volcans du Deccan", affirme Alexander Cox. Les trapps du Deccan étaient en effet en éruption depuis 300.000 ans avant que l’astéroïde Chicxulub ne percute la Terre. Au cours de leurs éruptions, étalées sur un million d’années, ils auraient donc rejeté 10.400 milliards de tonnes de dioxyde de carbone et 9.300 milliards de tonnes de soufre.

Au moment de l’impact de l’astéroïde Chicxulub, le modèle relève toutefois que l’océan a stocké beaucoup moins de carbone organique. D’après les chercheurs, ce résultat pourrait être dû à la disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Par ailleurs, si l’impact a probablement émis du dioxyde de carbone et du soufre, le programme informatique n’a pas identifié d’augmentation significative : l’astéroïde n’aurait donc pas contribué à l’extinction par le biais de ces gaz.

A titre de comparaison, la combustion de combustibles fossiles entre 2000 et 2023 a rejeté environ 16 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère par an : "C’est 100 fois plus haut que le taux d’émission annuel le plus élevé prévu par les scientifiques pour les pièges du Deccan. Bien qu'alarmant en soi, il faudrait encore quelques milliers d'années pour que les émissions actuelles de dioxyde de carbone atteignent la quantité totale rejetée par les anciens volcans", déclare Alexander Cox.

D’une efficacité redoutable, le modèle établi par les chercheurs du Dartmouth College pourrait être utilisé pour "tout système terrestre dont nous connaissons l’effet mais pas la cause", d’après les scientifiques. Il pourrait s’agir d’autres extinctions massives, ou du Miocène par exemple, afin d’expliquer les températures très élevées que cette période a connu. Par ailleurs, les chercheurs souhaitent désormais travailler sur la preuve mathématique formelle de leur méthode et sur l’incidence du nombre de processeurs utilisés.

Source : Sciences et Avenir du 24/10/2023

vendredi 30 septembre 2022

Les dinosaures étaient déjà sur le déclin avant la chute de l'astéroïde

Si la crise biologique marquant la fin du Crétacé est souvent représentée comme un événement brutal, associé à la chute de l’astéroïde du Chicxulub, l’extinction des dinosaures ne serait en réalité que le résultat d’un long déclin, entamé plusieurs millions d’années auparavant.

Il y a environ 66 millions d'années, les dinosaures s'éteignaient, ne laissant derrière eux qu'une maigre descendance. Seuls les oiseaux sont en effet aujourd'hui les héritiers de ces géants qui ont régné sur les continents et océans du globe durant plus de 180 millions d'années.

Cette extinction de masse est connue comme la crise biologique de la fin du Crétacé, ou crise Crétacé-Tertiaire. Ses causes exactes sont encore mal contraintes, même si on la présente généralement comme le résultat de la chute d'un important astéroïde, ou d’éruptions volcaniques massives au niveau de ce que l'on nomme aujourd'hui les Trapps du Deccan.

Deux catastrophes naturelles qui se seraient donc combinées pour mettre à bas l'ensemble des espèces de dinosaures. Mais cette extinction s'est-elle produite brutalement, comme le laissent souvent penser les images de dévastation de l’astéroïde, ou s'est-elle étagée bien plus longuement dans le temps ?

Des dinosaures déjà mal en point bien avant la chute de l’astéroïde

Pour les chercheurs de l'Académie chinoise des Sciences, cela ne fait désormais plus de doute. C'est bien la deuxième option qui serait la plus réaliste. Les dinosaures auraient en effet subi un long déclin avant de s'éteindre définitivement.

Si les données paléontologiques montrent que, sur les derniers millions d'années marquant la fin du Crétacé, les dinosaures étaient encore bien présents sur l'ensemble du globe, on ne peut cependant pas dire qu'ils étaient en très bonne forme ! Il semblerait en effet que leur population n'était déjà plus très diversifiée, et cela bien avant la chute de l'astéroïde du Chicxulub.

C'est ce que rapportent les chercheurs chinois dans un article publié dans la revue PNAS. Pour arriver à cette conclusion, ils ont étudié dans le détail plus de 1.000 fossiles d'œufs de dinosaures retrouvés dans le centre de la Chine, et datant des deux derniers millions d'années avant l'extinction totale des dinosaures. Alors que la région est bien connue pour son abondance en fossiles et le grand nombre d'espèces représentées, les chercheurs montrent que cette période (-68,2 à -66,4 millions d'années) a été marquée par un net déclin de la diversité des populations de dinosaures.

Pauvreté anormale des espèces bien avant l’extinction

Les œufs retrouvés ne sont en effet issus que de trois espèces différentes : Macroolithus yaotunensis, Elongatoolithus elongatus, et Stromatoolithus pinglingensis. Deux de ces espèces sont des oviraptors, des petits dinosaures sans dents et munis d'un bec servant certainement à casser des coquilles d'œufs pour les manger. La troisième espèce est un herbivore de la famille des Hadrosaures, affublé d'un bec de canard. À côté de ça, quelques rares ossements de tyrannosaures et de sauropodes ont été retrouvés dans la région. Cette pauvreté anormale de la biodiversité des dinosaures durant les derniers millions d'années avant l'extinction totale a également été observée en Amérique du Nord et suggère que les dinosaures étaient déjà en voie d'extinction de manière globale durant la fin du Crétacé supérieur.

Les causes de ce long déclin sont encore mal connues. Parmi elles, une modification du climat, peut-être en lien avec l'intense fragmentation continentale qui se joue à cette époque, une modification de la chaîne alimentaire avec le début de la domination des plantes à fleurs sur les conifères, ou simplement les conséquences d'une trop forte diversification des espèces. Il ne faut pas oublier le rôle certainement majeur des éruptions volcaniques des Trapps du Deccan durant cette période. Cet épisode volcanique d'ampleur phénoménale, actif dès -68 millions d'années, aurait entraîné des changements climatiques et environnementaux importants, déstabilisant les populations de dinosaures les plus adaptées à leur environnement et les plus sensibles aux modifications des écosystèmes.

L'astéroïde du Chicxulub, dont la chute est datée à 66 millions d'années, n'aurait été que la cerise sur le gâteau, finissant de ravager une population déjà à l'agonie depuis plusieurs millions d'années.

Source : Futura-Sciences du 25/09/2022

lundi 12 septembre 2022

Les forêts se seraient embrasées instantanément après la chute de l’astéroïde qui a tué les dinosaures !

Il y a 66 millions d’années, la chute de l’astéroïde du Chicxulub aura marqué profondément l’histoire de la Terre. Aujourd’hui, on comprend mieux comment s’est déroulée cette catastrophe qui a provoqué un embrasement quasi instantané des forêts dans un rayon de plusieurs milliers de kilomètres.

Si les conséquences à long terme de l'impact météoritique géant qui donna naissance au cratère de Chicxulub sont bien connues (extinction des dinosaures, modification du climat), la chute de l'astéroïde a eu également des effets immédiats extrêmement dévastateurs, notamment la génération d'un important tsunami et de vastes incendies de forêt.

Les habitants de la ville de Chelyabinsk en Russie s'en souviennent : en 2013, l’explosion d’une « petite » météorite d’environ 15 mètres de diamètre avait provoqué une importante onde de choc qui avait fait d'importants dégâts.

Imaginons désormais la puissance de l'impact d'un astéroïde de plus de 10 km de diamètre, comme cela a été le cas il y a 66 millions d'années, à la fin du Crétacé. L'énergie libérée a été estimée à plusieurs milliards de fois celle de la bombe d'Hiroshima.

Une radiation thermique carbonisant tout le paysage en quelques secondes

Sous l'effet du choc, les roches composant l'astéroïde mais également la croûte continentale se sont immédiatement vaporisées, produisant une énorme boule de feu se propageant très rapidement à partir du point d'impact, bien plus rapidement que l'onde de choc. Avec des températures supérieures à 1.000 °C, l'ensemble du paysage est dévasté en quelques secondes, et cela sur plusieurs milliers de kilomètres.

Sous l'effet de cette radiation thermique, la végétation, mais également tous les êtres vivants, sont instantanément carbonisés, avant même de subir le souffle qui couchera les arbres au sol, ou la vague de tsunami qui interviendra pourtant très rapidement, quelques minutes seulement après l'impact.

Voici le terrifiant tableau des événements que relate l'article publié dans Scientific Report. Des chercheurs anglais, mexicains et brésiliens se sont en effet penchés sur les causes des feux de forêt survenus le jour de la catastrophe, mais également sur la chronologie des événements.

Des troncs calcinés à plus de 2.500 km de l’impact

Les scientifiques ont analysé des dépôts sédimentaires situés à plus de 2.500 km du cratère de Chicxulub. Ces dépôts datant de 66 millions d'années montrent en effet une importante amalgamation de débris de toutes sortes : fossiles de coraux, coquilles de gastéropodes et bivalves sont mélangés à des débris de troncs d'arbres calcinés, le tout enrobé dans une matrice riche en argile. Cet agencement de débris très hétéroclites n'est autre que la marque laissée par le méga-tsunami qui a déferlé sur le paysage rapidement après l'impact.

Dans les dépôts du tsunami survenu après l'impact, les scientifiques ont retrouvé d'imposants fragments de troncs dont l'écorce est calcinée.

Les fragments de bois sont de taille conséquente, avec des morceaux de tronc pouvant aller jusqu'à 3 mètres. Sur les troncs, se trouvent encore de larges portions d'écorce calcinée pourtant toujours en place, ce qui suggère qu'après avoir brûlé, les troncs ont été très rapidement ensevelis sous les sédiments marins.

Il s'agit là d'une observation clé pour les scientifiques. Si la présence de charbon dans ces dépôts relativement éloignés du lieu de l'impact indiquait que des feux de forêt s'étaient bien déclarés plus ou moins à ce moment-là, l'exact enchaînement des événements et leurs causes étaient encore mal contraints. Ces feux avaient-ils été causés par l'impact lui-même ou de manière subséquente ? Certaines hypothèses proposaient en effet que des incendies se seraient déclenchés dans un second temps, par exemple par l'action de la foudre sur un sol jonché de débris végétaux et d'arbres abattus par le souffle de l'impact.

Un embrasement instantané avant l’arrivée du tsunami

Les données de l'étude montrent cependant que les incendies se sont déclarés avant la survenu du méga-tsunami, qui est arrivé sur le site une dizaine de minutes seulement après l'impact. La végétation se serait donc embrasée de façon quasi instantanée au moment de la formation du cratère de Chicxulub et sous l'effet de la chaleur dégagée par l'impact. Les mesures réalisées sur les échantillons d'écorce calcinée indiquent une température allant de 395 à 1.022 °C.

Les scientifiques notent cependant que l'intérieur des troncs n'est, quant à lui, pas brûlé. Deux hypothèses sont avancées : soit la végétation aurait subi un embrasement instantané lié à la radiation thermique, mais cela ne provoquant pas d'incendie à proprement parler, soit le tsunami serait arrivé suffisamment rapidement pour éteindre l'incendie causé par la vague de chaleur intense ou par la chute de gouttelettes de roche fondue, noyant tout sous un épais dépôt de boue.

Cette étude apporte donc des éléments significatifs permettant de reconstituer le film de cette terrifiante catastrophe. Elle permet également de mieux comprendre le déroulement des événements suivant immédiatement un impact météoritique géant.

Source : Futura du 11/09/2022

dimanche 28 février 2021

Extinction des dinosaures : affaire conclue ?

L’analyse de poussière d’astéroïde chargée en iridium sous le cratère de Chicxulub confirme qu’une roche spatiale est bel et bien à l’origine de la disparition des dinosaures il y a 66 millions d’années.

Si certains proposent une alternative cométaire ou volcanique à l’origine de l’extinction des dinosaures non aviens il y a 66 millions d’années, depuis quarante ans, l’hypothèse la plus largement acceptée reste celle de l’impact d’astéroïde. Nous devons cette idée à l’analyse des couches sédimentaires située à la limite Crétacé-Paléogène trouvées partout dans le monde. Elles présentent en effet des concentrations inhabituellement élevées d’iridium. Or, ce métal est plus couramment retrouvé dans certains astéroïdes et quasiment inexistant dans le reste de la croûte terrestre.

Quelques années plus tard, dans les années 90, les chercheurs ont identifié le site d’impact le plus probable : le cratère de Chicxulub, au Mexique. En 2016, un projet de forage a également souligné que la roche environnante avait été soumise à une immense pression en l’espace de quelques minutes.

Une étude le confirme

Dans le cadre d’une nouvelle étude, des chercheurs de l’Université du Texas (Austin) ont analysé 900 mètres d’échantillons de roches recueillis sous le cratère. Ces travaux ont permis de constater la présence de poussière d’astéroïdes à l’emplacement géologique précis qui marque le moment de l’extinction. “Des niveaux d’iridium trente fois supérieurs à la moyenne ont été trouvés à la limite “Crétacé / Tertiaire (KT) dans ce cratère“, écrivent les chercheurs.

Les concentrations les plus élevées d’iridium ont été trouvées dans une section de cinq centimètres du noyau rocheux récupéré au sommet du fameux “anneau de pointe” du cratère, formé lorsque les roches ont rebondi puis se sont effondrées par la force de l’impact.

Les dinosaures n’ont eu aucune chance

En plus de l’iridium, les carottes prélevées ont également livré de nombreux composés soufrés. Ces analyses montrent que de grandes quantités de soufre d’origine terrestre ont été soufflées dans l’atmosphère lors de l’impact. Notez que les résultats de quatre laboratoires indépendants du monde entier ont confirmé ces résultats. Selon les auteurs, il s’agit bien de la “preuve finale” que les dinosaures ont été anéantis par un astéroïde et que cet astéroïde a frappé à cet endroit précis.

Concrètement, cette poussière d’astéroïde s’est donc retrouvée vaporisée avec les roches environnantes, avant de dériver dans l’atmosphère et de se déposer au sol, formant la couche enrichie en iridium visible aujourd’hui dans le monde entier dans la couche géologique correspondant à cette époque.

D’après les auteurs, cette poussière soulevée par l’impact aurait circulé dans l’atmosphère pendant environ deux décennies. Autrement dit, c’était suffisamment long pour que tous ceux qui avaient survécu à l’impact et ses conséquences meurent finalement de faim.

Source : SciencePost du 26/02/2021Wikipedia

vendredi 26 février 2021

Extinction des dinosaures : la "pièce manquante du puzzle" enfin trouvée par les chercheurs

Par le biais d'une anomalie en iridium relevée dans une carotte de forage, des chercheurs viennent de mettre en évidence pour la première fois de la poussière de l'astéroïde qui a conduit à l'extinction des dinosaures au sein même du cratère de Chicxulub, au Mexique.

Il y a 66 millions d’années, un astéroïde d’environ 12 kilomètres de diamètre s’écrasait sur la Terre et provoquait la disparition des trois quarts des espèces qui la peuplaient, dont les dinosaures non-aviaires. Ce tragique cataclysme allait entièrement remodeler la vie sur notre planète et permettre aux mammifères - l’Homme y compris - de prendre le dessus. Ce scénario, nous avons pu le réécrire grâce à de multiples observations et études menées par des scientifiques depuis des décennies.

Différentes hypothèses ayant pu causer cette extinction massive ont été émises, comme celle d'une activité volcanique intense ou la fameuse piste de l’impact d’astéroïde. La découverte qui fera basculer la communauté scientifique vers cette explication cosmique a lieu au début des années 1980, dans des couches de sédiments près de Gubbio, en Italie, et de Caravaca, en Espagne. Dans une très fine couche d’argile qui marque la limite entre le Crétacé et le Paléogène, les scientifiques mesurent des concentrations remarquablement élevées en iridium, un métal rare qui s’observe peu à la surface du globe mais que l’on trouve en quantité dans les météorites. Cette couche n’a donc pu se former qu’avec la poussière produite par l'impact et la vaporisation d’une météorite géante.

Lors de cet impact, nous savons que l’onde de choc a vaporisé l'astéroïde en poussière, qui fut éjectée dans l’atmosphère avec, de surcroît, la poussière des roches impactées. Celle-ci s’est alors répandue partout, et a créé ce que l’on appelle un hiver nucléaire : les rayons du Soleil ne parviennent plus à traverser l'atmosphère rendu ainsi opaque. Ainsi, à la surface de la Terre, plongée dans une quasi-obscurité permanente, certaines des espèces qui avaient échappé à l’impact et autres tsunamis vont à leur tour mourir. Jusqu’à ce que toute la poussière finisse par retomber au sol. Cela prendra plusieurs décennies.

Scène de crime incomplète

Cependant, faute de cratère de météorite, l’hypothèse qu’une activité volcanique intense a pu causer cette extinction massive va parallèlement continuer de convaincre de nombreux chercheurs. La preuve "ultime", elle, est trouvée au tout début des années 1990 : un cratère d'impact de 200 km de diamètre est localisé sous la péninsule du Yucatán au Mexique. Un cratère que seul la chute d'un astéroïde de 12 km de diamètre a pu causer. Il prend le nom de cratère de Chicxulub. Pourtant, la "scène de crime" n’est pas au complet. Certains affirment que Chicxulub a pu se former antérieurement ou ultérieurement à la disparition des dinosaures. Que manque-t-il encore pour convaincre, exactement ? De quoi relier sans équivoque cette couche contenant de la poussière de l'astéroïde, localisée à ce jour sur près de 350 sites dans le monde, et cet énorme cratère.

Mercredi 24 février 2021, dans une étude publiée dans la revue Science Advances, une équipe internationale de chercheurs dirigée par Steven Goderis, géochimiste à la Vrije Universiteit Brussel, en Belgique, a annoncée être enfin parvenue à retracer cette couche contenant la poussière de l'astéroïde jusqu'à l'intérieur du cratère d'impact de Chicxulub.

Un prélèvement au cœur du cratère

En mai 2016, l’équipe a foré au centre du cratère, dans une zone plus élevée appelée "peak ring". Pour bien comprendre à quoi correspond cet "anneau de collines", il faut imaginer une goutte d'eau tomber dans un verre déjà rempli : en tombant à la surface, cette goutte formera une dépression au centre de laquelle se dessinera une petite protubérance, se transformant elle-même ensuite en anneau. En tombant sur le sol mexicain il y a 66 millions d’années, notre astéroïde a créé un effet semblable. Et il s’avère qu’au centre de son cratère d’impact s’observe toujours cette zone de relief. Pourquoi avoir effectué un prélèvement à cet endroit précis ? "Parce que c’est un endroit très particulier, préservé, où le tsunami provoqué par l’impact n’a pas effacé toutes les traces de cet événement", explique Ludovic Ferrière, spécialiste des cratères d’impact, conservateur de la collection de météorites du muséum d’Histoire naturelle de Vienne, en Autriche, et troisième auteur de l’étude.

Les scientifiques en ont ainsi extrait 835 mètres de roche qui a permis d'obtenir une quantité considérable de nouvelles informations sur les processus intervenus dans la région du cratère avant, pendant et juste après l’impact. Sur la base d’analyses géochimiques approfondies, "les plus fortes concentrations en iridium ont été trouvées dans un intervalle riche en argile dans les sédiments juste en dessous du calcaire du Paléogène", affirme Ludovic Ferrière. "C’est vraiment un enregistrement sans précédent, la pièce manquante du puzzle."

"La préservation de la couche riche en iridium dans le cratère est tout simplement fantastique, elle constitue la preuve indiscutable que l'impact et l'extinction sont étroitement liés", conclut Philippe Claeys, professeur de géologie à la Vrije Universiteit Brussel et vétéran de la recherche sur l’extinction Crétacé-Paléogène, dans un communiqué. De son côté, Ludovic Ferrière espère que cette découverte relancera la recherche sur l'extinction massive du Crétacé-Paléogène, une période sur laquelle quantité d’informations reste encore à découvrir. "Et motivera les plus jeunes à se lancer dans une carrière de chercheur. Il y a encore tellement de choses à comprendre."

Source : Sciences et Avenir du 25/02/2021