Des chercheurs ont découvert en Crimée l'un des plus anciens témoignages directs de la présence de l'Homo sapiens au sud-est de l'Europe. Des restes humains vieux de 32.000 ans ont été mis au jour dans le sud montagneux de la presqu'île ukrainienne.
Une équipe de chercheurs européens, du CNRS et du département de Préhistoire du Muséum national d'Histoire naturelle notamment, a mis au jour des restes humains sur le site de Buran-Kaya, en Crimée, dans l'une des couches de terrain correspondant à l'ère Paléolithique supérieure. Dans un communiqué, le CNRS explique que 162 fragments d'ossements humains, appartenant à au moins cinq individus : un enfant, deux adolescents et deux adultes. Ils ont été découverts près d'outils en pierre taillées et d'os d'animaux, pour la plupart des antilopes saïga, des renards et des lièvres. Des objets de parure ont également été mis au jour. Les archéologues ont par exemple trouvé des perles en ivoire de mammouth et des coquillages troués. Les fragments d'os humains trouvés sont principalement des morceaux de crâne, de côtes, de phalanges et de dents.
La datation au carbone 14 de l'un de ces os, et d'un os de cerf, a permis de déterminer leur âge : 32.000 ans. Le site de Buran-Kaya devient alors l'un des plus anciens qui aient été occupés par l'Homme moderne en Europe, souligne le CNRS. Seuls deux sites, l'un en Roumanie et l'autre en Russie, sont plus anciens, avec des traces datant de 34.000 ans pour le premier, et de 33.000 ans pour le site russe. Tous les sites d'Europe occidentale sont quant à eux plus récents. Cette découverte tend à confirmer l'hypothèse d'une colonisation du continent d'est en ouest par les premiers Homo Sapiens. "Ces derniers se seraient répandus en Europe par les régions sud-orientales bordant la Mer Noire depuis le Moyen-Orient", explique le CNRS.
Source : MaxiSciences du 29/06/2011
jeudi 30 juin 2011
mercredi 29 juin 2011
Des Homo sapiens vieux de 32 000 ans découverts en Ukraine
Des restes humains âgés de 32 000 ans ont été identifiés en Crimée, plus ancien témoignage direct de la présence de l'homme moderne dans cette région de l'Europe qui suggère que l'Homo sapiens a colonisé ce continent d'est en ouest à partir du Moyen-Orient.
La datation au carbone 14 d'un os humain et d'un os de cerf trouvés sur le site de Buran-Kaya III, dans le sud montagneux de l'Ukraine, a établi que leurs propriétaires avaient vécu il y a 32 000 ans, ce qui en fait l'un des plus anciens sites occupés par l'homme moderne en Europe, indique dans un communiqué le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a participé aux recherches.
Seuls un site roumain et un site russe s'avèrent plus vieux (34 000 et 33 000 ans respectivement), précise le CNRS, pour qui cette découverte, publiée en ligne par la revue PLoS One, «atteste l'hypothèse d'une colonisation du continent d'est en ouest par les premiers hommes anatomiquement modernes».
L'Homo sapiens se serait répandu en Europe depuis le Moyen-Orient par les régions sud-orientales bordant la Mer Noire.
L'abri sous roche de Buran-Kaya III avait été découvert en 1991 et a depuis lors fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles. Une couche de terrain correspondant au Paléolithique supérieur (35 000 à 10 000 ans avant notre ère) a livré 162 fragments d'ossements humains aux côtés de restes d'animaux (antilopes, renards, lièvres, etc.), d'outils en pierre taillée et en os, et même d'objets de parures, comme des perles en ivoire de mammouth et des coquillages perforés.
Les ossements humains mis au jour dans l'abri appartiennent à au moins cinq individus (un enfant, deux adolescents et deux adultes), essentiellement des morceaux de crâne, des dents, une vertèbre et des fragments de côtes et de phalanges.
Mais «l'absence d'os longs, comme les fémurs par exemple, d'ordinaire bien préservés, a intrigué les chercheurs», relève le CNRS.
Des «traces de découpe présentes sur plusieurs os» indiquent en outre que les crânes ont été détachés du reste du corps après le décès.
La différence de traitement entre les ossements animaux et humains laisse toutefois penser qu'il ne s'agit pas de «cannibalisme nutritionnel» mais d'un rituel post-mortem dans le cadre de pratiques funéraires ou d'un cannibalisme rituel.
Une autre hypothèse est que les corps aient pu être désarticulés après le décès pour qu'une partie soit déposée à un autre endroit.
Source : Cyberpresse.ca du 28/06/2011
La datation au carbone 14 d'un os humain et d'un os de cerf trouvés sur le site de Buran-Kaya III, dans le sud montagneux de l'Ukraine, a établi que leurs propriétaires avaient vécu il y a 32 000 ans, ce qui en fait l'un des plus anciens sites occupés par l'homme moderne en Europe, indique dans un communiqué le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a participé aux recherches.
Seuls un site roumain et un site russe s'avèrent plus vieux (34 000 et 33 000 ans respectivement), précise le CNRS, pour qui cette découverte, publiée en ligne par la revue PLoS One, «atteste l'hypothèse d'une colonisation du continent d'est en ouest par les premiers hommes anatomiquement modernes».
L'Homo sapiens se serait répandu en Europe depuis le Moyen-Orient par les régions sud-orientales bordant la Mer Noire.
L'abri sous roche de Buran-Kaya III avait été découvert en 1991 et a depuis lors fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles. Une couche de terrain correspondant au Paléolithique supérieur (35 000 à 10 000 ans avant notre ère) a livré 162 fragments d'ossements humains aux côtés de restes d'animaux (antilopes, renards, lièvres, etc.), d'outils en pierre taillée et en os, et même d'objets de parures, comme des perles en ivoire de mammouth et des coquillages perforés.
Les ossements humains mis au jour dans l'abri appartiennent à au moins cinq individus (un enfant, deux adolescents et deux adultes), essentiellement des morceaux de crâne, des dents, une vertèbre et des fragments de côtes et de phalanges.
Mais «l'absence d'os longs, comme les fémurs par exemple, d'ordinaire bien préservés, a intrigué les chercheurs», relève le CNRS.
Des «traces de découpe présentes sur plusieurs os» indiquent en outre que les crânes ont été détachés du reste du corps après le décès.
La différence de traitement entre les ossements animaux et humains laisse toutefois penser qu'il ne s'agit pas de «cannibalisme nutritionnel» mais d'un rituel post-mortem dans le cadre de pratiques funéraires ou d'un cannibalisme rituel.
Une autre hypothèse est que les corps aient pu être désarticulés après le décès pour qu'une partie soit déposée à un autre endroit.
Source : Cyberpresse.ca du 28/06/2011
lundi 27 juin 2011
Qui sont les premiers hommes ? 2/2
Deuxième partie de l'émission avec Henri de Lumley, préhistorien, pour tenter de répondre à la question : « Qui sont les premiers hommes ? »
Source : RFI du 22/06/2011
Source : RFI du 22/06/2011
vendredi 24 juin 2011
Qui sont les premiers hommes ? 1/2
Par Caroline Lachowsky
Henri de Lumley, préhistorien, est notre invité pour tenter de répondre à la question : « Qui sont les premiers hommes ? »
Contrairement à une idée reçue, l'homme ne descend pas du singe. Les hommes et les singes actuels ont un ancêtre commun datant de 7 à 10 millions d'années. Et celui-ci n’a toujours pas été trouvé. Alors comment faire pour remonter aux origines de l’Homme ? L’homo sapiens, est le dernier hominidé de la longue lignée qui constitue l'histoire de notre évolution. Australopithèque, homme de Cro-Magnon, hominidé, nous entendons souvent ces noms qualifier nos ancêtres, mais sans trop savoir à quoi ils réfèrent exactement. La préhistoire commence avec l’apparition des premiers ancêtres de l’homme en Afrique il y a 3 millions d’années. L’humanité a sans doute vu le jour il y a 2.5 millions d’années, à l’ère du Paléolithique, avec l’apparition de l’homo habilis. Il vivait en Afrique de l’est, mesurait un mètre cinquante et a inventé le premier outil avec un galet. Mais que sait-on d’autre ? Représentait-il la première espèce humaine ? Peut-on affirmer aujourd’hui que l’on connaît les premiers hommes qui ont peuplé cette Terre ?
Pour tenter de répondre à la question, nous recevons Henry de Lumley, un des plus grands préhistoriens de France et auteur du livre « L’atelier du préhistorien » paru aux éditions du CNRS.
Source : RFI du 22/06/2011
Henri de Lumley, préhistorien, est notre invité pour tenter de répondre à la question : « Qui sont les premiers hommes ? »
Contrairement à une idée reçue, l'homme ne descend pas du singe. Les hommes et les singes actuels ont un ancêtre commun datant de 7 à 10 millions d'années. Et celui-ci n’a toujours pas été trouvé. Alors comment faire pour remonter aux origines de l’Homme ? L’homo sapiens, est le dernier hominidé de la longue lignée qui constitue l'histoire de notre évolution. Australopithèque, homme de Cro-Magnon, hominidé, nous entendons souvent ces noms qualifier nos ancêtres, mais sans trop savoir à quoi ils réfèrent exactement. La préhistoire commence avec l’apparition des premiers ancêtres de l’homme en Afrique il y a 3 millions d’années. L’humanité a sans doute vu le jour il y a 2.5 millions d’années, à l’ère du Paléolithique, avec l’apparition de l’homo habilis. Il vivait en Afrique de l’est, mesurait un mètre cinquante et a inventé le premier outil avec un galet. Mais que sait-on d’autre ? Représentait-il la première espèce humaine ? Peut-on affirmer aujourd’hui que l’on connaît les premiers hommes qui ont peuplé cette Terre ?
Pour tenter de répondre à la question, nous recevons Henry de Lumley, un des plus grands préhistoriens de France et auteur du livre « L’atelier du préhistorien » paru aux éditions du CNRS.
Source : RFI du 22/06/2011
vendredi 17 juin 2011
Une nouvelle méthodologie affine la chronologie du Néolithique
Combinant radiodatation et méthodes traditionnelles, des archéologues britanniques ont pu préciser le rythme et les phases de l’apparition de la civilisation agricole dans leur pays, à la fin de la préhistoire.
La radiodatation au carbone est fiable, mais imprécise. En croisant les résultats qu’elle donne avec d’autres ‘marqueurs’ chronologiques - des faits documentés autrement – et en ‘moulinant’ le tout via de puissants calculs statistiques, on obtient des chronologies bien plus précises. C’est en utilisant cette technique, élaborée par le Dr Alex Bayliss, experte anglaise en datation du patrimoine, que les archéologues ont pu retracer le déploiement, dans les îles britanniques, de la vie agricole et des changements sociaux qui en découlent, durant le Néolithique (4.000 à 2.000 av J.-C.).
Les pratiques agraires néolithiques ont commencé dans le sud-est de l'Angleterre vers 4.000 avant notre ère, se propageant d’abord très lentement : 200 ans environ pour parvenir à l'ouest. Puis, on observe une intense accélération : 50 ans pour s’étendre à presque tout le pays. Vers 3.800 av. J.-C., apparaît un style de poterie caractéristique, ainsi qu’un réseau d’échanges sur de longues distances. La généralisation des premières enceintes circulaires ne s’est pas faite en cinq siècles, comme le pensaient jusqu’à présent les archéologues, mais en 75 ans environ !
"Avec cette datation plus précise, l’époque néolithique n'est plus cette période somnolente (…). Cette recherche remet fondamentalement en cause l'idée que peu de choses se sont passées chez nos agriculteurs de l’âge de pierre. Nous pouvons maintenant penser à la période néolithique en termes de changements plus rapides, de mouvement constant de personnes et de diffusion rapide des idées", conclut le Pr Alistair Whittle, de l'Université de Cardiff.
Source : MaxiSciences du 13/06/2011
La radiodatation au carbone est fiable, mais imprécise. En croisant les résultats qu’elle donne avec d’autres ‘marqueurs’ chronologiques - des faits documentés autrement – et en ‘moulinant’ le tout via de puissants calculs statistiques, on obtient des chronologies bien plus précises. C’est en utilisant cette technique, élaborée par le Dr Alex Bayliss, experte anglaise en datation du patrimoine, que les archéologues ont pu retracer le déploiement, dans les îles britanniques, de la vie agricole et des changements sociaux qui en découlent, durant le Néolithique (4.000 à 2.000 av J.-C.).
Les pratiques agraires néolithiques ont commencé dans le sud-est de l'Angleterre vers 4.000 avant notre ère, se propageant d’abord très lentement : 200 ans environ pour parvenir à l'ouest. Puis, on observe une intense accélération : 50 ans pour s’étendre à presque tout le pays. Vers 3.800 av. J.-C., apparaît un style de poterie caractéristique, ainsi qu’un réseau d’échanges sur de longues distances. La généralisation des premières enceintes circulaires ne s’est pas faite en cinq siècles, comme le pensaient jusqu’à présent les archéologues, mais en 75 ans environ !
"Avec cette datation plus précise, l’époque néolithique n'est plus cette période somnolente (…). Cette recherche remet fondamentalement en cause l'idée que peu de choses se sont passées chez nos agriculteurs de l’âge de pierre. Nous pouvons maintenant penser à la période néolithique en termes de changements plus rapides, de mouvement constant de personnes et de diffusion rapide des idées", conclut le Pr Alistair Whittle, de l'Université de Cardiff.
Source : MaxiSciences du 13/06/2011
jeudi 16 juin 2011
Yves Coppens éclaire notre préhistoire
Le célèbre anthropologue, découvreur de Lucy, publie « Pré-textes ». Nous avons fait le point avec lui sur les origines de l’homme et sur son avenir.
Paris Match. Y a-t-il eu des changements majeurs dans le domaine de l’anthropologie au cours de ces vingt dernières années ?
Yves Coppens. Les grands constats sont restés les mêmes. Il y a eu des datations plus précises, et un peu plus d’espèces préhumaines et humaines ont été découvertes, mais il n’y a pas eu de bouleversement.
Lucy, que vous avez découverte, était-elle notre ancêtre ?
Non. Je l’ai dit tout de suite. Les Américains ont été un peu plus longs à la détente. Lucy a la double locomotion – elle marche et grimpe –, elle a encore un museau très important et de très grosses dents. Cela va à l’encontre de ce qu’est l’homme. Comme il y a peu de temps entre Lucy et nous – 3,2 millions d’années, contre 2,8 millions –, deux êtres si proches et si différents ne peuvent pas descendre l’un de l’autre.
Qui pourrait être alors notre véritable ancêtre ?
Moi, j’aime bien Australopithecus anamensis, car il est probablement déjà carnivore et uniquement bipède, il n’a plus les stigmates du grimper dans son squelette. Ou alors Kenyanthrope qui, lui, a la face plate. Comme ils sont presque contemporains, il faut choisir entre l’un et l’autre.
Pourquoi écrivez-vous que le chaînon manquant est un mythe ?
Parce que, de manière fausse, on a pensé que c’était un seul être qui assurait la filiation entre le chimpanzé et l’homme. Comme nos liens de parenté remontent à une dizaine de millions d’années, ça fait une grande plongée dans le temps avant de trouver cet ancêtre commun. Entre nous, il y a une multitude de chaînons qui manquent.
Pensez-vous qu’un jour on puisse remettre en cause l’Afrique, et plus précisément la vallée du Rift, comme le berceau de l’humanité ?
Le berceau de l’humanité a été largement agrandi par la découverte qu’a faite Michel Brunet au Tchad, de Toumaï et Abel. La vallée du Rift s’est avérée trop étroite. Ce berceau s’est élargi à l’arc tropical. Mais il reste toujours en Afrique. Cela dit, la science est froide, et je me rallierai à toute découverte nouvelle si les preuves sont convaincantes.
Sommes-nous le fruit d’un pur hasard climatique ou géologique ?
Je suis convaincu que c’est un événement climatique qui a changé l’environnement et donc modelé l’humain. Récemment, des Américains ont expliqué que le redressement du corps n’était pas dû à une adaptation à la savane mais à de la forêt claire. C’est du pinaillage. Ce redressement, il y a 10 millions d’années, est étrange et drôle. Je regarde souvent les gens marcher dans la rue, j’observe ce port redressé et un peu stupide. C’est bizarre qu’on ait trouvé cette solution pour s’en sortir !
Finalement, qu’est-ce qui est le propre de l’homme : le langage ? Le rire ?
C’est tout ça à la fois, à un autre degré. Tous ces traits, on les partage un petit peu avec un certain nombre d’animaux supérieurs – les singes, les baleines, les éléphants peuvent communiquer. On n’a plus beaucoup de caractères qui nous soient propres. Mais à ceux qui disent que la conscience est partagée avec certains animaux, je réponds qu’on n’a jamais vu des chimpanzés se réunir en forêt pour discuter de leurs origines ! Notre geste fondamental, c’est d’avoir eu le culot de changer la forme des objets à notre profit.
Pourquoi Neandertal a-t-il traîné pendant longtemps une aussi mauvaise réputation ?
Les premiers paléontologues ne doutaient pas de trouver des ancêtres beaux. Et ils sont tombés sur Neandertal, qu’ils ont trouvé abominable, avec ses grosses arcades, son menton qui fuit… Ils ont essayé de l’écarter. Or Neandertal est un homme comme les autres, il est né des mêmes grands-parents que l’homme moderne. Il y a eu même, pendant un temps court, interfécondité avec Sapiens. Mais Neandertal a souffert de sa croissance plus rapide que la nôtre et donc de son temps d’apprentissage plus court. Disons que le premier allait au collège et le second au lycée !
« On n’a jamais vu des chimpanzés se réunir pour discuter de leurs origines ! »
Pensez-vous que Neandertal ait pu être victime d’un génocide de la part de Sapiens, comme certaines hypothèses l’envisagent ?
Non, les hommes de Neandertal étaient répandus de l’Atlantique à la Mongolie. Ça fait un territoire trop immense pour cela. De plus, on ne retrouve pas de traces de traumatismes particuliers sur leurs ossements. Je n’y crois guère, même si la disparition de Neandertal reste un point d’interrogation.
De quoi mouraient les hommes préhistoriques ?
Ils étaient bien sûr sujets à des maladies, mais lorsqu’elles ne laissent pas de traces sur l’os ou sur la dent, elles nous échappent. Il y a quelques maladies que l’on perçoit, comme la tuberculose, la syphilis, la lèpre, la peste… et puis des traces d’accidents, des plaies se voient sur l’os.
La grotte de Lascaux est-elle sauvée ?
Lascaux se porte bien, on la soigne comme des toubibs. On a dit qu’elle était fichue, ce n’est pas vrai du tout. Toutes les peintures sont merveilleusement conservées. Moi, j’y suis allé deux fois en 2010, et je l’ai trouvée comme je l’avais laissée.
Etait-elle un sanctuaire religieux ?
Très probablement. Je vais vous dire quelque chose qui n’est pas scientifique, mais, quand j’y entre, la première impression, c’est d’être dans l’au-delà de ces gens-là. J’ai la même impression que lorsque j’entre dans un temple, une église ou une synagogue. Je vais à Notre-Dame comme je vais à Lascaux.
Les dessins de la grotte étaient-ils une forme d’écriture ?
Je le pense, oui. Vous verrez que dans les années qui viennent, on va mieux comprendre l’association des représentations. Parce que, outre les animaux merveilleux, il y a toute une série de signes abstraits, dont on ne parle pas beaucoup, qui leur sont associés et qui font probablement sens.
Vous avez une vision optimiste de l’évolution de l’homme, digne, responsable, libéré de ses instincts. Mais le premier outil fabriqué n’a-t-il pas aussi servi à tuer son voisin ?
L’homme est un prédateur. Dès le début de son existence, pour des raisons de nécessité. C’est aussi un prédateur pour l’homme. Il continue à avoir ces réactions de compétition pour le territoire, pour les femelles, le pouvoir. Cela dit, l’humanité se porte bien, je pense qu’elle s’affine, développe ses idées et ses réflexions. Ça a l’air d’aller dans le sens d’un sur-Sapiens, qui sera encore plus réfléchi. Peut-être qu’il sera tolérant, celui-là.
Justement, physiquement, à quoi ressemblerons-nous dans l’avenir ? Aurons-nous une tête énorme ?
En 3 millions d’années, nous sommes passés d’un cerveau de 400 centimètres cubes à 1 400 centimètres cubes. Aujourd’hui, ça ne fait pas monstrueux ! Je suis sûr qu’en ce moment on plafonne, qu’il y a des choses qu’on ne saisit pas et que l’homme prochain va comprendre. Il pourra alors se moquer de l’homme du XXIe siècle comme on le fait de l’homme préhistorique. Quand on dit que celui qui a découvert le biface, la pierre taillée de deux côtés, a fait une découverte formidable, il ne faut pas oublier qu’on en est resté là pendant plus d’un million d’années…
Source : Paris Match du 13/06/2011
Paris Match. Y a-t-il eu des changements majeurs dans le domaine de l’anthropologie au cours de ces vingt dernières années ?Yves Coppens. Les grands constats sont restés les mêmes. Il y a eu des datations plus précises, et un peu plus d’espèces préhumaines et humaines ont été découvertes, mais il n’y a pas eu de bouleversement.
Lucy, que vous avez découverte, était-elle notre ancêtre ?
Non. Je l’ai dit tout de suite. Les Américains ont été un peu plus longs à la détente. Lucy a la double locomotion – elle marche et grimpe –, elle a encore un museau très important et de très grosses dents. Cela va à l’encontre de ce qu’est l’homme. Comme il y a peu de temps entre Lucy et nous – 3,2 millions d’années, contre 2,8 millions –, deux êtres si proches et si différents ne peuvent pas descendre l’un de l’autre.
Qui pourrait être alors notre véritable ancêtre ?
Moi, j’aime bien Australopithecus anamensis, car il est probablement déjà carnivore et uniquement bipède, il n’a plus les stigmates du grimper dans son squelette. Ou alors Kenyanthrope qui, lui, a la face plate. Comme ils sont presque contemporains, il faut choisir entre l’un et l’autre.
Pourquoi écrivez-vous que le chaînon manquant est un mythe ?
Parce que, de manière fausse, on a pensé que c’était un seul être qui assurait la filiation entre le chimpanzé et l’homme. Comme nos liens de parenté remontent à une dizaine de millions d’années, ça fait une grande plongée dans le temps avant de trouver cet ancêtre commun. Entre nous, il y a une multitude de chaînons qui manquent.
Pensez-vous qu’un jour on puisse remettre en cause l’Afrique, et plus précisément la vallée du Rift, comme le berceau de l’humanité ?
Le berceau de l’humanité a été largement agrandi par la découverte qu’a faite Michel Brunet au Tchad, de Toumaï et Abel. La vallée du Rift s’est avérée trop étroite. Ce berceau s’est élargi à l’arc tropical. Mais il reste toujours en Afrique. Cela dit, la science est froide, et je me rallierai à toute découverte nouvelle si les preuves sont convaincantes.
Sommes-nous le fruit d’un pur hasard climatique ou géologique ?
Je suis convaincu que c’est un événement climatique qui a changé l’environnement et donc modelé l’humain. Récemment, des Américains ont expliqué que le redressement du corps n’était pas dû à une adaptation à la savane mais à de la forêt claire. C’est du pinaillage. Ce redressement, il y a 10 millions d’années, est étrange et drôle. Je regarde souvent les gens marcher dans la rue, j’observe ce port redressé et un peu stupide. C’est bizarre qu’on ait trouvé cette solution pour s’en sortir !
Finalement, qu’est-ce qui est le propre de l’homme : le langage ? Le rire ?
C’est tout ça à la fois, à un autre degré. Tous ces traits, on les partage un petit peu avec un certain nombre d’animaux supérieurs – les singes, les baleines, les éléphants peuvent communiquer. On n’a plus beaucoup de caractères qui nous soient propres. Mais à ceux qui disent que la conscience est partagée avec certains animaux, je réponds qu’on n’a jamais vu des chimpanzés se réunir en forêt pour discuter de leurs origines ! Notre geste fondamental, c’est d’avoir eu le culot de changer la forme des objets à notre profit.
Pourquoi Neandertal a-t-il traîné pendant longtemps une aussi mauvaise réputation ?
Les premiers paléontologues ne doutaient pas de trouver des ancêtres beaux. Et ils sont tombés sur Neandertal, qu’ils ont trouvé abominable, avec ses grosses arcades, son menton qui fuit… Ils ont essayé de l’écarter. Or Neandertal est un homme comme les autres, il est né des mêmes grands-parents que l’homme moderne. Il y a eu même, pendant un temps court, interfécondité avec Sapiens. Mais Neandertal a souffert de sa croissance plus rapide que la nôtre et donc de son temps d’apprentissage plus court. Disons que le premier allait au collège et le second au lycée !
« On n’a jamais vu des chimpanzés se réunir pour discuter de leurs origines ! »
Pensez-vous que Neandertal ait pu être victime d’un génocide de la part de Sapiens, comme certaines hypothèses l’envisagent ?
Non, les hommes de Neandertal étaient répandus de l’Atlantique à la Mongolie. Ça fait un territoire trop immense pour cela. De plus, on ne retrouve pas de traces de traumatismes particuliers sur leurs ossements. Je n’y crois guère, même si la disparition de Neandertal reste un point d’interrogation.
De quoi mouraient les hommes préhistoriques ?
Ils étaient bien sûr sujets à des maladies, mais lorsqu’elles ne laissent pas de traces sur l’os ou sur la dent, elles nous échappent. Il y a quelques maladies que l’on perçoit, comme la tuberculose, la syphilis, la lèpre, la peste… et puis des traces d’accidents, des plaies se voient sur l’os.
La grotte de Lascaux est-elle sauvée ?
Lascaux se porte bien, on la soigne comme des toubibs. On a dit qu’elle était fichue, ce n’est pas vrai du tout. Toutes les peintures sont merveilleusement conservées. Moi, j’y suis allé deux fois en 2010, et je l’ai trouvée comme je l’avais laissée.
Etait-elle un sanctuaire religieux ?
Très probablement. Je vais vous dire quelque chose qui n’est pas scientifique, mais, quand j’y entre, la première impression, c’est d’être dans l’au-delà de ces gens-là. J’ai la même impression que lorsque j’entre dans un temple, une église ou une synagogue. Je vais à Notre-Dame comme je vais à Lascaux.
Les dessins de la grotte étaient-ils une forme d’écriture ?
Je le pense, oui. Vous verrez que dans les années qui viennent, on va mieux comprendre l’association des représentations. Parce que, outre les animaux merveilleux, il y a toute une série de signes abstraits, dont on ne parle pas beaucoup, qui leur sont associés et qui font probablement sens.
Vous avez une vision optimiste de l’évolution de l’homme, digne, responsable, libéré de ses instincts. Mais le premier outil fabriqué n’a-t-il pas aussi servi à tuer son voisin ?
L’homme est un prédateur. Dès le début de son existence, pour des raisons de nécessité. C’est aussi un prédateur pour l’homme. Il continue à avoir ces réactions de compétition pour le territoire, pour les femelles, le pouvoir. Cela dit, l’humanité se porte bien, je pense qu’elle s’affine, développe ses idées et ses réflexions. Ça a l’air d’aller dans le sens d’un sur-Sapiens, qui sera encore plus réfléchi. Peut-être qu’il sera tolérant, celui-là.
Justement, physiquement, à quoi ressemblerons-nous dans l’avenir ? Aurons-nous une tête énorme ?
En 3 millions d’années, nous sommes passés d’un cerveau de 400 centimètres cubes à 1 400 centimètres cubes. Aujourd’hui, ça ne fait pas monstrueux ! Je suis sûr qu’en ce moment on plafonne, qu’il y a des choses qu’on ne saisit pas et que l’homme prochain va comprendre. Il pourra alors se moquer de l’homme du XXIe siècle comme on le fait de l’homme préhistorique. Quand on dit que celui qui a découvert le biface, la pierre taillée de deux côtés, a fait une découverte formidable, il ne faut pas oublier qu’on en est resté là pendant plus d’un million d’années…
Source : Paris Match du 13/06/2011
mardi 7 juin 2011
L'Homme de Tautavel, découvert en 1971, a 40 ans
Vieux de 450.000 ans, l'anciennement nommé "Le plus vieil européen" garde une certaine aura. Mais cet Homme de Tautavel, analysé comme un homo erectus, ne serait en réalité qu'un prénéandertalien. Cette année, cette célébrité du Pays Catalan fête les 40 ans de sa découverte.
Le 22 juillet prochain, Arago XXI célébrera le quarantième anniversaire de sa découverte par le professeur Henry de Lumley, en 1971. Depuis, une centaine d’autres fragments fossiles a été mise au jour du côté de la Caune de l’Arago et l’Homme de Tautavel, pourtant vieux de 450.000 ans, a perdu son titre de plus vieil européen. Il passerait presque pour un jeunot, à cause notamment d’un fragment de mandibule humaine daté de 1,1 à 1,2 million d’années, retrouvé en 1994 à la Sima del Elefante, "grotte de l'Éléphant", sur le site d’Atapuerca, dans la province espagnole de Burgos. Même son nom ne semble plus être une certitude, car celui que ses inventeurs baptisèrent Homo erectus tautavelensis pourrait, selon de récentes recherches, être en réalité un pré-néandertalien.
Bien que très bien mis en valeur dans son musée de Tautavel, sans cesse aménagé et modernisé, la crise de la quarantaine a rattrapé le plus vieux des Catalans, qui a dû se résoudre à aller surfer sur Internet. Depuis quelques jours, le Musée de Tautavel s’est offert une nouvelle vitrine numérique. Dans les semaines à venir, ce site sera également disponible en allemand, anglais, catalan et espagnol, mais permet d'ores-et-déjà de communiquer au public les multiples évènements et animations que le musée met en place. Pour l’édition 2011 des Fêtes de la Préhistoire, Tautavel vivra, comme tous les ans, au rythme d’activités aussi diverses que surprenantes, comme les banquets préhistoriques ou le championnat de tir aux armes préhistoriques.
Source : La Clau du 03/06/2011
Le 22 juillet prochain, Arago XXI célébrera le quarantième anniversaire de sa découverte par le professeur Henry de Lumley, en 1971. Depuis, une centaine d’autres fragments fossiles a été mise au jour du côté de la Caune de l’Arago et l’Homme de Tautavel, pourtant vieux de 450.000 ans, a perdu son titre de plus vieil européen. Il passerait presque pour un jeunot, à cause notamment d’un fragment de mandibule humaine daté de 1,1 à 1,2 million d’années, retrouvé en 1994 à la Sima del Elefante, "grotte de l'Éléphant", sur le site d’Atapuerca, dans la province espagnole de Burgos. Même son nom ne semble plus être une certitude, car celui que ses inventeurs baptisèrent Homo erectus tautavelensis pourrait, selon de récentes recherches, être en réalité un pré-néandertalien.Crâne de l'homme de Tautavel
Bien que très bien mis en valeur dans son musée de Tautavel, sans cesse aménagé et modernisé, la crise de la quarantaine a rattrapé le plus vieux des Catalans, qui a dû se résoudre à aller surfer sur Internet. Depuis quelques jours, le Musée de Tautavel s’est offert une nouvelle vitrine numérique. Dans les semaines à venir, ce site sera également disponible en allemand, anglais, catalan et espagnol, mais permet d'ores-et-déjà de communiquer au public les multiples évènements et animations que le musée met en place. Pour l’édition 2011 des Fêtes de la Préhistoire, Tautavel vivra, comme tous les ans, au rythme d’activités aussi diverses que surprenantes, comme les banquets préhistoriques ou le championnat de tir aux armes préhistoriques.
Source : La Clau du 03/06/2011
lundi 6 juin 2011
Nouvelle hypothèse sur les peuplements néandertaliens dans le grand nord russe
La prestigieuse revue américaine Science vient de publier un article d'une équipe de paléontologues composée de trois Français du CNRS (Toulouse, Bordeaux et Nanterre), de trois Norvégiens (Bergen) et d'un Russe (Syktyvkar), rapportant la présence possible de l'homme de Néandertal sur le site de Byzovaya, proche du cercle polaire arctique au niveau des contreforts occidentaux de l'Oural septentrional (dans la République des Komis). Jusqu'à présent on pensait que de tels peuplements se situaient environ 1.000 km plus au sud et que ceux plus au nord étaient le fait de l'homme moderne. De plus, cette présence est estimée relativement récente, entre -34.000 et -31.000 ans.
La préhistoire est la discipline qui a pour but de reconstituer l'histoire et la vie des humains depuis leur apparition jusqu'à l'apparition de l'écriture, au cours de la période chronologique du même nom. Elle se fonde essentiellement sur l'examen et l'interprétation des témoignages de la présence humaine tels que les vestiges archéologiques découverts lors de fouilles ou les oeuvres de l'art préhistorique. Les méthodes physiques de datation de plus en plus précises, combinées à la présence d'ADN fossile et aux méthodes de datation paléontologiques permettent de retracer l'histoire de l'Homme de façon de plus en plus certaine. Ceci n'empêche pourtant pas les polémiques.
1- Les faits scientifiques
Les scientifiques basent leur argumentation sur l'analyse de la "technologie lithique" à partir des outils (plus de 300) retrouvés sur le site de Byzovaya, techniquement et typologiquement homogènes et présentant des caractéristiques appartenant à des traditions du Paléolithique moyen, retrouvées en Europe centrale et de l'est et exclusivement attribuées aux populations néandertaliennes. Les méthodes de datation des os, de mammouths principalement, ou de grains de sable confirment l'époque moustérienne (de -100.000 à - 30.0000 ans environ, du nom du lieu Le Moustier en Dordogne, où furent réalisées les premières découvertes en 1860). Les implications de ces observations sont très importantes dans la mesure où elles tendraient à prouver qu'il y a eu coexistence entre l'homme de Néandertal et l'homme moderne sur une période plus longue que ce que l'on pensait jusqu'ici.
2- La polémique
Elle est rapportée dans une analyse qui accompagne l'article référencé ci-dessus, publiée dans le même numéro de Science. En résumé, même si la technologie lithique mise en évidence à Byzovaya peut très fortement suggérer la présence de l'homme de Néandertal, un certain doute peut subsister jusqu'à la découverte d'ossements et d'ADN néandertaliens, comme le reconnaissent les auteurs eux-mêmes en vrais scientifiques.
La publication de cet article évalué par des pairs a néanmoins été jugée prioritaire par le comité de rédaction de Science. Le Département devrait se féliciter de la mention du soutien du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes et de celui du Centre Franco-Russe de Recherche en Sciences Humaines et Sociales de Moscou, ce dernier sous tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et du Centre National de la Recherche Scientifique.
Une étude d'un tel impact reflète l'importance des collaborations bilatérales en matière scientifique, surtout dans le cas présent pour la poursuite de l'exploitation de la richesse préhistorique du site de Byzovaya.
Source : Bulletins-electroniques du 03/06/2011
La préhistoire est la discipline qui a pour but de reconstituer l'histoire et la vie des humains depuis leur apparition jusqu'à l'apparition de l'écriture, au cours de la période chronologique du même nom. Elle se fonde essentiellement sur l'examen et l'interprétation des témoignages de la présence humaine tels que les vestiges archéologiques découverts lors de fouilles ou les oeuvres de l'art préhistorique. Les méthodes physiques de datation de plus en plus précises, combinées à la présence d'ADN fossile et aux méthodes de datation paléontologiques permettent de retracer l'histoire de l'Homme de façon de plus en plus certaine. Ceci n'empêche pourtant pas les polémiques.
1- Les faits scientifiques
Les scientifiques basent leur argumentation sur l'analyse de la "technologie lithique" à partir des outils (plus de 300) retrouvés sur le site de Byzovaya, techniquement et typologiquement homogènes et présentant des caractéristiques appartenant à des traditions du Paléolithique moyen, retrouvées en Europe centrale et de l'est et exclusivement attribuées aux populations néandertaliennes. Les méthodes de datation des os, de mammouths principalement, ou de grains de sable confirment l'époque moustérienne (de -100.000 à - 30.0000 ans environ, du nom du lieu Le Moustier en Dordogne, où furent réalisées les premières découvertes en 1860). Les implications de ces observations sont très importantes dans la mesure où elles tendraient à prouver qu'il y a eu coexistence entre l'homme de Néandertal et l'homme moderne sur une période plus longue que ce que l'on pensait jusqu'ici.
2- La polémique
Elle est rapportée dans une analyse qui accompagne l'article référencé ci-dessus, publiée dans le même numéro de Science. En résumé, même si la technologie lithique mise en évidence à Byzovaya peut très fortement suggérer la présence de l'homme de Néandertal, un certain doute peut subsister jusqu'à la découverte d'ossements et d'ADN néandertaliens, comme le reconnaissent les auteurs eux-mêmes en vrais scientifiques.
La publication de cet article évalué par des pairs a néanmoins été jugée prioritaire par le comité de rédaction de Science. Le Département devrait se féliciter de la mention du soutien du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes et de celui du Centre Franco-Russe de Recherche en Sciences Humaines et Sociales de Moscou, ce dernier sous tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et du Centre National de la Recherche Scientifique.
Une étude d'un tel impact reflète l'importance des collaborations bilatérales en matière scientifique, surtout dans le cas présent pour la poursuite de l'exploitation de la richesse préhistorique du site de Byzovaya.
Source : Bulletins-electroniques du 03/06/2011
dimanche 5 juin 2011
Australopithèque : L'homme à la maison et la femme en vadrouille
Une nouvelle recherche publiée dans la revue « Nature » montre que tous les hominidés mâles des deux espèces Australopithecus africanus et Paranthropus robustus restaient à leur domicile, tandis que plus de la moitié des femmes quittaient leur lieu de naissance après avoir atteint l’âge de la maturité. Selon cette découverte, les premiers ancêtres de l'homme vivant en Afrique du Sud ne s’aventuraient pas, au contraire, ils étaient enclins à ne pas bouger et attendre que les femelles viennent à eux. C'est le genre de comportement constaté aujourd'hui chez certains primates tels que les chimpanzés et les bonobos et offre un aperçu global de la structure sociale des anciens australopithèques.
Le professeur « Sandi Copeland » de l'Université du Colorado de Boulder, l'auteur principal du journal, a déclaré que les scientifiques ont été surpris par leurs résultats et ne savent pas très bien pourquoi les hominidés se comportaient de cette façon. La première explication avancée pour la dispersion chez les femelles et que ces dernières étaient forcées de se déplacer et quitter leur lieu de naissance pour éviter la consanguinité et pour les mâles il est possible qu’ils restaient sur place afin de coopérer les uns avec les autres pour défendre leur communauté contre les voisins. Ces conclusions ont été tirées grâce à la comparaison des dents fossilisées retrouvées. Les scientifiques se sont concentrés sur les dents formées à la fin de vie pour éviter l'influence de confusion avec les jeunes ainsi que celles qui affichent la différence entre les hommes et les femmes « les canines et les troisièmes molaire ». L'équipe a utilisé des lasers pour analyser les isotopes du strontium et comparé ce résultat au signal de strontium aux rochers dolomitiques dans les sites où ils ont été trouvés. Les isotopes du strontium se produisent naturellement dans les roches et le sol et se retrouvent dans les traces des dents des mammifères. Le rapport de ces isotopes dans l'émail des dents reflète les conditions géologiques de la région habitée par les mammifères lorsque ses dents étaient en forme.
Source : Technosoir du 02/06/2011
Le professeur « Sandi Copeland » de l'Université du Colorado de Boulder, l'auteur principal du journal, a déclaré que les scientifiques ont été surpris par leurs résultats et ne savent pas très bien pourquoi les hominidés se comportaient de cette façon. La première explication avancée pour la dispersion chez les femelles et que ces dernières étaient forcées de se déplacer et quitter leur lieu de naissance pour éviter la consanguinité et pour les mâles il est possible qu’ils restaient sur place afin de coopérer les uns avec les autres pour défendre leur communauté contre les voisins. Ces conclusions ont été tirées grâce à la comparaison des dents fossilisées retrouvées. Les scientifiques se sont concentrés sur les dents formées à la fin de vie pour éviter l'influence de confusion avec les jeunes ainsi que celles qui affichent la différence entre les hommes et les femmes « les canines et les troisièmes molaire ». L'équipe a utilisé des lasers pour analyser les isotopes du strontium et comparé ce résultat au signal de strontium aux rochers dolomitiques dans les sites où ils ont été trouvés. Les isotopes du strontium se produisent naturellement dans les roches et le sol et se retrouvent dans les traces des dents des mammifères. Le rapport de ces isotopes dans l'émail des dents reflète les conditions géologiques de la région habitée par les mammifères lorsque ses dents étaient en forme.
Source : Technosoir du 02/06/2011
samedi 4 juin 2011
Monsieur australopithèque, un vrai fils à maman
La femelle australopithèque avait plus tendance à quitter sa famille de naissance pour se joindre à un autre groupe social que le mâle, ont réussi à démontrer des anthropologues européens.Il ne subsiste que très peu de traces des australopithèques lointains cousins des humains modernes qui vivaient il y de cela de 2,4 à 1,7 million d'années.
Une représentation d'un Australopithecus africanus
Outre certains fossiles, les chercheurs ne peuvent compter que sur quelques outils de pierre pour tenter de comprendre leurs habitudes sociales et leur mode de vie.
La paléoanthropologue Sandi Copeland et ses collègues de l'Institut Max Planck sont venus à cette conclusion après avoir étudié les dents de deux espèces d'hominidés bipèdes (Australopithecus africanus et Paranthropus robustus) qui ont vécu dans des cavernes d'Afrique du Sud.
Explications
L'analyse de 19 dents à l'aide de nouvelles technologies laser et de spectrométrie de masse a permis aux chercheurs d'établir avec précision l'endroit où les spécimens sont nés, ont grandi et sont morts.
L'examen montre que les individus les plus grands, probablement les mâles, s'étaient nourris près des cavernes où ils vivaient. Toutefois, les plus petits, vraisemblablement des femelles, s'étaient nourris hors de cette zone géologique avant l'âge de huit ans.
La Pre Copeland pense donc que les mâles australopithèques avaient un comportement sédentaire, et qu'ils restaient au sein de leur groupe natal dans une zone géologique de seulement 30 km2. Quant aux femelles, elles devaient migrer vers des régions plus éloignées, lorsqu'elles atteignaient l'âge de se reproduire, pour se joindre à la famille de mâles
Cette caractéristique comportementale est également observée chez les chimpanzés, les bonobos et dans de nombreuses sociétés humaines.
L'analyse montre aussi que l'australopithèque mâle ne possédait pas des canines beaucoup plus développées que les femelles, ce qui signifie probablement que la compétition entre les mâles était moins forte que chez les chimpanzés ou les gorilles.
Les auteurs pensent qu'il n'existe probablement aucune structure sociale analogue à celle des australopithèques dans la nature actuellement puisque leur anatomie et leur écologie étaient très différentes de ceux des primates modernes.
Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Nature.
Source : Radio Canada du 02/06/2011
vendredi 3 juin 2011
Auprès de sa grotte, il vivait heureux
Chez les australopithèques, le mâle était plutôt casanier, selon une nouvelle étude. Il passait plus volontiers sa vie près de son lieu de naissance que les femelles.
A gauche : Australopithecus africanus, "Mrs. Ples", trouvé à Sterkfontein. A droite: Paranthropus robustus trouvé à Swartkrans (Afrique du Sud).
En analysant la composition chimique de l’émail des dents d’australopithèques qui vivaient il y a environ deux millions d’années au sud de l’Afrique, des chercheurs ont découvert que les mâles étaient beaucoup plus casaniers que les femelles…. Ces dernières étaient en effet beaucoup plus nombreuses à quitter le lieu de leur enfance pour aller s’aventure ailleurs.
Sandi Copeland, de l’université du Colorado (Boulder, États-Unis), et ses collègues arrivent à cette conclusion après avoir analysé 19 dents retrouvées dans deux grottes d’Afrique du Sud, Sterkfontein et Swartkans. Ces dents ont appartenu à deux branches d’australopithèques, Australopithecus africanus et Paranthropus robustus. Elles datent de 1,7 million à 2,7 millions d‘années.
Pour faire parler ces vestiges, les chercheurs ont prélevé de micro-échantillons de l’émail par ablation laser. Ils ont ensuite analysé le ratio entre deux isotopes de strontium, dont la différence est liée à la nature du sol. L’émail se formant au moment de l’enfance, le strontium qu’il contient (via les aliments ingérés) indique dans quel milieu a grandi le propriétaire des dents, si son environnement était granitique ou calcaire…
Pour déterminer si la dent était celle d’un mâle ou d’une femelle, les chercheurs se sont appuyés sur leur taille : les individus de plus petite taille étant considérés comme des femelles.
Une molaire dAustralopithecus africanus
Plus de la moitié des dents attribuées aux femelles australopithèques révélaient une origine géographique différente de la grotte où elles avaient été trouvées –contre 10% pour les dents mâles. Pourquoi les femelles partent davantage ? Pourquoi les mâles restent là où ils sont nés ? Les réponses ne sont pas évidentes. Cependant les comparaisons avec d’autres espèces, notamment les grands singes, permet de rapprocher ce comportement de celui des chimpanzés et des bonobos (nos plus proches cousins), chez lesquels les mâles restent dans leur groupe de naissance tandis que les femelles se dispersent. Ce n’est pas le cas chez les gorilles, par exemple.
Autre question qui demeure sans réponse : d’où venaient les femelles australopithèques ? Pour les spécimens concernés, il fallait parcourir au minimum 3 km et au maximum 32 km pour changer de milieu géologique, en fonction de la direction choisie.
Ces travaux sont publiés dans la revue Nature datée du 2 juin 2011
Source : Sciences et Avenir du 01/06/2011
En Aveyron, des hommes venus du Moyen-Orient 3.500 ans avant notre ère
Des hommes venant du Proche-Orient vivaient au IVe millénaire avant notre ère en Aveyron, révèle une étude réalisée par des chercheurs français à partir d'ADN prélevé sur une série de corps datant du néolithique, et publiée mercredi dans une revue scientifique américaine.
L'analyse de l'ADN de dents provenant de crânes trouvés dans la grotte de Treilles (Aveyron) a montré que "la majorité des sujets inhumés étaient des hommes descendant d’un seul et même ancêtre" venant du Proche-Orient, "probablement d'Anatolie", a déclaré à l'AFP Francis Duranthon, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Toulouse où étaient conservés les ossements.
La sépulture de Treilles a été mise au jour dans les années 1930: un minimum de 149 sujets (63 enfants et sub-adultes et 86 adultes) datant de 5.000 ans y avaient été inhumés sur une période d’un à deux siècles.
Les études génétiques menées sur les dents de 24 personnes ont permis d'identifier 22 individus masculins, dont 3 étaient de très proches parents et 16 du même lignage paternel. Cela laisse penser qu'il s'agissait d'un clan, selon les scientifiques.
L'étude est parue dans PNAS (Proceedings of the national academy of Sciences), bulletin de l'académie des sciences américaine.
"Il s'agit d'un peuplement originaire du Proche-Orient aux débuts du néolithique et aujourd’hui presque totalement disparu", ont conclu Eric Crubézy et Marie Lacan, qui ont réalisé l'étude de l'ADN avec le CNRS, l'université Paul Sabatier de Toulouse et l'université de Strasbourg.
En revanche, soulignent-ils, les deux femmes trouvées dans la sépulture sont originaires des Grands Causses, dont fait partie le Larzac.
Cette découverte de l'origine proche-orientale des hommes confirme "l’importance des mouvements de populations pendant le néolithique le long des côtes méditerranéennes", souligne Francis Duranthon, qui a dirigé les travaux.
"Jusqu'à présent, explique-t-il, on avait des éléments laissant entendre qu'il y avait eu migration" à cette époque-là, tels des céramiques. "Mais ici, on le sait par la génétique", avec des génomes de près de 5.000 ans, se réjouit-il.
L'origine étrangère des hommes de Treilles est encore marquée par l'absence d'un gène permettant de digérer le lait frais. Les populations vivant dans la région à cette époque-là étaient pour leur part capables d'en consommer.
L'analyse réalisée par Eric Crubézy a utilisé pour la première fois des marqueurs génétiques localisés sur l’ADN nucléaire (contenu dans le noyau de la cellule) d'ossements datant de plus de 3.500 ans avant notre ère. Ils permettent d'obtenir des éléments sur les lignées paternelle et maternelle d'un individu alors que l'ADN mitochondrial (du cytoplasme des cellules) examiné jusqu'à présent ne fournissait des indications que sur celle de la mère.
Source : Sciences et Avenir du 01/06/2011
L'analyse de l'ADN de dents provenant de crânes trouvés dans la grotte de Treilles (Aveyron) a montré que "la majorité des sujets inhumés étaient des hommes descendant d’un seul et même ancêtre" venant du Proche-Orient, "probablement d'Anatolie", a déclaré à l'AFP Francis Duranthon, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Toulouse où étaient conservés les ossements.
La sépulture de Treilles a été mise au jour dans les années 1930: un minimum de 149 sujets (63 enfants et sub-adultes et 86 adultes) datant de 5.000 ans y avaient été inhumés sur une période d’un à deux siècles.
Les études génétiques menées sur les dents de 24 personnes ont permis d'identifier 22 individus masculins, dont 3 étaient de très proches parents et 16 du même lignage paternel. Cela laisse penser qu'il s'agissait d'un clan, selon les scientifiques.
L'étude est parue dans PNAS (Proceedings of the national academy of Sciences), bulletin de l'académie des sciences américaine.
"Il s'agit d'un peuplement originaire du Proche-Orient aux débuts du néolithique et aujourd’hui presque totalement disparu", ont conclu Eric Crubézy et Marie Lacan, qui ont réalisé l'étude de l'ADN avec le CNRS, l'université Paul Sabatier de Toulouse et l'université de Strasbourg.
En revanche, soulignent-ils, les deux femmes trouvées dans la sépulture sont originaires des Grands Causses, dont fait partie le Larzac.
Cette découverte de l'origine proche-orientale des hommes confirme "l’importance des mouvements de populations pendant le néolithique le long des côtes méditerranéennes", souligne Francis Duranthon, qui a dirigé les travaux.
"Jusqu'à présent, explique-t-il, on avait des éléments laissant entendre qu'il y avait eu migration" à cette époque-là, tels des céramiques. "Mais ici, on le sait par la génétique", avec des génomes de près de 5.000 ans, se réjouit-il.
L'origine étrangère des hommes de Treilles est encore marquée par l'absence d'un gène permettant de digérer le lait frais. Les populations vivant dans la région à cette époque-là étaient pour leur part capables d'en consommer.
L'analyse réalisée par Eric Crubézy a utilisé pour la première fois des marqueurs génétiques localisés sur l’ADN nucléaire (contenu dans le noyau de la cellule) d'ossements datant de plus de 3.500 ans avant notre ère. Ils permettent d'obtenir des éléments sur les lignées paternelle et maternelle d'un individu alors que l'ADN mitochondrial (du cytoplasme des cellules) examiné jusqu'à présent ne fournissait des indications que sur celle de la mère.
Source : Sciences et Avenir du 01/06/2011
jeudi 2 juin 2011
Monsieur australopithèque était casanier, Madame voyageait plus volontiers
Comme chez les chimpanzés ou de nombreuses sociétés humaines modernes, la femelle australopithèque avait tendance à quitter sa famille de naissance pour se joindre à un autre groupe alors que le mâle restait un indécrottable casanier, suggère une étude publiée mercredi.
Hormis quelques fossiles et de rares outils de pierre très rudimentaires, il ne subsiste que très peu de traces des australopithèques, lointains cousins des humains modernes qui vivaient voici 2,4 à 1,7 millions d'années, ce qui rend d'autant plus difficile toute théorie sur leur mode de vie.
Alors comment l'équipe internationale emmenée par Sandi Copeland, du département d'évolution humaine de l'Institut Max Planck (Allemagne), a-t-elle pu arriver à cette hypothèse audacieuse publiée dans la revue britannique Nature ?
C'est qu'entre autres vestiges, les deux espèces d'hominidés bipèdes (Australopithecus africanus et Paranthropus robustus) qui ont vécu dans des cavernes de l'actuel Transvaal, en Afrique du Sud, ont laissé derrière eux des dents.
Or grâce au laser et à la spectrométrie de masse, l'analyse des dents d'un mammifère permet désormais avec précision de dire si un individu a grandi à l'endroit où il a vécu et où il est mort.
Chaque type de sol peut en effet être caractérisé par des variations dans les formes atomiques d'un métal rare, le strontium (strontium 87 et strontium 86). Ce cocktail particulier d'isotopes de strontium se reflète dans la nourriture absorbée par les mammifères, qui se retrouve à son tour dans les traces de strontium contenues dans l'émail des dents.
Et comme le strontium se fixe dans l'émail avant l'âge adulte, sans être ensuite modifié par des processus biologiques, il constitue un indicateur précieux pour suivre la piste des australopithèques sud-africains.
Après avoir analysé 19 dents de ces hominidés, l'équipe de Sandi Copeland en conclut que les individus les plus grands, et donc probablement les mâles, s'étaient nourris essentiellement près des cavernes où ils vivaient. A l'inverse, les plus petits, vraisemblablement des femelles, s'étaient nourris hors de cette zone géologique avant l'âge de huit ans.
L'étude suggère que les mâles australopithèques auraient donc eu un comportement sédentaire, restant au sein de leur groupe natal ("philopatrie") dans une zone géologique de seulement 30 km2.
Les femelles quant à elles seraient venues de zones plus éloignées, et donc d'autres groupes familiaux, pour se joindre à la famille des mâles lorsqu'elles auraient atteint l'âge de se reproduire ("exogamie").
Une différence de comportements entre les sexes qui se retrouve chez les chimpanzés, les bonobos et dans de nombreuses sociétés humaines, relèvent les auteurs de l'étude.
Mais les ressemblances s'arrêtent probablement là, estiment-ils. L'australopithèque mâle ne possédait pas des canines beaucoup plus développées que les femelles, signe que la compétition entre les mâles du groupe était sans doute bien moins forte que chez les chimpanzés ou les gorilles.
En fait, "il est peu probable qu'il existe encore à l'heure actuelle une structure sociale analogue à celle de ces australopithèques", dont l'anatomie et l'écologie étaient très différentes de ceux des primates modernes, souligne l'étude.
Source : Sciences et Avenir du 01/06/2011
Hormis quelques fossiles et de rares outils de pierre très rudimentaires, il ne subsiste que très peu de traces des australopithèques, lointains cousins des humains modernes qui vivaient voici 2,4 à 1,7 millions d'années, ce qui rend d'autant plus difficile toute théorie sur leur mode de vie.
Alors comment l'équipe internationale emmenée par Sandi Copeland, du département d'évolution humaine de l'Institut Max Planck (Allemagne), a-t-elle pu arriver à cette hypothèse audacieuse publiée dans la revue britannique Nature ?
C'est qu'entre autres vestiges, les deux espèces d'hominidés bipèdes (Australopithecus africanus et Paranthropus robustus) qui ont vécu dans des cavernes de l'actuel Transvaal, en Afrique du Sud, ont laissé derrière eux des dents.
Or grâce au laser et à la spectrométrie de masse, l'analyse des dents d'un mammifère permet désormais avec précision de dire si un individu a grandi à l'endroit où il a vécu et où il est mort.
Chaque type de sol peut en effet être caractérisé par des variations dans les formes atomiques d'un métal rare, le strontium (strontium 87 et strontium 86). Ce cocktail particulier d'isotopes de strontium se reflète dans la nourriture absorbée par les mammifères, qui se retrouve à son tour dans les traces de strontium contenues dans l'émail des dents.
Et comme le strontium se fixe dans l'émail avant l'âge adulte, sans être ensuite modifié par des processus biologiques, il constitue un indicateur précieux pour suivre la piste des australopithèques sud-africains.
Après avoir analysé 19 dents de ces hominidés, l'équipe de Sandi Copeland en conclut que les individus les plus grands, et donc probablement les mâles, s'étaient nourris essentiellement près des cavernes où ils vivaient. A l'inverse, les plus petits, vraisemblablement des femelles, s'étaient nourris hors de cette zone géologique avant l'âge de huit ans.
L'étude suggère que les mâles australopithèques auraient donc eu un comportement sédentaire, restant au sein de leur groupe natal ("philopatrie") dans une zone géologique de seulement 30 km2.
Les femelles quant à elles seraient venues de zones plus éloignées, et donc d'autres groupes familiaux, pour se joindre à la famille des mâles lorsqu'elles auraient atteint l'âge de se reproduire ("exogamie").
Une différence de comportements entre les sexes qui se retrouve chez les chimpanzés, les bonobos et dans de nombreuses sociétés humaines, relèvent les auteurs de l'étude.
Mais les ressemblances s'arrêtent probablement là, estiment-ils. L'australopithèque mâle ne possédait pas des canines beaucoup plus développées que les femelles, signe que la compétition entre les mâles du groupe était sans doute bien moins forte que chez les chimpanzés ou les gorilles.
En fait, "il est peu probable qu'il existe encore à l'heure actuelle une structure sociale analogue à celle de ces australopithèques", dont l'anatomie et l'écologie étaient très différentes de ceux des primates modernes, souligne l'étude.
Source : Sciences et Avenir du 01/06/2011
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