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vendredi 13 septembre 2019

En Normandie, des empreintes de Néandertaliens livrent leurs secrets

Sur le site paléolithique du Rozel, dans la Manche (Normandie), des chercheurs français ont annoncé ce lundi avoir découvert et analysé 257 traces de pas d'Homo neanderthalensis. De précieux indices pour en savoir plus sur les us et coutumes de nos lointains cousins qui cheminaient là il y a 80 000 ans.

Ici, pas de squelettes. Mais sur le site du Rozel, dans la Manche, en Normandie, paléoanthropologues et archéologues ont le coup de main pour faire parler les traces de pieds.

Depuis 2012, Dominique Cliquet et son équipe (direction régionale des affaires culturelles de Normandie) analysent des empreintes fossiles signées Neandertal, vieilles de 80 000 ans, découvertes à proximité d’une crique. (Si vos cours de préhistoire sont un peu loin, notez qu'Homo neanderthalensis a vécu entre environ 200 000 et 30 000 ans avant aujourd’hui.)

Le sable ayant agi comme précieux bouclier, elles sont remarquablement bien conservées et offrent un aperçu exceptionnel de la structure sociale des Néandertaliens.

Une bande de jeunes

Que disent-elles ? L’analyse morphométrique des 104 plus belles empreintes – plus larges que celles d'Homo sapiens – révèle que nos cousins normands vivaient vraisemblablement au sein d'un groupe de 10 à 13 individus mesurant de 66 à 189 cm. Ledit groupe était composé essentiellement d'enfants et d'adolescents, l’âge du plus jeune ayant été estimé à 2 ans, peut-on lire dans un article publié le 9 septembre 2019 dans PNAS (Comptes-rendus de l'Académie nationale des sciences des Etats-Unis).

Jusqu'alors, seules des restes squelettiques mis au jour à El Sidrón, en Espagne, avaient permis de fournir des informations solides sur la composition d'un groupe social néandertalien. Ce dernier comptait sept adultes, trois ados et trois enfants en bas âge, rappellent les chercheurs français. Pourquoi si peu d'adultes au Rozel ? Le mystère demeure.

Neandertal avaient des pieds plus larges qu'Homo sapiens. Des empreintes animales ont également été découvertes sur le site du Rozel, de même que des outils similaires à ceux trouvés dans d’autres sites néandertaliens.

Source : Géo du 11/09/2019

jeudi 12 septembre 2019

Des centaines d’empreintes de pas de Néandertaliens découvertes en Normandie

Une équipe d’anthropologues annonce la découverte de plus de 250 empreintes de pas laissées par des Néandertaliens il y a 80 000 ans en France. À Le Rozel, en Normandie, plus exactement.

Une découverte exceptionnelle

Aucun ossement n’a été retrouvé à proximité, mais nous savons que seul Neandertal fréquentait L’Europe occidentale il y a 80 000 ans. Homo sapiens est en effet arrivé environ 35 000 ans plus tard. Ces 257 empreintes, retrouvées le long d’une crique à Le Rozel, ont donc vraisemblablement été laissées par nos anciens cousins aujourd’hui disparu. Une découverte extraordinaire, dont les détails viennent d’être publiés dans la revue PNAS.

“Auparavant, seuls neuf empreintes de Néandertal étaient connues, réparties sur 4 sites différents, rappelle Jérémy Duveau du Muséum national d’histoire naturelle en France, et co-auteur de l’étude. Les empreintes de pas sont très intéressantes car non seulement elles nous donnent un instantané de la vie des Néandertaliens, mais nous permettent également d’estimer la taille et la composition du groupe qui les a constituées“.

Une grande majorité de jeunes

Pour ces travaux les chercheurs se sont concentrés sur cinq couches différentes de sédiments. Dont une, particulière, qui a conservé la grande majorité des empreintes (environ 80%). Il ressort de ces analyses que plus de 90% des empreintes identifiées ont été laissées par des enfants et des adolescents. Le plus jeune, peut-on lire, était âgé d’environ deux ans. Le groupe, dans son ensemble, était probablement composé de 10 à 13 personnes. Pour le reste, on ne peut que supposer.

“Il est difficile de comprendre pourquoi ces personnes étaient présentes à ce moment-là, note en effet Isabelle de Groote, de l’Université John Moores de Liverpool. Cherchaient-elles de la nourriture, jouaient-elles ou faisaient-elles autre chose ? Je m’attendrais à ce qu’il y ait plus d’adultes, ou du moins plus d’équilibre entre le nombre d’adultes et de jeunes“.

Neandertal plus grand que supposé ?

Il est également à noter que l’une des empreintes retrouvées semble avoir été laissée par un individu exceptionnellement grand. Du moins pour cette espèce qui, en général, ne dépassait pas les 1,60 mètres de hauteur. Celui-ci, selon les chercheurs, devait mesurer environ 1,75 mètre de haut. Il est donc possible que nos anciens cousins aient été finalement plus grands qu’on ne le pensait.

Cette nouvelle étude nous permet ainsi de brosser un tableau plus précis de la vie de Neandertal. Récemment, plusieurs autres découvertes ont été faites à son sujet. Nous savons, par exemple, qu’il utilisait de la “colle” pour fabriquer des outils de pierre. Qu’il pouvait tuer à distance avec des lances, également. Ou encore que ces nos cousins, que nous considérions auparavant comme de vraies brutes, n’étaient finalement pas plus violents que les humains.

Source : SciencePost du 10/09/2019

samedi 1 novembre 1997

Empreintes de pas du Rozel

Le site paléolithique du Rozel, aussi appelé site du Pou, est un site préhistorique situé sur la commune du Rozel, dans le département de la Manche, en Normandie.

Le site, composé de plusieurs niveaux de sol d'occupation néandertalienne, est daté d'environ 80 000 ans. Il a révélé des traces d'occupation dont les vestiges sont très bien conservés, notamment de nombreuses empreintes de pas et de mains, ainsi que de pattes d'animaux, qui en font un site exceptionnel pour la connaissance des hommes du Paléolithique moyen.

Localisation

Le site préhistorique est incorporé à une dune, dans la commune du Rozel, sur la pointe du Pou, dite aussi pointe du Rozel.

Historique

Le site est découvert fortuitement en 1967 du fait de l'érosion littorale. Il a fait l'objet de fouilles de sauvetage puis, du fait de la poursuite de l'érosion, de fouilles programmées trois mois par an depuis 2012. À la suite d'une grande marée qui emporte une partie du gisement archéologique, la décision est prise de placer en contrebas du site un enrochement, qui fait l'objet d'une consolidation peu de temps après.

Description

Les différents niveaux d'occupation, constitués de sols végétalisés et de coulées de boue sableuse, ont été préservés par des couches de sable successives apportées par le vent, qui ont fossilisé les vestiges.

Les fouilles ont permis de mettre au jour trois aires de traitement des carcasses animales, véritable boucherie à ciel ouvert. Des os d'aurochs, de cervidés et de chevaux ont été découverts, dont certains présentent des traces de découpe laissées par des couteaux en silex, parfois fabriqués sur place comme en attestent les éclats retrouvés in situ dans des amas de débitage. Les fouilles ont aussi mis au jour des foyers, qui devaient servir au fumage de la viande pour la conserver. La viande était déposée sur des plaquettes de schiste extraites de la falaise, pour être fumée sur des feux de bois de pin et d'os spongieux. Les os longs avaient été préalablement brisés, pour en extraire la moëlle, sur des blocs de schiste et de quartz.

Parmi les près de 1 500 empreintes de pied et de main mises au jour sur le site de 2012 à 2018, 257 empreintes de pied et 8 empreintes de main ont été analysées. Elles témoignent de passages récurrents de groupes humains constitués d'adultes, d'adolescents et d'enfants, dont certains très jeunes. De nouvelles découvertes en juin 2020 portent à 2 000 le nombre d'empreintes relevées sur le site.

Des plumes d'oiseaux de grande taille ont également été découvertes dont les stigmates laissent penser qu'il s'agirait de pygargues à queue blanche, appelés aussi grands aigles de mer, une espèce totalement protégée sur le territoire national depuis 1981. En tout, grâce aux travaux d’un jeune chercheur de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, 25 espèces d’oiseaux ont été recensées, essentiellement des oiseaux migrateurs en transit du cercle polaire en direction du Sahara.

Datation

Le site est daté sur sédiment par luminescence optiquement stimulée d'environ 80 000 ans, c'est-à-dire de la période finale du Paléolithique moyen.

Industrie lithique

Le site a livré un outillage en silex et en quartz, principalement des éclats Levallois pour les trois niveaux supérieurs ainsi que des lames et des lamelles dans les deux niveaux sous-jacents. Il a notamment été découvert sur une aire de travaux de boucherie des vertèbres en connexion anatomique, et des esquilles osseuses au milieu de fragments de plaques de schiste.

Importance du site

Les sites moustériens sont relativement nombreux en Normandie : des sites de plein air souvent dégradés et des sites mis au jour sur l'actuel littoral du département de la Manche, mieux conservés. Plusieurs gisements archéologiques normands témoignent aussi d'une production d'outils bifaciaux.

Le site du Rozel apparait comme un conservatoire unique pour la période du Paléolithique moyen, puisque seules 9 autres empreintes de pas de cette période sont connues dans le monde à ce jour alors que le site en présente deux mille.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 110-80 ka
découverte :
date : 1967
espèce : Homo neanderthalensis



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Source :