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jeudi 15 septembre 2022

À quoi ressemblait la vie des australopithèques ?

Les australopithèques, de la grande famille humaine des homininés, ont vécu en Afrique il y a entre 4,4 et 1 million d’années. Vous connaissez forcément l’une de leurs représentantes, longtemps présentée comme notre grand-mère à tous : Lucy.

Une grande famille humaine

"Le groupe qui réunit tous les humains, les homininés, s’est séparé de la branche qui a donné naissance aujourd’hui aux chimpanzés et aux bonobos. Avec aussi les gorilles et les Orang-Outan, nous faisons tous partie de la famille des hominidés. L’Homme ne descend pas du singe, nous sommes tous des primates et nous avons un ancêtre commun avec les chimpanzés et les bonobos qui sont les êtres vivants les plus proches de nous", explique le paléoanthropologue Antoine Balzeau, auteur d’une Brève histoire des origines de l’humanité (éditions Tallandier, 2022).

Les plus anciens membres connus du buisson de l’humanité datent d’il y a 7 millions d’années sur le continent africain surnommé pour cette raison "le berceau de l’humanité". C’est ce que nous a appris la découverte de Toumaï au Tchad en 2001. Au fil des siècles, plusieurs espèces d’hominines se sont côtoyées à travers le monde. Parmi elles, de nombreuses espèces d’australopithèques, qui vivaient il y a entre 4,4 et 1 million d’années.

Le crâne de Taung avant Lucy

Le premier à avoir découvert des restes d’australopithecus afarensis, c’est l’anthropologue et paléontologue australien Raymond Dart. Selon certains chercheurs, c’est cette espèce qui serait à l’origine des autres espèces d’australopithèques, et en particulier de ses représentants robustes, les paranthropes.

En 1924, près de Kimberley, en Afrique du Sud, Dart met au jour un crâne appartenant à un enfant, surnommé Taung. Dans le journal Nature l’année suivante, il décrit un nouveau type d’hominine, l’australopithèque. Grâce à la position du trou découvert à la base du crâne qui indique la station bipède, Dart conclut que ce spécimen ne pouvait se déplacer à 4 pattes et était bien adapté à la bipédie.

La star de ce nouveau groupe, vous connaissez bien son nom. Ce n’est pas Taung, c’est Lucy ! Elle est mise au jour le 24 novembre 1974 à Hadar, en Éthiopie, par une équipe internationale dirigée par l’Américain Donald Johanson et les Français Maurice Taïeb et Yves Coppens.

Son nom, elle le doit aux Beatles. En effet, le soir de la découverte, alors qu’ils nettoient méticuleusement les précieux ossements, les paléoanthropologues écoutent la chanson Lucy in the Sky with Diamonds des quatre garçons dans le vent. Au son du rock’n’roll, Lucy est ainsi baptisée par les Occidentaux. Les Ethiopiens, eux, l’appellent Dinqnesh, qui signifie "Tu es merveilleuse".

Caractéristiques et mode de vie des Australopithèques

Ce qui la rend merveilleuse, c’est que son squelette est complet à 40 %. Du jamais vu à l’époque ! On a retrouvé les fragments de 52 ossements datant de 3,2 millions d’années. Lucy mesure 1 mètre 10 pour 25 kilos. En moyenne, les australopithèques mesurent entre 1,3 et 1,5 mètre, mais ils peuvent dépasser 1m60. La capacité crânienne des Australopithèques mesure 450cm3 en moyenne, soit celle du chimpanzé actuel.

Les longs bras de Lucy laissent supposer qu’elle devait passer beaucoup de temps accrochée aux branches des arbres. Mais d’autres particularités anatomiques, comme son bassin court et évasé indiquent qu’elle était totalement adaptée à un mode de locomotion bipède, comme tous les représentants de la grande famille humaine.

Les Australopithèques vivaient dans des environnements assez variés et pouvaient évoluer dans la forêt humide aussi bien que dans la savane. Leur alimentation se composait de graminées, de plantes grasses, de tubercules, comme en témoigne l’émail épais de leurs dents. Mais ils n'étaient pas totalement végétariens et au fil du temps ils se sont davantage nourris d’insectes, de rongeurs, d’oiseaux et d’œufs. Les Australopithèques étaient omnivores et certains fabriquaient des outils en pierre.

Sur la question de leur pilosité, Antoine Balzeau nous apprend qu’il s’agit là d’une "question sans intérêt scientifique puisque les hypothèses sont impossibles à tester. Nous, Hommes d’aujourd’hui, n’avons pas moins de poils qu’un chimpanzé et donc certainement qu’un Australopithèque, que ses poils fussent petits ou longs".

Des Australopithèques, en veux-tu en voilà !

Taung et Lucy ne sont pas les seuls représentants des australopithèques. Des centaines ont été mis au jour, comme la petite Selam, âgée de 3 ans. Elle fut découverte en 2000 en Éthiopie, à quatre kilomètres seulement du lieu où Lucy avait été découverte 26 ans plus tôt. Résultat : la presse l’a tout de suite présentée comme "le bébé de Lucy", un surnom qui prête à confusion car Selam est bien plus vieille.

Aujourd’hui, les spécialistes s’accordent à dire que Lucy n’est pas notre grand-mère à tous, mais une lointaine tante parmi d’autres. Les australopithèques étaient très variés, une douzaine d’espèces différentes ont vécu et ont côtoyé de nombreuses autres espèces attribuées au genre Homo à partir d’il y a 2 millions d’années.

"Ainsi, les Australopithèques font bien partie de la grande famille humaine, puisque leur corps était adapté à la bipédie. Ils étaient un peu plus petits que les humains ultérieurs, et surtout, ils avaient de plus petites jambes et de plus grands bras. Les espèces se sont réparties les différentes régions d’Afrique au cours du temps, probablement car ces humains étaient assez inféodés à leur environnement. La dernière découverte notable est que les premiers outils en pierre connus datent de leur époque, démontrant des compétences inattendues à ces humains anciens", conclut Antoine Balzeau.

Source : Géo du 14/09/2022

jeudi 31 décembre 2020

La chasse et la consommation de viande ont-elles vraiment joué un rôle important dans l’évolution humaine ?

Quels sont les facteurs ayant favorisé l'émergence du genre humain ? La question alimente toujours d'intenses débats entre scientifiques. Si la chasse et la consommation de viande ont largement contribué à l'accroissement du cerveau, d'autres voix s'élèvent pour proposer un processus d'encéphalisation multifactoriel qui se serait, entre autres, développé autour la mise en place du concept d'alloparentalité.

Aujourd'hui, la pratique de la chasse est un débat sociétal majeur. En témoigne l’actualité des dernières semaines autour de la législation de la chasse et de sa pratique. Au-delà de l'activité dite « sportive », la chasse est bien un héritage de nos comportements alimentaires. Ainsi, nous voyons apparaître des régimes tels que le régime « Paléo », enrichis en viande, en partant du postulat que la chasse était au cœur du quotidien des populations préhistoriques et que le régime de nos « ancêtres » était le bon.

Mais d'où vient cette idée ? Que disent réellement les données scientifiques sur la consommation de viande de nos « ancêtres » lointains ? La chasse et la viande ont-elles joué un rôle important dans l'évolution humaine ?

La découverte d’australopithèque

En 1925, l'anatomiste australien Raymond A. Dart publia la description des premiers restes d'australopithèque jamais découverts. Il s'agit d'un petit crâne, presque complet, conservant également l'empreinte négative de l'endocrâne (partie interne du crâne) et provenant d'une grotte d'Afrique du Sud. Il dénomma l'espèce Australopithecus africanus, mais le crâne sera surnommé l'enfant de Taung.

Par cette découverte majeure, le scientifique permit d'apporter la première preuve tangible d'une origine africaine de la lignée humaine. Hypothèse qui fut pour la première fois formulée par Charles Darwin en 1871, dans son célèbre ouvrage « The Descent of Man ». À l'époque, la publication ne fit pas l'unanimité car nombre de chercheurs considéraient que l'origine de la lignée humaine se situait soit en Asie, par la découverte de Pithecanthropus en 1891, ou en Europe, avant que la fraude de l’Homme de Piltdown ne soit révélée.

Les chasseurs de têtes sanguinaires

Malgré les critiques, Dart continua ses recherches en Afrique du Sud et étudia les fossiles d'animaux des sites de Taung et de Makapansgat. Il estimait que ces restes avaient été accumulés par les Australopithèques eux-mêmes. En analysant les modifications visibles sur les ossements ainsi que la représentation squelettique, il définira la « culture ostéodontokératique », signifiant littéralement « os - dent - corne ».

Selon lui, les australopithèques étaient de puissants chasseurs, capables de produire des outils à l'aide des os, des dents mais aussi des cornes des animaux qu'ils abattaient. Ils étaient des « chasseurs de têtes sanguinaires », parfois cannibales. Cette hypothèse, dénommée la « théorie du singe tueur », permettait à Dart de confirmer une seconde idée de Darwin : le processus d'hominisation aurait débuté lorsque nos « ancêtres » adoptèrent une marche bipède, libérant ainsi les mains et permettant la production d'outils et d'armes pour chasser. C'est la « hunting hypothesis » (hypothèse de la chasse), qui considère la chasse comme un comportement majeur dans l'évolution de la taille du cerveau (encéphalisation) au sein de la lignée humaine.

Les chasseurs devenus chassés

Les recherches de Dart firent forte impression, notamment auprès de l'auteur à succès Robert Ardrey qui publiera cinq best-sellers, African Genesis, dans lesquels il développera l'idée que « l'Homme est un prédateur dont l'instinct naturel est de tuer avec une arme ». Cette vision de l'origine de l'humanité fut plus tard reprise par Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick lors de la production de la séquence d'ouverture du film 2001 : l'Odyssée de l'espace.

Bien entendu, les travaux de Dart furent sérieusement remis en question. Notamment depuis 1981 et la publication de l'ouvrage The Hunters or the Hunted ? An Introduction to African Cave Taphonomy par le taphonomiste sud-africain C. K. Brain. À travers cet ouvrage de référence, Brain démontra que les hominines anciens (catégorie regroupant l'ensemble des espèces appartenant à la lignée humaine depuis sa séparation avec celle des grands singes, il y a environ 7 millions d'années) étaient plus des proies que des chasseurs. Ils étaient, selon lui, régulièrement les proies de grands carnivores, et particulièrement des grands félins comme le léopard ou les tigres à dents de sabre. Ainsi, il réfuta la théorie du singe tueur et de la « Hunting Hypothesis ».

Cerveau, intestin et locomotion

Dans ce contexte de forte compétition entre les hominines et les carnivores démontrée par Brain, le rôle de la chasse au sein de l'évolution humaine a été fortement nuancé. Toutefois, en 1995, les paléoanthropologues Leslie C. Aiello et Peter Wheeler émettent l'hypothèse selon laquelle les besoins métaboliques d'un cerveau de grande taille sont compensés par une réduction proportionnelle de l'appareil digestif.

Cette réduction de la taille de l'intestin n'est envisageable, selon eux, seulement s'il y a un changement dans le régime alimentaire, incorporant des aliments à forte qualité nutritionnelle, comme la viande. En 2011, cette hypothèse fut remise en question par Ana Navarrete et ses collègues, qui proposèrent que l'encéphalisation a été rendue possible par une combinaison de stabilisation des apports énergétiques et d'une redirection de l'énergie de la locomotion, de la croissance et de la reproduction. En effet, les données prouvent que le coût en énergie de la posture bipède est beaucoup moindre que la brachiation (« arboricolie ») ou la quadrupédie observées chez les autres espèces de primates non-humains.

Enfin, il semble que les êtres humains ont évolué dans l'approvisionnement alloparental de la progéniture (prise en charge des petits par l'ensemble du groupe), en particulier pour le bénéfice des femelles reproductrices. Ces auteurs proposent que des soins allomaternaux extensifs permettent d'augmenter la taille du cerveau, et donc aussi les capacités cognitives, par rapport à leurs parents reproducteurs. Ce qui aurait permis de multiplier par trois environ la taille du cerveau par rapport à leur groupe frère, le genre Pan (chimpanzés) !

L'encéphalisation est donc un processus multifactoriel. Parmi ces facteurs se trouvent l'utilisation d'outils, du feu, l'amélioration des techniques d'approvisionnement en nourriture, le changement de régime alimentaire, la locomotion bipède...

Jusqu'à maintenant, nous avons largement et volontairement recentré notre propos sur l'encéphalisation. Toutefois, il est nécessaire de rappeler que l'augmentation relative de la taille du cerveau n'est pas l'unique caractère anatomique utilisé en paléoanthropologie afin de définir l'espèce humaine. Nous pouvons en effet citer la réduction globale de la taille de la denture ou encore la perte du pouce opposable du pied. Ainsi, même si la chasse (et l'augmentation de la consommation de la viande) peut être un des nombreux facteurs ayant favorisé l'encéphalisation, ce dernier processus n'est pas le seul caractère de l'« humanisation ».

Il est donc aujourd'hui difficile d'affirmer que la chasse et la viande sont les seuls facteurs de l'émergence du genre humain et du processus d'encéphalisation. Bien qu'il semble qu'elles aient joué un rôle à un moment donné de notre histoire évolutive. Le débat reste encore ouvert parmi la communauté scientifique, notamment sur le rôle de la chasse comparée à celui du charronnage... Affaire à suivre.

Source : Futura Planete du 30/12/2020

mardi 3 mars 2020

Homo capensis

Homo capensis : Au début des années 1910, deux agriculteurs sont tombés sur des fossiles d'hominidés, y compris des morceaux de crâne, près de Boskop, en Afrique du Sud. Les os ont été transmis à de nombreux anatomistes - dont Raymond Dart, qui a découvert plus tard le premier fossile d'australopithèque - avant de se retrouver entre les mains du paléontologue Robert Broom. Broom a estimé la taille du cerveau du crâne : un énorme 1 980 centimètres cubes (le cerveau d'une personne moderne typique mesure environ 1 400 centimètres cubes). Broom a déterminé que le crâne devrait être appelé H. capensis, également connu sous le nom de Boskop Man. D'autres spécimens d'Afrique du Sud ont été ajoutés à l'espèce, et certains scientifiques sont devenus convaincus que l'Afrique australe abritait autrefois une race de personnes au gros cerveau et au petit visage. Mais dans les années 1950, les scientifiques remettaient en question la légitimité de H. capensis. L'un des problèmes était que l'épaisseur du crâne d'origine rendait difficile l'estimation de la taille réelle du cerveau. Et même s'il faisait 1 980 centimètres cubes, c'est toujours dans la plage normale de variation pour le cerveau des gens modernes, l'anthropologue et blogueur John Hawks a expliqué en 2008. Un autre problème, a souligné Hawks, était que les scientifiques choisissaient de préférence des crânes plus grands à inclure dans H. capensis en ignorant les crânes plus petits qui ont été trouvés en association avec les plus gros spécimens. Aujourd'hui, les fossiles autrefois classés comme H. capensis sont considérés comme des membres de H. sapiens.

Source : Source

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mardi 11 février 2020

Les grandes découvertes d’hominidés

1856 Dans la vallée de Néander, en Allemagne, on trouve des ossements et un crâne… Mais l’espèce ne sera pas identifiée tout de suite : Homo neanderthalensis.

1868 Aux Eyzies-de-Tayac, dans le Périgord, les fouilles d'un abri sous roche permettent d'exhumer les premiers restes de l'Homme de Cro-Magnon.

1921 Dans la région de Zhoukoudian, les premiers restes de sinanthropes ont été découverts par J. Gunnar Andersson.

1925 Raymond Dart décrit une nouvelle espèce :Australopithecus africanus, qu'il assimile même à un sorte de « chaînon manquant »… qui aurait vécu il y a 3 millions d’années.

1974 Découverte d’un fossile très bien conservé d’australopithèque par Maurice Taieb et Yves Coppens. La célèbre Lucy va se voir décerner provisoirement le titre de grand-mère de l’humanité : Australopithecus afarensis…

2000 En Georgie, à Dmanisi, tout un groupe humain a laissé ses traces. Plusieurs crânes ont permis de définir une nouvelle espèce : Homo georgicus.

2000 Brigitte Senut découvre un fémur et des dents qui ne correspondent à rien de connu. C’est donc une nouvelle espèce qui est décrite : Orrorin tugenensis. C’est un bipède très ancien, 6 millions d’années.

2002 Au Tchad, une équipe de chercheurs, sous la direction de Miche Brunet, découvre le crâne d’un hominidé de 7,5 millions d’années : Sahelanthropus tchadensis. C’est pour l’instant le plus ancien hominidé.

2004 En Indonésie, sur l’île de Flores, des ossements d’une « petite femme » sont découverts dans une grotte. Homo floresiensis est né ! Il vivait ici il y a 50 000 ans.

2010 En cherchant à quelle espèce un petit bout de doigt appartenait, les généticiens ont découvert une nouvelle espèce : l’Homme de Denisova. Il parcourait les plaines de l’Altaï il y a 50 000 ans.

2016 Dans une grotte en Afrique du Sud, est mis au jour les restes de plusieurs individus qui amènent à la création d’une nouvelle espèce, Homo naledi. Un peu plus tard les fossiles ont pu être datés de 120 000 ans…

2017 Les plus vieux fossiles d’Homo sapiens sont retrouvés au Maroc à Djebel Irhoud, ils ont 300 000 ans. Cela repousse de 100 000 ans les origines de cette espèce…

2019 En asie, aux Philipines, un nouvel homininé est découvert sur l'ile de Luçon. Homo luzonensis vivait il y à 50 000 ans. C'est donc un contemporain de Néandertal et Sapiens.

Source : Hominidés.com

vendredi 16 juin 2017

Australopithecus prometheus

Australopithecus prometheus est une espèce d'Australopithèque découverte en Afrique du Sud à Makapansgat et définie par Raymond Dart en 1948. L'espèce a longtemps été considérée par la plupart des chercheurs comme synonyme d'Australopithecus africanus.

Le fossile très complet de Little Foot découvert à Sterkfontein pourrait être rattaché à cette espèce et pourrait conduire à mieux la caractériser. Une révision de l'histoire géologique du site menée depuis 2007 indique que Little Foot aurait au moins 3 millions d'années. Les scientifiques ont ensuite déterminé l’âge du squelette presque complet séparé du rocher auquel il était partiellement attaché. est 3,67 millions d’années

Source : Wikipedia

mercredi 27 août 2014

Le cerveau de l'enfant de Taung n'a rien d'humain

L'enfant de Taung, premier hominidé vieux de trois millions d'années découvert il y a 90 ans en Afrique du Sud, n'avait pas de caractéristiques crâniennes montrant un développement du cerveau similaire à celui des enfants humains, selon une recherche publiée lundi.

Ce fossile est important historiquement et scientifiquement car il est le premier et le meilleur exemple de l'évolution du cerveau d'un des premiers hominidés, australopithèques africanus, découvert en 1924 par le paléontologue australien Raymond Dart et objet de nombreuses controverses.

Les chercheurs de l'Université Wits en Afrique du Sud ont soumis le crâne partiel au scanner CT (tomodensitomètre) à haute définition. Et les résultats jettent un sérieux doute sur des théories avancées jusqu'alors selon lesquelles ce fossile montre des adaptations crâniennes clé dans la région préfrontale du cerveau, que l'on constate aussi chez les nouveau-nés et jeunes enfants humains modernes.

«Une récente étude fait la description de ce fossile vieux d'environ trois millions d'années, dont on pense qu'il a appartenu à un individu âgé de trois à quatre ans, comme présentant des indices d'une suture coronale et d'une fontanelle antérieure ouverte», précise Kristian Carlson, un chercheur de l'Université Wits, un des principaux auteurs de cette recherche publiée en ligne dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences.

Ces deux caractéristiques, qui donnent une souplesse au crâne, facilitent le développement post-natal du cerveau chez les enfants humains en persistant et disparaissant plus tardivement, explique-t-il.

En comparant le registre des fossiles existant des hominidés aux variations crâniennes chez les chimpanzés, très proches de l'homme, rien de conforte ce scénario d'évolution chez l'enfant de Taung, tranchent les chercheurs.

Soulignant des déficiences dans la manière dont le fossile de Taung a été récemment interprété, ces paléontologues suggèrent que les caractéristiques physiques ne présentent pas de lien avec celles du développement du lobe préfrontal du cerveau humain, siège d'un grand nombre de comportements de l'homme.

Source : La presse.ca du 25/08/2014

mercredi 18 juin 2014

Little Foot, nouvel "ancêtre de l'humanité" ?

Son squelette est mieux conservé et plus complet que celui de l’australopithèque Lucy. Plus beau et plus âgé ? Ce Sud-Africain d’au moins 3 millions d’années pourrait ravir à sa célèbre cousine le titre d’« ancêtre de l’humanité ». Histoire d’une rocambolesque découverte.

Un boyau sans fin dans une pénombre inquiétante qui tord l’estomac… Voilà trente-six heures que Stephen Motsumi et Nkwane Molefe scrutent les moindres recoins de la grotte de Sterkfontein, située au nord de Johannesburg (Afrique du Sud). Ignorent-ils que, jadis, un ouvrier s’est perdu dans cette mine-labyrinthe de 12 kilomètres de galeries et qu’il n’en est jamais ressorti ? Faisant fi du danger, les deux hommes progressent lentement par une chaleur étouffante et à la faible lumière de leur lampe. Même Hergé, le père de Tintin, n’aurait pu imaginer scénario aussi haletant. « Eurêka ! » s’exclame l’un des paléontologues, à l’instar du héros de la célèbre bande dessinée, lorsque, tout à coup, à 25 mètres de profondeur, alors qu’il se trouve en haut d’une marche poussiéreuse, il tombe nez à nez avec le trésor tant convoité : un bout d’os de 3 centimètres de long, encastré dans la roche !

Les pièces s’emboîtent comme un puzzle de 3 millions d’années

De sa poche, il sort le moulage d’un demi-tibia que lui a religieusement confié son supérieur, le Pr Ronald Clarke, de l’Institut de l’évolution humaine à l’université du Witwatersrand. « Et c’est là qu’a opéré la magie du destin, s’enthousiasme Yves Coppens, paléoanthropologue au Collège de France, qui aime raconter l’histoire de ce fossile qu’il connaît bien. Les deux extrémités se sont parfaitement assemblées comme les pièces d’un puzzle. » Sans le savoir, en ce début du mois de juillet 1997, Motsumi et Molefe viennent de mettre la main sur le squelette d’australopithèque le plus complet exhumé à ce jour, un genre d’hominidé que l’on pouvait croiser sur notre terre il y a plus de trois millions d’années, et que nombre de spécialistes estiment être à l’origine de la lignée humaine. Celui-là, baptisé « Little Foot », concourt donc au titre très convoité d’« ancêtre de l’humanité ».

Cette découverte marque l’épilogue d’une très, très longue histoire. Au début des années 1900, Johannesburg se développe grâce au filon aurifère : pour extraire l’or, les mineurs ont besoin de chaux, qu’ils vont chercher à 45 kilomètres, dans la vallée de la Blaauwbankspruit, où se trouve la grotte de Sterkfontein. La roche y est si dure que le travail s’effectue à la dynamite. Mais rapidement, et malgré les dégâts irréversibles causés par l’explosif, de nombreux os attirent l’attention des scientifiques dépêchés sur place. Ils les récupèrent, souvent dans la précipitation, et se contentent de les stocker. « D’abord au British Museum, à Londres, ensuite au musée du Transvaal, à Pretoria, puis à l’université du Witwatersrand », explique Francis Thackeray, professeur en anthropologie, qui dirige aujourd’hui l’Institut de l’évolution humaine. Peu à peu se constitue ainsi l’une des plus formidables collections anthropologiques de la planète, à partir des fossiles de Sterkfontein et de ceux trouvés dans le reste de la vallée de la Blaauwbankspruit. En 1925, l’anthropologue Raymond Dart se plonge dans ce trésor, y découvre le crâne d’un enfant provenant de la grotte de Taung ; un jeune garçon qui devait marcher debout en raison de la position de son occipital. Pour Dart, cette caractéristique fait de cet « enfant de Taung » le premier représentant de l’espèce humaine, que l’anthropologue nomme Australopithecus africanus. Très critiquée, l’hypothèse de Dart est confirmée en 1947 après le déterrement d’un autre fossile que l’on prend, à tort, pour celui d’une femme, appelé « Mrs Ples ». Son crâne quasi complet au volume imposant (485 centimètres cubes) est différent de celui des grands singes et confirme l’existence d’une forme ancienne d’hominidés. « A partir de là, l’idée que l’Afrique du Sud puisse être le berceau de l’humanité commence à s’imposer au sein de la communauté scientifique », raconte José Braga, anthropobiologiste à l’université Paul-Sabatier, à Toulouse.

Avec l’apartheid, les recherches migrent vers l’Afrique de l’Est

L’après-Seconde Guerre mondiale marque l’arrêt de l’exploitation minière dans une bonne partie du pays. Grâce à ses nombreux sites – Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai, Malapa, Taung et Makapansgat –, la région devient pour les paléontologues la « vallée aux fossiles », comme il existe, pour les égyptologues, une « Vallée des Rois ». Sauf que, dès 1948, le Parti national instaure l’apartheid. « Cette période de repli s’est traduite pour les chercheurs par une difficulté d’obtenir des permis de fouilles », se souvient Brigitte Senut, du Muséum d’histoire naturelle de Paris, qui a longtemps travaillé en Afrique du Sud. Les recherches se déplacent ailleurs sur le continent africain, surtout dans l’Est avec, en 1974, la découverte, par Yves Coppens, de la célèbre Lucy. Un événement planétaire puisque la petite boule de poils (1,20 mètre pour 25 kilos) a acquis une surprenante popularité auprès du public. Au point de faire de l’Afrique de l’Est le lieu d’origine de l’espèce humaine. « Vouloir imposer un endroit précis alors que les préhumains ont connu une évolution dans le temps et dans l’espace n’a pas de sens », estime Brigitte Senut.

En Afrique du Sud, les fouilles suivent les évolutions politiques. A peine les dernières lois ségrégationnistes sont-elles abolies que les recherches s’accélèrent, notamment dans les dépôts les plus anciens de Sterkfontein, d’où différents os, difficilement identifiables – bovidés, rongeurs, félins, singes –, se trouvent à nouveau exhumés, en 1992, et conservés à l’université du Witwatersrand. Les boîtes s’entassent jusqu’à ce qu’un soir de septembre 1994 Ron Clarke décide d’en ouvrir une au hasard, dont il vide le contenu sur son bureau. Au milieu du fatras, il distingue quatre petits os provenant du pied gauche d’un hominidé. Ce remarquable anatomiste continue à fouiner frénétiquement dans les cartons et découvre d’autres morceaux. Sur la base de ces quelques osselets naît Little Foot, décrit en 1995 comme un australopithèque dans la revue Science. « A l’époque, son étude, fondée sur si peu de preuves, avait provoqué quelques grincements de dents, raconte José Braga. C’était compter sans son éclair de génie. » Clarke s’interroge benoîtement : et si la grotte de Sterkfontein, dont l’exploitation a cessé en 1939 et où, depuis, rien n’a bougé, recelait toute l’ossature de Little Foot ? Ron Clarke confie donc un moulage de tibia à deux de ses élèves, Stephen Motsumi et Nkwane Molefe, qu’il envoie sur place. On connaît la suite…

Mais si la mise au jour du squelette d’australopithèque le plus complet du monde tient au hasard et à l’intuition d’un homme, il est aussi un gros coup de chance. Au moment où les mineurs stoppent l’exploitation du site, ils s’arrêtent, on peut le dire, au pied de Little Foot. « Un tiers de dynamite en plus, et il se trouvait totalement désintégré, un tiers en moins, et on ne mettait jamais la main dessus », analyse Laurent Bruxelles. Ce chercheur de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) est appelé à la rescousse par Ron Clarke en 2007. Il est karstologue, autrement dit spécialiste des grottes, une discipline à la frontière de l’archéologie et de la spéléologie, que les Sud-Africains, excellents géologues, goûtent peu. Or, depuis la découverte de Little Foot, l’âge de l’australopithèque pose un problème aux scientifiques. Clarke lui attribue 3,3 millions d’années (Ma), ce qui rend son protégé un peu plus vieux que la célèbre Lucy (3,2 Ma). Mais l’on ne détrône pas si facilement une idole, et les autres estimations effectuées depuis n’ont cessé d’ajouter du doute à la confusion… Une première datation, réalisée selon la méthode dite « cosmonucléide » – les chercheurs analysent les éléments de quartz tombés dans la grotte et évaluent la dernière fois qu’ils ont vu le jour –, a repoussé cet âge à 4 millions d’années. Une deuxième, plus classique, dite « radiométrique », reposant sur l’examen des couches de calcite situées sous le fossile, a fourni celui de… 2,2 millions d’années.

Pourquoi un tel écart chronologique ? Le paysage géologique de l’Est du continent africain n’a rien à voir avec celui du Sud. Le premier demeure facilement lisible avec des strates sédimentaires sagement déposées. « En Afrique du Sud, les dépôts ne sont pas horizontaux mais très chaotiques », précise Francis Thackeray. D’où l’appel adressé à Laurent Bruxelles, le chercheur de l’Inrap, qui s’est lancé dans une étude plus large du site afin de préciser les conditions de formation des grottes et leur développement. Son équipe a même réalisé une reconstitution en 3D de Sterkfontein en vue de mieux évaluer les différents niveaux stratigraphiques et de garder une mémoire du site après l’excavation des ossements. « Je me suis arrêté sur la couche de calcite qui se situe juste au-dessus du squelette et qui l’a emprisonné, à l’abri de l’eau, le figeant, comme l’ambre pour certains insectes », précise Laurent Bruxelles. En la datant, le Français vient de conclure définitivement que Little Foot est âgé d’au moins 3 millions d’années, ce qui en fait un contemporain de Lucy. Mieux, d’ici à quelques semaines, il espère prouver qu’il en est l’aîné, grâce à des examens plus poussés effectués par le laboratoire du Cerege (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement), situé à Aix-en-Provence.

Le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national

L’Afrique du Sud a pris la mesure des trésors que renferme son sol. Au total, un tiers des fossiles anciens exhumés sur le continent proviennent de ce pays. Notamment de cette fameuse vallée de la Blaauwbankspruit, dont les 25 000 hectares ont été classés par l’Unesco « berceau de l’humanité ». Les autorités politiques ont encouragé la création d’un nouveau centre de recherche au sein de l’université du Witwatersrand. « Et moi, je rêve de voir notre gouvernement offrir à toutes les écoles du pays des moulages de nos fossiles, tant pour encourager les vocations que pour que nos enfants prennent conscience de ce patrimoine unique », s’enflamme Francis Thackeray. En ce sens, le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national. Et un trésor inestimable. Parce qu’il apparaît comme le mieux conservé au monde et parce qu’il est le plus complet. « Jusqu’ici, les chercheurs ont exhumé des ossements épars à l’exemple de la carcasse de Lucy, dont on possède 40 %. Là, on a le haut et le bas », résume d’un ton amusé Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France. Un miracle qui, cette fois-ci, tient non à la nature, mais aux circonstances de la mort de Little Foot. Bruxelles passe aux aveux : « C’est un accident. Il a fait une chute vertigineuse de 20 mètres dans la grotte sans que l’on en connaisse la raison. » Il faut imaginer le terrain de jeu d’il y a 3 millions d’années : une savane arborée avec des bosquets, des arbres assez élevés (on a retrouvé des fossiles de lianes), un marécage (restes d’hippopotames et de crocodiles). Little Foot se comportait en chasseur et en charognard, mais était aussi la proie des félins. Les fouilleurs ont d’ailleurs exhumé un crâne avec un morceau de tigre à dents de sabre fiché dedans ! C’est ballot, mais l’australopithèque a chuté, au mieux en cherchant à échapper à un adversaire, au pire parce qu’il avait du mal à mettre un pied devant l’autre… Après le choc, son corps a sans doute roulé, au vu de la position un peu vrillée du fossile. « Sa main se trouve recroquevillée avec son pouce à l’intérieur, note Yves Coppens. Un dernier geste, emprisonné dans la pierre, émouvant et terrible, qui peut laisser croire à une lente agonie. »

Aujourd’hui, au terme de treize années d’une minutieuse excavation, effectuée à la fraise de dentiste, le squelette extrait de sa gangue va pouvoir parler. Sa découverte a prouvé qu’il existait voici de 2,5 millions à 3,5 millions d’années deux lignées d’australopithèques en Afrique du Sud : Australopithecus africanus (l’enfant de Taung et Mrs. Ples) et Australopithecus prometheus (Little Foot). « La devise de tous les préhumains, c’est : “Jamais loin de mon arbre”, résume Pascal Picq. Il se tient debout, marche en permanence et grimpe encore dans les branches. » Or, avec ce squelette complet, les paléontologues devraient avoir des détails sur la bipédie. Sa dentition permettra aussi d’en savoir plus sur son régime alimentaire et sur son âge. Enfin, son crâne, parfaitement conservé, offrira des indications sur la répartition des lobes, sa capacité cérébrale, et donc sur son évolution comportementale. « Celle-ci diffère considérablement selon l’aire géographique et dans le temps », estime Yves Coppens. Alors, 3,5 ou 3,2 millions d’années ? Ancêtre ou cousin de Lucy ? Sur l’échelle de l’évolution, la différence peut sembler minime. A notre aune d’Homo sapiens sapiens, ce n’est pas rien. Après tout, nous n’avons même pas 200 000 ans.

Source : Le vif.be du 16/06/2014

vendredi 9 mai 2014

Préhistoire : dans les pas de Little Foot, nouveau doyen de l'humanité ?

Son squelette est mieux conservé et plus complet que celui de l'australopithèque Lucy. Plus beau et plus âgé ? Ce Sud-Africain d'au moins 3 millions d'années pourrait ravir à sa célèbre cousine le titre d'"ancêtre de l'humanité". Histoire d'une rocambolesque découverte.

Un boyau sans fin dans une pénombre inquiétante qui tord l'estomac... Voilà trente-six heures que Stephen Motsumi et Nkwane Molefe scrutent les moindres recoins de la grotte de Sterkfontein, située au nord de Johannesburg (Afrique du Sud). Ignorent-ils que, jadis, un ouvrier s'est perdu dans cette mine-labyrinthe de 12 kilomètres de galeries et qu'il n'en est jamais ressorti? Faisant fi du danger, les deux hommes progressent lentement par une chaleur étouffante et à la faible lumière de leur lampe.

Les os du pied ont permis d'identifier Little Foot en tant qu'australopithèque.

Même Hergé, le père de Tintin, n'aurait pu imaginer scénario aussi haletant. "Eurêka!" s'exclame l'un des paléontologues, à l'instar du héros de la célèbre bande dessinée, lorsque, tout à coup, à 25 mètres de profondeur, alors qu'il se trouve en haut d'une marche poussiéreuse, il tombe nez à nez avec le trésor tant convoité : un bout d'os de 3 centimètres de long, encastré dans la roche!

Les pièces s'emboîtent comme un puzzle de 3 millions d'années

De sa poche, il sort le moulage d'un demi-tibia que lui a religieusement confié son supérieur, le Pr Ronald Clarke, de l'Institut de l'évolution humaine à l'université du Witwatersrand. "Et c'est là qu'a opéré la magie du destin, s'enthousiasme Yves Coppens, paléo-anthropologue au Collège de France, qui aime raconter l'histoire de ce fossile qu'il connaît bien. Les deux extrémités se sont parfaitement assemblées comme les pièces d'un puzzle."

Sans le savoir, en ce début du mois de juillet 1997, Motsumi et Molefe viennent de mettre la main sur le squelette d'australopithèque le plus complet exhumé à ce jour, un genre d'hominidé que l'on pouvait croiser sur notre terre il y a plus de trois millions d'années, et que nombre de spécialistes estiment être à l'origine de la lignée humaine. Celui-là, baptisé "Little Foot", concourt donc au titre très convoité d'"ancêtre de l'humanité".

Cette découverte marque l'épilogue d'une très, très longue histoire. Au début des années 1900, Johannesburg se développe grâce au filon aurifère : pour extraire l'or, les mineurs ont besoin de chaux, qu'ils vont chercher à 45 kilomètres, dans la vallée de la Blauawbankspruit, où se trouve la grotte de Sterkfontein. La roche y est si dure que le travail s'effectue à la dynamite.

L'Afrique du Sud, berceau de l'humanité ?

Mais rapidement, et malgré les dégâts irréversibles causés par l'explosif, de nombreux os attirent l'attention des scientifiques dépêchés sur place. Ils les récupèrent, souvent dans la précipitation, et se contentent de les stocker. "D'abord au British Museum, à Londres [Grande-Bretagne], ensuite au musée du Transvaal, à Pretoria, puis à l'université du Witwatersrand", explique Francis Thackeray, professeur en anthropologie, qui dirige aujourd'hui l'Institut de l'évolution humaine.

Peu à peu se constitue ainsi l'une des plus formidables collections anthropologiques de la planète, à partir des fossiles de Sterkfontein et de ceux trouvés dans le reste de la vallée de la Blauawbankspruit. En 1925, l'anthropologue Raymond Dart se plonge dans ce trésor, y découvre le crâne d'un enfant provenant de la grotte de Taung; un jeune garçon qui devait marcher debout en raison de la position de son occipital.

Pour Dart, cette caractéristique fait de cet "enfant de Taung" le premier représentant de l'espèce humaine, que l'anthropologue nomme Australo-pithecus africanus. Très critiquée, l'hypothèse de Dart est confirmée en 1947 après le déterrement d'un autre fossile que l'on prend, à tort, pour celui d'une femme, appelé "Mrs Ples". Son crâne quasi complet au volume imposant (485 centimètres cubes) est différent de celui des grands singes et confirme l'existence d'une forme ancienne d'hominidés. "A partir de là, l'idée que l'Afrique du Sud puisse être le berceau de l'humanité commence à s'imposer au sein de la communauté scientifique", raconte José Braga, anthropobiologiste à l'université Paul-Sabatier, à Toulouse.

Avec l'apartheid, les recherches migrent vers l'Afrique de l'Est


L'après-Seconde Guerre mondiale marque l'arrêt de l'exploitation minière dans une bonne partie du pays. Grâce à ses nombreux sites - Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai, Malapa, Taung et Makapansgat -, la région devient pour les paléontologues la "vallée aux fossiles", comme il existe, pour les égyptologues, une "Vallée des Rois". Sauf que, dès 1948, le Parti national instaure l'apartheid.

"Cette période de repli s'est traduite pour les chercheurs par une difficulté d'obtenir des permis de fouilles", se souvient Brigitte Senut, du Muséum d'histoire naturelle de Paris, qui a longtemps travaillé en Afrique du Sud. Les recherches se déplacent ailleurs sur le continent africain, surtout dans l'Est avec, en 1974, la découverte, par Yves Coppens, de la célèbre Lucy.

Un événement planétaire puisque la petite boule de poils (1,20 mètre pour 25 kilos) a acquis une surprenante popularité auprès du public. Au point de faire de l'Afrique de l'Est le lieu d'origine de l'espèce humaine. "Vouloir imposer un endroit précis alors que les préhumains ont connu une évolution dans le temps et dans l'espace n'a pas de sens", estime Brigitte Senut.

En Afrique du Sud, les fouilles suivent les évolutions politiques. A peine les dernières lois ségrégationnistes sontelles abolies que les recherches s'accélèrent, notamment dans les dépôts les plus anciens de Sterkfontein, d'où différents os, difficilement identifiables - bovidés, rongeurs, félins, singes -, se trouvent à nouveau exhumés, en 1992, et conservés à l'université du Witwatersrand.

Une découverte qui tient au hasard et à l'intuition d'un homme

Les boîtes s'entassent jusqu'à ce qu'un soir de septembre 1994 Ron Clarke décide d'en ouvrir une au hasard, dont il vide le contenu sur son bureau. Au milieu du fatras, il distingue quatre petits os provenant du pied gauche d'un hominidé. Ce remarquable anatomiste continue à fouiner frénétiquement dans les cartons et découvre d'autres morceaux. Sur la base de ces quelques osselets naît Little Foot, décrit en 1995 comme un australopithèque dans la revue Science.

"A l'époque, son étude, fondée sur si peu de preuves, avait provoqué quelques grincements de dents, raconte José Braga. C'était compter sans son éclair de génie." Clarke s'interroge benoîtement : et si la grotte de Sterkfontein, dont l'exploitation a cessé en 1939 et où, depuis, rien n'a bougé, recelait toute l'ossature de Little Foot? Ron Clarke confie donc un moulage de tibia à deux de ses élèves, Stephen Motsumi et Nkwane Molefe, qu'il envoie sur place. On connaît la suite...

Mais si la mise au jour du squelette d'australopithèque le plus complet du monde tient au hasard et à l'intuition d'un homme, il est aussi un gros coup de chance. Au moment où les mineurs stoppent l'exploitation du site, ils s'arrêtent, on peut le dire, au pied de Little Foot. "Un tiers de dynamite en plus, et il se trouvait totalement désintégré, un tiers en moins, et on ne mettait jamais la main dessus", analyse Laurent Bruxelles.

Ce chercheur de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) est appelé à la rescousse par Ron Clarke en 2007. Il est karstologue, autrement dit spécialiste des grottes, une discipline à la frontière de l'archéologie et de la spéléologie, que les Sud-Africains, excellents géologues, goûtent peu. Or, depuis la découverte de Little Foot, l'âge de l'australopithèque pose un problème aux scientifiques. Clarke lui attribue 3,3 millions d'années (Ma), ce qui rend son protégé un peu plus vieux que la célèbre Lucy (3,2 Ma).

Little Foot est âgé d'au moins 3 millions d'années


Mais l'on ne détrône pas si facilement une idole, et les autres estimations effectuées depuis n'ont cessé d'ajouter du doute à la confusion... Une première datation, réalisée selon la méthode dite "cosmonucléide" - les chercheurs analysent les éléments de quartz tombés dans la grotte et évaluent la dernière fois qu'ils ont vu le jour -, a repoussé cet âge à 4 millions d'années. Une deuxième, plus classique, dite "radiométrique", reposant sur l'examen des couches de calcite situées sous le fossile, a fourni celui de... 2,2millions d'années.

Pourquoi un tel écart chronologique? Le paysage géologique de l'Est du continent africain n'a rien à voir avec celui du Sud. Le premier demeure facilement lisible avec des strates sédimentaires sagement déposées. "En Afrique du Sud, les dépôts ne sont pas horizontaux mais très chaotiques", précise Francis Thackeray. D'où l'appel adressé à Laurent Bruxelles, le chercheur de l'Inrap, qui s'est lancé dans une étude plus large du site afin de préciser les conditions de formation des grottes et leur développement.

Son équipe a même réalisé une reconstitution en 3D de Sterkfontein en vue de mieux évaluer les différents niveaux stratigraphiques et de garder une mémoire du site après l'excavation des ossements. "Je me suis arrêté sur la couche de calcite qui se situe juste au-dessus du squelette et qui l'a emprisonné, à l'abri de l'eau, le figeant, comme l'ambre pour certains insectes", précise Laurent Bruxelles.

En la datant, le Français vient de conclure définitivement que Little Foot est âgé d'au moins 3 millions d'années, ce qui en fait un contemporain de Lucy. Mieux, d'ici à quelques semaines, il espère prouver qu'il en est l'aîné, grâce à des examens plus poussés effectués par le laboratoire du Cerege (Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement), situé à Aix-en-Provence.

Le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national


L'Afrique du Sud a pris la mesure des trésors que renferme son sol. Au total, un tiers des fossiles anciens exhumés sur le continent proviennent de ce pays. Notamment de cette fameuse vallée de la Blauawbankspruit, dont les 25 000 hectares ont été classés par l'Unesco "berceau de l'humanité". Les autorités politiques ont encouragé la création d'un nouveau centre de recherche au sein de l'université du Witwatersrand.

"Et moi, je rêve de voir notre gouvernement offrir à toutes les écoles du pays des moulages de nos fossiles, tant pour encourager les vocations que pour que nos enfants prennent conscience de ce patrimoine unique", s'enflamme Francis Thackeray. En ce sens, le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national. Et un trésor inestimable. Parce qu'il apparaît comme le mieux conservé au monde et parce qu'il est le plus complet.

Little Foot, à la fois chasseur et charognard


"Jusqu'ici, les chercheurs ont exhumé des ossements épars à l'exemple de la carcasse de Lucy, dont on possède 40 %. Là, on a le haut et le bas", résume d'un ton amusé Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France. Un miracle qui, cette fois-ci, tient non à la nature, mais aux circonstances de la mort de Little Foot. Bruxelles passe aux aveux : "C'est un accident. Il a fait une chute vertigineuse de 20 mètres dans la grotte sans que l'on en connaisse la raison."

Il faut imaginer le terrain de jeu d'il y a 3 millions d'années : une savane arborée avec des bosquets, des arbres assez élevés (on a retrouvé des fossiles de lianes), un marécage (restes d'hippopotames et de crocodiles). Little Foot se comportait en chasseur et en charognard, mais était aussi la proie des félins. Les fouilleurs ont d'ailleurs exhumé un crâne avec un morceau de tigre à dents de sabre fiché dedans !

C'est ballot, mais l'australopithèque a chuté, au mieux en cherchant à échapper à un adversaire, au pire parce qu'il avait du mal à mettre un pied devant l'autre... Après le choc, son corps a sans doute roulé, au vu de la position un peu vrillée du fossile. "Sa main se trouve recroquevillée avec son pouce à l'intérieur, note Yves Coppens. Un dernier geste, emprisonné dans la pierre, émouvant et terrible, qui peut laisser croire à une lente agonie."

Les préhumains "jamais loin de leur arbre"


Aujourd'hui, au terme de treize années d'une minutieuse excavation, effectuée à la fraise de dentiste, le squelette extrait de sa gangue va pouvoir parler. Sa découverte a prouvé qu'il existait voici de 2,5 millions à 3,5 millions d'années deux lignées d'australopithèques en Afrique du Sud : Australopithecus africanus (l'enfant de Taung et Mrs. Ples) et Australopithecus prometheus (Little Foot).

"La devise de tous les préhumains, c'est : "Jamais loin de mon arbre", résume Pascal Picq. Il se tient debout, marche en permanence et grimpe encore dans les branches." Or, avec ce squelette complet, les paléontologues devraient avoir des détails sur la bipédie. Sa dentition permettra aussi d'en savoir plus sur son régime alimentaire et sur son âge.

Enfin, son crâne, parfaitement conservé, offrira des indications sur la répartition des lobes, sa capacité cérébrale, et donc sur son évolution comportementale. "Celle-ci diffère considérablement selon l'aire géographique et dans le temps", estime Yves Coppens. Alors, 3,5 ou 3,2 millions d'années? Ancêtre ou cousin de Lucy? Sur l'échelle de l'évolution, la différence peut sembler minime. A notre aune d'Homo sapiens sapiens, ce n'est pas rien. Après tout, nous n'avons même pas 200000 ans.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/prehistoire-dans-les-pas-de-little-foot-nouveau-doyen-de-l-humanite_1536109.html#qF0JD3JcYiCyjBbw.99

Source : L'Express du 08/05/2014

vendredi 11 mai 2012

Le premier fossile d’australopithèque découvert parle encore aux scientifiques

Publiant leur étude le 7 mai dans PNAS, des chercheurs américains ont mis en évidence, sur le crâne du premier australopithèque à avoir été découvert (en 1924), des adaptations osseuses liées au développement du cerveau chez ces ancêtres de la lignée humaine.   

Découvert en 1924 en Afrique du Sud par l’anthropologue australien Raymond Dart, le crâne fossile d’un jeune Australopithecus Africanus surnommé ‘l’enfant de Taung’ a été le premier du genre à être étudié par les chercheurs. Aujourd’hui encore, il fait l’objet de recherches par l’équipe de Dean Falk, de l’Université de Floride, qui a montré son importance dans le domaine de l'évolution du cerveau des humains et de leurs ancêtres.

Examinant des moulages endocrâniens en 3D (réalisés par tomodensitométrie) de grands singes, d’humains et du fossile de Taung, Falk et ses collègues estiment que la suture métopique persistante – une discontinuité de l’os frontal, chez le bébé, qui perdure jusqu’à l’âge de 2 ans –  est une adaptation pour donner naissance à des bébés ayant un plus gros cerveau. Celle-ci serait liée à la transition vers une croissance rapide du cerveau après la naissance, et notamment, peut être, à l'expansion des lobes frontaux.

"La suture métopique persistante, un trait innovant, a probablement eu lieu en conjonction avec l’affinement de la capacité à marcher sur deux jambes. La capacité à marcher debout a causé un dilemme obstétrique. L’accouchement est devenu plus difficile parce que la forme de la structure pelvi-génitale s’est resserrée, alors que la taille du cerveau [du bébé] a augmenté. La suture métopique persistante contribue à une solution évolutive à ce dilemme", explique Dean Falk.

Cité par Science Daily, celui-ci conclut "Ces résultats sont importants car ils fournissent une indication très plausible pour expliquer pourquoi le cerveau des hominidés a pu se développer en plus grand et plus complexe".

Source : Maxi Sciences du 09/05/2012

lundi 18 octobre 2010

Histoire des découvertes

L'Homme ne sait que depuis un siècle et demi qu'il a une histoire, ce qui à l'échelle même de cette histoire représente une période très brève. Toumai (Sahelanthropus tchadensis), découvert en 2001 en Afrique centrale, est actuellement le plus lointain de nos ancêtres connus ; il a 7 millions d'années.

Première période de découvertes

Au début du XIXe siècle, l'Ancien testament est l'ouvrage de référence qui décrit l'histoire de l'Homme sur la Terre. Il est alors lu littéralement, et pour une très grande majorité l'aventure humaine est avant tout céleste, dans son origine comme dans son évolution. En l'espace d'un demi-siècle, l'association de la théorie de l'évolution de Charles Darwin et de découvertes allant dans son sens vont progressivement modifier cette vision que l'Homme a de lui, l'amenant à considérer les écrits bibliques comme plus allégoriques, et le poussant surtout à concevoir le fait qu'il a bel et bien un passé terrestre, qui est peut-être beaucoup plus étendu dans le temps que ce qui aurait pu être imaginé.

En 1836, Philippe-Charles Schmerling, médecin belge, découvre à Engis plusieurs ossements fossiles, dont un crâne humain qui sera bien plus tard identifié comme celui d'un enfant néandertalien. Mais il est à l'époque encore trop tôt pour admettre l'existence passée d'une autre espèce humaine. En 1848, un crâne d'adulte, beaucoup plus caractéristique, sera découvert à Gibraltar ; il subira le même sort que son ami belge.

En 1856, dans une carrière de la vallée allemande de Neander, des ouvriers mettent au jour des ossements et un fragment de crâne qu'ils remettent à Johann Carl Fuhlrott, un passionné d'histoire naturelle. Celui-ci remarque immédiatement la particularité de ces ossements qui, bien qu'étant visiblement différents de ceux d'un homme actuel, en possèdent tout de même certaines caractéristiques. Mais là encore, on ne va pas admettre immédiatement la parenté de l'hominidé auquel a appartenu ce crâne avec notre espèce. Le nom du lieu de la découverte va pourtant devenir célèbre, après que dans les années suivantes, les découvertes d'ossements de ce genre se sont multipliées. L'espèce Homo neanderthalensis est décrite en 1864 et il s'agit du premier hominidé fossile identifié. Les autres découvertes anciennes concernent à la fois des fossiles d'Homo sapiens (Cro-Magnon en 1868) et d'Homme de Néandertal, dont les squelettes de la Grotte de Spy en 1886 et de la Chapelle-aux-Saints en 1908.

En 1859, première date cruciale pour la théorie de l'évolution, Charles Darwin publie L'Origine des espèces. Suite aux théories énoncées dans cet ouvrage, le biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel proposa un arbre généalogique théorique de l’homme dans lequel il fait apparaître un « chaînon manquant », un être intermédiaire entre le singe et l’homme. Dans son ouvrage L’histoire de la création naturelle paru en 1868, il nomma cette créature hypothétique Pithecanthropus alalus. Le nom de genre est formé à partir des racines grecques πίθηκος, píthēkos, « singe » et ἄνθρωπος, anthropos, « homme ». Le nom d’espèce est formé sur le préfixe privatif « a- » et le λαλέω / laleô, « parler » : l’absence de langage articulé était en effet considérée comme l’une des caractéristiques nécessaires du Pithécanthrope.

Cette théorie entrainera à son tour l'anatomiste néerlandais Eugène Dubois dans des expéditions vers la Malaisie et l'Indonésie. À partir de 1891, ce dernier découvrira sur l'île de Java des ossements fossiles ayant appartenu à ce fameux Pithecanthropus. Il définit alors l'espèce Pithecanthropus erectus, unfémur mis au jour appartenant incontestablement à un être bipède.

En 1921, le géologue suédois Johan Gunnar Andersson (en) découvre à Zhoukoudian en Chine, près de Pékin, des fossiles que le professeur canadien Davidson Black décrit en 1927 comme appartenant à une nouvelle espèce contemporaine de Pithecanthropus erectus, le Sinanthrope. Pierre Teilhard de Chardin découvre par la suite, au même endroit, un nombre impressionnant de restes d'hominines du même type, qui seront cependant perdus pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu'ils sont en route pour l'Amérique.

Aujourd'hui, le Sinanthrope et le Pithécanthrope sont regroupés au sein de l'espèce Homo erectus, cantonnée à l'Asie selon certains paléoanthropologues.

En 1871, Darwin publie La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe, ouvrage dans lequel il avance que, dans la nature actuelle, les chimpanzés et les gorilles sont les plus proches de l'espèce humaine et qu'un jour, on trouvera des ancêtres communs aux deux et qui seront africains. paléoanthropologie.

En 1912, on annonce la découverte sensationnelle en Angleterre, à Piltdown, d'un crâne d'homme qui a toutes les caractéristiques de l'homme actuel, excepté une mâchoire primitive. On voit en ce fossile le « chaînon manquant » tant recherché entre le singe et l'Homme. Il a 600 000 ans environ ; il est alors décrit comme le véritable ancêtre de l'Homme moderne, au détriment de l'Homme de Néandertal. Il faudra attendre 1953 pour que l'on démontre que l'homme de Piltdown est une supercherie.

Deuxième période de découvertes

En 1924, Raymond Dart découvre le fossile de l'enfant de Taung en Afrique du Sud ; c'est le premier australopithèque connu. Mais à ce moment-là, l'homme de Piltdown est considéré comme l'ancêtre de l'homme et faire accepter à la communauté que l'enfant de Taung, âgé de plus de 2 millions d'années, africain de surcroît, est le véritable ancêtre n'est pas chose facile. Dart va se battre jusqu'en 1953, date à laquelle les restes de Piltdown sont analysés plus précisément, et où est révélée la supercherie. On découvrira dans les années suivantes d'autres australopithèques en Afrique du Sud.

En 1959, Louis et Mary Leakey trouvent le premier australopithèque robuste en Afrique centrale. Ils créent l'espèce Australopithecus boisei, datant d'1,75 millions d'années.

En 1967, Wilson et Sykes, biologistes moléculaires, affirment qu'entre les bonobos, espèce de chimpanzé, et l'Homme, il n'y a pas plus de 2 % d'écart au niveau génétique. La prévision de Darwin de 1871 est alors en partie vérifiée. Ils évaluent la date de la dichotomie entre le chimpanzé et l'Homme aux alentours de 3 millions d'années ; il y a 3 millions d'années aurait vécu un ancêtre commun au singe et à l'Homme, qui aurait donné naissance à ces deux branches.

En 1974, Lucy (Australopithecus afarensis) est découverte, toujours en Afrique orientale ; elle a 3,2 millions d'années et bouscule les prévisions. Yves Coppens popularise l'East Side Story quelques années plus tard, théorie qui localise le berceau de l'humanité à l'est du Grand rift africain. Depuis ces découvertes, les biologistes ont réévalué l'époque de la dichotomie et estiment qu'elle pourrait avoir eu lieu il y a 6,3 Ma. Selon Michel Brunet, dont l'équipe a mis au jour Toumaï, la séparation entre l'Homme et le singe à partir de l'ancêtre commun aurait eu lieu aux alentours de 8 Ma, ce qui reste une hypothèse à vérifier.

En 1982, David Pilbeam découvre une face d'hominoïde au Pakistan datant d'environ 10 Ma ; elle est attribuée à une nouvelle espèce de primates, le Ramapithecus ; ce fossile est aujourd'hui considéré comme la femelle d'une espèce déjà connue, le Sivapithecus, espèce apparentée à l'orang-outan actuel.

En 1995, un fragment de mandibule d'un individu surnommé Abel (Australopithecus bahrelghazali) est retrouvé au Tchad ; le fossile date de 3,5 à 3 Ma et est plus ou moins contemporain de Lucy. Le sensationnel de cette découverte réside dans le fait qu'Abel est situé à 2500 km à l'ouest du Grand Rift, en Afrique centrale, ce qui remet en question la théorie de l'East Side Story.

En 2000, Orrorin tugenensis est retrouvé au Kenya ; il a 6 Ma.

En 2001, Ardipithecus kadabba (5,8 à 5,2 Ma) et Toumaï (Sahelanthropus tchadensis, 7 Ma) sont découverts, respectivement en Éthiopie et au Tchad.

Ces trois derniers hominidés du Miocène supérieur découverts récemment suscitent encore de nombreux débats, en particulier concernant leur éventuelle appartenance à la sous-tribu des hominines.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Paléoanthropologie de Wikipédia en français (auteurs)

mercredi 21 avril 2010

Les grandes découvertes de fossiles de nos ancêtres

1856
En Allemagne, dans la vallée de Neander, mise à jour d'ossements... c'est bien sûr le premier homme de néanderthal !

1891
C'est le Néerlandais Eugène Dubois qui découvre le pithécanthrope de Java.
Il est aujourd'hui classé dans l'espèce Homo erectus.

1924
En Afrique du sud, Raymond Dart paléontologue découvre le premier australopithèque : l'enfant de Taung.

1955
Encore des autralopithèques... mais d'Odulvai... découverts en Tanzanie par Louis Leakey.

1974
Yves Coppens et Maurice Taieb découvrent la fameuse Lucy, une australopthèque afarensis, en Afrique dans la région de l'Afar.

1991
Découverte d'Homo rudolfensis au Malawi.

1992
C'est Ardipithecus ramidis qui est trouvé (ardi signifiant «sol» et ramid, «racine» dans la langue de la population afar)

1995
Découverte d'Australopithecus anamensis au Kenya par Meave Leakey.
Abel, Australopithecus bahrelghazali est découvert au Kenya par Michel Brunet.

2000
En Géorgie, à Dmanissi, découverte de Geogicus, le premier européen par Davis Lordkipanidzé et Léo Gabounia.

Découverte d'Orrorin Tugenensis par Brigitte Senut. Surnommé Millenium ancestor.

2001
Meave Leakey découvre Kenyanthropus playtops au Kenya

2002
Toumaï (Sahelanthropus tchadensis) fait une entrée remarquée chez les hominidés... C'est Michel Brunet qui a fait cette découverte controversée.

2004
Découverte d'un nouvel hominidé sur l'île de Flores (Indonésie) : Homo floresiensis

Source : Hominidés.com

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Histoire
L'Homme ne sait que depuis un siècle et demi qu'il a une histoire, ce qui à l'échelle même de cette histoire représente une période très brève. Toumai (Sahelanthropus tchadensis), découvert en 2001 en Afrique centrale, est actuellement le plus lointain de nos ancêtres connus ; il a 7 millions d'années.

Première période de découvertes
Au début du XIXe siècle, l'Ancien testament est l'ouvrage de référence qui décrit l'histoire de l'Homme sur la Terre. Il est alors lu littéralement, et pour une très grande majorité l'aventure humaine est avant tout céleste, dans son origine comme dans son évolution. En l'espace d'un demi-siècle, l'association de la théorie de l'évolution de Charles Darwin et de découvertes allant dans son sens vont progressivement modifier cette vision que l'Homme a de lui, l'amenant à considérer les écrits bibliques comme plus allégoriques, et le poussant surtout à concevoir le fait qu'il a bel et bien un passé terrestre, qui est peut-être beaucoup plus étendu dans le temps que ce qui aurait pu être imaginé.

En 1836, Philippe-Charles Schmerling, médecin belge, découvre à Engis plusieurs ossements fossiles, dont un crâne humain qui sera bien plus tard identifié comme celui d'un enfant néandertalien. Mais il est à l'époque encore trop tôt pour admettre l'existence passée d'une autre espèce humaine. En 1848, un crâne d'adulte, beaucoup plus caractéristique, sera découvert à Gibraltar ; il subira le même sort que son ami belge.

En 1856, dans une carrière de la vallée allemande de Neander, des ouvriers mettent au jour des ossements et un fragment de crâne qu'ils remettent à Johann Carl Fuhlrott, un passionné d'histoire naturelle. Celui-ci remarque immédiatement la particularité de ces ossements qui, bien qu'étant visiblement différents de ceux d'un homme actuel, en possèdent tout de même certaines caractéristiques. Mais là encore, on ne va pas admettre immédiatement la parenté de l'hominidé auquel a appartenu ce crâne avec notre espèce. Le nom du lieu de la découverte va pourtant devenir célèbre, après que dans les années suivantes, les découvertes d'ossements de ce genre se sont multipliées. L'espèce Homo neanderthalensis est décrite en 1864 et il s'agit du premier hominidé fossile identifié. Les autres découvertes anciennes concernent à la fois des fossiles d'Homo sapiens (Cro-Magnon en 1868) et d'Homme de Néandertal, dont les squelettes de la Grotte de Spy en 1886 et de la Chapelle-aux-Saints en 1908.

En 1859, première date cruciale pour la théorie de l'évolution, Charles Darwin publie L'Origine des espèces. Suite aux théories énoncées dans cet ouvrage, le biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel proposa un arbre généalogique théorique de l’homme dans lequel il fait apparaître un « chaînon manquant », un être intermédiaire entre le singe et l’homme. Dans son ouvrage L’histoire de la création naturelle paru en 1868, il nomma cette créature hypothétique Pithecanthropus alalus. Le nom de genre est formé à partir des racines grecques πίθηκος, píthēkos, « singe » et ἄνθρωπος, anthropos, « homme ». Le nom d’espèce est formé sur le préfixe privatif « a- » et le λαλέω / laleô, « parler » : l’absence de langage articulé était en effet considérée comme l’une des caractéristiques nécessaires du Pithécanthrope.

Cette théorie entrainera à son tour l'anatomiste néerlandais Eugène Dubois dans des expéditions vers la Malaisie et l'Indonésie. À partir de 1891, ce dernier découvrira sur l'île de Java des ossements fossiles ayant appartenu à ce fameux Pithecanthropus. Il définit alors l'espèce Pithecanthropus erectus, unfémur mis au jour appartenant incontestablement à un être bipède.

En 1921, le géologue suédois Johan Gunnar Andersson découvre à Zhoukoudian en Chine, près de Pékin, des fossiles que le professeur canadien Davidson Black décrit en 1927 comme appartenant à une nouvelle espèce contemporaine de Pithecanthropus erectus, le Sinanthrope. Pierre Teilhard de Chardin découvre par la suite, au même endroit, un nombre impressionnant de restes d'hominines du même type, qui seront cependant perdus pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu'ils sont en route pour l'Amérique.

Aujourd'hui, le Sinanthrope et le Pithécanthrope sont regroupés au sein de l'espèce Homo erectus, cantonnée à l'Asie selon certains paléoanthropologues.

En 1871, Darwin publie La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe, ouvrage dans lequel il avance que, dans la nature actuelle, les chimpanzés et les gorilles sont les plus proches de l'espèce humaine et qu'un jour, on trouvera des ancêtres communs aux deux et qui seront africains. paléoanthropologie.

En 1912, on annonce la découverte sensationnelle en Angleterre, à Piltdown, d'un crâne d'homme qui a toutes les caractéristiques de l'homme actuel, excepté une mâchoire primitive. On voit en ce fossile le « chaînon manquant » tant recherché entre le singe et l'Homme. Il a 600 000 ans environ ; il est alors décrit comme le véritable ancêtre de l'Homme moderne, au détriment de l'Homme de Néandertal. Il faudra attendre 1953 pour que l'on démontre que l'homme de Piltdown est une supercherie.

Deuxième période de découvertes
En 1924, Raymond Dart découvre le fossile de l'enfant de Taung en Afrique du Sud ; c'est le premier australopithèque connu. Mais à ce moment-là, l'homme de Piltdown est considéré comme l'ancêtre de l'homme et faire accepter à la communauté que l'enfant de Taung, âgé de plus de 2 millions d'années, africain de surcroît, est le véritable ancêtre n'est pas chose facile. Dart va se battre jusqu'en 1953, date à laquelle les restes de Piltdown sont analysés plus précisément, et où est révélée la supercherie. On découvrira dans les années suivantes d'autres australopithèques en Afrique du Sud.

En 1959, Louis et Mary Leakey trouvent le premier australopithèque robuste en Afrique centrale. Ils créent l'espèce Australopithecus boisei, datant d'1,75 millions d'années.

En 1967, Wilson et Sykes, biologistes moléculaires, affirment qu'entre les bonobos, espèce de chimpanzé, et l'Homme, il n'y a pas plus de 2 % d'écart au niveau génétique. La prévision de Darwin de 1871 est alors en partie vérifiée. Ils évaluent la date de la dichotomie entre le chimpanzé et l'Homme aux alentours de 3 millions d'années ; il y a 3 millions d'années aurait vécu un ancêtre commun au singe et à l'Homme, qui aurait donné naissance à ces deux branches.

En 1974, Lucy (Australopithecus afarensis) est découverte, toujours en Afrique orientale ; elle a 3,2 millions d'années et bouscule les prévisions. Yves Coppens popularise l'East Side Story quelques années plus tard, théorie qui localise le berceau de l'humanité à l'est du Grand rift africain. Depuis ces découvertes, les biologistes ont réévalué l'époque de la dichotomie et estiment qu'elle pourrait avoir eu lieu il y a 6,3 Ma. Selon Michel Brunet, dont l'équipe a mis au jour Toumaï, la séparation entre l'Homme et le singe à partir de l'ancêtre commun aurait eu lieu aux alentours de 8 Ma, ce qui reste une hypothèse à vérifier.

En 1982, David Pilbeam découvre une face d'hominoïde au Pakistan datant d'environ 10 Ma ; elle est attribuée à une nouvelle espèce de primates, le Ramapithecus ; ce fossile est aujourd'hui considéré comme la femelle d'une espèce déjà connue, le Sivapithecus, espèce apparentée à l'orang-outan actuel.

En 1995, un fragment de mandibule d'un individu surnommé Abel (Australopithecus bahrelghazali) est retrouvé au Tchad ; le fossile date de 3,5 à 3 Ma et est plus ou moins contemporain de Lucy. Le sensationnel de cette découverte réside dans le fait qu'Abel est situé à 2500 km à l'ouest du Grand Rift, en Afrique centrale, ce qui remet en question la théorie de l'East Side Story.

En 2000, Orrorin tugenensis est retrouvé au Kenya ; il a 6 Ma.

En 2001, Ardipithecus kadabba (5,8 à 5,2 Ma) et Toumaï (Sahelanthropus tchadensis, 7Ma) sont découverts, respectivement en Éthiopie et au Tchad.

Ces trois derniers hominidés du Miocène supérieur découverts récemment suscitent encore de nombreux débats, en particulier concernant leur éventuelle appartenance à la sous-tribu des hominines.

Source : Wikipedia

jeudi 11 février 2010

Robert Broom

Robert Broom est un médecin et un paléontologiste sud-africain, né le 30 novembre 1866 à Paisley (Écosse) et mort le 6 avril 1951.

Il est diplômé de médecine en 1895 à l’université de Glasgow et émigre peu après en Afrique du Sud. Il enseigne la géologie et la zoologie au Victoria College de Stellenbosch de 1903 à 1910 et est conservateur de la paléontologie des vertébrés du Muséum du Cap.

Il commence par des recherches sur les Therapsida. Lorsque Raymond Dart (1893-1988) découvre l’enfant de Taung, un fossile d’un jeune Australopithecus africanus, Broom s’oriente vers la paléoanthropologie. Sa carrière semblait terminée et il se trouvait en grande difficulté financière lorsque Dart sensibilisa Jan Smuts (1870-1950) à la situation de Broom. Smuts fait jouer ses influences et Broom rejoint le Transvaal Museum de Pretoria en 1934.

Broom réalise alors une série d’importantes découvertes notamment les fragments de six hominidés dans la série de grottes calcaires de Sterkfontein, qu’il nomme Plesianthropus transvaalensis et qui seront plus tard classé dans le genre des australopithèques. Il découvre aussi d’autres fossiles dans les sites voisins de Kromdraai et de Swartkrans. En 1937, il devient célèbre en découvrant un Australopithecus robustus . Broom est devenu membre de la Royal Society le 13 mai 1920.

Source : Wikipedia

mercredi 10 février 2010

Raymond Dart

Raymond Arthur Dart est un anthropologue australien né le 4 février 1893 et mort le 22 novembre 1988. En 1924 en Afrique du Sud, il a découvert et décrit l'« enfant de Taung », le premier fossile d'Australopithèque.

Source : Wikipedia

jeudi 14 janvier 2010

Paranthropus aethiopicus

Paranthropus aethiopicus est le nom d'un hominidé bipède découvert en Éthiopie en 1967 par Camille Arambourg et Yves Coppens. Il aurait vécu entre 2,3 et 2,7 millions d'années.

Historique

Le premier spécimen est une mandibule édentée (holotype : Omo 18-1967-18) découverte en 1967 à Shungura, dans le sud-ouest de l'Éthiopie, à l'ouest de la rivière Omo, par une expédition française menée par Camille Arambourg et Yves Coppens. Il a été retrouvé dans des niveaux datés d'environ 2,6 millions d'années.

La découverte de cette mandibule conduisit tout de suite à la création d'une nouvelle espèce : Paraustralopitecus aethiopicus. En effet, la mandibule présente des dents de forte taille qui la classent parmi les formes robustes mais l'arcade dentaire est en forme de V, ce qui justifia pour les auteurs cette création.

Cette espèce est aujourd'hui nommée Paranthropus aethiopicus ou considérée par certains auteurs comme appartenant au genre Australopithecus et donc nommée Australopithecus aethiopicus.

L'appellation « aethiopicus » reste peu usitée. Beaucoup de chercheurs, notamment anglo-saxons, ignoraient même l'existence et la découverte de cette nouvelle espèce jusqu'à la mise au jour, en 1985, d'un crâne très bien conservé, dans des sédiments de la formation de Nachukui, à l'ouest du lac Turkana, datés d'environ 2,5 millions d'années.

Le crâne en question, répertorié sous le code KNM-WT 17000, est surnommé le « Black Skull », en raison de sa coloration noire, due à la richesse en dioxyde de manganèse du sédiment duquel il est issu. Il constitue un paratype de l'espèce Paranthropus aethiopicus, à laquelle il fut très vite rattaché. C'est sur ce paratype, le plus complet de l'ensemble des restes, que furent effectuées la plupart des observations.

Une position systématique et phylogénétique controversée

Bien qu'originellement classé dans le genre Paranthropus créé par Robert Broom en 1938, certains spécialistes considèrent qu'il doit être classé dans le genre Australopithecus créé par Raymond Dart en 1924.

Le débat au sein de la communauté scientifique n'est pas encore tranché. La morphologie de P. aethiopicus, intermédiaire entre Australopithecus afarensis et les formes robustes d'australopithécinés, est à l'origine des incertitudes quant à sa position taxinomique.

Au-delà de ce débat, la coexistence de caractères robustes et graciles sur ce fossile est à l'origine d'une remise en question de la validité du genre Paranthropus. Certains considèrent en effet que le groupe des Paranthropes est polyphylétique donc artificiel. D'autres interprètent ce mélange de caractères comme l'expression d'une forme ancestrale des Paranthropes, qui serait issue des formes graciles. Le groupe serait donc monophylétique et ce mélange de caractères devient alors preuve de la validité du genre Paranthropus.

Source : Wikipedia

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Le "crane noir" (KNM-WT 17000) a été découvert en 1986 à l'ouest du lac Turkana au Kénya. Il date de 2,5 million d'années. Assez proche de A. afarensis mais, moins de cervelle et plus de muscles.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2,7 à 2,3 millions d'années
Taille : 1,50 m
Poids : 50 kg
Localisation : Ethiopie et Kenya
Habitat : Arboré
Feux :
Outils :

Sa fiche sur Hominidés.com

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2,6 MA.
Une mandibule (Omo 18.18) ; le crâne noir (KNM-WT 17000).
Éthiopie, Kenya et Malawi,Afrique de l’Est.
aethiopicus pourrait être l’ancêtre des deux autres espèces de paranthropes. Des outils ont été trouvés à proximité de fossiles de paranthropes, les fabriquaient-ils ?

mercredi 1 mai 2002

Little Foot

« Little Foot » (ou « Petit Pied » en français) est le surnom donné au squelette fossile d'une australopithèque, découvert en 1994 et 1997 par Ronald J. Clarke dans des circonstances exceptionnelles, à Sterkfontein, en Afrique du Sud. Ce fossile aujourd'hui dégagé représente le squelette d'australopithèque le plus complet jamais découvert à ce jour. Avant que l'histoire géologique du site soit précisée, son âge a fait l'objet d'estimations contradictoires, allant de 2,2 à 4 millions d'années. Une étude publiée en 2015 indique qu'il date de 3,67 millions d’années, et est ainsi plus ancien que Lucy.

Description

« Little Foot » représente une découverte exceptionnelle par son état de conservation, et par le fait qu'il s'agit d’un squelette d'hominine ancien quasiment complet : il est beaucoup plus complet par exemple que le célèbre squelette d'Australopithecus afarensis surnommé « Lucy », découvert en Éthiopie en 1974, et qui n'était complet qu'à 40 %.

Les observations préliminaires semblent indiquer que le fossile présente d’une part des caractéristiques différentes de celles d'Australopithecus africanus, et d'autre part des points communs et des différences par rapport à Australopithecus afarensis. Il pourrait être rattaché à l'espèce Australopithecus prometheus créée par Raymond Dart pour des fossiles mis au jour dans le site de Makapansgat, en Afrique du Sud.

Les premières études de ce fossile montrent qu'il s'agit d'une femme d'une trentaine d'années, haute de 1,35 m. La longueur des mains et celle des bras comparées aux jambes de ce « cousin » montrent que les hominidés de cette époque se tenaient déjà debout.

Source : Wikipedia

jeudi 1 novembre 1990

Australopithecus / Australopithèque

Les Australopithèques (Australopithecus) forment un genre éteint d'hominines ayant vécu en Afrique entre environ 4,2 et 2 millions d'années (Ma) avant le présent (AP). Le genre Australopithecus (du latin australis, « du sud », et du grec ancien πίθηκος, píthēkos, « singe ») a été créé en 1925 par Raymond Dart après la découverte de l'Enfant de Taung en 1924 en Afrique du Sud.

Les Australopithèques présentent à la fois des caractères ancestraux (cerveau peu volumineux) et des caractères dérivés (denture proche de celle du genre Homo). Leur locomotion est généralement mixte, et associe une forme de bipédie à une capacité à grimper encore marquée. Les Australopithèques ont connu une radiation évolutive au cours du Pliocène et jusqu'au début du Pléistocène, avant de céder la place aux Paranthropes. Il est possible que l'une des espèces d'Australopithèques soit à l'origine du genre Homo, qui apparait en Afrique entre 3 et 2 Ma.

Source : Wikipedia

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Hominidés vivant il y a 4 à 1 millions d'années avant notre ère en Afrique. Ils mesuraient environ 1 m à 1,50 m. Leur cerveau étaient assez modeste 400 à 500 cm3, d'allure trapue, la face massive et prognathe.

Source : Lexique du CNRS
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Qui ?
Tous des Africains. A ce jour, huit espèces ont été identifiées : Australopithecus africanus (enfant de Taung, Mme Pless), anamensis, afarensis (Lucy, Selam), deyiremeda, garhi, prometheus (Little Foot), sediba, bahrelghazali (Abel).

Quand ?
Il y a entre 4,2 et 2 millions d'années.

Taille ?
Taille autour de 1,30 mètre. Cerveau réduit (450 cm3), mais denture proche de celle de l'homme.

Spécificité ?
Locomotion mixte entre bipédie et déplacment dans les arbres. Premières pierres taillées dès 3,4 millions d'années.

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nom :
âge :
découverte : Raymond Dart
date : 1925
espèce : Australopithecus

samedi 1 septembre 1990

Enfant de Taung

Le fossile désigné sous le nom d'« enfant de Taung » est le crâne d'un individu juvénile de l'espèce Australopithecus africanus. Il a été découvert en 1924, par des carriers de la Northern Lime Company à Taung, près de Kimberley, en Afrique du Sud. À partir de ce crâne, Raymond Dart a défini, en 1925 dans le journal Nature, un nouveau genre d'hominidé, les australopithèques, et une nouvelle espèce.

Le crâne de Taung est en dépôt à l'Université du Witwatersrand. Dean Falk, une spécialiste de l'évolution du cerveau a qualifié ce crâne de « the most important anthropological fossil of the twentieth century ».

Source : Wikipedia