Publiant ses travaux cette semaine dans le New Scientist, un chercheur hollandais a montré expérimentalement que, chez l’homme, la disparition du sac vocal, un organe caractéristique des singes, a permis l’émergence du langage articulé.
Les tissus corporels mous ne se fossilisant pas, il est difficile de retracer l’évolution de l’appareil vocal de l’homme et son effet sur l’apparition du langage articulé. Chez les singes (y compris les grands singes), l'os hyoïde est rattaché à une grande poche de résonance appelée sac vocal, absent chez l’humain.
Pour savoir comment ce sac change les sons produits, le Dr de Boer, de l'Université d'Amsterdam, a créé des modèles en plastique de l’appareil phonatoire (bouche, langue, gorge…), pourvus ou non d’un sac vocal, puis fait passer de l’air dedans de diverses façons, et testé les voyelles ainsi produites auprès de volontaires.
Résultats : les sons émis à partir de dispositifs sans sac vocal, donc les plus proches du modèle humain actuel, se sont révélés les plus clairs, les plus audibles. En revanche, avec un sac vocal, toutes les voyelles semblaient sonner un peu comme un "u". Un son auquel auraient pu s'ajouter le son "b" ou "d", donnant comme possibilité de premiers mots "buh" ou "duh", d'après Bart de Boer, expert dans l'évolution du langage. Pour Ann MacLarnon, de l'Université de Roehampton, à Londres, ceci appuie la théorie selon laquelle la nécessité de fournir des sons complexes, pour mieux communiquer, a conduit à la diminution et à la disparition de ces sacs aériens.
Pas de sac vocal chez Néandertal et Homo sapiens
Nos ancêtres d'il y a 3,3 millions d’années avaient un os hyoïde (observable sur les fossiles, lui) semblable à celui des grands singes actuels, suggérant la présence de sacs vocaux, tout comme, probablement, chez l’Homo erectus d'il y a un million d'années. Mais ni Néandertal ni Homo sapiens n’en possèdent : le premier, peut-être, et le second, à coup sûr, en ont tiré un énorme avantage.
Source : MaxiSciences du 27/11/2011
mardi 29 novembre 2011
lundi 28 novembre 2011
L’homme s’est mis très tôt à la pêche
La découverte d’ustensiles de pêche vieux de 42 000 ans indique que les premiers humains ont développé la pratique de la pêche bien plus tôt qu’estimé auparavant.
Il y a 50 000 ans déjà, la navigation était largement pratiquée par les premiers humains qui étaient capables de franchir de grandes distances à travers l’océan, la colonisation de l’Australie le prouve. En revanche, les scientifiques pensaient jusqu’à présent que ces marins n’étaient pas adeptes de la pêche en haute mer, les indices évoquant cette activité sont en effet rares avant 12 000 ans.
Des archéologues de l’université de Canberra, en Australie, apportent aujourd’hui la preuve dans la revue Science, que les premiers marins étaient aussi des pêcheurs efficaces. Ils décrivent effectivement des restes de gros poissons, comme le thon, découverts aux côtés de matériel de pêche préhistorique dans un abri situé au Timor oriental. Ces restes datent d'environ 42.000 ans, et ils comprennent des hameçons qui ont été façonnés en os qui, selon, les chercheurs représentent la première preuve de l’existence de tels outils à cette période.
Environ la moitié des déchets de poissons découverts sur le site provenaient de poissons pélagiques, qui vivent près de la surface de l'océan ou en profondeur, selon les chercheurs. Et parce que la capture de ces poissons nécessite des niveaux élevés de planification et une la technologie maritime complexe, les chercheurs suggèrent maintenant que les premiers humains ont développé cet ensemble de compétences bien plus tôt qu’estimé auparavant.
Source : Sciences et Avenir du 25/11/2011
Il y a 50 000 ans déjà, la navigation était largement pratiquée par les premiers humains qui étaient capables de franchir de grandes distances à travers l’océan, la colonisation de l’Australie le prouve. En revanche, les scientifiques pensaient jusqu’à présent que ces marins n’étaient pas adeptes de la pêche en haute mer, les indices évoquant cette activité sont en effet rares avant 12 000 ans.
Des archéologues de l’université de Canberra, en Australie, apportent aujourd’hui la preuve dans la revue Science, que les premiers marins étaient aussi des pêcheurs efficaces. Ils décrivent effectivement des restes de gros poissons, comme le thon, découverts aux côtés de matériel de pêche préhistorique dans un abri situé au Timor oriental. Ces restes datent d'environ 42.000 ans, et ils comprennent des hameçons qui ont été façonnés en os qui, selon, les chercheurs représentent la première preuve de l’existence de tels outils à cette période.
Environ la moitié des déchets de poissons découverts sur le site provenaient de poissons pélagiques, qui vivent près de la surface de l'océan ou en profondeur, selon les chercheurs. Et parce que la capture de ces poissons nécessite des niveaux élevés de planification et une la technologie maritime complexe, les chercheurs suggèrent maintenant que les premiers humains ont développé cet ensemble de compétences bien plus tôt qu’estimé auparavant.
Source : Sciences et Avenir du 25/11/2011
Le plus vieil hameçon du monde découvert au Timor oriental
Des archéologues australiens ont découvert au Timor oriental le plus vieil hameçon connu au monde, ainsi que des fossiles prouvant que les hommes préhistoriques maîtrisaient la pêche en eau profonde, révèle une étude parue vendredi dans la revue Science.
Taillé dans un coquillage il y a entre 16.000 et 23.000 ans, l'hameçon "atteste que nos ancêtres étaient de bons artisans et de bons pêcheurs", selon le professeur Sue O'Connor, de l'Australian National University.
Il ne semble cependant pas conçu pour la pêche pélagique, et les méthodes employées au paléolithique pour capturer des poissons en eau profonde demeurent inconnues.
Outre le recours au filet, "il est possible que des hameçons d'un autre type aient été fabriqués à la même époque", a expliqué Sue O'Connor.
L'hameçon a été mis au jour dans la grotte de Jerimalai, au Timor oriental, en même temps que plus de 38.000 arêtes appartenant à 2.843 poissons issus de la pêche, et vieux de 42.000 ans.
Parmi les poissons découverts figurent des espèces vivant en eau profonde. Pour Sue O'Connor, "le site nous enseigne que les premiers hommes modernes sur cette île d'Asie du Sud-Est avaient des compétences maritimes très avancées".
"Ils étaient passés maîtres dans l'art de capturer des proies qui sont difficiles, même de nos jours, comme le thon", a-t-elle dit.
La grotte de Jerimalai est la preuve de présence humaine la plus ancienne dans les îles de cette région, situées sur les "routes" de migration nord-sud empruntées par les premiers hommes ayant peuplé l'Australie.
Source : Dépêche Voilà du 25/11/2011
Taillé dans un coquillage il y a entre 16.000 et 23.000 ans, l'hameçon "atteste que nos ancêtres étaient de bons artisans et de bons pêcheurs", selon le professeur Sue O'Connor, de l'Australian National University.
Il ne semble cependant pas conçu pour la pêche pélagique, et les méthodes employées au paléolithique pour capturer des poissons en eau profonde demeurent inconnues.
Outre le recours au filet, "il est possible que des hameçons d'un autre type aient été fabriqués à la même époque", a expliqué Sue O'Connor.
L'hameçon a été mis au jour dans la grotte de Jerimalai, au Timor oriental, en même temps que plus de 38.000 arêtes appartenant à 2.843 poissons issus de la pêche, et vieux de 42.000 ans.
Parmi les poissons découverts figurent des espèces vivant en eau profonde. Pour Sue O'Connor, "le site nous enseigne que les premiers hommes modernes sur cette île d'Asie du Sud-Est avaient des compétences maritimes très avancées".
"Ils étaient passés maîtres dans l'art de capturer des proies qui sont difficiles, même de nos jours, comme le thon", a-t-elle dit.
La grotte de Jerimalai est la preuve de présence humaine la plus ancienne dans les îles de cette région, situées sur les "routes" de migration nord-sud empruntées par les premiers hommes ayant peuplé l'Australie.
Source : Dépêche Voilà du 25/11/2011
vendredi 25 novembre 2011
Sapiens montre ses dents
L’étude de deux molaires fossiles découvertes il y a quarante ans dans le sud de l’Italie bouleverse l’histoire des premiers hommes modernes en Europe. Et remet en question la culture des derniers Néanderthaliens.
On a envie d’y être. De la mer au ciel, il fait beau, le grand bleu écume dans les échancrures de la côte, sauvage. A l’horizon, personne, des herbes sèches et de la caillasse, la Méditerranée solaire et familière, ordinaire même, si ce n’était, au centre de l’image, cette flèche dessinée au feutre rouge fluo. Elle pointe, quand on y regarde bien, une grille, nichée dans un repli rocheux, en surplomb des flots. On croirait l’entrée secrète d’une villa de James Bond. C’est celle d’une caverne : «la grotta del Cavallo, dit Silvana Condemi, la grotte du Cheval, dans les Pouilles, au sud de l’Italie, dans la baie d’Uluzzo».
Directrice de l’équipe de bioarchéologie et paléoanthropologie du CNRS à Marseille (1), Silvana Condemi commente la photo sur l’ordinateur portable où sont stockées les données d’une étude qu’elle a menée avec des chercheurs de 13 équipes européennes. C’est là, explique-t-elle, dans cette cavité, qu’a été faite il y a quarante ans une découverte qui relance aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies d’imagerie, une des thématiques les plus polémiques de la recherche sur la préhistoire de l’homme : les relations culturelles entre Néanderthal et Sapiens. Quel a été l’impact de l’arrivée de Sapiens en Europe sur les techniques de Néanderthal qui régnait jusqu’alors seul sur le continent depuis plus de 200 000 ans ? Quels ont été leurs échanges durant cette obscure coexistence dite «période de transition» qui commence avec l’arrivée de l’homme moderne et s’achève avec la disparition de son cousin, quelques millénaires plus tard ?
On a envie d’y être. De la mer au ciel, il fait beau, le grand bleu écume dans les échancrures de la côte, sauvage. A l’horizon, personne, des herbes sèches et de la caillasse, la Méditerranée solaire et familière, ordinaire même, si ce n’était, au centre de l’image, cette flèche dessinée au feutre rouge fluo. Elle pointe, quand on y regarde bien, une grille, nichée dans un repli rocheux, en surplomb des flots. On croirait l’entrée secrète d’une villa de James Bond. C’est celle d’une caverne : «la grotta del Cavallo, dit Silvana Condemi, la grotte du Cheval, dans les Pouilles, au sud de l’Italie, dans la baie d’Uluzzo».
Directrice de l’équipe de bioarchéologie et paléoanthropologie du CNRS à Marseille (1), Silvana Condemi commente la photo sur l’ordinateur portable où sont stockées les données d’une étude qu’elle a menée avec des chercheurs de 13 équipes européennes. C’est là, explique-t-elle, dans cette cavité, qu’a été faite il y a quarante ans une découverte qui relance aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies d’imagerie, une des thématiques les plus polémiques de la recherche sur la préhistoire de l’homme : les relations culturelles entre Néanderthal et Sapiens. Quel a été l’impact de l’arrivée de Sapiens en Europe sur les techniques de Néanderthal qui régnait jusqu’alors seul sur le continent depuis plus de 200 000 ans ? Quels ont été leurs échanges durant cette obscure coexistence dite «période de transition» qui commence avec l’arrivée de l’homme moderne et s’achève avec la disparition de son cousin, quelques millénaires plus tard ?
mardi 22 novembre 2011
L'homme de Néandertal, victime de son succès ?
Des chercheurs américains ont modélisé sur ordinateur diverses informations liées à la période de cohabitation entre Néandertaliens et Hommes modernes, il y a 30 à 40 000 ans. Ils en concluent que les premiers, loin d’avoir été surpassés, ont simplement été ‘absorbés’ génétiquement par les seconds, bien plus nombreux, les deux espèces, tout aussi compétitives, s’étant métissées.
Néandertal, évincé par un sapiens bien plus intelligent, avant de disparaître ‘dans son coin’, il y 30.000 ans, en Eurasie ? Pas du tout, selon des chercheurs américains, qui ont ‘mouliné’ les données disponibles sur cette période dans leur ordinateur. Les deux espèces auraient été tellement proches, notamment sur le plan intellectuel et comportemental, qu’elles auraient tout simplement fusionné, d'après les travaux publiés dans la revue Human Ecology,
"Nous avons conçu des cadres théoriques et méthodologiques qui incorporent des données sur trois systèmes évolutifs : biologique, culturel et environnemental. Le résultat scientifiquement intéressant de cette recherche, qui a étudié les changements (…) survenus dans les comportements d’utilisation des territoires, c'est qu'elle montre comment les Néandertaliens pourraient avoir disparu non pas parce qu'ils étaient (…) moins doués (…), mais parce qu'ils étaient aussi sophistiqués, sur le plan comportemental, que l'homme moderne", commence le Pr Michael Barton, de l'Arizona State University.
"(…) L'homme moderne a sans doute vu dans les Néandertaliens des partenaires [sexuels] possibles. En conséquence, au fil du temps, les hommes de Neandertal se sont éteints en tant que population physiquement reconnaissable. (...) À bien des égards, ils ont tout simplement été victimes de leur propre succès", continue le Prof Riel-Salvatore, de l’Université du Colorado, co-auteur de l’étude.
Les chercheurs, puisant dans les données archéologiques empiriques, estiment que celles-ci valident leur modèle informatique. "En outre, notre modélisation prédit le faible nombre de gènes néandertaliens trouvés [dans notre génome moderne] lors des plus récentes études génétiques", conclut enfin le Professeur Barton.
Source : MaxiSciences du 19/11/2011
Néandertal, évincé par un sapiens bien plus intelligent, avant de disparaître ‘dans son coin’, il y 30.000 ans, en Eurasie ? Pas du tout, selon des chercheurs américains, qui ont ‘mouliné’ les données disponibles sur cette période dans leur ordinateur. Les deux espèces auraient été tellement proches, notamment sur le plan intellectuel et comportemental, qu’elles auraient tout simplement fusionné, d'après les travaux publiés dans la revue Human Ecology,
"Nous avons conçu des cadres théoriques et méthodologiques qui incorporent des données sur trois systèmes évolutifs : biologique, culturel et environnemental. Le résultat scientifiquement intéressant de cette recherche, qui a étudié les changements (…) survenus dans les comportements d’utilisation des territoires, c'est qu'elle montre comment les Néandertaliens pourraient avoir disparu non pas parce qu'ils étaient (…) moins doués (…), mais parce qu'ils étaient aussi sophistiqués, sur le plan comportemental, que l'homme moderne", commence le Pr Michael Barton, de l'Arizona State University.
"(…) L'homme moderne a sans doute vu dans les Néandertaliens des partenaires [sexuels] possibles. En conséquence, au fil du temps, les hommes de Neandertal se sont éteints en tant que population physiquement reconnaissable. (...) À bien des égards, ils ont tout simplement été victimes de leur propre succès", continue le Prof Riel-Salvatore, de l’Université du Colorado, co-auteur de l’étude.
Les chercheurs, puisant dans les données archéologiques empiriques, estiment que celles-ci valident leur modèle informatique. "En outre, notre modélisation prédit le faible nombre de gènes néandertaliens trouvés [dans notre génome moderne] lors des plus récentes études génétiques", conclut enfin le Professeur Barton.
Source : MaxiSciences du 19/11/2011
lundi 21 novembre 2011
Karabo, alias sediba, a désormais son portrait au Muséum de Londres
A l’occasion de l’arrivée récente, au Muséum d’Histoire naturelle de Londres, d’une réplique du fossile sud-africain d’Australopithecus sediba, un artiste a peint le portrait de cet hominidé, reconstituant ses traits d’après son squelette.
Un curieux sourire, une bouche et des yeux incontestablement humains, mais des pommettes et des arcades sourcilières saillantes : Karabo ("la réponse"), comme il a été surnommé, est ce jeune Australopithecus sediba d’environ 13 ans dont le fossile – ou plutôt une réplique fidèle – a été offert au Muséum d’Histoire naturelle de Londres par le gouvernement d’Afrique du Sud, son pays d’origine.
Dévoilé pour l’occasion, son portrait, exécuté par le paléo-artiste John Gurche, se base sur le squelette fossile remarquablement bien préservé d’1,30 mètre de hauteur, vieux de 1,9 million d'années et trouvé dans une grotte près de Johannesbourg. Une véritable "reconstruction médico-légale", selon le découvreur du fossile, le Pr Berger, qui a déclaré, à propos de la ressemblance entre l’œuvre et le modèle : "c'est probablement lui… Habituellement, les fossiles des premiers humains sont dans un état lamentable, mais ici, l'anatomie est à peu près conservée. Je pense que c'est [le portrait de ce genre] le plus précis qui ait jamais été fait".
Seuls les cheveux et le teint de la peau ont dû être imaginés. Mais les chercheurs espèrent pouvoir préciser ces détails grâce à l’étude (génétique) de ce qui pourrait bien être des restes de peau fossilisée, trouvés sur le spécimen…
Source : MaxiSciences du 18/11/2011
Un curieux sourire, une bouche et des yeux incontestablement humains, mais des pommettes et des arcades sourcilières saillantes : Karabo ("la réponse"), comme il a été surnommé, est ce jeune Australopithecus sediba d’environ 13 ans dont le fossile – ou plutôt une réplique fidèle – a été offert au Muséum d’Histoire naturelle de Londres par le gouvernement d’Afrique du Sud, son pays d’origine.
Dévoilé pour l’occasion, son portrait, exécuté par le paléo-artiste John Gurche, se base sur le squelette fossile remarquablement bien préservé d’1,30 mètre de hauteur, vieux de 1,9 million d'années et trouvé dans une grotte près de Johannesbourg. Une véritable "reconstruction médico-légale", selon le découvreur du fossile, le Pr Berger, qui a déclaré, à propos de la ressemblance entre l’œuvre et le modèle : "c'est probablement lui… Habituellement, les fossiles des premiers humains sont dans un état lamentable, mais ici, l'anatomie est à peu près conservée. Je pense que c'est [le portrait de ce genre] le plus précis qui ait jamais été fait".Seuls les cheveux et le teint de la peau ont dû être imaginés. Mais les chercheurs espèrent pouvoir préciser ces détails grâce à l’étude (génétique) de ce qui pourrait bien être des restes de peau fossilisée, trouvés sur le spécimen…
Source : MaxiSciences du 18/11/2011
vendredi 18 novembre 2011
Sediba, le fossile de l’année, exposé à Londres
Le Muséum d'Histoire naturelle de Londres vient de recevoir une nouvelle acquisition qui devrait combler public et chercheurs : une réplique des fossiles d'Australopithecus sediba, ces préhumains de 1,9 millions d’années découverts en 2008 qui divisent encore la communauté scientifique.
Australopithecus sediba, présente un curieux mélange de traits simiens et humains qui embarrasse grandement les paléontologues pour le classer par rapport à la lignée humaine. Mais cette hésitation rend également fascinante l'observation des fossiles de cette espèce qui arrivent tout juste au Muséum d’Histoire naturelle de Londres.
En fait, il s’agit plutôt de répliques (moulages) des fossiles, cadeau du gouvernement d'Afrique du Sud (et de l'Université de Witwatersrand, Johannesbourg), où ces spécimens ont été découverts (2008, site de Malapa) et étudiés depuis. "C’est l'un des fossiles les plus excitants et les plus controversés trouvés ces dernières années, et c'est fantastique d'avoir ce matériel au musée. Les chercheurs vont se mettre au travail avec, mais le public pourra aussi le voir, et nous espérons que cela va vraiment aider à rendre la science vivante", a déclaré le Pr Ian Owens, directeur scientifique du muséum cité par BBC News.
Des observations nécessaires tandis que des recherches sont encore en cours sur cette espèce, en particulier sur de possibles restes de tissus mous associés aux ossements.
Source : MaxiSciences du 17/11/2011
Australopithecus sediba, présente un curieux mélange de traits simiens et humains qui embarrasse grandement les paléontologues pour le classer par rapport à la lignée humaine. Mais cette hésitation rend également fascinante l'observation des fossiles de cette espèce qui arrivent tout juste au Muséum d’Histoire naturelle de Londres.En fait, il s’agit plutôt de répliques (moulages) des fossiles, cadeau du gouvernement d'Afrique du Sud (et de l'Université de Witwatersrand, Johannesbourg), où ces spécimens ont été découverts (2008, site de Malapa) et étudiés depuis. "C’est l'un des fossiles les plus excitants et les plus controversés trouvés ces dernières années, et c'est fantastique d'avoir ce matériel au musée. Les chercheurs vont se mettre au travail avec, mais le public pourra aussi le voir, et nous espérons que cela va vraiment aider à rendre la science vivante", a déclaré le Pr Ian Owens, directeur scientifique du muséum cité par BBC News.
Des observations nécessaires tandis que des recherches sont encore en cours sur cette espèce, en particulier sur de possibles restes de tissus mous associés aux ossements.
Source : MaxiSciences du 17/11/2011
mardi 15 novembre 2011
La grotte de Lascaux sera bientôt entièrement reconstituée
Un comité de pilotage regroupant État, région Aquitaine et département de la Dordogne a lancé Lascaux 4, le futur centre international d’art pariétal sur le site de la grotte de Lascaux.
Malgré la crise, ce grand projet de près de 50 millions d’euros a été maintenu.
Pour la première fois depuis la fermeture de la grotte originale de Lascaux en 1963, dégradée par l’afflux massif de touristes, le grand public va pouvoir découvrir ce trésor de l’humanité dans son ensemble.
À partir de l’été 2015, les visiteurs pourront descendre dans un fac-similé reproduisant avec fidélité la salle des Taureaux, le diverticule axial, le passage, l’abside et la nef dessinés il y a 17 000 ans.
Jeudi dernier, le comité de pilotage de ce projet a été mis en place. « Lascaux 2 ne présentait que 50 % de la grotte », rappelle Jean-Michel Geneste, directeur du Centre national de la préhistoire. Par ailleurs, « nous ne pouvions pas continuer à recevoir 350 000 visiteurs à côté du site original. C’est irresponsable », ajoute-t-il.
Malgré la crise, ce grand projet de près de 50 millions d’euros a été maintenu.Pour la première fois depuis la fermeture de la grotte originale de Lascaux en 1963, dégradée par l’afflux massif de touristes, le grand public va pouvoir découvrir ce trésor de l’humanité dans son ensemble.
À partir de l’été 2015, les visiteurs pourront descendre dans un fac-similé reproduisant avec fidélité la salle des Taureaux, le diverticule axial, le passage, l’abside et la nef dessinés il y a 17 000 ans.
La salle des Taureaux de Lascaux. à partir de l’été 2015, les visiteurs pourront découvrir les trésors de la grotte dans son ensemble, grâce à un fac-similé.
Jeudi dernier, le comité de pilotage de ce projet a été mis en place. « Lascaux 2 ne présentait que 50 % de la grotte », rappelle Jean-Michel Geneste, directeur du Centre national de la préhistoire. Par ailleurs, « nous ne pouvions pas continuer à recevoir 350 000 visiteurs à côté du site original. C’est irresponsable », ajoute-t-il.
vendredi 11 novembre 2011
Les petits-enfants de Lucy s'invitent au Muséum
Cinq doigts, fins, longs, élégants, graciles… C'est une petite main qui vient serrer la nôtre, avec deux millions d'années de distance…
Aujourd'hui, à 18 h 30, au Muséum de Toulouse, on pourra repartir sur les traces de nos ancêtres, avec le professeur Lee Berger, un chercheur Sud Africain, qui dans ces terres où l'on a déniché nos plus lointains aïeux, il vient de découvrir deux squelettes très complets d'hominidés. Chose exceptionnelle, les étonnants moulages de ces squelettes seront présentés au Muséum : un bout de fémur, un morceau de bassin, un crâne, et cette menotte qui nous fait coucou depuis le fond des âges.
C'est dans une carrière de calcite, en Afrique du Sud que Lee Berger a fait cette rencontre en cheminant le long d'une faille géologique. Car comme nous, les pré-humains de cette époque avaient tendance à s'installer (et donc à mourir !), près des points d'eau.
« C'est un peu comme si on avait découvert deux « Lucy », mais beaucoup plus proches des humains, explique le professeur José Braga, de l'Université de Toulouse. Ces êtres ont vécu près d'un million d'années après l'australopithèque découverte par Yves Coppens. Ce qui est très émouvant, c'est que ces squelettes présentent des caractères d'australopithèques, comme Lucy, mais aussi des caractères très modernes ! »
Le professeur Lee Berger, qui a travaillé avec José Braga en Afrique du Sud, à la poursuite de fossiles pré-humains, va lui confier ces squelettes pour qu'il les étudie. L'anthropobiologiste toulousain est spécialiste de l'analyse des fossiles en trois dimensions par ordinateur : grâce à ces techniques, on peut quasiment visiter l'intérieur des os, notamment du crâne. Et cela donne de précieuses indications qui permettent des comparaisons avec des fossiles plus anciens ou plus modernes.
« Nous allons disposer d'un portrait-robot complet, poursuit José Braga. Le bassin, les pieds, les proportions se rapprochent de ceux de l'homme, avec probablement une façon de marcher qui ressemble davantage à la nôtre. Et cette main est vraiment très humaine, à ceci près qu'avec des doigts aussi longs, notre australopithèque aurait pu enfiler beaucoup plus de bagues ! »
Est-ce que cet Australopithecus sediba est l'ancêtre du genre Homo ? En tout cas, il est particulièrement bien placé. Et une fois de plus, il vient semer la pagaille dans le grand arbre généalogique de notre espèce.
Aujourd'hui, à 18 h 30, au Muséum de Toulouse, on pourra repartir sur les traces de nos ancêtres, avec le professeur Lee Berger, un chercheur Sud Africain, qui dans ces terres où l'on a déniché nos plus lointains aïeux, il vient de découvrir deux squelettes très complets d'hominidés. Chose exceptionnelle, les étonnants moulages de ces squelettes seront présentés au Muséum : un bout de fémur, un morceau de bassin, un crâne, et cette menotte qui nous fait coucou depuis le fond des âges.
C'est dans une carrière de calcite, en Afrique du Sud que Lee Berger a fait cette rencontre en cheminant le long d'une faille géologique. Car comme nous, les pré-humains de cette époque avaient tendance à s'installer (et donc à mourir !), près des points d'eau.« C'est un peu comme si on avait découvert deux « Lucy », mais beaucoup plus proches des humains, explique le professeur José Braga, de l'Université de Toulouse. Ces êtres ont vécu près d'un million d'années après l'australopithèque découverte par Yves Coppens. Ce qui est très émouvant, c'est que ces squelettes présentent des caractères d'australopithèques, comme Lucy, mais aussi des caractères très modernes ! »
Le professeur Lee Berger, paléoanthropologue à Johannesburg.
Le professeur Lee Berger, qui a travaillé avec José Braga en Afrique du Sud, à la poursuite de fossiles pré-humains, va lui confier ces squelettes pour qu'il les étudie. L'anthropobiologiste toulousain est spécialiste de l'analyse des fossiles en trois dimensions par ordinateur : grâce à ces techniques, on peut quasiment visiter l'intérieur des os, notamment du crâne. Et cela donne de précieuses indications qui permettent des comparaisons avec des fossiles plus anciens ou plus modernes.
« Nous allons disposer d'un portrait-robot complet, poursuit José Braga. Le bassin, les pieds, les proportions se rapprochent de ceux de l'homme, avec probablement une façon de marcher qui ressemble davantage à la nôtre. Et cette main est vraiment très humaine, à ceci près qu'avec des doigts aussi longs, notre australopithèque aurait pu enfiler beaucoup plus de bagues ! »
Est-ce que cet Australopithecus sediba est l'ancêtre du genre Homo ? En tout cas, il est particulièrement bien placé. Et une fois de plus, il vient semer la pagaille dans le grand arbre généalogique de notre espèce.
Génétique : Homo sapiens est sorti d'Afrique via la péninsule arabique
Publiant ses travaux dans la revue Molecular Biology and Evolution, une équipe internationale, a développé avec l’aide d’IBM une nouvelle approche pour étudier la diversité génétique humaine. Grâce à cela, elle a découvert une route migratoire de nos ancêtres sortis d’Afrique passant bien plus au Sud que prévu, par la côte méridionale de l’Arabie et du Moyen-Orient.
Depuis 6 ans, le Genographic Project, une étude génétique internationale dirigée par le Dr Spencer Wells, s’appuie sur les puissants calculateurs du Computational Biology Center d’IBM pour explorer les modes de recombinaison au sein du génome humain. Un processus naturel qui fait se diviser et se recombiner nos molécules d'ADN.
"Près de 99% du matériel génétique d'un individu est fait de ‘couches’ d'empreintes génétiques de nombreuses lignées. Notre défi était de savoir s'il était encore possible de démêler ces lignées afin d’en comprendre les points communs. Grâce à une approche analytique et de modélisation mathématique, nous avons entrepris la tâche complexe de reconstituer l'histoire génétique d'une population", explique ainsi Laxmi Parida, d’IBM cité par BBC News.
Or, ces chercheurs ont constaté que les populations indiennes actuelles avaient une plus grande diversité génétique – donc une plus grande ancienneté – que les Européens et les Asiatiques de l'est. Ce qui suggère que les premiers Homo sapiens sortant d’Afrique (il y a 60 à 70.000 ans), plutôt que de passer par l’Égypte et le Sinaï, ont suivi une route côtière, passant (vraisemblablement à pied sec, vu le niveau de la Mer Rouge à l’époque) de la corne de l’Afrique à la Péninsule Arabique, puis longeant la côte sud de cette dernière pour atteindre, assez tôt, le sous-continent indien.
"Cela suggère que d'autres domaines de recherche tels que l'archéologie et l'anthropologie devraient rechercher des indices supplémentaires sur la route de migration des premiers humains", conclut Ajay Royyuru, co-auteur de l’étude, laquelle a utilisé du matériel génétique issu de près de 500.000 personnes du monde entier.
Source : MaxiSciences du 07/11/2011
Depuis 6 ans, le Genographic Project, une étude génétique internationale dirigée par le Dr Spencer Wells, s’appuie sur les puissants calculateurs du Computational Biology Center d’IBM pour explorer les modes de recombinaison au sein du génome humain. Un processus naturel qui fait se diviser et se recombiner nos molécules d'ADN.
"Près de 99% du matériel génétique d'un individu est fait de ‘couches’ d'empreintes génétiques de nombreuses lignées. Notre défi était de savoir s'il était encore possible de démêler ces lignées afin d’en comprendre les points communs. Grâce à une approche analytique et de modélisation mathématique, nous avons entrepris la tâche complexe de reconstituer l'histoire génétique d'une population", explique ainsi Laxmi Parida, d’IBM cité par BBC News.
Or, ces chercheurs ont constaté que les populations indiennes actuelles avaient une plus grande diversité génétique – donc une plus grande ancienneté – que les Européens et les Asiatiques de l'est. Ce qui suggère que les premiers Homo sapiens sortant d’Afrique (il y a 60 à 70.000 ans), plutôt que de passer par l’Égypte et le Sinaï, ont suivi une route côtière, passant (vraisemblablement à pied sec, vu le niveau de la Mer Rouge à l’époque) de la corne de l’Afrique à la Péninsule Arabique, puis longeant la côte sud de cette dernière pour atteindre, assez tôt, le sous-continent indien.
"Cela suggère que d'autres domaines de recherche tels que l'archéologie et l'anthropologie devraient rechercher des indices supplémentaires sur la route de migration des premiers humains", conclut Ajay Royyuru, co-auteur de l’étude, laquelle a utilisé du matériel génétique issu de près de 500.000 personnes du monde entier.
Source : MaxiSciences du 07/11/2011
jeudi 10 novembre 2011
Homo sapiens est arrivé en Europe plus tôt qu'on ne le pensait
Attribuées à des Néandertaliens, les dents de lait de la fameuse grotte du Cavallo auraient en fait appartenu à des Homo sapiens, d'après une équipe européenne. Conclusions : la culture dite uluzzienne ne serait pas néandertalienne et les Hommes modernes seraient arrivés en Europe il y a environ 45.000 ans, soit bien plus tôt que ce qui était admis jusque-là...
Les premiers Hommes modernes (Homo sapiens) seraient arrivés en Europe il y a environ 45.000 ans, soit plusieurs millénaires avant la date communément admise jusqu'ici. Fruit d'une collaboration entre treize équipes européennes, à laquelle participent deux chercheurs français du CNRS et de l'université Bordeaux 1, ce résultat s'appuie sur de nouvelles analyses de deux dents de lait découvertes il y a une cinquantaine d'années dans une grotte préhistorique italienne, et qui avaient été attribuées à tort à des Néandertaliens.
Ces restes humains, datant d'il y a environ 45.000 ans, s'avèrent appartenir à Homo sapiens. Ils constituent les plus anciens témoignages d'Hommes modernes européens connus à ce jour. Publiés le 3 novembre dans la revue Nature, ces travaux apportent de nouveaux éléments pour mieux comprendre la diffusion des premiers Hommes modernes en Europe, ainsi que la période dite de « transition », allant de leur arrivée en Europe à la disparition des Néandertaliens.
Selon l'hypothèse la plus largement partagée à ce jour, la disparition de l'Homme de Néanderthal, qui a vécu en Europe pendant plus de 200.000 ans, aurait un lien avec l'arrivée sur ce même continent des Hommes anatomiquement modernes (Homo Sapiens). Encore largement débattue dans la communauté scientifique, la question complexe de leur extinction vient de recevoir de nouveaux éléments de réflexion, grâce à une collaboration scientifique européenne qui s'est intéressée à deux dents de lait retrouvées par Arturo Palma di Cesnola (université de Sienne), dans la Grotta del Cavallo, située près de la petite ville d'Uluzzo, au sud de l'Italie.
La grotte du Cavallo, trésor archéologique mais pas néandertalien
Découverte en 1960, cette grotte contient des dépôts archéologiques témoignant de la période pendant laquelle les Néandertaliens ont été remplacés par les Hommes modernes. Décrite à partir de plus de vingt sites archéologiques en Italie, la culture « uluzzienne » est caractérisée par la présence d'objets (ornements personnels, outils en os, colorants, etc.) typiquement associés à un comportement symbolique des Hommes modernes. Or, lors de précédents travaux, les dents de Cavallo furent attribuées aux Néandertaliens. Ces derniers ont alors été considérés comme les artisans des ornements et des outillages caractéristiques de la culture « uluzzienne ».
L'Homme de Néandertal et l'Homme moderne ont coexisté
De nouvelles analyses effectuées par une équipe internationale impliquant deux laboratoires français viennent contredire ces précédentes conclusions. Les reconstructions en 3D, issues d'enregistrements par microtomographie RX, des restes humains de Cavallo ont été comparées à un large échantillon de dents néandertaliennes et modernes. En analysant les paramètres de leur structure interne et externe (en particulier l'épaisseur de l'émail et le contour des couronnes dentaires), les chercheurs ont mis en évidence que les deux dents de Cavallo appartenaient à des Hommes modernes. D'autre part, la datation au carbone 14 par méthode AMS sur des coquilles perforées, issues des mêmes niveaux archéologiques que les dents, a montré que ce matériel serait vieux d'environ 43.000 à 45.000 ans.
Ces résultats indiquent une arrivée plus précoce d'Homo sapiens en Europe. Ils confirment la longue période de coexistence des Hommes modernes avec les Néandertaliens. De plus, cette étude suggère que, contrairement à ce qui a été affirmé par le passé, les Hommes modernes seraient les artisans de la culture uluzzienne. Cette découverte apporte de nouvelles données pour comprendre le développement des comportements symboliques des populations du Paléolithique. Issue de la réévaluation des deux dents de Cavallo, elle n'aurait pas été possible sans une collaboration entre plusieurs institutions européennes et le recours aux innovations techniques développées au cours de la dernière décennie.
Sourcde : Futura Sciences du 07/11/2011
Les premiers Hommes modernes (Homo sapiens) seraient arrivés en Europe il y a environ 45.000 ans, soit plusieurs millénaires avant la date communément admise jusqu'ici. Fruit d'une collaboration entre treize équipes européennes, à laquelle participent deux chercheurs français du CNRS et de l'université Bordeaux 1, ce résultat s'appuie sur de nouvelles analyses de deux dents de lait découvertes il y a une cinquantaine d'années dans une grotte préhistorique italienne, et qui avaient été attribuées à tort à des Néandertaliens.
Ces restes humains, datant d'il y a environ 45.000 ans, s'avèrent appartenir à Homo sapiens. Ils constituent les plus anciens témoignages d'Hommes modernes européens connus à ce jour. Publiés le 3 novembre dans la revue Nature, ces travaux apportent de nouveaux éléments pour mieux comprendre la diffusion des premiers Hommes modernes en Europe, ainsi que la période dite de « transition », allant de leur arrivée en Europe à la disparition des Néandertaliens.
Selon l'hypothèse la plus largement partagée à ce jour, la disparition de l'Homme de Néanderthal, qui a vécu en Europe pendant plus de 200.000 ans, aurait un lien avec l'arrivée sur ce même continent des Hommes anatomiquement modernes (Homo Sapiens). Encore largement débattue dans la communauté scientifique, la question complexe de leur extinction vient de recevoir de nouveaux éléments de réflexion, grâce à une collaboration scientifique européenne qui s'est intéressée à deux dents de lait retrouvées par Arturo Palma di Cesnola (université de Sienne), dans la Grotta del Cavallo, située près de la petite ville d'Uluzzo, au sud de l'Italie.
La grotte du Cavallo, trésor archéologique mais pas néandertalien
Découverte en 1960, cette grotte contient des dépôts archéologiques témoignant de la période pendant laquelle les Néandertaliens ont été remplacés par les Hommes modernes. Décrite à partir de plus de vingt sites archéologiques en Italie, la culture « uluzzienne » est caractérisée par la présence d'objets (ornements personnels, outils en os, colorants, etc.) typiquement associés à un comportement symbolique des Hommes modernes. Or, lors de précédents travaux, les dents de Cavallo furent attribuées aux Néandertaliens. Ces derniers ont alors été considérés comme les artisans des ornements et des outillages caractéristiques de la culture « uluzzienne ».
L'Homme de Néandertal et l'Homme moderne ont coexisté
De nouvelles analyses effectuées par une équipe internationale impliquant deux laboratoires français viennent contredire ces précédentes conclusions. Les reconstructions en 3D, issues d'enregistrements par microtomographie RX, des restes humains de Cavallo ont été comparées à un large échantillon de dents néandertaliennes et modernes. En analysant les paramètres de leur structure interne et externe (en particulier l'épaisseur de l'émail et le contour des couronnes dentaires), les chercheurs ont mis en évidence que les deux dents de Cavallo appartenaient à des Hommes modernes. D'autre part, la datation au carbone 14 par méthode AMS sur des coquilles perforées, issues des mêmes niveaux archéologiques que les dents, a montré que ce matériel serait vieux d'environ 43.000 à 45.000 ans.
Ces résultats indiquent une arrivée plus précoce d'Homo sapiens en Europe. Ils confirment la longue période de coexistence des Hommes modernes avec les Néandertaliens. De plus, cette étude suggère que, contrairement à ce qui a été affirmé par le passé, les Hommes modernes seraient les artisans de la culture uluzzienne. Cette découverte apporte de nouvelles données pour comprendre le développement des comportements symboliques des populations du Paléolithique. Issue de la réévaluation des deux dents de Cavallo, elle n'aurait pas été possible sans une collaboration entre plusieurs institutions européennes et le recours aux innovations techniques développées au cours de la dernière décennie.
Sourcde : Futura Sciences du 07/11/2011
Un ancêtre de 44 000 ans
Durant des décennies, les paléontologues ont pensé que ce maxillaire humain n'était qu'un fossile préhistorique parmi d'autres. En y regardant de plus près, ils se sont aperçus que son propriétaire était le plus vieil homme moderne jamais identifié en Europe occidentale.
Selon une étude publiée mercredi, le maxillaire est en effet âgé de 41 000 à 44 000 ans et appartenait à l'un de nos ancêtres Homo sapiens, qui aurait donc pu croiser un de nos lointains cousins Neandertal à la même époque, une idée qui fait toujours l'objet d'une vive polémique entre spécialistes.
Une soixantaine d'années plus tard, des scientifiques de l'Université d'Oxford dataient le fossile, l'estimant vieux d'environ 35 000 ans. Un âge respectable, mais pas extraordinaire à l'aune des connaissances sur le peuplement de l'Europe par nos ancêtres «Homo sapiens sapiens».
Des chercheurs se sont cependant mis à douter de la validité de cette datation après avoir découvert sur ce maxillaire supérieur des traces de colle, qui a servi à conserver l'os après sa découverte et aurait pu fausser l'analyse.
«Nous savions que nous allions devoir effectuer des tests supplémentaires pour obtenir une nouvelle datation», explique Beth Shapiro, professeur à la Penn State University (USA) et coauteur de l'étude publiée mercredi dans la revue Nature.
Mais l'échantillon d'os épargné par la colle était trop petit pour autoriser une nouvelle datation au carbone 14 !
Mme Shapiro et ses collègues ont donc décidé de prendre le problème à l'envers: dans le sol de la caverne, ils ont prélevé des ossements d'animaux situés au-dessus et en dessous de la strate où le maxillaire humain avait été découvert.
Ils ont ensuite daté cet ossuaire de la faune préhistorique mêlant loups, cerfs, ours des cavernes et rhinocéros laineux, obtenant une fourchette comprise entre 50 000 et 26 000 ans. En utilisant des techniques de modélisation statistique pour situer le maxillaire dans cette chronologie, ils l'estiment désormais vieux de 41 000 à 44 000 ans.
«Nous pensons que ce morceau de maxillaire est la plus ancienne preuve directe que nous avons sur la présence des humains modernes dans le nord-ouest de l'Europe», souligne Tom Higham, responsable de l'unité de datation par le radiocarbone de l'Université britannique d'Oxford.
«Cela veut aussi dire que les premiers humains ont coexisté avec les Neandertals dans cette partie du monde, ce dont doutent certains chercheurs», assure-t-il.
Autre élément qui plaide en faveur d'une coexistence des deux espèces durant plusieurs millénaires: deux molaires découvertes dans le sud de l'Italie en 1964, et jusqu'alors attribuées à tort à un Neandertal, appartiennent en fait à un Homo sapiens.
Selon une nouvelle analyse au carbone 14 réalisée par Stefano Benazzi, de l'Université de Vienne, et publiée par Nature dans une étude distincte, ces dents sont âgées de 43 000 à 45 000 ans, soit au moins aussi vieilles que le maxillaire anglais.
Les Neandertals sont apparus voici environ 300 000 ans et ont vécu en Europe, en Asie centrale et au Proche-Orient avant de disparaître voici un peu moins de 40 000 ans, pour des raisons inconnues.
Source : Cyberpresse du 03/11/2011
Selon une étude publiée mercredi, le maxillaire est en effet âgé de 41 000 à 44 000 ans et appartenait à l'un de nos ancêtres Homo sapiens, qui aurait donc pu croiser un de nos lointains cousins Neandertal à la même époque, une idée qui fait toujours l'objet d'une vive polémique entre spécialistes.
Le morceau d'os et les trois dents qui y restaient attachées ont été découverts dans une caverne préhistorique du sud de l'Angleterre en 1927.
Une soixantaine d'années plus tard, des scientifiques de l'Université d'Oxford dataient le fossile, l'estimant vieux d'environ 35 000 ans. Un âge respectable, mais pas extraordinaire à l'aune des connaissances sur le peuplement de l'Europe par nos ancêtres «Homo sapiens sapiens».
Des chercheurs se sont cependant mis à douter de la validité de cette datation après avoir découvert sur ce maxillaire supérieur des traces de colle, qui a servi à conserver l'os après sa découverte et aurait pu fausser l'analyse.
«Nous savions que nous allions devoir effectuer des tests supplémentaires pour obtenir une nouvelle datation», explique Beth Shapiro, professeur à la Penn State University (USA) et coauteur de l'étude publiée mercredi dans la revue Nature.
Mais l'échantillon d'os épargné par la colle était trop petit pour autoriser une nouvelle datation au carbone 14 !
Mme Shapiro et ses collègues ont donc décidé de prendre le problème à l'envers: dans le sol de la caverne, ils ont prélevé des ossements d'animaux situés au-dessus et en dessous de la strate où le maxillaire humain avait été découvert.
Ils ont ensuite daté cet ossuaire de la faune préhistorique mêlant loups, cerfs, ours des cavernes et rhinocéros laineux, obtenant une fourchette comprise entre 50 000 et 26 000 ans. En utilisant des techniques de modélisation statistique pour situer le maxillaire dans cette chronologie, ils l'estiment désormais vieux de 41 000 à 44 000 ans.
«Nous pensons que ce morceau de maxillaire est la plus ancienne preuve directe que nous avons sur la présence des humains modernes dans le nord-ouest de l'Europe», souligne Tom Higham, responsable de l'unité de datation par le radiocarbone de l'Université britannique d'Oxford.
«Cela veut aussi dire que les premiers humains ont coexisté avec les Neandertals dans cette partie du monde, ce dont doutent certains chercheurs», assure-t-il.
Autre élément qui plaide en faveur d'une coexistence des deux espèces durant plusieurs millénaires: deux molaires découvertes dans le sud de l'Italie en 1964, et jusqu'alors attribuées à tort à un Neandertal, appartiennent en fait à un Homo sapiens.
Selon une nouvelle analyse au carbone 14 réalisée par Stefano Benazzi, de l'Université de Vienne, et publiée par Nature dans une étude distincte, ces dents sont âgées de 43 000 à 45 000 ans, soit au moins aussi vieilles que le maxillaire anglais.
Les Neandertals sont apparus voici environ 300 000 ans et ont vécu en Europe, en Asie centrale et au Proche-Orient avant de disparaître voici un peu moins de 40 000 ans, pour des raisons inconnues.
Source : Cyberpresse du 03/11/2011
mercredi 9 novembre 2011
L'homme moderne, européen de longue date
Des hommes anatomiquement modernes auraient remplacé les Néandertaliens dans le Sud de l'Italie il y a 45000 ans, soit 5 000 ans avant la date généralement admise.
Une collaboration européenne rassemblant 13 laboratoires, dont ceux d'anthropologie des Universités d'Aix-Marseille et de Bordeaux, vient de montrer que deux dents de lait retrouvées en 1964 dans les Pouilles, en Italie, appartiennent à Homo sapiens alors qu'elles sont vieilles de quelque 45000 ans ! De quoi revoir la chronologie de la transition Néandertaliens-Homo sapiens…
Mal définie sur le plan chronologique par manque de datations fiables, cette période s'étend de l'arrivée des Homo sapiens en Europe à la disparition des Néandertaliens. Du point de vue de la culture matérielle, elle correspond au remplacement progressif en Europe des industries typiquement néandertaliennes du Moustérien (–300 000 à –30 000 ans) par de nouvelles industries lithiques intermédiaires entre les industries moustériennes et celles de l'Aurignacien (–37 000 à –28 000 ans) dues à l'homme anatomiquement moderne. On hésite donc à attribuer ces cultures intermédiaires aux Néandertaliens plutôt qu'aux Homo sapiens. En Europe centrale, il s'agit par exemple du Széletien (–50 000 à –35 000 ans), en Italie, de l'Uluzzien (de –37 000 à –33 000 ans), en France du Châtelperronien (–38 000 à –32 000 ans).
Le réexamen de deux molaires trouvées en 1964 dans la Grotta del Cavallo à Uluzzo, en Italie, et supposées appartenir à des Néandertaliens, clarifie le cas de l'Uluzzien. Après avoir minutieusement comparé la géométrie, l'épaisseur de l'émail et la structure interne de ces dents à celles de Néandertaliens et d'hommes modernes, les chercheurs ont conclu qu'il s'agit de dents de laits d'Homo sapiens très anciennes. Les datations au carbone 14 de huit perles en coquillage trouvées dans les mêmes strates que les dents situent en effet leur âge entre 44 000 et 45 000 ans. En outre, rien n'indique que les porteurs de la culture uluzzienne sont les descendants de ceux de la culture moustérienne (les Néandertaliens), puisque dans la Grotta del Cavallo, les strates moustériennes et les strates uluzziennes sont séparées par des couches de cendres volcaniques stériles. Les porteurs de la culture uluzzienne étaient manifestement des hommes modernes, ce qui en fait les plus anciens d'Europe…
Source : Pour la Science du 03/11/2011
Une collaboration européenne rassemblant 13 laboratoires, dont ceux d'anthropologie des Universités d'Aix-Marseille et de Bordeaux, vient de montrer que deux dents de lait retrouvées en 1964 dans les Pouilles, en Italie, appartiennent à Homo sapiens alors qu'elles sont vieilles de quelque 45000 ans ! De quoi revoir la chronologie de la transition Néandertaliens-Homo sapiens…
Mal définie sur le plan chronologique par manque de datations fiables, cette période s'étend de l'arrivée des Homo sapiens en Europe à la disparition des Néandertaliens. Du point de vue de la culture matérielle, elle correspond au remplacement progressif en Europe des industries typiquement néandertaliennes du Moustérien (–300 000 à –30 000 ans) par de nouvelles industries lithiques intermédiaires entre les industries moustériennes et celles de l'Aurignacien (–37 000 à –28 000 ans) dues à l'homme anatomiquement moderne. On hésite donc à attribuer ces cultures intermédiaires aux Néandertaliens plutôt qu'aux Homo sapiens. En Europe centrale, il s'agit par exemple du Széletien (–50 000 à –35 000 ans), en Italie, de l'Uluzzien (de –37 000 à –33 000 ans), en France du Châtelperronien (–38 000 à –32 000 ans).
Le réexamen de deux molaires trouvées en 1964 dans la Grotta del Cavallo à Uluzzo, en Italie, et supposées appartenir à des Néandertaliens, clarifie le cas de l'Uluzzien. Après avoir minutieusement comparé la géométrie, l'épaisseur de l'émail et la structure interne de ces dents à celles de Néandertaliens et d'hommes modernes, les chercheurs ont conclu qu'il s'agit de dents de laits d'Homo sapiens très anciennes. Les datations au carbone 14 de huit perles en coquillage trouvées dans les mêmes strates que les dents situent en effet leur âge entre 44 000 et 45 000 ans. En outre, rien n'indique que les porteurs de la culture uluzzienne sont les descendants de ceux de la culture moustérienne (les Néandertaliens), puisque dans la Grotta del Cavallo, les strates moustériennes et les strates uluzziennes sont séparées par des couches de cendres volcaniques stériles. Les porteurs de la culture uluzzienne étaient manifestement des hommes modernes, ce qui en fait les plus anciens d'Europe…
Source : Pour la Science du 03/11/2011
Cro Magnon européen depuis 45.000 ans !
Deux articles paraissent ce matin dans la revue Nature qui vieillissent l'arrivée de Cro Magnon en Europe.
A l'aide de dents dénichées il y a longtemps en Grande Bretagne et en Italie, mais datées de manière plus précise et plus fiable, les archéologues datent désormais d'il y a 42.000 à 45.000 ans l'arrivée de "l'Homme anatomiquement moderne" - l'expression en vigueur dans les laboratoires pour désigner les populations d'Homo sapiens semblables à nous, Cro Magnon n'étant plus qu'un terme journalistique ou de chansons - en Europe.
Cette datation implique que la co-existence en Europe des populations de Néandertaliens et de Cro-Magnon a duré plusieurs milliers d'années.
Ces deux articles viennent alimenter un débat intense sur les relations entre nos ancêtres directs et les hommes de Néandertal qui peuplaient l'Europe depuis 200.000 ans, descendants des Homo erectus présents, eux, depuis plusieurs centaines de milliers d'années. Relations génétiques (des relations sexuelles fécondes) ? Relations culturelles ? Et pourquoi les Néandertaliens ont-ils disparu ?
Le premier article, signé de plusieurs grosses pointures de l'archéologie (Chris Stringer, Erik Trinkaus) a repris un morceau de machoire et des dents découverts en 1927 dans la Caverne de Kent (Torquay). Elles avaient été datées en 1989 a environ 35.000 ans. Une nouvelle analyse, plus précise grace à une ultrafiltration, les vieillit à environ 42.000 ans. En outre une analyse fine des morphologies montre que les dents sont plus "modernes" que néandertaliennes. Bilan : Cro-Magnon, venu du sud, avait déjà passé la Manche (à l'époque un simple fleuve car les calottes de l'ère glaciaire avaient considérablement abaissé le niveau marin).
Le second article, portant sur l'Italie, résulte d'une coopération de 13 équipes européennes dont deux chercheurs (Cnrs et Universités d'Aix-Marseille de Bordeaux). Il a étudié et daté des dents de lait et des coquillages. Priscilla Bayle (Bordeaux) me précise qu'il s'agit «de matériels découverts il y a longtemps dans cette grotte du Cavalier.» Les fouilles datent en effet de 1964, dans cette grotte de l'Apulie, au sud de l'Italie.
Les reconstructions en 3D, permises par des microtomographies en rayons X des dents de la Grottte du Cavallo ont été comparées à des dents néandertaliennes et modernes. Ce qui a montré qu'elles appartenaient à des Hommes modernes. La datation au carbone 14) de coquilles perforées, des mêmes niveaux archéologiques que les dents, a montré qu'elles remontent à 43 000 à 45 000 ans.
Ces nouvelles informations sur le propriétaires des dents et sur son ancienneté bouleverse la première interprétation des outils et ornements en coquillages découverts en 1964. Ils avaient été attribués à des néandertaliens et à une culture baptisée d'Uluzzienne (du nom de la ville d'Uluzzo) qui montre des traits "modernes" (os, ornements, colorants...).
Avec la culture dite du "Chatelperonnien" en France - grottes d'Arcy sur Cure et Saint Cezaire - il s'agit d'une des cultures dites de "transition" entre le paléolithique moyen et le paléolithique supérieur, ce dernier étant censé découler de l'arrivée de l'homme moderne. Bref, un Cro Magnon plus "évolué" culturellement que les Néandertaliens.
Ces cultures de transition ont souvent été interprêtées comme le signe de relations culturelles entre les deux populations, les Néandertaliens ayant été "inspiré" par leurs cousins. Cette histoire a désormais de plus en plus de plomb dans l'aile... même si, précise Bayle : «c'est surtout le doute qui grandit. On avait raisonné par analogie avec le Chatelperonnien en France, attribué à des néandertaliens (Saint Cezaire, Arcy sur Cure). L'argument tombe, car les niveaux archéologiques ont été redatés et sont plus anciens. Le doute grandit finalement sur les auteurs des industries de transitions. On ajoute au doute. Mais ils vont tous dans la même direction : les industries dites de transitions peuvent être des mélanges entre niveaux archéologiques ou le fait d'hommes modernes.»
Source : Sciences2 du 03/11/2011
A l'aide de dents dénichées il y a longtemps en Grande Bretagne et en Italie, mais datées de manière plus précise et plus fiable, les archéologues datent désormais d'il y a 42.000 à 45.000 ans l'arrivée de "l'Homme anatomiquement moderne" - l'expression en vigueur dans les laboratoires pour désigner les populations d'Homo sapiens semblables à nous, Cro Magnon n'étant plus qu'un terme journalistique ou de chansons - en Europe.
Cette datation implique que la co-existence en Europe des populations de Néandertaliens et de Cro-Magnon a duré plusieurs milliers d'années.
Ces deux articles viennent alimenter un débat intense sur les relations entre nos ancêtres directs et les hommes de Néandertal qui peuplaient l'Europe depuis 200.000 ans, descendants des Homo erectus présents, eux, depuis plusieurs centaines de milliers d'années. Relations génétiques (des relations sexuelles fécondes) ? Relations culturelles ? Et pourquoi les Néandertaliens ont-ils disparu ?
Le premier article, signé de plusieurs grosses pointures de l'archéologie (Chris Stringer, Erik Trinkaus) a repris un morceau de machoire et des dents découverts en 1927 dans la Caverne de Kent (Torquay). Elles avaient été datées en 1989 a environ 35.000 ans. Une nouvelle analyse, plus précise grace à une ultrafiltration, les vieillit à environ 42.000 ans. En outre une analyse fine des morphologies montre que les dents sont plus "modernes" que néandertaliennes. Bilan : Cro-Magnon, venu du sud, avait déjà passé la Manche (à l'époque un simple fleuve car les calottes de l'ère glaciaire avaient considérablement abaissé le niveau marin).
Le second article, portant sur l'Italie, résulte d'une coopération de 13 équipes européennes dont deux chercheurs (Cnrs et Universités d'Aix-Marseille de Bordeaux). Il a étudié et daté des dents de lait et des coquillages. Priscilla Bayle (Bordeaux) me précise qu'il s'agit «de matériels découverts il y a longtemps dans cette grotte du Cavalier.» Les fouilles datent en effet de 1964, dans cette grotte de l'Apulie, au sud de l'Italie.
Les reconstructions en 3D, permises par des microtomographies en rayons X des dents de la Grottte du Cavallo ont été comparées à des dents néandertaliennes et modernes. Ce qui a montré qu'elles appartenaient à des Hommes modernes. La datation au carbone 14) de coquilles perforées, des mêmes niveaux archéologiques que les dents, a montré qu'elles remontent à 43 000 à 45 000 ans.
Ces nouvelles informations sur le propriétaires des dents et sur son ancienneté bouleverse la première interprétation des outils et ornements en coquillages découverts en 1964. Ils avaient été attribués à des néandertaliens et à une culture baptisée d'Uluzzienne (du nom de la ville d'Uluzzo) qui montre des traits "modernes" (os, ornements, colorants...).
Avec la culture dite du "Chatelperonnien" en France - grottes d'Arcy sur Cure et Saint Cezaire - il s'agit d'une des cultures dites de "transition" entre le paléolithique moyen et le paléolithique supérieur, ce dernier étant censé découler de l'arrivée de l'homme moderne. Bref, un Cro Magnon plus "évolué" culturellement que les Néandertaliens.
Ces cultures de transition ont souvent été interprêtées comme le signe de relations culturelles entre les deux populations, les Néandertaliens ayant été "inspiré" par leurs cousins. Cette histoire a désormais de plus en plus de plomb dans l'aile... même si, précise Bayle : «c'est surtout le doute qui grandit. On avait raisonné par analogie avec le Chatelperonnien en France, attribué à des néandertaliens (Saint Cezaire, Arcy sur Cure). L'argument tombe, car les niveaux archéologiques ont été redatés et sont plus anciens. Le doute grandit finalement sur les auteurs des industries de transitions. On ajoute au doute. Mais ils vont tous dans la même direction : les industries dites de transitions peuvent être des mélanges entre niveaux archéologiques ou le fait d'hommes modernes.»
Source : Sciences2 du 03/11/2011
mardi 8 novembre 2011
La préhistoire des Européens revisitée
L'homme moderne est arrivé à l'ouest du continent plus tôt qu'on ne le pensait.
Cela faisait des dizaines d'années qu'«il» patientait dans les réserves du musée de Torquay, ville de la riviera anglaise où naquit Agatha Christie. Quoi de plus normal qu'après une enquête scientifique serrée menée par une équipe internationale, il s'avère que ce «il» est le plus ancien fossile d'homme moderne jamais caractérisé en Europe de l'Ouest (Nature du 3 novembre 2011)? Ce bout de maxillaire, qui présente encore trois dents, a plus de 40.000 ans (entre 44,2 et 41,5 milliers d'années) et risque de bouleverser l'histoire des hommes modernes en Europe. Il avait été découvert en 1927 dans la Kent's Cavern, immense grotte devenue le plus important site paléolithique de Grande-Bretagne.
On estime que l'homme a peuplé la terre à partir d'un «berceau» des hominidés situé en Afrique. Il en est sorti, par vagues successives et très espacées, pour coloniser ou recoloniser, entre autres, le Proche-Orient, le Caucase, les Balkans et toute l'Europe occidentale. Le plus vieux fossile d'hominidé trouvé en Europe de l'Ouest, une mandibule, date d'un peu plus de 1 million d'années. Plusieurs autres spécimens découverts en Géorgie datent de 1,7 million d'années. Sans doute la première vague.
Les premières traces de Neandertal, un Homo, apparaissent, elles, il y a environ 450.000 ans. C'est peut-être la deuxième vague. Ces traces fossiles disparaîtront quelque 420.000 ans plus tard. C'est l'époque des grandes périodes glaciaires entrecoupées de «pauses» tempérées, comme il y a environ 40.000 ans, conduisant à un fort recul des glaciers, ouvrant ainsi des passages vers ces territoires longtemps «verrouillés» par les glaces. Et ouvrant la voie à l'homme moderne Homo sapiens sapiens, aussi appelé homme de Cro-Magnon. Neandertal et Cro-Magnon se sont-ils croisés, fréquentés ? D'après ces dernières données, ils ont cohabité pendant sans doute plus de 10.000 ans. Et Neandertal a disparu, sans que l'on sache exactement pourquoi.
Tous ces travaux s'appuient sur de petits et fragiles fossiles. Leur datation ou l'interprétation des données morphologiques nécessitent des techniques de plus en plus sophistiquées. La fameuse datation au carbone 14 n'est plus qu'un premier indicateur de datation. On emploie par exemple aujourd'hui des analyses sur les différents isotopes d'oxygène. Les chercheurs ont également tenté des études génétiques sur l'ADN du fossile. Mais ce qu'ils ont récupéré ne pouvait être clairement distingué d'une éventuelle «contamination» par ceux qui l'avaient manipulé.
Autre découverte dans la grotte du Cavallo
«C'est un résultat très intéressant, estime Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au CNRS et au Muséum national d'histoire naturelle, également conseiller scientifique du film AO, le dernier Neandertal. Car dater et travailler directement sur des restes humains est important. Et cela confirme bien que Neandertal et l'homme moderne ont dû vivre côte à côte.»
Dans le même numéro de la revue Science, une autre équipe internationale revendique la caractérisation du plus ancien fossile d'homme moderne de l'Europe du Sud-Est. Deux molaires découvertes en 1964 dans la grotte du Cavallo (sud de l'Italie) ont été réexaminées de manière très fine. Elles datent de 45.000 à 43.000 années. Ce qui confirme que homme moderne et Neandertal ont vécu en ces lieux au même moment. Mais aussi que les hommes modernes ont colonisé l'Europe de l'Ouest de manière bien plus rapide qu'on ne le croyait.
Source : Le Figaro du 02/11/2011
Cela faisait des dizaines d'années qu'«il» patientait dans les réserves du musée de Torquay, ville de la riviera anglaise où naquit Agatha Christie. Quoi de plus normal qu'après une enquête scientifique serrée menée par une équipe internationale, il s'avère que ce «il» est le plus ancien fossile d'homme moderne jamais caractérisé en Europe de l'Ouest (Nature du 3 novembre 2011)? Ce bout de maxillaire, qui présente encore trois dents, a plus de 40.000 ans (entre 44,2 et 41,5 milliers d'années) et risque de bouleverser l'histoire des hommes modernes en Europe. Il avait été découvert en 1927 dans la Kent's Cavern, immense grotte devenue le plus important site paléolithique de Grande-Bretagne.
On estime que l'homme a peuplé la terre à partir d'un «berceau» des hominidés situé en Afrique. Il en est sorti, par vagues successives et très espacées, pour coloniser ou recoloniser, entre autres, le Proche-Orient, le Caucase, les Balkans et toute l'Europe occidentale. Le plus vieux fossile d'hominidé trouvé en Europe de l'Ouest, une mandibule, date d'un peu plus de 1 million d'années. Plusieurs autres spécimens découverts en Géorgie datent de 1,7 million d'années. Sans doute la première vague.
Les premières traces de Neandertal, un Homo, apparaissent, elles, il y a environ 450.000 ans. C'est peut-être la deuxième vague. Ces traces fossiles disparaîtront quelque 420.000 ans plus tard. C'est l'époque des grandes périodes glaciaires entrecoupées de «pauses» tempérées, comme il y a environ 40.000 ans, conduisant à un fort recul des glaciers, ouvrant ainsi des passages vers ces territoires longtemps «verrouillés» par les glaces. Et ouvrant la voie à l'homme moderne Homo sapiens sapiens, aussi appelé homme de Cro-Magnon. Neandertal et Cro-Magnon se sont-ils croisés, fréquentés ? D'après ces dernières données, ils ont cohabité pendant sans doute plus de 10.000 ans. Et Neandertal a disparu, sans que l'on sache exactement pourquoi.
Tous ces travaux s'appuient sur de petits et fragiles fossiles. Leur datation ou l'interprétation des données morphologiques nécessitent des techniques de plus en plus sophistiquées. La fameuse datation au carbone 14 n'est plus qu'un premier indicateur de datation. On emploie par exemple aujourd'hui des analyses sur les différents isotopes d'oxygène. Les chercheurs ont également tenté des études génétiques sur l'ADN du fossile. Mais ce qu'ils ont récupéré ne pouvait être clairement distingué d'une éventuelle «contamination» par ceux qui l'avaient manipulé.
Autre découverte dans la grotte du Cavallo
«C'est un résultat très intéressant, estime Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au CNRS et au Muséum national d'histoire naturelle, également conseiller scientifique du film AO, le dernier Neandertal. Car dater et travailler directement sur des restes humains est important. Et cela confirme bien que Neandertal et l'homme moderne ont dû vivre côte à côte.»
Dans le même numéro de la revue Science, une autre équipe internationale revendique la caractérisation du plus ancien fossile d'homme moderne de l'Europe du Sud-Est. Deux molaires découvertes en 1964 dans la grotte du Cavallo (sud de l'Italie) ont été réexaminées de manière très fine. Elles datent de 45.000 à 43.000 années. Ce qui confirme que homme moderne et Neandertal ont vécu en ces lieux au même moment. Mais aussi que les hommes modernes ont colonisé l'Europe de l'Ouest de manière bien plus rapide qu'on ne le croyait.
Source : Le Figaro du 02/11/2011
Homo Sapiens : son arrivée en Europe plus précoce qu'on ne le pensait
L'arrivée de l'Homme moderne en Europe a eu lieu plusieurs millénaires avant les estimations jusqu'alors admises. Une découverte permise grâce à l'analyse de dents qui au moment où elles ont été trouvées, il y a une cinquantaine d'années, ont été à tort attribuées à des Néandertaliens. En réalité, elles appartiendraient aux premiers Homo sapiens européens.
Les premiers Hommes modernes (Homo sapiens) auraient foulé le sol européen il y a environ 43.000 à 45.000 ans, plusieurs millénaires avant la date de leur arrivée jusqu'alors admise par les scientifiques. Cette découverte a été permise grâce à la collaboration de treize équipes européennes, rapporte le CNRS dans un communiqué.
Les chercheurs, dont deux français, ont analysé deux dents de lait découvertes dans une grotte préhistorique italienne, la Grotta del Cavallo, il y a une cinquantaine d'années. Ces dents, qui d'après une datation au carbone 14, sont vieilles de 45.000 ans environ, avaient été considérées à tort comme celles de Néandertaliens. Mais en réalité, elles appartiennent à un Homo sapiens, ont révélé des reconstructions en 3D des restes humains comparées à un grand échantillon de dents néandertaliennes et modernes. Cette découverte constitue alors le plus ancien témoignage des Hommes modernes européens.
Dans la revue Nature, les scientifiques qui ont mené cette étude expliquent avoir obtenu grâce à leurs travaux un nouvel éclairage pour mieux comprendre l'arrivée des premiers Homo Sapiens en Europe, et la période de transition entre cette diffusion et la disparition des Néandertaliens, qui ont vécu en Europe pendant plus de 200.000 ans. L'hypothèse la plus largement répandue au sein de la communauté scientifique avance que cette disparition est liée à l'arrivée des Hommes modernes. Les dents de la grotte italienne révèlent une diffusion plus précoce des Homos Sapiens, et confirment alors une longue période de coexistence des deux espèces, souligne le CNRS.
Source : MaxiSciences du 03/11/2011
Les premiers Hommes modernes (Homo sapiens) auraient foulé le sol européen il y a environ 43.000 à 45.000 ans, plusieurs millénaires avant la date de leur arrivée jusqu'alors admise par les scientifiques. Cette découverte a été permise grâce à la collaboration de treize équipes européennes, rapporte le CNRS dans un communiqué.
Les chercheurs, dont deux français, ont analysé deux dents de lait découvertes dans une grotte préhistorique italienne, la Grotta del Cavallo, il y a une cinquantaine d'années. Ces dents, qui d'après une datation au carbone 14, sont vieilles de 45.000 ans environ, avaient été considérées à tort comme celles de Néandertaliens. Mais en réalité, elles appartiennent à un Homo sapiens, ont révélé des reconstructions en 3D des restes humains comparées à un grand échantillon de dents néandertaliennes et modernes. Cette découverte constitue alors le plus ancien témoignage des Hommes modernes européens.
Dans la revue Nature, les scientifiques qui ont mené cette étude expliquent avoir obtenu grâce à leurs travaux un nouvel éclairage pour mieux comprendre l'arrivée des premiers Homo Sapiens en Europe, et la période de transition entre cette diffusion et la disparition des Néandertaliens, qui ont vécu en Europe pendant plus de 200.000 ans. L'hypothèse la plus largement répandue au sein de la communauté scientifique avance que cette disparition est liée à l'arrivée des Hommes modernes. Les dents de la grotte italienne révèlent une diffusion plus précoce des Homos Sapiens, et confirment alors une longue période de coexistence des deux espèces, souligne le CNRS.
Source : MaxiSciences du 03/11/2011
lundi 7 novembre 2011
Sapiens et Neandertal ont cohabité plus longtemps que prévu en Europe
Les premiers Hommes modernes seraient arrivés en Europe il y a environ 45 000 ans, soit plusieurs millénaires avant la date communément admise jusqu'ici.
La mâchoire d'Homme moderne découverte en Angleterre
Erreurs d'interprétations
La mâchoire découverte en Angleterre en 1927 avait bien été attribuée à Sapiens mais sa datation au radiocarbone réalisée en 1989 indiquait que le fossile était âgé d'environ 35.000 ans. En utilisant l'ultrafiltration, une technique de datation au carbone plus raffinée, des paléontologues anglais démontrent que la mâchoire date de 44.200 à 41.500 ans. La morphologie dentaire indique bien cependant que son attribution à Sapiens plutôt qu'à Neandertal est fiable.
Quant aux deux dents, provenant de la grotte del Cavallo, en Italie, et exhumées en 1960, elles furent après leur découverte attribuées aux Néandertaliens. Ces derniers étaient alors considérés comme les artisans des ornements et des outillages caractéristiques de la culture qui avait régné dans cette région.
De nouvelles analyses effectuées par une équipe internationale -impliquant deux laboratoires français- viennent contredire ces précédentes conclusions. Les reconstructions en 3D, issues d'enregistrements par microtomographie, ont été comparées à un large échantillon de dents néandertaliennes et modernes.
Dent de lait de Cavallo
En analysant les paramètres de leur structure interne et externe (en particulier l'épaisseur de l'émail et le contour des couronnes dentaires), les chercheurs ont découvert que les deux dents de Cavallo appartenaient en fait à des Hommes modernes. D'autre part, la datation au carbone 14 sur des coquilles perforées, issues des mêmes niveaux archéologiques que les dents, a montré que ces deux dents dateraient d'environ 43.000 à 45.000 ans.
Une longue cohabitation
Ces résultats indiquent donc qu’il y a environ 45.000 ans Homo sapiens était déjà présent en Europe et qu’il s’est très rapidement dispersé sur le continent, comme en témoigne la mâchoire découverte en Angleterre. Cela signifie également qu’il y a eu une longue période de coexistence des Hommes modernes avec les Néandertaliens.
Durant cette période, les deux espèces ont entretenu par moment des liens très étroits puisque les dernières analyses génétiques indiquent qu’il y a eu un croisement entre elles, et que les Homo sapiens en ont gardé un souvenir dans leur génome, ce dernier étant composé de 1 à 4 % d’ADN néandertalien.
Source :Sciences et Avenir du 02/11/2011
Une dent européenne de 45 000 ans
Grâce à elle, on sait maintenant que la colonisation de l'Europe par l'homme moderne date de plusieurs milliers de décennies.
La prochaine fois que mon dentiste voudra m'arracher une vieille dent pour la remplacer par un implant afin de payer les traites de sa Ferrari, je le mettrai en garde : attention à la destruction d'indice ! Je lui parlerai alors de ces deux vieilles molaires italiennes dont on avait cru qu'elles appartenaient à une mâchoire néandertalienne, et qui se révèlent finalement être celles d'hommes modernes (de Cro-Magnon).
Cette découverte publiée dans la revue Nature par une équipe multinationale est de première importance, car la nouvelle datation de 43 000 à 45 000 ans de ces deux dents trouvées dans la grotte de Cavallo, en Italie du Sud, en 1964 fait d'elles les plus anciens restes de l'homme moderne jamais retrouvés en Europe. On savait que le bougre avait débarqué du Moyen-Orient dans ces eaux-là. En voici donc la confirmation, et la découverte de sa rapide dispersion en Europe puisqu'on l'a retrouvé au fond de la botte italienne.
D'autant qu'une autre équipe, britannique elle, vient d'effectuer un constat similaire. L'âge d'un fragment de mâchoire d'homme moderne contenant encore trois dents, retrouvé dans la grotte de Kent (Devon), vient d'être considérablement vieilli. Il n'a pas 35 000 ans, comme on le croyait jusqu'ici, mais entre 41 500 et 44 200 ans. Cette découverte d'une présence anticipée de l'homme moderne dans toute l'Europe amène une autre constatation : celle d'une plus longue cohabitation avec Néandertal, ce qui renforce l'opinion de ceux qui ont tendance à innocenter Cro-Magnon de l'extinction de ces lointains cousins.
Les révolutions de palais sont fréquentes
La réattribution des deux dents italiennes à l'homme moderne a une autre conséquence non négligeable : celle de réattribuer la fabrication d'outils en pierre sophistiqués retrouvés dans le sud de l'Italie aux hommes modernes et non plus aux Néandertal. Une sacrée déconvenue pour ceux qui prenaient à témoin cette culture de l'Uluzzien pour faire des Néandertal les quasi égaux des hommes modernes.
Il faut dire qu'en paléontologie les révolutions de palais sont fréquentes. La découverte du moindre crâne ou bout de fémur remet souvent en cause toutes les théories précédentes en cause. C'est vrai que celles-ci reposent souvent sur la grande imagination des paléoanthropologues. À partir d'une banale molaire, certains sont capables de vous expliquer 200 000 ans de l'épopée humaine. Un peu comme si la découverte d'une pièce de puzzle montrant le sommet de l'obélisque était utilisée pour reconstituer la place de la Concorde.
En attendant, la canine que vient de m'extraire mon dentiste, je la mets au coffre. Non seulement parce qu'il m'en a coûté une fortune pour la remplacer, mais aussi parce que, dans 10 000 ans, elle sera peut-être utile à un paléontologue pour écrire une thèse sur l'évolution du polymorphisme crânien du journaliste du XXIe siècle.
Source : Le Point du 05/11/2011
La nouvelle datation de 43 000 à 45 000 ans de ces deux dents trouvées
en Italie du Sud en 1964 fait d'elles les plus anciens restes de l'homme
moderne jamais retrouvés en Europe
La prochaine fois que mon dentiste voudra m'arracher une vieille dent pour la remplacer par un implant afin de payer les traites de sa Ferrari, je le mettrai en garde : attention à la destruction d'indice ! Je lui parlerai alors de ces deux vieilles molaires italiennes dont on avait cru qu'elles appartenaient à une mâchoire néandertalienne, et qui se révèlent finalement être celles d'hommes modernes (de Cro-Magnon).
Cette découverte publiée dans la revue Nature par une équipe multinationale est de première importance, car la nouvelle datation de 43 000 à 45 000 ans de ces deux dents trouvées dans la grotte de Cavallo, en Italie du Sud, en 1964 fait d'elles les plus anciens restes de l'homme moderne jamais retrouvés en Europe. On savait que le bougre avait débarqué du Moyen-Orient dans ces eaux-là. En voici donc la confirmation, et la découverte de sa rapide dispersion en Europe puisqu'on l'a retrouvé au fond de la botte italienne.
D'autant qu'une autre équipe, britannique elle, vient d'effectuer un constat similaire. L'âge d'un fragment de mâchoire d'homme moderne contenant encore trois dents, retrouvé dans la grotte de Kent (Devon), vient d'être considérablement vieilli. Il n'a pas 35 000 ans, comme on le croyait jusqu'ici, mais entre 41 500 et 44 200 ans. Cette découverte d'une présence anticipée de l'homme moderne dans toute l'Europe amène une autre constatation : celle d'une plus longue cohabitation avec Néandertal, ce qui renforce l'opinion de ceux qui ont tendance à innocenter Cro-Magnon de l'extinction de ces lointains cousins.
Les révolutions de palais sont fréquentes
La réattribution des deux dents italiennes à l'homme moderne a une autre conséquence non négligeable : celle de réattribuer la fabrication d'outils en pierre sophistiqués retrouvés dans le sud de l'Italie aux hommes modernes et non plus aux Néandertal. Une sacrée déconvenue pour ceux qui prenaient à témoin cette culture de l'Uluzzien pour faire des Néandertal les quasi égaux des hommes modernes.
Il faut dire qu'en paléontologie les révolutions de palais sont fréquentes. La découverte du moindre crâne ou bout de fémur remet souvent en cause toutes les théories précédentes en cause. C'est vrai que celles-ci reposent souvent sur la grande imagination des paléoanthropologues. À partir d'une banale molaire, certains sont capables de vous expliquer 200 000 ans de l'épopée humaine. Un peu comme si la découverte d'une pièce de puzzle montrant le sommet de l'obélisque était utilisée pour reconstituer la place de la Concorde.
En attendant, la canine que vient de m'extraire mon dentiste, je la mets au coffre. Non seulement parce qu'il m'en a coûté une fortune pour la remplacer, mais aussi parce que, dans 10 000 ans, elle sera peut-être utile à un paléontologue pour écrire une thèse sur l'évolution du polymorphisme crânien du journaliste du XXIe siècle.
Source : Le Point du 05/11/2011
vendredi 4 novembre 2011
Une découverte sur le passé de l'Homme
Les premiers hommes modernes (homo sapiens) sont arrivés plusieurs
millénaires plus tôt que ce qui était communément admis, soit il y a
45 000 ans. C'est ce que nous apprend la publication, hier, du travail
de treize équipes européennes de chercheurs mobilisées depuis deux ans.
Priscillia Bayle, enseignante-chercheuse à l'université de Bordeaux-I et
spécialisée en paléoanthropologie, a participé à ses études.
« L'imagerie haute résolution, maîtrisée depuis une dizaine d'années,
m'a permis d'obtenir des informations sur l'intérieur des deux dents de
lait examinées », explique cette spécialiste. Ces dents de lait ont été
trouvées dans une grotte préhistorique dans le sud de l'Italie, dans les
années 1960. Cette découverte ouvre des pistes d'études sur l'artisanat
qu'on considérait alors comme l'œuvre des néanderthaliens, sur la plus
grande cohabitation entre néanderthaliens et hommes modernes et sur
l'évolution, qui doit alors être reconsidérée, de l'homme moderne.
Source : 20mn du 04/11/2011
Source : 20mn du 04/11/2011
jeudi 3 novembre 2011
Datation des restes d'homme moderne les plus anciens d'Europe
Des restes humains fossilisés découverts en Italie et en Angleterre
s'avèrent être les plus anciennes preuves de la présence de l'homme
moderne en Europe. Ils auraient entre 41.500 et 45.000 ans, alors que
les plus vieux connus jusque-là dataient de 40.000 ans, selon deux
études publiées mercredi.
Les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps, d'après des outils de pierre et autres artefacts, que les premières populations d'homo sapiens s'étaient installées sur le continent il y a 42.000 à 44.000 ans mais on ne connaissait aucun fossile humain remontant au-delà de 40.000 ans.
Deux études publiées par la revue "Nature" comblent ce vide, grâce à deux équipes de chercheurs de Vienne (Autriche) et d'Oxford qui ont repris des fossiles déjà examinés pour les dater avec de nouvelles technologies.
Les restes trouvés en Italie remonteraient à 43.000 à 45.000 ans, et ceux d'Angleterre à 41.500 à 44.200 ans.
Ces résultats "repoussent l'époque à laquelle nous pouvons dire avec certitude" que l'homme moderne se trouvait en Europe, explique Shara Bailey, anthropologue à l'université de New York, qui n'a pas participé à ces travaux, dans un courrier électronique à l'Associated Press.
Cela confirme aussi que l'homme moderne a co-habité pendant plusieurs milliers d'années avec l'homme de Néanderthal, qui a disparu il y a environ 30.000 ans. Des travaux génétiques récents suggèrent des croisements entre Néanderthals et Homo Sapiens au Moyen-Orient.
Source : NouvelObs du 02/11/2011
Les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps, d'après des outils de pierre et autres artefacts, que les premières populations d'homo sapiens s'étaient installées sur le continent il y a 42.000 à 44.000 ans mais on ne connaissait aucun fossile humain remontant au-delà de 40.000 ans.
Deux études publiées par la revue "Nature" comblent ce vide, grâce à deux équipes de chercheurs de Vienne (Autriche) et d'Oxford qui ont repris des fossiles déjà examinés pour les dater avec de nouvelles technologies.
Les restes trouvés en Italie remonteraient à 43.000 à 45.000 ans, et ceux d'Angleterre à 41.500 à 44.200 ans.
Ces résultats "repoussent l'époque à laquelle nous pouvons dire avec certitude" que l'homme moderne se trouvait en Europe, explique Shara Bailey, anthropologue à l'université de New York, qui n'a pas participé à ces travaux, dans un courrier électronique à l'Associated Press.
Cela confirme aussi que l'homme moderne a co-habité pendant plusieurs milliers d'années avec l'homme de Néanderthal, qui a disparu il y a environ 30.000 ans. Des travaux génétiques récents suggèrent des croisements entre Néanderthals et Homo Sapiens au Moyen-Orient.
Source : NouvelObs du 02/11/2011
mercredi 2 novembre 2011
Homo sapiens et Néandertaliens auraient pu se croiser
Durant des décennies, les paléontologues ont pensé qu'un maxillaire humain n'était qu'un fossile préhistorique parmi d'autres. En y regardant de plus près, ils se sont aperçus que son propriétaire était le plus vieil homme moderne jamais identifié en Europe occidentale.Selon une étude publiée mercredi, le maxillaire est en effet âgé de 41'000 à 44'000 ans et appartenait à l'un de nos ancêtres Homo sapiens, qui aurait donc pu croiser un de nos lointains cousins du Neandertal à la même époque, une idée qui fait toujours l'objet d'une vive polémique entre spécialistes.
Cette découverte confirmerait que les Néandertaliens et les Homo Sapiens auraient pu se croiser.
Le morceau d'os et les trois dents qui y restaient attachées ont été découverts dans une caverne préhistorique du sud de l'Angleterre en 1927.
Une soixantaine d'années plus tard, des scientifiques de l'Université d'Oxford ont daté le fossile, l'estimant vieux d'environ 35'000 ans. Un âge respectable mais pas extraordinaire à l'aune des connaissances sur le peuplement de l'Europe par nos ancêtres "Homo sapiens sapiens".
Première datation erronée
Des chercheurs se sont cependant mis à douter de la validité de cette datation après avoir découvert sur ce maxillaire supérieur des traces de colle, qui a servi à conserver l'os après sa découverte et aurait pu fausser l'analyse.
"Nous savions que nous allions devoir effectuer des tests supplémentaires pour obtenir une nouvelle datation", explique Beth Shapiro, professeur à la Penn State University (USA) et co-auteur de l'étude publiée mercredi dans la revue Nature.
Mais l'échantillon d'os épargné par la colle était trop petit pour autoriser une nouvelle datation au carbone 14.
Nouveau calcul
Beth Shapiro et ses collègues ont donc décidé de prendre le problème à l'envers: dans le sol de la caverne, ils ont prélevé des ossements d'animaux situés au-dessus et en-dessous de la strate où le maxillaire humain avait été découvert.
Ils ont ensuite daté cet ossuaire de la faune préhistorique mêlant loups, cerfs, ours des cavernes et rhinocéros laineux, obtenant une fourchette comprise entre 50'000 et 26'000 ans.
En utilisant des techniques de modélisation statistique pour situer le maxillaire dans cette chronologie, ils l'estiment désormais vieux de 41'000 à 44'000 ans.
Source : TSR du 02/11/2011
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