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samedi 24 juin 2023

Pourquoi la datation des premières inhumations fait-elle autant débat ?

En annonçant que les premières sépultures du genre Homo seraient plus vieilles d'au moins 100 000 ans par rapport à la datation officielle, c'est une nouvelle question houleuse qui est soulevée dans la communauté scientifique. Pourquoi la datation des premières sépultures est-elle une question aussi complexe ? Qu'est-ce que cela change par rapport à la considération des individus du passé ? Un point sur une actualité controversée concernant Homo naledi.

En annonçant avoir découvert que l'espèce Homo naledi inhumait ses morts volontairement 100 000 ans avant les datations arrêtées actuelles, le paléo-anthropologue américain Lee Berger ouvre un grand débat entre les spécialistes de l'histoire de l'Humanité. C'est en Afrique du Sud que le site considéré comme un lieu de sépulture a été repéré par Lee Berger et son équipe. Homo naledi a été, quant à lui, découvert par le même chercheur en 2013 et annoncé officiellement en 2015. Il s'agit d'un petit homininé dont les restes osseux ont été repérés dans les grottes de Rising Star.

Petit gabarit et datation complexe

Le premier débat concernant Homo naledi s'est concentré sur le fait de déterminer s'il s'agissait davantage d'un Australopithèque, ou bien d'un des premiers représentants du genre Homo. Mesurant probablement 1,50 mètre avec un petit crâne, tout reste pourtant à déterminer le concernant bien que la datation arrêtée se situe entre -335 000 et -241 000 ans. Au regard de squelettes aussi anciens, il est malgré tout difficile de se faire une idée exacte du type de vie menée par ces petits individus. Ils restent mystérieux en de nombreux points, en particulier à propos de leurs capacités cérébrales et cognitives.

Des ossements et un toboggan naturel

En 2015 déjà, Lee Berger et son équipe avançaient l'idée, appuyée à nouveau en 2023, de pratiques d'inhumation volontaires de la part de Homo naledi. En effet, diverses chambres très difficilement accessibles du site de Rising Star, ont permis de découvrir de très nombreux fragments osseux et des dépouilles d'individus de tous âges. L'une des chambres souterraines étant accessible uniquement par le biais d'un boyau minuscule pour les chercheurs. Mais, à quoi pouvaient bien ressembler les chambres de ces grottes à l'époque d'Homo naledi ? Pour les chercheurs sur le site, il ne s'agit pas de squelettes qui auraient été jetés par dans les cheminées naturelles et dont les ossements se seraient retrouvés éparpillés au sol des chambres mais bien des corps déposés soigneusement en position fœtale dans un lieu choisi par Homo naledi. C'est là où la communauté scientifique se divise.

Des annonces mais pas encore d'articles scientifiques

Dans le monde scientifique, les annonces de découvertes et d'études se font par le biais d'articles scientifiques normés qui permettent à l'ensemble de la communauté de connaître les méthodes et les raisons des conclusions. Cela permet d'ouvrir également un dialogue officiel entre scientifiques. Or, l'annonce de Lee Berger et son équipe n'a pas fait l'objet pour le moment d'une publication critiquée par les pairs bien qu'un article non validé existe. De plus, l'aspect médiatique de la découverte par le biais de National Geographic interpelle les chercheurs quant à la fiabilité et aux méthodes de l'équipe sur place.

En faisant cela, l'équipe de Lee Berger pourra expliquer pourquoi elle estime que les trous creusés au sol de la tombe étaient potentiellement des sépultures, pourquoi les gravures sur les parois de la grotte leur semblent être contemporaines d'Homo naledi ou si cela est postérieur, et comprendre la signification des charbons retrouvés brûlés sur place. En effet, inhumer un mort ne veut pas nécessairement dire qu'il y a forcément une fonction rituelle autour de cet acte, et c'est cela qu'il est parfois difficile d'attester en archéologie, mais encore plus en paléo-anthropologie.

Qu'est-ce que cela change si Homo naledi inhumait ses morts ?

Au regard de la chronologie officielle, c'est un bond immense qui est fait dans le temps par rapport aux datations officielles au Paléolithique. Cela suggèrerait que les individus du genre Homo nalendi auraient eu la capacité cérébrale d'envisager un traitement pour leurs morts, voire une possible ritualisation de cela. Ce qui fait voler en éclat l'idée des individus préhistoriques incapables de réflexions et de se transposer eux-mêmes dans d'autres dimensions que la leur au jour le jour. Cela ne serait alors plus un fait concernant uniquement les genres Homo les plus récents. Si certains scientifiques ne rejettent pas la découverte, ils attendent en revanche des preuves solides et des arguments pointus pour pouvoir envisager la possibilité de tels traitements funéraires.

Source : Futura du 24/06/2023

vendredi 6 mai 2022

En 50 ans, les différentes techniques de datation ont permis de gagner en précision

Dater un fossile, un objet, un site archéologique avec le meilleur degré de précision possible, c’est un enjeu majeur pour les chercheurs. Plusieurs méthodes coexistent.

Si ce n’est la datation fondée sur le carbone 14, la technique la plus connue (et la plus répandue), les non-spécialistes connaissent assez peu les différents outils à disposition des archéologues pour tenter de donner une fourchette temporelle précise aux vestiges qu’ils étudient.

Dendrochronologie, archéomagnétisme, résonance paramagnétique électronique… Ces noms barbares cachent des avancées techniques importantes, applicables en fonction des objets de recherche.

Le carbone 14, roi incontesté de la datation

La méthode de datation par le Carbone 14 reste la plus utilisée car on retrouve souvent des matériaux contenant cet isotope radioactif sur les sites archéologiques, notamment dans le bois, les ossements, les coquillages ou même dans les noyaux de fruits. La plupart des connaissances de chronologie que l’on possède aujourd’hui pour la Préhistoire, depuis le Paléolithique jusqu’à l’âge de Bronze et même la période médiévale, reposent sur les données acquises grâce à cette technique.

En effet, toute matière carbonée formée depuis moins de 50 000 ans est datable par radiocarbone. Le principe de cette méthode est de définir une date en fonction de la proportion de carbone 14 contenu dans l’échantillon. Christine Oberlin, ingénieure spécialisée dans cette technique de datation, résume : "Le carbone 14 se forme dans l’atmosphère et se combine avec l’oxygène pour faire du CO2. Il entre alors dans le cycle du carbone via la photosynthèse pour les plantes et par la chaîne alimentaire pour les animaux et les humains. Il permet de dater, en théorie, tout ce qui a été vivant, y compris aérien ou marin"​.

Cette technique est en constante amélioration depuis 1950. Parmi les avancées significatives, quelques milligrammes d’échantillon suffisent à présent pour dater un objet, grâce à l’invention du spectromètre de masse avec accélérateur (SMA) en 1977. "À présent, on peut dater des objets nettement plus petits comme des harpons, des pointes de flèche ou des graines carbonisées."

Archéomagnétisme

Branche du paléomagnétisme, l’archéomagnétisme est une méthode de datation fondée sur l’enregistrement des variations du champ magnétique terrestre par les terres cuites.

Elles ont "conservé la direction et l’intensité du champ magnétique terrestre ancien, soumis à des variations dans le temps, sous la forme d’une aimantation très stable"​, explique Philippe Lanos, directeur de recherche au CNRS, responsable du laboratoire d’archéomagnétisme et de modélisation chronologique (Université Rennes 1). Cette technique de datation est née en France dans les années 1930, grâce aux travaux du Pr Émile Thellier. Mais elle a été appliquée de façon fiable à partir des années 1960.

Datation par luminescence

La thermoluminescence permet de dater des matériaux archéologiques qui ont autrefois été chauffés. Les scientifiques calculent la date de la dernière chauffe ou de la dernière exposition à la lumière d’un échantillon contenant des minéraux de quartz ou le feldspath.

Lorsque ce dernier est chauffé ou exposé à la lumière (on parle alors de luminescence stimulée optiquement), l’énergie est alors libérée sous forme lumineuse. La quantité de lumière émise est proportionnelle au temps écoulé depuis la dernière chauffe. Depuis les années 1980, cette méthode permet de dater des loess (roches sédimentaires) et des dépôts éoliens

Dendrochronologie

Cette technique s’intéresse à la croissance des arbres en analysant la largeur des cernes d’un tronc d’arbre pour en connaître la date d’abattage. "Dater la mort d’un arbre, c’est trouver le moment d’utilisation du bois de cet arbre"​, précise le dendrochronologue Georges-Noël Lambert.

Ainsi, il est possible, grâce à cette méthode inventée par l’astronome américain Andrew Eliott Douglas, de dater la fabrication d’un objet ou la construction d’un bâtiment avec ces arbres anciens. Comme la plupart des techniques de datation, les prémices de la dendrochronologie sont apparues avant la Seconde Guerre mondiale, mais la méthode a réellement été appliquée à partir des années 1970.

Résonance paramagnétique électronique

La datation par la résonance paramagnétique électronique (RPE) permet, elle aussi, de déterminer l’énergie stockée dans un matériau, suite au bombardement radioactif naturel venant du sol environnant.

Le principe repose sur l’interaction d’un champ magnétique avec une propriété des particules (ici les spins électroniques) de l’échantillon. C’est ce qui lui donne ses propriétés magnétiques. Cette technique, initiée en 1966, a été développée près de dix ans après.

Paléogénétique

C’est la technique la plus récente. Basée sur l’étude génétique des organismes et populations passées, elle permet de dater des périodes de métissage des populations. Les chaînes d’ADN présentes dans le génome humain ou chez les animaux subissent de nombreuses mutations au fil des générations.

"Ainsi, plus les mutations sont nombreuses, plus les ancêtres sont anciens"​, résume Philippe Lanos. C’est grâce à la paléogénétique que les chercheurs ont notamment découvert la période de croisement entre Néandertaliens et Homo Sapiens, il y a environ 50 000 ans.

Associer les méthodes

Si les techniques de datation sont très différentes, faisant appel à la botanique, à la physique des particules ou encore à la géophysique, elles sont souvent complémentaires. Les multiplier permet de dater avec encore plus de fiabilité et de précision.

C’est le cas sur le site préhistorique de Menez-Dregan, dans le Finistère, où deux méthodes de datation ont été appliquées : la thermoluminescence et la résonance paramagnétique électronique (RPE), pour dater des sédiments rubéfiés (qui ont pris une coloration rouge) et des silex chauffés provenant des couches archéologiques. "La méthode RPE a permis d’évaluer un âge des échantillons de l’ordre de 350 000 et 400 000 ans alors que la méthode par thermoluminescence a donné autour de 200 000 ans"​, assure Philippe Lanos, rappelant que la "fiabilité des méthodes dépend beaucoup de la qualité de conservation des échantillons datés"​.

Source : Ouest France du 05/05/2022

mardi 9 février 2021

Paléontologie : quand la radioactivité remet les pendules à l'heure

C'est l'alpha et l'oméga des préhistoriens ! Pour affiner la datation des sites et des fossiles, ils disposent désormais de méthodes d'une précision inédite, exploitant la radioactivité naturelle à laquelle ces vestiges ont été exposés.

"Il faut bien avoir conscience qu'on ne peut plus dater par certaines méthodes un crâne scanné aux rayons X", Jean-Jacques Bahain, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, résume l'une des problématiques liées au rôle I grandissant de la physique et de la génétique dans la paléontologie : éviter que les analyses des uns ne perturbent celles des autres. L'autre défi de la datation étant de réduire la taille des échantillons tout en minimisant l'incertitude.

Jean-Jacques Bahain est spécialiste de la résonance de spin électronique (ESR). Le principe est le même que pour que la thermoluminescence (TL) et la luminescence stimulée optiquement (OSL) : "La radioactivité naturelle piège des électrons dans la matière minérale. En comptant leur nombre, on peut déterminer l'âge correspondant à cette accumulation", explique-t-il. Les minéraux fonctionnent alors comme des chronomètres dont on cherche à déterminer le top départ : un chauffage à plus de 450 °C, ou quelques minutes ou heures d'exposition au rayonnement du soleil, libèrent ces électrons et remettent le compteur à zéro. On peut ainsi dater le moment où le matériau a été chauffé ou exposé au soleil pour la dernière fois.

La thermoluminescence détermine le nombre d'électrons piégés par chauffage du minéral. Sous l'effet de la chaleur, les électrons piégés s'échappent et émettent un rayonnement dont l'intensité est proportionnelle à leur nombre. Pour l'OSL, les électrons sont libérés à l'aide de lumière.

L'horloge du carbone 14 n'est pas celle du temps

Avec l'ESR, l'échantillon est soumis à un champ magnétique qui oriente les électrons piégés en fonction de leur spin, c'est-à-dire de leur mouvement de rotation sur eux-mêmes. Sous l'effet de micro-ondes, la rotation s'inverse, et une partie de l'énergie de ces ondes est absorbée par l'échantillon, proportionnellement au nombre d'électrons piégés. "L'avantage de l'ESR est que le chronomètre n'est pas effacé, souligne le spécialiste. On peut donc refaire les mesures. En revanche, c'est un processus très lourd. Et c'est une méthode semi-destructrice : on évite de l'utiliser sur des fossiles humains et on privilégie d'autres échantillons trouvés à proximité et considérés comme ayant le même âge."

lundi 25 janvier 2021

Comment les peintures rupestres sont datées

Comme les enquêteurs sur les crimes médico-légaux dans un certain nombre de programmes d’application de la loi, les archéologues n’ont besoin que d’une pincée de calcite, également connue sous le nom de “pop-corn des cavernes”, pour commencer à percer les mystères d’une peinture rupestre.

Des couches de calcite se forment souvent dans des grottes calcaires lorsque l’eau de pluie s’infiltre à travers la roche, dissolvant de petites quantités de calcium, qui précipite parfois sur les peintures rupestres.

Si les archéologues ont la chance de trouver ces peintures, ils peuvent déterminer l’âge de l’œuvre d’art grâce à un processus connu sous le nom de datation à l’uranium, a déclaré le professeur de sciences archéologiques Maxime Aubert de l’Université Griffith en Australie.

La technologie permet aux chercheurs de dater des peintures qui ont jusqu’à 600 000 ans.

Le professeur Aubert a déclaré au Straits Times: «Lorsque l’eau de la grotte se précipite sur le tableau, elle contient également une petite quantité d’uranium, car l’uranium est soluble dans l’eau.

“Avec le temps, il commence à se décomposer en un élément appelé thorium.”

Le thorium n’est pas soluble dans l’eau, donc l’élément n’aurait pas été présent au point de formation des cristaux, a-t-il ajouté.

Puisque le taux de décomposition de l’uranium en thorium est «précisément connu», les archéologues peuvent prélever un échantillon de pop-corn de la grotte et mesurer les proportions de thorium et d’uranium qui s’y trouvent.

Cette information leur permet de calculer quand la couche de calcite sur la peinture a été initialement formée, en lui donnant un âge minimum.

“Ainsi, quand nous disons que la calcite formée dans le tableau a au moins 45 500 ans, (la peinture) pourrait être essentiellement beaucoup plus ancienne, peut-être 50 000 ou 60 000 ans”, a déclaré le professeur Aubert. “Nous ne savons pas avec certitude”.

Mais connaître l’âge approximatif d’une peinture particulière suffit pour donner aux archéologues un aperçu des artistes qui les ont créés.

«Cela nous dit que les gens qui ont créé cette œuvre d’art à Bornéo et à Sulawesi étaient complètement humains, ils sont comme nous», a-t-il déclaré.

Les îles indonésiennes de Bornéo et de Sulawesi sont considérées comme cruciales sur la route de migration humaine de l’Afrique vers l’Australie, où les gens s’étaient installés il y a environ 65 000 ans.

“Donc, si l’art est passé de quelque chose de simple à quelque chose de plus complexe, cela doit être arrivé il y a longtemps, probablement en Afrique”, a déclaré le professeur Aubert.

“Les humains qui ont émigré d’Afrique étaient complètement modernes et avaient la capacité de faire tout l’art qu’ils voulaient.”

Source : Cosmosonic du 25/01/2021

mardi 28 janvier 2020

Les grandes dates

7 000 000 Apparition des premiers hominines bipèdes en Afrique
7 000 000 Première forme humaine (Toumai) en Afrique
3 400 000 Apparition des outils en Afrique
3 300 000 Invention des premiers outils de pierre taillée en Afrique
v 2 000 000 Arrivée des Homo erectus d'Afrique en Eurasie
1 900 000 Carnivorie accrue, première sortie d'Afrique des Homo erectus
1 800 000 Première présence humaine avérée en Europe (Homo georgicus, Géorgie)
1 700 000 Prémices du langage
1 500 000 Traces d'usage du feu en Afrique
1 300 000 Premières traces d'un usage du feu en Afrique
500 000 Plus ancien témoignage d'art (coquillage gravé de traits, Indonésie)
500 000 Coquillage gravé de traits, plus ancien témoignage d'art (Indonésie)
430 000 Sépultures attribuées à des prénéandertaliens (Espagne)
430 000 Biface Excalibur, première offrande funéraire supposée (Espagne)
400 000 Aménagements de foyers prouvant la maîtrise du feu en Europe
400 000 Foyers prouvant la maîtrise du feu en Europe
350 000 Début de l'évolution des néandertaliens à partir de Homo heidelbergensis en Europe
230 000 Age de la supposée figurine de Berekhat (Israël)
v 200 000 Homo sapiens sort d'Afrique
v 200 000 Présence attestée des Homo erectus en Eurasie
200 000 Plus ancien lit découvert à Border Cave (Afrique du Sud)
180 000 Apparition des premiers vêtements déduite de la divergence génétique du pou
v 175 000 Premières traces d'Homo sapiens hors d'Afrique (Israël)
120 000 Expansion des Homo sapiens modernes au Proche-Orient
100 000 Arrivée des Homo sapiens en Eurasie. Confection de parures
100 000 Arrivée des premiers Homo sapiens en Eurasie
100 000 Plus ancien atelier de fabrication de pigments découvert à ce jour (Afrique)
73 000 Motif géométrique gravé sur un bloc d'ocre. Premier objet symbolique dû à Homo sapiens (Blombos, Afrique du Sud)
70 000 Les hommes ont probablement acquis le langage
60 000 Début du peuplement de l'Australie
61 000 Premières pointes de flèches en os (grotte de Sibudu, Afrique du Sud)
50 000 Présence de fleurs dans une tombe néandertalienne (Irak)
48 000 Peintures de la Serra de Capivara (Brésil). Datation encore controversée
43 000 Première oeuvre figurative (grotte de Sipong, Indonésie)
43 000 Premier instrument de musique (grotte de Geissenklosterie, Allemagne)
v 40 000 Disparition des derniers hommes de Neandertal en Eurasie
v 40 000 Extinction des néandertaliens pleinement évolués
v 40 000 Premiers instruments de musique (flûtes)
v 38 000 Age du plus ancien homme moderne retrouvé en Europe
v 37 000 Première phase de décoration de la grotte Chauvet (Ardèche)
37 000 Première espèce domestiquée par l'homme, à partir du loup : le chien
v 36 000 Réalisation des premières statuettes animales et humaines
35 000 Preuve de l'utilisation du "briquet" (sulfure de fer percuté sur du silex)
35 000 Développement de l'art pariétal figuratif. Grotte Chauvet (Ardèche)
35 000 Développement de l'art pariétal dans le sud de la France (Grotte Chauvet)
35 000 Grotte Chauvet (Ardèche). Un millier de peintures et gravures
v 35 000 Apparition des figurines féminines (dites "vénus paléolithiques")
30 000 Extinction d'Homo floresiensis, espèce vivant en Indonésie
30 000 Pratique de la navigation attestée
v 30 000 Ornements dans les cavernes profondes en Australie. Date minimale de l'arrivée des Homo sapiens en Amérique
30 000 Date minimale de l'arrivée des Homo sapiens en Amérique
v 30 000 Pratique du chamanisme à partir du paléolithique supérieur
v 28 000 Invention de la céramique en Europe de l'Est
v 26 000 Invention de la céramique par des chasseurs-cueilleurs (Europe de l'Est)
24 000 Usage attesté du propulseur (arme de jet)
20 000 Statuettes féminines en ivoire de mammouth de Malta et Bouret (Sibérie)
19 000 Date supposée de l'invention de la poterie en Chine
19 000 Invention probable de la poterie en Chine
16 000 Hypothèse d'une domestication du chien en Europe
v 15 000 Premiers foyers d'invention de la poterie (Extrême-Orient)
12 000 Domestication du chien avérée en Europe et au Proche-Orient
11 000 Premiers villages, caractérisés par l'agglomération de maisons semi-enterrées dans des fosses rondes
v 10 000 Néolithisation du Proche-Orient. Apparition de l'outillage agricole
v 10 000 Début de la sédentarisation du Proche-Orient. Apparition de l'outillage agricole
v 10 000 Développement des religions agropastorales à partir du néolithique
9 500 Plus ancien lieu de culte, le temple de Gobekli Tepe (Turquie)
8 800 Domestication du mouflon, de la chèvre égagre, de l'auroch et du sanglier au Proche-Orient
8 000 Début du boom démographique dû à l'invention de l'agriculture
6 500 Développement de foyers agricoles en Asie, en Amérique et en Afrique
6 000 Apparition de cultures irriguées en Mésopotamie
6 000 Apparition du nomadisme pastoral au Proche-Orient
4 300 Fondation des villes d'Ourouk et de Suse au Proche-Orient
4 000 Domestication de l'âne en Afrique du Nord-Est
4 000 Naissance des civilisations mésopotamienne et égyptienne
3 500 Domestication du cheval dans les steppes eurasiennes
3 400 Invention de l'écriture à Ourouk par les Sumériens
3 400 3 300. Invention de l'écriture à Ourouk (actuel Irak) par les Sumériens
3 200 Généralisation de l'usage de l'écriture à Sumer
v 3 000 Adoption du polythéisme par les sociétés dotées d'Etat
v 3 000 Unification des royaumes de Haute-Egypte et de Basse-Egypte
v 3 000 Adoption du polythéisme par les sociétés dotées d'Etat et, souvent d'écriture
2 800 Imhotep, premier architecte à construire en pierre (Saqqarah, Egypte)
2 750 2 000. Epoque des cités Etats suméro-akkadiennes et des cités de l'Indus
2 600 Mise par écrit des premiers mythes et textes religieux
2 600 Mise par écrit des tout premiers textes religieux
2 300 Ecriture des épopées sumériennes des rois d'Ourouk. Première évocation de Gilgamesh
2 200 Apparition de la première écriture cursive en Egypte
2 000 Domestication du dromadaire dans le sud de l'Arabie
1 900 1 500. Culture d'Erlitou, première capitale chinoise
v 1 600 Papyrus Edwin Smith, traité égyptien de pathologie chirurgicale
1 520 Hatshepsout, autoproclamée pharaon, représentée en homme
v 1 500 Apparition du grand nomadisme pastoral monté en Asie centrale
v 1 400 Composition en Inde du Rigveda, ensemble d'hymnes sacrés
v 1 400 Composition des textes de la religion védique en Inde
1 200 Apparition de la civilisation olmèque en Méso-Amérique
1 200 Existence du peuple des Amazones selon la mythologie grecque
v 1 050 Manuel de diagnostic du Babylonien Esagi-kin-apli
1 000 Domestication du renne en Sibérie
800 Emergence des cités-Etats en Grèce et de Rome dans la péninsule italique
800 Emergence des cités-Etats en Grèce
800 Fondation légendaire de Rome dans la péninsule italique
v 650 Apparition en Lydie de monnaies frappées en électrum
600 Apparition des religions universalistes avec la formation des empires
v 450 Apogée de la cité précolombienne de Teotihuacan ("lieux où sont créés les dieux")
420 370. Rédaction du canon d'Hippocrate, attribué au médecin grec
400 Pratique de la polyandrie mentionnée dans le Mahabharata
400 Début probable de la mise par écrit du Rigveda, jusqu'alors transmis oralement
400 Population d'Athènes : plus de 50 % d'esclaves
v 30 De architectura, de Vitruve, plus ancien traité d'architecture qui soit arrivé jusqu'à nous

lundi 29 octobre 2012

La datation au carbone 14 fait un formidable bond en arrière

ne série de mesures réalisées dans un lac japonais devrait permettre d'améliorer de façon importante la datation d'objets anciens.

Une nouvelle série de mesures de carbone 14, réalisées dans les sédiments profonds d'un lac japonais par des chercheurs de l'université d'Oxford (Royaume-Uni) devrait améliorer significativement la datation d'objets anciens contenant des matériaux organiques (os et végétaux fos­siles, notamment). Jusqu'à présent, le seul enregistrement direct provenait de cernes d'arbres et remontait à 12.593 ans. Mais l'étude publiée ce vendredi dans la revue américaine Science par Christopher Bronk Ramsey et ses collègues permet de faire reculer l'ancienneté de tels enregistrements jusqu'à 52.800 ans.

Ce bond considérable, de 40.000 ans en arrière, va permettre aux paléontologues de mieux dater la disparition de l'homme de Néandertal et l'arrivée de l'homme moderne en Europe. Les climatologues pourront également mieux comprendre les événements qui ont conduit à l'avancée puis au retrait des glaces au cours de la dernière glaciation, pour ne citer que ces exemples.

Chaque année, une couche d'algues microscopiques, appelées diatomées, et de sédiments se dépose au fond du lac Suigetsu, dans le centre du Japon. Cette pièce d'eau ayant la particularité d'être très calme et anoxique, les dépôts sont restés intacts pendant des dizaines de milliers d'années.

C'est en pratiquant une série de forages que l'équipe d'Oxford a pu réaliser ce fameux relevé, très finement préservé, des 52.800 ans passés.

Le carbone 14 est un isotope radio­actif naturel du carbone qui se dés­intègre à un taux constant au fil du temps. Les chercheurs peuvent ainsi calculer l'âge d'un objet en se fondant sur la quantité de radiocarbone qu'il contient comparée à celle de son parent stable, le carbone 12.

Plusieurs facteurs viennent compliquer ce calcul, la quantité de radiocarbone dans le milieu variant suivant l'année ou la région. Mais l'enregistrement du lac Suigetsu ne demande pas de telles corrections, car le radiocarbone des fossiles de feuilles préservés dans les sédiments vient directement de l'atmosphère. Il n'est donc pas sujet aux mêmes processus qui affectent le carbone 14 des sédiments marins ou terrestres.

Source : Le Figaro du 19/10/2012

vendredi 17 juin 2011

Une nouvelle méthodologie affine la chronologie du Néolithique

Combinant radiodatation et méthodes traditionnelles, des archéologues britanniques ont pu préciser le rythme et les phases de l’apparition de la civilisation agricole dans leur pays, à la fin de la préhistoire.

La radiodatation au carbone est fiable, mais imprécise. En croisant les résultats qu’elle donne avec d’autres ‘marqueurs’ chronologiques - des faits documentés autrement – et en ‘moulinant’ le tout via de puissants calculs statistiques, on obtient des chronologies bien plus précises.  C’est en utilisant cette technique, élaborée par le Dr Alex Bayliss, experte anglaise en datation du patrimoine, que les archéologues ont pu retracer le  déploiement, dans les îles britanniques, de la vie agricole et des changements sociaux qui en découlent, durant le Néolithique (4.000 à  2.000 av J.-C.).

Les pratiques agraires néolithiques ont commencé dans le sud-est de l'Angleterre vers 4.000 avant notre ère, se propageant d’abord très lentement : 200 ans environ pour parvenir à l'ouest. Puis, on observe une intense accélération : 50 ans pour s’étendre à presque tout le pays. Vers 3.800 av. J.-C., apparaît un style de poterie caractéristique, ainsi qu’un réseau d’échanges sur de longues distances. La généralisation des premières enceintes circulaires ne s’est pas faite en cinq siècles, comme le pensaient jusqu’à présent les archéologues, mais en 75 ans environ !

"Avec cette datation plus précise, l’époque néolithique n'est plus cette période somnolente (…). Cette recherche remet fondamentalement en cause l'idée que peu de choses se sont passées chez nos agriculteurs de l’âge de pierre. Nous pouvons maintenant penser à la période néolithique en termes de changements plus rapides, de mouvement constant de personnes et de diffusion rapide des idées", conclut le Pr Alistair Whittle, de l'Université de Cardiff.

Source : MaxiSciences du 13/06/2011

vendredi 27 mai 2011

Des doutes sur des traces de vie datant de 3,8 milliards d'années

De quand date l’apparition de la vie sur Terre ? Certains indices retrouvés dans des roches du Groenland laissaient penser qu’elle était déjà là il y a 3,8 milliards d’années au moins. En analysant des roches canadiennes, un groupe de chercheurs vient de jeter un pavé dans la mare. Les biosignatures éventuelles trouvées pourraient être postérieures à la formation de ces roches.

Plus on s’enfonce dans le temps, plus le livre des archives géologiques de Terre devient difficile à déchiffrer et il semble même probable que pas un seul fragment des premières pages racontant le début de la vie de notre planète ne nous sera jamais donné. La situation semble identique pour ce qui est de la biosphère elle-même. On sait que des stromatolites étaient bien d’origine biologique il y a 2,7 milliards d’années environ mais jusqu’à présent, les biosignatures les plus convaincantes de la présence de formes de vie sur Terre à des âges plus reculés provenaient de roches volcaniques et sédimentaires au Groenland, datées d’environ 3,8 milliards d’années.

Ainsi, les sédiments d'Isua datant de 3,8 milliards d'années et ceux d'Akilia, de 3,85 milliards d'années, non seulement gardent la mémoire de la présence d'eau liquide et de dioxyde de carbone dans l'atmosphère sur Terre à ce moment là, mais ils renferment aussi des kérogènes, des molécules organiques complexes. Or, l’analyse des abondances isotopiques de ces molécules organiques montre un excès de 12C par rapport au 13C qui serait aujourd’hui une trace de l’activité métabolique de bactéries. Cela ne prouve pas la présence d’une activité photosynthétique liée à des bactéries primitives il y a 3,8 milliards d’années, mais cela permet de le croire.

Malheureusement, les travaux aujourd’hui publiés par une équipe de chercheurs dans Nature Geoscience laissent maintenant planer un doute sérieux. En effet, les techniques d’analyse ayant évolué, il est possible de jeter un regard nouveau sur les roches datant de l’Archéen retrouvé non seulement au Groenland mais aussi au Canada.

Du graphite anormalement peu métamorphisé

On savait déjà que les roches de la ceinture verte du Nuvvuagittuq étaient parmi les plus anciennes connues au monde. Qu’allaient-elles révéler au sujet d’éventuelles biosignatures avec des molécules carbonées ?

Les analyses ont montré que le graphite faiblement cristallisé contenu dans des échantillons de roches métamorphisées était plus jeune que ces roches elles-mêmes ! En effet, alors que la structure de ces roches montre un haut degré de métamorphisme, ce n’est pas le cas de la structure cristalline du graphite. Le carbone présent doit donc s’être déposé plus tard dans ces roches, remettant potentiellement en cause les datations estimées pour les autres molécules carbonées présentes dans d’autres roches de l’archéen.

Pour le moment, il n’est pas possible de donner la valeur exacte de la différence d’âge mais il s’agit probablement de plusieurs millions d’années au moins. Des études supplémentaires doivent donc être faites, en particulier sur les molécules organiques présentes dans les sédiments d’Isua.

Source : Futura Sciences du 26/05/2011

lundi 10 mai 2010

Leipzig, nouvelle Mecque de l'anthropologie évolutive

Dans la cafétéria de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutive, à Leipzig, un écran plat diffuse en direct des images de grands singes filmés dans leur enclos du zoo, à l'autre bout de la ville. "L'inverse n'est pas vrai", plaisante Jean-Jacques Hublin, directeur du département d'évolution humaine de l'institut.

Cette webcam symbolise les liens que chacun ici cherche à explorer, entre Homo sapiens et les autres membres de la grande famille des primates, actuels ou disparus."La question posée est simple : qu'est-ce qui fait que l'homme est différent ?", résume M. Hublin. L'Institut Max- Planck, institution de droit privé fonctionnant en grande partie sur fonds publics, a choisi Leipzig pour y répondre, avec la volonté de redynamiser cette ville d'ex-RDA après la chute du Mur. Pari gagné.

Avec ses cinq départements - primatologie, psychologie comparative, linguistique, génétique évolutive et paléontologie humaine -, l'institut, inauguré en 2003, est déjà considéré comme la référence. Le séquençage du génome de néandertaliens n'est que la dernière percée en date issue de cette nouvelle Mecque de l'anthropologie évolutive.

vendredi 18 septembre 2009

Quelques dates approximatives

L’Homme, l’apparition du genre humain en Afrique : Entre 2,5 et 1,9 MA selon les diverses hypothèses…

Les premiers outils en Afrique : Vers 2,6 ou 2,5 MA

Les premières chasses : Possibles dès 0,9 MA. Certaines à partir de 300 000 ans

Les premiers feux (foyers domestiques) : Des indices dès 1,5 à 1 MA. Attesté dès 550 000 ans

Les premières sépultures : Attestées dès 100 0000 ans. Possibles à 120 000 ? 160 000 ans ?

L’Homme moderne Sapiens sapiens (nous) : Dès 150 000 en Afrique. Dès 100 000 au Proche Orient. Entre 40 000 et 30 000 en Europe

L’art : Entre 40 000 et 30 000 (34 000-32 000 pour la grotte Chauvet par exemple)

La sédentarisation : A partir de 12 000 BC au Proche Orient

L’Economie de production (agriculture et élevage) : Entre 9 000 et 8 000 BC au Proche Orient

La céramique : Dès 12 000 BC au Japon. Vers 7 000 BC au Proche Orient

Les premiers monuments : Autour de 9 500 - 9 000 BC en Turquie…

Le mégalithisme en Europe : A partir de 4 700 – 4 500 BC

Le monument de Stonehenge (Grande Bretagne) : A partir de 3 000 BC. Le monument en pierre est construit à partir de 2 500 - 2 300 BC

Les pyramides en Egypte: Autour de 2 500 BC

L’écriture : A partir de 3 400- 3 300 BC au Proche-Moyen Orient

Le métal (cuivre et or) au Proche-Moyen Orient : L’emploi des métaux natifs dès 9 000 BC. La métallurgie du cuivre dès 7 000 BC

Le métal (cuivre et or) : En Europe entre 5 000 et 4 500 BC

Le métal (Bronze) : Dans le courant du 3e millénaire en Europe centrale. A partir de 2300 BC en Europe occidentale, peut-être 1800 BC en France pour les « gros objets »

Le métal (fer) : A partir de 800 BC en Europe occidentale

Source : UB - Préhistoire - L3