jeudi 3 décembre 2020
mardi 3 septembre 2019
Éthiopie : découverte du plus vieux crâne d'australopithèque jamais mis au jour
Une découverte fortuite dans un enclos éthiopien a permis de mettre à jour un fossile unique en son genre : le crâne quasi-complet d'un ancêtre de l'Homme décédé il y a 3,8 millions d'années.
Le nouveau spécimen - décrit cette semaine dans la revue Nature - est le plus vieux crâne d'australopithèque jamais découvert, un groupe pivot d'anciens ancêtres humains ayant vécu il y a entre 1,5 et 4 millions d'années. C'est aussi le tout premier crâne d'Australopithecus anamensis, l'un des premiers membres de ce genre, jamais découvert.
« Cela nous emmène 3,8 millions d'années en arrière et nous donne un aperçu de ce à quoi nos ancêtres ressemblaient à cette époque », explique l'auteur principal de l'étude, Yohannes Haile-Selassie, paléoanthropologue au Museum d'Histoire naturelle de Cleveland. « C'est vraiment un moment exaltant.
La découverte pourrait combler plusieurs lacunes importantes dans l’étude de l’évolution humaine. Les fossiles d'hominidés, ou ancêtres humains, de cette période sont extrêmement rares et il s'agit le plus souvent de simples fragments d'os. Mais contre toute attente, le nouveau crâne est presque intact, ce qui devrait nous en apprendre beaucoup sur la vie et l’évolution de nos plus vieux ancêtres.
« C'est le crâne que nous attendions », déclare Carol Ward, une paléoanthropologue de l'Université du Missouri qui n'a pas pris part à l'étude. « Les crânes d'Hominidés sont des trésors exceptionnellement rares, et en trouver un aussi ancien et aussi complet est presque sans précédent. »
« SES MAINS TREMBLAIENT »
Les racines enchevêtrées de l'arbre généalogique de l'Homme remontent au continent africain, il y a plus de 4 millions d'années, dans une ménagerie d'anciens primates tels que Ardipithecus et Sahelanthropus. Il a fallu jusqu'à trois millions d'années pour que notre genre Homo arrive, une saga évolutive dans laquelle des ancêtres comme l'Australopithecus afarensis ont joué un rôle de premier plan.
Surtout connu par le biais des fossiles appartenant à celle que les scientifiques ont appelée « Lucy », cet ancêtre de l'Homme avait un cerveau plus gros que les primates l'ayant précédé, était capable de marcher sur deux pieds et possédait une forte mâchoire qui lui permettait de manger une grande variété d'aliments. Cette flexibilité lui aurait été utile : à l'apogée de A. afarensis il y a 3,5 millions d'années, des changements climatiques naturels rendaient l'Afrique de l'Est plus fraîche et plus sèche, réduisant ainsi les forêts dans lesquelles nos ancêtres évoluaient. Au fil du temps, l'évolution a amené A. afarensis et ses descendants à tirer parti d'environnements plus ouverts et variés.
Mais A. afarensis n'était pas la première créature à posséder ces caractéristiques. En 1995, des scientifiques ont décrit A. anamensis, un australopithèque encore plus ancien et l’ancêtre probable de A. afarensis. L'espèce a séduit les scientifiques, car elle partageait les caractéristiques principales avec Lucy et d'australopithèques ultérieurs. Mais A. anamensis est resté un profond mystère. Les seuls vestiges connus qui lui sont rattachés sont des fragments de dents et de mâchoire. « Malgré les nombreux crânes d'A. Afarensis, nous n'avions pas d'idée précise de ce à quoi ressemblaient les tout premiers membres du genre », explique Zeray Alemseged, paléoanthropologue de l'Université de Chicago, qui n'a pas pris part à la présente étude.
Le mystère s'est un peu éclairci le 10 février 2016, grâce à la découverte fortuite faite par Ali Bereino, un éleveur.
À l'époque, une expédition co-dirigée par Haile-Selassie conduisait des fouilles à Woranso-Mille, un terrain situé dans la région d'Afar en Éthiopie, à moins de cinq kilomètres de Miro Dora, où Bereino vivait et travaillait. Selon Haile-Selassie, Bereino avait essayé pendant des années de se faire embaucher dans l'équipe d'Haile-Selassie. Il a même prétendu que des fossiles avaient émergé d'un rocher érodé ; mais quand Hailé-Sélassié lui rendait visite il n'en voyait aucun.
Ce jour-là, Bereino était en train de creuser pour ajouter un enclos temporaire pour ses chèvres lorsqu'il a remarqué un os exposé à la surface du grès. Bereino a contacté un représentant du gouvernement local, qui a convenu que cela pourrait être quelque chose d'intéressant pour Haile-Selassie.
Celui-ci était sceptique, et a simplement répliqué que Bereino devait marquer l'endroit où il avait trouvé le fossile et le lui apporter dans son camp. Quand Bereino et le fonctionnaire sont arrivés, Haile-Selassie a vite compris l'ampleur de la découverte. Bereino venait de mettre au jour un maxillaire supérieur appartenant à un ancien hominidé.
Haile-Selassie a immédiatement arrêté ce qu'il était en train de faire et a parcouru les quatre kilomètres qui le séparait de l'enclos de Bereino. À quelques pas de l'endroit où Bereino avait trouvé le maxillaire, Haile-Selassie a rapidement découvert la majeure partie du crâne restant. « Je ne l'ai même pas ramassé et j'ai commencé à sauter partout », explique Haile-Selassie. « Le [fonctionnaire] m'a regardé et a dit à ses amis : « Que se passe-t-il avec le docteur ? Est-ce qu'il est devenu fou ? »
Quand Haile-Selassie s'est aperçu que le maxillaire et le crâne s'emboîtaient l'un dans l'autre, il est revenu au camp avec les fossiles, les maintenant dans un foulard qu'il avait emprunté. « Je ne l'ai jamais vu aussi heureux de ma vie », se souvient la coauteure de l'étude, Stephanie Melillo, paléontologue à l'Institut Max Planck, spécialiste de l'anthropologie évolutive et membre de l'expédition. « Les mots ne sortaient même plus de sa bouche ; ses mains tremblaient. »
UN REPÈRE FAIT DE CENDRES
Le lendemain, Haile-Selassie, Melillo et leur équipe se sont rendus à Miro Dora. Déterminés à tamiser le moindre fragment d'os, ils se sont déployé sur une zone de cinq mètres de côté. Pour être minutieux, ils ne s'en sont pas moins salis. La zone était parsemée d'années de bouse de chèvres de plusieurs centimètres d'épaisseur. Mais braver la puanteur en valait la peine. Au cours des jours qui ont suivi, les chercheurs ont découvert une plus grande partie du crâne, notamment une pommette, sous la pile d'excréments.
De retour au laboratoire, l'équipe de Haile-Selassie a découvert que les maxillaires et les dents du crâne ressemblaient de près à ceux d'A. Anamensis. Mais associer le crâne à un de nos ancêtres, ce n'était résoudre qu'une partie du mystère. Quand et où A. anamensis avait-il vécu ?
Pour le savoir, une équipe de géologues dirigée par Beverly Saylor a examiné en détails le terrain Woranso-Mille. Ils étaient plus particulièrement à la recherche de tufs, des couches de sédiments créées par d'anciennes chutes de cendres volcaniques. Certains minéraux du tuf contiennent des traces de potassium 40 radioactif. En comptant les éléments en désintégration, l'équipe de Saylor a pu déterminer quand les cristaux - et le tuf dans son ensemble - avaient été créés. Donc, pour dater le crâne, l'équipe devait trouver deux tufs qui prenaient en sandwich les sédiments du fossile.
Dans une deuxième étude publiée dans Nature, l'équipe de Saylor indique qu'un tuf s'était formé au-dessus du crâne s'est formé il y a entre 3,76 et 3,77 millions d'années et un second sous le crâne il y a un peu plus de 3,8 millions d'années. En outre, des chercheurs ont reconstitué l'environnement d'inhumation du crâne : ils ont découvert que le crâne était enterré dans un delta d'une rivière au bord d'un lac, entouré d'arbustes et de parcelles d'arbres. « C'était probablement le long de la rivière ou le long des rives de ce lac. Il est mort là-bas, puis il a été transporté et enterré dans le delta », explique Saylor, stratigraphe à la Case Western Reserve University.
LES NOMBREUX MODES D'ÉVOLUTION
À bien des égards, le crâne correspond bien aux attentes des chercheurs. Comme celui d’autres australopithèques, le visage de A. anamensis était long et incliné, contrairement aux visages plats de l’Homme moderne. Les dimensions de ses dents et de ses mâchoires font également sens : les australopithèques ultérieurs avaient des visages larges pour accueillir les os et les muscles nécessaires à des régimes alimentaires plus difficiles. Bien que A. anamensis ait été doté d'un visage plus robuste que les primates précédents, il n’était pas aussi grand que celui de ses cousins ultérieurs.
Mais si Haile-Selassie et Melillo ont raison, le crâne pourrait soulever d'autres questions sur l'évolution d'A. Afarensis.
Une caractéristique clef des crânes d'hominidés est la manière dont le crâne se rétrécit derrière les orbites. Les hominidés plus anciens et plus primitifs ont tendance à présenter un crâne plus étroit. Or le nouveau crâne de A. anamensis se rétrécit considérablement derrière les orbites. Cette caractéristique pourrait clarifier l'identité du « frontal de Belohdeli », un fragment de crâne d'australopithèque datant de 3,9 millions d'années découvert en 1981.
Lorsque le frontal de Belohdeli a été découvert, certains chercheurs ont pensé qu'il appartenait à A. afarensis, mais ils ne pouvaient en être sûrs. La situation s'est compliquée quand A. anamensis a été découvert. Les chercheurs n'ont pas pu confirmer si l'os appartenait à A. anamensis, car personne n'avait documenté de frontaux nets de cette espèce.
« Ce fossile a traîné dans des limbes taxonomiques pendant des décennies », explique Melillo.
Maintenant qu'ils ont le nouveau crâne pour référence, Melillo et Haile-Selassie indiquent que le frontal de Belohdeli n'appartenait pas A. anamensis mais plutôt à A. afarensis.
Parce que le frontal de Belohdeli est plus ancien que le nouveau crâne, la découverte suggère que A. anamensis et A. afarensis se sont chevauchées dans le temps, il y a 3,8 à 3,9 millions d'années. C'est un bouleversement évolutif : les scientifiques présupposaient jusqu'alors que les générations successives d'A. Anamensis avaient évolué en A. afarensis, un processus linéaire qui aurait permis d'éviter tout chevauchement. Les chercheurs affirment qu’il y a déjà 3,9 millions d’années, un groupe de A. anamensis s’est séparé du reste de l'espèce et a évolué pour devenir A. afarensis.
Pour les scientifiques, la confirmation de ce scénario évolutif nécessitera la mise au jour de davantage de fossiles. « Il faut de très bons échantillons », déclare William Kimbel, paléoanthropologue à l'Institute of Human Origins de l'Arizona State University, qui n'a pas pris part à l'étude. « Vous ne pouvez pas affirmer avec force un mode d'évolution basé sur seulement deux spécimens. »
L’équipe de recherche déclare avoir davantage d’études à l’esprit, notamment un examen plus détaillé des différences entre A. anamensis et A. afarensis dans leur régime alimentaire et leur mode de vie. Mais même maintenant, les scientifiques qui étudient le fossile doivent faire face à un nouveau plaisir : un fossile qui peut regarder en arrière.
« C'est vraiment merveilleux », dit Melillo. « Pouvoir voir le visage de cette entité avec laquelle j'étais déjà si familier et avoir tant d'idées était vraiment cool. »
Source : National Geographic du 02/09/2019
lundi 2 septembre 2019
Australopithèque : un crâne exceptionnel de 3,8 millions d'années découvert en Éthiopie
Un nouveau candidat pour le panthéon préhistorique ? Un crâne d'Australopithèque vieux de 3,8 millions d'années et « remarquablement complet » a été mis au jour en Éthiopie, une découverte qui bouscule une nouvelle fois notre vision de l'évolution.
« Ce crâne est l'un des plus complets des fossiles d'hominidés de plus de 3 millions d'années », explique à l'AFP, Yohannes Haile-Selassie du Museum of Natural history de Cleveland (États-Unis), coauteur de deux études publiées mercredi dans la revue Nature.
Un atout qui pourrait lui valoir de « devenir une nouvelle icône de l'évolution humaine », juge Fred Spoor du Natural History Museum de Londres dans un commentaire. Et de rejoindre ainsi les célèbres Toumaï, Ardi et Lucy.
À titre de comparaison, Toumaï (un Sahelanthropus tchadensis), considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine, est vieux d'environ 7 millions d'années. Il a été mis au jour en 2001 au Tchad. Ardi (pour Ardipithecus ramidus, une autre espèce d'hominidé) découvert en Éthiopie aurait 4,5 millions d'années et Lucy, la très célèbre Australopithèque, découverte en Éthiopie en 1974, est âgée de 3,2 millions d'années. D'autres fossiles d'Australopithèques, moins connus, datent d'au moins 3,9 millions d'années mais seules des mâchoires et des dents avaient été retrouvées. Sans « vieux » crâne, notre compréhension de l'évolution de ces hominidés éteints restait très partielle.
Découvert en février 2016 sur le site de Woranso-Mille, dans la région Afar en Éthiopie (à 55 km de là où a été découverte Lucy), ce nouveau fossile, appelé MRD, appartiendrait à l'un des tout premiers Australopithèques, appelés Australopithecus anamensis.
Lequel a chassé l'autre ?
« Nous pensions que A. anamensis (MRD) se transformait progressivement en A. afarensis (Lucy) avec le temps », explique Stephanie Melillo du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology en Allemagne, coauteur des deux études. Mais voici que cette dernière découverte relance les dés, révélant que les deux espèces se seraient croisées dans les savanes de l'Afar pendant environ 100.000 ans.
« Cela change notre compréhension du processus d'évolution et soulève de nouvelles questions : étaient-ils en compétition pour la nourriture ou l'espace ? », s'interroge Stephanie Melillo.
Même s'il est tout petit, le crâne devait être celui d'un adulte, a priori masculin. Des reconstitutions faciales réalisées à partir des caractéristiques du fossile présentent un hominidé aux pommettes projetées vers l'avant, à la mâchoire proéminente, au nez épaté et au front étroit. « C'est bon de pouvoir enfin mettre un visage sur un nom », s'enthousiasme la paléoanthropologue.
Un moment Eurêka ! qui comble l'espace entre deux groupes
À la surprise des chercheurs, le crâne s'avère être un mélange de caractéristiques propres aux Sahelanthropus comme Toumaï et aux Ardipithecus comme Ardi mais aussi à d'autres d'espèces plus récentes. « Jusqu'à présent, il y avait un grand fossé entre les ancêtres humains les plus anciens, qui ont environ 6 millions d'années, et des espèces comme celle de Lucy, qui ont deux à trois millions d'années, raconte Stephanie Melillo pour qui cette découverte, relie l'espace morphologique entre ces deux groupes ».
Le fossile n'a d'abord laissé entrevoir que sa mâchoire. « Je n'en croyais pas mes yeux quand j'ai vu le reste du crâne », se souvient Yohannes Haile-Selassie qui décrit un moment eurêka !, « un rêve devenu réalité ».
Source : Futura Sciences du 29/08/2019
dimanche 1 septembre 2019
Découverte d'un crâne vieux de 3,8 millions d'années
"Ce crâne est l'un des plus complets des fossiles d'hominidés de plus de 3 millions d'années", explique à l'AFP Yohannes Haile-Selassie du Museum of Natural history de Cleveland (Etats-Unis), coauteur de deux études publiées mercredi dans la revue Nature.
Un atout qui pourrait lui valoir de "devenir une nouvelle icône de l'évolution humaine", juge Fred Spoor du Natural History Museum de Londres dans un commentaire. Et de rejoindre ainsi les célèbres "Toumaï", "Ardi" et "Lucy".
A titre de comparaison, "Toumaï" (un Sahelanthropus tchadensis), considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine, est vieux d'environ 7 millions d'années. Il a été mis au jour en 2001 au Tchad.
Ardi (pour Ardipithecus ramidus, une autre espèce d'hominidé) découvert en Ethiopie aurait 4,5 millions d'années et "Lucy", la très célèbre Australopithèque, découverte en Ethiopie en 1974, est âgée de 3,2 millions d'années.
D'autres fossiles d'Australopithèque, moins connus, datent d'au moins 3,9 millions d'années mais seules des mâchoires et des dents avaient été retrouvées. Sans "vieux" crâne, notre compréhension de l'évolution de ces hominidés éteints restait très partielle.
Découvert en février 2016 sur le site de Woranso-Mille, dans la région Afar en Ethiopie (à 55 km de là où a été découverte Lucy), ce nouveau fossile, appelé MRD, appartiendrait à un des tout premiers Australopithèques, appelés Australopithecus anamensis.
- "rêve devenu réalité" -
"Nous pensions que A. anamensis (MRD) se transformait progressivement en A. afarensis (Lucy) avec le temps", explique Stephanie Melillo du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology en Allemagne, coauteur des deux études.
Mais voici que cette dernière découverte relance les dés, révélant que les deux espèces se seraient croisées dans les savanes de l'Afar pendant environ 100.000 ans.
"Cela change notre compréhension du processus d'évolution et soulève de nouvelles questions: étaient-ils en compétition pour la nourriture ou l'espace ?", s'interroge Stephanie Melillo.
Même s'il est tout petit, le crâne devait être celui d'un adulte, a priori masculin. Des reconstitutions faciales réalisées à partir des caractéristiques du fossile présentent un hominidé aux pommettes projetées vers l'avant, à la mâchoire proéminente, au nez épaté et au front étroit.
"C'est bon de pouvoir enfin mettre un visage sur un nom", s'enthousiasme la paléoanthropologue.
Évolution des hominidés
A la surprise des chercheurs, le crâne s'avère être un mélange de caractéristiques propres aux Sahelanthropus comme "Toumaï" et aux Ardipithecus comme Ardi mais aussi à d'autres d'espèces plus "récentes".
"Jusqu'à présent, il y avait un grand fossé entre les ancêtres humains les plus anciens, qui ont environ 6 millions d'années, et des espèces comme celle de 'Lucy', qui ont deux à trois millions d'années", raconte Stephanie Melillo pour qui cette découverte "relie l'espace morphologique entre ces deux groupes".
Le fossile n'a d'abord laissé entrevoir que sa mâchoire, "je n'en croyais pas mes yeux quand j'ai vu le reste du crâne" se souvient Yohannes Haile-Selassie qui décrit un moment "eureka", "un rêve devenu réalité".
Source : Sciences et Avenir du 28/08/2019
samedi 31 août 2019
Face à Australopithecus anamensis !
Jusqu’à cette récente découverte, Australopithecus anamensis était identifié par une vingtaine de fossiles qui avaient délivré des mandibules, des dents, des fragments de crâne ainsi que des morceaux de tibia et d’humérus.
C’est le professeur Yohannes Haile-Selassie qui a découvert (en février 2016) le crâne, à Miro Dola (site Woranso-Mille), en Ethiopie, dans la région de l’Afar. Ce crâne fossilisé, découvert en deux principaux morceaux, a fait l’objet d’une étude approfondie dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue Nature, en août 2019.
Ce crâne, presque complet, permet enfin de connaître la forme de la tête de cet australopithèque et de le comparer avec d’autres hominidés.
Le crâne MRD
Le crâne, identifié par les initiales MRD-Vp-1/ 1, présente des caractéristiques très particulières. Sur le sommet de la boîte crânienne se dresse une crête sagittale très marquée. La face est de forme allongée et prognathe (la mâchoire est projetée en avant), les canines larges mais le nez est, lui, pratiquement enfoncé dans le visage. Cet ensemble donne à cet individu un aspect très simiesque. Cela est renforcé par des os épais qui indiquent une constitution et un crâne robustes.
L’endocrâne permet d’estimer la taille du cerveau de cet hominidé qui, avec ses 370 cm3, se rapproche plus de Sahelanthropus tchadensis (360 cm3) que d’Australopithecus afarensis (400 cm3). L’ensemble de ces caractéristiques le rapproche physiquement des grands singes comme le gorille ou le chimpanzé.
A. anamensis contemporain d'A. afarensis ?
Daté de 3,8 millions d’années, ce spécimen donne un premier aperçu de la morphologie crânio-faciale complète de l’un des plus anciens membres du genre Australopithecus. Plus étonnant, le plus ancien des A. afarensis est, lui, daté de 3,9 millions d’années.
Jusqu’à présent, on pensait que A. anamensis était un ancêtre direct d’A. afarensis (comme Lucy). La datation et la morphologie de ce crâne permettent de penser maintenant que A. anamensis n’a pas disparu avec l’arrivée d’ A. afarensis. Les deux espèces se sont côtoyées pendant presque 100 000 ans. La filiation directe entre les deux espèces n’est plus assurée. L’une des auteurs de l’étude, Stephanie Melillo (Max Planck Institute, liebzig, Allemagne) indique : "Nous pensions que Australopithecus anamensis se transformait progressivement en Australopithecus afarensis avec le temps". Mais la contemporanéité des espèces lui fait rajouter : "Cela change notre compréhension du processus d'évolution et soulève de nouvelles questions : étaient-ils en compétition pour la nourriture ou l'espace ?".
Une évolution buissonante confirmée
De manière plus globale, le fait que plusieurs hominidés soient présents au même moment dans une région va dans le sens d’une évolution dite buissonnante de l’humanité. Yves Coppens indique « L'évolution n'est pas linéaire, elle prend plutôt la forme d'une inflorescence. A. afarensis a très bien pu se développer localement à partir d'un groupe d'A. anamensis, tandis que le reste de la population poursuivait son existence sans évoluer ».
C’est ce qu’indique également la paléoanthropologue Sandrine Prat (MNHN) qui fait remarquer qu’il n’y a pas d’évolution graduelle et temporelle entre les deux espèces (processus d’anagenèse).
L’évolution des hominidés se complique un peu plus à chaque nouvelle découverte d’importance. Le crâne du fossile MRD fait partie de ces événements marquants dans la vie d’un chercheur.
Pour l’auteur principal de l’étude, le paléoanthropologue Yohannes Haile-Selassie (Museum of Natural History de Cleveland) "ce crâne est l'un des plus complets des fossiles d'hominidés de plus de 3 millions d'années".
Enfin, Jean-Jacques Hublin ((Max Planck Institute, liebzig, Allemagne) précise : "Entre 6 et 3 millions d'années, il y a un trou dans la connaissance, lié à la rareté des ossements. MRD permet de le combler en partie".
Source : Hominidés du 29/08/2019
On a trouvé le grand-père de notre ancêtre Lucy l'australopithèque
ANTHROPOLOGIE - D’accord, “MRD” est un prénom plus difficile à porter que Lucy. Mais le crâne récemment découvert par des chercheurs américains et européens en Éthiopie a lui aussi tout d’une star: remarquablement conservé, il est l’ancêtre de la plus célèbre des australopithèques, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article.
Comme l’explique la revue Nature, l’étude de la boîte crânienne a en effet démontré que MRD (petit nom de MRD-VP-11, son identification complète) était âgé de 3,8 millions d’années, soit 300.000 ans de plus que Lucy. Mais ce n’est pas tout: notre nouveau venu est un homme, adulte, aux traits caractéristiques des australopithèques et pourtant...d’une espèce différente de Lucy.
Cette dernière, découverte en 1974, appartient en effet à l’espèce Australopithecus Afarensis, du nom de la région éthiopienne où son squelette a été mis à jour. MRD appartiendrait lui à une espèce moins connue, la plus ancienne des australopithèques: Australopithecus Anamensis. Boîte crânienne plus petite que sa descendante, prognathisme des traits plus prononcés, l’aïeul comporte de nombreux détails qui témoignent d’un hominidé plus primitif que Lucy.
Cette découverte est unique à plus d’un titre: si de nombreux fossiles humains ont été retrouvés ces dernières décennies dans la région, ils ne sont que très fragmentaires, quand MRD et son crâne presque complet permettent d’en dessiner le portrait-robot.
L’étude de MRD a aussi permis de clarifier notre connaissance des premiers hominidés bipèdes. Pendant longtemps il était impossible, faute de fossile dans un état suffisant, de démontrer qu’Astralopithecus Anamensis et Afarensis étaient bien deux espèces à part, et non deux variations d’une même espèce. Aujourd’hui, l’exhumation de ce crâne démontre, d’après les chercheurs qui l’ont mis à jour, que les différences sont telles que les deux branches doivent être différenciées de manière certaine.
Source : Huffington Post du 28/08/2019
vendredi 30 août 2019
On sait à quoi ressemblait notre ancêtre de 3,8 millions d'années
«Ce crâne est l'un des plus complets des fossiles d'hominidés de plus de 3 millions d'années», explique Yohannes Haile-Selassie du Museum of Natural history de Cleveland (Etats-Unis), coauteur de deux études publiées mercredi dans la revue Nature.
Un atout qui pourrait lui valoir de «devenir une nouvelle icône de l'évolution humaine». A l'instar de «Toumaï», vieux d'environ 7 millions d'années et considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine, «Ardi», une autre espèce d'hominidé datant de 4,5 millions d'années, ou encore «Lucy», la très célèbre Australopithèque âgée de 3,2 millions d'années, découverte en Ethiopie en 1974. D'autres fossiles d'Australopithèque, moins connus, datent d'au moins 3,9 millions d'années, mais seules des mâchoires et des dents avaient été retrouvées.
Pommettes saillantes et mâchoire proéminente
Découvert en février 2016 dans la région Afar en Ethiopie (à 55 km de là où se trouvait Lucy), ce nouveau fossile, appelé MRD, appartiendrait à un des tout premiers Australopithèques, appelés Australopithecus anamensis. «Nous pensions que Australopithecus anamensis (MRD) se transformait progressivement en Australopithecus afarensis (Lucy) avec le temps», détaille l'étude. Mais la découverte relance les dés : les deux espèces se seraient croisées dans les savanes pendant environ 100.000 ans. «Cela change notre compréhension du processus d'évolution et soulève de nouvelles questions : étaient-ils en compétition pour la nourriture ou l'espace ?»
«C'est bon de pouvoir enfin mettre un visage sur un nom.» Même s'il est tout petit, le crâne devait être celui d'un adulte, à priori masculin. Des reconstitutions faciales réalisées à partir des caractéristiques du fossile présentent un hominidé aux pommettes projetées vers l'avant, à la mâchoire proéminente, au nez épaté et au front étroit.
Soit, à la surprise des chercheurs, un mélange de caractéristiques propres aux Sahelanthropus comme «Toumaï» et aux Ardipithecus comme «Ardi» mais aussi à d'autres d'espèces plus «récentes». Ce qui permet aux chercheurs d'affirmer que cette découverte «relie l'espace morphologique» entre les ancêtres humains les plus anciens (6 millions d'années) et les espèces plus récentes comme Lucy (2-3 millions d'années). Deux groupes que l'on pensait jusqu'ici séparés par un fossé bien plus immense.
Source : CNews du 29/08/2019
jeudi 29 août 2019
Le plus vieux des australopithèques a enfin un visage
Il a un prognathisme sévère et des canines drôlement larges. Sa capacité crânienne, de l’ordre de 365 à 370 cm3, est également peu volumineuse. Et puis, sa crête osseuse – on dit sagittale – sur le dessus est très prononcée. Mais il est surtout quasiment complet et en très bon état de conservation. Ce qui en fait une pièce rare. «Quel beau fossile !» s’enthousiasme d’ailleurs Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), lorsqu’on lui soumet le primate. Exhumé en février 2016 sur le site de Woranso-Mille, au nord de l’Ethiopie, le crâne d’un très vieux représentant du genre australopithèque – du moins sa description – méritait donc d’avoir sa place dans la dernière livraison de la revue Nature jeudi. Et ce, pour plusieurs raisons.
Traits primitifs
Daté de 3,8 millions d’années, ce fossile, surnommé «MRD», est en effet le premier crâne attribué par des scientifiques à Australopithecus anamensis. Considérée comme la plus vieille du genre depuis sa découverte en 1995, cette espèce d’australopithèques ayant vécu il y a environ 4 millions d’années n’avait légué jusque-là aux spécialistes qu’une mandibule, des dents, et des fragments de tibia et d’humérus retrouvés par-ci par-là en Afrique de l’Est. Difficile donc, dans ces conditions, de donner un visage à celui que l’on présente aussi comme l’ancêtre de Lucy. A moins de retrouver un fichu crâne. «Il y en a si peu, donc le seul fait d’en trouver un aussi complet, c’est toujours génial, poursuit Antoine Balzeau, même si je reste un peu sur ma faim quant à sa description. Il est tellement beau qu’on aimerait plus de détails.»
Les résultats de l’étude des caractéristiques morphologiques du fossile éthiopien par l’équipe des paléoanthropologues d’Yohannes Haile-Selassie, du Muséum d’histoire naturelle de Cleveland, et Stephanie Melillo, de l’institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig, ouvrent tout de même des pistes intéressantes. Lors de l’examen, les chercheurs se sont par exemple aperçus que le fossile – celui d’un mâle selon toute vraisemblance – présentait à la fois des traits primitifs comme un très petit volume crânien (largement inférieur à celui des femelles afarensis) mais qu’il partageait également des similarités faciales et crâniennes avec le genre des paranthropes ou l’australopithèque africanus, des espèces bien plus proches de nous dans le temps.
Evolution buissonnante
Ce qui contredit l’hypothèse longtemps soutenue par les scientifiques selon laquelle l’évolution entre les australopithèques, notamment anamensis et afarensis (Lucy), aurait été linéaire. «Ce crâne permet de mieux caractériser cette espèce et de mieux comprendre ses relations de parenté avec Australopithecus afarensis, se réjouit à ce propos auprès de Libération Sandrine Prat, paléoanthropologue du Muséum national d’histoire naturelle – mais n’ayant pas participé à cette découverte. Cela met en évidence qu’il n’y a pas une évolution temporelle et graduelle, ce que l’on appelle l’anagénèse, entre les deux espèces.»
Autre surprise : sa datation. Exhumé dans les sédiments d’un ancien delta, «MRD», eu égard à son âge (3,8 millions d’années) et la datation d’un autre fossile éthiopien vieux de 3,9 millions d’années mais attribué à l’Australopithecus afarensis, aurait donc cohabité au moins 100 000 ans avec cette autre espèce d’hominine. De quoi envisager de nouvelles hypothèses sur leurs liens de parentés mais aussi leur coexistence : pacifique ou concurrentielle pour la nourriture et le contrôle du territoire ? «Cela met une nouvelle fois en évidence le caractère buissonnant de l’évolution humaine et la coexistence de plusieurs espèces d’hominines au pliocène», explique la paléoanthropologue.
Source : Libération du 28/08/2019
mercredi 28 août 2019
Découverte d'un crâne d'australopithèque plus vieux que Lucy
Un nouveau candidat pour le panthéon préhistorique ? Un crâne d'Australopithèque vieux de 3,8 millions d'années et "remarquablement complet" a été mis au jour en Ethiopie, une découverte qui bouscule une nouvelle fois notre vision de l'évolution. "Ce crâne est l'un des plus complets des fossiles d'hominidés de plus de 3 millions d'années", explique à l'AFP Yohannes Haile-Selassie du Museum of Natural history de Cleveland (Etats-Unis), coauteur de deux études publiées mercredi dans la revue Nature.
Plus vieux que Lucy
Un atout qui pourrait lui valoir de "devenir une nouvelle icône de l'évolution humaine", juge Fred Spoor du Natural History Museum de Londres dans un commentaire. Et de rejoindre ainsi les célèbres "Toumaï", "Ardi" et "Lucy". A titre de comparaison, "Toumaï" (un Sahelanthropus tchadensis), considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine, est vieux d'environ 7 millions d'années. Il a été mis au jour en 2001 au Tchad.
Ardi (pour Ardipithecus ramidus, une autre espèce d'hominidé) découvert en Ethiopie aurait 4,5 millions d'années et "Lucy", la très célèbre Australopithèque, découverte en Ethiopie en 1974, est âgée de 3,2 millions d'années. D'autres fossiles d'Australopithèque, moins connus, datent d'au moins 3,9 millions d'années mais seules des mâchoires et des dents avaient été retrouvées. Sans "vieux" crâne, notre compréhension de l'évolution de ces hominidés éteints restait très partielle. Découvert en février 2016 sur le site de Woranso-Mille, dans la région Afar en Ethiopie (à 55 km de là où a été découverte Lucy), ce nouveau fossile, appelé MRD, appartiendrait à un des tout premiers Australopithèques, appelés Australopithecus anamensis.
Source : Sciences et Avenir du 28/08/2019
jeudi 14 janvier 2010
Australopithecus anamensis
Historique
Australopithecus anamensis est une espèce fossile d'australopithèque. Le premier spécimen fossile de l'espèce, quoique non reconnu comme tel à l'époque, était un os du bras isolé, trouvé dans des strates du Pliocène de la région de Kanapoi, à l'est du Lac Turkana au Kenya par une équipe de recherche de l'Université Harvard en 1965. À l'époque le spécimen a été provisoirement classé parmi les australopithèques et daté d'environ quatre Ma. On n'a pas découvert beaucoup plus à son sujet jusqu'en 1987, quand l'archéologue canadien Allan Morton (avec des membres de la Koobi Fora Field School de l'Université Harvard) a découvert des fragments d'un spécimen qui faisaient saillie sur un flanc de colline partiellement érodé à l'est d'Allia Bay, près du Lac Turkana.
Six ans plus tard Meave Leakey, paléoanthropologue kényane née à Londres, et l'archéologue Alan Walker ont fouillé le site d'Allia Bay et y ont découvert plusieurs fragments supplémentaires de l'hominidé, comprenant une mâchoire inférieure complète, de forme upsiloïde proche par cet aspect de celle du chimpanzé ordinaire (Pan troglodytes), avec la sectorialisation de la P3 caniniforme (première prémolaire) ce qui l'éloigne des dents humaines. En 1995, pour tenir compte des différences entre Australopithecus afarensis et les nouvelles découvertes, Meave Leakey et ses collaborateurs ont attribué ces dernières à une nouvelle espèce, Australopithecus anamensis, qui tire son nom du mot « anam », qui signifie « lac » en langue Turkana.
Bien que l'équipe de fouilles n'ait pas trouvé d'os des hanches, du pied ou de la jambe, Meave Leakey pense qu’Australopithecus anamensis grimpait souvent aux arbres. Grimper aux arbres était un comportement que les premiers hominines ont conservé jusqu'à l'apparition de la première espèce connue du genre Homo il y a environ 2,3 Ma. Australopithecus anamensis partage beaucoup de traits communs avec Australopithecus afarensis et peut aussi bien avoir été son ancêtre direct. On pense qu’Australopithecus anamensis a vécu entre 4,1 et 3,9 Ma. Les spécimens plus anciens ont été trouvés entre deux couches de cendre volcanique, datées de 4,17 à 4,12 Ma, une période durant laquelle Australopithecus afarensis apparaît parmi les fossiles.
Source : Wikipedia
Découvert en 1965 sur la rive ouest du lac Turkana au Kénya à Kanapoi, 4 million d'années, proche de A .afarensis.
Source : Lexique du CNRS
Age : 4,2 à 3,9 millions d'années
Taille : 1,40 m
Poids : 50 kg
Localisation : Kenya, Tanzanie
Habitat : Arboré
Feux : Non
Outils : Non
Sa fiche sur Hominidés.com
4,2-3,9 MA.
Sites d’Allia Bay et Kanapoi, Kenya, Afrique de l’Est.
Une mandibule et un fragment d’os temporal (KNM-KP 29281).
Les caractères de son squelette infra-crânien indiqueraient une meilleure adaptation à la bipédie que les autres australopithèques.
dimanche 1 janvier 2006
MRD-VP-1/1
Le crâne est presque complet et son attribution à A. anamensis était basée sur la «morphologie des canines, du maxillaire et de l'os temporal». Dans la même étude dans laquelle l'attribution taxonomique a été faite, il a été conclu que, à la suite de cette découverte, les différences entre A. anamensis et A. afarensis étaient plus grandes que ce que l'on croyait jusque-là, et en tenant compte considérer la coexistence impliquerait de rejeter l'angénèse.
Source : Wikipedia (es)
mercredi 1 mai 2002
KNM-KP 29285
Découverte : 1994-01-01
Par : Kamoya Kimeu
Age : Environ 4.1 millions d'années
Espèce : Australopithecus anamensis
Ce spécimen, qui se compose des extrémités proximale et distale d'un tibia droit, fournit la première preuve de bipédie chez Australopithecus anamensis. Les condyles proximaux, qui s'articulent avec l'extrémité distale du fémur, sont concaves comme les condyles observés chez l'Homo sapiens anatomiquement moderne. De plus, comme chez les humains modernes, le tibia proximal est plus large près de l'articulation du genou pour permettre le dépôt d'os extra spongieux, qui agit comme un amortisseur lors de la locomotion bipède. Ce dépôt supplémentaire d'os spongieux peut également être observé dans la malléole médiale, qui s'articule avec la cheville.
Dans l'ensemble, le tiba partiel ressemble plus à un humain qu'à un singe. Le fait que les mécanismes d'amortissement des chocs dans Au. anamensis reflète si étroitement les mêmes mécanismes observés chez les humains modernes, c'est ce qui a conduit Leakey, Kimeu et d'autres paloeanthropologues à croire que cette espèce était un bipède habituel.
Source : SourceKNM-KP 29281
Description
Les restes fossiles correspondent à une mâchoire supérieure complète associée à une partie de l'os temporal gauche d'une femelle adulte. Il conserve toutes les dents et sa forme rappelle les singes du Miocène. Il a de grandes molaires et aussi des canines, ce qui place l'anamensis parmi les plus primitifs des australopécines en raison de leur morphologie.
Source : Wikipedia (es)
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Six ans plus tard Meave Leakey, paléoanthropologue kényane née à Londres, et l'archéologue Alan Walker ont fouillé le site d'Allia Bay et y ont découvert plusieurs fragments supplémentaires de l'hominidé, comprenant une mâchoire inférieure complète, de forme upsiloïde proche par cet aspect de celle du chimpanzé ordinaire (Pan troglodytes), avec la sectorialisation de la P3 caniniforme (première prémolaire) ce qui l'éloigne des dents humaines. En 1995, pour tenir compte des différences entre Australopithecus afarensis et les nouvelles découvertes, Meave Leakey et ses collaborateurs ont attribué ces dernières à une nouvelle espèce, Australopithecus anamensis, qui tire son nom du mot « anam », qui signifie « lac » en turkana.
Source
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4,15 MaAustralopithecus anamensis (holotype)
1994
Kanapoi, Turkana ouest, Kenya
Peter Nzube
samedi 1 novembre 1997
KNM-LT 329
Description
Les restes fossiles correspondent à une partie de la mâchoire droite d'un adulte, qui conserve une molaire et une partie des racines de deux autres. "La mandibule est morphologiquement intermédiaire entre les pongides modernes et A. afarensis" .
Taxomomie
L'attribution à différents genres et espèces a varié au fil du temps et avec l'apparition de fossiles à proximité, en commençant par Australopithecus sp., en passant par A. africanus, A. afarensis, A. anamensis et Ardipithecus.
Source : Wikipedia (es)
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nom : KNM-LT 329âge : 5 - 4,2 Ma
découverte : Arnold Lewis et Bryan Patterson
date : 1967
lieu : Lothagam - Kenya
espèce : Australopithecus anamensis
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mardi 1 juillet 1997
KO 136
3.9-4.2 MYA. Découvert à Kanapoi et Allia Bay, Kenya. L'humérus a été découvert par Bryan Patterson en 1965. Les autres fossiles ont été découverts par l'équipe de M. Leakey, dont Peter Nzube et Kamoya Kimeu, de 1994 à 1997. Une morphologie complète de Ward, Leakey et Walker a été publiée en 2001 dans le Journal of Human Evolution. Il est généralement admis qu'A. Anamensis est plus ancien et plus primitif que tous les autres Australopithèques, y compris le bien connu «Lucy», A. afarensis. Le tibia présente des caractéristiques qui suggèrent la bipédie
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