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mercredi 21 avril 2021

Olorgesailie

Olorgesailie est un site préhistorique du Paléolithique inférieur, situé dans la vallée du Grand Rift, dans le sud du Kenya. Olorgesailie est remarquable pour la découverte d'un grand nombre de bifaces acheuléens, façonnés durant des milliers d'années entre il y a 1,2 million et 490 000 ans, associés avec des activités de dépeçage de gros mammifères. Un os frontal humain fossile, daté de 900 000 à 970 000 ans, y a été mis au jour.

Historique

Des outils lithiques ont d'abord été découverts par le géologue britannique John Walter Gregory en 1919, mais ce n'est qu'en 1943 que les fouilles ont commencé sérieusement sous la direction de Mary et Louis Leakey, avec l'aide de prisonniers de guerre italiens en liberté conditionnelle. Les travaux se sont poursuivis jusqu'en 1947. L'archéologue sud-africain Glynn Isaac a repris les fouilles dans les années 1960 pour sa thèse de doctorat. Dans les années 1980, Richard Potts, travaillant à la Smithsonian Institution, a poursuivi ses recherches en collaboration avec les musées nationaux du Kenya.

Découvertes

De très nombreux outils lithiques ont été découverts sur le site, dont des bifaces caractéristiques de la période acheuléenne qui abondent. Ces outils ont été taillés entre 1,2 million et 490 000 ans, le long de ce qui était alors le rivage d'un lac maintenant asséché.

Des fossiles de divers animaux ont également été trouvés, y compris ceux d'espèces éteintes d'hippopotame (Hippopotamus gorgops), d'éléphant (Elephas recki), de zèbre (Equus oldowayensis), de girafe et de babouin (Theropithecus oswaldi), susceptibles d'avoir été dépecés à l'aide des bifaces trouvés.

En juin 2003, une équipe dirigée par Richard Potts a découvert in situ un os frontal humain fossile. D'autres parties du crâne (répertorié sous le numéro KNM-OL 45500) ont été trouvés dans les mois suivants. L'os frontal est daté de 900 000 à 970 000 ans, ce qui en fait le premier fossile humain trouvé sur le site. Les restes fossiles étaient dans le même niveau stratigraphique que deux bifaces et plusieurs éclats, près de dépôts denses de bifaces.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 1,2 Ma - 490 ka
découverte : John Walter Gregory
date : 1919
espèce :

dimanche 18 mars 2018

Des outils «modernes» vieux de 300.000 ans surprennent les paléontologues

Les scientifiques pensaient que les techniques nécessaires à leur fabrication n'étaient apparues que 100.000 ans plus tard.

Ces pierres taillées qui auraient pu servir de pointes de sagaies ont été découvertes au Kenya, en Afrique de l'Est

Trois études publiées dans Science, ce jeudi 15 mars, font état de découvertes dans le bassin d'Olorgesailie au Kenya, en Afrique de l'Est, qui viennent bousculer la chronologie de l'évolution humaine. Des outils «modernes» vieux de 300.000 ans ont été retrouvés sur ce site. Une surprise puisqu'on pensait que ce type de technique n'était apparue qu'il y a 200.000 ans! En repoussant de 100.000 ans le début de la «modernité», c'est toute l'évolution de l'humanité qui se dilue sur une période plus longue. Il n'y aurait en fait pas eu de révolution technique brutale dans l'évolution humaine. Les découvertes datant de périodes ultérieures s'inscriraient du coup dans un continuum évolutif plus lent.

«Il s'agit d'un très grand projet de fouille qui dure depuis plus de vingt ans», explique Francesco d'Errico, coauteur d'un des articles et chercheur au laboratoire Pacea (CNRS/Université de Bordeaux). «La force de ces études, c'est la combinaison de trois articles scientifiquement solides. Il n'y a pas une seule grande découverte, mais un ensemble d'indices concordants qui nous permet de mieux comprendre l'évolution.»

Il y a 300.000 ans le genre humain n'existe pas encore tel que nous le connaissons aujourd'hui. Néandertal peuple l'Europe et, en Afrique, Homo erectus est sur le point de laisser sa place à Homo sapiens, c'est-à-dire nous. «On est vraiment à une période charnière de l'évolution», explique Francesco d'Errico. «Soit nous sommes face à des populations archaïques avec des traits de modernité, soit à des populations déjà modernes avec des caractéristiques encore archaïques. Tout dépend comment l'on regarde les choses.»

À cette époque, le climat était particulièrement instable. «Il y a une alternance très brutale de cycles secs ou très humides», explique David Pleurdeau, chercheur au Musée de l'Homme. «Dans le même temps, les tremblements de terre ont énormément modifié les paysages.» Les populations ont dû s'adapter à ces transformations qui devaient raréfier les ressources. «C'est sans doute ce climat instable qui les a amenées à se déplacer», ajoute David Pleurdeau. «De précédentes études ont montré que les hommes se déplaçaient de 20 à 30 km par génération à cette époque !»

D'anciennes ocres retrouvées

Sur le site d'Olorgesailie, des matériaux ont été retrouvés jusqu'à 50 km de distance de leur source. «Là encore, c'est particulièrement intéressant car on avait déjà des traces de déplacement d'objets à cette époque, mais jamais en aussi grand nombre», détaille Francesco d'Errico.

Les chercheurs ont aussi eu la surprise de retrouver des traces d'ocre. «C'est très rare de retrouver de l'ocre aussi ancienne», appuie le paléontologue. Les traces de frottements sur ces fragments témoignent très clairement de l'intention d'extraire de la poudre colorante. Malheureusement, les recherches ne peuvent pas conclure sur l'usage qui en était fait. L'ocre pouvait être utilisée simplement pour ses qualités esthétiques, mais elle aurait aussi pu servir à des tâches plus concrètes (marquer des pierres, identifier un chemin ou un territoire). «Rien ne nous permet d'affirmer quoi que ce soit pour le moment», précise néanmoins le chercheur.

Les outils vieux de 320.000 ans témoignent pour leur part d'une technicité importante et d'un fort développement cognitif. Avant cette date la plupart des outils sont travaillés sur deux faces (les bifaces). C'est ce qu'on appelle l'Acheuléen. Là, les pierres retrouvées sont plus fines, et pouvaient être utilisées comme pointes de sagaies (des lances primitives). Ces technologies sont déjà connues elles n'apparaissent en principe que 100.000 plus tard, marquant le début de l'Âge Moyen de pierre.

Pas forcément l'œuvre d'Homo sapiens.

Quant à savoir quel hominidé est responsable de ces traces manifestes de modernité, le débat fait rage. Naturellement, on serait tenté d'y voir l'œuvre de l'homme moderne, à savoir Homo sapiens. Mais aucun ossement n'a été retrouvé. Impossible donc d'extrapoler. Et si le plus vieux squelette d'Homo sapiens découvert date sensiblement de la même époque, il a été trouvé au Maroc, soit à quelque 9000 km de là !

À cette période, en Europe, Néandertal avait déjà acquis un certain nombre de ces compétences. Il n'est donc pas à exclure que des hommes qu'on aurait qualifiés d'archaïques, typiquement Homo erectus, aient pu réaliser la même chose au Kenya. Au final, la frontière entre moderne et archaïque ne cesse de s'estomper. «Les différentes espèces d'hommes se sont brassées et ont mélangé leurs gènes», rappelle Francesco d'Errico. «Il y a 300.000 ans, il faut imaginer un réseau de connexion entre les populations. Une géographie mouvante du genre humain. C'est ce patchwork fait d'échanges culturels et de brassage génétique qui a fini par donner l'homme moderne.»

De la même manière qu'il n'y a pas eu de révolution technologique brutale, la modernité n'est pas apparue soudainement avec Homo sapiens. Elle s'est construite peu à peu, comme une mosaïque, par petits bouts et dans plusieurs endroits.

Source : Le Figaro du 16/03/2018

Des outils « modernes » vieux de 300 000 ans ont été découverts au Kenya

Une nouvelle découverte vient bousculer la chronologie de l’évolution humaine : des outils vieux de 300 000 ans ont été retrouvés dans le bassin d’Olorgesailie au Kenya, en Afrique de l’Est.

D’après de nombreux scientifiques, l’émergence de ces outils date d’il y a 200 000 ans. Or, trois études publiées ce jeudi 15 mars dans Science révèlent que des outils vieux de 300 000 ans ont été retrouvés au Kenya. Les silex découpés en pointe déterrés par les chercheurs prouveraient donc que les techniques de fabrication sont apparues bien plus tôt que prévu. L’évolution humaine se serait donc inscrite dans un continuum plus lent, et le développement d’instruments de découpe ne s’est pas fait brusquement.

« Les humains qui vivaient à cette époque ont préféré fabriquer des outils plus petits et plus facilement transportables que les gros bifaces que leurs ancêtres faisaient à l’époque précédente, appelée l’Acheuléen. Ils ont façonné des pointes qui pouvaient être utilisées pour faire des sagaies. Or, ces pointes de sagaie sont intéressantes, car on peut les transporter facilement et elles permettent de tuer des animaux à distance, ce qui est moins dangereux que de s’approcher de l’animal. Or, la technique de taille plus avancée qui a permis de façonner ces pointes de sagaie constitue un élément de modernité culturelle », explique Francesco d’Errico, l’un des co-auteur de ces articles.

Ils se déplacent !

Autre découverte surprenante : le matériau utilisé dans la fabrication de ces outils serait l’obsidienne, une pierre volcanique qu’on ne trouve pas à proximité des sites de fouilles mais à cinquante kilomètres de là. Cela démontrerait donc que ces blocs d’obsidienne étaient transportés pour être ensuite taillés sur les sites où on les a retrouvés : « Là encore, c’est particulièrement intéressant car on avait déjà des traces de déplacement d’objets à cette époque, mais jamais en aussi grand nombre ».

Les archéologues ont également retrouvé de l’ocre qui « ont pu être utilisés pour des activités symboliques dont nous n’avons pas trouvé de traces, mais il est tout à fait possible qu’ils aient servi pour faire des peintures corporelles ou pour tanner les peaux », avance encore Francesco d’Errico. « Rien ne nous permet d’affirmer quoi que ce soit pour le moment », précise néanmoins le chercheur.

Homo Sapiens, ou pas

Malgré la présence d’outils, caractéristique de l’Homo sapiens, aucun ossement n’a été déterré sur le site de fouille. Rien ne prouve donc qu’il s’agit bien là de leur œuvre : « mais d’après d’autres fossiles trouvés en Afrique, c’était assurément des populations humaines qui avaient déjà acquis certains caractères modernes, soit des Homo sapiens archaïques, les premiers Homo sapiens », affirme Francesco d’Errico.

Dans un troisième article, les archéologues ont démontré que l’espèce humaine a adapté la forme et la taille de ses outils aux changements climatiques. D’après eux, l’environnement s’est modifié à l’époque et le climat est devenu imprévisible, entraînant la disparition de certaines espèces animales dont se nourrissaient les premiers hommes : « Les innovations culturelles que nous avons trouvées ont pu être la conséquence de ces changements environnementaux, mais il ne s’agit que d’une hypothèse » conclut D’Errico.

Source : Paris Match du 16/03/2018