mercredi 31 juillet 2013
Grotte de Tautavel : découverte de nouveaux trésors laissés par nos ancêtres cannibales
TRÉSORS. Sept dents isolées, une partie de mandibule, un sacrum et un fémur complet: en l'espace de quelques semaines, la grotte de Tautavel dans les Pyrénées-Orientales a encore livré de précieux trésors archéologiques, synonyme d'un cru 2013 exceptionnel pour les paléontologues.
Ces récentes découvertes portent désormais à 141 le nombre de restes humains découverts dans cette grotte creusée à flanc de montagne, depuis les premiers grattements de spatules des paléontologues Henry et Marie-Antoinette de Lumley en 1964.
"C'est une année extraordinaire. On n'en avait jamais trouvé autant en si peu de temps", s'émerveille le préhistorien, âgé aujourd'hui de 78 ans.
"CAUNE DE L'ARAGO". La richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700.000 à -100.000 ans.
En près de 50 ans de fouilles, quelque 360.000 objets ont été exhumés, des outils, fragments d'os humains ou d'animaux. Parmi les plus belles pépites de la grotte, appelée Caune de l'Arago, figure la face d'un crâne vieux de 450.000 ans immortalisé dans les manuels scolaires sous le nom de l'Homme de Tautavel.
Ce 21e fossile humain sorti de cette mine de vestiges en 1971, également nommé Arago XXI, a permis de donner pour la première fois un visage aux plus lointains de nos ancêtres.
Cannibalisme rituel
Bien avant l'homme de Néandertal (135.000 ans), puis notre ancêtre direct Cro-Magnon (35.000 ans), l'Homme de Tautavel ne maîtrisait pas encore le feu mais il taillait ses outils dans la pierre et chassait de grands mammifères dans un périmètre de 30 kilomètres. La grotte lui donnait une vue imprenable sur la vallée, la source d'eau en contrebas et vraisemblablement les animaux qui s'y déplaçaient.
Il pratiquait également un cannibalisme rituel. "Ils ne mangeaient que certaines parties du corps humain car ils avaient de quoi manger. Ils cassaient ensuite les os en morceaux, qu'ils laissaient ici. La caune de l'Arago, c'était en quelque sorte leur table de pique-nique", raconte avec humour la paléo-anthropologue Marie-Antoinette de Lumley.
Pour les chercheurs, la présence d'un fémur quasi entier, sans ses épiphyses (extrémités), au milieu de ce gisement de déchets culinaires, est un butin miraculeux. "Il a fallu attendre 50 ans de recherches pour trouver un os humain qui n'ait pas été fracturé pour en manger la moelle", souligne, encore ébahi, le directeur du chantier de fouilles, Christian Perrenoud.
Galeries non explorées
L'étude de ce nouveau joyau permettra déjà d'en savoir un peu plus sur le sexe, la morphologie et la robustesse de ces individus dévorés par leurs congénères.
Ainsi, l'homo erectus au fémur devait "mesurer près d'1m 70, ce qui est déjà grand pour un homme préhistorique!", révèle Mme de Lumley, directrice de recherche émérite au CNRS.
Encore partiellement en terre, sous un immense échafaudage de planches en bois et de barres métalliques, le précieux fémur sera prochainement photographié, scanné en trois dimensions puis moulé, avant de rejoindre ensuite le coffre-fort du Centre européen de recherche préhistorique.
TRÉSORS. Pour l'heure, l'os préhistorique est jalousement gardé par une armada de fouilleurs bénévoles, principalement des étudiants rattachés à l'université de Perpignan venus d'Europe, du Maghreb et des États-Unis pour racler et épousseter les parcelles encore à déchiffrer.
Et la tâche est encore grande. Aux dires d'Henry de Lumley, le filon n'est pas prêt de s'épuiser. "Nous n'avons fouillé qu'une partie de la grotte et il y a des galeries qui n'ont pas encore été explorées".
Que les futurs fouilleurs se rassurent, "les recherches devraient encore se poursuivre sur plusieurs générations", ajoute le célèbre paléontologue.
Source : Sciences et Avenir du 24/07/2013
mardi 30 juillet 2013
Un silex taillé de 1,4 million d’années retrouvé en Espagne
C’est dans le Gouffre de l'éléphant, sur le site préhistorique d'Atapuerca, dans le nord de l'Espagne, que des archéologues ont découvert un remarquable silex taillé. Vieux de 1,4 million d'années, il était enfoui sous trois tonnes de sédiments.
Cette petite lame de trois centimètres constitue un couteau "d'une grande valeur" puisqu’aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'avait jamais été découvert. "Nous pensons qu'avec cette découverte nous nous approchons de la limite admise comme étant celle de la première occupation humaine en Europe occidentale, qui remonte à 1,5 million d'années", ont souligné les auteurs de la découverte cité par l'AFP.
Les résultats de la campagne annuelle menée pendant le mois de juillet indiquent que des outils en pierre "datant d'il y a environ un million d'années, confirment la continuité du peuplement humain en Europe depuis ses origines il y a environ 1,5 million d'années jusqu'à l'apparition de l'Homo Antecessor il y a environ 850.000 ans".
Des outils archaïques mais des activités complexes
Ces découvertes "contredisent les hypothèses avancées par certains, qui expliquent le premier peuplement en Europe à partir de la succession de petites vagues d'humains, sans continuité dans le temps et condamnées à l'extinction en raison de leur incapacité à s'adapter aux nouveaux espaces", expliquent les archéologues.
"Bien qu'il s'agisse d'outils très archaïques, ceux-ci reflètent déjà des activités complexes, comme le fait de récupérer les animaux tombés dans les grottes", et de s'en servir comme des pièges, ajoute le communiqué. Mais ce n'est pas tout ce qui a été mis au jour au cours de cette fouille puisque les archéologues ont également présenté un omoplate fossilisé, identifié comme étant celui d'un enfant âgé de quatre à six ans et datant d'il y a 800.000 ans.
Découvert en 2005, ce fossile extrêmement rare était prisonnier d'un bloc d'argile calcifiée et il a fallu sept ans de travail pour l’extraire intact.
Source : MaxiSciences du 25/07/2013
lundi 29 juillet 2013
Un couteau en silex de 1,4 million d'années découvert en Espagne
GOUFFRE DE L'ÉLÉPHANT. Cette petite lame taillée dans du silex, et mesurant trois centimètres a été découverte dans le Gouffre de l'Éléphant, environ deux mètres sous le niveau où avait été trouvée, en 2007, une mâchoire humaine datant de 1,2 million d'années, alors identifiée comme un vestige du "plus ancien Européen".
Le fragment découvert cette année, un silex "d'une grande valeur" qui était enfoui sous trois tonnes de sédiments, correspond à un couteau taillé il y a 1,4 million d'années, a expliqué l'un des trois directeurs des fouilles, Eduald Carbonell, en présentant les résultats de la campagne annuelle menée pendant le mois de juillet 2013.
"Nous pensons qu'avec cette découverte nous nous approchons de la limite admise comme étant celle de la première occupation humaine en Europe occidentale, qui remonte à 1,5 million d'années", ont souligné les chercheurs dans un communiqué.
Aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'a jamais été découvert
D'une richesse exceptionnelle, les gisements de la Sierra d'Atapuerca, un site classé depuis 2000 au Patrimoine mondial de l'Unesco, près de la ville de Burgos, couvrent une période remontant jusqu'à 1,5 million d'années, mais aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'a jamais été découvert.
En revanche, des outils en pierre mis au jour lors de cette campagne, "datant d'il y a environ un million d'années, confirment la continuité du peuplement humain en Europe depuis ses origines il y a environ 1,5 million d'années jusqu'à l'apparition de l'Homo Antecessor il y a environ 850.000 ans", souligne le communiqué.
Ces découvertes, selon les chercheurs, "contredisent les hypothèses avancées par certains, qui expliquent le premier peuplement en Europe à partir de la succession de petites vagues d'humains, sans continuité dans le temps et condamnées à l'extinction en raison de leur incapacité à s'adapter aux nouveaux espaces".
De la même époque, ces fouilles ont permis de découvrir des restes de celui qui était alors "le roi des grottes d'Atapuerca il y a un million d'années, l'Ursus dolinensis", "un ours de grande taille ancêtre direct des futurs ours des cavernes et très proche de l'ancêtre commun des ours bruns actuels".
Divers restes de cette espèce ont été retrouvés sur le site, de même que ceux d'autres animaux comme "des rhinocéros, des cervidés géants, des daims, des bisons et des ânes sylvestres".
Au terme de cette campagne 2013, les archéologues ont aussi présenté une pièce très rare : une omoplate, fossilisée, identifiée comme celle d'un enfant de quatre à six ans, datant d'il y a 800.000 ans. Découvert en 2005, ce fossile était prisonnier d'un bloc d'argile calcifiée et il a fallu sept ans de travail pour le dégager de son enveloppe.
L'ossement, une fois analysé, pourrait trouver sa place au Musée de l'évolution humaine de Burgos, où sont exposés les vestiges les plus remarquables mis au jour dans les gisements d'Atapuerca.
Source : Sciences et Avenir du 25/07/2013
dimanche 28 juillet 2013
Espagne: découverte d'un silex taillé de 1,4 million d'années
Cette petite lame de silex mesurant trois centimètres a été découverte dans le Gouffre de l'Éléphant, environ deux mètres sous le niveau où avait été trouvée, en 2007, une mâchoire humaine datant de 1,2 million d'années, alors identifiée comme un vestige du «plus ancien Européen».
Le fragment découvert cette année, un silex «d'une grande valeur» qui était enfoui sous trois tonnes de sédiments, correspond à un couteau taillé il y a 1,4 million d'années, a expliqué l'un des trois directeurs des fouilles, Eduald Carbonell, en présentant les résultats de la campagne annuelle menée pendant le mois de juillet.
«Nous pensons qu'avec cette découverte nous nous approchons de la limite admise comme étant celle de la première occupation humaine en Europe occidentale, qui remonte à 1,5 million d'années», ont souligné les chercheurs dans un communiqué.
D'une richesse exceptionnelle, les gisements de la Sierra d'Atapuerca, un site classé depuis 2000 au Patrimoine mondial de l'Unesco, près de la ville de Burgos, couvrent une période remontant jusqu'à 1,5 million d'années, mais aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'a jamais été découvert.
En revanche, des outils en pierre mis au jour lors de cette campagne, «datant d'il y a environ un million d'années, confirment la continuité du peuplement humain en Europe depuis ses origines il y a environ 1,5 million d'années jusqu'à l'apparition de l'Homo Antecessor il y a environ 850 000 ans», souligne le communiqué.
Ces découvertes, selon les chercheurs, «contredisent les hypothèses avancées par certains, qui expliquent le premier peuplement en Europe à partir de la succession de petites vagues d'humains, sans continuité dans le temps et condamnées à l'extinction en raison de leur incapacité à s'adapter aux nouveaux espaces».
«Bien qu'il s'agisse d'outils très archaïques, ceux-ci reflètent déjà des activités complexes, comme le fait de récupérer les animaux tombés dans les grottes», qui fonctionnaient alors comme des pièges, ajoute le communiqué.
De la même époque, ces fouilles ont permis de découvrir des restes de celui qui était alors «le roi des grottes d'Atapuerca il y a un million d'années, l'Ursus dolinensis», «un ours de grande taille ancêtre direct des futurs ours des cavernes et très proche de l'ancêtre commun des ours bruns actuels».
Divers restes de cette espèce ont été retrouvés sur le site, de même que ceux d'autres animaux comme «des rhinocéros, des cervidés géants, des daims, des bisons et des ânes sylvestres».
Au terme de cette campagne 2013, les archéologues ont aussi présenté une pièce très rare: une omoplate, fossilisée, identifiée comme celle d'un enfant, garçon ou fille, de quatre à six ans, datant d'il y a 800.000 ans. Découvert en 2005, ce fossile était prisonnier d'un bloc d'argile calcifiée et il a fallu sept ans de travail pour le dégager de son enveloppe.
L'ossement, une fois analysé, pourrait trouver sa place au Musée de l'évolution humaine de Burgos, où sont exposés les vestiges les plus remarquables mis au jour dans les gisements d'Atapuerca.
Source : La presse du 24/07/2013
mardi 16 juillet 2013
La grotte des bêtes
Des peintures rupestres dans le désert de Libye permettent de se faire une idée du monde spirituel à une époque où le Sahara était encore vert. Toutefois leur étude n'en est encore qu'au début et les spéculations sont plus nuisibles qu'utiles.
Le 11 mai 2002 fut certainement l'un des plus beaux jours de la vie de Massimo Foggini. L'homme d'affaires italien et les voyageurs passionnés de déserts qui l'accompagnaient avaient déjà arpenté plusieurs fois le plateau montagneux découpé du Gilf Kebir, à l'extrême Sud-Ouest de l'Égypte, toujours en quête de nouvelles sensations et de découvertes. C'était le cas aussi ce jour-là dans le Wadi Sura, à quelques kilomètres à peine de l'endroit où Lázló Almásy avait découvert la « grotte des nageurs » en 1933.
Dans une vallée latérale, le regard de M. Foggini tomba sur un surplomb rocheux bas, dissimulé derrière plusieurs grands rochers. Intrigué, il alla voir de plus près et peu après, avec son fils Jacopo, il put contempler la grotte d'art rupestre sans doute la plus richement décorée de tout le Sahara.
Il devait y avoir près de 8 000 figures, qui, très rapprochées les unes des autres et souvent superposées, recouvraient le fond de la grotte, qui mesure aujourd'hui environ 20 mètres de largeur et cinq mètres de hauteur. Elles composaient une symphonie déconcertante de tons brun rouge et parfois blancs et jaunes. Dominant l'ensemble, des centaines de contours de mains sont comme vaporisés sur la roche à l'aide de pochoirs. Manifestement, leurs auteurs ont voulu marquer leur présence en ce lieu.
Parmi ces motifs sont représentées d'innombrables silhouettes humaines, tantôt isolées, tantôt par groupes, le plus souvent représentées en mouvement et ressemblant parfois à des danseurs en extase. Ici aussi, on reconnaît ces corps en extension horizontale, auxquels la « grotte des nageurs » toute proche doit son nom.
Cependant, sur cette paroi rocheuse, c'est un autre groupe de figures qui composent le décor : des dizaines de silhouettes d'animaux, avec un corps trapu et une queue de lion, sans tête, mais avec une esquisse de gueule, qui parfois semble dévorer des hommes. Ces êtres énigmatiques, dans lesquels certains spécialistes pensent reconnaître des babouins, ont donné son nom à la grotte : la « caverne des bêtes ». En fait, il ne s'agit pas d'une caverne, mais d'une grotte, donc d'une cavité profonde de quelques mètres sous un surplomb rocheux.
lundi 15 juillet 2013
L’homme de Florès est une espèce à part entière
Microcéphalie, syndrome de Laron, hypothyroïdie endémique ("crétinisme") : autant d’hypothèses proposées par certains scientifiques pour expliquer l’apparence de l’homme de Florès (surnommé le Hobbit). Cet humain d'un mètre de hauteur et vieux d’au moins 18.000 ans a été identifié en 2003 grâce à la découverte de plusieurs de ses fossiles sur l’île indonésienne de Florès.
Toutefois, son apparence laissaient les scientifiques perplexes, certains interprétant les fossiles comme ceux d'un simple Homo sapiens atteint d’une grave pathologie. Mais des chercheurs de la Stony Brook University de New York, de l'Université du Minnesota et de l’Université de Tübingen (Allemagne) viennent de porter un rude coup à cette vision des choses : l'homme de Florès ne serait pas un Homo sapiens.
Pour en arriver là, les chercheurs ont passé au crible une étude de morphométrie géométrique (utilisant des coordonnées 3D de surfaces anatomiques, l'imagerie informatique et les statistiques) du crâne de LB1 (le spécimen type du Hobbit), d’autres crânes d’espèces humaines disparues et ceux d’hommes actuels atteints de diverses difformités.
La preuve la plus complète
Les résultats de ces comparaisons penchent ainsi pour une autre hypothèse (du reste déjà soutenue par de nombreux autres chercheurs ): celle d’une espèce distincte. "Nos résultats fournissent la preuve la plus complète à ce jour reliant le crâne d'Homo floresiensis à des espèces humaines fossiles éteintes plutôt qu'à des humains modernes pathologiques. Notre étude réfute donc l'hypothèse que cet échantillon représente un homme moderne atteint d’une pathologie comme la microcéphalie", concluent les auteurs.
Source : MaxiSciences du 12/07/2013
samedi 13 juillet 2013
L'homme de Florès n'était pas crétin : le dossier est clos
Des scientifiques américains et allemands ont mené une analyse morphologique géométrique 3D de différents crânes du genre Homo, de certains appartenant à une forme pathologique de l'Homo sapiens, et d'un crâne d'Homo floresiensis (LB1).
Ce dernier appartient au premier spécimen mis au jour. C'est celui d'une femme de 30 ans datant de 18 000 ans. C'est le squelette le plus complet que l'on ait retrouvé dans la grotte de Liang Bua.
La conclusion des chercheurs : l'Homo floresiensis est bel et bien une espèce humaine distincte. Ce crâne n'appartient pas, selon eux, à un individu souffrant de microcéphalie, du syndrome de Laron ou de crétinisme congénital.
Leurs travaux montrent plus d'affinités entre LB1 et le cerveau d'un humain fossile qu'avec celui d'un humain moderne présentant une forme pathologique.
« Nos recherches fournissent les preuves les plus claires à ce jour qui lient le crâne de l'Homo floresiensis à une espèce humaine fossile éteinte et non à un humain moderne présentant une condition pathologique. » — Auteurs
Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLoS ONE.
L'origine et l'anatomie de ces hommes surnommés « Hobbits », comme les personnages du roman Le Seigneur des anneaux de Tolkien, sont donc sujettes à de vives discussions. Dès 2007, la thèse selon laquelle la petite taille des squelettes était celle d'individus frappés de nanisme insulaire a commencé à se démarquer. Il restait à la confirmer et à l'expliquer.
Contexte
. Un premier squelette est mis au jour en septembre 2003. Ses découvreurs australiens l'ont étudié sur une période de trois mois avant d'en faire l'annonce.
. La découverte des hommes de Florès est rendue publique dans deux articles publiés en 2004 dans la revue Nature.
. Depuis, les anthropologues ne s'entendent pas sur sa place dans l'arbre de l'évolution. Certains affirmaient que ses caractères anatomiques le font descendre directement d'Homo habilis, alors que d'autres, d'Homo erectus. Si Homo habilis possédait un cerveau réduit, rien ne prouve à ce jour que ce primate africain n'ait jamais posé le pied en Asie.
. Une troisième hypothèse voulait que la microcéphalie de l'homme de Florès soit le résultat d'une maladie neurologique, le crétinisme, causée par une carence liée à un régime alimentaire trop pauvre en iode. Petit cerveau peut-être, mais pas crétins au point de ne pas savoir chasser, faire du feu ou utiliser des outils de pierre pour dépecer leurs proies, rétorquent les adversaires de cette théorie.
En janvier dernier, des chercheurs japonais affirmaient que l'homme de Florès était un pur produit de l'évolution localisée. Le Dr Yousuke Kaifu et ses collègues du musée national de la nature et de la science de Tokyo affirment qu'il serait un descendant perdu d'Homo erectus qui aurait progressivement rapetissé au fil des générations pour adapter ses besoins à des ressources peu abondantes.
Le nanisme insulaire est d'ailleurs déjà bien connu chez les animaux, particulièrement dans cette région du globe. Grâce à des restes trouvés dans une caverne, les chercheurs savent que l'homme de Florès chassait et consommait des éléphants pygmées qui étaient certainement passés par le même phénomène d'évolution.
La taille réduite du cerveau des petits hommes serait donc uniquement liée à une adaptation acquise au fil des millénaires.
Le détail de ces travaux avait été publié dans la revue Proceedings of the Royal Society B.
D'un cerveau à l'autre
Homme de Florès : 426 centimètres cubes
Homo erectus : 860 centimètres cubes
Homme moderne : 1300 centimètres cubes
Source : Radio Canada du 11/07/2013
vendredi 12 juillet 2013
Grotte Chauvet : l'espace de restitution sort de terre
À mi-parcours des travaux, Sciences et Avenir vous propose de découvrir les images des premiers bâtiments qui abriteront dès 2015, l’espace de restitution de la Grotte Chauvet-Pont d’Arc et son trésor mondial d’art pariétal. Le plus ancien connu à ce jour.
Le musée a été pensé « à la façon d’une empreinte de pâte d’ours »
Découvert en décembre 1994 par les trois spéléologues Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hilaire, la cavité préhistorique est ornée d’environ 430 représentations animales.
Dès janvier 2015, l’espace de restitution de la grotte Chauvet, situé sur le grand plateau du Razal, à sept kilomètres de Vallon-pont-d’Arc, en Ardèche, ouvrira ses portes au public. Cinq bâtiments se déploieront alors sur les quinze hectares dédiés à ce vaste ensemble muséographique, pensé par ses créateurs « à la façon d’une empreinte de pâte d’ours », l’animal emblème de la grotte Chauvet.
Pour l’heure, casque de chantier sur la tête, Albert Ollier, architecte de l’Atelier 3A, un des maîtres d'oeuvre de l’opération avec le Cabinet Fabre Speller, dévoile les réalisations en cours. Au détour du sentier, deux imposantes constructions apparaissent en effet au milieu du paysage sauvage et verdoyant de la vallée de l’Ibie.
ANAMORPHOSE. « Nous avons voulu intégrer au maximum les bâtiments dans les dépressions naturelles du relief pour apparaître le moins possible dans le panorama », déclare l’architecte. Avec ses 3 500 m2 de superficie, le bâtiment circulaire dit de l’anamorphose, celui à l’intérieur duquel sera présentée la réplique parfaite de la grotte ornée, est déjà bien avancé. Composé de deux parties, il a été orienté dans le même axe que la véritable cavité. À l’entrée, un grand mur de quatorze mètres de hauteur et d’une surface de 1 000 m2 sera couvert d’une armature s’inspirant des reliefs de falaises environnants.
Ce porche traversé, les visiteurs se retrouveront dans le saint des saints qui devrait les transporter 36 000 ans en arrière, quand les rhinocéros laineux et les lions des cavernes vagabondaient dans la région. Aujourd’hui, sur fond de ciel bleu, dans l’immense volume vide, des ouvriers installent l’une des charpentes métalliques où viendront se fixer plus de 200 000 câbles ! Ces suspentes soutiendront l’énorme cage grillagée couverte de béton, qui recevra la copie de la grotte.
Les premiers bâtiments de l'espace de... par sciencesetavenir
FAC-SIMILÉ. Réalisation architectonique, le fac-similé sera en effet suspendu pour des questions de déformation de matériaux. À l’intérieur de cette véritable matrice, les visiteurs se déplaceront sur des passerelles comme le font aujourd’hui les chercheurs dans la cavité originale, pour admirer les 8 000 m2 d’œuvres pariétales reproduits à l’identique.
Des supports et peintures sont en cours de réalisation dans plusieurs ateliers nationaux. « Comme le public ne pénétrera jamais dans le site authentique pour des raisons de préservation, ce projet de restitution est très ambitieux », explique Laurent Ughetto, du Conseil général du département de l’Ardèche. « Dans cette grotte bis, la température sera également abaissée de cinq à six degrés, pour retrouver l’ambiance caractéristique du milieu souterrain », précise Albert Ollier. Mais aussi pour diminuer le coût énergétique que pourrait représenter la gestion d’un tel volume. Comme l’ensemble des bâtiments, sa toiture sera végétalisée. Un grand soin a en effet été pris dès le début du chantier pour préserver l’environnement des lieux. Certaines des espèces végétales ont même été mises en culture par le paysagiste Franck Néau pour être par la suite replantées sur les toitures.
Très attendu du côté de la culture, l’ouverture de cet espace de restitution permettra à la région déjà connue pour la beauté de ses paysages et espaces naturels, de développer une économie touristique sur la totalité de l’année, au lieu de la seule période estivale actuelle.
La livraison prévue de l’intégralité des bâtiments est fixée au 15 janvier 2015. Un budget de 50 millions d’Euros a été alloué à ce projet.
Source : Sciences et Avenir du 06/07/2013
