vendredi 22 mai 2009

Les hommes de Cro-Magnon mangeaient-ils les Néandertaliens ?

En réexaminant des restes humains dans une grotte connue en Charente, une équipe française pense avoir découvert un fragment de mandibule d'un jeune Néandertalien portant des traces d'instruments coupants. Hypothèse envisageable : les habitants de la grotte – nos ancêtres – auraient dévoré cet enfant. Les auteurs ne concluent pas et avancent deux autres explications. La découverte relance le débat sur la disparition de l'Homme de Néandertal mais ne la résout pas...

C'est une scène de crime qu'ont analysée une équipe française dans la grotte dite des Rois, près de Mouthiers-sur-Boëme, en Charente. Connu depuis longtemps, ce site a fourni des restes humains datant de 30.000 à 28.000 ans et des outils en os et en pierre attribués à la culture de l'aurignacien.

Fernando V. Ramirez Rozzi, du laboratoire de Dynamique de l’Evolution Humaine (CNRS, Paris), et ses collègues ont analysé des dents et des mandibules trouvées sur le site et dont on pensait qu'elles provenaient tous d'hommes anatomiquement modernes (AMH, Anatomically Modern Humans), autrement dit nos ancêtres directs.

Mais en regardant de plus près les restes d'une mandibule d'un individu jeune, les auteurs l'attribuent à un Homme de Néandertal. Et en l'observant plus attentivement encore, les paléontologues y découvrent des traces de coupures similaires à celles laissées par un instrument tranchant servant à découper la viande avant sa consommation.

Paradoxalement, la seconde observation est mieux confirmée que la première. En effet, les spécialistes de la préhistoire savent très bien lire les marques laissées par les outils de toutes sortes sur les objets, os ou pierre, et sont capables de conclusions d'une étonnante précision sur la manière dont le travail a été réalisé. En revanche, l'attribution à l'Homme de Néandertal de morceaux de mandibule (où manque le menton, différence caractéristique avec l'homme moderne) n'est pas certaine à 100%. Les auteurs sont d'ailleurs prudents mais manifestent tout de même leur préférence pour cette interprétation.

Non loin de là, une incisive portait une perforation et devait se porter en collier. Voilà donc le crime reconstitué. Des hommes de Cro-Magnon, c'est-à-dire nos ancêtres, ont attrapé un jeune Néandertalien et l'ont préparé pour leur dîner, avant de confectionner un joli collier avec ses dents.

Les morceaux de mandibules attribués à un enfant néandertalien. Le doute subsiste. Dans le cas contraire, l'affaire serait celle d'un acte de cannibalisme...

Crime inter-espèces ou cannibalisme ?

L'époque, le début du Paléolithique supérieur, a vu en effet la cohabitation en Europe de deux espèces d'hominidés, Homo sapiens (nous) et Homo neanderthalensis durant des milliers d'années. Apparu il y a 250.000 ans, l'Homme de Néandertal a disparu il y a 28.000 ans pour une raison inconnue, dont on discute toujours. L'homme moderne fait figure d'accusé mais on ignore quelles relations entretenaient ces deux espèces humaines. Le scénario décrit par Fernando V. Ramirez Rozzi semble plaider pour des affrontements violents, qui pourraient avoir eu raison des Néandertaliens, aux armes peut-être moins efficaces.

Mais les auteurs évoquent deux autres hypothèses. La victime et ses bourreaux pourraient bien être des Homo sapiens dont les caractéristiques ne seraient pas tout à fait celles des AMH. Une population génétiquement isolée, mais sapiens et pas neanderthalensis, n'est en effet pas à exclure. Une autre possibilité est que les humains de la grotte appartenaient tous à une population d'individus aux caractéristiques intermédiaires entre hommes modernes et néandertaliens. Le métissage entre les deux espèces, en effet, a été maintes évoqué mais les preuves formelles manquent encore et beaucoup de paléontologues n'y croient pas.

Encore une fois, donc, une découverte sur l'Homme de Néandertal apporte davantage de questions que de réponses...

Source : Futura-Sciences du 22/05/2009

Un enfant néandertalien, une des superbes « reconstructions » réalisées par Elizabeth Daynes, qui travaille avec des paléontologues

jeudi 21 mai 2009

mercredi 20 mai 2009

Ida : notre ancêtre lémurien, vieux de 47 millions d'années

Présenté à New York comme une vedette, le squelette d'un lémurien remarquablement conservé, baptisé Ida, serait le plus ancien ancêtre commun entre la lignée ayant conduit à l'homme et aux singes et à celle des lémuriens actuels.

Un « chaînon manquant ». C'est avec cette expression scientifiquement sans signification mais qui frappe toujours les esprits que ce petit squelette de mammifère a été présenté à la presse à l'American Museum of Natural History de New York. La nouvelle a fait mouche et les journaux du monde entier font écho à cette présentation, orchestrée par deux paléontologues, l'Allemand Jens Lorenz Franzen et le Norvégien Jorn Hurum, très connu dans son pays comme grand vulgarisateur et partout ailleurs (y compris à Futura-Sciences) comme découvreur d'un reptile marin géant, entre autres trouvailles.

La première surprise vient du remarquable état de conservation de l'animal, daté de 47 millions d'années, c'est-à-dire de l'éocène moyen. Le squelette, long de un mètre avec la queue, est complet à 95% et comporte des traces de quelques parties molles et même du contenu de l'estomac... On sait ainsi que ce mammifère était un herbivore se nourrissant de fruits, de graines et de feuilles.

Avec son pouce opposable, ce fossile est celui d'un primate et son âge le situe avant la séparation des deux lignées menant, pour l'une, aux singes (dont les hommes) et pour l'autre aux lémuriens et aux autres primates prosimiens. D'ailleurs, ses caractéristiques générales sont celles d'un lémurien mais d'autres, comme l'absence d'une griffe sur l'un des doigts (utilisée par les lémuriens pour se nettoyer le pelage) ou la structure d'un os du pied, l'astragale, le rapprochent des singes. L'animal appartient donc à un groupe dont nous faisons nous-mêmes partie aujourd'hui.

Une jeune femelle nous raconte l'histoire des primates

L'analyse du crâne (par radiographie car les os n'ont pas été dégagés de leur gangue pierreuse) a révélé que l'animal était jeune et l'étude du reste du corps fait penser qu'il s'agit d'une femelle, de 650 à 900 grammes, morte dans sa première année. Jorn Hurum lui a donné le nom de sa fille, Ida, et décrit l'animal, avec Jens Franzen et d'autres collègues, dans la revue PlosOne (à l'accès libre). Son nom officiel est désormais Darwinius masillae, les auteurs ayant créé pour Ida une nouvelle espèce et un nouveau genre. Masillae rappelle que le fossile provient de Messel, en Allemagne, près de Darmstadt, le site fossilifère le plus riche du monde pour l'éocène.

Les auteurs expliquent l'histoire de la découverte d'Ida, assez étonnante elle aussi. Le fossile a en fait été trouvé en 1983 mais pas par des paléontologues. Ses découvreurs l'ont coupé en deux parties, vendues séparément. L'une d'elles a été retouchée pour avoir meilleur aspect et s'est finalement retrouvée aux Etats-Unis dans un musée privé du Wyoming, pour tomber sous les yeux de Jens Franzen. Le paléontologue a réalisé qu'une intervention avait été effectuée. L'autre partie a été finalement acquise par le musée d'histoire naturelle de l'université d'Oslo, en Norvège, où travaille Jorn Hurum.

C'est l'étude de ce puzzle reconstitué qui a permis de comprendre tout l'intérêt de ce squelette unique en son genre. « Ce fossile va figurer dans tous les ouvrages didactiques des cent prochaines années », estime Jorn Hurum, cité par l'AFP. L'histoire des primates est en effet encore riche en lacunes. Nul doute que Ida vient combler l'une d'elles...

Source : Futura-Sciences du 20/05/2009

La petite lémurienne Ida, alias Darwinius masillae, attendait depuis 47 millions d'années de se montrer à ses descendants humains.

Controverse autour d'Ida

A New York, une équipe internationale vient d'annoncer la découverte d'un possible ancêtre commun de l'homme et des singes. En réalité, cette annonce est dénuée de toute réalité scientifique et relève d'une opération de communication sans précédent. Itinéraire d'un scandale annoncé.

Ida la Belle

Chaînon manquant ou ancêtre des lémuriens ?

On l'appelle Ida, Darwinuis massillae de son nom latin. Il s'agit d'un fossile vieux de 47 millions d'années. Un spécimen rare, si magnifique que depuis sa découverte en 1983, en Allemagne, il est l'objet d'un nombre invraisemblable de convoitises. Scindé, modifié, amélioré pour le bon plaisir des collectionneurs et des musées, le voici propulsé par une équipe internationale au rang de chaînon manquant de l'espèce humaine. Aux dires de ces chercheurs, Ida serait l'ancêtre commun des lémuriens, des hommes et des singes.

« C'est comme si nous avions trouvé l'Arche perdue ! », a déclaré le 19 mai, lors d'une conférence de presse, Jorn Hurum, l'un des auteurs de l'article décrivant Ida. « C'est une espèce de pierre de rosette », a renchéri un autre coauteur, Philip Gingerich, non sans un certain sens de l'image… et un certain aplomb. Car à mille lieues de ce que ces chercheurs ont expliqué aux médias, leur étude ne permet en aucune façon de donner à Ida le statut de chaînon manquant. D'ailleurs, si l'on s'intéresse à leur publication, on s'aperçoit qu'à l'écrit, ces scientifiques un peu trop enthousiastes ne disent guère autre chose que ceci : Ida est un très joli ancêtre des… lémuriens.

Pourquoi tricher ?

Alors pourquoi tout ce remue-ménage ? Pour une raison en tous points absurde, nous explique Jean-Jacques Jaeger, directeur de l'IPHEP à Poitiers : « Il y a une vingtaine d'années, Philip Gingerich – l'un des coauteurs de cet article – a élaboré une théorie expliquant l'apparition des primates. De son point de vue, les singes et les hommes descendaient d'une branche de lémuriens. »

La découverte de nombreux fossiles d'anthropoïdes dans les années qui suivirent a néanmoins infirmé sa théorie. « Il est vite apparu que la branche des lémuriens s'était différenciée de celle des anthropoïdes (singes, homme) bien plus tôt dans l'histoire de l'évolution, il y a environ 55 millions d'années », affirme le chercheur.

Même argumentaire pour Marc Godinot du MNHN : « Très tôt, les premiers lémuriens ont développé des adaptations particulières du pied ou de l'oreille interne. Ce alors que les anthropoïdes ont conservé des caractères primitifs pour ces structures. » En d'autres termes, si l'homme descend du singe, il ne descend pas du lémurien. Et encore moins d'un lémurien âgé de 47 millions d'années, donc né 8 millions d'années après la séparation supposée de la branche des lémuriens et de celle des anthropoïdes.

Une publication incomplète

Plus dérangeant encore, alors que l'étude du pied ou de l'oreille interne sont des éléments clés pour interpréter correctement la position phylogénique de ce type de spécimen, ils ne sont même évoqués dans la description d'Ida. Oubli qui n'empêche pas les auteurs de s'appesantir sur la détection de quelques traits communs entre Ida et les anthropoïdes (forme de la dentition, absence de griffes). « Ce travail montre qu'il y a quatre traits communs entre ce fossile et la branche anthropoïde, continue Jean-Jacques Jaeger. Ce alors que l'on compte au moins une douzaine de traits communs entre des fossiles non lémuriens et cette même branche. Les caractères similaires relevés chez Ida peuvent résulter d'un simple processus de convergence. »

« En l'état, cette étude est très incomplète. Ce n'est sans doute pas pour rien qu'elle a été publiée dans PlosOne, une revue dans laquelle les chercheurs doivent payer pour faire paraître leur article. » Reste que cette inconsistance scientifique, lundi 25 mai, un documentaire appelé "le chaînon" et retraçant l'histoire du fossile sera diffusé aux Etats-Unis à une heure de grande audience. De quoi ancrer le nom d'Ida dans l'imaginaire collectif. Car l'histoire de ce fossile est suffisamment romanesque pour frapper durablement les esprits.

La belle légende d'Ida

Tout commence par un vol. Par un collectionneur qui découvre en Allemagne, dans d'anciens dépôts lacustres, un fossile d'une beauté extraordinaire. Le spécimen est entier, incroyablement bien conservé, expressif... et en deux parties (recto et verso). Cet amateur de fossile ne s'y trompe pas. Il garde, illégalement, sa découverte et reconstitue les bouts de squelettes manquants à chacune des faces. En 1991, il vend l'une des faces au Wyoming Dinosaur Center. C'est là que Jens Franzen, premier auteur de l'actuelle publication, y a pour la première fois accès. Ce fossile étant une chimère, il lui est néanmoins difficile de conclure quoi que ce soit. Ce n'est qu'en 2007, lorsque l'université d'Oslo réussit à acquérir l'autre moitié du fossile que le chercheur parvient enfin à assembler le puzzle, au moins virtuellement. A défaut d'être le chaînon manquant de notre espèce, Ida est sans l'ombre d'un doute, l'Arche perdue de ce chercheur.

Source : Science Actualités du 20/05/09

Homme et singe : "l’ancêtre commun" ?


L’animal trouvé en 1983 près de Francfort serait "le fossile de primate le plus complet jamais trouvé". Selon certains chercheurs, cet exemplaire de Darwinius massillae qui ressemble fortement à un lémurien, est présenté comme un "ancêtre commun" de l’homme et du singe, une forme transitionnelle.

Un primate
D’après la forme de certains os, "Ida" était une femelle jeune, âgée de neuf mois, pesant entre 650 et 900 grammes et haute de 1 mètre. Son pouce "opposable" aux autres doigts confirme qu’il s’agit d’un primate.

"L’Arche perdue" ?
"C’est comme si nous avions trouvé l’Arche perdue", a déclaré le paléontologue norvégien Jorn Hurum, membre du groupe qui a mis en évidence l’importance d’"Ida" pour la compréhension de l’évolution des espèces et de l’origine de l’être humain. "Ce fossile va figurer dans tous les ouvrages didactiques des 100 prochaines années", a-t-il prédit.
"Il est difficile d’imaginer un fossile plus complet que celui-ci pour expliquer l’évolution des primates", a estimé pour sa part Holly Smith, anthropologue dentaire à l’université du Michigan (nord).

Quelle place dans l’histoire de l’évolution ?
Selon ces scientifiques, l’importance de cet animal vient du fait qu’il se situerait juste avant la séparation des deux branches, qui conduisirent d’un côté aux singes et aux êtres humains, de l’autre aux lémuriens et autres primates plus éloignés de l’Homo sapiens. Mais cette théorie est remise en question par d’autres découvertes.

Des chercheurs très sceptiques
Selon d’autres scientifiques, dont plusieurs Français, cette annonce ressemble fort à "une opération marketing". Et ce fossile serait avant tout un ancêtre... de lémurien. En effet, d’après la publication originale au sujet de ce fossile, quatre points de convergence avec la branche anthropoïde auraient été constatés alors qu’il existe douze autres points communs entre d’autres fossiles non lémuriens - et antérieurs à "Ida" - et la branche anthropoïde.

Lire à ce sujet l’éclairant article publié sur le site de la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Source : Science.gouv.fr du 20 mai 2009

samedi 16 mai 2009

Une statuette de 35.000 ans bouscule l’histoire de l’art

Une petite figurine en ivoire de 6 centimètres de haut, représentant un corps de femme dont les organes sexuels ont été significativement exagérés, vient d’être découverte dans une grotte à Hohle Fels, dans le Jura souabe, en Allemagne. Son âge, estimé à 35.000 ans minimum, prend de court les préhistoriens en reculant d’au moins dix millénaires la date d’apparition de ce type d’art.

La statuette, taillée dans un seul bloc d’ivoire, a été exhumée en six morceaux à 20 mètres environ de l'entrée de la grotte, et à 6 mètres sous son niveau actuel, entre le 8 et le 15 septembre 2008 par une équipe d’archéologues dirigée par Nicholas Conard, de l’Université de Tübingen. Mesurant 6 cm de haut pour 3,4 cm de large, elle représente un corps de femme dotée d’une opulente poitrine et de larges hanches. Les fesses ainsi que les parties génitales ont été disproportionnellement agrandies et détaillées presque à l'excès, une pratique qui se retrouve sur de nombreux autres modèles du genre.

On ne connaît toutefois ni la signification ni l’utilisation exactes de ce type d’objet, pourtant très répandu dans la période du Gravettien (29 à 22.000 ans), qui a livré de nombreuses « Vénus », telle la Vénus de Lespugues, découverte en 1922 en Haute-Garonne et datée de 25.000 ans. Avec un âge estimé entre 35 et 40.000, la nouvelle découverte vient bouleverser tout ce que l’on connaissait de la chronologie de cette époque reculée.

La statuette, vue sous quatre angles différents.

La caverne ayant livré les fragments de la statuette – à présent complète – a également fourni de petites figurines d’animaux, ainsi qu’une représentation assez énigmatique moitié homme-moitié lion. L’utilisation en est inconnue, toutefois on remarque une excroissance sur la « Vénus », trop réduite pour représenter une tête, et qui pourrait avoir servi à la porter sur un collier ou en sautoir.

Des répercussions sur l'Histoire des arts... et de l'Homme

L’équipe d’archéologues a appliqué la méthode de datation au radiocarbone sur des os et d’autres objets découverts sur le site à proximité de la figurine. « Sa réalisation remonte à au moins 35.000 ans mais je pense qu’elle est bien plus ancienne », avance Nicholas Conard. En effet, selon l’article paru dans la dernière livraison de la revue Nature, les fragments ont été découverts à quelques centimètres de part et d’autre d’une couche géologique correspondant à l’âge de l’arrivée des premiers humains modernes en Europe, une période connue sous le nom d’Aurignacien et remontant à 40.000 ans.

L’archéologue João Zilhão, de l’Université de Bristol (Royaume-Uni) souligne l’importance de cette découverte, qui permet d’établir avec quasi-certitude que les humains modernes ont commencé à créer l’art dès leur arrivée en Europe, ou très peu de temps après. La synchronisation de la naissance de l’art fait actuellement l’objet de débats au sujet de la nature et des origines des divers comportements humains. Certains scientifiques pensent en effet que le développement de l’art serait l’indication d’un développement plus avancé des capacités cognitives de l’Homme moderne, une des raisons pour lesquelles il aurait progressivement supplanté le Néandertalien.

La Vénus de Hohle Fels est aujourd’hui la plus ancienne représentation humaine connue. Une statuette de mammouth en ivoire avait aussi été mise au jour par l’Université de Tübingen dans le même site, datée de 30 à 36.000 ans.

Source : Futura-Sciences du 16/05/2009

jeudi 14 mai 2009

L'image de la femme vue par les premiers hommes modernes

Cette représentation féminine plus que généreuse dont les caractéristiques sexuelles –les seins, le ventre, la vulve, les cuisses- sont toutes exagérées, pourraient être la plus ancienne représentation figurative humaine connue.

La vénus de Hohle Fels est presque complète : il ne lui manque qu'une épaule et un bras.

Découverte en six morceaux dans la grotte de Hohle Fels, dans le sud de l’Allemagne, cette statuette de 6 cm de haut est vieille d’au moins 35.000 ans, selon l’archéologue Nicholas Conard, de l’Université de Tübingen (Allemagne), qui l’a exhumée et reconstituée.

La tête de la figurine, taillée dans une défense de mammouth, est un simple passant qui servait sans doute pour la porter comme ornement, précise le chercheur, qui détaille sa découverte dans la revue Nature publiée aujourd’hui.

La statue appartient à la culture de l’Aurignacien, qui remonte à environ 40.000 ans. Il s’agit de la première culture Homo sapiens, celle des hommes modernes qui ont peuplé l’Europe et supplanté les Néandertaliens, dont les peintures de la grotte Chauvet sont l’une des expressions. (1)

La grotte de Hohle Fels, ainsi que d’autres sites de cette région du Jura souabe, ont déjà livré de nombreuses statuettes représentant des animaux et des figures mi-homme mi-animal. Cette femme est la première représentation humaine de l’Aurignacien souabe et l’une des pus anciennes connues. Elle est antérieure d’au moins 5.000 ans aux vénus généreuses du Gravettien, comme la vénus de Willendorf, découverte il y a un siècle en Autriche, et qui daterait de 25.000 ans. Elle aussi arbore d’énormes seins et un ventre boursouflé ; elle aussi a de tous petits bras et des jambes courtes et pointues.

Cette nouvelle vénus n’est pas la seule représentation sexuelle de la période de l’Aurignacien, fait remarquer un autre archéologue, Paul Mellars, qui commente cette découverte pour Nature. Des dessins de vulves de femmes ont été trouvés gravés dans la roche à la Ferrasserie (35.000 ans), tandis qu’à Blanchard, toujours dans le sud-ouest de la France, c’est un phallus de 25 cm taillé dans une corne de bison qui a été découvert (36.000 ans). Comment interpréter ces représentations ? Certains y voient le symbole de la fertilité d’autres des éléments de rites chamaniques.

Source : Le NouvelObs.com du 14/05/09

(1) Pour en savoir plus sur la culture de l’Aurignacien, lire «Les premières idoles», Sciences et Avenir, janvier 2004.

mardi 12 mai 2009

Pourquoi les mammouths ont-ils disparu ?

Un spécialiste de l’Université d’Etat de Tomsk (Russie), Sergei Leschinsky, a analysé plus de vingt mille os et dents de mammouths de l’Eurasie du Nord âgée de 25 000 à 10 000 ans. Les chercheurs ont découvert des changements radicaux dans presque tous les restes de tissus osseux qui indiquent un manque aigüe d’éléments minéraux pourtant indispensables. Tous les mammifères herbivores de ce temps ont souffert de cela, et en particulier les plus grands d’entre eux : les mammouths.

Diagnostic : ostéoporose et ostéofibromatose

Comme les enquêtes l’ont prouvé, à la fin du pléistocène (de - 1,8 million d’années à - 10 000 ans), les mammouths ont souffert de diverses maladies de l’os et du cartilage, le plus fréquemment d’ostéoporose (maladie caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une fragilité du squelette) ou d’ostéofibromatose (des tumeurs dans les os). L’ostéoporose est une maladie spécifique due à l’âge, cependant toutes les tranches d’âge en incluant les nouveau-nés sont concernées, la famine des femelles ayant affecté les bébés au cours de la grossesse. Le scientifique a trouvé une confirmation de ses conclusions dans les publications d’autres chercheurs consacrés aux "cimetières" de mammouths en Europe : pratiquement tous les animaux qui sont morts avaient eux aussi souffert d’un manque de calcium, de magnésium et de sodium.

Explication : des bouleversements géologiques

Il y a environ 25-23 mille ans, une période d’activité tectonique a eu lieu sur le territoire de l’Europe du Nord et de l’Asie Nord-est. Par exemple, à cette époque, les Carpates polonaises se sont elevées rapidement de 100 à 300 mètres à raison de 2 millimètres par an. La montée des territoires et la diminution brusque du niveau océanique mondial au début de la dernière période glaciaire a causé un lourd dessalement du paysage et un manque aigu d’alcalino-terreux et d’alcalins. On note que ce manque d’éléments est toujours visible dans la majeure partie de l’Eurasie du Nord.

L’homme disculpé ?

Les mammouths ont eu des temps difficiles. En raison du stress géochimique, les capacités corporelles des mammouths sibériens se sont réduites de moitié. Selon Leschinsky, c’est le changement radical des paysages qui a mené à la famine minérale, aux maladies massives des tissus squelettiques et, à long terme, à leur extinction. Comme l’indiquent les chercheurs, une part très importante des tissus squelettiques permet d’affirmer que la vaste disparition d’animaux était indépendante de l’impact de l’homme. Il est douteux qu’une population aussi peu nombreuse ait pu à ce moment-là exterminer les mammouths sur leur immense territoire.

Source : Science.gouv.fr du 12 mai 2009

jeudi 7 mai 2009

Néandertaliens, tous parents, tous différents ?

Marseille : Les Néandertaliens qui occupaient une vaste zone allant de l’Atlantique à la Sibérie étaient-ils une population homogène ? Des chercheurs en anthropologie bioculturelle à Marseille confirment, à travers l’étude de l’ADN mitochondrial de 12 Néandertaliens, l’existence de 3 sous-groupes : en Occident, en méditerranée, en Orient et suggèrent l’existence d’un 4e en Asie occidentale. Prochaine étape de ces travaux : comprendre l’extinction des Néandertaliens il y a environ 30 000 ans.

Source : Plos One, 15 avril 2009

Source : Science Actualités du 07-05-2009

vendredi 1 mai 2009

«Il y a 800 000 ans, l'homme était cannibale»

Jean Guilaine, préhistorien
«Il y a 800 000 ans, l'homme était cannibale»

Même s'il a montré que nous sommes sur le «sentier de la guerre» depuis le paléolithique, le préhistorien est convaincu que la violence n'est pas une fatalité.

- Au cours de vos longues années d'enseignement au Collège de France, pourquoi vous êtes-vous intéressé à l'émergence de la violence chez l'homme ?

Parce que ce thème me permettait de parler d'archéologie et d'un sujet de société contemporain qui touchait un large public. Il était important pour moi de montrer que cette discipline scientifique pouvait éclairer ce comportement humain.

- Quand l'homme est-il donc parti sur le «sentier de la guerre» ?

Il est difficile de mettre en évidence l'origine de la violence chez l'homme. Surtout pour les périodes préhistoriques les plus anciennes, il y a 2,5 millions années. Mais on pourrait dire qu'on la voit s'exprimer chez Homo antecessor au cours du paléolithique ancien (lire les Repères p. 44). A Atapuerca, par exemple, sur le site espagnol de Gran Dolina, des restes humains vieux de 800 000 ans retrouvés au fond d'un gouffre portent des traces de décarnisation. On a peut-être déjà affaire à du cannibalisme.

- Comment expliquez-vous que cette violence préhistorique soit évoquée depuis si peu de temps ?

Le sujet est longtemps resté tabou. Tuer ses semblables et encore plus les consommer étaient des thèmes difficiles à aborder. Longtemps l'homme ancien a été vu - à travers le prisme de la culture et de la religion - comme un être parfait, évoluant dans un paradis paléolithique et un mythique âge d'or. Un fantasmatique Eden où n'aurait vécu qu'un homme foncièrement pacifiste dans un environnement généreux.

- Pour quelles raisons l'apparition de la violence est-elle généralement associée à l'époque du néolithique, qui voit l'apparition de l'agriculture ?

Principalement à cause de la théorie matérialiste selon laquelle dès que l'homme s'est mis à produire et à capitaliser, donc à créer de la richesse et des surplus, cela a engendré de la convoitise et fait naître les conflits. Mais les motifs d'affrontement ont pu être plus variés.

- C'est-à-dire ?

Dès les époques les plus anciennes, les rapts de femmes, d'enfants, les ruptures d'alliance ou tout simplement la volonté d'en découdre ont pu être à la source des conflits, comme l'ethnologie l'a démontré.

- Quelles sont les plus lointaines traces de combat avérées que l'archéologie a pu mettre en évidence ?

Elles datent de la fin du paléolithique supérieur, il y a 12 000 ans. En 1965, alors qu'il travaillait au Soudan sur le site de Djebel Sahaba, l'Américain Fred Wendorf de l'université du Texas a mis au jour une nécropole contenant une cinquantaine d'individus criblés de flèches. Plus près de nous en Europe, on a retrouvé des dépouilles semblables dans des nécropoles chez des peuples de chasseurs-cueilleurs. Cela dans la vallée du Dniepr, en Ukraine, ou dans la région des Portes de Fer, une gorge du Danube frontalière entre la Serbie et le sud-ouest de la Roumanie.

- Justement, lors du dernier colloque international sur le néolithique qui s'est tenu à la Cité des sciences et de l'industrie, à Paris, il a été dit que c'est à ce moment qu'auraient émergé les inégalités et les processus de subordination...

En effet, c'est à cette période que la plupart des sociétés sont passées de stades au cours desquelles les différences sociales étaient très faibles, à d'autres, où elles se sont accentuées.

- Comment a-t-il été possible de repérer ces écarts ?

Principalement à travers l'étude du mobilier funéraire. Rappelons que venu d'Orient, le néolithique s'est d'abord propagé dans le sud de la France vers 5800 avant notre ère avant de s'étendre vers le bassin parisien aux alentours de 5300 avant J.-C., puis de gagner la Bretagne vers 4800. Prenons l'exemple des très grands tertres de la région de Carnac qu'on s'est mis à bâtir dès 4500 avant J.-C. pour déposer la dépouille de puissants personnages. De nombreuses personnes ont alors été mobilisées pour élever ces énormes tumulus.

- Qu'a-t-on découvert à l'intérieur ?

Les rares individus inhumés dans les tombeaux étaient dotés d'objets de prestige comme des colliers de perles en variscite, peut-être originaires d'Espagne. On a surtout trouvé de très longues haches vertes polies de 40 cm de long dont la pierre était extraite au Piémont, en Italie ! Ces haches cérémonielles ont donc été transportées exprès jusqu'en Bretagne. Tout cela pour y être thésaurisées dans la tombe d'un seul individu !
Autre cas de traitement distinctif indiquant la naissance des élites, le site de Varna, en Bulgarie. Dans cette nécropole des bords de la mer Noire, sur 290 tombes, seul un petit groupe possède de magnifiques objets en or : des parures, des sceptres, des colliers, ainsi que des armes en cuivre. Ce qui signifie qu'en moins de 1000 ans en France, et en un peu plus en Europe du Sud-Est où le néolithique est apparu plus tôt, les premières sociétés villageoises avaient déjà généré en leur sein des différences sociales considérables.

- Ces sociétés ont aussi vu apparaître la roue, l'araire, la traction animale... Mais que sait-on des armes dont disposaient les premiers agriculteurs ?

Au néolithique, on chasse et on se bat essentiellement à l'arc. Les plus anciens de ces instruments connus ont été retrouvés dans des tourbières du nord de l'Europe. Ils remontent aux époques épipaléolithiques, soit 10 000 avant notre ère. L'autre outil typique de l'époque est la hache. Mais si elle sert à déboiser, elle peut aussi être un objet symbolique comme nous venons de l'évoquer. Les poignards apparaîtront en Europe environ 4000 ans avant notre ère : ils seront d'abord en silex, puis en cuivre (depuis 3000 avant J.-C.). Quant à l'épée, elle a surgi vers 3000 avant J.-C. en Orient et seulement vers 1500 avant J.-C. sur notre continent.

- Comment s'est répandu cet usage du métal ?

Il faut avoir à l'esprit que les choses ne se sont pas passées de la même façon partout. L'Orient a longtemps été en avance sur l'Occident. Dès 5000 avant J.-C., plusieurs foyers de diffusion s'allument. On voit la métallurgie apparaître en Iran, en Anatolie et dans les Balkans. Ce n'est que vers 3500 à 4000 ans avant notre ère que le métal se généralise en Europe occidentale et dans les îles Britanniques. En Orient, au IIIe millénaire, on dispose déjà de lances ainsi que de casques pour se protéger. Et dès le IIe millénaire au Danemark ou en Hongrie, on peut constater une excellente maîtrise du matériau avec des épées tout aussi belles et résistantes que celles forgées en Orient. D'ailleurs, après 1200 avant J.-C., l'est de la Méditerranée adopte des épées de type européen !

- Justement, que sait-on des premiers conflits en Europe et en Méditerranée ?

Dans les cités-Etats du Proche Orient, des villes indépendantes possédant une administration et un territoire qu'elles exploitent, les conflits éclatent dès le IVe millénaire avant notre ère. En Mésopotamie, les cités rivales s'entre-déchirent. Elles se disputent des terres, veulent s'emparer de butins, faire des prisonniers. La guerre est un élément du pouvoir royal : elle institutionnalise la fonction.

- Qui dit guerres dit guerriers. Comment s'est construite leur image ?

Au néolithique, il n'y a pas de «guerrier» proprement dit au sein des sociétés paysannes. En revanche, il en existe en Orient dès l'époque sumérienne au sein d'armées ou de protoarmées. Vers 2500 avant J.-C., on trouve dans une tombe royale d'Urun «étendard» sur lequel figurent des scènes de guerre et de captures. On y voit défiler des soldats casqués, armés de piques, pendant que d'autres conduisent des chars de guerre en écrasant leurs victimes...

- Que se passe-t-il alors en Occident ?

Les premières tombes de guerriers n'y datent que de la fin de l'âge du bronze et des débuts de l'âge du fer. Mais il faut rappeler qu'en Europe, dès le néolithique, couvait une idéologie du guerrier matérialisée par les «statues-menhirs». Ces grandes stèles monolithiques que l'on rencontre depuis le bas Danube jusqu'à la péninsule Ibérique. Elles constituent pour moi autant de premières «photographies» des hommes de ces époques.

- Ces «statues-menhirs» ne figuraient-elles pas plutôt des divinités ?

On l'a longtemps dit. Or j'y vois plutôt des personnages héroïsés, des ancêtres avec des attributs du pouvoir, des objets qui donnent du prestige : les armes. Une statue-menhir d'homme se singularise par le port d'armes, ces instruments culturels qui servent à chasser et à tuer : arc, flèche et poignard. Entre 3500 et 2500 avant J.-C., les statues-menhirs sont un reflet de la société. Représenter un homme, c'est déjà le figurer en guerrier. Vers 1200 avant notre ère, soit un millénaire et demi plus tard, nanti d'une pique, d'un poignard et d'une épée, le guerrier deviendra un combattant à «plein temps». Quant aux statues féminines parées de colliers, elles seront dotées de seins. Un caractère anatomique et biologique qui classe la femme dans le naturel.

- Au fil du temps, le guerrier acquiert donc du prestige ?

Oui, il peut même devenir un «héros». Ce nouvel idéal se développera en parallèle à une culture de guerre qui fait l'apologie de la valeur et du courage. Ces vertus seront développées chez les Grecs par Homère et plus tard Hérodote, Thucydide ou Xénophon. On les retrouvera aussi dans les textes des grandes religions monothéistes ou encore dans ceux de l'Inde et de la Chine ancienne.

- De quand datent les conflits à grande échelle qui opposent de très nombreux individus ?

Du IIIe millénaire avant J.-C. au Proche-Orient, avec les conquêtes de Sargon. Aux alentours de 2300 avant notre ère, à partir d'une série de raids, celui-ci va fédérer l'ensemble du monde mésopotamien et créer un véritable empire s'étendant des pays du Golfe à la Méditerranée. Le deuxième millénaire avant J.-C. est aussi jalonné de grandes batailles, telle Qadesh (vers 1275 avant J.-C.), où s'opposent deux grandes puissances de l'époque, les Egyptiens et les Hittites d'Anatolie. Qadesh est sans nul doute une des premières grandes batailles de l'histoire.

- L'homme est-il condamné à perpétuer les guerres ?

Pour le préhistorien André Leroi-Gourhan, le comportement d'agression était inhérent à l'espèce humaine. «La guerre, c'est la chasse à l'homme», disait-il. Or dans les années 1970, l'anthropologue Pierre Clastres a pris le contre-pied de cette affirmation dans son essai Archéologie de la violence, la guerre dans les sociétés primitives. Il rappelait - ce qui me semble fort juste - qu'il ne faut pas rabattre sur le biologique des comportements de nature culturelle et sociologique. Le néolithique nous a livré un message. Après s'être libéré des contraintes de la nature - chasse et cueillette aléatoires -, l'homme a eu, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la possibilité de produire son alimentation en maîtrisant l'agriculture et l'élevage. Or à partir du moment où il est devenu maître de la nature, il a retourné son énergie contre sa propre espèce, en voulant dominer et subjuguer. Le néolithique, qui pouvait être un chemin de liberté, est devenu une voie d'aliénation. J'ai l'espoir de voir l'homme, un jour, parvenir à l'inverse, et maîtriser ses pulsions.

JEAN GUILAINE, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Civilisations de l'Europe au néolithique et à l'âge du bronze, est aussi directeur d'études à l'EHESS et directeur de recherche au CNRS. On lui doit la création du Centre d'anthropologie de Toulouse, en 1978. Auteur de nombreux ouvrages scientifiques, il a également publié Pourquoi j'ai construit une maison carrée (Actes Sud), un roman-document situé au néolithique.

Repères
PALEOLITHIQUE. Période la plus longue et la plus ancienne de la préhistoire humaine elle s'étend de 2,6 millions à 10 000 ans avant notre ère.

NEOLITHIQUE. Entre 10 000 et 5000 avant J.-C, l'homme passe du stade de chasseur-cueilleur à celui d'éleveur et d'agriculteur. Les premières traces du néolithique apparaissent au Moyen-Orient.

AGE DU CUIVRE. Appelé aussi chalcolithique, il fait la transition entre la fin du néolithique et l'âge du bronze. Né au Proche-Orient, il gagne l'Europe vers 3000 ans avant J.-C.

AGE DU BRONZE. Cet âge est marqué par la découverte de l'alliage du cuivre et de l'étain, métal résistant permettant de fabriquer des armes. Connu au Proche-Orient et dans le monde égéen dès le IVe millénaire avant notre ère, il apparaît en Europe vers 2000 ans avant J.-C.

AGE DU FER. Les premiers centres de métallurgie du fer, datés de la fin de IIe millénaire, sont situés en Anatolie et dans la région de la Caspienne. Ils se seraient répandus vers le Proche-Orient et le monde égéen après 1800 avant J.-C.

Pour en savoir plus
- Les Racines de la Méditerranée et de l'Europe, Jean Guilaine, Fayard, 2008. Le Sentier de la guerre. Visages de la violence préhistorique, Jean Guilaine et Jean Zammit, Seuil, 2001.- Otzi, l'homme des glaces et son temps, Jean Guilaine, CD Gallimard-Collège de France, Coll. «A voix haute», 2008.- Podcast du colloque «La révolution néolithique dans le monde», Colloque international organisé par la Cité des sciences et de l'industrie et l'Inrap, octobre 2008. http ://www.inrap.fr/podcast-6-Inrap_podcast_video_colloque_2008_La_revolution_ne.xml

Source : Sciences et Avenir de mai 2009