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mercredi 21 avril 2021

Olorgesailie

Olorgesailie est un site préhistorique du Paléolithique inférieur, situé dans la vallée du Grand Rift, dans le sud du Kenya. Olorgesailie est remarquable pour la découverte d'un grand nombre de bifaces acheuléens, façonnés durant des milliers d'années entre il y a 1,2 million et 490 000 ans, associés avec des activités de dépeçage de gros mammifères. Un os frontal humain fossile, daté de 900 000 à 970 000 ans, y a été mis au jour.

Historique

Des outils lithiques ont d'abord été découverts par le géologue britannique John Walter Gregory en 1919, mais ce n'est qu'en 1943 que les fouilles ont commencé sérieusement sous la direction de Mary et Louis Leakey, avec l'aide de prisonniers de guerre italiens en liberté conditionnelle. Les travaux se sont poursuivis jusqu'en 1947. L'archéologue sud-africain Glynn Isaac a repris les fouilles dans les années 1960 pour sa thèse de doctorat. Dans les années 1980, Richard Potts, travaillant à la Smithsonian Institution, a poursuivi ses recherches en collaboration avec les musées nationaux du Kenya.

Découvertes

De très nombreux outils lithiques ont été découverts sur le site, dont des bifaces caractéristiques de la période acheuléenne qui abondent. Ces outils ont été taillés entre 1,2 million et 490 000 ans, le long de ce qui était alors le rivage d'un lac maintenant asséché.

Des fossiles de divers animaux ont également été trouvés, y compris ceux d'espèces éteintes d'hippopotame (Hippopotamus gorgops), d'éléphant (Elephas recki), de zèbre (Equus oldowayensis), de girafe et de babouin (Theropithecus oswaldi), susceptibles d'avoir été dépecés à l'aide des bifaces trouvés.

En juin 2003, une équipe dirigée par Richard Potts a découvert in situ un os frontal humain fossile. D'autres parties du crâne (répertorié sous le numéro KNM-OL 45500) ont été trouvés dans les mois suivants. L'os frontal est daté de 900 000 à 970 000 ans, ce qui en fait le premier fossile humain trouvé sur le site. Les restes fossiles étaient dans le même niveau stratigraphique que deux bifaces et plusieurs éclats, près de dépôts denses de bifaces.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 1,2 Ma - 490 ka
découverte : John Walter Gregory
date : 1919
espèce :

jeudi 26 novembre 2020

Phillip Tobias

Phillip Tobias (14 octobre 1925 – 7 juin 2012) est un paléoanthropologue sud-africain professeur à l'université du Witwatersrand à Johannesburg. Il est connu pour ses travaux sur les sites ayant livré des fossiles d'hominidés en Afrique australe et orientale. En particulier, il identifia et décrivit avec Louis Leakey et John Napier une nouvelle espèce au sein du genre humain : Homo habilis. Il milita par ailleurs contre l'apartheid. 

Source : Wikipedia

mercredi 4 mars 2020

Homo kanamensis

Homo kanamensis : De nombreuses découvertes de Louis Leakey ont résisté à l’épreuve du temps. H. kanamensis n'en fait pas partie. Au début des années 1930, Leakey a déterré une mâchoire inférieure d'hominidé sur le site de Kanam, au Kenya. La mâchoire ressemblait à celles des gens modernes à bien des égards, mais était plus épaisse à certains endroits. Leakey a déterminé que la mâchoire devrait avoir son propre nom : H. kanamensis. À environ un demi-million d'années, l'espèce était le membre le plus ancien d'Homo jamais trouvé - sauf que le fossile n'était pas vraiment si ancien. Des études géologiques ultérieures à Kanam ont révélé que la mâchoire n'avait que quelques dizaines de milliers d'années. Et l'épaisseur inhabituelle de la mâchoire était due à une croissance anormale, suggérant que H. kanamensis n'était rien de plus qu'un Homo sapiens malade.

Source : Source

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vendredi 7 février 2020

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Sites de découvertes

Des spécimens d'Homo habilis ont été découverts en Afrique orientale, notamment sur les sites d'Olduvai en Tanzanie à partir de 1960, de Koobi Fora à l'est du Lac Turkana au Kenya, à partir de 1972, de l'Omo et de la région d'Hadar en Éthiopie. Des restes d'Homo habilis auraient aussi été trouvés en Afrique du Sud, à Swartkrans, Sterkfontein et Drimolen, sites du « berceau de l'humanité ». Cependant, l'attribution de certains fossiles trouvés en Afrique du Sud est aujourd'hui sujette à débat entre Homo habilis et Homo gautengensis. Il est possible qu'Homo habilis soit en fait cantonné à l'Afrique orientale.

Sa fiche sur Wikipedia

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Quand ?
Il arpente les savanes arborées et humides d'Afrique orientale et australe ente - 2,4 et - 1,6 million d'années.

Taille ?
Petite taille de 1,30 mètre pour un cerveau de 600 cm3.

Spécificité ?
Son maniement de choppers (gros galets coupés en deux) pour racler la viande et casser des os lui vaut d'être le premier du genre Homo et être qualifié d'habile.

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués

Sa fiche sur Hominidés.com

vendredi 6 janvier 2017

Les ancêtres de nos ancêtres

L'histoire des hominidés plonge ses racines à une époque, le Miocène, où les lignées des grands singes et celle des humains n'étaient pas encore séparées. Le climat et la géographie ont façonné une diversité d'espèces dont a émergé, bien plus tard, la nôtre. 

Titinga Pacéré, un poète burkinabé, nous prodigue ce conseil : « Si la branche veut fleurir, qu'elle honore ses racines. » On peut tirer de ce vers un enseignement pour l'étude de l'émergence de la lignée humaine : elle doit se faire dans un contexte large plutôt que de se limiter à une simple comparaison des caractères anatomiques des fossiles humains, des hommes et des grands singes modernes. En d'autres termes, elle doit s'élargir à la recherche des ancêtres des gorilles et des chimpanzés, car toute information sur les uns renseignera sur les autres. Un portrait de famille doit inclure tous les cousins ! 

Toutefois, si les hominidés (ici les hommes actuels et leurs parents fossiles, que certains regroupent sous le nom d'hominines) anciens indiscutables, tels les australopithèques (4,2 millions à 1,2 million d'années environ) sont relativement bien connus, ce n'est pas le cas de leurs prédécesseurs. On peut avancer deux raisons à cela. La première tient au peu de restes encore mis au jour, notamment sur le continent africain. L'autre tient au fait que la plupart des chercheurs s'intéressant à l'homme ont occulté les périodes antérieures à celles qui avaient livré des hominidés. Du même coup, on n'avait pas de données sur les ancêtres de leurs proches cousins. Les questions que soulèvent ces derniers sont pourtant importantes. D'où viennent-ils ? Quelles conditions leur ont permis d'émerger ? Comment la bipédie humaine est-elle apparue ?  

Bienvenue au Miocène ! 

Pour répondre, on doit se placer dans un cadre large et inclure l'étude des variations et de la diversité des espèces au cours du temps en tenant compte de la géographie et des environnements : ce lien entre biodiversité et géodiversité est primordial pour comprendre l'évolution des primates (et donc de l'homme) étroitement liée aux adaptations locomotrices, alimentaires, elles-mêmes en relation directe avec les changements d'environnement. Vers quelle période se tourner ? 

Le Miocène, qui s'étend de 23 à 5,5 millions d'années, est une fenêtre chronologique particulièrement intéressante, car c'est durant cette époque que les lignées de l'homme et celles des grands singes ont émergé. C'est également à cette époque que se sont produits des changements climatiques notables dont les effets sur les faunes et les flores ont été dramatiques. L'Afrique, centrée sur l'Équateur, a subi des changements majeurs au cours de cette période, avec d'importants déplacements des frontières biogéographiques, des distributions des flores et des répartitions des espèces. Ces changements climatiques ont entraîné une activité évolutive très importante, et ce spécialement au sein des mammifères, y compris les hominoïdes (les hommes et les grands singes, c'est-à-dire les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés, les gibbons…) et donc les hominidés qui nous intéressent ici.  

Orrorin, un pionnier 

En novembre 2000, près de vingt-cinq ans après la découverte de Lucy en Éthiopie, nous avons mis au jour les ossements fossiles du premier hominidé bipède du Miocène : Orrorin tugenensis, daté de 6 millions d'années. Ces dépôts de la formation de Lukeino, au Kenya, près du lac Baringo dans les collines Tugen, ont également livré une très riche faune et flore qui suggèrent un milieu arboré. Cette découverte bouleversait les idées qui avaient cours sur la dichotomie entre chimpanzé et homme. D'abord, elle était plus ancienne qu'on ne le pensait (au-delà de 6 millions d'années et non pas seulement à 4 ou 6 millions comme on le pensait) et avait eu lieu dans un milieu qui n'était pas une savane, mais était plus boisé. Ensuite, grâce à Orrorin, on apprenait d'une part, que la bipédie n'avait pas émergé en milieu ouvert et, d'autre part, que les ancêtres des hominidés ne ressemblaient pas au chimpanzé. 

L'effet le plus positif est que cette découverte a obligé d'autres équipes à rechercher des indices d'ancêtres des grands singes actuels et des hominidés dans des milieux plus anciens, remontant à plus de 5,5-6 millions d'années. Et de fait, on comble petit à petit cette lacune. Des hominidés potentiels de 7 à 6 millions d'années ont été signalés en Éthiopie, au Tchad et au Kenya. Par ailleurs, au cours des quinze dernières années, les premiers restes de grands singes fossiles de type gorille et chimpanzé ont été trouvés en Afrique (au Niger, en Éthiopie, au Kenya et peut-être au Tchad), alors que l'Asie a livré les premiers orangs-outans. Aujourd'hui, on fait remonter la divergence entre l'homme et ses proches cousins africains aux environs de 8 à 10 millions d'années, voire un peu plus. 

Malgré ces dernières avancées, certains doutent encore d'une origine de la lignée de l'homme aussi ancienne. Cela relève le plus souvent d'une méconnaissance des hominoïdes fossiles en raison d'une coupure entre l'étude de l'homme et de celle des grands singes fossiles, bien que leurs histoires soient intimement liées. 

Les grands singes de l'Ancien Monde vivent dans les milieux tropicaux, forestiers chauds plus ou moins humides. Cette diversité de milieux confère à ces grands singes une forte diversité anatomique et adaptative. Aujourd'hui restreints dans leur distribution africaine et asiatique et en voie d'extinction, leurs ancêtres du Miocène ont été bien plus largement répandus dans l'Ancien Monde, puisqu'on les a trouvés, au nord, jusqu'en Allemagne et, au sud, en Afrique australe. 

 Le premier hominoïde reconnu, Dryopithecus fontani, a été découvert en 1856 à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, et décrit par le paléontologue Édouard Lartet. Les hominoïdes étaient très diversifiés (de la taille d'un petit gibbon jusqu'à celle d'un gorille) et inféodés à des milieux plus ou moins boisés voire forestiers qui ont conditionné leurs modes de locomotion. Certains sont quadrupèdes arboricoles comme Ekembo (ses membres antérieurs et postérieurs ont presque la même taille) et Proconsul (les plus gros étant plus terrestres). D'autres, tel Nacholapithecus, pouvaient faire des ponts entre les branches, comme le font les colobes aujourd'hui. D'autres encore étaient de bons grimpeurs, tel Ugandapithecus major (voir la photo ci-dessous) ou bien Hispanopithecus ou Oreopithecus dont les membres supérieurs sont notablement plus longs que les membres inférieurs. 

Le creuset des hominoïdes 

Dans ces milieux tropicaux, les hominoïdes trouvaient de quoi subvenir à leurs besoins : fruits, feuilles, insectes… Et l'on peut déterminer le régime alimentaire de chaque fossile en fonction de l'anatomie de ses dents (épaisseur de l'émail, présence de crêtes dentaires, formes des tubercules…). En outre, la composition en isotopes stables du carbone et de l'oxygène dans l'émail permet de préciser s'il mangeait plutôt des feuilles ou des graminées et mieux intégrer les données environnementales et donc climatiques. 

L'étude des hominoïdes miocènes est incontournable pour la reconnaissance des caractères propres à chaque lignée. Ainsi on a pu qualifier de primitifs les caractères du chimpanzé en oubliant qu'un caractère de ces singes modernes peut être hérité d'un hominoïde ancien et s'être développé ensuite. C'est le cas d'une face très projetée vers l'avant, ou bien de l'inclinaison en avant de la mâchoire inférieure. 

La locomotion à quatre pattes sur l'articulation des phalanges des mains serait quant à elle une spécialisation des grands singes et pas un caractère ancestral. De même, la bipédie pratiquée par l'homme lui est propre. Ainsi, de nombreux traits considérés comme dérivés apparaissent au contraire primitifs et vice-versa. Certains caractères présents chez les chimpanzés actuels sont hérités des ancêtres du Miocène et partagés avec les premiers hominidés. C'est le cas par exemple du dimorphisme de la canine. Les caractères auxquels on s'attache pour définir des hommes et des singes méritent en conséquence d'être mieux appréhendés dans leur histoire et dans leur fonction. Voyons ce qu'il en est de la locomotion. 

Les hominidés fossiles de la fin du Miocène, que ce soit en Afrique centrale ou orientale, ont vécu dans des milieux plus boisés qu'on ne le pensait auparavant. La bipédie serait née dans ces milieux arborés. Ce scénario s'accorde avec les résultats des travaux sur la locomotion des premiers hominidés : Orrorin était adapté à la fois à la bipédie et au grimper arboricole, tout comme le seront plus tard les australopithèques, dont Lucy. 

La prise en compte des données environnementales pour comprendre l'évolution de la bipédie humaine est ancienne. Dès 1964, le primatologue John Napier considéra les comportements locomoteurs dans leur cadre environnemental. Il a renforcé l'idée que pour donner une définition de l'homme, il ne fallait pas se limiter aux travaux sur le crâne, le cerveau et les dents, mais qu'il était essentiel d'inclure les comportements locomoteurs. Selon lui, l'évolution des primates était largement liée aux adaptations locomotrices elles-mêmes liées à des changements écologiques ; et l'homme ne faisait pas exception. Il a ainsi montré que les premiers hominidés d'Afrique du Sud étaient bipèdes, mais qu'il existait des différences entre les espèces liées aux environnements distincts. 

Les travaux ultérieurs ont montré que même si les australopithèques étaient bipèdes, ils restaient de bons grimpeurs aux arbres. Et en cela, la découverte d'Orrorin est intéressante, car elle révèle que l'association de la bipédie avec la capacité de grimper est déjà présente chez cet hominidé de 6 millions d'années. L'arbre a donc bien eu un rôle fondamental dans notre histoire. Où était l'arbre originel ?  

En quête d'un berceau 

Trouver un lieu d'origine pour les hominidés reste une quête illusoire. L'Afrique orientale ? L'Afrique australe ? L'Afrique centrale ? L'Europe ? Et pourquoi pas ailleurs encore ? L'Asie a été proposée comme étant un berceau probable des hominidés dès 1915 quand le Britannique Guy Pilgrim présenta Sivapithecus (de 12 à 8 millions d'années), un fossile qu'il avait trouvé en Inde. Ramapithecus découvert en 1934 par Edward Lewis allait aussi dans ce sens. L'Europe a aussi été un temps avancée après avec la découverte du squelette de Oreopithecus bambolii, en Italie, par le Suisse J. Hürzeler en 1958. 

Puis vint le tour de l'Afrique. Comme l'avait suggéré Charles Darwin, ce continent est le probable creuset des hominidés. Cette hypothèse s'imposa avec la découverte du Kenyapithecus par Louis Leakey en 1961, qui serait un équivalent africain du ramapithèque, et le scénario East Side Story proposé par Yves Coppens dès 1981 . 

Lorsque les rudapithèques de Hongrie ont été découverts, certains tel le Canadien David Begun ont imaginé que l'origine des hominidés devait se situer en Europe. Elle aurait été suivie d'un retour en Afrique. Cette hypothèse Back to Africa suggère qu'après avoir émigré d'Afrique vers l'Eurasie où les hominoïdes se sont largement développés, certains ont évolué vers un ancêtre potentiel des grands singes africains et des hommes, qui serait revenu en Afrique pour donner naissance aux chimpanzés, gorilles et hommes. Les premiers hominidés seraient donc les descendants d'hominoïdes de grande taille qui auraient vécu en Eurasie à l'exclusion de l'Afrique. 

Plus récemment, à partir de nouvelles découvertes européennes, David Begun et ses collègues ont suggéré que l'Eurasie serait un meilleur candidat que l'Afrique. Cependant, ces données sont fondées sur un biais : les hominoïdes étaient certes très diversifiés en Eurasie entre 13 et 8,5 millions d'années , mais ce n'est pas pour autant qu'ils étaient absents du continent africain. Ils sont en fait connus en Éthiopie, au Kenya, en Namibie, au Tchad et au Niger : il n'y a donc aucune raison de préférer l'Eurasie comme berceau des hominidés. L'hypothèse Back to Africa ne semble pas se confirmer. Le scénario d'une origine africaine serait-il alors nécessairement meilleur ? 

En prenant en compte les données climatiques, on peut proposer une autre histoire. Les hominoïdes non humains sont des animaux tropicaux et tout au long des 25 millions d'années de leur évolution, ils ont habité les forêts tropicales de l'Ancien Monde. Il est donc logique de penser que leurs ancêtres vivaient dans des régions tropicales et que de nombreux échanges, incluant les hominidés, ont eu lieu entre l'Afrique et le sud de l'Eurasie au cours du Miocène moyen et supérieur (de 16 à 5,5 millions d'années). 

Entre arctique et antarctique 

Au Miocène inférieur (de 23 à 16 millions d'années), la plus grande partie de l'Afrique était sous les tropiques et les hominoïdes se distribuaient sur tout le continent. Quand la calotte polaire antarctique s'est développée pour recouvrir le continent il y a 17 millions d'années environ, les ceintures climatiques terrestres ont migré vers le nord et les régions de moyennes latitudes en Eurasie devinrent subtropicales, permettant ainsi aux hominoïdes de se disperser de l'Espagne, à l'ouest, à la Chine, à l'est, et vers le nord, jusqu'à l'Allemagne et la Hongrie. 

Il y a 8 à 10 millions d'années environ, la calotte glaciaire arctique s'est développée à son tour, les ceintures climatiques se sont alors déplacées vers le sud pour atteindre la position qu'elles occupent aujourd'hui. Les grands singes ont peu à peu disparu d'Eurasie, sauf dans l'Asie du Sud-Est, où les orangs-outans et les gibbons restent adaptés aux milieux tropicaux. Pendant des millions d'années, des échanges ont eu lieu entre l'Afrique et l'Eurasie et les hominoïdes ont certainement pu se déplacer librement entre les continents. 

Il y a entre 13 et 6 millions d'années, les hominoïdes n'ont pas abandonné l'Afrique, car ils y sont toujours présents dans la zone intertropicale du nord de la Namibie à l'Afrique orientale en passant par le Niger. C'est pourquoi il est impossible aujourd'hui de proposer une origine géographique précise pour l'origine des grands singes africains et des hominidés, bien que les paléoenvironnements et les zones tropicales puissent être prédits avec une certaine confiance. Néanmoins, en l'état actuel des découvertes, les plus anciens grands singes africains de type moderne et les plus anciens hominidés n'ont été trouvés qu'en Afrique. Quant à la date de la divergence, les données du Miocène supérieur suggèrent qu'elle est probablement plus ancienne qu'on ne le pense, peut-être même aux environs de 12 millions d'années. C'est pourquoi il est essentiel de continuer à prospecter, notamment dans les régions mal connues de l'Afrique. 

De fait, lorsque l'on regarde la distribution des australopithèques, les plus anciens que l'on connaisse ont 4,5 millions d'années environ et proviennent d'Afrique orientale. Ils sont également bien représentés en Afrique du Sud, mais dans des niveaux un peu plus jeunes. On admet souvent que les hominidés sud-africains sont venus de l'est du continent, mais rien n'est moins sûr : en effet, des hominoïdes étaient présents en Afrique du Sud au Miocène inférieur (de 23 à 16 millions d'années) et au Miocène moyen (de 16 à 11 millions d'années) on les retrouve en Namibie avec Otavipithecus namibiensis. Que sont devenus les descendants de ces formes ? Auraient-elles toutes migré vers le nord et l'est de l'Afrique ? Ont-elles migré vers l'ouest ? Auraient-elles évolué sur place ? Autant de questions qui restent ouvertes aujourd'hui. Les hominoïdes d'Afrique australe sont encore mal connus, peu nombreux, car il y a peu de gisements continentaux à primates dans cette région et ils sont souvent marginalisés dans les scénarios évolutifs. 

Toutes les théories concernant l'origine de l'homme ont présenté un volet géographique, mais c'est probablement ce dernier qui est le moins solide au vu des lacunes dans le registre paléontologique et du peu de restes d'hominidés du Miocène et de fossiles de grands singes de type moderne. Ce qui reste sûr est que les grands singes actuels, comme les premiers hominidés, sont issus de la diversité des hominoïdes du Miocène, qu'ils étaient inféodés aux milieux tropicaux. Les hominidés ne sortiront des tropiques que plus tard pour s'établir dans des milieux plus tempérés, voire frais. De fait, l'homme a maintenu cette adaptation au milieu chaud en tropicalisant son environnement : nous portons des vêtements, nous chauffons nos foyers… 

Source : Pour la Science du 04/01/2017

mardi 7 mai 2013

Origine et évolution de la lignée humaine

La lignée humaine est issue de primates vivant en Afrique. On considérait jusqu'au début des années 2000 qu'elle débutait avec les australopithèques, il y a 4 à 6 millions d'années. Cependant, des fossiles découverts en 2000 et 2001 (l'« Ancêtre du Millénaire » [Orrorin tugenensis], daté de 6 millions d'années, et « Toumaï » [Sahelanthropus tchadensis], daté de 7 millions d'années) pourraient représenter des ancêtres plus anciens et plus proches de la lignée des grands singes.

Des origines mystérieuses

Daté d'environ 20 millions d'années, Proconsul, singe au mode de vie largement terrestre, mais à la locomotion quadrupède, était considéré comme l'ancêtre probable des grands singes et des australopithèques. Depuis 1997, on connaît un autre candidat à ce statut : Moropothecus (17 millions d'années), aux mœurs arboricoles, mais dont la capacité à se tenir suspendu aux branches, qui provoquait le redressement du corps, favorisait peut-être la station debout et la bipédie.

Découvert en Afrique de l'Est, le kenyapithèque est peut-être apparenté à l'otavipithèque (Afrique du Sud et Namibie). Ses fossiles, datant de 15 à 12 millions d'années, sont fragmentaires.

Les australopithèques

Deux genres, d'une ancienneté supérieure à 4 millions d'années, représentent les premiers hominidés. Il s'agit du genre Australopithecus (les australopithèques), représenté par au moins quatre espèces, et du genre Ardipithecus (deux espèces mises au jour en Éthiopie : Ardipithecus Ramidus, en 1992, et Ardipithecus kadabba, en 2001). Si les Ardipihecus présentent des caractères les rapprochant à la fois des australopithèques et des grands singes africains (gorille et chimpanzé), la tribu des hominines (lignée humaine) semble bien issue des australopithèques.

Lucy et les autres australopithèques

L'espèce Australopithecus afarensis est bien connue depuis la découverte, en 1976, du squelette presque complet de « Lucy » (3,2 millions d'années). Célébrée comme notre « arrière-grand-mère », Lucy ne représente pourtant plus les ancêtres directs de l'homme depuis la mise au jour, dans les années 1990, de plusieurs autres fossiles d'australopithèques. Trois espèces, Australopithecus africanus, Australopithecus anamensis et Australopithecus bahrelgahazali, (Abel), se révèlent plus proches de la souche ancestrale du genre humain (Homo) et, parmi eux, Australopithecus africanus possède le crâne le plus « humain ».

L'étude des australopithèques révèle que leur marche bipède était encore imparfaite (petites enjambées accompagnées d'un fort balancement du corps) et qu'ils pouvaient très bien grimper aux arbres. D'une taille comprise entre 1,10 m (Lucy) et 1,50 m, ils avaient un petit cerveau (de l'ordre de 400 cm3) et une face proéminente au niveau des mâchoires (prognathisme).

Les paranthropes

Découverts en Afrique à partir de 1938 et identifiés dans les années 1960 comme des australopithèques « robustes » à cause de leurs fortes mâchoires, les paranthropes ont retrouvé un statut distinct de celui des australopithèques. Contemporains des premiers humains (genre Homo), ils représentent un autre genre d'homininés, à la dentition adaptée à une nourriture végétale coriace (racines, graines…), mais au cerveau plus développé que celui de la plupart des australopithèques. En outre, ils devaient présenter une plus grande aptitude à la bipédie, ainsi qu'une meilleure dextérité manuelle (Paranthropus garhi).

Les paranthropes vivaient durant une période de diversification des homininés, entre 2,5 et 1,4 million d'années, qui faisait suite à l'« âge des australopithèques ». Ils cohabitaient en Afrique avec plusieurs représentants du genre Homo (Homo habilis, Homo rudolfensis, puis Homo ergaster et Homo erectus). Si leurs liens de parenté avec les australopithèques sont encore mal établis (Paranthropus robustus pourrait descendre de Australopithecus africanus), on considère qu'ils se sont éteints sans descendance.


lundi 3 septembre 2012

Nouvelles réponses sur l'origine du genre Homo

D'où venons-nous? De nouveaux fossiles découverts au Kenya apportent la preuve de la diversité des premiers représentants du genre Homo, auquel appartient l'Homme moderne, selon une étude publiée dans la revue scientifique britannique Nature.

Les nouvelles pièces du puzzle - une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure - ont été découvertes entre 2007 et 2009 à l'est du lac Turkana par le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey.

Ces nouveaux fossiles confirment, disent les auteurs de l'étude, qu'ont co-existé sur le continent africain, il y a près de deux millions d'années, deux espèces distinctes d'Homo erectus, Homo habilis et Homo rudolfensis.

«Il est maintenant clair que deux espèces d'Homo ont vécu en même temps qu'H. erectus», a déclaré Fred Spoor (Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste, Leipzig, Allemagne) qui a dirigé les analyses scientifiques.

«L'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite» qui a pu être tracée par le passé, a-t-il commenté au cours d'une téléconférence.

Le débat sur le nombre des espèces d'Homo présentes au début du Pléistocène a été ouvert en 1972, avec la découverte par le KFRP d'un crâne connu sous l'appellation «KNM-ER 1470», sur le site de Koobi Fora au Kenya. Ce crâne fut originellement daté à 2,8 millions d'années, avant d'être réévalué à 1,9 million d'années.

Sa taxonomie (classification) est restée controversée ces quatre dernières décennies. Il a d'abord été classé parmi les H. habilis, espèce dont Louis Leakey, beau-père de Meave Leakey, est le co-découvreur, puis attribué au genre Australopithecus et fut enfin à l'origine de la création d'une nouvelle espèce, H. rudolfensis (de lac Rodolphe, ancien nom du lac Turkana).

«Enfin des réponses»

La morphologie de KNM-ER 1470 est inhabituelle, mais les comparaisons étaient rendues difficiles du fait qu'il lui manquait la mâchoire inférieure et les dents. De plus, la découverte restait isolée.

Les trois fossiles mis au jour dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470, qui remontent à entre 1,78 million et 1,95 million d'années, permettent d'en compléter le portrait.

«Ces 40 dernières années, nous avons activement recherché dans la vaste étendue de sédiments autour du lac Turkana des fossiles qui confirment les caractéristiques uniques du visage de KNM-ER 1470 et nous montrent à quoi ses dents et sa mâchoire inférieure auraient ressemblé», a expliqué Meave Leakey. «Nous avons enfin des réponses», a-t-elle ajouté.

«Les nouveaux fossiles vont grandement contribuer à éclairer la manière dont notre branche de l'évolution humaine est apparue et a prospéré il y a près de deux millions d'années», a souligné Fred Spoor.

Des experts estiment que ces résultats montrent bien la complexité de l'évolution humaine, mais restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés.

Dans un commentaire publié par Nature, Bernard Wood (Université George Washington, Washington, États-Unis) invite à poursuivre les analyses.

«Peut-être ces deux taxons appartenaient-ils à une lignée différente de celle dont H. sapiens est issu ?», s'interroge le paléoanthropologue.

«Ma prédiction est que d'ici à 2064, un siècle après la description par Leakey d'H. habilis, les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l'évolution humaine comme remarquablement simplistes», conclut-il.

Toutes les espèces du genre Homo sont aujourd'hui éteintes sauf H. sapiens.

Source : La Presse du 09/08/2012

mercredi 15 août 2012

Homo erectus a cohabité avec d'autres espèces humaines en Afrique

De nouveaux fossiles découverts au Kenya prouvent que les premiers représentants du genre Homo, auquel appartient l'Homme moderne, ont coexisté à la même période sur le continent africain.

Des chercheurs ont découvert entre 2007 et 2009, au Kenya, une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure d’Homo erectus. Or, selon les auteurs de l’étude parue dans la revue Nature, ces nouveaux fossiles confirment que, il y a près de deux millions d'années, sur le continent africain, des Homo habilis et des Homo rudolfensis (deux espèces distinctes d'Homo erectus) ont cohabité.

"Il est maintenant clair que deux espèces d'Homo ont vécu en même temps qu'H. erectus", indique ainsi Fred Spoor (de l’Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste) qui a dirigé les analyses scientifiques. "L'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite" qui a pu être tracée par le passé, a-t-il encore déclaré au cours d'une téléconférence relayée par l'AFP. En effet, en 1972, le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey découvrait un crâne connu sous l'appellation "KNM-ER 1470", sur le site de Koobi Fora au Kenya. C’est ainsi qu’un débat sur le nombre des espèces d'Homo présentes au début du Pléistocène a été ouvert.

Reconstitution du visage d'Homo Rudolfensis ER 1470

Initialement classé parmi les Homo habilis, il fut ensuite attribué au genre Australopithecus avant d’être à l'origine de la création d'une nouvelle espèce, l’Homo rudolfensis (du lac Rodolphe, ancien nom du lac Turkana). Si la morphologie de KNM-ER 1470 est apparue inhabituelle, les comparaisons étaient rendues difficiles du fait qu'il lui manquait la mâchoire inférieure et les dents. Mais grâce aux trois nouveaux fossiles découverts dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470, il est devenu possible d'en compléter le portrait.

Eclairer l'origine de notre branche de l'évolution humaine

"Ces 40 dernières années, nous avons activement recherché dans la vaste étendue de sédiments autour du lac Turkana des fossiles qui confirment les caractéristiques uniques du visage de KNM-ER 1470 et nous montrent à quoi ses dents et sa mâchoire inférieure auraient ressemblé", a expliqué Meave Leakey. "Nous avons enfin des réponses", se félicite-t-elle ainsi. "Les nouveaux fossiles vont grandement contribuer à éclairer la manière dont notre branche de l'évolution humaine est apparue et a prospéré il y a près de deux millions d'années", a souligné pour sa part Fred Spoor.

Néanmoins, ces résultats montrent combien la complexité de l'évolution humaine et les scientifiques restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés. Aussi, le paléoanthropologue Bernard Wood estime que les analyses doivent être poursuivies et conclut : "Ma prédiction est que d'ici à 2064, un siècle après la description par Leakey d'H. habilis, les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l'évolution humaine comme remarquablement simplistes".

Source : MaxiSciences du 10/08/2012

lundi 13 août 2012

L'Homo erectus cohabitait avec l'Homo habilis et l'Homo rudolfensis

SCIENCES - Des morceaux de crâne fossilisés montrent qu'il y avait au moins trois lignées différentes d'Homo il y a 2 millions d'années...

L’Homo erectus n’était pas seul. Trois fossiles découverts au Kenya à la fin des années 2000 confirment que deux espèces distinctes de l'Homo erectus -l'Homo habilis et l'Homo rudolfensis- ont coexisté sur le continent africain, il y a près de deux millions d'années, selon une étude publiée mercredi dans la revue scientifique britannique Nature.

Image fournie par National Geographic et «Nature», montrant une reconstruction informatique du crâne KNM-ER 1470.

Ces fossiles- une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure - ont été découverts entre 2007 et 2009 à l'est du lac Turkana au Kenya par le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey. «Il est maintenant clair que deux espèces d'Homo ont vécu en même temps que l'Homo erectus», a déclaré Fred Spoor qui a dirigé les analyses scientifiques en relevant: «l'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite» qui a pu être tracée par le passé.

«Nous avons enfin des réponses»

L’étude publiée dans Nature se concentre sur l'Homo rudolfensis, un hominidé identifié grâce à la découverte en 1972 d'un crâne connu sous l'appellation «KNM-ER 1470», sur le site de Koobi Fora. Cette découverte est à l’origine du débat sur le nombre des espèces d'Homo : d'abord classé parmi les Homo habilis, puis attribué au genre Australopithecus, le crâne a finalement été classé comme Homo rudolfensis-appellation inspirée par le lac Rodolphe, ancien nom du lac Turkana-, et permis de créer cette nouvelle espèce.

D’autres fossiles avaient été classés depuis dans la même lignée, mais aucun ne présentait à la fois une face et une mâchoire inférieure, rendant problématique leur identification sûre et certaine, et lançant donc la polémique. Mais les trois fossiles mis au jour dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470 permettent d'en compléter le portrait.

Prudence

«Ces 40 dernières années, nous avons activement recherché dans la vaste étendue de sédiments autour du lac Turkana des fossiles qui confirment les caractéristiques uniques du visage de KNM-ER 1470 et nous montrent à quoi ses dents et sa mâchoire inférieure auraient ressemblé», a expliqué Meave Leakey co-directrice des recherches. «Nous avons enfin des réponses», a-t-elle ajouté.

Des experts estiment que ces résultats montrent bien la complexité de l'évolution humaine, mais restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés. Dans un commentaire publié par Nature, Bernard Wood (Université George Washington, Washington, États-Unis) invite à poursuivre les analyses.

«Peut-être ces deux taxons appartenaient-ils à une lignée différente de celle dont H. sapiens est issu ?», s'interroge le paléoanthropologue. «Ma prédiction est que d'ici à 2064, un siècle après la description par Leakey d'Homo habilis, les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l'évolution humaine comme remarquablement simplistes», conclut-il.

mercredi 13 juin 2012

Afrique du Sud : décès du grand paléoanthropologue Phillip Tobias


Le paléoanthropologue sud-africain Phillip Tobias, une sommité mondiale dans les domaines de l'évolution humaine et de l'étude des fossiles d'hominidés, est décédé jeudi à l'âge de 86 ans à Johannesburg, a annoncé l'université de Witwatersrand à Johannesburg.

Avec lui, c'est aussi une grande voix de la lutte contre le racisme qui s'est éteinte et la fondation Nelson Mandela lui a rendu hommage, en saluant l'"icône de la science et le militant anti-apartheid" qu'était Phillip Tobias.

Officiellement retraité depuis 1993, ce dernier restait très actif et un pilier de la science en Afrique du Sud.

Il restera comme l'un des pionniers des travaux sur les sites d'hominidés fossiles, notamment les grottes de Sterkfontein (nord-ouest de Johannesburg), fouillées à partir des années 1960 et classées depuis au patrimoine de l'Unesco.

C'est dans ce lieu qu'a été mis au jour "Little foot", le plus ancien et le plus complet des squelettes d'australopithèque jamais découvert et dont la datation le situe à plus de 4 millions d'années.

Pressenti pour le prix Nobel.

Né à Durban le 14 octobre 1925, Tobias aura gardé jusqu'à la fin de sa vie une curiosité intacte et sans limite pour la génétique, l'histoire et la théologie.

Pressenti trois fois pour le prix Nobel, Philipp Tobias était aussi un homme de convictions, apprécié pour ses qualités humaines et ses talents de pédagogue.

En 2002, il anima une série télévisée à succès en six épisodes consacrée à la génétique, l'anatomie et la primatologie.

Ces dernières années, il ne s'économisait pas pour protester contre la xénophobie, le déni initial des autorités post-apartheid face à l'épidémie de sida ou, plus récemment contre le visa sud-africain refusé au dalaï-lama, a rappelé l'université de Witwatersrand.

Etudiant en médecine à partir de 1944, Phillip Tobias s'orienta vers la génétique, enseigna la physiologie et l'histoire avant de se spécialiser en anthropologie, génétique humaine, anatomie dentaire et évolution.

En collaboration avec Louis Leakey (1903-1972) et John Napier, il a identifié, décrit et nommé l'espèce Homo habilis, annoncée dans la revue Nature en 1964, et ancêtre de l'Homo sapiens sapiens que nous sommes.

Des recherches menées à l'époque sans le moindre soutien ni encouragement des autorités de l'apartheid. Des années "très difficiles", confiait-il dans une interview à l'AFP en 2006, ironisant à demi-mots sur ceux qui choisirent de combattre le régime nationaliste et raciste depuis l'étranger, lui-même préférant lutter de l'intérieur.

C'est lui qui pilota au nom de l'Afrique du Sud les négociations avec la France pour rapatrier en 2002 les restes de la "Vénus hottentote", une femme bushmen née Saartje Bartmann, amenée au début du XIXe siècle en Europe comme objet de curiosité ethnologique et sexuelle, et disséquée après sa mort par le Musée de l'Homme à Paris.

Source ; Le Nouvel Observateur du 07/06/2012

lundi 18 octobre 2010

Histoire des découvertes

L'Homme ne sait que depuis un siècle et demi qu'il a une histoire, ce qui à l'échelle même de cette histoire représente une période très brève. Toumai (Sahelanthropus tchadensis), découvert en 2001 en Afrique centrale, est actuellement le plus lointain de nos ancêtres connus ; il a 7 millions d'années.

Première période de découvertes

Au début du XIXe siècle, l'Ancien testament est l'ouvrage de référence qui décrit l'histoire de l'Homme sur la Terre. Il est alors lu littéralement, et pour une très grande majorité l'aventure humaine est avant tout céleste, dans son origine comme dans son évolution. En l'espace d'un demi-siècle, l'association de la théorie de l'évolution de Charles Darwin et de découvertes allant dans son sens vont progressivement modifier cette vision que l'Homme a de lui, l'amenant à considérer les écrits bibliques comme plus allégoriques, et le poussant surtout à concevoir le fait qu'il a bel et bien un passé terrestre, qui est peut-être beaucoup plus étendu dans le temps que ce qui aurait pu être imaginé.

En 1836, Philippe-Charles Schmerling, médecin belge, découvre à Engis plusieurs ossements fossiles, dont un crâne humain qui sera bien plus tard identifié comme celui d'un enfant néandertalien. Mais il est à l'époque encore trop tôt pour admettre l'existence passée d'une autre espèce humaine. En 1848, un crâne d'adulte, beaucoup plus caractéristique, sera découvert à Gibraltar ; il subira le même sort que son ami belge.

En 1856, dans une carrière de la vallée allemande de Neander, des ouvriers mettent au jour des ossements et un fragment de crâne qu'ils remettent à Johann Carl Fuhlrott, un passionné d'histoire naturelle. Celui-ci remarque immédiatement la particularité de ces ossements qui, bien qu'étant visiblement différents de ceux d'un homme actuel, en possèdent tout de même certaines caractéristiques. Mais là encore, on ne va pas admettre immédiatement la parenté de l'hominidé auquel a appartenu ce crâne avec notre espèce. Le nom du lieu de la découverte va pourtant devenir célèbre, après que dans les années suivantes, les découvertes d'ossements de ce genre se sont multipliées. L'espèce Homo neanderthalensis est décrite en 1864 et il s'agit du premier hominidé fossile identifié. Les autres découvertes anciennes concernent à la fois des fossiles d'Homo sapiens (Cro-Magnon en 1868) et d'Homme de Néandertal, dont les squelettes de la Grotte de Spy en 1886 et de la Chapelle-aux-Saints en 1908.

En 1859, première date cruciale pour la théorie de l'évolution, Charles Darwin publie L'Origine des espèces. Suite aux théories énoncées dans cet ouvrage, le biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel proposa un arbre généalogique théorique de l’homme dans lequel il fait apparaître un « chaînon manquant », un être intermédiaire entre le singe et l’homme. Dans son ouvrage L’histoire de la création naturelle paru en 1868, il nomma cette créature hypothétique Pithecanthropus alalus. Le nom de genre est formé à partir des racines grecques πίθηκος, píthēkos, « singe » et ἄνθρωπος, anthropos, « homme ». Le nom d’espèce est formé sur le préfixe privatif « a- » et le λαλέω / laleô, « parler » : l’absence de langage articulé était en effet considérée comme l’une des caractéristiques nécessaires du Pithécanthrope.

Cette théorie entrainera à son tour l'anatomiste néerlandais Eugène Dubois dans des expéditions vers la Malaisie et l'Indonésie. À partir de 1891, ce dernier découvrira sur l'île de Java des ossements fossiles ayant appartenu à ce fameux Pithecanthropus. Il définit alors l'espèce Pithecanthropus erectus, unfémur mis au jour appartenant incontestablement à un être bipède.

En 1921, le géologue suédois Johan Gunnar Andersson (en) découvre à Zhoukoudian en Chine, près de Pékin, des fossiles que le professeur canadien Davidson Black décrit en 1927 comme appartenant à une nouvelle espèce contemporaine de Pithecanthropus erectus, le Sinanthrope. Pierre Teilhard de Chardin découvre par la suite, au même endroit, un nombre impressionnant de restes d'hominines du même type, qui seront cependant perdus pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu'ils sont en route pour l'Amérique.

Aujourd'hui, le Sinanthrope et le Pithécanthrope sont regroupés au sein de l'espèce Homo erectus, cantonnée à l'Asie selon certains paléoanthropologues.

En 1871, Darwin publie La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe, ouvrage dans lequel il avance que, dans la nature actuelle, les chimpanzés et les gorilles sont les plus proches de l'espèce humaine et qu'un jour, on trouvera des ancêtres communs aux deux et qui seront africains. paléoanthropologie.

En 1912, on annonce la découverte sensationnelle en Angleterre, à Piltdown, d'un crâne d'homme qui a toutes les caractéristiques de l'homme actuel, excepté une mâchoire primitive. On voit en ce fossile le « chaînon manquant » tant recherché entre le singe et l'Homme. Il a 600 000 ans environ ; il est alors décrit comme le véritable ancêtre de l'Homme moderne, au détriment de l'Homme de Néandertal. Il faudra attendre 1953 pour que l'on démontre que l'homme de Piltdown est une supercherie.

Deuxième période de découvertes

En 1924, Raymond Dart découvre le fossile de l'enfant de Taung en Afrique du Sud ; c'est le premier australopithèque connu. Mais à ce moment-là, l'homme de Piltdown est considéré comme l'ancêtre de l'homme et faire accepter à la communauté que l'enfant de Taung, âgé de plus de 2 millions d'années, africain de surcroît, est le véritable ancêtre n'est pas chose facile. Dart va se battre jusqu'en 1953, date à laquelle les restes de Piltdown sont analysés plus précisément, et où est révélée la supercherie. On découvrira dans les années suivantes d'autres australopithèques en Afrique du Sud.

En 1959, Louis et Mary Leakey trouvent le premier australopithèque robuste en Afrique centrale. Ils créent l'espèce Australopithecus boisei, datant d'1,75 millions d'années.

En 1967, Wilson et Sykes, biologistes moléculaires, affirment qu'entre les bonobos, espèce de chimpanzé, et l'Homme, il n'y a pas plus de 2 % d'écart au niveau génétique. La prévision de Darwin de 1871 est alors en partie vérifiée. Ils évaluent la date de la dichotomie entre le chimpanzé et l'Homme aux alentours de 3 millions d'années ; il y a 3 millions d'années aurait vécu un ancêtre commun au singe et à l'Homme, qui aurait donné naissance à ces deux branches.

En 1974, Lucy (Australopithecus afarensis) est découverte, toujours en Afrique orientale ; elle a 3,2 millions d'années et bouscule les prévisions. Yves Coppens popularise l'East Side Story quelques années plus tard, théorie qui localise le berceau de l'humanité à l'est du Grand rift africain. Depuis ces découvertes, les biologistes ont réévalué l'époque de la dichotomie et estiment qu'elle pourrait avoir eu lieu il y a 6,3 Ma. Selon Michel Brunet, dont l'équipe a mis au jour Toumaï, la séparation entre l'Homme et le singe à partir de l'ancêtre commun aurait eu lieu aux alentours de 8 Ma, ce qui reste une hypothèse à vérifier.

En 1982, David Pilbeam découvre une face d'hominoïde au Pakistan datant d'environ 10 Ma ; elle est attribuée à une nouvelle espèce de primates, le Ramapithecus ; ce fossile est aujourd'hui considéré comme la femelle d'une espèce déjà connue, le Sivapithecus, espèce apparentée à l'orang-outan actuel.

En 1995, un fragment de mandibule d'un individu surnommé Abel (Australopithecus bahrelghazali) est retrouvé au Tchad ; le fossile date de 3,5 à 3 Ma et est plus ou moins contemporain de Lucy. Le sensationnel de cette découverte réside dans le fait qu'Abel est situé à 2500 km à l'ouest du Grand Rift, en Afrique centrale, ce qui remet en question la théorie de l'East Side Story.

En 2000, Orrorin tugenensis est retrouvé au Kenya ; il a 6 Ma.

En 2001, Ardipithecus kadabba (5,8 à 5,2 Ma) et Toumaï (Sahelanthropus tchadensis, 7 Ma) sont découverts, respectivement en Éthiopie et au Tchad.

Ces trois derniers hominidés du Miocène supérieur découverts récemment suscitent encore de nombreux débats, en particulier concernant leur éventuelle appartenance à la sous-tribu des hominines.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Paléoanthropologie de Wikipédia en français (auteurs)

mercredi 21 avril 2010

Les grandes découvertes de fossiles de nos ancêtres

1856
En Allemagne, dans la vallée de Neander, mise à jour d'ossements... c'est bien sûr le premier homme de néanderthal !

1891
C'est le Néerlandais Eugène Dubois qui découvre le pithécanthrope de Java.
Il est aujourd'hui classé dans l'espèce Homo erectus.

1924
En Afrique du sud, Raymond Dart paléontologue découvre le premier australopithèque : l'enfant de Taung.

1955
Encore des autralopithèques... mais d'Odulvai... découverts en Tanzanie par Louis Leakey.

1974
Yves Coppens et Maurice Taieb découvrent la fameuse Lucy, une australopthèque afarensis, en Afrique dans la région de l'Afar.

1991
Découverte d'Homo rudolfensis au Malawi.

1992
C'est Ardipithecus ramidis qui est trouvé (ardi signifiant «sol» et ramid, «racine» dans la langue de la population afar)

1995
Découverte d'Australopithecus anamensis au Kenya par Meave Leakey.
Abel, Australopithecus bahrelghazali est découvert au Kenya par Michel Brunet.

2000
En Géorgie, à Dmanissi, découverte de Geogicus, le premier européen par Davis Lordkipanidzé et Léo Gabounia.

Découverte d'Orrorin Tugenensis par Brigitte Senut. Surnommé Millenium ancestor.

2001
Meave Leakey découvre Kenyanthropus playtops au Kenya

2002
Toumaï (Sahelanthropus tchadensis) fait une entrée remarquée chez les hominidés... C'est Michel Brunet qui a fait cette découverte controversée.

2004
Découverte d'un nouvel hominidé sur l'île de Flores (Indonésie) : Homo floresiensis

Source : Hominidés.com

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Histoire
L'Homme ne sait que depuis un siècle et demi qu'il a une histoire, ce qui à l'échelle même de cette histoire représente une période très brève. Toumai (Sahelanthropus tchadensis), découvert en 2001 en Afrique centrale, est actuellement le plus lointain de nos ancêtres connus ; il a 7 millions d'années.

Première période de découvertes
Au début du XIXe siècle, l'Ancien testament est l'ouvrage de référence qui décrit l'histoire de l'Homme sur la Terre. Il est alors lu littéralement, et pour une très grande majorité l'aventure humaine est avant tout céleste, dans son origine comme dans son évolution. En l'espace d'un demi-siècle, l'association de la théorie de l'évolution de Charles Darwin et de découvertes allant dans son sens vont progressivement modifier cette vision que l'Homme a de lui, l'amenant à considérer les écrits bibliques comme plus allégoriques, et le poussant surtout à concevoir le fait qu'il a bel et bien un passé terrestre, qui est peut-être beaucoup plus étendu dans le temps que ce qui aurait pu être imaginé.

En 1836, Philippe-Charles Schmerling, médecin belge, découvre à Engis plusieurs ossements fossiles, dont un crâne humain qui sera bien plus tard identifié comme celui d'un enfant néandertalien. Mais il est à l'époque encore trop tôt pour admettre l'existence passée d'une autre espèce humaine. En 1848, un crâne d'adulte, beaucoup plus caractéristique, sera découvert à Gibraltar ; il subira le même sort que son ami belge.

En 1856, dans une carrière de la vallée allemande de Neander, des ouvriers mettent au jour des ossements et un fragment de crâne qu'ils remettent à Johann Carl Fuhlrott, un passionné d'histoire naturelle. Celui-ci remarque immédiatement la particularité de ces ossements qui, bien qu'étant visiblement différents de ceux d'un homme actuel, en possèdent tout de même certaines caractéristiques. Mais là encore, on ne va pas admettre immédiatement la parenté de l'hominidé auquel a appartenu ce crâne avec notre espèce. Le nom du lieu de la découverte va pourtant devenir célèbre, après que dans les années suivantes, les découvertes d'ossements de ce genre se sont multipliées. L'espèce Homo neanderthalensis est décrite en 1864 et il s'agit du premier hominidé fossile identifié. Les autres découvertes anciennes concernent à la fois des fossiles d'Homo sapiens (Cro-Magnon en 1868) et d'Homme de Néandertal, dont les squelettes de la Grotte de Spy en 1886 et de la Chapelle-aux-Saints en 1908.

En 1859, première date cruciale pour la théorie de l'évolution, Charles Darwin publie L'Origine des espèces. Suite aux théories énoncées dans cet ouvrage, le biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel proposa un arbre généalogique théorique de l’homme dans lequel il fait apparaître un « chaînon manquant », un être intermédiaire entre le singe et l’homme. Dans son ouvrage L’histoire de la création naturelle paru en 1868, il nomma cette créature hypothétique Pithecanthropus alalus. Le nom de genre est formé à partir des racines grecques πίθηκος, píthēkos, « singe » et ἄνθρωπος, anthropos, « homme ». Le nom d’espèce est formé sur le préfixe privatif « a- » et le λαλέω / laleô, « parler » : l’absence de langage articulé était en effet considérée comme l’une des caractéristiques nécessaires du Pithécanthrope.

Cette théorie entrainera à son tour l'anatomiste néerlandais Eugène Dubois dans des expéditions vers la Malaisie et l'Indonésie. À partir de 1891, ce dernier découvrira sur l'île de Java des ossements fossiles ayant appartenu à ce fameux Pithecanthropus. Il définit alors l'espèce Pithecanthropus erectus, unfémur mis au jour appartenant incontestablement à un être bipède.

En 1921, le géologue suédois Johan Gunnar Andersson découvre à Zhoukoudian en Chine, près de Pékin, des fossiles que le professeur canadien Davidson Black décrit en 1927 comme appartenant à une nouvelle espèce contemporaine de Pithecanthropus erectus, le Sinanthrope. Pierre Teilhard de Chardin découvre par la suite, au même endroit, un nombre impressionnant de restes d'hominines du même type, qui seront cependant perdus pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu'ils sont en route pour l'Amérique.

Aujourd'hui, le Sinanthrope et le Pithécanthrope sont regroupés au sein de l'espèce Homo erectus, cantonnée à l'Asie selon certains paléoanthropologues.

En 1871, Darwin publie La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe, ouvrage dans lequel il avance que, dans la nature actuelle, les chimpanzés et les gorilles sont les plus proches de l'espèce humaine et qu'un jour, on trouvera des ancêtres communs aux deux et qui seront africains. paléoanthropologie.

En 1912, on annonce la découverte sensationnelle en Angleterre, à Piltdown, d'un crâne d'homme qui a toutes les caractéristiques de l'homme actuel, excepté une mâchoire primitive. On voit en ce fossile le « chaînon manquant » tant recherché entre le singe et l'Homme. Il a 600 000 ans environ ; il est alors décrit comme le véritable ancêtre de l'Homme moderne, au détriment de l'Homme de Néandertal. Il faudra attendre 1953 pour que l'on démontre que l'homme de Piltdown est une supercherie.

Deuxième période de découvertes
En 1924, Raymond Dart découvre le fossile de l'enfant de Taung en Afrique du Sud ; c'est le premier australopithèque connu. Mais à ce moment-là, l'homme de Piltdown est considéré comme l'ancêtre de l'homme et faire accepter à la communauté que l'enfant de Taung, âgé de plus de 2 millions d'années, africain de surcroît, est le véritable ancêtre n'est pas chose facile. Dart va se battre jusqu'en 1953, date à laquelle les restes de Piltdown sont analysés plus précisément, et où est révélée la supercherie. On découvrira dans les années suivantes d'autres australopithèques en Afrique du Sud.

En 1959, Louis et Mary Leakey trouvent le premier australopithèque robuste en Afrique centrale. Ils créent l'espèce Australopithecus boisei, datant d'1,75 millions d'années.

En 1967, Wilson et Sykes, biologistes moléculaires, affirment qu'entre les bonobos, espèce de chimpanzé, et l'Homme, il n'y a pas plus de 2 % d'écart au niveau génétique. La prévision de Darwin de 1871 est alors en partie vérifiée. Ils évaluent la date de la dichotomie entre le chimpanzé et l'Homme aux alentours de 3 millions d'années ; il y a 3 millions d'années aurait vécu un ancêtre commun au singe et à l'Homme, qui aurait donné naissance à ces deux branches.

En 1974, Lucy (Australopithecus afarensis) est découverte, toujours en Afrique orientale ; elle a 3,2 millions d'années et bouscule les prévisions. Yves Coppens popularise l'East Side Story quelques années plus tard, théorie qui localise le berceau de l'humanité à l'est du Grand rift africain. Depuis ces découvertes, les biologistes ont réévalué l'époque de la dichotomie et estiment qu'elle pourrait avoir eu lieu il y a 6,3 Ma. Selon Michel Brunet, dont l'équipe a mis au jour Toumaï, la séparation entre l'Homme et le singe à partir de l'ancêtre commun aurait eu lieu aux alentours de 8 Ma, ce qui reste une hypothèse à vérifier.

En 1982, David Pilbeam découvre une face d'hominoïde au Pakistan datant d'environ 10 Ma ; elle est attribuée à une nouvelle espèce de primates, le Ramapithecus ; ce fossile est aujourd'hui considéré comme la femelle d'une espèce déjà connue, le Sivapithecus, espèce apparentée à l'orang-outan actuel.

En 1995, un fragment de mandibule d'un individu surnommé Abel (Australopithecus bahrelghazali) est retrouvé au Tchad ; le fossile date de 3,5 à 3 Ma et est plus ou moins contemporain de Lucy. Le sensationnel de cette découverte réside dans le fait qu'Abel est situé à 2500 km à l'ouest du Grand Rift, en Afrique centrale, ce qui remet en question la théorie de l'East Side Story.

En 2000, Orrorin tugenensis est retrouvé au Kenya ; il a 6 Ma.

En 2001, Ardipithecus kadabba (5,8 à 5,2 Ma) et Toumaï (Sahelanthropus tchadensis, 7Ma) sont découverts, respectivement en Éthiopie et au Tchad.

Ces trois derniers hominidés du Miocène supérieur découverts récemment suscitent encore de nombreux débats, en particulier concernant leur éventuelle appartenance à la sous-tribu des hominines.

Source : Wikipedia

lundi 22 février 2010

Richard Leakey

Richard Leakey (né le 19 décembre 1944 à Nairobi) est un paléoanthropologue kenyan. Il est le deuxième des trois fils de Louis et Mary Leakey. Il a travaillé dans la partie Est de l'Afrique, et en particulier au Kenya avant de s'impliquer dans la politique de ce pays.

Après avoir dû abandonner ses études, il découvrit son goût pour la paléontologie en menant une expédition sur un site de fossiles qu'il avait découvert en le survolant. Constatant que ses travaux n'étaient pas pris au sérieux en raison de son manque de diplômes, il partit pour l'Angleterre afin de reprendre ses études universitaires. Après six mois, cependant, il revint chez lui pour recommencer ses safaris et ne fut jamais diplômé.

Alors que ses parents travaillaient essentiellement en Tanzanie dans les gorges d'Olduvai, Richard Leakey a étendu les travaux de paléontologie à une autre partie de la Vallée du grand rift au nord du Kenya.

Ses principales découvertes ont eu lieu autour du lac Turkana (anciennement lac Rudolph) au Kenya. Les premières découvertes majeures ont été effectuées par Richard Leakey et son équipe à l’est du lac Turkana dans les années 1970 : de nombreux restes fossiles d'Homo habilis, Homo rudolfensis, Homo ergaster (ou Homo erectus africains).

Les ouvrages de R. Leakey comprennent Les origines de l'Homme, Ceux du lac Turkana (tous les deux en collaboration avec Roger Lewin), L'origine illustrée des espèces et La naissance de l'Homme.

Plus récemment, c'est le côté Ouest du lac Turkana qui a livré les fossiles les plus spectaculaires, notamment le garçon de Turkana, découvert en 1984 par Kamoya Kimeu lors d'une prospection. Ce fossile, inventorié sous le code KNM-WT 15000, est à ce jour le squelette d'Homo ergaster le plus complet que l'on connaisse. Adolescent âgé d'une quinzaine d'années, les paléoanthropologues estiment qu'à l'âge adulte il aurait dépassé la taille d'1,8m, révélant qu'il y a près de 2 millions d'années certains de nos ancêtres pouvaient déjà avoir une corpulence semblable à celle des Homo sapiens. Leakey et Roger Lewin racontent l'histoire de leur découverte dans Réexamen des origines (1992). Peu de temps après la découverte du Garçon de Turkana, Leakey et son équipe découvrirent un crâne appartenant à une nouvelle espèce, Australopithecus aethiopicus (WT 17000).

Richard Leakey a également été le directeur des services de préservation de la vie sauvage du Kenya, rôle dans lequel il a initié les pratiques de destruction de l'ivoire d'éléphant repris aux braconniers.

Source : Wikipedia

jeudi 18 février 2010

Louis Leakey

Sir Louis Seymour Bazett Leakey (Nairobi, août 1903 - Londres, 1er octobre 1972), primatologue, paléontologue (paléo-primatologue) et archéologue brillant, a travaillé principalement dans la partie est de l'Afrique.

Source : Wikipedia

vendredi 12 février 2010

Mary Leakey

Mary Leakey (6 février 1913 - 9 décembre 1996), née Nicol, est une paléontologue et archéologue ayant consacré ses recherches à la préhistoire ancienne de l'Afrique de l'Est. Elle fut également la deuxième épouse de Louis Leakey, qui l'épousa en 1936.

Dès 1935, elle découvrit en Tanzanie deux fragments de pariétaux d'un probable Homo erectus.

Elle fit d'importantes découvertes d'Homo erectus et d'australopithèques (dont Zinj, mis au jour avec Louis en 1959 et vieux de 1,8 million d'années) sur le site d'Olduvai en Tanzanie, qu'elle reprit en charge après la disparition de Louis.

Mary Leakey fit diverses campagnes sur le site de Laetoli en 1959, 1964, puis à partir de 1974. Elle devint célèbre pour sa participation à l'étude, à partir de 1978, des traces de pas de trois hominidés bipèdes (des Australopithecus afarensis ?) fossilisées dans des cendres volcaniques à Laetoli en Tanzanie. Cette piste est celle de trois individus de corpulences différentes.

Le fils de Mary et Louis, Richard Leakey, a également été un paléontologue célèbre avant de se consacrer à la politique du Kenya.

Source : Wikipedia

jeudi 14 janvier 2010

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Source : Wikipedia

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Homme de petite taille entre 1,15 et 1,30 m, doté d'un cerveau d'environ 600 à 700 cm3. Il est omnivore, bipède, il vécu en Afrique de l'Est et du Sud entre 2.35 Ma et 1.6 Ma avant notre ère.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués


Sa fiche sur Hominidés.com

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2,4-1,4 MA.
Fragments crâniens (OH 7) ; mandibule (OH 4).
Tanzanie, Éthiopie et Kenya, Afrique de l’Est, peut-être aussi Afrique du Sud.
habilis a longtemps été supposé être le premier fabricant d’outils, mais les australopithèques l’ont précédé dans cette activité.

mercredi 13 janvier 2010

Paranthropus boisei

Paranthropus boisei est un hominidé fossile qui a vécu en Afrique orientale entre environ 2,4 et 1,2 million d'années avant notre ère, pendant le Pliocène et le Pléistocène inférieur. Il a d’abord été appelé Zinjanthropus boisei puis Australopithecus boisei. Aujourd'hui, il est souvent inclus dans le genre Paranthropus, dont il est le plus grand représentant. Toutefois, le débat concernant sa position phylogénétique n’est pas encore clos.

Découvertes
  • OH 5
Découvert par l'anthropologue Mary Leakey en juillet 1959 dans les Gorges d'Olduvai (Tanzanie), le crâne OH 5, surnommé « casse-noisette » (Nutcracker Man) est bien conservé et date de 1,75 million d'années ; il présente des traits différents de ceux des Australopithèques graciles. Mary et son époux Louis Leakey ont appelé le spécimen Zinjanthropus boisei ; boisei en hommage à Charles Boise, le mécène de cette équipe d'anthropologues ; zinj est un mot ancien pour désigner l'Afrique orientale et anthropos signifie homme en grec. Paranthropus boisei a acquis une grande importance quand Richard Leakey, le fils des deux anthropologues, a estimé que c’était la première espèce d’hominidés à avoir employé des outils en pierre.
  • KNM-ER 406
Un autre crâne, inventorié sous le numéro KNM-ER 406, a été mis au jour en 1969 par Richard Leakey et Mwongela Mutua à Koobi Fora, près du lac Turkana au Kenya. Ce crâne, attribué à un individu adulte, a une capacité endocranienne de 510 cm3 environ. Il est daté de 1,7 à 1,85 million d'années.

Source : Wikipedia

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Ethiopie, Tanzanie, Kénya De 2,3 à 1,2 million d'années Echantillon initial découvert en 1959 à Olduvai (OH5) caractérisé par de très grosses dents, hyper robuste peut-être intermédiaire entre A. africanus et A. robustus.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2,4 à 1,2 millions d'années
Taille : 1,20 à 1,50 m
Poids : 30 à 55 kg
Localisation : Afrique Orientale
Habitat : Arboré
Feux : Maîtrisé
Outils : Fabriqués

Sa fiche sur Hominidés.com

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2,2-1,2 MA.
Un crâne (OH 5).
Tanzanie, Éthiopie et Kenya.
Le zinjanthrope (son premier nom) a été contemporain de plusieurs espèces du genre Homo en Afrique.

jeudi 16 août 2007

Bousculade chez les Homo

La découverte de deux crânes remet en cause l’évolution du genre Homo : les deux espèces habilis et erectus ne se seraient pas succédé mais auraient cohabité durant 500 000 ans.

Jusqu’ici, les anthropologues avaient fait d’Homo erectus, découvreur du feu et grand conquérant de territoires nouveaux, le descendant d’Homo habilis, inventeur de jolis outils en pierre. Dans la série des fossiles, H. habilis apparaît entre - 2,5 millions d’années et - 1,5 million d’années. Ensuite, place à H. erectus, dont on retrouve des fossiles jusque vers - 250 000 ans.

Mais cette histoire trop simple est remise en cause par la double découverte d’une équipe américaine au Kenya. Près du lac Turkana, les scientifiques ont exhumé un reste de boîte crânienne très ancien de H. erectus, datant de 1,55 million d’années. La principale surprise est venue, sur le même secteur, de la découverte de fragments de mâchoire supérieure attribués à H. habilis mais datés de 1,44 million d'années seulement. Cette espèce aurait donc vécu plus longtemps qu’on ne le pensait. La trouvaille a de quoi devenir une affaire de famille puisque, parmi les chercheurs américains, figurent Louise Leakey et sa mère Meave Leakey, respectivement petite-fille et belle-fille de Louis Leakey, le découvreur de H. habilis en 1961.

Un demi million d’années de cohabitation

C’est plus que la chronologie du genre Homo qui est bousculée. Il y a 1,55 million d’années, H. erectus devait cohabiter avec H. habilis, ce dernier n’est donc pas le descendant du premier. Cette complication de l’arbre généalogique de l’homme moderne n’est pas une première, les anthropologues ayant dû à plusieurs reprises, par le passé, remplacer de simples filiations par un buissonnement plus complexe.

Les deux espèces pourraient donc dériver d'un ancêtre commun et ont probablement vécu dans les mêmes régions durant près d’un demi million d’années. Ce que l’on connaît de leurs régimes alimentaires démontre qu’il ne devait pas y avoir compétition entre les deux. H. habilis était en effet plus végétarien que le carnivore erectus, bon chasseur même s’il ne dédaignait pas la cueillette.

Source : Futura-Sciences du 16/08/2007

mardi 1 juillet 2003

Kenyanthropus platyops

Kenyanthropus platyops (« homme à face plate du Kenya »), unique représentant du genre Kenyanthropus, est une espèce aujourd'hui éteinte d'hominidés, datant du Pliocène supérieur soit il y a environ entre 3,5 et 3,2 Ma (millions d'années).

Le principal fossile est un crâne, découvert en 1999 par l'équipe de Meave Leakey, sur la rive ouest du Lac Turkana au Kenya.

Fossiles et principales caractéristiques

Le spécimen princeps (KNM-WT 40000) possède une face large et plate. Il était associé à un os d'orteil qui laisse à penser qu'il marchait probablement en position redressée. Les dents sont intermédiaires par leur forme entre celles des grands singes et celles des hommes.

Position phylogénétique

Kenyanthropus platyops est la seule espèce décrite dans son genre. Selon certains paléoanthropologues, Kenyanthropus pourrait ne pas constituer un taxon valable puisque les restes du spécimen princeps ont subi de telles déformations que ses caractères morphologiques sont difficiles à apprécier. Il pourrait s'agir plus simplement d'un spécimen d’Australopithecus afarensis, dont on sait qu'il a vécu à la même époque et dans la même aire géographique. D'autres chercheurs pensent que, par sa face plus plate, le crâne se rapproche de KNM ER 1470 (Homo rudolfensis) et se demandent s'il n'est pas plus près du genre Homo, peut-être même un ancêtre direct de celui-ci.

Source : Wikipedia

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Age : 3,5 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,40 m ?
Poids : 50 kg ?
Localisation : Kenya
Habitat : Boisé
Feux :
Outils : ?

Sa fiche sur Hominidés.com

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3,5 MA.
Ouest Turkana, Kenya, Afrique de l’Est.
Un crâne fragmenté et craquelé (KNM-WT 40000).
Sa face plate est sa principale caractéristique ; postule pour être l’ancêtre de Homo rudolfensis, lui aussi à face plate.

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nom :
âge :
découverte : Louis Leakey
date : 2001
espèce : Kenyanthropus platyops

samedi 1 mars 1997

OH 16

Source : Wikipedia

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Site : Olduvai Gorge, Tanzania
Découverte : 1963-01-01
Par : Louis S. B. Leakey
Age: Environ 1.7 million d'années
Espèce : Homo habilis