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dimanche 1 mars 2020

Homme de Maludong

Homme de Maludong est le nom donné à plusieurs fossiles du genre Homo, datant de 11 500 à 14 500 ans avant le présent, découverts en Chine dans la grotte de Maludong (ou grotte du Cerf rouge, province du Yunnan) et dans la grotte de Longlin (province du Guangxi). Du nom de la première, on trouve parfois l'appellation « Homme du Cerf rouge ». Selon les auteurs de la première étude qui a été consacrée en 2012 à ces ossements fossiles, ils appartiendraient à une nouvelle espèce humaine, présentant un mélange de caractères archaïques et modernes. Les fouilles ont montré que de grands cerfs rouges avaient été consommés dans la grotte de Maludong, qui ont donné leur nom à la grotte et à ces humains fossiles.

Statut taxonomique

Selon le paléoanthropologue américain Jeffrey Schwartz (Université de Pittsburgh), qui a examiné attentivement les fossiles, cette combinaison de traits unique signe clairement l'existence d'une nouvelle espèce.
Ce point de vue ne suscite pas de consensus à ce jour parmi la communauté scientifique. Chris Stringer, du Musée d'histoire naturelle de Londres, a suggéré qu'ils pourraient résulter d'une hybridation entre des Dénisoviens et des humains modernes. Les fossiles chinois candidats pour représenter l'Homme de Denisova sont déjà nombreux à ce jour, mais l'Homme de Maludong présente une morphologie différente des autres fossiles connus. D'autres scientifiques demeurent sceptiques, rappelant que les traits physiques observés pourraient se situer dans la variabilité des populations humaines actuelles.

Les tentatives d'extraction d'ADN ont été infructueuses jusqu'à présent. Seul le séquençage de l'ADN des Hommes de Maludong permettrait d'établir avec certitude leur degré de parenté avec les humains modernes.

Source : Wikipedia

lundi 28 décembre 2015

Une autre espèce d'êtres humains a peut-être survécu à l'âge de glace

Un os retrouvé en 1989 dans une grotte en Chine fait penser aux scientifiques qu'une ancienne espèce d'êtres humains aurait survécu beaucoup plus longtemps qu'on ne le pensait jusqu'alors.

FEMUR. Cet os, un fémur, vieux de 14.000 ans a été découvert parmi d'autres fossiles à Maludong en 1989, mais les chercheurs n'ont commencé à l'étudier qu'à partir de 2012. Bien que ce bout d'os semble assez jeune, il ressemble beaucoup à des os d'espèces beaucoup plus anciennes, comme l'Homo Habilis ou l'Homo Erectus, qui vivaient il y a plus de 1,5 million d'années, note l'étude publiée dans la revue PLOS ONE.

Une hypothèse à confirmer

"Le fait que cet os est assez récent suggère la possibilité que des hommes primitifs aient survécu très tard dans notre évolution. Mais nous devons rester prudents car il ne s'agit que d'un seul os", a expliqué un des auteurs, le professeur Ji Xueping, de l'Institut du Yunnan pour les reliques culturelles et archéologiques en Chine. Jusqu'à présent, les scientifiques s'accordaient à penser que les seules espèces primitives ayant survécu dans ce qui est aujourd'hui l'Europe et l'Asie étaient l'Homme de Neandertal et l'hominidé de Denisova, deux espèces disparues il y a environ 40.000 ans.

On estimait qu'elles avaient disparu juste après que les êtres humains modernes (Homo Sapiens) soient entrés dans ces régions, mais la découverte du fémur de Maludong suggère qu'une autre espèce primitive aurait survécu beaucoup plus longtemps, peut-être jusqu'à la fin du dernier âge glaciaire, achevé il y a 10.000 ans.

COHABITATION. "Cette découverte ouvre la possibilité qu'une espèce pré-moderne pourrait avoir vécu en même temps que les humains modernes dans l'est de l'Asie, mais nous avons besoin d'autres études pour étayer ce postulat", estime pour sa part Darren Curnoe, de l'université de Nouvelle-Galles du Sud et coauteur de ces travaux.

Le fémur découvert en 1989 est petit et assez fin, comme ceux de l'Homo Habilis, qui a vécu il y a entre 2,8 millions et 1,5 million d'années. L'homme dont l'os a été trouvé à Maludong devait peser environ 50 kilos, soit assez peu pour un être humain pré-moderne. Cette découverte relance le débat selon lequel cet os proviendrait d'un être humain issu d'une nouvelle lignée de l'évolution, mais d'autres travaux seront nécessaires avant que les scientifiques ne puissent affirmer avoir découvert une nouvelle espèce d'êtres humains.

Reconstruction artistique de l'homme pré-moderne :


DIVERSITE. Pour le moment, les chercheurs indiquent seulement qu'il peut y avoir eu davantage d'espèces d'êtres humains vivant jusqu'à récemment en Chine qu'on ne le pensait. "L'environnement unique et le climat du sud-ouest de la Chine résultant de l'élévation du plateau tibétain pourraient avoir fourni un refuge pour la diversité humaine, peut-être avec des groupes pré-modernes qui y auraient survécu très tard", reprend Ji Xueping. "Le mystère de la grotte de Maludong est encore très épais : qui étaient ces étranges habitants de l'Age de pierre ? Pourquoi ont-ils survécu si tard ? Et pourquoi seulement dans le sud-ouest tropical de la Chine ?", s'interroge en conclusion Darren Curnoe.

Source : Sciences et Avenir du 27/12/2015

lundi 21 décembre 2015

Une espèce humaine archaïque aurait survécu à l’ère glaciaire

Dans une région isolée du sud-ouest de la Chine, un fémur humain, trouvé au milieu d’autres fossiles, semble appartenir à une espèce vraisemblablement ancienne qui aurait vécu bien avant Homo sapiens. Mais l’endroit, à Maludong, est daté de 14.000 ans seulement. Ces humains d’un autre âge auraient donc pu survivre là, alors que les Hommes modernes s’étaient déjà installés en Europe et en Asie. L’hypothèse reste à confirmer.


Le « fémur de Maludong » a été découvert au milieu d’autres ossements en 1989 dans cette « grotte du cerf rouge » de la région du Yunnan, au sud-ouest de la Chine. Préservés depuis dans un musée, ces fossiles n’ont commencé à être étudiés qu’en 2008. Le fémur vient de faire l’objet d’une publication dans la revue Plos One. Sa datation lui donne un âge récent, d’environ 14.000 ans, et sa forme est humaine. Pourtant, sa taille et sa finesse, qui indiquent une masse corporelle de seulement 50 kg, le rapprochent notamment d’Homo habilis ou d’Homo erectus. Le premier a vécu autour de deux millions d’années avant le présent et le second serait apparu vers -1,5 million d’années. Les deux ont quitté la scène bien avant le dernier âge glaciaire et l’apparition de l’Homme moderne.

Les quelques autres restes fossiles de la grotte, dont un crâne, avaient déjà posé problème. Leur étude avait suggéré l’idée d’une cohabitation de l’Homme moderne avec des humains bien plus anciens dans certains endroits, comme cette région du Yunnan. C’était l’hypothèse avancée en 2012, comme nous l’expliquions dans cet article sur « de mystérieux fossiles d’Hommes préhistoriques ». La question reste en suspens car certains chercheurs ne voient pas dans ces ossements épars des caractères vraiment archaïques mais la simple variabilité anatomique d’Homo sapiens.

Des humains anciens ont pu survivre longtemps dans des régions isolées


Cependant, cette nouvelle étude change la donne, d’après ses auteurs, les mêmes que ceux qui s’étaient penchés sur le crâne de la même grotte, Darren Curnoe (university of New South Wales, ou UNSW, Australie) et Ji Xueping, de l’institut du Yunnan pour les reliques culturelles et l’archéologie. Leur découverte, expliquent-ils, suggère que des espèces humaines anciennes ont pu survivre longtemps dans des régions isolées, alors que l’Homme moderne s’était déjà répandu en Europe et en Asie. Or, jusqu’ici, seuls l'Homme de Néandertal et l'Homme de Desinova sont connus pour avoir vécu en même temps que Homo sapiens.

Dans une publication antérieure, ces deux chercheurs avaient décrit leur analyse du crâne de la grotte du cerf rouge, suggérant qu’il est celui d’un hybride entre un humain moderne et un autre, « pré-moderne ». « Nous avons d’abord travaillé sur le crâne car nous pensions que c’était le reste le plus intéressant, racontent-ils dans le communiqué de l’UNSW. Mais nous avons été stupéfaits par notre étude du fémur, qui semble plus primitif que le crâne. » Les auteurs, cependant, restent prudents, « car il n’y a qu’un seul os », comme ils le rappellent eux-mêmes dans le communiqué de l’UNSW.

Le climat (doux en cette basse latitude) et l’environnement (isolé) de cette région montagneuse, entre les plateaux tibétains et les forêts tropicales au sud (au Laos et au Vietnam), pourraient selon eux expliquer comment des populations anciennes ont pu se maintenir. Aujourd’hui encore, le Yunnan, à la géographie variée, produit une agriculture diversifiée et le pays est considéré comme isolé par rapport au reste de la Chine.

Source : Futura Sciences du 19/12/2015

jeudi 31 mai 2012

L'hominidé du Cerf Rouge : une nouvelle espèce ?

Mi-primitifs, mi-modernes, les crânes de la grotte du Cerf rouge, en Chine, font débat. Nouvelle espèce ou simples Homo sapiens, les archéologues avancent différentes hypothèses quant à l’origine de ces hominidés qui vivaient il y a seulement 14 000 ans.

Ils ont l’arcade sourcilière proéminente comme des hommes archaïques et une boîte crânienne ronde, comme nous. Les hominidés de la grotte chinoise du Cerf Rouge, datant de 11 500 à 14 500 ans, appartiendraient-ils à une espèce humaine encore inconnue, une espèce qui aurait cohabité avec l’homme moderne ?

C’est l’une des hypothèses de Darren Curnoe, archéologue à l’université de Nouvelle Galles du Sud à Sydney, dont l’analyse fait l’objet d’une publication dans la revue PLoS One (mars 2012). Si le chercheur et son équipe australo-chinoise parvenaient à démontrer cette théorie, nul doute qu’elle ferait grand bruit dans le monde de la paléontologie. Pour l’heure, elle fait débat.

Des ossements laissés à l’abandon

À l’origine de cette controverse, des ossements redécouverts en 2009 dans le sous-sol d’un institut de recherche chinois. Alors qu’il y travaille, le professeur Ji Xueping, de l’université de Yunnan, tombe sur un crâne aux formes inhabituelles. Celui-ci a été découvert dans une grotte de Longlin, en 1979, par des géologues en quête de pétrole. Brièvement décrits par des archéologues locaux, les fossiles ne retiennent pas l’attention des chercheurs, et ceux-ci sont finalement entreposés.

Lorsque 30 ans plus tard, Darren Curnoe observe pour la première fois ces fossiles, il est stupéfait. Chinois et Australiens s’associent alors pour mener de plus amples recherches. Les paléontologues découvrent ainsi de nouveaux ossements dans la grotte du Cerf Rouge, à Maludong.

Les ossements issus des deux sites de Longlin et Maludong, distants de 500 km, permettent de rassembler au total quatre individus. Des hommes modernes ayant vécu à la même époque et dans la même région, l’anatomie si particulière des hominidés du Cerf Rouge retient l'attention des chercheurs.

« Leur arcade sourcilière proéminente, l’épaisseur de leurs ossements, leur face plate, l’absence de menton, sont spécifiques aux hommes archaïques, explique Darren Curnoe. Mais ils présentent également des caractères modernes : une boîte crânienne ronde, un visage situé sous le cerveau et non en face. »

Une reconstitution en trois dimensions de la surface du cerveau montre quant à elle que l’arrière est archaïque alors que l’avant semble moderne. D’autres caractères sont uniques : le nez et les orbites sont très larges.

Darren le reconnaît : « Il est encore impossible de classifier ces hominidés, mais nous avons plusieurs hypothèses. Il peut s’agir de descendants d’hommes venus d’Afrique ayant gardé tardivement des caractères primitifs. Mais beaucoup d’indices nous poussent à croire qu’il s’agit d’une nouvelle espèce ».
Variabilité génétique

Pour Florent Détroit, paléontologue au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, l’hypothèse paraît un peu hâtive. « Selon les photographies publiées, les caractères primitifs ne sont pas si marqués. L’arcade sourcilière, par exemple, n’est pas si proéminente, observe-t-il. L’étude de Darren Curnoe indique que les crânes présentent un “petit menton”. Or, même peu développé, le menton demeure une caractéristique moderne. »

Pour le chercheur, les Homo sapiens de l’époque présentaient une variabilité plus grande qu’aujourd’hui. Comme cela a déjà pu être observé en Indonésie, les hominidés de la grotte du Cerf Rouge sont peut-être simplement des Homo sapiens ayant conservé des caractéristiques primitives plus développées que d’autres.

Un descendant des Denisova ?

Isabelle de Groote, paléontologue au National History Museum à Londres propose une théorie intermédiaire. « Les hominidés de la grotte du Cerf Rouge pourraient provenir d’un croisement entre des hommes modernes et les hominidés archaïques de Denisova » avance-t-elle.

Les hominidés de Denisova ont été découverts dans le sud de la Sibérie. En 2010, l’analyse génétique de leurs ossements avait alors permis de montrer que cette nouvelle espèce avait des similarités avec la population actuelle du Sud-Est de l’Asie. Des croisements avec des Homo sapiens ont donc eu lieu. Mais quand ? Où ? Les hominidés de la grotte du Cerf Rouge sont-ils un maillon manquant entre les hominidés de Denisova et les hommes modernes ? « Nous avons peu d’informations en Asie à cause du manque de fouilles. Et notamment, nous ne savons pas jusqu’à quand ont vécu les hominidés de Denisova ».

Un élément pourrait mettre tous les archéologues d’accord, l’ADN. L’équipe de Darren Curnoe tente ainsi de trouver dans les fossiles de la grotte du Cerf Rouge du matériel génétique suffisamment préservé pour le comparer à celui d’hominidés modernes ou primitifs. « Mais nos chances sont assez maigres, reconnaît-il. Cette région tropicale n’est pas idéale pour la conservation de l’ADN ».

« Cette découverte n’en demeure pas moins intéressante, reconnait Florent Détroit, notamment parce que nos connaissances sur l’archéologie préhistorique en Asie sont encore très fragiles. »

Source : Sciences Actualités du 06/04/2012

mercredi 21 mars 2012

De mystérieux fossiles d’Hommes préhistoriques découverts en Chine

Des fossiles d’hominidés datant de l'âge de pierre ont été trouvés en Chine. Ces Hommes préhistoriques, présentant des caractères anatomiques à la fois archaïques, modernes et inconnus, sont bien difficiles à classer. Quoi qu’il en soit, ils ouvrent une nouvelle fenêtre sur l’histoire de l’Homme et de ses migrations dans la région la plus peuplée du monde.

L’histoire évolutive de l’Homme moderne est un sujet passionnant. Mais qu'en savons-nous au juste ? Selon une étude publiée dans la revue Nature, nos ancêtres originaires de l’Afrique subsaharienne seraient partis à la conquête de l’Europe et de l’Asie il y a environ 100.000 ans. Ils se seraient alors progressivement transformés pour donner naissance à l’Homme de Cro-Magnon, Homo sapiens sapiens, il y a quelque 40.000 ans.

L’installation de l’Homme en Europe est relativement bien documentée. En revanche, les informations retraçant son évolution sur le continent est-asiatique sont peu nombreuses. Cette région abrite pourtant plus de la moitié de la population mondiale actuelle. Cette méconnaissance est principalement due à un facteur : le manque de fossiles. Pourtant deux découvertes majeures ont été faites en 2007 : des fragments de crânes d’hominidés trouvés à Xuchang, dans la province de Henan, âgés de 80.000 à 100.000 ans, et à Zhoukoudian, près de Pékin, datés entre 38.500 et 42.000 ans.

Quatre nouveaux squelettes découverts dans le sud-ouest de la Chine viennent aujourd’hui compléter les données disponibles. Âgés de 11.500 à 14.500 ans, ils présentent à la fois des caractères archaïques et modernes. Ils appartenaient à un peuple de l’âge de pierre qui a dû cohabiter avec l’Homme moderne. Ces découvertes, publiées dans la revue Plos One, ont été faites par une équipe de chercheurs dirigée par Darren Curnoe, University of New South Wales, et Ji Xueping, Yunnan Institute of Cultural Relics and Archeology.

Des Hommes préhistoriques bien difficiles à classer

Les trois premiers individus ont été trouvés dans une grotte à Maludong (province de Yunnan) en 1989. Leur étude a seulement débuté en 2008. Le quatrième squelette provient quant à lui d’une cavité trouvée à proximité du village de Longlin (province de Guangxi). Il a été découvert en 1979, mais n'a été libéré de la roche qu'en 2009. Tous les individus mis au jour ont des crânes et des dents semblables présentant des caractères anatomiques connus et… inconnus.

Sur base des détails observés, l’équipe émet deux hypothèses :
  • il pourrait s’agir d’une espèce inconnue ayant survécu jusqu’à la fin de la période glaciaire il y a 11.000 ans ;
  • il représente peut-être les descendants d’humains ayant effectué une migration plus tôt que prévu, et inconnue à ce jour, hors de l’Afrique. Dans ce cas, ce peuple n’a pas contribué génétiquement au développement des Hommes vivant actuellement sur place.

Face à cette alternative, les spécimens trouvés n’ont pas été classés et n’ont donc pas de nom scientifique, pour le moment. Ils sont simplement appelés « Hommes de la grotte du cerf rouge » (Red Deer Cave ; en hommage à cet animal disparu dont des restes ont été trouvés à Maludong).

Quoi qu’il en soit, l’une des hypothèses affirmant que l’Homme moderne n’a pas dû rencontrer de cousins en arrivant en Asie est mise à mal.

Ces fossiles, qui seraient les plus jeunes jamais trouvés sur le continent est-asiatique, fournissent un nouvel aperçu sur une des étapes de l’évolution de l’Homme.

Source : Futura Sciences du 15/03/2012

mardi 20 mars 2012

Chine : des fossiles révèlent l'existence d'une espèce humaine inconnue

Les résultats d’analyses menées par une équipe de chercheurs chinois et australiens sur une série de fossiles découverts en Chine semble indiquer la découverte d’une nouvelle espèce humaine jusqu’à présent inconnue.

Comprendre l’évolution de l’Homme est une quête complexe et pleine de rebondissements. Cette semaine, des paléoanthropologues de l'Université australienne de Nouvelles-Galles du Sud et de l'Institut d'archéologie du Yunnan en Chine ont ainsi annoncé avoir identifié des fossiles d’au moins trois individus aux caractéristiques à la fois archaïques et modernes. Or, l’espèce en question, baptisée "peuple du cerf rouge" ne semble s’affilier à aucun des représentants de la grande famille des hominidés, laissant à penser qu’il s’agirait d’un nouvel embranchement.

Les datations effectuées sur les restes fossilisés datent l’existence du "peuple du cerf rouge" à une période allant de 14.500 à 11.500 ans avant J.C. Il s’agit donc de l’espèce la plus récente en dehors d’Homo sapiens découverte sur le continent asiatique. En effet, les restes retrouvés jusqu’à présent dans cette région remonteraient à plus de 100.000 ans. Au vue de son importance, la découverte a d’ores et déjà fait l’objet d'une publication au sein de la revue PloS One.

Selon les experts, la nouvelle espèce aurait en fait évolué à peu près à la même époque que les hommes modernes au tout début de l’agriculture en Chine. "Ces nouveaux fossiles pourraient bien être ceux d'espèces inconnues ayant survécu jusqu'à la fin de l'ère glaciaire il y a environ 11.000 ans" souligne à l’AFP Darren Curnoe, directeur de l’équipe en charge des travaux de recherche. Il ajoute : "Ils pourraient aussi représenter des descendants de peuplades d'humains modernes inconnues qui auraient émigré d'Afrique plus tôt et n'auraient pas contribué génétiquement aux populations actuelles".

Mieux comprendre l’histoire évolutive de l’Homme en Asie

Les fossiles, notamment crânes et dents ont été découverts en 1989 dans la grotte de Maludong (qui signifie cerf rouge), située dans la province du Yunnan au sud de la Chine. Mais il aura fallu attendre jusqu’à 2008 pour que ces restes soient enfin analysés. "En 2009, lorsque je travaillais en Chine avec le co-auteur le Professeur Ji Xueping, il m'a montré le bloc de roche qui contenait le crâne. Après avoir ramassé ma propre mâchoire au sol, nous avons décidé de faire de ces restes une priorité dans nos recherches", se souvient pour LiveScience Darren Curnoe.

"Il est sûrement possible que le peuple du cerf rouge soit né d'un phénomène de métissage entre les humains modernes et d'autres populations telles que les Denisoviens", ajoute encore le scientifique. Aujourd'hui, la nouvelle découverte représente donc une véritable avancée dans la compréhension sur la manière dont les hommes modernes ont évolué en Eurasie. Mais les chercheurs ne comptent pas interrompre leurs travaux en si bon chemin.

Désormais, ceux-ci veulent extraire l'ADN des fossiles et le tester afin de voir à quel point le peuple du cerf rouge est proche des humains modernes ou même des Denisoviens. "Nous avons déjà fait un essai, mais sans succès", regrette Darren Curnoe. Malgré tout, "la découverte de ces nouveaux humains, peuple du cerf rouge, ouvre le prochain chapitre dans l'histoire de notre évolution, celui de l'Asie, et cette histoire n'en est qu'à ses débuts", conclut le co-auteur de l'étude.

Source : MaxiSciences du 15/03/2012

lundi 19 mars 2012

Une nouvelle espèce d'hommes (peut-être) découverte

De mystérieux fossiles retrouvés dans le sud de la Chine pourraient appartenir à une branche à part de la famille des hominidés.

Ils auront patienté plus de vingt ans avant que des scientifiques ne se penchent sur leur cas. Ils, ce sont quatre fossiles humains découverts dans le sud de la Chine, trois en 1989 dans une grotte du Yunnan baptisée Maludong (la grotte du Cerf rouge), près de la ville de Mengzi, et un quatrième repéré, dès 1979, à proximité du village de Longlin, dans la région voisine du Guangxi. En les étudiant de près, une équipe de paléoanthropologues de l'université australienne de Nouvelle-Galles du Sud et de l'Institut chinois d'archéologie du Yunnan vient de faire une étonnante découverte. Ils pourraient appartenir à une espèce humaine tardive encore jamais décrite !

D'abord, les scientifiques ont cherché à dater les ossements et se sont aperçus qu'ils étaient relativement récents. Selon les résultats de leur étude publiée dans la revue spécialisée PLos ONE, ils remonteraient à l'âge de pierre et auraient à tout casser de 11 500 à 14 500 ans. Ce qui signifie qu'ils étaient présents dans cette partie de l'Asie à la toute fin de la période glaciaire et aux prémices de l'agriculture, en même temps que l'homme moderne. Sauf que leur constitution physique ne correspond pas à celle de l'homo sapiens...
Un curieux mélange

En analysant les crânes et les dents de ceux qu'ils ont déjà baptisés "peuple du cerf rouge", les chercheurs ont constaté qu'ils présentaient un surprenant mélange de caractéristiques archaïques et modernes, ainsi que des traits spécifiques encore jamais observés. Ils possèdent notamment un front haut et large, proche de celui de l'homo sapiens, mais des arcades sourcilières proéminentes et quasiment pas de menton, ce qui est associé à des homo beaucoup plus anciens. Leur boîte crânienne est de taille relativement modérée, et leurs molaires sont particulièrement larges. Ainsi, même si les paléoanthropologues tiennent à rester prudents, ces individus pourraient bien appartenir à une branche à part dans la famille des hominidés.

L'équipe scientifique de Darren Curnoe et Ji Xueping émet à leur sujet deux hypothèses. Soit il s'agit d'"une espèce inconnue ayant survécu là jusqu'à la fin de la période glaciaire", soit ils sont "les descendants de peuplades d'humains modernes inconnues qui auraient émigré plus tôt d'Afrique et n'auraient pas contribué génétiquement aux populations actuelles". Pour en savoir plus, les chercheurs espèrent bien maintenant parvenir à extraire l'ADN de ces mystérieux fossiles, afin de savoir quels sont les plus proches parents connus des hommes de la grotte du Cerf rouge. Des éléments pour une meilleure compréhension du peuplement de l'Asie, qui reste aujourd'hui encore très mal connu.

Source : Le Point du 15/03/2012

samedi 17 mars 2012

Un homme mystère découvert en Chine

Ce n'est pas un Homo sapiens et pourtant il vivait il y a un peu plus de 10.000 ans seulement en Asie. Qui est cet homme primitif dont les fossiles ont été retrouvés en Chine ?

Des os fossiles ayant appartenu à d’anciens humains vivant il y a 11.000 à 14.000 ans ont été découverts dans le sud-ouest de la Chine, dans les provinces voisines du Yunnan et du Guangxi. Avec ses os solides, sa face plate et ses arcades sourcilières proéminentes, cet individu ne ressemble pas à un Homo sapiens. Qui était-il ? Pour l’instant, les chercheurs australiens et chinois qui présentent ces fossiles dans la revue PLoS ONE se gardent bien de le classer sous un nom d’espèce.

Vue d'artiste de l'Homme de la grotte aux cerfs d'après les fossiles.

Un premier squelette partiel a été découvert en 1979 par un géologue chinois près du village de Longlin : il était resté encastré dans son bloc rocheux jusqu’à ce que l’équipe sino-australienne de Darren Curnoe (University of New South Wales, Australie) et Ji Xueping (Yunnan University, Chine) s’en empare, le dégage de sa gangue et le reconstitue. D’autres fossiles ont été trouvés à Maludong en 1989 par des archéologues chinois et exploités par la même équipe à partir de 2008.

Crâne d'un individu de la grotte aux cerfs.

Les crânes et les dents découvertes à Maludong et à Longlin sont similaires: ils associent des traits archaïques et modernes et portent des caractéristiques encore jamais rencontrées, rapportent les chercheurs. Ils les surnomment les «Hommes de la grotte aux cerfs» car des restes d’une espèce disparue de cervidés a été retrouvés dans la grotte de Maludong. Cervidés qu’ils chassaient pour se nourrir.

Ces hommes primitifs ont probablement partagé leur territoire avec des hommes modernes, des Homo sapiens qui, il y a plus de 10.000 ans, se lançaient dans les prémices de l’agriculture, analysent les chercheurs. Les mangeurs de cervidés pourraient appartenir à une lignée très ancienne et encore inconnue, et ayant conservé ses caractères archaïques très tardivement, un peu comme Neandertal en Europe.

Beaucoup de questions restent en suspens : sont-ils issus de l’une des multiples sorties d’Afrique, selon le schéma défendu notamment par le paléoanthropologue français Yves Coppens ? Sont-ils issus d’une autre lignée ayant évolué en Asie ? Ont-ils des liens avec les Dénisoviens de la Sibérie, qui se distinguent des Néandertaliens et des hommes modernes ? Certaines réponses seront peut-être apportées par de futures analyses ADN si les chercheurs parviennent à extraire la précieuse molécule des os fossilisés de ces mystérieux individus.

L’histoire du peuplement de l’Asie est encore méconnu. Le catalogue des fossiles est beaucoup moins important pour cette région du monde -aujourd’hui très peuplée- que pour l’Afrique ou l’Europe. C’est un autre berceau de l’histoire de l’homme qui reste à explorer.

Source : Sciences et Avenir du 15/03/2012

lundi 1 novembre 1999

Red Deer Cave people

Le peuple de la grotte de Red Deer est une population humaine archaïque préhistorique. Les fossiles datent du réchauffement de Bølling-Allerød, entre environ 14.500 et environ 11.500 ans, ils ont été trouvés dans la grotte de Red Deer (Maludong) et la grotte de Longlin, dans la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine.

Les fossiles présentent un mélange de caractéristiques archaïques et modernes et sont provisoirement considérés comme représentant une survie tardive d'une espèce humaine archaïque, ou d'une population hybride d'hominidés de Denisovan et de descendance humaine moderne, ou bien simplement de "robustes premiers humains modernes, probablement avec des affinités. aux Mélanésiens modernes".

Des preuves montrent que de gros cerfs étaient cuits dans la grotte de Red Deer, donnant leur nom aux gens.

Découverte et rencontres

En 1979, le crâne partiel d'un habitant des cavernes a été trouvé dans la grotte de Longlin dans la région du Guangxi en Chine. Des restes humains supplémentaires ont été exhumés de Maludong en 1989.

En 2012, les fossiles de la grotte de Red Deer étaient indirectement datés au radiocarbone entre 14.300 et 12.600 ans auparavant, en utilisant du charbon de bois trouvé dans les gisements de fossiles. Le fossile unique de palangre était daté de 11.500 ans avant le présent (âge moyen calibré de 11.510 ± 255 IC à 95% ).

Un fémur partiel a été découvert à Maludong en 1989, ainsi qu'une mâchoire partielle, des os crâniens et des dents. La datation des os a conduit à la confusion et à la division parmi les chercheurs. L'anatomie des os, sans test ADN réussi, montre qu'il s'agit d'humains archaïques, comme les premiers Homo erectus ou Homo habilis qui vivaient il y a environ 1,5 million d'années en Afrique. Le chercheur Darren Curnoe croit que les gens des cavernes étaient une nouvelle ligne évolutive. C'est parce que les crânes sont différents des humains modernes et des crânes humains trouvés en Afrique datant de 150.000 ans. D'après l'analyse des fémurs, on pense qu'ils ont parcouru le même paysage que les humains modernes pendant 60.000 ans.

Anatomie

Malgré leur âge relativement récent, les fossiles présentent des caractéristiques humaines archaïques. Les habitants de Red Deer Cave avaient des traits distinctifs qui diffèrent des humains modernes, y compris : visage plat, nez large, mâchoire saillante sans menton, grandes molaires, sourcils proéminents, os du crâne épais et cerveau de taille moyenne. Comme avec certains autres humains pré-modernes, leur taille corporelle était petite, avec une masse estimée à 50 kg.

D'après la forme de l'os de la cuisse, on pense que le peuple des cavernes de Red Deer pourrait avoir été frappé à genoux. Les travaux antérieurs de Curnoe ont montré que les os et les dents étaient remarquablement similaires à ceux des humains archaïques. Ceci en dépit du fait qu'ils aient vécu jusqu'à récemment, il y a entre 14.000 et 11.000 ans. La reconstruction du fémur de Maludong a confirmé qu'il était très petit avec la coque externe, ou les parois, sont très minces. Les zones de la paroi très sollicitées et le col du fémur sont relativement longs ; la place de l'attachement musculaire pour le muscle fléchisseur primaire de la hanche (le petit trochanter) était robuste et fortement tournée vers l'arrière.

Classification

Les experts hésitent à classer le peuple de la grotte de Red Deer comme une nouvelle espèce. Ils pourraient représenter une lignée humaine archaïque inconnue auparavant, ou le résultat de l'accouplement entre les Denisovans et les humains modernes, ou encore une population humaine complètement anatomiquement moderne avec une physiologie inhabituelle. Cependant, la recherche montre que les gens de Red Deer Cave semblent similaires à des lignées plus archaïques telles que Homo erectus ou Homo habilis. Plus précisément, le spécimen semble le plus similaire dans la plupart des caractéristiques à KNM-ER 1481, un Homo Erectus de 1,89 Mya trouvé en Afrique. D'autres ont noté des similitudes avec Australopithecus (pris pour signifier au-delà de Homo, éd.). Les tentatives d'isoler l'ADN ancien des fossiles n'ont pas réussi.

Une théorie suggère que les habitants de la grotte de Red Deer étaient les premiers humains qui se sont installés dans la région il y a plus de 100.000 ans et sont devenus isolés. Les hautes montagnes et les vallées profondes sont idéales pour isoler les espèces géographiquement, il est donc possible pour une espèce de migrer vers la région et de devenir génétiquement isolée au fil du temps. L'environnement et le climat du sud-ouest de la Chine sont uniques en raison du soulèvement tectonique du plateau Qinghai-Tibétain. La province du Yunnan possède encore aujourd'hui l'une des plus grandes biodiversité de toute la Chine.

Étant donné qu'aucun ADN n'a encore été extrait avec succès des os, les recherches qui ont été effectuées mènent à la conclusion que les Red Deer Cave People sont le résultat d'une hybridation avec des humains modernes. Une autre théorie avancée par Maciej Henneberg, professeur à l'Université d'Adélaïde et expert en anatomie humaine, est que l'os n'est pas du tout celui d'un primate. Il peut s'agir du fémur d'un cerf qui s'est dégradé au point qu'il a été mal identifié.

Source : Wikipedia (en)

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nom :
âge : 14,5 - 11,5 ka
découverte :
date : 1979
espèce : Red Deer Cave People