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mardi 12 septembre 2023

Les ancêtres des singes africains et des humains seraient originaires d’Europe

L’origine des hominidés reste l'un des sujets les plus controversés en paléoanthropologie. Depuis Darwin, l'opinion traditionnelle soutient que nos ancêtres sont originaires d'Afrique, où évoluent aujourd'hui tous les hominidés non humains existants. Cependant, de plus en plus de preuves suggèrent une origine européenne. Une récente étude publiée dans la revue Nature semble confirmer cette hypothèse.

L’origine des hominidés

L’évolution des hominidés n’est pas linéaire mais ramifiée, avec de multiples branches dont les feuilles manquent encore. C’est pourquoi il est difficile, encore aujourd’hui, de démêler toute cette histoire très complexe. L’origine de cette grande famille de primates, qui comprend les humains, les singes africains (chimpanzés, bonobos et gorilles) et leurs ancêtres fossiles, fait donc encore l’objet de débat en paléoanthropologie.

Pendant longtemps, la plupart des preuves scientifiques semblaient néanmoins soutenir l’hypothèse d’une origine africaine. Cependant, la découverte de plusieurs fossiles en Europe et en Anatolie (aujourd’hui Turquie) a récemment conduit certains chercheurs à repenser nos origines. Ce point de vue suggère que les hominidés ont d’abord vu le jour en Europe avant de se disperser en Afrique il y a entre 7 et 9 millions d’années.

Un singe nouvellement identifié, nommé Anadoluvius turkae, va dans le sens de cette idée. Les résultats de ces travaux sont signés d’une équipe de chercheurs dirigée par le professeur David Begun de l’Université de Toronto, et le professeur Ayla Sevim Erol,de l’Université d’Ankara.

Imagerie miroir

Les restes de cet animal (la majeure partie de la structure faciale et la partie avant du boîtier cérébral) ont été découverts en 2015 sur le site fossilifère de Çorakyerler, en Anatolie centrale (Turquie). Pour son analyse, les chercheurs ont fait appel à une technique bien connue en anthropologie : celle de l’imagerie miroir. Celle-ci est particulièrement utile pour la reconstruction de fragments osseux fragmentaires ou endommagés.

Concrètement, l’imagerie miroir est basée sur le principe de symétrie. L’idée est que de nombreuses parties des hominidés ont une symétrie bilatérale, ce qui signifie qu’elles sont en grande partie symétriques par rapport à un axe central. Pour utiliser cette technique, les paléoanthropologues placent leur fossile, souvent fragmentaire, entre deux miroirs inclinés l’un vers l’autre de manière à créer une image réfléchie du fossile à partir d’un côté du miroir. Lorsque la lumière atteint le miroir, elle est réfléchie, créant alors une image inversée du fragment sur le côté opposé.

Les chercheurs ajustent ensuite la position des miroirs de manière à superposer l’image réfléchie avec le fragment original. Lorsque les deux images se chevauchent correctement, elles forment alors une image complète de l’os ou de la dent, comme si le fragment manquant était réapparu de l’autre côté du miroir. La superposition précise des images permet finalement aux chercheurs de reconstruire la partie manquante ou endommagée du fragment pour profiter d’une image complète de la structure.

Le crâne partiel de la femelle Anadoluvius turkae.

Taillé comme un chimpanzé

Cela étant dit, l’analyse de ces fossiles complétés par l’imagerie miroir suggère que cet animal vieux de 8,7 millions d’années avait à peu près la taille d’un grand chimpanzé mâle.

Sur la base des fossiles d’autres animaux trouvés à ses côtés – tels que des girafes, des phacochères, des rhinocéros, des antilopes, des zèbres, des éléphants, des porcs-épics et des hyènes – ainsi que d’autres preuves géologiques, Anadoluvius turkae vivait probablement dans des conditions relativement ouvertes. Les mâchoires puissantes et les grandes dents épaisses de l’animal suggèrent également que ce primate se nourrissait d’un régime comprenant des aliments durs ou coriaces provenant de sources terrestres tels que des racines et des rhizome.

Une migration d’Europe

Les chercheurs suggèrent qu’A. turkae et d’autres singes fossiles des régions voisines, tels que Ouranopithecus (découvert Grèce et en Turquie) et Graecopithecus (découvert en Bulgarie), formaient un groupe d’hominidés primitifs. Leur présence dans la région à cette époque laisse donc à penser que les ancêtres des singes africains et des humains sont bel et bien apparus en Europe et en Méditerranée orientale, avant de migrer ensuite vers le continent africain au même titre que la faune qui les accompagnait dans leur environnement d’origine.

Précisons tout de même que les chercheurs parlent ici de l’ancêtre commun des hominidés, et non de la lignée humaine après qu’elle ait divergé des ancêtres des chimpanzés et des bonobos. La majeure partie de l’histoire de l’évolution humaine s’est en effet déroulée en Afrique.

« Nos découvertes suggèrent en outre que les hominidés ont non seulement évolué en Europe occidentale et centrale, mais ont passé plus de cinq millions d’années à y évoluer et à se propager à la Méditerranée orientale avant de finalement se disperser en Afrique, probablement en raison de changements d’environnement et de diminution des forêts« , précise David Begun, co-auteur de ces travaux. « Les membres de cette radiation à laquelle appartient Anadoluvius ne sont actuellement identifiés qu’en Europe et en Anatolie« .

Pourquoi l’Afrique ?

Cette nouvelle découverte, si elle se confirme, soulève tout de même au moins deux questions : pourquoi, si les hominidés sont apparus en Europe, ils n’y sont plus, à l’exception des humains récemment arrivés ? Et pourquoi les anciens hominidés ne se sont pas également dispersés en Asie ?

À ces questions, David Begun répond que l’évolution n’est pas très prévisible. « Cela se produit lorsqu’une série d’événements aléatoires et non liés interagissent« , dit-il. « Nous pouvons supposer que les conditions n’étaient pas réunies pour que les singes se déplacent de la Méditerranée orientale vers l’Asie à la fin du Miocène, mais qu’elles étaient réunies pour une dispersion vers l’Afrique« .

En outre, rien ne dit qu’aucune de ces espèces ne s’est jamais retrouvée en Asie. Rappelons ce vieil axiome paléontologique : « l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence« . Il est aussi possible que certaines espèces aient migré vers l’Asie, mais qu’elle se soient ensuite éteintes. Quoi qu’il en soit, de futurs travaux de terrain en Afrique et en Eurasie à la recherche de singes fossiles pourraient potentiellement aider à clarifier ces questions sur nos ancêtres lointains.

Source : Science et Vie du 11/09/2023

dimanche 14 février 2021

Indopithecus / Indopithèque

Indopithecus est un genre éteint de primates de la famille des hominidés, qui vivait en Asie du Sud durant le Miocène supérieur, il y a 8 à 9 millions d'années.

Découverte

Les premiers restes fossiles d'Indopithèque ont été découverts au début du XXe siècle au nord du sous-continent indien, dans la chaine des Siwaliks qui forme le piémont himalayen en Inde et au Pakistan.

Dans la même région ont été trouvés à la même époque des fossiles de Sivapithèque, un genre apparenté.

Espèce

Le genre Indopithecus ne comprend qu'une seule espèce, mais qui a été connue sous différents noms selon les époques. L'appellation retenue dans cet article correspond à la priorité donnée aux dénominations antérieures telles qu'adoptées par les spécialistes dans leurs études les plus récentes :

  • Indopithecus giganteus

La morphologie du genre Indopithecus étant proche de celle du genre Gigantopithecus, l'espèce est aussi connue sous ses anciennes appellations :

  • Gigantopithecus giganteus ;
  • Gigantopithecus bilaspurensis.

Description

Cette espèce est attestée entre 8,9 et 8,6 millions d'années, durant l'étage du Tortonien.

De la taille d'un gros orang-outan, elle est la plus grande espèce connue de primates du sous-continent indien durant le Miocène, d'où le choix de son appellation.

Classification phylogénétique

Indopithecus appartient à la sous-famille des Ponginae, dont le seul genre subsistant est l'Orang-outan.

Source : Wikipedia

mercredi 16 décembre 2020

Oreopithecus bambolii

L’Oréopithèque est un genre éteint de singes appartenant à la super-famille des hominoïdes. On en a trouvé des fossiles en Toscane et en Sardaigne (Italie) datant du Miocène supérieur, vers 8 millions d'années. L'Oréopithèque se distingue par une forme de bipédie précoce, différente de la bipédie apparue un peu plus tard chez les hominines.

Historique

Le genre Oreopithecus comprend une seule espèce, Oreopithecus bambolii. La dénomination a été créée en 1872 par son découvreur, le paléontologue français Paul Gervais. Le nom de genre (issu du grec) signifie « singe des collines », et le nom de l'espèce fait référence au lieu de la première découverte, le hameau de Montebamboli, en Toscane.

En 1958, le paléontologue suisse Johannes Hürzeler découvrit un squelette fossile complet d'Oréopithèque dans une exploitation de lignite à Baccinello, en Toscane. L'examen du bassin et des pieds de ce fossile daté d'environ 8 millions d'années (Miocène supérieur) suggéra que l'espèce était capable de se maintenir en position bipède, ce qui amena Hürzeler à en faire un ancêtre de l'Homme pratiquant une bipédie terrestre courante.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 8 Ma
découverte : Paul Gervais
date : 1872
espèce : Oreopithecus bambolii

mercredi 9 décembre 2020

dimanche 6 décembre 2020

Nakalipithecus nakayamai

Nakalipithecus est un genre éteint d'hominidés, décrit en 2007, qui vivait en Afrique de l'est au Miocène, il y a environ 10 millions d'années.

Découverte

Les restes fossiles de Nakalipithecus ont été découverts par une équipe de chercheurs japonais en 2005, dans la région de Nakali, au Kenya, dans une ancienne coulée de boue (lahar) provoquée par une éruption volcanique. À partir d'un fragment de mâchoire et de onze dents isolées, l'unique espèce de ce genre, Nakalipithecus nakayamai, a été décrite en 2007. L'épithète spécifique nakayamai a été donnée en l'honneur du géologue Nakayamai travaillant sur le projet, décédé au cours de l'étude.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 10 Ma
découverte :
date : 2005
espèce : Nakalipithecus nakayamai

vendredi 4 décembre 2020

Anoiapithecus brevirostris

Anoiapithecus brevirostris est une espèce d'hominoïde éteinte. Elle est connue par un individu fossile datant de 11,9 millions d'années (Miocène moyen) et surnommé Lluc.

Ce fossile a été découvert en 2004 sur le site d'Abocador de Can Mata, situé sur la commune d'Els Hostalets de Pierola, en Catalogne, Espagne. Son nom scientifique signifie littéralement « le singe d'Anoia au rostre court ». En effet, Anoiapithecus brevirostris a le visage plat des hominoïdes et les traits caractéristiques des grands singes.

Sa grande particularité est d'avoir été découvert en Europe et non en Afrique. Selon Salvator Moyà-Solà et ses collègues, les ascendants de cette espèce seraient arrivés en Europe il y a 15 millions d'années, avant que la mer Méditerranée ne se forme et seraient retournés en Afrique il y a 9 millions d'années.

Source : Wikipedia

Sa fiche sur Hominidés.com

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nom : Lluc
âge : 11,9 Ma
découverte :
date : 2004
espèce : Anoiapithecus brevirostris

mardi 11 février 2020

Les grandes découvertes d’hominidés

1856 Dans la vallée de Néander, en Allemagne, on trouve des ossements et un crâne… Mais l’espèce ne sera pas identifiée tout de suite : Homo neanderthalensis.

1868 Aux Eyzies-de-Tayac, dans le Périgord, les fouilles d'un abri sous roche permettent d'exhumer les premiers restes de l'Homme de Cro-Magnon.

1921 Dans la région de Zhoukoudian, les premiers restes de sinanthropes ont été découverts par J. Gunnar Andersson.

1925 Raymond Dart décrit une nouvelle espèce :Australopithecus africanus, qu'il assimile même à un sorte de « chaînon manquant »… qui aurait vécu il y a 3 millions d’années.

1974 Découverte d’un fossile très bien conservé d’australopithèque par Maurice Taieb et Yves Coppens. La célèbre Lucy va se voir décerner provisoirement le titre de grand-mère de l’humanité : Australopithecus afarensis…

2000 En Georgie, à Dmanisi, tout un groupe humain a laissé ses traces. Plusieurs crânes ont permis de définir une nouvelle espèce : Homo georgicus.

2000 Brigitte Senut découvre un fémur et des dents qui ne correspondent à rien de connu. C’est donc une nouvelle espèce qui est décrite : Orrorin tugenensis. C’est un bipède très ancien, 6 millions d’années.

2002 Au Tchad, une équipe de chercheurs, sous la direction de Miche Brunet, découvre le crâne d’un hominidé de 7,5 millions d’années : Sahelanthropus tchadensis. C’est pour l’instant le plus ancien hominidé.

2004 En Indonésie, sur l’île de Flores, des ossements d’une « petite femme » sont découverts dans une grotte. Homo floresiensis est né ! Il vivait ici il y a 50 000 ans.

2010 En cherchant à quelle espèce un petit bout de doigt appartenait, les généticiens ont découvert une nouvelle espèce : l’Homme de Denisova. Il parcourait les plaines de l’Altaï il y a 50 000 ans.

2016 Dans une grotte en Afrique du Sud, est mis au jour les restes de plusieurs individus qui amènent à la création d’une nouvelle espèce, Homo naledi. Un peu plus tard les fossiles ont pu être datés de 120 000 ans…

2017 Les plus vieux fossiles d’Homo sapiens sont retrouvés au Maroc à Djebel Irhoud, ils ont 300 000 ans. Cela repousse de 100 000 ans les origines de cette espèce…

2019 En asie, aux Philipines, un nouvel homininé est découvert sur l'ile de Luçon. Homo luzonensis vivait il y à 50 000 ans. C'est donc un contemporain de Néandertal et Sapiens.

Source : Hominidés.com

vendredi 6 janvier 2017

Les ancêtres de nos ancêtres

L'histoire des hominidés plonge ses racines à une époque, le Miocène, où les lignées des grands singes et celle des humains n'étaient pas encore séparées. Le climat et la géographie ont façonné une diversité d'espèces dont a émergé, bien plus tard, la nôtre. 

Titinga Pacéré, un poète burkinabé, nous prodigue ce conseil : « Si la branche veut fleurir, qu'elle honore ses racines. » On peut tirer de ce vers un enseignement pour l'étude de l'émergence de la lignée humaine : elle doit se faire dans un contexte large plutôt que de se limiter à une simple comparaison des caractères anatomiques des fossiles humains, des hommes et des grands singes modernes. En d'autres termes, elle doit s'élargir à la recherche des ancêtres des gorilles et des chimpanzés, car toute information sur les uns renseignera sur les autres. Un portrait de famille doit inclure tous les cousins ! 

Toutefois, si les hominidés (ici les hommes actuels et leurs parents fossiles, que certains regroupent sous le nom d'hominines) anciens indiscutables, tels les australopithèques (4,2 millions à 1,2 million d'années environ) sont relativement bien connus, ce n'est pas le cas de leurs prédécesseurs. On peut avancer deux raisons à cela. La première tient au peu de restes encore mis au jour, notamment sur le continent africain. L'autre tient au fait que la plupart des chercheurs s'intéressant à l'homme ont occulté les périodes antérieures à celles qui avaient livré des hominidés. Du même coup, on n'avait pas de données sur les ancêtres de leurs proches cousins. Les questions que soulèvent ces derniers sont pourtant importantes. D'où viennent-ils ? Quelles conditions leur ont permis d'émerger ? Comment la bipédie humaine est-elle apparue ?  

Bienvenue au Miocène ! 

Pour répondre, on doit se placer dans un cadre large et inclure l'étude des variations et de la diversité des espèces au cours du temps en tenant compte de la géographie et des environnements : ce lien entre biodiversité et géodiversité est primordial pour comprendre l'évolution des primates (et donc de l'homme) étroitement liée aux adaptations locomotrices, alimentaires, elles-mêmes en relation directe avec les changements d'environnement. Vers quelle période se tourner ? 

Le Miocène, qui s'étend de 23 à 5,5 millions d'années, est une fenêtre chronologique particulièrement intéressante, car c'est durant cette époque que les lignées de l'homme et celles des grands singes ont émergé. C'est également à cette époque que se sont produits des changements climatiques notables dont les effets sur les faunes et les flores ont été dramatiques. L'Afrique, centrée sur l'Équateur, a subi des changements majeurs au cours de cette période, avec d'importants déplacements des frontières biogéographiques, des distributions des flores et des répartitions des espèces. Ces changements climatiques ont entraîné une activité évolutive très importante, et ce spécialement au sein des mammifères, y compris les hominoïdes (les hommes et les grands singes, c'est-à-dire les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés, les gibbons…) et donc les hominidés qui nous intéressent ici.  

Orrorin, un pionnier 

En novembre 2000, près de vingt-cinq ans après la découverte de Lucy en Éthiopie, nous avons mis au jour les ossements fossiles du premier hominidé bipède du Miocène : Orrorin tugenensis, daté de 6 millions d'années. Ces dépôts de la formation de Lukeino, au Kenya, près du lac Baringo dans les collines Tugen, ont également livré une très riche faune et flore qui suggèrent un milieu arboré. Cette découverte bouleversait les idées qui avaient cours sur la dichotomie entre chimpanzé et homme. D'abord, elle était plus ancienne qu'on ne le pensait (au-delà de 6 millions d'années et non pas seulement à 4 ou 6 millions comme on le pensait) et avait eu lieu dans un milieu qui n'était pas une savane, mais était plus boisé. Ensuite, grâce à Orrorin, on apprenait d'une part, que la bipédie n'avait pas émergé en milieu ouvert et, d'autre part, que les ancêtres des hominidés ne ressemblaient pas au chimpanzé. 

L'effet le plus positif est que cette découverte a obligé d'autres équipes à rechercher des indices d'ancêtres des grands singes actuels et des hominidés dans des milieux plus anciens, remontant à plus de 5,5-6 millions d'années. Et de fait, on comble petit à petit cette lacune. Des hominidés potentiels de 7 à 6 millions d'années ont été signalés en Éthiopie, au Tchad et au Kenya. Par ailleurs, au cours des quinze dernières années, les premiers restes de grands singes fossiles de type gorille et chimpanzé ont été trouvés en Afrique (au Niger, en Éthiopie, au Kenya et peut-être au Tchad), alors que l'Asie a livré les premiers orangs-outans. Aujourd'hui, on fait remonter la divergence entre l'homme et ses proches cousins africains aux environs de 8 à 10 millions d'années, voire un peu plus. 

Malgré ces dernières avancées, certains doutent encore d'une origine de la lignée de l'homme aussi ancienne. Cela relève le plus souvent d'une méconnaissance des hominoïdes fossiles en raison d'une coupure entre l'étude de l'homme et de celle des grands singes fossiles, bien que leurs histoires soient intimement liées. 

Les grands singes de l'Ancien Monde vivent dans les milieux tropicaux, forestiers chauds plus ou moins humides. Cette diversité de milieux confère à ces grands singes une forte diversité anatomique et adaptative. Aujourd'hui restreints dans leur distribution africaine et asiatique et en voie d'extinction, leurs ancêtres du Miocène ont été bien plus largement répandus dans l'Ancien Monde, puisqu'on les a trouvés, au nord, jusqu'en Allemagne et, au sud, en Afrique australe. 

 Le premier hominoïde reconnu, Dryopithecus fontani, a été découvert en 1856 à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, et décrit par le paléontologue Édouard Lartet. Les hominoïdes étaient très diversifiés (de la taille d'un petit gibbon jusqu'à celle d'un gorille) et inféodés à des milieux plus ou moins boisés voire forestiers qui ont conditionné leurs modes de locomotion. Certains sont quadrupèdes arboricoles comme Ekembo (ses membres antérieurs et postérieurs ont presque la même taille) et Proconsul (les plus gros étant plus terrestres). D'autres, tel Nacholapithecus, pouvaient faire des ponts entre les branches, comme le font les colobes aujourd'hui. D'autres encore étaient de bons grimpeurs, tel Ugandapithecus major (voir la photo ci-dessous) ou bien Hispanopithecus ou Oreopithecus dont les membres supérieurs sont notablement plus longs que les membres inférieurs. 

Le creuset des hominoïdes 

Dans ces milieux tropicaux, les hominoïdes trouvaient de quoi subvenir à leurs besoins : fruits, feuilles, insectes… Et l'on peut déterminer le régime alimentaire de chaque fossile en fonction de l'anatomie de ses dents (épaisseur de l'émail, présence de crêtes dentaires, formes des tubercules…). En outre, la composition en isotopes stables du carbone et de l'oxygène dans l'émail permet de préciser s'il mangeait plutôt des feuilles ou des graminées et mieux intégrer les données environnementales et donc climatiques. 

L'étude des hominoïdes miocènes est incontournable pour la reconnaissance des caractères propres à chaque lignée. Ainsi on a pu qualifier de primitifs les caractères du chimpanzé en oubliant qu'un caractère de ces singes modernes peut être hérité d'un hominoïde ancien et s'être développé ensuite. C'est le cas d'une face très projetée vers l'avant, ou bien de l'inclinaison en avant de la mâchoire inférieure. 

La locomotion à quatre pattes sur l'articulation des phalanges des mains serait quant à elle une spécialisation des grands singes et pas un caractère ancestral. De même, la bipédie pratiquée par l'homme lui est propre. Ainsi, de nombreux traits considérés comme dérivés apparaissent au contraire primitifs et vice-versa. Certains caractères présents chez les chimpanzés actuels sont hérités des ancêtres du Miocène et partagés avec les premiers hominidés. C'est le cas par exemple du dimorphisme de la canine. Les caractères auxquels on s'attache pour définir des hommes et des singes méritent en conséquence d'être mieux appréhendés dans leur histoire et dans leur fonction. Voyons ce qu'il en est de la locomotion. 

Les hominidés fossiles de la fin du Miocène, que ce soit en Afrique centrale ou orientale, ont vécu dans des milieux plus boisés qu'on ne le pensait auparavant. La bipédie serait née dans ces milieux arborés. Ce scénario s'accorde avec les résultats des travaux sur la locomotion des premiers hominidés : Orrorin était adapté à la fois à la bipédie et au grimper arboricole, tout comme le seront plus tard les australopithèques, dont Lucy. 

La prise en compte des données environnementales pour comprendre l'évolution de la bipédie humaine est ancienne. Dès 1964, le primatologue John Napier considéra les comportements locomoteurs dans leur cadre environnemental. Il a renforcé l'idée que pour donner une définition de l'homme, il ne fallait pas se limiter aux travaux sur le crâne, le cerveau et les dents, mais qu'il était essentiel d'inclure les comportements locomoteurs. Selon lui, l'évolution des primates était largement liée aux adaptations locomotrices elles-mêmes liées à des changements écologiques ; et l'homme ne faisait pas exception. Il a ainsi montré que les premiers hominidés d'Afrique du Sud étaient bipèdes, mais qu'il existait des différences entre les espèces liées aux environnements distincts. 

Les travaux ultérieurs ont montré que même si les australopithèques étaient bipèdes, ils restaient de bons grimpeurs aux arbres. Et en cela, la découverte d'Orrorin est intéressante, car elle révèle que l'association de la bipédie avec la capacité de grimper est déjà présente chez cet hominidé de 6 millions d'années. L'arbre a donc bien eu un rôle fondamental dans notre histoire. Où était l'arbre originel ?  

En quête d'un berceau 

Trouver un lieu d'origine pour les hominidés reste une quête illusoire. L'Afrique orientale ? L'Afrique australe ? L'Afrique centrale ? L'Europe ? Et pourquoi pas ailleurs encore ? L'Asie a été proposée comme étant un berceau probable des hominidés dès 1915 quand le Britannique Guy Pilgrim présenta Sivapithecus (de 12 à 8 millions d'années), un fossile qu'il avait trouvé en Inde. Ramapithecus découvert en 1934 par Edward Lewis allait aussi dans ce sens. L'Europe a aussi été un temps avancée après avec la découverte du squelette de Oreopithecus bambolii, en Italie, par le Suisse J. Hürzeler en 1958. 

Puis vint le tour de l'Afrique. Comme l'avait suggéré Charles Darwin, ce continent est le probable creuset des hominidés. Cette hypothèse s'imposa avec la découverte du Kenyapithecus par Louis Leakey en 1961, qui serait un équivalent africain du ramapithèque, et le scénario East Side Story proposé par Yves Coppens dès 1981 . 

Lorsque les rudapithèques de Hongrie ont été découverts, certains tel le Canadien David Begun ont imaginé que l'origine des hominidés devait se situer en Europe. Elle aurait été suivie d'un retour en Afrique. Cette hypothèse Back to Africa suggère qu'après avoir émigré d'Afrique vers l'Eurasie où les hominoïdes se sont largement développés, certains ont évolué vers un ancêtre potentiel des grands singes africains et des hommes, qui serait revenu en Afrique pour donner naissance aux chimpanzés, gorilles et hommes. Les premiers hominidés seraient donc les descendants d'hominoïdes de grande taille qui auraient vécu en Eurasie à l'exclusion de l'Afrique. 

Plus récemment, à partir de nouvelles découvertes européennes, David Begun et ses collègues ont suggéré que l'Eurasie serait un meilleur candidat que l'Afrique. Cependant, ces données sont fondées sur un biais : les hominoïdes étaient certes très diversifiés en Eurasie entre 13 et 8,5 millions d'années , mais ce n'est pas pour autant qu'ils étaient absents du continent africain. Ils sont en fait connus en Éthiopie, au Kenya, en Namibie, au Tchad et au Niger : il n'y a donc aucune raison de préférer l'Eurasie comme berceau des hominidés. L'hypothèse Back to Africa ne semble pas se confirmer. Le scénario d'une origine africaine serait-il alors nécessairement meilleur ? 

En prenant en compte les données climatiques, on peut proposer une autre histoire. Les hominoïdes non humains sont des animaux tropicaux et tout au long des 25 millions d'années de leur évolution, ils ont habité les forêts tropicales de l'Ancien Monde. Il est donc logique de penser que leurs ancêtres vivaient dans des régions tropicales et que de nombreux échanges, incluant les hominidés, ont eu lieu entre l'Afrique et le sud de l'Eurasie au cours du Miocène moyen et supérieur (de 16 à 5,5 millions d'années). 

Entre arctique et antarctique 

Au Miocène inférieur (de 23 à 16 millions d'années), la plus grande partie de l'Afrique était sous les tropiques et les hominoïdes se distribuaient sur tout le continent. Quand la calotte polaire antarctique s'est développée pour recouvrir le continent il y a 17 millions d'années environ, les ceintures climatiques terrestres ont migré vers le nord et les régions de moyennes latitudes en Eurasie devinrent subtropicales, permettant ainsi aux hominoïdes de se disperser de l'Espagne, à l'ouest, à la Chine, à l'est, et vers le nord, jusqu'à l'Allemagne et la Hongrie. 

Il y a 8 à 10 millions d'années environ, la calotte glaciaire arctique s'est développée à son tour, les ceintures climatiques se sont alors déplacées vers le sud pour atteindre la position qu'elles occupent aujourd'hui. Les grands singes ont peu à peu disparu d'Eurasie, sauf dans l'Asie du Sud-Est, où les orangs-outans et les gibbons restent adaptés aux milieux tropicaux. Pendant des millions d'années, des échanges ont eu lieu entre l'Afrique et l'Eurasie et les hominoïdes ont certainement pu se déplacer librement entre les continents. 

Il y a entre 13 et 6 millions d'années, les hominoïdes n'ont pas abandonné l'Afrique, car ils y sont toujours présents dans la zone intertropicale du nord de la Namibie à l'Afrique orientale en passant par le Niger. C'est pourquoi il est impossible aujourd'hui de proposer une origine géographique précise pour l'origine des grands singes africains et des hominidés, bien que les paléoenvironnements et les zones tropicales puissent être prédits avec une certaine confiance. Néanmoins, en l'état actuel des découvertes, les plus anciens grands singes africains de type moderne et les plus anciens hominidés n'ont été trouvés qu'en Afrique. Quant à la date de la divergence, les données du Miocène supérieur suggèrent qu'elle est probablement plus ancienne qu'on ne le pense, peut-être même aux environs de 12 millions d'années. C'est pourquoi il est essentiel de continuer à prospecter, notamment dans les régions mal connues de l'Afrique. 

De fait, lorsque l'on regarde la distribution des australopithèques, les plus anciens que l'on connaisse ont 4,5 millions d'années environ et proviennent d'Afrique orientale. Ils sont également bien représentés en Afrique du Sud, mais dans des niveaux un peu plus jeunes. On admet souvent que les hominidés sud-africains sont venus de l'est du continent, mais rien n'est moins sûr : en effet, des hominoïdes étaient présents en Afrique du Sud au Miocène inférieur (de 23 à 16 millions d'années) et au Miocène moyen (de 16 à 11 millions d'années) on les retrouve en Namibie avec Otavipithecus namibiensis. Que sont devenus les descendants de ces formes ? Auraient-elles toutes migré vers le nord et l'est de l'Afrique ? Ont-elles migré vers l'ouest ? Auraient-elles évolué sur place ? Autant de questions qui restent ouvertes aujourd'hui. Les hominoïdes d'Afrique australe sont encore mal connus, peu nombreux, car il y a peu de gisements continentaux à primates dans cette région et ils sont souvent marginalisés dans les scénarios évolutifs. 

Toutes les théories concernant l'origine de l'homme ont présenté un volet géographique, mais c'est probablement ce dernier qui est le moins solide au vu des lacunes dans le registre paléontologique et du peu de restes d'hominidés du Miocène et de fossiles de grands singes de type moderne. Ce qui reste sûr est que les grands singes actuels, comme les premiers hominidés, sont issus de la diversité des hominoïdes du Miocène, qu'ils étaient inféodés aux milieux tropicaux. Les hominidés ne sortiront des tropiques que plus tard pour s'établir dans des milieux plus tempérés, voire frais. De fait, l'homme a maintenu cette adaptation au milieu chaud en tropicalisant son environnement : nous portons des vêtements, nous chauffons nos foyers… 

Source : Pour la Science du 04/01/2017

jeudi 14 janvier 2010

Hominidé

Les hominidés, ou grands singes, forment une famille de primates regroupant les espèces vivantes telles que l'homme, le chimpanzé, le bonobo, le gorille (de l'est et de l'ouest) ou l'orang-outan. S'y trouve également un certain nombre d'espèces éteintes, ancêtres ou non de la lignée humaine.

Cette famille admet pour groupe frère les hylobatidés (gibbons) ; ensemble, ils forment la superfamille des hominoïdés.

Source : Wikipedia

Famille des "hominidae" qui englobe toutes les formes humaines présentes et passées ainsi que de façon générale, les grands singes actuels et leurs ancêtres.

Source : Lexique du CNRS

samedi 1 mars 2003

BMNH 16649

Equatorius est un genre éteint de primate kenyapithecine trouvé dans le centre du Kenya dans les collines de Tugen. Trente-huit grosses dents appartenant à cet hominidé du Miocène moyen en plus d'un squelette mandibulaire et partiellement complet daté de 15,58 Ma et 15,36 Ma. ont été retrouvés plus tard.

Analyse

On a constaté que les structures anatomiques étaient en partie similaires à Afropithecus et Proconsul. Néanmoins, l'anatomie et la morphologie suggéraient que le genre avait un habitat terrestre accru.

Taxonomie

Ward et coll. 1999, en utilisant leur précédente étude publiée sur K.africanus, a fondé la définition séparée sur des comparaisons de l'anatomie gnathique et dentaire. La validité de la classification a par la suite été contestée.

Source : Wikipedia (en)

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nom :
âge : 23-15 Ma
découverte : Ward
date : 1999
espèce : Equatorius africanus

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Initialement désigné au genre Kenyapithecus, E. africanus était un grand hominoïde sexuellement dimorphe. Equatorius possède une suite de traits anatomiques primitifs et dérivés. Selon Ward, et al., «Les caractéristiques post-crâniennes primitives attribuées à E. africanus (qui sont partagées avec Proconsul et Afropithecus) comprennent un sternum relativement large et plat, une tête humérale orientée postérieurement et aplatie, et la position des zygapophyses prévue pour une colonne vertébrale longue et flexible. Les trois genres présentent également les mêmes formations dentaires: des canines mandibulaires à couronne basse avec des racines à convergence médiale, une séquence de tailles molaires mandibulaires de M1 M2 M3 et une arcade dentaire en forme de U. ' Les caractéristiques anatomiques dérivées sont centrées autour de la formation des articulations de l'épaule et du coude. Selon Hartwig, «l'omoplate est courte le long de la frontière vertébrale, par rapport à la longueur de la frontière axillaire, et le processus acromionique se projette au-delà de la région glénoïde. La clavicule est très robuste et relativement droite. Le cubitus proximal s'articule avec la fosse olécrânienne via un processus coronoïde fortement étayé et un long processus olécrânien. L'examen des membres inférieurs montre un fémur avec un col long et haut incliné, une tête fémorale courte, une rotule large et fine et un hallux robuste.

Cette espèce a divergé après Proconsul et Griphopithecus mais avant le dernier ancêtre commun (LCA) de Sivapithecus, des grands singes et des humains et est largement considérée comme le premier membre connu du grand singe et du clade humain (McCrossin et Benefit).

samedi 1 septembre 2001

Hominina / Hominines

Les hominines (Hominina en latin scientifique), constituent la lignée des hominidés à laquelle appartient le genre humain et des espèces disparues, comme les australopithèques. Elle regroupe les hominidés non arboricoles (bipèdes ou contribuant à l'émergence de la bipédie) et correspond à ce que l'on nomme communément les hominines (terme sans valeur taxinomique). Cette dénomination d'« hominine » a vocation à remplacer le terme d'« hominidé » en paléoanthropologie.

Les Hominina forment une sous-tribu d'hominidés qui inclut le genre Homo et les genres éteints apparentés, tels que les Australopithèques ou les Paranthropes. Ils rassemblent toutes les espèces appartenant à la lignée humaine, qui s'est séparée de la lignée des chimpanzés (Panina) il y a au moins 7 millions d'années. Le caractère le plus notable reconnu aux Hominina est la bipédie, alors que les chimpanzés et les gorilles sont quadrupèdes.

Le terme scientifique Hominina se traduit en français par hominines ou par hominiens selon les auteurs.

Source : Wikipedia

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nom :
âge :
découverte : Goodman
date : 1990
espèce : Hominina

mercredi 1 novembre 2000

Homme de Wushan

L'Homme de Wushan est le nom donné à des fragments fossiles d'hominidé, constitués d'une portion de mandibule droite portant deux molaires usées et d'une incisive maxillaire isolée, découverts en 1985 sur le site de Longgupo, dans le xian de Wushan de la municipalité de Chongqing, en Chine centrale.

Datée d'environ 2,5 millions d'années, cette mandibule fossile appartient à la famille des hominidés, mais son attribution précise demeure débattue entre la sous-famille des ponginés et la sous-tribu des hominines, avec une appartenance possible au genre Homo.

Source : Wikipedia

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Une mandibule fragmentaire, connue sous le nom d'Homme de Wushan, trouvée sur le site de Longgupo, dans la municipalité de Chongqing, C III mur sud, niveaux 7 et 8, et les vestiges lithiques associés, sur une surface de quatre mètres carrés, ont été datés en 2015 de 2,48 millions d'années par une équipe sino-française, incluant Éric Boëda. La mandibule évoque pour certains une morphologie intermédiaire entre Homo habilis et Homo ergaster, et pour d'autres une mandibule de ponginé (groupe des orang-outans). Le débat n'est pas tranché à ce jour.

lundi 1 mai 2000

KNM-SH 8531

Samburupithecus est un genre éteint de primates de la famille des hominidés, découvert en 1982 au Kenya et décrit en 1997. Il vivait en Afrique de l'Est au cours du Miocène supérieur, il y a 9,6 millions d'années.

Historique

Samburupithecus a été découvert en 1982 sur le site des Samburu Hills, dans la Réserve nationale de Samburu, au Kenya, par une équipe nippo-kenyane. Il a été décrit seulement 15 ans plus tard, en 1997, par le japonais Hidemi Ishida et le kenyo-britannique Martin Pickford.

Description

Le seul fossile trouvé en 1982 (noté KNM-SH 8531) consistait en un fragment de maxillaire gauche portant l'alvéole de la canine, deux prémolaires et trois molaires.

Les prémolaires ont trois racines, une couche d'émail épaisse, et de faibles cuspides (prémolaires bunodontes). Par sa taille et la pneumatisation (sinus maxillaires) de la racine antérieure de l'arcade zygomatique, le fossile se rapproche du gorille actuel, mais en diffère par la plupart de ses caractères dentaires et maxillaires.

Samburupithecus pesait environ 60 kg et était probablement un quadrupède terrestre frugivore. Les analyses paléoenvironnementales indiquent qu'il vivait dans un habitat mixte de forêt et de savane.

Datation

Le fossile a été daté de 9,6 millions d'années en 1987.

Analyse

On a trouvé à ce jour très peu de fossiles d'hominidés datés entre 7 et 14 millions d'années en Afrique. La nature très fragmentaire des fossiles de Samburupithecus alimente les controverses entre spécialistes sur sa classification exacte.

Pour ses découvreurs, Samburupithecus pourrait être un taxon basal des homininés, antérieur à la divergence entre Gorillini et Hominini.

Source : Wikipedia

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nom : KNM-SH 8531
âge : 9,5 Ma
découverte : Hidemi Ishida & Martin Pickford
date : 1982
espèce : Samburupithecus kiptalami

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Identifié uniquement par l'holotype, Samburupithecus kiptalami présente des caractéristiques dentaires observées chez les singes africains. Le palais contient un arc perceptible, une fosse post-canine peu profonde et des molaires émaillées épaisses avec une séquence de tailles de M1 M2 M3 (Hartwig). Selon Stanford, «Les molaires maxillaires de Samburupithecus sont similaires aux gorilles, ce qui suggère qu'il pourrait être un membre du clade qui s'est diversifié avant l'ACV des gorilles, des chimpanzés et des humains.»

lundi 1 mars 1999

Lufengpithecus lufengensis

Lufengpithecus lufengensis est une espèce préhistorique d'hominoïde du Miocène récent trouvé en Chine, nommé d'après le site de Lufeng et daté d'environ 6,2 Ma. C'est le dernier singe fossile du Miocène découvert dans le monde entier. Certains chercheurs pensent que le genre Lufengpithecus pourrait être un ancêtre des singes et des hominidés africains.

Taxonomie

Il existe trois espèces connues de Lufengpithecus : keiyuanensis de près de Kaiyuan dans le bassin de Xiaolongtan (10-11 Ma), hudienensis du bassin de Yuanmou (7.1-8.2 Ma) et lufengensis de Shihuiba dans le bassin de Lufeng (6.2-6.9 Ma). Certains soutiennent que ce taxon est un clade distinct d'hominoïdes d'Asie de l'Est du Miocène tardif qui ne sont étroitement liés à aucun taxon existant. En fait, comparé à YV0999 (un crâne de L. hudienensis de Yuanmou), il peut y avoir eu un degré élevé d'endémisme local des singes pendant cette période, en raison des grandes différences entre les deux espèces. Cela correspond aux données topographiques du sud-ouest de la Chine à l'époque, qui était sujette au soulèvement et à l'érosion, ce qui a créé la topographie complexe des chaînes de montagnes et des bassins qui est encore présente de nos jours.

Découverte

Excavation 

Dans la région de Lufeng en Chine, un site hominoïde miocine connu, une série de fouilles ont été effectuées entre 1975 et 1983 qui ont permis de récupérer cinq crânes, des dizaines de mandibules, des centaines de dents isolées et quelques os post-crâniens de l'espèce.

Morphologie

Anatomie

En utilisant une équation dérivée par Conroy (1987) basée sur la longueur mésiodistale des dents conservées trouvées, on estime que les espèces du genre Lufengpithecus avaient une masse corporelle comprise entre 55,4 et 67,6 kg.

L'analyse d'un crâne excavé montre que le mâle L. lufengensis possède des crêtes supraorbitaires ovoïdes et le diamètre transversal est légèrement plus long que le diamètre vertical ; chez les femelles, les crêtes supraorbitaires devraient être de forme quadrangulaire plutôt qu'ovoïdes. La région glabellaire située entre les sourcils et au-dessus du nez ainsi que le triangle frontal sont tous deux très déprimés. La ligne sagittale médiane du visage est également concave.

Dentition

Les enregistrements postcanins montrent que L. lufengensis était plus dimorphique que les espèces de singes modernes telles que l'orang-outan. Par conséquent, au moins sur le plan dentaire, il y avait de grandes variations entre les mâles et les femelles de l'espèce. Les chercheurs ne savent pas si L. lufengensis est la plus dimorphique des espèces de singes éteintes, mais est plus dimorphique que toutes les espèces de singes existantes. En raison du dimorphisme molaire extrêmement élevé trouvé chez L. lufengensis, il n'y a pas de chevauchement entre les mâles et les femelles dans les parcelles bivariées de dimensions mésiodistale et buccolingue. En ce qui concerne les post-canines, L. lufengensis a élargi la gamme connue de dimorphisme sexuel intraspécifique. Les archives dentaires montrent également que le L. lufengensis a des molaires avec un émail épais, des apex cuspides périphériques avec un bassin expansif et un motif dense et complexe de créneaux occlusaux. Le modèle de compacité des petites crêtes transversales dans l'émail des dents permanentes de L. lufengensis est très similaire à celui des humains modernes. Les incisives centrales supérieures de L. lufengensis ont une couronne haute et une épaisseur labio-linguale par rapport à la longueur mésiodistale, avec un pilier lingual médian distinct en haut relief. En revanche, les incisives inférieures sont hautes couronnées et mésiodistales relativement étroites et moyennement couchées. Les canines inférieures du mâle L. lufengensis se rétrécissent brusquement vers l'apex, semblent très glaciaires et sont relativement très hautes. La symphyse mandibulaire a un tore transverse supérieur modéré et un tore inférieur robuste proéminent. Les orbites sont à peu près carrées et l'interobital contient une large région. La glabelle semble large et déprimée. Il y a une marge supérieure d'ouverture nasale plus élevée que la marge inférieure des orbites. Le clivus nasoalvéolaire est également relativement court.

Relation avec d'autres espèces

Les fossiles du genre Lufengpithecus de la fin du Miocène sont essentiels pour comprendre l'évolution des hominoïdes en Asie. Le fossile étudié peut être un membre des Homininae et une étude veut montrer un âge estimé des molaires chez Lufengpithecus lufengensis au moment de la mort. Les résultats de l'article aideront à comprendre «l'histoire de la vie» chez les hominidés et les grands singes et les humains du Miocène et du Plio-Pléistocène. L'auteur utilise le fossile PA868 comme base de référence et on pense que le fossile est un juvénile. Ils utilisent la mandibule droite du fossile qui a quatre prémolaires droites et la première molaire permanente (M1) et a également cinq germes de couronne dentaire permanente droite qui sont I1, I2, C, P3 et P4 et l'auteur conclut que PA868 était le plus probable une femelle. L'âge au moment du décès du PA868 a été estimé en utilisant le nombre de perikymata à la surface de la cuspide jusqu'au col de l'utérus en développement. L'âge était de 2,4 à 4,5 ans sur la base du germe de l'incisive centrale et de 2,5 à 4,7 ans sur la base du germe canin. L'auteur découvre que la première émergence molaire était plus jeune que l'âge du décès en raison de l'apparition de symptômes ressemblant à une gingivite. L'âge des molaires du PA868 était estimé de 3,2 à 3,3 ans. L'âge de la formation de la couronne a pris environ 0,25 à 0,75 an pour le PA868. L'émail cuspien s'est formé en .4–1 ans. L'émail latéral s'est formé en 686–1078 jours. L'âge de la première émergence molaire du PA868 ressemble à celui des grands singes existants et se rapproche moins des humains modernes. Lufengpithecus lufengensis est plus semblable aux grands singes et aux hominoïdes et moins apparenté aux singes et aux humains modernes.

Dans la mandibule juvénile de Lufengpithecus, la partie supérieure de la face antérieure et l'implantation verticale des dents antérieures ressemblent beaucoup aux adultes de la même espèce. De plus, les espèces juvéniles et adultes ont ces caractéristiques en commun avec les premières espèces Homo et les premiers grands singes. Le tore transverse supérieur est plus proéminent et développé chez les espèces adultes alors que le juvénile (PA869) a un tore transverse supérieur moins développé. Chez les juvéniles et les adultes, les proéminences latérales sont séparées en deux branches qui ne sont similaires que dans une seule espèce d'orang-outan (sur la base de l'espèce discutée dans l'article) et non apparentées aux humains. Chez le juvénile, il y a des foramins mentaux doubles sur les corpus, tandis que les espèces adultes et toutes les autres espèces mentionnées dans l'article ont des foramens mentaux uniques. Les résultats indiquent que le corpus de la mandibule juvénile de Lufengpithecus possédait le cadre structurel de base de la mandibule adulte de la même espèce et d'autres espèces telles que Sivapithecus, Australopithecus, début Homo, mais possèdent un cadre différent de celui des humains modernes.

Source : Wikipedia (en)

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nom :
âge : 6,9-6,2 Ma
découverte :
date : entre 1975-1983
espèce : Lufengpithecus lufengensis

dimanche 1 mars 1998

Rudapithecus

Rudapithecus est un genre de singe ressemblant à un chimpanzé qui habitait l'Europe à la fin du Miocène, il y a environ 10 millions d'années. Une espèce est connue: Rudapithecus hungaricus. Le nom de genre "Rudapithecus" vient de l'endroit où il a été découvert, à Rudabánya, dans le nord de la Hongrie. Le nom d'espèce "hungaricus" fait référence au pays où il a été découvert, en Hongrie.

Rudapithecus se déplaçait probablement parmi les branches comme le font actuellement les singes modernes, tenant son corps droit et grimpant aux arbres avec ses bras. Rudapithecus hungaricus différait des grands singes modernes en ayant un lombaire plus flexible, ce qui indique que lorsque Rudapithecus est descendu au sol, il aurait pu avoir la capacité de se tenir debout comme le font les humains. Modern Gorilla, Pan et Pongo ont un long bassin et un petit lombaire car ce sont de très gros animaux, c'est pourquoi ils marchent généralement à quatre pattes. Les humains ont un lombaire plus long et plus flexible, ce qui permet aux humains de se tenir debout et de marcher efficacement sur deux jambes. On sait que Rudapithecus avait un torse plus flexible que les singes d'aujourd'hui, car il était beaucoup plus petit, à peu près de la taille d'un chien de taille moyenne.

Source : Wikipedia (en)

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nom :
âge : 10 Ma
découverte : en Hongrie
date : 1967
espèce : Rudapithecus hungaricus

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nom :
âge :
découverte : Kretzoi
date : 1969
espèce : Rudapithecus

mercredi 1 janvier 1997

KNM-FT 46

Kenyapithecus wickeri est un singe fossile découvert par Louis Leakey en 1961 sur un site appelé Fort Ternan au Kenya. La mâchoire supérieure et les dents datent d'il y a 14 millions d'années. Une théorie affirme que Kenyapithecus peut être l'ancêtre commun de tous les grands singes. Des enquêtes plus récentes suggèrent que Kenyapithecus est plus primitif que cela et n'est que légèrement plus moderne que lorsque Proconsul est considéré comme un singe.

Les preuves suggèrent que Kenyapithecus wickeri était l'une des espèces qui a déclenché une radiation de singes hors d'Afrique.

Source : Wikipedia (en)

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nom : KNM-FT 46
âge : 14 Ma
découverte : Leakey
date : 1962
espèce : Kenyapithecus wickeri

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Kenyapithecus est identifié par des restes dentaires et huméraux et est considéré comme un grand singe sexuellement dimorphe. Les restes dentaires, les mâchoires robustes et les molaires émaillées épaisses présentent des morphologies compatibles avec des capacités masticatoires puissantes et prolongées (Jones, et al.). Selon Hartwig, «les canines maxillaires présentent un développement de rainures mésiales profondes et une fosse prononcée, tandis que celles des mâles sont globalement beaucoup plus robustes que les femelles et ont des couronnes hautes et gonflées. Le M1 et le M2 ont quatre cuspides primaires avec un minimum de créneaux, le M2 étant plus long et plus large. Les canines mandibulaires ont de hautes couronnes et des créneaux minimes. Les molaires mandibulaires sont mal conservées et montrent un manque de développement significatif du cingulum buccal. Les post-crâniens récupérés sont peu nombreux et suggèrent relativement peu de différence dans l'habitat et le mode de vie que Proconsul (Jones, et al.).