jeudi 24 mars 2011

Origines de l'Homme : un coup de "Picq" dans les idées reçues

Pascal Picq, paléoanthropologue, remet le singe à sa place

L'homme descend du singe", on vous l'a dit, répété, vous l'avez même appris à l'école. "C'est complètement faux !"rétorque Pascal Picq. Et ce dernier à beau être paléoanthropologue et collaborateur d'Yves Coppens au Collège de France, il ne défend pas une idée, "mais des faits, des observations scientifiques" . "On a cru que l'homme était unique parce qu'aujourd'hui, il est tout seul. Mais la paléontologie nous a appris qu'il a toujours existé plusieurs espèces d'hommes simultanément", développe Pascal Picq, qui explique cette croyance - persistante - d'une évolution linéaire vers l'homo sapiens par le fait que notre espèce soit confrontée à la solitude depuis 30000 ans.

"L'homme fait partie des singes, comme le chimpanzé. Mais le singe du philosophe n'est pas le singe du scientifique. Pour ce dernier, le singe, c'est cinq doigts terminés par des ongles et un crâne particulier", décline le chercheur. "Mais en sciences, plus on se rapproche de l'Homme, plus on perd en rationalité", poursuit-il, soulignant, au-delà de notre anthropocentrisme, "la tendance de toutes les sociétés et toutes les religions à mettre l'homme au dessus de tout".

Invité, hier à Mérindol, dans le cadre du festival Sciences et Fictions, Pascal Picq, co-directeur avec Yves Coppens de l'ouvrage collectif Aux origines de l'humanité (Fayard, 2001), a offert, le temps d'une conférence, un recadrage sur la place de l'Homme au sein de l'Evolution. "Le singe n'est pas moins évolué que l'Homme, il a évolué en même temps."

Et de souligner la nécessité de se référer au concept de "dernier ancêtre commun", noeud commun au cours de l'évolution à l'homme et son plus proche cousin, le chimpanzé."La phylogénie a bouleversé notre vision des choses. Mais les scientifiques n'ont rien à faire de la vérité, et si un fait va à l'encontre de nos croyances, il faut faire avec, souligne Pascal Picq.

De fait, "ce que je crains, ce ne sont pas les créationnistes, mais plutôt mes collègues, sourit le chercheur, en guise de conclusion. Nous nous critiquons les uns les autres, mais c'est comme ça que l'on avance".

Source : La Provence du 21/03/2011

mardi 22 mars 2011

Néandertal maîtrisait le feu, contrairement à ses prédécesseurs

Publiée lundi 14 mars dans Proceedings of the National Academy of Sciences, une étude américano-néerlandaise passant en revue de nombreux sites archéologiques, montre chez l'homme de Néandertal une utilisation soutenue et habile du feu, que ne pratiquaient pas les espèces humaines qui l'ont précédé en Europe.

Paola Villa, conservatrice au Muséum d'histoire naturelle de l'Université du Colorado, et le Pr Wil Roebroeks, de l'Université de Leiden, aux Pays-Bas, ont visité des dizaines de sites néandertaliens, écumé les bibliothèques d'Europe et des États-Unis et pris contact avec d'autres chercheurs pour mener une enquête sur la domestication du feu chez les anciens hommes préhistoriques du Vieux continent.

Ils ont répertorié 141 sites de l'Europe d'il y a 1,2 million d'années à 35.000 ans, présentant potentiellement des traces de foyer, et les ont ensuite classés selon leur pertinence, s'appuyant sur des indices comme la présence de charbon de bois, d'objets en pierre chauffée ou d'os brûlés, ainsi que sur de multiples méthodes de datation.

Résultats : aucune trace d'utilisation du feu chez les premiers hominidés - tels Homo heidelbergenis - à avoir peuplé l'Europe avant - 400.000 ans environ, malgré le climat rigoureux qui y régnait. En revanche, l'étude confirme une utilisation quotidienne et avisée du feu chez Néandertal à partir de cette période, avec notamment des traces de cuisine et la fabrication d'une colle destinée à fixer les lames de pierre sur des manches ou des hampes en bois, élaborée à partir d'écorce de bouleau chauffée.

Source : MaxiSciences du 16/03/2011

lundi 21 mars 2011

Origine sud-africaine pour Homo sapiens - l'homme moderne vient du sud de l'Afrique

Une étude sur l'ADN des populations actuelles d'Afrique indiquerait, selon les chercheurs américains qui l'ont menée, une origine sud-africaine et non est-africaine comme cela est généralement admis. Publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, cette étude analyse des séquences précises d'ADN extrait d'échantillons de salive de divers peuples de chasseurs-cueilleurs africains. Il s'agit des Hadza et les Sandawe de Tanzanie ou les Bushmen d'Afrique du Sud.

Par comparaison à d'autres ethnies, comme les Massaï du Kenya et de Tanzanie ou les Yoruba d'Afrique de l'ouest, Brenna Henn et ses collègues généticiens de l'Université de Stanford (Californie), ont décelé une plus grande diversité génétique chez les peuples du sud de l'Afrique, preuve, selon eux, de leur plus grande ancienneté.

Le berceau de l'humanité serait donc là-bas, et non dans l'est de ce continent, comme le pensent pourtant une majorité de scientifiques.
Des ethnies trop mobiles, trop brassées génétiquement pour conclure aussi vite, selon d'autres experts. "Les populations africaines ont eu des histoires démographiques complexes et il n'y a aucune raison, a priori, de croire qu'elles ont évolué in situ dans les régions où elles vivent aujourd'hui. Certaines pourraient avoir migré depuis d'autres régions", conteste Sarah Tishkoff, généticienne à l'Université de Pennsylvanie, à Philadelphie. "Je serais prudent sur la localisation des origines. Je ne pense pas qu'il y ait eu un seul 'jardin d'Eden', où tout est arrivé", renchérit Chris Stringer, anthropologue au Muséum d'histoire naturelle de Londres.

vendredi 11 mars 2011

Les outils de pierre auraient forgé la structure de nos mains

Publiée dans le Journal of Archaeological Science, une étude expérimentale britannique suggérerait, dans l’histoire humaine, une corrélation entre la manipulation précoce d’outils de pierre et l’évolution de la structure de nos mains.

"Il y a 140 ans, écrivant à son domicile à Down House, dans le Kent, Darwin proposait l’idée selon laquelle l'utilisation des outils de pierre a pu influer sur l'évolution de la main de l'homme. Notre recherche suggère qu'il avait raison. Depuis un stade très précoce de leur évolution, le comportement culturel de nos ancêtres a influencé leur évolution biologique d’une manière spécifique", explique le Dr Lycett, maître de conférences sur l'évolution humaine à l'Ecole d'anthropologie de l'Université du Kent.

Dans une série d'expériences utilisant, en guise de couteaux, des éclats de pierre semblables à ceux connus en Afrique il y a environ 2,6 millions d'années, ils ont regardé si la variation de la taille de la main des utilisateurs de ces outils reflétait des différences anatomiques influant sur l'efficacité de leur manipulation (pour couper une corde, en l’occurrence).  Leurs résultats montreraient que ces variations 'biométriques' ont, en effet, une relation significative avec l'efficacité d’utilisation de l’outil.

Source : MaxiSciences du 09/03/2011

jeudi 10 mars 2011

Le sud de l’Afrique, et non l’est, berceau de l’homme moderne ?

Publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, une étude sur l’ADN de populations actuelles d’Afrique indiquerait, selon les chercheurs américains qui l’ont menée, une origine sud-africaine pour Homo sapiens, et non est-africaine comme cela est généralement admis.

En analysant des séquences précises d’ADN extrait d’échantillons de salive de divers peuples de chasseurs-cueilleurs africains, tels les Hadza et les Sandawe de Tanzanie ou les Bushmen d’Afrique du Sud, et en les comparant avec celles issues d’autres ethnies, comme les Massaï du Kenya et de Tanzanie ou les Yoruba d’Afrique de l’ouest, Brenna Henn et ses collègues généticiens de l’Université de Stanford (Californie), ont décelé une plus grande diversité génétique chez les peuples du sud de l’Afrique, preuve, selon eux, de leur plus grande ancienneté. Le berceau de l’humanité serait donc là-bas, et non dans l’est de ce continent, comme le pensent pourtant une majorité de scientifiques.

Des ethnies trop mobiles, trop brassées génétiquement pour conclure aussi vite, selon d’autres experts. "Les populations africaines ont eu des histoires démographiques complexes et il n'y a aucune raison, a priori, de croire qu’elles ont évolué in situ dans les régions où elles vivent aujourd'hui. Certaines pourraient avoir migré depuis d’autres régions", conteste Sarah Tishkoff, généticienne à l’Université de Pennsylvanie, à Philadelphie. "Je serais prudent sur la localisation des origines. Je ne pense pas qu'il y ait eu un seul ‘jardin d'Eden’, où tout est arrivé", renchérit Chris Stringer, anthropologue au Muséum d’histoire naturelle de Londres.

Source : MaxiSciences du 08/03/2011

mercredi 2 mars 2011

Otzi, la momie des glaces

A l’occasion du 20e anniversaire de sa découverte, une nouvelle reconstitution de l’apparence humaine de la momie Ötzi va être présentée au public.

Qui était Otzi, et comment es-t-il mort ? Des chercheurs viennent peut-être de dissiper une part du mystère. A partir de mardi, le musée d’archéologie de Bolzano (Italie), propose une reconstitution de l’homme des glaces Ötzi, dont la dépouille momifiée avait été retrouvée sur un glacier alpin à la frontière avec l’Autriche en 1991. Cette oeuvre est signée par deux artistes néerlandais, Alfons et Adrie Kennis, déjà à l’origine d’une reconstitution d’un homme de Néandertal.

Leur travail se fonde sur des résultats scientifiques et des prises de vue en 3D du squelette d’Ötzi, inhumé en montagne il y a près de 5.300 ans. Selon les chercheurs, notre ancêtre du Néolithique, serait probablement mort après avoir été tué au combat. Ils ont pu par exemple établir qu’Ötzi, mort à environ 45 ans, avait les yeux marrons, et non bleus comme on l’a longtemps cru. S’il avait vécu de nos jours, Ötzi aurait porté des chaussures de taille 38. Avec 1,60 m et environ 50 kg, il est dans la moyenne des humains de son époque.

La reconstitution fait partie d’une exposition temporaire consacrée jusqu’au 15 janvier 2012 à la pièce majeure de la collection du musée de Bolzano. Sur 1.200 m2 répartis sur quatre niveaux, les visiteurs pourront découvrir sur un mode interactif les derniers résultats scientifiques concernant Ötzi, objet de fascination depuis sa découverte il y a 20 ans. Une animation multimédia permet de réaliser des examens sur la momie. En avril, une étude sur le décryptage de l’ADN du mystérieux homme des glaces sera rendue publique.

Source : Libération du 28/02/2011