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dimanche 9 juin 2013

Aurornis xui replace l'archéoptéryx parmi les ancêtres des oiseaux

L’archéoptéryx vient de retrouver sa place dans l’histoire évolutive des oiseaux. Il doit cette réaffectation à la découverte en Chine d’Aurornis xui, un dinosaure aviaire qui serait « le plus vieil avialien connu », et viendrait tout de même le détrôner… Le débat est ouvert.

Certains seront encore surpris, mais les oiseaux sont bien des dinosaures, les derniers théropodes maniraptors qui subsistent sur notre planète. Si ce fait est de plus en plus accepté, l’histoire évolutive des oiseaux reste en revanche largement débattue. Elle vient de connaître un nouveau rebondissement, suite à la publication d’une étude coécrite par Pascal Godefroit dans la revue Nature. Ce chercheur de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB) aurait découvert « le plus vieil oiseau connu » dans les collections d’un musée chinois, le Fossil and Geology Park de Yizhou.

Le fossile d’Aurornis xui a été mis au jour par un fermier de la localité de Yaolugou (province du Liaoning), sur un site où affleure la formation géologique de Tiaojishan qui date de la fin du Jurassique (entre 153 et 156 millions d’années). Le squelette est complet et articulé. Cet animal mesurait 51 cm de long (entre la pointe de son museau et l’extrémité postérieure de sa queue), possédait des plumes, avait de petites dents acérées et se déplaçait grâce à de longues pattes. Selon les chercheurs, il ne pouvait très certainement pas voler, mais la mauvaise conservation de ses plumes ne fournit aucune certitude. En revanche, il aurait pu utiliser ses ailes pour planer, par exemple d’un arbre à un autre.

De nombreux caractères morphologiques ont été mesurés, puis intégrés dans un modèle de reconstruction phylogénétique, le but étant de comparer la position d’Aurornis xui par rapport à 101 taxons de dinosaures aviaires ou non aviaires. Les résultats ont placé cet animal à la base de la lignée des avialiens, sous l’Anchiornis huxleyi et… les archéoptéryx. Ce qui relance le débat...

Le vol battu n’est apparu que dans une seule lignée

En effet, les archéoptéryx ont longtemps été considérés comme les ancêtres des oiseaux modernes, jusqu’à ce qu’une étude parue en 2011 ne les fasse basculer dans le groupe des déinonychosaures. Or, ce taxon rassemble des dinosaures non-aviaires, comme les microraptors et les vélociraptors. Ce changement a eu d’importantes conséquences sur notre compréhension de l’histoire évolutive du vol. Puisque les archéoptéryx savaient voler à l’aide de leurs membres antérieurs, et qu’ils étaient des non aviaires, les chercheurs de l'époque avaient donc conclu que le vol battu était apparu dans deux lignées de dinosaures différentes.

Ainsi, en replaçant les archéoptéryx dans le groupe des dinosaures aviaires, la présente étude change à nouveau l’histoire évolutive du vol : il serait donc bien apparu dans une seule lignée !

Grâce notamment à des caractères observés sur les os de la hanche, les chercheurs belges et chinois impliqués dans cette découverte sont convaincus qu’Aurornis xui est bien « le plus vieil oiseau connu ». Mais à la vue des résultats, certains spécialistes restent sceptiques, préférant au mieux réserver ce titre à l’archéoptéryx, tout en reconnaissant que le nouveau dinosaure devait être apparenté aux premiers oiseaux. Le mot de la fin revient à Pascal Godefroit qui s’est exprimé dans Nature News : « Nous sommes aux origines d’un groupe. Les différences entre oiseaux et dinosaures non aviaires sont très subtiles ». Un nouveau débat vient-il de voir le jour ?

Source : Futura Sciences du 02/06/2013

jeudi 6 décembre 2012

L’archéoptéryx préférait planer plutôt que voler

Les ailes de l’archéoptéryx et de l’anchiornis seraient plus primitives qu’on ne le pensait jusqu’alors. Par conséquent, ces deux dinosaures à plumes devaient se déplacer dans les airs en planant ! L’histoire évolutive des ailes vient d’être révisée.

Les ailes d’oiseaux se composent d’une couche de rémiges asymétriques surmontées par des plumes de couverture, les tectrices. En vol, les rémiges peuvent pivoter sur elles-mêmes afin de laisser passer l’air entre les pennes pendant les mouvements ascendants des ailes. Grâce cette caractéristique, l’animal réalise de précieuses économies d’énergie durant ses déplacements, parfois lents, en vol par battements.

Les ailes et les plumes sont apparues bien avant le vol, probablement pour attirer l’attention de partenaires ou se thermoréguler. Aucun doute ne subsiste à ce sujet. En revanche, leur évolution pose encore question, notamment en ce qui concerne l’apparition des ailes des oiseaux actuels. Pour de nombreux chercheurs, cette révolution aurait été opérée durant le Jurassique puisqu’elle est visible chez les Archeopteryx et Anchiornis ayant vécu voici 160 à 150 millions d’années. Ainsi, les dinosaures-oiseaux de cette période devaient avoir la même morphologie alaire que leurs descendants du Crétacé. Il n’en est rien !


Le premier fossile d'archéoptéryx a été découvert en 1861 près de Langenaltheim en Allemagne et date d'environ 150 millions d'années. Barre d'échelle : 5 cm.

Nicholas Longrich de l’université Yale vient de réexaminer en profondeur des fossiles appartenant à ce groupe de dinosaures. Selon lui, ces reptiles possédaient des ailes primitives au Jurassique, ce qui n’est pas sans conséquence sur leurs capacités de vol. L’histoire évolutive des ailes doit elle aussi être révisée, selon l’article paru dans la revue Current Biology.

Des ailes pourvues de plusieurs rangées de plumes

Un Archeopteryx lithographica conservé à Berlin a particulièrement retenu l’attention des chercheurs. À sa mort, de la boue s’est insinuée entre ses plumes, permettant ainsi, 150 millions d’années plus tard, de fournir des données tridimensionnelles sur la morphologie de ses ailes. Comme chez les oiseaux modernes, celles-ci se composaient d’une rangée de rémiges primaires asymétriques (8 pour être exact) typiquement destinées au vol. Cependant, l’analyse de sillons longtemps négligés a révélé un fait troublant : une deuxième puis une troisième rangée de plumes, de longues tectrices, recouvraient en grande partie les rémiges.

Des ailes d’Anchiornis huxleyi trouvés en Chine ont également été passées en revue. Huit rémiges primaires recouvertes par plusieurs couches de longues tectrices ont été trouvées sur chaque membre. Petit détail, les plumes sont symétriques et recouvrent jusqu’à 90 % les rémiges. Ce dinosaure possède donc les mêmes appendices alaires que l’archéoptéryx, mais en plus primitifs. Ce fait n’est pas surprenant étant donné qu'Anchiornis huxleyi a vécu 5 à 10 millions d’années avant l'archéoptéryx.

Un vol par battements difficile pour ces dinosaures

L’existence de ces différentes couches de longues plumes est lourde de conséquences d’un point de vue fonctionnel. Les rémiges primaires de l’époque ne pouvaient pas par exemple s’écarter les unes des autres ou pivoter. Les ailes d’archéoptéryx et d’anchiornis devaient donc être relativement rigides et plutôt servir de surfaces pour planer. Des vols par battements étaient peut-être réalisables, mais ils devaient être très coûteux en énergie. Par conséquent, ils étaient courts. Enfin, la morphologie observée rendait difficile, voire impossible, tout déplacement aérien lent ou décollage depuis le sol.

Selon les auteurs, les plumes modernes seraient apparues voici 130 millions d’années, au Crétacé, après quelques dizaines de millions d’années de transformations. L’anchiornis puis l’archéoptéryx marqueraient deux étapes intermédiaires du processus évolutif.

Siource : Futura-Sciences du 25/11/2012

vendredi 27 janvier 2012

L'archéoptéryx aurait pu voler avec ses plumes noires

Archéoptéryx a encore beaucoup de secrets à nous dévoiler. C'est sur ses plumes que des chercheurs viennent de faire des découvertes. Elles étaient noires et conçues de la même façon que les oiseaux modernes qui volent... Archéoptéryx aurait-il volé ?

Un des éternels débats concernant Archéoptéryx est de savoir si oui ou non il volait, et si oui, de quelle manière. Question qui déchaîne la communauté des paléontologues et à laquelle Ryan Carney et plusieurs autres chercheurs viennent d’apporter un indice inédit. L’analyse approfondie du fossile d’une plume a en effet permis de définir la couleur du plumage de cette espèce et fournit également de nouveaux éléments de réponse concernant l'aptitude au vol.

Car certaines caractéristiques physiques indiquent qu'il était impossible pour cet animal de voler (absence de carène) tandis que d'autres soutiennent le contraire (sternum osseux, furcula rigide...). La capacité de vol d’Archéoptéryx n’est en outre pas l’unique interrogation concernant cet animal, souvent qualifié de mi-dinosaure, mi-oiseau.

Des mélanosomes dans les plumes d'Archéoptéryx

En effet, sa position dans la classification est controversée et peu certaine. Cependant, de récents travaux chinois ont montré que l’archéoptéryx, qui vivait il y a environ 150 millions d'années, n'était pas un des premiers oiseaux (groupe des Avialae) mais plus probablement un dinosaure, et plus exactement un Deinonychosauria.

Photographie de la plume fossilisée. Barre d'échelle : 5 mm.

Néanmoins, tout cela ne donnait pas d’indication concernant son aptitude au vol. Dans un article de Nature Communications, c’est une plume de l’animal qui a été passée au crible. Les scientifiques étaient à la recherche de mélanosomes, ces petits organites producteurs de pigment que l’on trouve en quantité variables à l’intérieur de la plume, du calamus – base de la « tige » – aux barbules. Celles-ci sont des petits crochets qui assurent le lien entre les barbes, filaments qui composent la plume.

Des études s’étaient déjà intéressé à ces organites, mais les chercheurs les avaient confondu avec des bactéries. Cependant, une nouvelle méthode qui repose sur la microscopie électronique, mise au point par Jakob Vinther en 2006 (Université Yale), a permis de les démasquer.

Plume similaire à celles des oiseaux modernes


Mieux encore, ces mélanosomes ont été aperçus au niveau des barbules, ce qui indique qu'elles assuraient efficacement la cohésion de la plume et son imperméabilité, indispensables au vol. En outre, sa structure et l’alignement des mélanosomes au sein des barbules sont tout à fait semblables à ceux des oiseaux modernes.

Cela ne veut pas dire qu’Archéoptéryx volait ni même qu’il en était capable. La seule présence de plumes adaptées au vol ne permet pas d'affirmer que le reste de l’organisme l'était. Mais c’est un nouvel élément qui va dans se sens. Jusqu’au prochain qui sera peut-être décisif…

Source : Futura Sciences du 24/01/2012

jeudi 26 janvier 2012

Dinosaures: le célèbre Archaeopteryx avait certainement les plumes noires

Le célèbre Archaeopteryx arborait certainement des plumes noires, assure une étude publiée mardi qui lève pour la première fois le voile sur les couleurs de ce petit dinosaure aux allures de volatile.

L'Archaeopteryx a longtemps été considéré comme la forme d'oiseau la plus ancienne. Les spécialistes de l'évolution ont toutefois accumulé ces dernières années des éléments laissant penser qu'il n'était en réalité qu'un banal dinosaure terrestre à plumes, comme il en existait bien d'autres au Jurassique, voici 145 à 200 millions d'années.

Le coloris de son plumage continuait en revanche à tenir en échec les paléontologues jusqu'à ce jour.

Une équipe américaine dirigée par Ryan Carney a donc procédé à toute une batterie d'analyses sur le fossile d'une plume du premier spécimen d'Archaeopteryx découvert en Bavière en 1861. Après plusieurs essais infructueux, ils ont finalement réussi à isoler les structures des cellules renfermant ses pigments, préservées par la fossilisation durant 150 millions d'années.

En l'occurrence, il s'agissait de "mélanosomes" produisant le pigment le plus répandu dans le règne animal: la mélanine, de couleur foncée. Or on retrouve ce pigment dans les plumes de tous les oiseaux modernes, à l'exception des individus albinos, note l'étude, publiée dans la revue Nature Communications.

Restait aux chercheurs à déterminer plus précisément le coloris de la plume. Ils ont donc comparé ces mélanosomes de l'Archaeopteryx avec ceux de 87 espèces d'oiseaux actuels, classés en quatre types de plumes: noires, grises, brunes et celles caractéristiques des pingouins.

"Nous avons découvert que la plume était noire avec 95% de certitude", résume Ryan Carney dans un communiqué diffusé par l'Université Brown (USA).

L'équipe en est en revanche réduite à spéculer sur l'utilité du pigment noir pour le dinosaure. Elle aurait pu lui servir à réguler sa température en protégeant sa peau des rayons solaires, servir de camouflage ou servir au contraire de signal.

La couleur noire aurait aussi très bien pu l'aider à voler.

"Nous ne disons pas que c'est la preuve que l'Archeopteryx était un dinosaure volant. Mais nous sommes en mesure de dire ces mélanosomes donnent une plus grande force et une meilleure résistance aux plumes des oiseaux modernes, indique M. Carney.

"Si l'Archaeopteryx battait des ailes ou planait, la présence des mélanosomes aurait contribué à une meilleure structure des plumes" ce qui aurait constitué un avantage pour les dinosaures dans l'évolution vers le vol, explique-t-il.

Source : Sciences et Avenir du 24/01/2012

mercredi 3 août 2011

L’archéoptéryx n’est plus l’ancêtre des oiseaux

Sacré cadeau : cent cinquante ans après sa découverte, l’archéoptéryx n’est plus un oiseau ! L’étude d’un nouveau fossile découvert en Chine oblige les paléontologistes à repenser les liens entre oiseaux et dinosaures, notamment en changeant la classification du fameux « chaînon manquant ».

En 1861, deux ans après la publication par Darwin de sa théorie de l’évolution, la découverte d’un fossile mi-dinosaure, mi-oiseau fait sensation. Ce premier archéoptéryx, avec son bréchet, ses membres antérieurs forts et surtout ses plumes, est alors naturellement vu comme le « chaînon manquant » entre les deux groupes. Mais les paléontologues se sont aperçus depuis que la réalité de l’évolution des êtres vivants est bien plus complexe. L’idée de « chaînon manquant » a laissé place au concept de « dernier ancêtre commun ».

Les découvertes récentes de nouveaux fossiles de dinosaures partageant des caractéristiques aviaires ont bien sûr troublé les chercheurs. Dinosaures ou oiseaux ? Cousins ou ancêtres ? Le casse-tête se compliquait… Mais l’archéoptéryx a néanmoins conservé son titre de premier des oiseaux.

Une poule avec des dents… et des griffes

Un titre conservé jusqu'à aujourd’hui, avec l’étude détaillée d’un nouveau fossile par une équipe de l’institut de Paléoanthropologie et paléontologie des vertébrés de Pékin. L’animal, baptisé Xiaotingia zhengi, vivait à la fin du Jurassique, il y a 161 à 145 millions d’années. L’empreinte dans la roche montre qu’il avait des plumes, des griffes et des dents acérées. Les longs os de ses doigts et la forme en L d’une extrémité de son bréchet l’apparentent fortement à l’archéoptéryx et à un autre emplumé nommé anchiornis. Les trois sont donc des parents proches et doivent être classés ensemble.

Ensemble, mais où ? Pour trouver la réponse la plus proche des observations, l’équipe ne s’est pas arrêtée à ces rapprochements. Les chercheurs chinois ont aussi remarqué que ces trois individus présentaient chacun les mêmes différences avec le groupe des Avialae, dont font partie les premiers oiseaux. Les plus flagrantes sont au niveau du crâne, avec un museau assez plat et des régions postérieures aux orbites assez étendues. Deux caractères absents chez les premiers oiseaux, mais bien présents chez des dinosaures comme le vélociraptor et le microraptor.

Les chercheurs chinois ont donc dû déplacer les trois fossiles à plumes. Tous, même l'archéoptéryx, quittent les oiseaux pour rejoindre les dinosaures du groupe Deinonychosauria. Pour Xing Xu, auteur de la publication et responsable de l’offense à l’ancêtre, les choses sont claires : « La place donnée à l’archéoptéryx dans la classification était due à la combinaison d’un contexte historique [Darwin, NDLR] et d’un manque de données fossiles éclairant la transition entre dinosaures et oiseaux ».

La mise à bas du mythe de l’archéoptéryx comme premier oiseau est plutôt bien accueillie par les paléontologues. Pour Lawrence Witmer de l’université de l’Ohio, elle paraît évidente avec les connaissances actuelles. En revanche, savoir si le placement phylogénétique de l’archéoptéryx parmi les Deinonychosauria sera pérenne est une autre question. Seuls des indices de terrain apportés par de nouveaux fossiles pourront confirmer (ou chambouler une nouvelle fois) nos connaissances sur l’émergence de la lignée des oiseaux.

Source : Futura-Sciences du 01/08/2011

lundi 1 août 2011

L’ancêtre des oiseaux perd son rang

La découverte, en chine, d’un fossile de dinosaure très voisin de l’Archaeopteryx, pourrait démettre ce dernier de son statut d’ancêtre des oiseaux. L’Archaeopteryx est considéré ainsi par lamjorité des paléontologues depuis la découverte du premier spécimen en 1861, quelques mois à peine après la parution de l’ouvrage de Charles Darwin L'Origine des espèces. Le fossile possédant des caractéristiques d’oiseaux (plumes, bréchet, pattes à 3 doigts) et de dinosaures il a été classé à la base des Avialae, groupe qui donnera nos oiseaux actuels.

Au fil du temps, la position d’Archaeopteryx s’est quelque peu affaiblie avec la découverte de plusieurs dinosaures à plumes possédant également d’autres caractéristiques aviaires. Mais le coup de grâce vient peut-être d’être asséné par le Pr Xing Xu, de l'Académie des Sciences chinoise, qui présente dans la revue Nature, la description d’un petit dinosaure de 800g, baptisé Xiaotingia zhengi, doté de plumes, de griffes acérées, de moins de 10 dents et d’un petit bec comme Archaeopteryx.
L’animal, est rattaché à un groupe parallèle aux Avialae, les Deinonychosauria. Les paléontologues ont alors construit un arbre phylogénétique, en comparant les caractéristiques anatomiques de l'archéoptéryx, de Xiaotingia, d’autres avialae  et de deinonychosaures.

Fossile de Xiaotingia zhengi. Xu et al. Nature
Ils ont noté que les crânes d'Archaeopteryx et de Xiaotingia étaient beaucoup plus semblables à ceux des Deinonychosauria qu’à ceux des autres Avialae. Sur cette base et en comparant avec les autres traits, tels que la structure du bassin, les orteils et les jambes, ils ont conclu que l'archéoptéryx était un deinonychosaure, plus proche des dinosaures que des oiseaux.

Cette analyse phylogénétique, qui est la première à retirer l'Archaeopteryx des Avialae, est de l’aveu même des auteurs provisoire. Elle suscite déjà, quelques heures après sa parution, de nombreuses réactions pas toutes enthousiastes. Mais si elle peut être confirmée par une enquête plus poussée, les hypothèses actuelles sur les origines des oiseaux modernes devront être réévaluées.

Source : Sciences et Avenir du 28/07/2011

vendredi 29 juillet 2011

Et non ... l'Archaeopteryx n'est pas l'ancêtre des oiseaux !

Le célèbre Archaeopteryx a été considéré à tort durant 150 ans comme l'ancêtre de tous les oiseaux... En réalité, selon les chercheurs chinois de l'Académie des Sciences qui publient ce 27 juillet 2011 leurs travaux dans la revue Nature, ce n'était qu'un simple dinosaure aux allures de volatile -comparé à un de ses cousins chinois de la taille d'un poulet découvert récemment. Cette découverte paléontologique ouvre le champ de nouvelles recherches et risque de bousculer des thèses sur l'histoire de l'évolution des espèces.


Depuis la découverte du premier spécimen d'Archaeopteryx en Bavière en 1861 -moins de deux ans après la publication fracassante par Darwin de son "Origine des espèces"-, le petit dinosaure à plumes était considéré comme l'ancêtre des oiseaux. Dans "l'arbre phylogénétique" retraçant la parenté des espèces, les chercheurs l'avaient effectivement placé à la base de la branche des "Aviales" -qui aboutit à nos oiseaux modernes.

Au fil du temps, certains chercheurs avaient certes nourri des doutes lorsque des caractéristiques considérées comme typiques des attributs "aviaires" de l'Archaeopteryx (plumes, bréchet, mains à trois doigts, etc.) avaient été trouvées chez d'autres dinosaures, bien terrestres ceux-là. Mais, faute de preuves formelles, le grand-père continuait imperturbablement de régner sur sa parentèle aviaire.

C'est alors que le Pr Xing Xu, spécialiste renommé en paléontologie de l'Académie des Sciences chinoise, s'est penché sur un banal fossile de dinosaure à plumes d'à peine 800 grammes découvert dans la province de Liaoning -une nouvelle espèce baptisée Xiaotingia zhengi, très proche de l'Archaeopteryx -mais dont la morphologie le rattache indubitablement à une branche parallèle des "Aviales", les "Déinonychosaures"-. Et, lorsque le Pr Xu et son équipe ont entré les caractéristiques du Xiaotingia dans le modèle informatique permettant de construire l'arbre phylogénétique, l'Archaeopteryx est tombé de sa branche, pour se retrouver à la naissance de la branche voisine des "Déinonychosaures"!

« Un petit dinosaure carnivore à plumes comme les autres ... »

Surpris par ce résultat, les auteurs ont recommencé leur analyse avec les mêmes paramètres. Aujourd'hui, même si le professeur Xu reste prudent et souligne qu'on ne dispose encore actuellement que de peu de données pour soutenir sa nouvelle "hypothèse phylogénétique", ce résultat ne fait finalement que confirmer un faisceau de présomptions tissé ces dernières années au fil des découvertes de fossiles.

Il est peut-être temps d'accepter l'idée que l'Archaeopteryx était juste un petit dinosaure carnivore à plumes comme les autres, qui se baladait au Jurassique, voici 145 à 200 millions d'années, estime le paléontologue Lawrence Witmer.

Où se cacherait alors l'ancêtre commun des oiseaux ? D'après l'analyse du Pr Xu, il faudrait chercher du côté de l'Epidexipteryx, de Jeholornis et de Sapeornis. Des espèces découvertes seulement très récemment et qui constituent donc un « nouveau territoire, même pour des spécialistes », indique Lawrence Witmer.

Source : RFI du 27/07/2011

jeudi 28 juillet 2011

L'Archaeopteryx n'était pas l'ancêtre des oiseaux, mais un dinosaure à plumes

Le célèbre Archaeopteryx a été considéré à tort durant 150 ans comme l'ancêtre de tous les oiseaux. Mais il n'était en réalité qu'un simple dinosaure aux allures de volatile, si l'on en croit un de ses cousins chinois de la taille d'un poulet découvert récemment.

Depuis la découverte du premier spécimen d'Archaeopteryx en Bavière en 1861, la plupart des spécialistes de l'évolution considéraient ce dinosaure à plumes comme la forme d'oiseau la plus basique et ancienne. Et dans "l'arbre phylogénétique" retraçant la parenté des espèces, ils l'avaient donc logiquement placé à la base de la branche des "Aviales" qui aboutit à nos oiseaux modernes.

Au fil du temps, certains chercheurs avaient certes nourri des doutes lorsque des caractéristiques considérées comme typiques des attributs "aviaires" de l'Archaeopteryx (plumes, bréchet, mains à trois doigts, etc.) avaient été trouvées chez d'autres dinosaures, bien terrestres ceux-là.

Mais faute de preuves formelles, le grand-père continuait imperturbablement de régner sur sa parentèle aviaire.

C'est alors que le Pr Xing Xu, spécialiste renommé en paléontologie de l'Académie des Sciences chinoise, se penche sur un banal fossile de dinosaure à plumes d'à peine 800 grammes découvert dans la province de Liaoning. Une nouvelle espèce baptisée Xiaotingia zhengi, très proche de l'Archaeopteryx mais dont la morphologie le rattache indubitablement à une branche parallèle des "Aviales", les "Déinonychosaures", expliquent les scientifiques chinois dans une étude publiée mercredi par la revue Nature.

Et lorsque le Pr Xu et son équipe ont entré les caractéristiques du Xiaotingia dans le modèle informatique permettant de construire l'arbre phylogénétique, l'Archaeopteryx est tombé de sa branche, pour se retrouver à la naissance de la branche voisine des "Déinonychosaures"!

Juste un petit dinosaure à plumes

"En d'autres termes, Archaeopteryx avait cessé d'être un oiseau", résume le biologiste américain Lawrence Witmer dans un commentaire séparé.

"Surpris par ce résultat, les auteurs ont recommencé leur analyse avec les mêmes paramètres, cette fois en omettant Xiaotingia. Et Archaeopteryx était rétabli sur la branche des Aviales, à la base de tous les oiseaux", explique-t-il.

Même si le Pr Xu reste prudent et souligne qu'on ne dispose encore à l'heure actuelle que de peu de données pour soutenir sa nouvelle "hypothèse phylogénétique", ce résultat ne fait finalement que confirmer un faisceau de présomptions tissé ces dernières années au fil des découvertes de fossiles.

"Il est peut-être temps d'accepter l'idée que l'Archaeopteryx était juste un petit dinosaure carnivore à plumes comme les autres, qui se baladait au Jurassique", voici 145 à 200 millions d'années, estime Lawrence Witmer.

Le premier spécimen d'Archaeopteryx avait été découvert moins de deux ans après la publication fracassante par Darwin de son "Origine des espèces".

Avec son mélange de caractéristiques reptiliennes et aviaires, ce dinosaure tombait à point nommé pour illustrer l'évolution des espèces et a pu influencer la façon dont les chercheurs ont travaillé par la suite, note le biologiste.

"Des centaines de publications (dont plusieurs des miennes) s'appuient sur l'Archaeopteryx pour formuler et évaluer des hypothèses sur les oiseaux", reconnaît M. Witmer.

Où se cacherait alors l'ancêtre commun des oiseaux ?

D'après l'analyse du Pr Xu, il faudrait chercher du côté de l'Epidexipteryx, de Jeholornis et de Sapeornis.

Des espèces découvertes seulement très récemment et qui constituent donc un "nouveau territoire, même pour des spécialistes", indique Lawrence Witmer.

Source : Actu Voila du 27/07/2011