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mardi 6 juin 2023

Les enfants des paranthropes, les plus proches parents des humains, grandissaient à une vitesse surprenante

Morts il y a près de deux millions d'années, les restes de quatre enfants paranthropes, des homininés qui ont côtoyé les premiers humains, révèlent une croissance bien plus rapide que celle des espèces du genre Homo.

Les paranthropes, cette presque humanité qui s'est éteinte il y a 1,5 à 1,2 million d'années, avaient des enfants qui grandissaient bien plus rapidement que ceux des humains, avec notamment un cerveau qui atteignait sa taille adulte dès l'âge de trois ans. "Une surprise", souligne José Braga, professeur de paléoanthropologie à l’université Toulouse III – Paul Sabatier et au Centre d’anthropobiologie et de génomique de Toulouse. "En effet, s'ils étaient toujours en vie, les paranthropes seraient les plus proches parents des humains et on s'attendrait donc à une vitesse de croissance proche", explique-t-il. Mais l'examen de quatre fossiles partiels de crânes d'enfants paranthropes, âgés de moins de trois ans, démontre le contraire.

Les paranthropes sont bien plus proches des humains que les australopithèques

Le paléontologue a découvert les fossiles, vieux de deux millions d'années, dans deux grottes en Afrique du Sud, situées dans les localités de Kromdraai et Drimolen, dans les environs de Johannesburg et de Pretoria. Aucun des quatre crânes n'est entier, mais des fragments de mandibules, de maxillaires, de boîte crânienne et des dents, ont permis de reconstituer et d'analyser pour la première fois le crâne d'un enfant paranthrope. "Une avancée considérable qui permet d'étudier la croissance d'une espèce proche des humains. Avec des caractéristiques bien plus humaines que celles des australopithèques qui vivaient durant la même période", précise-t-il. Les paléontologues savaient déjà que la morphologie crânienne des adultes des deux genres (Paranthropus et Homo) était globalement similaire avec néanmoins quelques différences bien visibles comme de très grosses dents jugales (molaires et pré-molaires) et des mâchoires massives pour le paranthrope.

La question était de savoir si ces similarités relevaient d'une évolution convergente ou de raisons évolutives bien plus profondes. "Grâce à cette étude, on peut enfin trancher : dès l'âge de deux ans, il est fascinant de constater à quel point les enfants paranthropes partagent des similarités avec les humains et sont à des années-lumière, en termes de modernité, des jeunes australopithèques représentés par un fossile emblématique, celui de l'enfant de Tang", insiste José Braga.

En particulier, l'arrière du crâne (la partie occipitale), qui conditionne l'anatomie du lobe postérieur et du cervelet, et la face ont un développement analogue à celui des humains et très éloignée des australopithèques. L'analyse complète du crâne composite, qui a été réalisée avec des techniques innovantes d’imagerie et notamment la morphométrie 3D, est publiée dans la revue Sciences Advances.

Une durée de vie plus courte

Ce qui a également frappé les chercheurs, et qui pour le coup diffère vraiment de l'ontogénie humaine, c'est la rapide croissance des jeunes paranthropes. "Certaines caractéristiques de la face et du crâne ont une forme, voire une taille adulte dès trois ans. C'est le cas du cerveau dont le volume, autour de 400 centimètres-cube, est celui d'un adulte alors que chez l'humain, le cerveau n'atteint sa taille adulte qu'à l'âge de six ans " précise José Braga. Cela signifie que l'enfance des paranthropes était très brève et qu'ils devaient probablement être très rapidement aptes à la mastication.

Crâne composite d'un enfant paranthrope reconstitué

La maturation précoce des jeunes paranthropes suggère également que la vie de ce genre était sans doute plus courte que celle des humains et que celle qu'on pouvait projeter en se basant sur sa taille corporelle, autour de 35 à 40 kilos maximum. Sans doute, les premiers atteignaient une vingtaine d'années contre une trentaine pour les humains.

Pour mieux comprendre la croissance dans les premiers jours et semaines des paranthropes et avoir des informations plus complètes sur la taille et la forme du cerveau à la naissance ou le degré de dépendance aux parents, il manque encore l'étude d'un fossile clé : celui d'un nouveau-né paranthrope. Une analyse qui ne devrait pas tarder puisque José Braga a déniché un tel fossile au cours de ses dernières fouilles.

Source : Sciences & Avenir du 05/06/2023

samedi 25 mars 2023

Paranthropus a-t-il taillé les premiers outils ?

Sur la rive du lac Victoria, au Kenya, le site de Nyayanga a livré des dents de paranthropes cotoyant des pierres taillées datant de 2,8 millions d’années, soit un million d’années plus tôt que les plus vieux outils connus. Ce cousin du genre homo est-il le premier tailleur de pierre de l’histoire ?

En 2015, à Ledi-Geraru, dans les Afars, en Éthiopie, on met au jour un fossile vieux de 2,8 millions d’années : LD 350-1. Cette demi-mandibule est hominine, c’est-à-dire qu’elle appartient à la lignée regroupant ardipithèques, australopithèques et humains divers, bref toutes les formes préhumaines ou humaines issues, avec les chimpanzés, de notre ancêtre commun il y a quelque 8 millions d’années. Certaines des caractéristiques de cette demi-mandibule sont archaïques, mais d’autres sont si humaines qu’elles la placent hors de la lignée australopithèque, donc au sein du genre Homo. Or Ledi-Geraru a aussi livré des galets aménagés et autres éclats coupants, ce qu’on qualifie d’outils « de mode 1 », ou « oldowayens », parce qu’on les associait à l’origine seulement aux membres de l’espèce H. habilis, qui ont vécu dans les gorges d’Olduvai vers 1,8 million d’années. Comme leur âge de 2,6 millions d’années en faisait alors les plus anciens outils oldowayens connus, on les a naturellement attribués à l’espèce humaine de LD 350-1. Toutefois, l’équipe de Thomas Plummer, de l’université de New York, vient d’en découvrir d’autres à Nyayanga, au Kenya, taillés par des paranthropes il y a quelque 2,8 millions d’années, soit un million d’années plus tôt qu’à Ledi-Geraru… Comment concilier les découvertes de Ledi-Geraru et de Nyayanga ?

Situé sur une berge de la péninsule de Homa, sur les rives nord-est du lac Victoria, au Kenya, le site de Nyayanga, est extrêmement ancien. L’ancrage dans le temps de sa pile sédimentaire à l’aide de datations paléomagnétique et radiochronologique suggère un horizon archéologique compris entre 3,032 et 2,595 millions d’années, intervalle dont la valeur médiane est 2,8 millions d’années. Quand les chercheurs y mirent au jour de premiers outils oldowayens, leur premier réflexe fut de les attribuer à Homo. C’est pourquoi deux des membres de l’équipe – la paléoanthropologue Emma Finestone et le préparateur des musées nationaux du Kenya Blasto Onyango – vécurent un véritable choc lorsque, sous des os d’hippopotame, ils aperçurent une première molaire énorme mêlée à des outils oldowayens. La découverte d’une autre grosse molaire partielle ajouta à leur étonnement : tant l’énorme taille de ces deux dents que leurs traits fins prouvaient leur appartenance à un paranthrope.

Le genre Paranthropus rassemble ce qu’on nomme des « australopithèques robustes » bipèdes, qui ont vécu en Afrique entre 2,9 et 1,2 millions d’années. Son espèce la plus connue est P. boisei. Les paranthropes étonnent les paléoanthropologues par le grand contraste existant entre leurs petites dents de devant et leurs énormes prémolaires et molaires. Une telle dentition suggère qu’ils se servaient souvent de leurs molaires pour broyer des graminées, des graines, des racines et des tubercules, voire des insectes qui s’en nourrissent, comme les termites, mais pouvaient aussi à l’occasion cisailler de la viande avec leurs dents de devant. Il s’agissait donc avant tout d’herbivores, très aptes à consommer des graminées en saison humide, des végétaux coriaces en saison sèche, mais aussi, quand ces végétaux manquaient – capables de charogner.

En haut, le fragment d’une molaire inférieure (à gauche) et la molaire supérieure de paranthrope (à droite) trouvés au milieu d’outils abandonnés parmi les os d’un hippopotame, dont la carcasse fut exploitée. Au-dessous, quelques-uns des outils oldowayens trouvés à Nyayanga : (de gauche à droite) un percuteur portant des traces de choc, un nucléus dans la masse duquel manquent plusieurs éclats, puis quelques exemple d’éclats tranchants.

De fait, sur le site, les chercheurs ont mis au jour 1 176 os provenant de tortues, d’hippopotames, de crocodiles et d’autres animaux de bord d’eau, morts sur place sans doute. Plusieurs de ces os portent des traces d’activités de boucherie. L’usure observée sur 30 outils confirme la transformation par pilonnage non seulement de restes de faune, mais aussi de tissus végétaux, ce qui apparaît caractéristique de paranthropes avant tout herbivores, dont la carnivorie n’était sans doute qu’opportuniste. Leurs énormes prémolaires et molaires servant prioritairement à mastiquer des végétaux, les paranthropes semblent avoir pratiqué une sorte de « prémastication outillée » de la viande. Les essais pratiqués par les chercheurs induisent que seules plusieurs heures d’utilisation des outils sont à même d’expliquer les macro- et microtraces observées. Les marques de coupure et autres dommages par percussion montrent que l’on consommait tant la viande encore attachée aux os, que la moelle conservée en leur sein. Une côte striée par un éclat coupant et le fait que les os de deux hippopotames sont disposés en tas, où l’on retrouve des outils, indiquent qu’ils ont été équarris, activité que l’on imagine mal s’être produite après une chasse…

La qualité des 330 outils taillés à Nyayanga est remarquable. Le mode 1/Oldowayen, fut précédé par le Lomekwien, qui date de 3,3 millions d’années, une technique de taille consistant à choquer des pierres sur une « enclume ». Pour sa part, l’Oldowayen est une technique à mains libres : il consiste à frapper un « galet » tenu dans une main – c’est-à-dire une pierre – avec un percuteur (une autre pierre) tenu par l’autre main, soit pour le doter d’un tranchant sur une face ou deux, soit pour en tirer des éclats. Dans ce cas, la pierre choquée est un « nucléus ». À Nyayanga, plus de 20 % des outils sont des nucléus. Les autres sont soit les éclats qui en furent débités, soit des percuteurs durs (pierre) portant des traces de chocs répétés. Les roches taillées – quartz, quartzite, rhyolite et carbonatite –, toutes volcaniques étant donné le substrat géologique du site, illustrent le comportement opportuniste de tailleurs de pierre qui savaient transformer des roches diverses en outils, bref d’artisans expérimentés pratiquant une tradition technique bien installée.

S’agit-il vraiment de paranthropes ? L’emplacement de la molaire au milieu d’ossements et d’éclats tranchants et la découverte du fragment d’une autre dent rend très invraisemblable une présence seulement fortuite de ces australopithèques robustes. Argument supplémentaire : la restitution de l’environnement à partir d’une analyse des rapports isotopiques du carbone dans les carbonates mêlés au sol et des dents de bovidés trouvées sur le site indique que les occupants de Nyayanga vivaient dans un habitat mésique – à humidité moyenne – fait de brousses, de savanes arborées et de zones arbustives de bord de l’eau. Bref, il s’agissait d’un paradis pour paranthropes, très riche en graminées et en plantes herbacées pendant la saison humide, mais doté aussi de carcasses à exploiter quand régnait la disette. Ainsi, l’hypothèse la plus probable est qu’à Nyayanga, des paranthropes ont exploité des animaux semi-aquatiques morts au bord de l’eau à l’aide de leurs propres outils.

Il s’agit là d’un comportement opportuniste, s’inscrivant dans une stratégie alimentaire sans doute pratiquée aussi à des nuances près par d’autres hominines. De fait, les tailles de la canine, de la grosse prémolaire et des trois grosses molaires attachées à LD 350-1 coïncident avec celles des mêmes dents du très herbivore Australopithecus afarensis. Étant donné que l’on sait que la consommation accrue de viande a joué un rôle crucial dans l’hominisation, cela montre que la forme humaine de LD 350-1 était encore assez herbivore. Cela semble indiquer qu’elle était transitionnelle entre les australopithèques et les humains et date d’un temps pendant lequel tous les hominines d’écologies comparables – les paranthropes, des australopithèques graciles (Australopithecus garhi ?) et de premiers humains proches de ces derniers – fabriquaient des outils similaires pour mieux tirer parti des ressources disponibles. Cette époque de généralisation de la mastication outillée est aussi celle de l’hominisation. Quand commence-t-elle ? Avant trois millions d’années, suggèrent les découvertes faites à Nyayanga, car, d’après sa datation, le site pourrait avoir cet âge. Survivant par des stratégies proches dans les mêmes milieux, paranthropes et premiers humains ne pouvaient que se croiser. Peut-être échangeaient-ils ? Qui a imité qui ?

Source : Pour la Science du 25/03/2023

jeudi 16 février 2023

Ces outils ont 3 millions d’années et n’auraient pas été fabriqués par nos ancêtres

Des éléments de preuve suggèrent que les paranthropes (Paranthropus), des cousins des humains, se servaient d’outils. Jusqu’alors, les scientifiques croyaient qu’ils ne se servaient que de leurs dents et de leurs mâchoires pour manger.

Sur un site fouilles du sud-ouest du Kenya, des archéologues ont découvert des outils caractéristiques en pierre qui pourraient avoir été fabriqués il y a trois millions d’années et de fait être les plus anciens de ce type à avoir jamais été mis au jour.

Plus surprenant encore, les outils dont il est question ont été découverts près de fossiles de paranthropes (Paranthropus), des homininés qui ne sont pas des ancêtres des humains d’aujourd’hui.

Ces découvertes renforcent les théories selon lesquelles des homininés extérieurs au genre Homo ont utilisé des outils en pierre. Elles repoussent également de plusieurs milliers d’années la date de l’apparition de la technique oldowayenne, une méthode de fabrication d’outils est-africaine qui remonte au début du Paléolithique.

D’après la paléoanthropologue Emma Finestone, conservatrice adjointe du service des origines humaines au Musée d’histoire naturelle de Cleveland, dans l’Ohio, on soupçonnait depuis plusieurs années déjà Paranthropus de s’être servi d’outils.

Mais l’idée était tombée en disgrâce, notamment parce qu’on considérait que les homininés du genre Homo qui, eux, se servaient bel et bien d’outils en pierre, étaient plus intelligents, et parce que Paranthropus avait des dents et des mâchoires larges qui laissaient penser qu’il n’avait peut-être pas eu besoin d’outils pour transformer ses aliments.

Mais avec cette nouvelle découverte, « là c’est bon, je change d’avis », capitule Emma Finestone, qui faisait partie de l’équipe qui a travaillé de 2014 à 2022 à Nyayanga, site archéologique du sud-ouest Kenya sur les rives du lac Victoria.

Un vaste amphithéâtre naturel gît là et est rempli d’outils de pierre, principalement fabriqués à partir de quartz et de rhyolites, et des os fossilisés d’animaux mangés par des homininés primitifs. Parmi ces outils, on trouve des morceaux tranchants ayant servi à découper et à racler ; le cœur des roches (le matériau de base) desquelles ils ont été extraits ; et les percuteurs utilisés pour marteler les roches.

Révolution technologique

Sur une période de plus de dix ans, l’équipe de recherche, dirigée par Thomas Plummer, a identifié plus de 300 outils oldowayens sur le site de fouilles ; en 2019, ils ont également découvert une dent de Paranthropus. Une deuxième dent provenant d’un spécimen de Paranthropus différent a depuis été mise au jour au milieu d’un « éparpillement » d’ossements d’hippopotames découpés.

La plupart des connaisseurs pensaient que Paranthropus ne se servait que de ses dents robustes pour manger, mais « voilà qu’on retrouve Paranthropus sur un site en compagnie d’outils de pierre et d’un hippopotame dépecé », s’étonne Thomas Plummer, professeur d’anthropologie au Queens College de l’Université de la ville de New York et auteur principal de l’étude parue le 9 février 2023 dans la revue Science.

Les chercheurs ne peuvent être certains que ces outils ont été fabriqués et utilisés par Paranthropus, car des homininés appartenant à d’autres genres (comme Homo habilis) fréquentaient également la région de Nyayanga. Mais il y a de fortes chances que ce soit le cas.

Les outils et les dents découverts à Nyayanga se trouvaient dans des sédiments vieux de 2,6 à 3 millions d’années. D’après Thomas Plummer, ces outils pourraient avoir été confectionnés il y a 2,9 millions d’années environ, ce qui correspond à la partie haute de cette estimation.

L’imposante roche sur la gauche a servi de matériau de base pour la fabrication d’artefacts oldoweyens. Des homininés ont martelé le corps de la pierre à l’aide de percuteurs afin d’en extraire des copeaux tranchants et d’en faire des outils.

Avant cela, les plus anciens outils oldoweyens connus dataient d’il y a 2,6 millions d’années et provenaient de la région d’Afar, en Éthiopie, à près de 1 300 kilomètres au nord.

Bien que certains outils en pierre encore plus anciens (3,3 millions d’années) aient été mis au jour sur un unique site du nord-ouest du Kenya, la conception d’outils oldoweyens plus petits et plus légers a été une révolution technologique.

Malgré leur apparence abrupte, les outils oldoweyens se sont propagés sur la plupart du continent africain et même en dehors, et des espèces du genre Homo ont continué à en fabriquer et à s’en servir plus d’un million d’années.

« Les outils oldoweyens sont une technologie très importante, affirme-t-il. C’est saillant à la fois dans l’espace et dans le temps. »

Il a bon espoir que de futures découvertes de fossiles Paranthropus scelle pour de bon l’idée selon laquelle cet homininé non Homo a pu fabriquer ces outils. En outre, il va falloir s’intéresser de nouveau à plusieurs sites datant d’époques ultérieures où des fossiles de Paranthropus ont été découverts : Paranthropus pourrait avoir créé ces outils, et non des individus du genre Homo comme on le pensait.

Dépeçage d'hippopotame

Selon Bernard Wood, paléoanthropologue de l’Université George-Washington, à Washington, qui n’a pris part à l’étude, le fait que des homininés dépeçaient des hippopotames à cette époque est un autre aspect intéressant des découvertes réalisées à Nyayanga.

Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que le dépeçage d’animaux aussi imposants n’est intervenu que bien plus tard, après que les homininés sont devenus plus gros et plus doué pour la chasse.

« Personne ne dit qu’ils chassaient ces animaux imposants, mais peut-être qu’il leur arrivait de tomber dessus quand ils mouraient et qu’ils se rendaient compte que la chair et les os pouvaient leur servir, explique-t-il. On a pu spéculer sur la probabilité de ce fait mais là, il y a des preuves archéologiques tangibles. »

Neil Roach, biologiste de l’évolution humaine de l’Université Harvard qui n’a pas pris part aux recherches, ajoute que les grands singes et les singes d’aujourd’hui comme les capucins fabriquent des outils en pierre, et que l’on peut donc s’attendre à ce que des homininés non Homo aient se soient servis de tels objets.

« La vieille idée selon laquelle les outils seraient apparus avec Homo il y a environ deux millions d’années avait déjà fait long feu, et cela permet d’enfoncer encore un peu plus le clou », déclare-t-il.

Source : National Geographic du 15/02/2023

mardi 17 novembre 2020

vendredi 10 avril 2020

Il y a 2 millions d’années, en Afrique australe, Australopithecus, Paranthropus et… Homo erectus ?

Il y a 2 millions d’années, en Afrique australe, Australopithecus, Paranthropus et… Homo erectus ?

Il y a près de 2 millions d'années, australopithèques, paranthropes et Homo erectus cohabitaient sur le site riche en fossiles de Drimolen, dans l’actuelle Afrique du Sud. C’est ce qui ressort de la nouvelle évaluation chronologique réalisée par une équipe internationale, qui a fait l’objet d’une publication hier dans la revue Science.

En soi, la cohabitation d’espèces différentes d’hominines ne constitue pas une nouveauté : elle est connue – et débattue – depuis plusieurs décennies. Ce qui est plus neuf, c’est l’important effort de datation déployé par l’équipe : les fossiles crâniaux d’Homo erectus et Paranthropus robustus dateraient de 2,04 à 1,95 millions d’années, un âge qui en fait les plus anciens spécimens de leurs espèces respectives. Et qui recule de 100 000 ans les premières apparitions dans le temps de ces deux espèces. Or si la présence d’erectus est admise en Afrique de l’Est à des dates aussi anciennes – mais sous l’appellation plus courante d’Homo ergaster – elle n’avait pas encore été documentée dans le sud du continent.

Une méthode de datation novatrice

C’est tout d’abord l’effort de datation que salue en premier lieu Florent Détroit, paléoanthropologue au Muséum National d’Histoire Naturelle. « Les sites karstiques [qui se développent dans les régions où prédominent les roches sédimentaires sensibles à la dissolution, comme les calcaires, ndlr]d’Afrique du Sud sont compliqués à dater : ce sont des cavités qui se remplissent de sédiments et d’ossements, lesquels peu à peu se dissolvent partiellement et disparaissent, avant d’être recouverts par de nouveaux sédiments, explique-t-il. On a donc des mélanges de plusieurs phases temporelles à l’intérieur d’une même couche géologique. Dans cette publication, pourtant, la provenance des restes fossiles est très bien documentée ».

Pour reconstituer une chronologie précise du site de Drimolen, l’équipe a combiné plusieurs méthodes de datation : résonance de spin électronique — qui mesure la dose de radiation reçue par un échantillon depuis sa formation ou son enfouissement —, paléomagnétisme et datation uranium-plomb — qui étudie les isotopes radioactifs enfermés dans l’échantillon étudié. Cette dernière méthode a permis de dater les « spéléothèmes » ou planchers stalagmitiques du site, c’est-à-dire les couches continues de calcite, et ainsi de distinguer des lignes successives de dates : un fossile donné peut ainsi être daté par les « tranches » supérieure et inférieure du « sandwich » dans lequel il se trouve inséré. « Cette méthode pourrait être appliquée dans d’autres sites d’Afrique australe », souligne Florent Détroit.

Quel Homo erectus ?

Ce qui semble plus sujet à discussion, c’est le rattachement d’un des deux crânes étudiés par l’équipe à Homo erectus, attribué à un enfant. « On connaît peu de caractères taxonomiques pertinents de crâne enfantin d’Homo ancien, puisqu’on ne dispose que d’un fossile de ce type, en Indonésie », signale le chercheur. Découvert sur l’île de Java, ce fossile, dit « de Mojokerto », est à ce jour le seul attribué à un erectus immature. La publication, de fait, justifie le rattachement du crâne à erectus plutôt par défaut. Dans un commentaire joint à l’étude, l’anthropologue Susan C. Antón, de l’université de New York, explique en effet que « la taille et la forme de la boîte crânienne excluent son affiliation aux deux espèces d’Homo vivant sur le continent à l’époque, rudolfensis et habilis ».

Cela justifie-t-il pour autant le classement de ce fossile parmi l’espèce erectus ? La difficulté d’une telle question n’est pas propre au site sud-africain de Drimolen, souligne Florent Détroit : « Nous disposons de peu de fossiles d’Homo anciens en Afrique australe et leur attribution est en général très discutée : erectus ? habilis ? ergaster ? rudolfensis ? naledi ? ou même une espèce encore inconnue ? »

Resterait donc à confirmer l’hypothèse de la présence, en Afrique australe, il y a deux millions d’années, d’Homo erectus. À cet égard, le titre de l’article sur le caractère « contemporain » des trois espèces pourrait donc être un peu trompeur. Il est d’ailleurs plus affirmatif que le contenu de la publication.

Sauf à donner d’erectus une définition très large. « Sur erectus, il y a deux écoles, explique Florent Détroit. Pour la première, erectus est l’ancêtre de l’Homme sur toute la planète et les variantes anciennes d’Homo — ergaster, georgicus, rudolfensis, antecessor — n’en sont que des variantes géographiques. L’auteur du commentaire, Susan C. Antón, s’y rattache clairement.La seconde école — à laquelle j’appartiens —, distingue plusieurs espèces selon leur provenance spatiale et privilégie une acception moins large d’Homo erectus ».

Une telle question, aujourd’hui ouverte, en évoque d’autres, du même ordre : également découvert en Afrique du Sud, sediba relève-t-il du genre Homo ou australopithecus ? Comment trancher ? Plus largement, comment définir le genre Homo, reconnaître ses premiers représentants et le distinguer des genres proches ? Cette nouvelle étude enrichit un débat passionné et loin d’être clos.

Source : Le Blob du 03/04/2020

jeudi 9 avril 2020

Découverte : trois espèces d'hommes en Afrique du Sud il y a 2 millions d'années

C'est une découverte qui rebat quelques cartes et qui a le mérite de nous emmener très loin du coronavirus. En Afrique du Sud, il y a deux millions d'années, des chercheurs ont découvert la présence d'Homo erectus, un de nos ancêtres, et, fait a priori unique, il se partageait le territoire avec deux autres espèces ancestrales humaines aujourd'hui éteintes : Australopitheque et Paranthropus. Ces recherches sont publiées dans la revue Science.

Il y a deux millions d'années, l'Afrique du Sud change : le climat se modifie, des prairies aparaissent, les forêts reculent. Tout cela à un effet majeur sur les habitants de l'époque.

Renaud Joannes-Boyau est le coauteur de cette étude. C'est le directeur du laboratoire de géo-archéologie et d'archéométrie à l'université de Southern Cross en Australie :

« On a un remplacement dans les grands singes de la région, explique-t-il. C'est-à-dire que pendant le million d'années précédent, on a Australopithecus qui domine l'environnement. On a aussi Paranthropus qui apparait et on voit Homo erectus qui apparait aussi aux alentours de 2 millions d'années. C'est ce qu'on prouve dans ce papier. À la suite de ça, Australopithecus, on ne le trouve plus dans les couches fossiles, donc on sait qu'on a un changement climatique qui a certainement favorisé Homo erectus par rapport à Australopithecus. »

Mais pour les chercheurs c'est une surprise de voir Homo erectus si tôt en Afrique du Sud : « On ne sait pas d'où vient Homo erectus. Il a été proposé par exemple qu'Australopithecus sediba a été un de ses ancêtres, mais malheureusement, on voit dans le papier que l'on vient de publier, que sediba vit au même moment que Homo erectus. »

D'autres espèces sont suspectées d'être les ancêtres au genre homo, il y a Australopithecus africanus, lui aussi vivait en Afrique du Sud.

Source :RFI du 02/04/2020

jeudi 14 janvier 2010

Paranthropus robustus

Paranthropus robustus ou Australopithecus robustus est le nom d'un hominidé âgé de 2,2 à 1 million d'années.

Il a été découvert à Kromdraai en Afrique du Sud. D'autres sites paléontologiques d'Afrique du Sud, tels Swartkrans et Drimolen, ont livré des restes fossiles de cette espèce.

Genre

Bien que généralement classé dans le genre Australopithecus, certains spécialistes considèrent qu'il s'agit d'un genre à part, qu'ils nomment Paranthropus. Le débat dans la communauté scientifique n'est pas encore tranché. Ils sont les derniers descendants de leur lignée et s'éteignent vers -1 million d'années.

Source : Wikipedia

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Découvert en Afrique du Sud (Kromdraai) en 1938 ; 2 à 1 million d'années. Crane plus moderne que A. africanus. Très proche de A. boisei.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2,2 à 1 millions d'années
Taille : 1,12 à 1,45 m
Poids : 25 à 45 kg
Localisation : Afrique du Sud
Habitat : Arboré
Feux : Non utilisé
Outils : Utilisés

Sa fiche sur Hominidés.com

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2,2-1,5 MA.
Un crâne et une partie de son squelette (TM 1517).
Plusieurs grottes d’Afrique du Sud.
Le plus robuste des homininés en raison de ses grosses mâchoires ; les mâles paranthropes avaient même une crête osseuse au-dessus du crâne.

Paranthropus aethiopicus

Paranthropus aethiopicus est le nom d'un hominidé bipède découvert en Éthiopie en 1967 par Camille Arambourg et Yves Coppens. Il aurait vécu entre 2,3 et 2,7 millions d'années.

Historique

Le premier spécimen est une mandibule édentée (holotype : Omo 18-1967-18) découverte en 1967 à Shungura, dans le sud-ouest de l'Éthiopie, à l'ouest de la rivière Omo, par une expédition française menée par Camille Arambourg et Yves Coppens. Il a été retrouvé dans des niveaux datés d'environ 2,6 millions d'années.

La découverte de cette mandibule conduisit tout de suite à la création d'une nouvelle espèce : Paraustralopitecus aethiopicus. En effet, la mandibule présente des dents de forte taille qui la classent parmi les formes robustes mais l'arcade dentaire est en forme de V, ce qui justifia pour les auteurs cette création.

Cette espèce est aujourd'hui nommée Paranthropus aethiopicus ou considérée par certains auteurs comme appartenant au genre Australopithecus et donc nommée Australopithecus aethiopicus.

L'appellation « aethiopicus » reste peu usitée. Beaucoup de chercheurs, notamment anglo-saxons, ignoraient même l'existence et la découverte de cette nouvelle espèce jusqu'à la mise au jour, en 1985, d'un crâne très bien conservé, dans des sédiments de la formation de Nachukui, à l'ouest du lac Turkana, datés d'environ 2,5 millions d'années.

Le crâne en question, répertorié sous le code KNM-WT 17000, est surnommé le « Black Skull », en raison de sa coloration noire, due à la richesse en dioxyde de manganèse du sédiment duquel il est issu. Il constitue un paratype de l'espèce Paranthropus aethiopicus, à laquelle il fut très vite rattaché. C'est sur ce paratype, le plus complet de l'ensemble des restes, que furent effectuées la plupart des observations.

Une position systématique et phylogénétique controversée

Bien qu'originellement classé dans le genre Paranthropus créé par Robert Broom en 1938, certains spécialistes considèrent qu'il doit être classé dans le genre Australopithecus créé par Raymond Dart en 1924.

Le débat au sein de la communauté scientifique n'est pas encore tranché. La morphologie de P. aethiopicus, intermédiaire entre Australopithecus afarensis et les formes robustes d'australopithécinés, est à l'origine des incertitudes quant à sa position taxinomique.

Au-delà de ce débat, la coexistence de caractères robustes et graciles sur ce fossile est à l'origine d'une remise en question de la validité du genre Paranthropus. Certains considèrent en effet que le groupe des Paranthropes est polyphylétique donc artificiel. D'autres interprètent ce mélange de caractères comme l'expression d'une forme ancestrale des Paranthropes, qui serait issue des formes graciles. Le groupe serait donc monophylétique et ce mélange de caractères devient alors preuve de la validité du genre Paranthropus.

Source : Wikipedia

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Le "crane noir" (KNM-WT 17000) a été découvert en 1986 à l'ouest du lac Turkana au Kénya. Il date de 2,5 million d'années. Assez proche de A. afarensis mais, moins de cervelle et plus de muscles.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2,7 à 2,3 millions d'années
Taille : 1,50 m
Poids : 50 kg
Localisation : Ethiopie et Kenya
Habitat : Arboré
Feux :
Outils :

Sa fiche sur Hominidés.com

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2,6 MA.
Une mandibule (Omo 18.18) ; le crâne noir (KNM-WT 17000).
Éthiopie, Kenya et Malawi,Afrique de l’Est.
aethiopicus pourrait être l’ancêtre des deux autres espèces de paranthropes. Des outils ont été trouvés à proximité de fossiles de paranthropes, les fabriquaient-ils ?

mercredi 13 janvier 2010

Paranthropus boisei

Paranthropus boisei est un hominidé fossile qui a vécu en Afrique orientale entre environ 2,4 et 1,2 million d'années avant notre ère, pendant le Pliocène et le Pléistocène inférieur. Il a d’abord été appelé Zinjanthropus boisei puis Australopithecus boisei. Aujourd'hui, il est souvent inclus dans le genre Paranthropus, dont il est le plus grand représentant. Toutefois, le débat concernant sa position phylogénétique n’est pas encore clos.

Découvertes
  • OH 5
Découvert par l'anthropologue Mary Leakey en juillet 1959 dans les Gorges d'Olduvai (Tanzanie), le crâne OH 5, surnommé « casse-noisette » (Nutcracker Man) est bien conservé et date de 1,75 million d'années ; il présente des traits différents de ceux des Australopithèques graciles. Mary et son époux Louis Leakey ont appelé le spécimen Zinjanthropus boisei ; boisei en hommage à Charles Boise, le mécène de cette équipe d'anthropologues ; zinj est un mot ancien pour désigner l'Afrique orientale et anthropos signifie homme en grec. Paranthropus boisei a acquis une grande importance quand Richard Leakey, le fils des deux anthropologues, a estimé que c’était la première espèce d’hominidés à avoir employé des outils en pierre.
  • KNM-ER 406
Un autre crâne, inventorié sous le numéro KNM-ER 406, a été mis au jour en 1969 par Richard Leakey et Mwongela Mutua à Koobi Fora, près du lac Turkana au Kenya. Ce crâne, attribué à un individu adulte, a une capacité endocranienne de 510 cm3 environ. Il est daté de 1,7 à 1,85 million d'années.

Source : Wikipedia

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Ethiopie, Tanzanie, Kénya De 2,3 à 1,2 million d'années Echantillon initial découvert en 1959 à Olduvai (OH5) caractérisé par de très grosses dents, hyper robuste peut-être intermédiaire entre A. africanus et A. robustus.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2,4 à 1,2 millions d'années
Taille : 1,20 à 1,50 m
Poids : 30 à 55 kg
Localisation : Afrique Orientale
Habitat : Arboré
Feux : Maîtrisé
Outils : Fabriqués

Sa fiche sur Hominidés.com

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2,2-1,2 MA.
Un crâne (OH 5).
Tanzanie, Éthiopie et Kenya.
Le zinjanthrope (son premier nom) a été contemporain de plusieurs espèces du genre Homo en Afrique.

samedi 1 septembre 2001

Hominina / Hominines

Les hominines (Hominina en latin scientifique), constituent la lignée des hominidés à laquelle appartient le genre humain et des espèces disparues, comme les australopithèques. Elle regroupe les hominidés non arboricoles (bipèdes ou contribuant à l'émergence de la bipédie) et correspond à ce que l'on nomme communément les hominines (terme sans valeur taxinomique). Cette dénomination d'« hominine » a vocation à remplacer le terme d'« hominidé » en paléoanthropologie.

Les Hominina forment une sous-tribu d'hominidés qui inclut le genre Homo et les genres éteints apparentés, tels que les Australopithèques ou les Paranthropes. Ils rassemblent toutes les espèces appartenant à la lignée humaine, qui s'est séparée de la lignée des chimpanzés (Panina) il y a au moins 7 millions d'années. Le caractère le plus notable reconnu aux Hominina est la bipédie, alors que les chimpanzés et les gorilles sont quadrupèdes.

Le terme scientifique Hominina se traduit en français par hominines ou par hominiens selon les auteurs.

Source : Wikipedia

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nom :
âge :
découverte : Goodman
date : 1990
espèce : Hominina

vendredi 1 janvier 1993

Paranthropus

Paranthropus est un genre éteint d'hominidé ayant vécu en Afrique entre environ 2,7 et 1 million d'années avant le présent. Il regroupe trois espèces voisines, parfois qualifiées d'« Australopithèques robustes » (P. aethiopicus, P. boisei, P. robustus).

Source : Wikipedia

Genre d'hominidés présent entre 2,5 et 1 millions d'années avant notre ère. Appelé également australopithèque robuste à cause de sa face et de sa mâchoire très massives.

Source : Lexique du CNRS

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nom :
âge :
découverte : Robert Broom
date : 1938
espèce : Paranthropus