La grotte du Pech Merle (ou de Pech Merle) est une grotte ornée préhistorique située dans le département du Lot (région Occitanie, France), sur la commune de Cabrerets. Elle s'ouvre dans une colline (pech en occitan) dominant les vallées de la Sagne et du Célé, dans le Quercy.
Cette grotte, comme d'autres, a été comparée à la chapelle Sixtine ; on attribue cette comparaison à l’abbé Breuil.
Occupation de la grotte
Des traces d'occupations animales y sont encore visibles : bauges et griffades d'ours des cavernes. L'ensemble comporte sept cavités dont deux seulement ont été fréquentées par les hommes préhistoriques. En dehors des peintures, le sol même de la grotte a conservé le témoignage du passage de l'homme : 12 empreintes de pas d'un adolescent dans le fond d'un gour désormais asséché ont été fossilisées par calcification ; 3 outils de silex (burin, lame et galet) ainsi que quelques charbons de bois et des débris d'omoplates de renne y ont été retrouvés. Selon Michel Lorblanchet, la grotte n'a pas servi d'habitat, sa fréquentation devait être épisodique et peu importante.
À la fin de la glaciation de Würm, l'entrée naturelle de la grotte a été comblée par un éboulement. L'entrée actuelle pour la visite s'effectue par une galerie artificielle creusée en 1923.
Historique
L'igue du Pech Merle ou igue David (du nom des propriétaires du terrain où elle était située) était connue des habitants environnants et fut alors prospectée plusieurs fois avant de dévoiler tous ses secrets. La tradition veut qu'un prêtre réfractaire s'y cachait pendant la Révolution française et qu'il y était ravitaillé par les paroissiens de Cabrerets.
Découverte des salles
La première salle dite salle Rouge en raison de ses concrétions rougeâtres, fut découverte en 1915 par Henri Redon, étudiant en médecine à Paris, accompagné de son cousin monsieur Touzery.
Le 15 février 1920, l'abbé Amédée Lemozi, curé de la paroisse, et des enfants - André David (fils du propriétaire de l'igue), Henri Dutrerte, Louis Gineste et Henri Vinel - y font une première exploration mais ne découvrent que des ossements d'animaux contemporains (capridés et bovidés). En avril 1922, André David et Henri Dutertre y retournent, dégagent à la pelle un boyau encombré d'argile et aboutissent dans la salle blanche. Averti par les enfants de cette dernière découverte, Amédée Lemozi et Pierre Colonge entreprennent une deuxième visite au cours de laquelle ils manquent de se perdre faute de moyens d'éclairage adéquats. L'abbé Lemozi interdit alors aux enfants de s'y aventurer. Le 4 septembre 1922, André David, sa sœur Marthe David et Henri Dutertre, après plusieurs heures d'exploration, découvrent les salles préhistoriques et en font part à Amédée Lemozi. Celui-ci 5 y entreprend alors un relevé topographique complet, aidé d'André David.
Dès 1929, Amédée Lemozi émet l'hypothèse qu'un éboulis situé à proximité immédiate de la nouvelle entrée pouvait masquer de nouvelles galeries. En octobre 1949, André David perce cet éboulis après une vingtaine de jours de travail et découvre le réseau du Combel.
Par la suite, la grotte est étudiée en détail par André Leroi-Gourhan et Michel Lorblanchet.
Les œuvres
La grotte comporte 700 motifs peints ou gravés, dont 69 figurations animales, 13 figurations humaines ou para-humaines et 595 signes. Les figurations animales sont constituées de 25 mammouths, 13 bisons, 9 chevaux, 7 aurochs, 4 cervidés dont 1 mégacéros, 2 bouquetins, 2 poissons (dont 1 douteux), 1 félin, 1 ours et 5 animaux imaginaires. Les figurations humaines sont soit réalistes (3 femmes et 1 homme) ou schématiques (9 "femmes-bisons" selon la terminologie de Leroi-Gourhan). S'y ajoutent des mains négatives réalisées selon la technique du pochoir et des "mains essuyées". La très grande majorité des motifs sont de simples signes (543 ponctuations rouges ou noires soufflées ou imprimées du bout des doigts), des motifs géométriques variés, des bâtonnets et des motifs indéterminés (appelés abusivement motifs hiéroglyphiques). L'ensemble compose plusieurs panneaux baptisés selon les principaux motifs qui y sont représentés.
Datation des figurations
Amédée Lemozi, auteur de la première étude de la grotte avait estimé que l'ensemble des figurations datait de l'Aurignacien. L'abbé Breuil classait le panneau des chevaux ponctués à l'Aurignacien ou au Périgordien et la frise noire au début du Magdalénien ou à la fin du Périgordien. Selon André Leroi-Gourhan, le Pech Merle regroupait deux sanctuaires successifs, l'un centré autour des dessins du Combel et l'autre autour de la frise des chevaux ponctués. Le cheval de droite a fait l'objet d'une datation directe par le carbone 14 réalisée par le Centre des faibles radioactivités de Gif-sur-Yvette. Le résultat est 24 640 +- 390 ans BP. Cette date correspond au Gravettien dans le sud-ouest de la France, ce qui est compatible avec d'autres éléments, dont les mains négatives.
Les travaux de Michel Lorblanchet l'ont conduit à distinguer trois phases artistiques :
- une phase archaïque, représentée par le Combel, les chevaux ponctués et les premiers tracés digitaux (vers 25 000-24 000 BP)
- une phase moyenne, représentée par la frise noire, toutes les figurations noires et les figures humaines ainsi que les autres tracés digitaux (période indéterminée)
- une phase moyenne, représentée par la frise noire, toutes les figurations noires et les figures humaines ainsi que les autres tracés digitaux (période indéterminée)
Les analyses des pollens prélevés dans le limon de la grotte ont d'ailleurs confirmé une occupation épisodique en trois passages successifs séparés par de longues périodes d'abandon.
Source : Wikipedia
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nom :
âge : 25 ka
découverte :
date : 1922