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jeudi 27 février 2020

Homme de Yunxian

Datés de 936 000 ans, les deux crânes de l'Homme de Yunxian, découverts au Hubei en 1989 et 1990, se trouvaient dans un environnement fossile de forêts présentant quelques espaces découverts. L'environnement forestier peut être apprécié pas sa faune ; celle-ci comprend le megaloceros, le tigre aux dents de sabre, le buffle d’eau, le rhinocéros de Chine et l’ours noir du Tibet (Ursus thibetanus) ainsi que l’éléphant aux défenses de sabre d’Asie (Stegodon orientalis), le panda géant et la hyène robuste (Adcrocuta eximia). Les espaces découverts sont signalés par un équidé : le cheval du Yunnan (Equus yunannensis).

L'Homme de Yunxian vit probablement de charognage et il est daté vers 936 000 avant le présent, antérieurement à la limite Brunhes–Matuyama, correspondant à la dernière inversion du champ magnétique terrestre (781 000 ans). Il est un jalon très important parmi les fossiles humains connus en Chine. L’homme de Yunxian vivait au cours d’une période de transition entre un climat chaud et un climat tempéré, au sein de cette faune riche et diversifiée. C'est aussi une faune commune à la Chine du Nord et du Sud, qui ne présente donc pas de différence de ce point de vue à cette époque.

L'industrie lithique associée aux fossiles comprend essentiellement des outils aménagés sur galet.

Source : Wikipedia

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L’Homme de Yunxian est le nom donné à deux crânes fossiles du genre Homo, découverts en 1989 et 1990 par Tianyuan Li sur le site de Xuetangliangzi, dans le xian de Yun (Hubei), en Chine. Ils sont datés de 936 000 ans.

Source : Wikipedia

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samedi 15 février 2020

Homo erectus

Homo erectus est une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Asie entre environ 1 million d'années et 140 000 ans, et probablement 110 000 ans avant le présent. Avant les années 2000, le taxon incluait également des fossiles africains, aujourd’hui attribués par la majorité des chercheurs à Homo ergaster, bien que d'autres préfèrent rester fidèles à l'ancienne appellation.

Homo erectus signifie littéralement « homme dressé, droit » en latin : ce nom binominal d'espèce est un héritage historique lié à la description du fossile de Pithecanthropus erectus par Eugène Dubois en 1894. Il s'agissait alors de la plus ancienne forme bipède connue d'hominine, mais elle a été supplantée dès 1924 par la découverte du premier Australopithèque en Afrique du Sud.

Historique

Homo erectus est né du regroupement d'un certain nombre de variantes régionales qui avaient été considérées comme des espèces distinctes à l'origine, dont le Pithécanthrope (Java) et le Sinanthrope (Chine). Ces différentes formes ont été réattribuées au genre Homo et regroupées sous la dénomination d'Homo erectus dans les années 1960.

Principaux fossiles attribués à l'espèce

Depuis les années 2000, la majorité des paléoanthropologues considèrent qu'il faut limiter l'aire de répartition géographique de l'espèce Homo erectus à l'Asie, là où ont été mis au jour les spécimens-types. En effet, le tout premier fossile de cette espèce a été découvert sur le site de Trinil (ile de Java, Indonésie) en 1891 par Eugène Dubois.

À ce jour, seules l'Indonésie et la Chine ont livré des fossiles attribués consensuellement à Homo erectus.

Caractéristiques physiques

Homo erectus est une espèce plus robuste qu'Homo sapiens. Son squelette post-crânien est constitué d'os plus volumineux et les os de son crâne sont plus épais.

Les principales caractéristiques physiques d'Homo erectus sont une mâchoire puissante, un prognathisme marqué, un front assez bas, un menton absent, un chignon occipital, un bourrelet supra-orbitaire sous forme de torus continu, une constriction post-orbitaire fréquente en vue supérieure, une carène sagittale plus ou moins marquée et un crâne en forme de tente en vue postérieure (non-développement des bosses pariétales).

Il mesurait entre 1,50 et 1,65 m, pesait entre 45 et 55 kg et avait une capacité crânienne de 900 à 1 200 cm3.

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Zone géographique : Afrique, puis Asie

Période : De 1,85 million d'années à 108.000 ans.

Caractéristiques : L'espèce, d'une longévité exceptionnelle, est la première qui connaît une expansion transcontinentale. Le plus vieux fossile d'Homo erectus est daté de 1,7 million d'années, et des traces de sa présence en Afrique sont vieilles de 1,85 million d'années. Depuis les années 2000, les fossiles africains sont regroupés sous l'appellation d'Homo ergaster. Le débat scientifique est d'ailleurs assez vif pour savoir comment lier ces deux groupes. Il était sans doute présent en Europe sous une forme légèrement différente, appelée Homo antecessor.

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Quand ?
C'est sous ce nom d'emprunt qu'Homo ergaster colonise le continent eurasiatique entre - 2 et - 0,14 million d'années.

Spécificité ?
Ce petit costaud aux os épais invente le biface (pierre subtilement taillée) et vit en campement.

Régime ?
Surtout végétarien, il se régale aussi de charognes et du produit de sa chasse.

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Age : de 1,9 à 0.1 millions d'années
Taille : 1,50 à 1,65 m
Poids : 45 à 55 kg
Localisation : Asie, Afrique, Europe
Habitat : Savanes, forêts
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués

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vendredi 14 février 2020

Homo denisovensis (Homme de Denisova)

L'Homme de Denisova, ou Dénisovien, est une espèce éteinte du genre Homo, identifiée par analyse génétique en mars 2010 à partir d'une phalange humaine fossile datée d'environ 41 000 ans, trouvée dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l'Altaï en Sibérie (Russie).

L'Homme de Denisova est parfois qualifié, en tant qu'espèce, du nom binominal Homo denisovensis, mais son statut d'espèce à part entière ou de sous-espèce n'est pas encore fixé. Jean-Jacques Hublin estime qu'il aurait vécu durant le Paléolithique moyen en Asie orientale, de la Sibérie à l'Asie du Sud-Est. La présence de cette espèce en Extrême-Orient est à rechercher selon lui parmi des fossiles connus. Les analyses de l'ADN mitochondrial du fragment de phalange ont prouvé en 2010 que les Dénisoviens étaient génétiquement distincts des Néandertaliens et des Hommes modernes. L'analyse ultérieure du génome nucléaire a montré que les Dénisoviens partageaient un ancêtre commun avec les Néandertaliens, et qu'ils se sont hybridés avec les ancêtres de certains hommes modernes (3 à 5 % de l'ADN des Mélanésiens et des Aborigènes d'Australie est issu des Dénisoviens). De même, ils auraient transmis aux Tibétains un gène permettant leur adaptation à la vie en altitude.

Phylogénie

Des chercheurs ont montré l'existence d'une forte diversité génétique chez les Dénisoviens. L'analyse ADN de deux dents trouvées à un autre niveau que la phalange a révélé un degré inattendu de diversité de l'ADNmt des Dénisoviens.

L'analyse de l'ADN nucléaire de spécimens fossiles d'Homo sapiens, d'Homme de Néandertal et d'Homme de Denisova, menée en 2016 par une équipe de scientifiques coordonnée par Svante Pääbo de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, à Leipzig, en Allemagne, a montré que l'Homme de Denisova et l'Homme de Néandertal avaient un ancêtre commun remontant à environ 450 000 ans, et que tous deux partageaient avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans. Ces résultats s'appuient notamment sur l'analyse de deux spécimens fossiles de la Sima de los Huesos (Espagne), datés de 430 000 ans, attribués à l'Homme de Néandertal, et jugés postérieurs à la séparation d'avec l'Homme de Denisova. Pour la première fois, les liens entre différents représentants du genre Homo ont pu ainsi être établis.

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Zone géographique : Asie

Période : Entre 200.000 et environ 50.000 ans.

Identification : En 2010 à partir de l'analyse génétique d'une phalange découverte en Russie, dans la grotte de Denisova.

Caractéristiques : En dehors d'une mandibule, de dents et de phalanges, nous n'avons pas grand-chose de lui. Mais les conditions exceptionnelles de conservation de la grotte de Denisova ont permis d'extraire son ADN. Au moins deux groupes distincts de Denisoviens ont peuplé l'Asie de part et d'autre de l'Himalaya. A l'instar de Neandertal, les Denisoviens se sont reproduits avec Sapiens. On retrouve des traces de leur ADN chez les populations modernes asiatiques.

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Quand ?
Comme Neandertal, il est issu d'Homo heidelbergensis voilà quelque 400.00 ans. Il s'installe en Asie. Les rares ossements fossiles de la grotte de Denisova ne permettent pas d'en dresser un portrait-robot. Il disparaît à une date encore inconnue.

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Age : de 400 à 40 milliers d'années
Taille : ?
Poids : ?
Localisation : Altaï sud de la Sibérie
Habitat : Age glaciaire, steppes
Feux : Probablement maîtrisés
Outils : Oui

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jeudi 13 février 2020

Homo neanderthalensis (Homme de Neandertal)

L'Homme de Néandertal, ou Néandertalien, est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale, jusqu'à environ 30 000 ans avant le présent. Selon une étude génétique publiée en 2016, il partage avec l'Homme de Denisova un ancêtre commun remontant à environ 450 000 ans. Cet ancêtre partage lui-même avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans. Les plus anciens Néandertaliens fossiles reconnus comme tels sont ceux de la Sima de los Huesos, datés de 430 000 ans.

Depuis sa découverte en 1856, son statut a varié : un temps considéré comme une sous-espèce d'Homo sapiens et nommé en conséquence Homo sapiens neanderthalensis, il est aujourd'hui considéré comme une espèce à part entière nommée Homo neanderthalensis.

Particulièrement bien adapté à un environnement froid, l'Homme de Néandertal était physiquement plus robuste, plus lourd et plus trapu qu’Homo sapiens. La forme oblongue de son crâne se distingue nettement de celle de l'Homme moderne, plus globulaire. Néandertal avait un cerveau un peu plus volumineux en moyenne, mais avec un coefficient d'encéphalisation légèrement moindre.

Premier homme fossile identifié, contemporain d'Homo sapiens, l'Homme de Néandertal a longtemps pâti de jugements négatifs par rapport à l'Homme moderne. Les progrès de l'archéologie préhistorique depuis les années 1960 ont en fait révélé une espèce humaine d'un certain développement culturel. Il maitrisait différentes techniques avancées comme le collage au brai de bouleau, et certains vestiges fossiles datés de moins de 70 000 ans sont considérés comme des sépultures témoignant de rites funéraires.

De nombreux points restent encore à élucider, comme son ascendance précise ainsi que la date et les conditions de son extinction après plus de 400 000 ans d'existence. Les derniers vestiges fossiles ou archéologiques néandertaliens connus sont datés de moins de 30 000 ans, dans le sud de la péninsule Ibérique, en Crimée, et dans le Caucase. Toutefois, ces datations restent débattues au sein de la communauté scientifique.

Le séquençage de l'ADN nucléaire néandertalien réalisé depuis 2006 et publié à partir de 2010 a montré un « flux de gènes » ancien entre les hommes de Néandertal et les hommes modernes d'Eurasie. Les humains actuels non africains possèdent entre 1,5 et 2,1 % de gènes néandertaliens, acquis par hybridation lors de leur sortie d'Afrique il y a plus de 50 000 ans, et plus de 30 % du génome de Néandertal survit dans l'ensemble de la population actuelle à différents endroits de notre génome. Certains gènes néandertaliens auraient été fixés chez l'Homme moderne en raison de leur caractère adaptatif.

Statut phylogénétique

Le statut phylogénétique de l'homme de Néandertal provoque encore quelques débats. Il s’agit d’un simple problème de définition de l'espèce. Deux sous-espèces peuvent se croiser et avoir une descendance fertile, mais c'est beaucoup plus variable pour deux espèces différentes (par exemple le cheval et l'âne, le tigre et le lion) : certaines le peuvent et d'autres pas. L'infertilité de la descendance prouve l'existence de deux espèces distinctes, mais l'inverse n'est pas vrai (s'il y a deux espèces, la descendance n'est pas nécessairement infertile). On peut rappeler ici qu'il existe une vingtaine de définitions de l'espèce, et que l'isolement reproductif n'est que l'une d'entre elles.

Lors de sa dénomination en 1864, l’hypothèse d’une espèce distincte avait été privilégiée. Dans les années 1960, certains spécialistes ont considéré les Néandertaliens comme une sous-espèce d'Homo sapiens, comme le généticien Theodosius Dobzhansky ou encore le biologiste Ernst Mayr, qui déclarait que « jamais plus d'une seule espèce d'homme n'a existé au même moment ». Aujourd’hui, l’idée d’espèces distinctes est à nouveau dominante, notamment grâce aux apports de la génétique.

Les multiples études paléoanthropologiques effectuées sur les ossements ne permettaient pas de se prononcer clairement sur la classification de l'homme de Néandertal. Des analyses comparées d'ADN nucléaire, extrait d'ossements de Néandertaliens et d'Homo sapiens anciens et modernes, publiées depuis 2010, ont largement contribué à forger un nouveau consensus.

En 2006, le projet génome de Néandertal, un programme de séquençage de l'ADN nucléaire de l'homme de Néandertal, a été lancé par l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, à Leipzig en Allemagne, en collaboration avec la société 454 Life Sciences fabriquant des séquenceurs de gènes à haut débit. L'objectif était de connaitre l'étendue du lien de parenté avec l'homme moderne et d'évaluer l'interfécondité de l'homme de Néandertal et de l'homme moderne. Ce projet a permis d'achever le séquençage du génome néandertalien dès 2009 et de publier les premières études en 2010.

Une étude de 2016 exploitant le séquençage de l'ADN nucléaire de spécimens de la Sima de los Huesos (Espagne), datés de 430 000 ans, comparé avec le génome de spécimens d'Homo sapiens, d'Homme de Néandertal et d'Homme de Denisova, a attribué les fossiles de la Sima de los Huesos à l'espèce Homo neanderthalensis, et indiqué que la séparation entre la lignée des hommes modernes et celle des humains archaïques, Dénisoviens et Néandertaliens, a eu lieu entre 550 000 et 760 000 ans avant le présent. La séparation entre Dénisoviens et Néandertaliens est quant à elle estimée entre 381 000 et 473 000 ans. Les fossiles de la Sima de los Huesos étant datés de 430 000 ans, on peut estimer cette dernière séparation à un âge d'environ 450 000 ans. Pour la première fois, les liens entre différents représentants du genre Homo ont pu ainsi être établis.

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Zone géographique : Europe et Proche-Orient

Période : Entre 430.000 ans et environ 40.000 ans

Découverte : En 1856 dans la vallée de Neander, en Allemagne

Caractéristiques : Sa boîte crânienne, moins globulaire que celle d'Homo sapiens, avait un volume moyen un peu plus important.
Reconnaissable par son front fuyant et ses bourrelets sus-orbitaux, il partage sans doute avec Homo sapiens un ancêtre commun, il y a 700.000 à 600.000 ans. On retrouve des traces d'ADN néandertaliens dans une grande partie des populations modernes, preuve que les deux groupes étaient interféconds.

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Quand ?
Il apparaît en Europe voilà 400.000 ans à partir d'Homo heidelbergensis.

Taille ?
Plus massif qu'Homo sapiens (1,65 m), Neandertal possède aussi un cerveau plus volumineux (de 1500 à 1750 cm3).

Spécificité ?
Il enterre ses morts, fabrique des outils et se livre à une activité artistique. Il disparaît il y a 35.000 ans

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Age : de - 400 à - 30 milliers d'années
Taille : 1,55 à 1,65 m
Poids : 70 à 90 kg
Localisation : Europe, Asie
Habitat : tempéré
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués

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0,2-0,03 MA.
Une calotte crânienne et une partie du squelette (Neandertal 1) ; Krapina, Spy, La Chapelle-aux-Saints, Shanidar, Okladinov
Europe, Proche-Orient, Asie de l’Ouest.
Les néandertaliens sont les premiers homininés découverts (1829) et reconnus (1851).

mercredi 12 février 2020

Homo luzonensis (Homme de Callao ou de Luçon)

L'Homme de Callao ou Homme de Luçon est le nom donné à un ensemble de fossiles correspondant à au moins trois individus, découverts à partir de 2007 dans la grotte de Callao, aux Philippines. Selon les découvreurs, il s’agit d’une espèce à part entière, Homo luzonensis, une espèce éteinte du genre Homo qui vivait il y a au moins 50 000 ans sur l'ile de Luçon.

Ces fossiles étaient les plus anciennes traces d'une présence humaine aux Philippines, jusqu'à la découverte de marques de boucherie datées de 709 000 ans indiquant une activité humaine sur le site de Kalinga, voisin d'une trentaine de kilomètres de la grotte de Callao.

Analyse

L'ile de Luçon est toujours restée isolée du continent par la mer durant toutes les périodes glaciaires du Pléistocène. Elle ne pouvait donc être atteinte que par la navigation, que l'on suppose exceptionnelle chez les espèces humaines archaïques. Les chercheurs en déduisent que l'Homme de Callao aurait évolué séparément, à partir d'une espèce continentale ancestrale, par endémisme insulaire, à l'image d'Homo floresiensis sur l'île indonésienne de Florès.

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Zone géographique : île de Luçon

Période : Plus de 50.000 ans

Découverte :
En 2018, dans la grotte de Callao, aux Philippines.

Caractéristiques : C'est le dernier arrivant dans ce portrait de famille. Identifié par seulement quelques ossements, des phalanges, une demi-douzaine de dents et un bout de fémur, il présente d'étranges caractéristiques, à la fois modernes et archaïques. A l'instar de l'homme de Florès, il n'était sans doute pas très grand, peut-être lui aussi victime de nanisme insulaire.

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Age : - 67 000 à - 50 000 ans
Taille : petite stature
Poids : ?
Localisation : Asie du Sud-Est
Habitat : Tropical
Feux : pas de traces de combustion
Outils : Pas d'outil associé

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Homme de Callao
50 - 67 ka
2007
Grotte de Callao, Philippines
Armand Salvador Mijares et Florent Détroit

mardi 11 février 2020

Homo sapiens

Quand ?
Présente sur les cinq continents, notre espèce apparaît en Afrique il y a environ 300.000 ans à partir d'un mélange de populations ancestrales.

Taille ?
Après avoir occupé un volume de 1500 cm3, son cerveau s'est stabilisé autour de 1350 cm3.

Spécificité ?
Exclusivement bipède, face réduite, crâne globuleux, présence d'un menton osseux. Unique survivant de toutes les espèces du genre "Homo", il a su maîtriser l'art, la culture, la religion, l'agriculture, l'élevage et... la bombe atomique.

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0,2-actuel.
Pas d’holotype ; Omo 1, Herto, Qafzeh, Liujiang, Lake Mungo, Oase 2, Cro-Magnon 1.
Afrique (dès 0,2 MA), Proche-Orient (0,1 MA), Asie (0,1 MA) et Australie (0,06 MA), Europe (0,04 MA), Amériques (0,03 MA), Pacifique (0,004 MA), Arctique (actuel), Lune (actuel).
sapiens est la seule espèce d’homininés vivant encore aujourd’hui. Partie d’Afrique, elle est la première à avoir conquis l’ensemble de la Terre.

lundi 10 février 2020

Homo georgicus (Homme de Dmanissi)

Homo georgicus (« Homme de Géorgie » en latin), ou Homme de Dmanissi, est une espèce éteinte du genre Homo, décrite en 2002 à partir de fossiles découverts à Dmanissi, en Géorgie (Caucase). Ces fossiles sont datés de 1,8 million d'années et appartiennent donc aux premiers représentants du genre Homo attestés à ce jour hors d'Afrique. La position phylogénétique de ces fossiles fait encore l'objet de débats, leur grande diversité morphologique ayant suscité parmi les chercheurs une certaine perplexité sur la variabilité interne de cette nouvelle espèce et sur la validité des différents taxons humains actuellement admis.

Analyses

Les deux crânes découverts en 1999 furent initialement considérés comme proches d'Homo ergaster. Le crâne de 2001 était moins volumineux et présentait certains points communs avec Homo habilis. Toutefois les différents fossiles étaient trop proches pour relever d'espèces distinctes et ils furent tous rapportés à Homo georgicus, dont D2600 est le spécimen type.

Des chercheurs soutiennent l'appartenance des fossiles à Homo habilis. En effet, ils ont effectué la comparaison entre le crâne d'un juvénile presque adulte, D2700, découvert en 2001, et celui de KNM-ER 1813, un Homo habilis adulte découvert au Kenya. Les conclusions ont montré des ressemblances au niveau de la face. Cependant, la face étant probablement la dernière partie qui se met en place chez un individu, cette hypothèse est contestée. Ainsi, pour Fred Spoor, ces fossiles sont simplement des Homo erectus car le neurocrâne de D2700 ressemble fortement à celui d'Homo erectus malgré une taille plus petite.

L'un des découvreurs, David Lordkipanidze, ne tranchait pas, en 2008, entre les différentes attributions possibles, considérant d'une part qu'il y a des ressemblances marquées avec les Homo ergaster / erectus et les Homo habilis, mais d'autre part que les fossiles montrent aussi des mélanges de traits qui leur sont propres.

Pour l'équipe de chercheurs de 2013, l'échantillon de Dmanissi fournit une preuve directe de la grande variabilité morphologique existant à l'intérieur des premières populations d’Homo, aussi bien qu'entre elles. De la comparaison des crânes de Dmanissi et des fossiles de la même période découverts en Afrique et en Asie, ils tirent la conclusion que plusieurs appellations taxonomiques existantes au sein du genre Homo seraient à regrouper.

Bernard Wood, s'il pense probable l'appartenance des différents crânes de Dmanissi à une même espèce, se déclare sceptique devant l'extrapolation de ce résultat à l'ensemble des populations d’Homo de la période : il souligne que les classifications établies ne reposent pas seulement sur la morphologie crânienne et que d'autres critères (par exemple, la longueur des bras) justifient les distinctions taxonomiques actuelles. De même, Fred Spoor considère que l'usage fait de l'analyse morphologique est inadéquat pour la distinction des différentes espèces.

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Qui ?
Espèce créée spécifiquement pour des fossiles découverts dans la grotte de Dmanissi (Caucase), faute de pouvoir les rattacher avec certitude aux Homo ergaster ou habilis.

Quand ?
Il y a 1,8 million d'années.

Taille ?
1,50 mètre avec un cerveau de 750 cm3.

dimanche 9 février 2020

Homo heidelbergensis

Homo heidelbergensis est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe au Pléistocène moyen, entre environ −700 000 et −300 000 ans avant le présent. Il est admis que cette espèce a donné naissance à l'Homme de Néanderthal en Europe.

Homo heidelbergensis au sens large regroupe des fossiles découverts en Afrique parfois attribués à Homo rhodesiensis, mais aussi en Asie. Dans cette vision, cette espèce a donné naissance aux humains modernes en Afrique.

L'holotype d'Homo heidelbergensis est la mandibule de Mauer, découverte en 1907 dans une sablière près de Heidelberg, en Allemagne. Elle fut décrite en 1908 par Otto Schoetensack. Plusieurs fossiles ou ensembles de fossiles attribués à Homo heidelbergensis ont été découverts depuis 1907 dans différents pays d'Europe.

Position phylogénétique

Ascendance

Homo heidelbergensis, attesté en Europe à partir d'environ 610 000 ans avant le présent, voire 700 000 ans en y incluant l'Homme de Petralona (Grèce), pourrait descendre soit d'Homo antecessor, dont les fossiles trouvés en Espagne ont été datés d'environ 860 000 ans, soit d'une forme africaine encore non identifiée, qui serait passée en Europe au début du Pléistocène moyen et aurait remplacé les formes locales.

Descendance

Eu égard aux ressemblances morphologiques entre les Homo heidelbergensis et les Néandertaliens, Jean-Jacques Hublin estime que le premier a probablement évolué il y a environ 450 000 ans pour donner progressivement naissance aux Néandertaliens.

Les analyses génétiques menées de 2013 à 2016 par l'équipe de Svante Pääbo, à l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig (Allemagne), sur des spécimens de la Sima de los Huesos, à Atapuerca, d'abord sur le génome mitochondrial puis sur le génome nucléaire, ont confirmé l'étroite parenté entre l'Homme de Néandertal et l'Homme de Denisova et ont évalué l'âge de leur dernier ancêtre commun à environ 450 000 ans. Homo heidelbergensis pourrait alors être l'ancêtre commun à ces deux taxons.

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Quand ?
Apparue en Afrique ou au Levant voilà quelque 700.000 ans, cette espèce est probablement issue d'Homo erectus.

Taille ?
Grande taille (1,70 mètre) et cerveau de 1000 à 1300 cm3.

Spécificité ?
Elle a prospéré entre l'Europe et l'Asie, sachant utiliser des pieux à pointes en pierre taillée pour chasser le gros gibier.

Descendance ?
Il y a environ 400.000 ans, sa population se serait coupée en deux pour donner, d'un côté, les néandertaliens et, de l'autre, les dénisoviens.

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Age : de - 0,8 à - 0,3 millions d'années
Taille : 1,55 à 1,65 m
Poids : de 65 à 80 kg
Localisation : Afrique, Europe, Asie occidentale
Habitat : Régions tempérées et chaudes
Feux :
Outils : Fabrication probable de bifaces.

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vendredi 7 février 2020

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Sites de découvertes

Des spécimens d'Homo habilis ont été découverts en Afrique orientale, notamment sur les sites d'Olduvai en Tanzanie à partir de 1960, de Koobi Fora à l'est du Lac Turkana au Kenya, à partir de 1972, de l'Omo et de la région d'Hadar en Éthiopie. Des restes d'Homo habilis auraient aussi été trouvés en Afrique du Sud, à Swartkrans, Sterkfontein et Drimolen, sites du « berceau de l'humanité ». Cependant, l'attribution de certains fossiles trouvés en Afrique du Sud est aujourd'hui sujette à débat entre Homo habilis et Homo gautengensis. Il est possible qu'Homo habilis soit en fait cantonné à l'Afrique orientale.

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Quand ?
Il arpente les savanes arborées et humides d'Afrique orientale et australe ente - 2,4 et - 1,6 million d'années.

Taille ?
Petite taille de 1,30 mètre pour un cerveau de 600 cm3.

Spécificité ?
Son maniement de choppers (gros galets coupés en deux) pour racler la viande et casser des os lui vaut d'être le premier du genre Homo et être qualifié d'habile.

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués

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lundi 3 février 2020

Homo naledi

Homo naledi est une espèce éteinte d'hominines découverte en 2013 en Afrique du Sud par le paléoanthropologue américain Lee Rogers Berger. La découverte fut annoncée en septembre 2015. Les fossiles ont été trouvés dans les Grottes de Rising Star, près de Johannesbourg, en Afrique du Sud. La découverte et l'analyse de nouveaux restes trouvés dans une seconde chambre a été faite en mai 2017 par John Hawks.

Homo naledi présente des traits le rapprochant du genre Australopithecus, avec notamment une petite taille et un faible volume crânien, mais aussi des premiers représentants du genre Homo, avec lesquels il partage d'autres caractéristiques. La combinaison de caractères ancestraux et dérivés traduit une évolution en mosaïque.

D'abord estimé âgé d'un à deux millions d'années au vu de sa morphologie, il a été daté en 2017 entre 335 et 236 000 ans seulement, ce qui relance les débats concernant la position phylogénétique et l'interprétation d'Homo naledi.

Controverses scientifiques

Le paléoanthropologue Yves Coppens a déclaré qu'il pensait que ce n'était « bien sûr, pas un Homo, avec la petite tête qu’il a, mais un Australopithèque de plus ». Ian Tattersall, du Musée américain d'histoire naturelle, pense également que les fossiles présentent « des caractères que l'on associe plutôt aux australopithèques qu'au genre Homo ».

Jeffrey Schwartz, anthropologue à l'université de Pittsburgh, a indiqué à Mediapart que les fossiles recueillis appartiennent vraisemblablement à deux espèces distinctes. Il émet également des doutes concernant l'hypothèse d'une accumulation de squelettes résultant d'un rite funéraire.

Interrogé sur France Inter, Laurent Bruxelles, géologue à l'Inrap, émet des doutes sur la possibilité de faire passer des corps de défunts à travers l'accès utilisé aujourd'hui par l'équipe et envisage qu'une autre entrée ait existé anciennement.

Sa fiche sur Wikipedia

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Zone géographique : Afrique du sud

Période : 300.000 à environ 225.000 ans

Découverte : En 2015, en Afrique du Sud

Caractéristiques : Plus petit qu'Homo sapiens, Homo naledi atteignait 1,50 m. Son cerveaune dépassait pas la taille d'un pamplemousse. Des centaines d'ossements ont été mis à jour mais seulement dans deux grottes très proches en Afrique du Sud, sans outil ni ornement. Sa découverte a néanmoins ouvert des perspectives, le genre Homo était peut-être bien plus foisonnant que supposé jusqu'ici.
Plusieurs espèces ont peut-être peuplé l'Afrique il y a 300.000 ans, avec des populations très localisées.

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autour de 0,3 MA.
DH1 un crâne fragmentaire ; plus de 1500 restes de nombreux individus, et il semblerait que ce ne soit pas fini.
Un tout petit trou en Afrique du Sud.
Découverte importante, mais l'anatomie des fossiles n'est pas encore suffisamment étudiée pour valider cette nouvelle espèce, les caractères dérivés semblent faire défaut. Ressemble beaucoup aux premiers Homo ou Homo erectus anciens. Fait unique, les découvreurs ont mis en ligne les modèles 3D des principaux fossiles, permettant ainsi aux autres chercheurs de les étudier. 

lundi 19 juin 2017

Homo gautengensis

Homo gautengensis est une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Afrique australe entre 2 et 0,8 millions d'années avant le présent. Elle a été décrite par le paléoanthropologue Darren Curnoe en 2010, à partir de restes fossiles trouvés en Afrique du Sud, préalablement attribués aux espèces Homo habilis, Homo ergaster, et dans certaines études à Australopithecus africanus. La validité de l'espèce ne fait pas l'unanimité parmi les chercheurs.

Analyse

Le paléoanthropologue Ronald J. Clarke, découvreur du squelette fossile Little Foot dans la grotte de Sterkfontein, estime que certains fossiles attribués à Homo gautengensis pourraient en fait être des fossiles d'Australopithèques, peut-être d'Australopithecus africanus.

La découverte d'Homo naledi en 2013 (publiée en 2015 et datée en 2017) a confirmé qu'il pouvait exister des espèces humaines plus archaïques qu'Homo habilis à une époque plus tardive. Il reste encore un travail considérable de réinterprétation à faire sur des fossiles découverts depuis plusieurs décennies en Afrique du Sud et en Afrique de l'Est, à l'aide des méthodes d'analyse modernes aujourd'hui disponibles.

Source : Wikipedia

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Homo gautengensis (vécu il y a environ 2 millions à 820 000 ans) : Plus tôt cette année, Darren Curnoe de l'Université de New South Wales en Australie a annoncé la découverte possible d'une nouvelle espèce d'Homo trouvée en Chine. Ce n’était pas la première fois qu’il identifiait un nouveau type d’hominidé. En 2010, il a réanalysé des fossiles des grottes sud-africaines de Sterkfontein, Swartkrans et Drimolen et a décidé que certains des spécimens avaient des molaires de forme étrange par rapport aux hominidés sud-africains connus, tels que Australopithecus africanus. Il a regroupé les formes étranges dans leur propre espèce, Homo gautengensis, affirmant que c'était probablement le premier membre du genre Homo.

Source : Source

lundi 28 décembre 2015

Une autre espèce d'êtres humains a peut-être survécu à l'âge de glace

Un os retrouvé en 1989 dans une grotte en Chine fait penser aux scientifiques qu'une ancienne espèce d'êtres humains aurait survécu beaucoup plus longtemps qu'on ne le pensait jusqu'alors.

FEMUR. Cet os, un fémur, vieux de 14.000 ans a été découvert parmi d'autres fossiles à Maludong en 1989, mais les chercheurs n'ont commencé à l'étudier qu'à partir de 2012. Bien que ce bout d'os semble assez jeune, il ressemble beaucoup à des os d'espèces beaucoup plus anciennes, comme l'Homo Habilis ou l'Homo Erectus, qui vivaient il y a plus de 1,5 million d'années, note l'étude publiée dans la revue PLOS ONE.

Une hypothèse à confirmer

"Le fait que cet os est assez récent suggère la possibilité que des hommes primitifs aient survécu très tard dans notre évolution. Mais nous devons rester prudents car il ne s'agit que d'un seul os", a expliqué un des auteurs, le professeur Ji Xueping, de l'Institut du Yunnan pour les reliques culturelles et archéologiques en Chine. Jusqu'à présent, les scientifiques s'accordaient à penser que les seules espèces primitives ayant survécu dans ce qui est aujourd'hui l'Europe et l'Asie étaient l'Homme de Neandertal et l'hominidé de Denisova, deux espèces disparues il y a environ 40.000 ans.

On estimait qu'elles avaient disparu juste après que les êtres humains modernes (Homo Sapiens) soient entrés dans ces régions, mais la découverte du fémur de Maludong suggère qu'une autre espèce primitive aurait survécu beaucoup plus longtemps, peut-être jusqu'à la fin du dernier âge glaciaire, achevé il y a 10.000 ans.

COHABITATION. "Cette découverte ouvre la possibilité qu'une espèce pré-moderne pourrait avoir vécu en même temps que les humains modernes dans l'est de l'Asie, mais nous avons besoin d'autres études pour étayer ce postulat", estime pour sa part Darren Curnoe, de l'université de Nouvelle-Galles du Sud et coauteur de ces travaux.

Le fémur découvert en 1989 est petit et assez fin, comme ceux de l'Homo Habilis, qui a vécu il y a entre 2,8 millions et 1,5 million d'années. L'homme dont l'os a été trouvé à Maludong devait peser environ 50 kilos, soit assez peu pour un être humain pré-moderne. Cette découverte relance le débat selon lequel cet os proviendrait d'un être humain issu d'une nouvelle lignée de l'évolution, mais d'autres travaux seront nécessaires avant que les scientifiques ne puissent affirmer avoir découvert une nouvelle espèce d'êtres humains.

Reconstruction artistique de l'homme pré-moderne :


DIVERSITE. Pour le moment, les chercheurs indiquent seulement qu'il peut y avoir eu davantage d'espèces d'êtres humains vivant jusqu'à récemment en Chine qu'on ne le pensait. "L'environnement unique et le climat du sud-ouest de la Chine résultant de l'élévation du plateau tibétain pourraient avoir fourni un refuge pour la diversité humaine, peut-être avec des groupes pré-modernes qui y auraient survécu très tard", reprend Ji Xueping. "Le mystère de la grotte de Maludong est encore très épais : qui étaient ces étranges habitants de l'Age de pierre ? Pourquoi ont-ils survécu si tard ? Et pourquoi seulement dans le sud-ouest tropical de la Chine ?", s'interroge en conclusion Darren Curnoe.

Source : Sciences et Avenir du 27/12/2015

lundi 21 décembre 2015

Une espèce humaine archaïque aurait survécu à l’ère glaciaire

Dans une région isolée du sud-ouest de la Chine, un fémur humain, trouvé au milieu d’autres fossiles, semble appartenir à une espèce vraisemblablement ancienne qui aurait vécu bien avant Homo sapiens. Mais l’endroit, à Maludong, est daté de 14.000 ans seulement. Ces humains d’un autre âge auraient donc pu survivre là, alors que les Hommes modernes s’étaient déjà installés en Europe et en Asie. L’hypothèse reste à confirmer.


Le « fémur de Maludong » a été découvert au milieu d’autres ossements en 1989 dans cette « grotte du cerf rouge » de la région du Yunnan, au sud-ouest de la Chine. Préservés depuis dans un musée, ces fossiles n’ont commencé à être étudiés qu’en 2008. Le fémur vient de faire l’objet d’une publication dans la revue Plos One. Sa datation lui donne un âge récent, d’environ 14.000 ans, et sa forme est humaine. Pourtant, sa taille et sa finesse, qui indiquent une masse corporelle de seulement 50 kg, le rapprochent notamment d’Homo habilis ou d’Homo erectus. Le premier a vécu autour de deux millions d’années avant le présent et le second serait apparu vers -1,5 million d’années. Les deux ont quitté la scène bien avant le dernier âge glaciaire et l’apparition de l’Homme moderne.

Les quelques autres restes fossiles de la grotte, dont un crâne, avaient déjà posé problème. Leur étude avait suggéré l’idée d’une cohabitation de l’Homme moderne avec des humains bien plus anciens dans certains endroits, comme cette région du Yunnan. C’était l’hypothèse avancée en 2012, comme nous l’expliquions dans cet article sur « de mystérieux fossiles d’Hommes préhistoriques ». La question reste en suspens car certains chercheurs ne voient pas dans ces ossements épars des caractères vraiment archaïques mais la simple variabilité anatomique d’Homo sapiens.

Des humains anciens ont pu survivre longtemps dans des régions isolées


Cependant, cette nouvelle étude change la donne, d’après ses auteurs, les mêmes que ceux qui s’étaient penchés sur le crâne de la même grotte, Darren Curnoe (university of New South Wales, ou UNSW, Australie) et Ji Xueping, de l’institut du Yunnan pour les reliques culturelles et l’archéologie. Leur découverte, expliquent-ils, suggère que des espèces humaines anciennes ont pu survivre longtemps dans des régions isolées, alors que l’Homme moderne s’était déjà répandu en Europe et en Asie. Or, jusqu’ici, seuls l'Homme de Néandertal et l'Homme de Desinova sont connus pour avoir vécu en même temps que Homo sapiens.

Dans une publication antérieure, ces deux chercheurs avaient décrit leur analyse du crâne de la grotte du cerf rouge, suggérant qu’il est celui d’un hybride entre un humain moderne et un autre, « pré-moderne ». « Nous avons d’abord travaillé sur le crâne car nous pensions que c’était le reste le plus intéressant, racontent-ils dans le communiqué de l’UNSW. Mais nous avons été stupéfaits par notre étude du fémur, qui semble plus primitif que le crâne. » Les auteurs, cependant, restent prudents, « car il n’y a qu’un seul os », comme ils le rappellent eux-mêmes dans le communiqué de l’UNSW.

Le climat (doux en cette basse latitude) et l’environnement (isolé) de cette région montagneuse, entre les plateaux tibétains et les forêts tropicales au sud (au Laos et au Vietnam), pourraient selon eux expliquer comment des populations anciennes ont pu se maintenir. Aujourd’hui encore, le Yunnan, à la géographie variée, produit une agriculture diversifiée et le pays est considéré comme isolé par rapport au reste de la Chine.

Source : Futura Sciences du 19/12/2015

lundi 9 mars 2015

Un fossile vieillit le genre humain de 400.000 ans

Cette découverte donne un nouvel éclairage sur l'émergence du genre Homo, estiment les scientifiques à l'origine de la découverte.

Une mandibule avec cinq dents datant de 2,8 millions d'années trouvée en Ethiopie est le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert qui repousse l'origine des humains de 400.000 ans.

Cette découverte annoncée mercredi 4 mars, donne un nouvel éclairage sur l'émergence du genre Homo, estiment les scientifiques dont les travaux paraissent mercredi dans la revue américaine "Science".

"La mise au jour de cette mâchoire inférieure aide à réduire le fossé dans l'évolution entre l'Australopithèque - la célèbre Lucy datant de 3,2 millions d'années - et les premières espèces du genre Homo comme l'erectus ou l'habilis", expliquent ces paléontologues.

"Ce fossile est un excellent exemple d'une transition des espèces dans une période clé de l'évolution humaine", ajoutent-ils.

Les indices des origines de la lignée Homo

Cette mandibule de huit centimètres de longueur, a été trouvée en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Ethiopie par une équipe internationale de chercheurs menée notamment par Kaye Reed, de l'Université d'Arizona et Brian Villmoare de l'Université du Nevada.

Depuis des décennies, les scientifiques cherchent des fossiles en Afrique pour trouver des indices des origines de la lignée Homo mais sans grand succès puisqu'ils ont découvert très peu de fossiles de la période jugée critique allant de moins trois millions d'années à moins 2,5 millions d'années.

De ce fait, les experts ne sont pas d'accord sur la période de l'origine de la lignée Homo qui a abouti à l'émergence des humains modernes, l'Homo Sapiens, il y a environ 200.000 ans.

Une nouvelle espèce du genre Homo ?

Le nouveau fossile de Ledi-Geraru apporte des indices importants sur les changements intervenus dans la mâchoire et les dents chez le genre Homo seulement 200.000 ans après la dernière trace connue de l'Australopithecus à savoir "Lucy". Son fossile a été découvert en Ethiopie en 1974 pas très loin de Ledi-Geraru.

"Des fossiles de la lignée Homo de plus de deux millions d'années sont très rares et le fait d'avoir un éclairage sur les toutes premières phases de l'évolution de notre lignée est particulièrement emballant", souligne Brian Villmoare, le principal auteur.

Mais ces chercheurs notent qu'ils ne sont pas en mesure de dire avec cette seule mâchoire s'il s'agit ou non d'une nouvelle espèce du genre Homo qui aurait abouti en évoluant à l'homo sapiens.

Petits arbustes et savane

Une recherche complémentaire parue mercredi dans "Science" portant sur la géologie et le climat dans la même région d'Ethiopie où a été trouvé le fossile de Ledi-Gerbera, met en évidence un changement climatique qui a rendu l'environnement plus aride il y a 2,8 millions d'années.

Ces scientifiques ont découvert des fossiles de mammifères contemporains de Ledi-Geraru montrant qu'il y avait surtout des espèces vivant dans des habitats dominés par de petits arbustes et la savane où les arbres étaient rares. Alors qu'à l'époque de Lucy qui était encore un grand singe, la végétation était plus verdoyante avec des forêts.

"Nous pouvons voir des indications de sécheresse dans la faune dominante dans l'environnement de Ledi-Geraru", explique Kaye Reed, professeur à l'Université d'Arizona, co-auteur de cette étude.

"Mais il est encore trop tôt pour dire si le changement climatique est responsable de l'émergence du genre Homo, il nous faudra avant cela examiner un plus grand nombre de fossiles d'hominidés que nous continuons à rechercher dans cette région", a-t-elle ajouté.

L'hypothèse de l'extinction des espèces antérieur à Homo

L'hypothèse du changement climatique ayant conduit à l'extinction des espèces antérieures à celles du genre Homo et à l'émergence de ce dernier est souvent avancée par les scientifiques, relève le professeur Reed.

Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s'adapter à un nouvel environnement. Leur cerveau est devenu plus gros ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents, supputent les scientifiques.

Dans une autre étude publiée mercredi dans la revue britannique "Nature", des chercheurs ont annoncé une nouvelle reconstruction d'une mandibule déformée qui appartenait à un Homo habilis "bricoleur" vieux de 1,8 million d'années découvert en Tanzanie.

Cette reconstruction a créé la surprise en faisant apparaître une mâchoire primitive de cette espèce et montre aussi un lien évident avec le fossile de la mâchoire de Ledi-Geraru.

Source : Le Nouvel Obs du 05/03/2015

vendredi 6 mars 2015

La découverte d'un fossile africain repousse l'origine du genre humain de 400 000 ans

Vieille de 2,8 millions d’années, une mandibule retrouvée en Éthiopie semble, selon toute vraisemblance, appartenir à un individu du genre Homo, repoussant l’origine de cette lignée de 400.000 ans.

Et si l'histoire du genre humain avait commencé encore plus tôt qu'on ne pense ? Lors de fouilles menées en Éthiopie, une équipe américaine de paléontologues a réalisé une découverte bouleversante. Les chercheurs ont mis en évidence une portion de mâchoire vieille de 2,8 millions d’années.

La singularité du fossile réside non seulement dans son âge très avancé mais aussi dans ses caractéristiques propres au genre Homo, dont fait notamment partie l’homme moderne. La trouvaille apporte ainsi un nouvel éclairage sur l’histoire de l’évolution humaine, qui pourrait être bien plus vieille que ce qui était jusqu’à présent imaginé.

Les origines ont en effet été repoussées de 400.000 ans. De cette époque, on ne sait actuellement que peu de choses. Il s’agit pourtant d’une étape particulièrement importante marquant la transition entre les animaux arboricoles et les êtres préhumains.

A la recherche d’indices sur les origines du genre humain

Depuis de nombreuses années, les scientifiques sillonnent le continent africain à la recherche d’indice sur les origines de la lignée Homo. Pourtant, jusqu’à présent leurs recherches se sont souvent avérées peu fructueuses. Rares sont en effet les fossiles correspondant à la période de transition, estimée entre il y a 2,5 et 3 millions d'années.

La fameuse mâchoire a été été retrouvée quant à elle il y a deux ans, dans la région Afar, sur une zone de fouille appelée Ledi-Geraru, non loin de celle où la célèbre Lucy a été excavée. Il s’agit d’une mandibule inférieure gauche de huit centimètres de long, ayant appartenu à un individu adulte. La mâchoire, dotée de cinq dents a été soumise à analyses.

Les résultats, publiés dans la revue américaine Science, indiquent que le fossile combine des caractéristiques ancestrales et des traits typiques du genre Homo comme des dents plus petites.

Une nouvelle espèce ?

"La mise au jour de cette mâchoire inférieure aide à réduire le fossé dans l'évolution entre l'Australopithèque - la célèbre Lucy datant de 3,2 millions d'années - et les premières espèces du genre Homo comme l'erectus ou l'habilis", expliquent les auteurs de l’étude, repris par l'AFP. "Ce fossile est un excellent exemple d'une transition des espèces dans une période clé de l'évolution humaine".

Pour l’heure, les chercheurs n’ont pas encore identifié si le fossile est une espèce déjà connue du genre Homo ou une nouvelle espèce encore non identifiée. Il pourrait s'agir d'un individu Homo habilis mais la seule mâchoire pourrait ne pas suffire pour trancher sur la question. Elle donne cependant des informations cruciales sur les premières phase d'évolution de la lignée Homo, qui a suivi celle des Australopithèques.

"En trouvant cette mâchoire, nous avons découvert où cette trajectoire a démarré. C'est le premier Homo. Cela marque selon toute vraisemblance, une transition d'adaptation majeure", a relevé Brian Villmoare de l'Université du Nevada repris par le Guardian. Davantage d’études devraient permettre d’en savoir plus sur ce mystérieux individu.

Source : MaxiSciences du 05/03/2015

Que nous apprend la découverte d’une mâchoire fossile en Afrique ?

Une mandibule avec cinq dents, datant de 2,8 millions d’années, trouvée en Éthiopie est le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert. Cette mâchoire repousse l’origine des humains de 400 000 ans. L’analyse de Michel Brunet, professeur de paléontologie à l’université de Poitiers.

« C’est une belle découverte, intéressante. Il s’agit d’une belle demi-mâchoire inférieure (demi-mandibule) de huit centimètres de long, munie de cinq dents, avec une mosaïque de caractères à la fois ancestraux et plus modernes comme de fines molaires et des prémolaires symétriques.

Depuis longtemps, les paléontologues fixaient l’origine du genre Homo autour de 2 millions d’années avant notre ère. Mais je m’attendais à ce qu’on trouve des fossiles de ce genre dans des sols datant de 2 à 3 millions d’années, y compris en France. On a d’ailleurs déjà découvert des outils datant de plus de 3 millions d’années qui, très probablement, ont été façonnés par une personne du genre Homo.

Cette mandibule a été trouvée en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Éthiopie par un étudiant éthiopien membre d’une équipe américaine. Une région très fréquentée par les paléontologues puisque, pas très loin en 1974, mon collègue Yves Coppens a co-découvert le squelette d’Australopithecus afarensis, plus connu sous le nom de Lucy, et daté de 3,2 millions d’années.

Cette mandibule-ci a été datée, indirectement, à 2,8 millions d’années après une analyse isotopique des roches volcaniques entourant les fouilles. Ce nouveau fossile s’intercale donc entre l’australopithèque Lucy (qui est encore un grand singe) à 3,2 millions d’années, et les premiers hominidés du genre Homo (habilis, rudolfensis et erectus) qui eux étaient situés à 2 voire 2,3 ou 2,4 millions d’années. En cela, la nouvelle mandibule complète le puzzle complexe de nos origines.

En revanche, ce n’est pas « un » et encore moins « le » chaînon manquant, dans la mesure où l’évolution de l’homme n’est pas une chaîne linéaire avec des maillons successifs, mais revêt la forme d’un arbre doté de nombreuses branches.

Une recherche complémentaire menée par une autre équipe internationale dans la même région met en évidence un changement climatique qui a rendu l’environnement plus aride à cette période. Verdoyante et pourvue de forêts au temps de Lucy, la végétation s’est transformée, pense-t-on, en savane à l’époque où la mandibule s’est fossilisée. Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s’adapter à la bipédie. Leur cerveau est devenu plus gros, ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents. »

Source : La Croix du 05/03/2015

jeudi 5 mars 2015

La mandibule qui met un coup de vieux à l'humanité

Un fossile de 2,8 millions d'années trouvé en Ethiopie repousserait l'origine des humains de 400 000 ans.

Une mandibule avec cinq dents datant de 2,8 millions d’années trouvée en Ethiopie est le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert qui repousse l’origine des humains de 400 000 ans.

Cette découverte annoncée mercredi, donne un nouvel éclairage sur l’émergence du genre Homo, estiment les scientifiques dont les travaux paraissent mercredi dans la revue américaine Science.

«La mise au jour de cette mâchoire inférieure aide à réduire le fossé dans l’évolution entre l’Australopithèque - la célèbre Lucy datant de 3,2 millions d’années - et les premières espèces du genre Homo comme l’erectus ou l’habilis», expliquent ces paléontologues.

«Ce fossile est un excellent exemple d’une transition des espèces dans une période clé de l’évolution humaine», ajoutent-ils.

Cette mandibule de huit centimètres de longueur, a été trouvée en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Ethiopie par une équipe internationale de chercheurs menée notamment par Kaye Reed, de l’Université d’Arizona et Brian Villmoare de l’Université du Nevada.

Depuis des décennies, les scientifiques cherchent des fossiles en Afrique pour trouver des indices des origines de la lignée Homo mais sans grand succès puisqu’ils ont découvert très peu de fossiles de la période jugée critique allant de moins trois millions d’années à moins 2,5 millions d’années.

De ce fait, les experts ne sont pas d’accord sur la période de l’origine de la lignée Homo qui a abouti à l’émergence des humains modernes, l’Homo Sapiens, il y a environ 200000 ans.

Le nouveau fossile de Ledi-Geraru apporte des indices importants sur les changements intervenus dans la mâchoire et les dents chez le genre Homo seulement 200000 ans après la dernière trace connue de l’Australopithecus à savoir «Lucy». Son fossile a été découvert en Ethiopie en 1974 pas très loin de Ledi-Geraru.

«Des fossiles de la lignée Homo de plus de deux millions d’années sont très rares et le fait d’avoir un éclairage sur les toutes premières phases de l’évolution de notre lignée est particulièrement emballant», souligne Brian Villmoare, le principal auteur.

Mais ces chercheurs notent qu’ils ne sont pas en mesure de dire avec cette seule mâchoire s’il s’agit ou non d’une nouvelle espèce du genre Homo qui aurait abouti en évoluant à l’homo sapiens.

Une recherche complémentaire parue mercredi dans Science portant sur la géologie et le climat dans la même région d’Ethiopie où a été trouvé le fossile de Ledi-Gerbera, met en évidence un changement climatique qui a rendu l’environnement plus aride il y a 2,8 millions d’années.

Ces scientifiques ont découvert des fossiles de mammifères contemporains de Ledi-Geraru montrant qu’il y avait surtout des espèces vivant dans des habitats dominés par de petits arbustes et la savane où les arbres étaient rares. Alors qu’à l’époque de Lucy qui était encore un grand singe, la végétation était plus verdoyante avec des forêts.

«Nous pouvons voir des indications de sécheresse dans la faune dominante dans l’environnement de Ledi-Geraru», explique Kaye Reed, professeur à l’Université d’Arizona, co-auteur de cette étude.

«Mais il est encore trop tôt pour dire si le changement climatique est responsable de l’émergence du genre Homo, il nous faudra avant cela examiner un plus grand nombre de fossiles d’hominidés que nous continuons à rechercher dans cette région», a-t-elle ajouté.

L’hypothèse du changement climatique ayant conduit à l’extinction des espèces antérieures à celles du genre Homo et à l’émergence de ce dernier est souvent avancée par les scientifiques, relève le professeur Reed.

Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s’adapter à un nouvel environnement. Leur cerveau est devenu plus gros ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents, supputent les scientifiques.

Dans une autre étude publiée mercredi dans la revue britannique Nature, des chercheurs ont annoncé une nouvelle reconstruction d’une mandibule déformée qui appartenait à un Homo habilis «bricoleur» vieux de 1,8 million d’années découvert en Tanzanie.

Cette reconstruction a créé la surprise en faisant apparaître une mâchoire primitive de cette espèce et montre aussi un lien évident avec le fossile de la mâchoire de Ledi-Geraru.

Source : Libération du 05/03/2015

Paléontologie : une mandibule africaine vieillit le genre humain de 400 000 ans

Ce n’est qu’un morceau de mâchoire muni de quelques dents mais il en dit long sur l’histoire de l’humanité. Plusieurs équipes de chercheurs décrivent ce jeudi dans les revues Science et Nature un fossile d’hominidé mis au jour dans la région de l’Afar au Nord-Est de l’Ethiopie. Datant d’il y a 2,8 millions d’années, il constituerait la trace la plus ancienne jamais retrouvée d’un représentant du genre Homo, dont fait partie l’homme moderne. Jusqu’alors, les spécialistes situaient leur apparition quelque 400 000 ans plus tard, soit il y a 2,4 millions d’années. Les conditions de cette émergence, dans un environnement naturel en pleine métamorphose, sont par ailleurs éclairées par une autre étude, aussi parue dans Science.

C’est le paléontologue éthiopien Chalachew Seyoum, de l’Université d’Etat d’Arizona, qui a mis la main sur le précieux fossile, lors d’une campagne de fouille menée en janvier 2013 sur le site de Ledi-Geraru, dans l’état éthiopien de l’Afar. Une région célèbre chez les paléontologues en raison des nombreux restes d’hominidés qui y ont déjà été découverts. Parmi ceux-ci, la célèbre australopithèque «Lucy», mise au jour en 1974 et datant d’il y a environ 3,2 millions d’années. Désigné dans le catalogue de fouilles sous le nom de «LD 350-1», le fossile de Ledi-Geraru correspond à la partie gauche de la mandibule d’un individu adulte. Deux prémolaires et trois molaires y sont toujours fixées.

Pour en estimer l’âge, des géologues de l’Université d’Etat de Pennsylvanie ont étudié les roches volcaniques qui l’entouraient sur le site. Leurs analyses d’isotopes radioactifs ont permis d’établir un âge d’environ 2,8 millions d’années. «La région de l’Afar, située dans la vallée du grand rift africain, connaît un phénomène d’expansion tectonique, qui a permis à ces roches vieilles de 2,8 millions d’années d’être déposées, puis exposées à l’air libre à travers un processus d’érosion et lors de l’apparition de failles géologiques», explique Erin DiMaggio, géologue à l’Université d’Etat de Pennsylvanie. Le plus vieux fossile attribué au genre Homo connu jusqu’alors, baptisé «AL 666-1», est d’ailleurs issu lui aussi de l’Afar; il date d’il y a environ 2,3 à 2,4 millions d’années.

Se penchant sur les caractéristiques de la mandibule LD 350-1, les anthropologues de l’Université d’Etat d’Arizona ont relevé certaines ressemblances avec celle d’Australopithecus afarensis, l’espèce dont fait partie Lucy: la forme fuyante du menton notamment. Une observation pas forcément étonnante dans la mesure où les spécimens les plus récents de l’australopithèque sont âgés «seulement» de 200 000 ans de plus que la mandibule de LD 350-1. Néanmoins, ce dernier possède aussi des attributs plutôt «modernes», se retrouvant beaucoup plus tard chez les représentants du genre Homo: la proportion globale de la mâchoire, les molaires fines et les prémolaires symétriques.

«Jusqu’alors, la période allant de -3 à -2 millions d’années n’était documentée que par un petit nombre de fossiles. Il s’agit pourtant d’une époque cruciale pour l’évolution humaine, puisqu’elle a vu naître notre propre lignée», s’enthousiasme Brian Villmoare, de l’Université du Nevada, qui a pris part à l’étude. «Ce nouveau fossile, qui possède des caractères propres aux australopithèques et d’autres spécifiques aux premiers Homo, illustre bien la transition entre ces deux groupes, estime de son côté William Kimbel, de l’Université d’Etat d’Arizona, co-auteur de l’étude. Mais le fait que LD 350-1 présente des spécialisations typiques du genre Homo le classe avec certitude dans cette catégorie.» A la question «un morceau de mandibule est-il suffisant pour attribuer à un individu une place dans notre arbre généalogique?», le paléontologue botte en touche: «Un squelette complet ne garantit de toute façon pas l’absence de débat».

Reste à savoir ce qui, autour de -2,8 millions d’années, a déclenché la transition des australopithèques vers le genre Homo, maîtrisant mieux la bipédie et capable d’utiliser des outils de pierre. Une hypothèse couramment avancée est celle d’un changement du climat, qui aurait entraîné une aridification de l’environnement. Celle-ci aurait alors favorisé les espèces moins arboricoles et plus adaptées aux paysages ouverts de la savane. Une théorie qui semble en partie étayée par une autre étude publiée dans Science cette semaine.

Un paysage moins arboré que celui qu’a connu Lucy

Pour tirer l’affaire au clair, des paléontologues des Universités d’Etat d’Arizona et de Pennsylvanie ont étudié les fossiles de mammifères présents sur le site de Ledi-Geraru à la même époque que la mandibule LD 350-1. Ils ont ainsi découvert que la faune de cette période – des antilopes, éléphants, crocodiles et autres hippopotames – correspondait justement à celle d’un milieu ouvert et parcouru de cours d’eau, comme on peut le trouver actuellement dans le Parc national de Seregenti en Tanzanie. Un paysage nettement moins arboré que celui reconstitué en lien avec les restes de l’australopithèque Lucy. Est-ce assez pour étayer la thèse que la transformation du milieu est directement à l’origine de l’émergence du genre Homo? «Il est encore trop tôt pour l’affirmer, tempère Kaye Reed, de l’Université d’Etat d’Arizona. Il nous faut davantage de fossiles, et c’est pourquoi nous continuons nos recherches sur le terrain.»

Outre l’époque et la cause de leur émergence, la séquence précise de d’apparition des premiers Homo et les différents acteurs impliqués continuent aussi à faire débat. «Nous savons qu’il y a 2 millions d’années, trois espèces d’Homo vivaient en Afrique: Homo habilis, Homo rudolfensis, et sans doute des représentants précoces de Homo erectus», indique Fred Spoor, du University College de Londres. Pour clarifier les liens de parenté entre ces différents espèces, l’anthropologue a eu l’idée de reconstruire virtuellement le fossile du premier Homo habilis décrit en 1964, et de le comparer aux restes d’autres représentants du genre Homo.

Ses résultats, publiés dans la revue Nature de manière concomitante aux études de Science, confirme la grande diversité du genre Homo. Surprise: ils suggèrent aussi l’existence d’un ancêtre commun au genre Homo qui aurait vécu il y a plus de 2,3 millions d’années. Est-il possible que ce dernier soit l’hominidé découvert à Ledi-Geraru? «Grâce à notre reconstitution digitale d’Homo habilis, nous pouvions nous faire une idée de la nature de son ancêtre, mais aucun fossile existant ne lui correspondait jusque-là, dit Fred Spoor. C’est alors que la mandibule de LD 350-1 est arrivée comme « sur demande », offrant effectivement un lien possible entre Autralopithecus afarensis et Homo habilis. C’est vraiment une belle découverte!»

Source : Le Monde du 04/03/2015