jeudi 20 février 2014

800.000 ans pour les plus anciennes empreintes d’Europe

Ce sont les premières traces de pas humains observées en dehors de l'Afrique. Elles ont été découvertes sur la côte anglaise.

FAMILLE. Jusqu'à cinq personnes, peut-être de la même famille, ont laissé, il y a plus de 800.000 ans, une série d’empreintes de pas sur la rive d'un ancien estuaire, à Happisburgh, dans le nord de l’Angleterre. Ces traces ont été mises à nu par l'érosion dans une couche de sédiments. Et leur découverte est le fruit d'un fabuleux hasard.
"Leur emplacement a été révélé juste au moment où les chercheurs étaient là pour le voir, lors d'un relevé topographique. Deux semaines plus tard la marée aurait érodé les empreintes" souligne le Dr Simon Lewis, un des découvreurs.

Des traces extrêmement rares

Les découvertes de ce type sont exceptionnelles. Et il faut des conditions bien particulières pour que des empreintes soient saisies lors de leur impression et conservées au fil du temps pour être découvertes des milliers d’années plus tard.

Seules trois lignes d’empreintes sont plus anciennes que celles de Happisburgh : celles de Laetoli en Tanzanie datées de 3,6 millions d’années environ et celles d’Ileret et de Koobi au Kenya (1,5 millions d’années).

DOUTES. Les traces de pas d’Happisburgh ont pu être identifiées grâce à des photographies 3D de la surface. Elles ont révélé des formes d’orteils, de voutes plantaires et de talons appartenant à des adultes mais aussi probablement à des enfants. Leur taille (estimée grâce à la dimension des empreintes) variant entre 93 cm et 1m73. À quel groupe humain appartiennent-ils ? Les scientifiques n’ont pas la réponse.


Reconstitution du site d'Happisburgh

SILEX. Le site d’Happisburgh marque le premier établissement humain connu en Europe du Nord. Il y a peu encore, les historiens du peuplement estimaient qu’à cette époque, le Pléistocène inférieur, l’extension humaine ne dépassait pas une zone limitée par le sud des Pyrénées et des Alpes. C’est la découverte à Happisburgh de plus de 70 outils en silex qui a remis en cause cette théorie. Selon les auteurs, qui publient leur découverte dans PLOS ONE, ces empreintes appartiennent à des Homo antecessor.

Source : Sciences et Avenir du 12/02/2014

mardi 18 février 2014

Des traces de pas vieilles de 800.000 ans en Angleterre

En remuant le sable d'une plage de la côte est, une forte marée a mis au jour des sédiments datant du pléistocène. Et révélé les plus anciennes empreintes jamais découvertes en Europe.

Une famille marche en bord de mer et, 800.000 ans plus tard, des paléontologues s'émeuvent. Un énorme coup de chance a permis à Nick Ashton, du British Museum de Londres, et son collègue Martin Bates, de la Trinity St David's University, de tomber sur ces traces de pas. Ils effectuaient un relevé géologique sur la plage de Happisburgh, sur la côte est de l'Angleterre. Un site bien connu des chercheurs, qui y avaient déjà trouvé il y a trois ans des fossiles de mammouths et surtout des pierres taillées, prouvant pour la première fois que l'homme était déjà présent dans le nord de l'Europe il y a 800.000 ans.



Mais en ce mois de mai 2013, Martin Bates aperçoit une chose inhabituelle: sous le sable remué par une forte marée, des sédiments anciens sont révélés et forment une sorte de «pâte feuilletée» de vase, compacte, très ferme et peu humide. Une petite zone de 12 mètres carrés, parsemée de creux allongés, attire particulièrement l'attention du chercheur. Et s'il s'agissait de traces de pas ? L'âge du site est connu des chercheurs, les empreintes peuvent donc être fort anciennes… Dans son blog, Nick Ashton raconte les moments de doutes, l'élimination rapide de diverses hypothèses, puis la conviction qui se dessine.

Paléolithique inférieur

Peu après, ils reviennent avec une troisième comparse, Sarah Duffy (université de York), pour observer ces empreintes avant que la marée suivante ne les efface à tout jamais. «La méthode était bonne mais la météo ne l'était pas», écrit sur son blog Nick Ashton: après avoir, sous la pluie, pris des centaines de clichés et mesuré les traces, ils repartent trempés, déçus, et finalement plus très convaincus.
La reconstitution en 3D et l'analyse des clichés confirmeront pourtant la belle intuition: les chercheurs avaient bien là des empreintes laissées dans la vase d'un estuaire par des marcheurs du paléolithique inférieur, les plus anciennes jamais retrouvées en Europe du Nord. Des carottages dans la falaise confirmeront que les sédiments qui contenaient les empreintes ont entre 1 million et 780 milliers d'années. À l'époque, la Grande-Bretagne était reliée au reste de l'Europe par des terres émergées.

«C'est très émouvant»

«C'est absolument magnifique», s'enthousiasme Marie-Hélène Moncel, directrice de recherche au CNRS et membre du département préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle. «Seuls trois sites avaient déjà révélé des traces de pas plus anciennes, tous situés en Afrique. C'est très émouvant, on peut les voir qui marchent il y a 800.000 ans!»

Car c'est fou, ce que l'on peut déduire de simples traces de pas… «Ces empreintes fugaces de corps mous nous donnent beaucoup d'informations, explique Marie-Hélène Moncel. On peut calculer la taille des individus, leur poids, leur posture et leur démarche… On peut même reconstituer un événement, en voyant si leur marche s'est interrompue, par exemple.»

Une famille

Douze empreintes assez nettes pour être identifiées font très clairement apparaître le talon, la voûte plantaire et même, pour l'une d'entre elles, des orteils, nous dit l'étude publiée dans PlosOne . Les pieds, appartenant à au moins cinq individus différents, mesuraient de 140 à 260 mm (soit des pointures allant du 23 au 41…), ce qui montre que des enfants étaient présents. «C'est clairement une cellule familiale», selon Nick Ashton. Ses membres mesuraient entre 93 cm et 1,73 m de haut, et le plus grand pouvait peser une cinquantaine de kilos. Un rapport entre la taille et le poids qui est très surprenant. «50 kg, ce n'est pas lourd du tout, s'étonne Tony Chevalier, anthropologue au Musée de Tautavel. Chez Néandertal, on pense que les individus de cette taille en pesaient plutôt 80!» Les promeneurs de Happisburgh étaient plutôt graciles…

On ignore à quelle espèce ils appartenaient. Les chercheurs britanniques pensent à Homo antecessor, sans pouvoir l'affirmer en l'absence d'os humains. On sait que ces bipèdes dotés d'outils rudimentaires en pierres taillées et en bois étaient des chasseurs-cueilleurs, et pouvaient aussi se faire charognards. Et qu'à leurs heures perdues, ils aimaient marcher dans la vase…

La longue marche vers la colonisation humaine de l'Europe

«La première preuve de colonisation de l'Europe a été retrouvée en Géorgie, avec des restes datant de 1,8 million d'années», explique Tony Chevalier, anthropologue à l'université de Perpignan détaché au Centre de Recherche de Tautavel. Ce premier hominidé sorti d'Afrique était un Homo erectus. Homo antecessor, lui, pourrait avoir 1,3 million d'années, selon des restes retrouvés à Sima del Elefante et à Orce, en Espagne. Mais l'espèce a été définie à Gran Dolina, grâce à des ossements vieux de 900.000 ans. Plus tard, une mandibule vieille de 650.000 ans trouvée à Mauer, près d'Heidelberg, en Allemagne, permettra de définir Homo heidelbergensis. Il est aussi connu sous le nom d'Homme de Tautavel, qui a vécu dans le sud de la France il y a au moins 450.000 ans. «Tous sont des Homo erectus au sens large», simplifie l'anthropologue.

«PuisHomo heidelbergensis a donné Néandertal», explique Tony Chevalier. Un hominidé arrivé il y a 150.000 ans, puis éteint il y a environ 30.000 ans, nous laissant quelques gènes au passage, pensent aujourd'hui les spécialistes. En parallèle de Néandertal, Homo sapiensest apparu il y a quelque 200.000 années. L'«Homme savant» (c'est-à-dire nous…) est désormais le seul représentant du genre Homo.

Source : Le Figaro du 10/02/2014

lundi 10 février 2014

Découverte en Angleterre des plus anciennes traces de pas humains hors du continent africain

HISTOIRE - C'est «une découverte exceptionnellement rare», selon un chercheur du Brtitish Museum...

Les plus anciennes traces de pas humains jamais découvertes en dehors du continent africain ont été mises à jour sur la côte Est de l'Angleterre, a annoncé ce vendredi au British Museum à Londres l'équipe de chercheurs.

Vieilles de 800.000 ans, les empreintes, d'adultes et d'enfants, ont été trouvées en bord de mer à Happisburgh dans de la boue d'un ancien estuaire. Il existe seulement deux sites plus anciens et ils sont situés tous les deux en Afrique: à Laetoli en Tanzanie, où on a retrouvé des traces datées de 3,5 millions d'années et à Koobi Fora au Kenya (1,5 millions d'années).

Clichés reconstitués en 3D

«C'est une découverte exceptionnellement rare», a souligné Nick Ashton du British Museum qui a mené les recherches en coopération avec le National History Museum et la Queen Mary University London.



La même équipe avait déjà mis à jour des pierres taillées et des fossiles de mammouth sur ce site il y a plusieurs années. Les chercheurs ont trouvé les traces de pas par marée basse et se sont empressés de les photographier au plus vite avant que la mer ne revienne les effacer.

Ils ont ensuite reconstitué les clichés en 3D sur lesquels ils ont alors identifié des traces d'adultes et des empreintes plus petites, appartenant probablement à des enfants.

Des individus mesurant entre 90 cm et 1m70

«C'est clairement une cellule familiale plutôt qu'un groupe de chasseurs», a déclaré Ashton qui estime que ces ancêtres mesuraient entre 90 cm et plus de 1 mètre 70.

Mais l'identité précise de ceux qui ont laissé ces traces reste inconnue. Selon Chris Stringer du Natural History Museum, ils pourraient s'apparenter à l'espèce du «Homo antecessor», dont des restes ont été trouvés à Atapuerca en Espagne.

Source : 20 minutes du 07/02/2014

vendredi 7 février 2014

Plus de Neandertal en nous ?

En comparant des génomes ancien et modernes, des scientifiques américains ont découvert qu’environ 20% du génome néandertalien persiste dans les populations humaines actuelles.

ADN. Même si les Neandertaliens ont disparu il y a bien longtemps, il reste un peu de leur ADN chez beaucoup d’entre nous, révèle une nouvelle étude publiée dans la revue Science. Et cette quantité d’ADN a beau être limitée au sein de chaque individu, la somme cumulée de génome néandertalien qui persiste chez les tous êtres humains actuels s’élève... à 20%.

Un prolongement de résultats de 2010

L’équipe de Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck de Leipzig, avait démontré en 2010, qu’1 à 4% du génome de l’homme moderne se composait de gènes néandertaliens. Depuis cette date plusieurs équipes planchent sur ces séquences génétiques issues de l’homme de Neandertal. Une équipe de l’université de Washington a ainsi entrepris de les identifier. Ils ont alors remarqué qu’elles variaient selon les individus. Les chercheurs ont donc émis l’hypothèse qu’une plus grande quantité du génome néandertalien était présente chez sapiens.

Pour confirmer leur idée, les chercheurs ont mis au point une méthode utilisant le génome néandertalien de référence utilisé par Svante Pääbo afin d’identifier les séquences d’ADN ancien chez les humains d’aujourd’hui, à l’exception de ceux originaires d’Afrique. Le génome de Neandertal a en effet plus de similitudes avec populations non-africaines, sans doute parce que les premiers croisements entre sapiens et néandertaliens ont eu lieu en Asie ou en Europe du Sud. L'équipe de Washington a donc séquencé et analysé le génome de 600 personnes venant d’Europe ou d’Asie de l’Est.

D’autres gènes à découvrir ?

En comparant les génomes ancien et modernes, les chercheurs ont découvert qu’environ 20 pour cent du génome néandertalien persistait dans les populations humaines actuelles. Des séquences d'ADN néandertaliens sont notamment trouvées dans des régions liées à la régulation de la pigmentation de la peau.

L'acquisition de ces variantes a pu permettre à l’Homo sapiens de d’adapter plus rapidement aux conditions locales lors de ces migrations estiment les auteurs. Ils ont également identifié de grandes régions du génome moderne dépourvu d’ADN néandertalien, ce qui suggère que certaines parties devaient être délétères.

Dans l'avenir, je pense que les scientifiques seront en mesure d'identifier l'ADN des autres hominidés éteints en analysant les génomes des humains modernes" - Benjamin Vernot, généticien.

POTENTIEL. Outre ces nouveaux résultats, cette étude indique qu’il est possible de "déterrer" dans le génome de l’homme des restes de gènes appartenant à une autre espèce avec laquelle il s’est croisé. Les auteurs pensent qu’à l’avenir, leur méthode permettra d’identifier les traces génétiques d’autres espèces d’hominidés. "Nous avons le potentiel de découvrir et de caractériser d’autres espèces d’humains archaïques précédemment inconnues qui ont côtoyé les premiers hommes modernes" conclut Joshua M. Akey, un des auteurs.



Source : Sciences et Avenir du 31/01/2014

lundi 3 février 2014

Notre ADN cacherait 20% du génome de Néandertal

Selon deux études qui viennent d’être publiées, l’ADN de l'homme de Neandertal a participé à la survie de l’homme moderne en influençant notamment les caractéristiques de sa peau. 20% du génome néandertalien subsisterait ainsi chez les populations modernes d'Europe et d'Asie.

Il a beau s'être éteint il y a plus de 30.000 ans, l'homme de Néandertal n'a pas totalement disparu de notre monde. Plusieurs études ont démontré au cours des dernières décennies que notre ADN recelait certains gènes provenant directement de cet homininé. Aujourd'hui, deux études publiées dans les revues Science et Nature dévoilent de nouvelles informations sur cet étonnant héritage.

La première, américaine, révèle que 20% du génome néandertalien subsisterait chez les populations modernes d'Europe et d'Asie. Mais chaque individu ne détient pas 20% de ce génome. Selon les estimations, entre 1,5 et 2,1% de l'ADN de tout homme (en-dehors de l'Afrique) serait d'origine néandertalienne. Aussi, chaque individu n'aurait pas hérité des mêmes portions génétiques.

Des portions d'ADN issues de Néandertal

"Si vous êtes à 2% néandertalien et que je suis à 2% néandertalien, nous pourrions ne pas avoir le même ADN néandertalien. Nous pourrions avoir hérité de portions différentes du génome de Néandertal", a expliqué Benjamin Vernot, principal auteur de l'étude et chercheur à la University of Washington.

Pour en arriver là, les chercheurs ont analysé le génome de 379 Européens et 286 Asiatiques. Ils ont alors identifié l'ADN qui ne paraissait pas appartenir à l'homme moderne (en observant les mutations) et ont cherché à déterminer quand cet ADN avait été introduit là. Ils se sont ensuite concentrés sur l'ADN qui a semblé être apparu il y a environ 50.000 ans, époque à laquelle on pense que les ancêtres de l'homme moderne se sont accouplés avec Néandertal.

En comparant avec l'ADN retrouvé sur des fossiles de Néandertal, ils ont confirmé que certaines portions provenaient bel et bien de cet ancêtre. Chaque individu en détiendrait alors un pourcentage à peu près équivalent (environ 2%). Mais toutes les portions observées totaliseraient 20% du génome de Néandertal.

Des gènes plus ou moins bénéfiques

La seconde étude, américano-allemande, indique elle, que plusieurs parties du génome de l’homme moderne (non-africain) ne possèderaient pas d’ADN néandertalien tandis que d’autres en seraient plus dotées que prévu. Les deux études, quoiqu’elles aient procédé à des approches différentes arriveraient donc à la même conclusion. L'homme moderne aurait hérité de nombreux gènes de Néandertal mais aurait fait le tri dans son génome en éliminant ceux qui lui auraient été nuisibles.

Par exemple, les chercheurs ont constaté que deux régions du génome, impliquées dans les testicules et le chromosome X, ont été effacées par un processus de sélection naturelle. Selon eux, cet apport génétique aurait représenté une menace pour la fertilité masculine. Mais si l’humain non-africain actuel a conservé un peu de l’ADN de l’homme de Néandertal, c’est aussi parce que celui-ci lui a été utile.

Les deux études tombent ainsi une nouvelle fois d’accord pour dire que l'homme moderne a gardé de Néandertal les gènes qui influencent les caractéristiques de la peau. "Les Néandertaliens étaient déjà adaptés à un environnement non-africain et ont transmis cet avantage génétique à l'Homme", explique David Reich, de la Faculté de médecine de Harvard qui a travaillé avec son équipe et des chercheurs de l'Institut Max Planck en Allemagne.

Au cours de leurs travaux, ils ont a montré que les gènes liés à la kératine (qui protège et permet une meilleure résistance de la peau, des ongles et des cheveux) sont en partie hérités de l'homme de Néandertal. "Cela a du sens - la peau est un organe important, protégeant des pathogènes et de la lumière ultraviolette", a commenté Vernot repris par LiveScience, soulignant que "certaines gènes [hérités]" ont donc bien été "bénéfiques".

40% du génome de Néandertal ?

Les chercheurs estiment que certaines pathologies en partie d’origine génétique pourraient avoir pour origine le génome néandertalien. Ce pourrait être le cas par exemple pour le diabète, la maladie de Crohn et même pour certains comportements. Cependant, l'homme moderne ne cacherait peut-être pas que 20% du génome de Néandertal. Les simulations informatiques de l'équipe de Vernot ont indiqué que 40% du génome pourrait en fait avoir survécu.

Les chercheurs n'en auraient alors identifié que la moitié. Ils estiment que pour en identifier davantage, il leur faudrait au moins 1.000 individus d'une même population. Mais là encore, la tâche resterait ardue car distinguer le génome néandertalien de celui de l'homme moderne n'est pas si évident. "Parce que nous sommes tellement similaires à Néandertal, il pourrait y avoir beaucoup, beaucoup de régions qui sont virtuellement identiques, avec aucune différence pouvant être distinguée", a commenté Vernot.

Selon le chercheur, la méthode utilisée dans ces travaux pourrait néanmoins servir à identifier l'ADN provenant d'autres ancêtres de l'homme.

Source : MaxiSciences du 30/01/2014

dimanche 2 février 2014

Nos ancêtres utilisaient déjà le feu il y a 300.000 ans

La découverte d’un foyer dans une grotte israélienne suggère que les homininés utilisaient déjà le feu de manière régulière il y a 300.000 ans et qu’ils étaient dotés de grandes capacités cognitives et sociales.

La plupart des études s’accordent à dire que l’homme a découvert le feu il y a environ un million d’années. Toutefois, la période à laquelle il a commencé à le contrôler et l’utiliser au quotidien reste encore débattue. Une récente découverte réalisée par une équipe d’archéologues de l’Institut des sciences Weizmann, en Israël pourrait apporter un nouvel éclairage sur la question.

Les scientifiques ont mis en évidence un foyer rempli de cendres et d’os calcinés au centre de la grotte Qesem, à une dizaine de kilomètre à l’est de Tel Aviv. Le vestige a été daté à 300.000 ans, une époque antérieure à l’arrivée d’Homo sapiens en Afrique. La nouvelle trouvaille sous-entend que les homininés de l’époque avaient déjà des facultés intellectuelles très avancées. Afin de confirmer la nature du vestige, les archéologues ont analysé des échantillons de cendres par spectrométrie infrarouge.

Les résultats, publiés dans la revue Journal of Archaeological Science, indiquent que celles-ci ont été obtenues en chauffant à très haute température du bois, de la terre et des os. Les hommes préhistoriques utilisaient le foyer pour y faire cuire de la viande. Différentes strates de cendres mises en évidence par une analyse micromorphologique, indiquent par ailleurs que le foyer a été utilisé à plusieurs reprises au fil du temps.

Des outils pour découper la viande

La structure se distingue par sa taille relativement grande. D’une surface de 4 mètres carrés, elle semble avoir profité à un grand groupe d’hommes préhistoriques. De nombreux outils en silex destinés à la découpe de la viande ont été retrouvés autour du foyer. Ces instruments se distinguent très clairement de ceux retrouvés quelques mètres plus loin conçus, de par leur forme, pour une activité différente.

Cette découverte rend compte de l’existence d’une certaine organisation de l’espace de vie au sein de la grotte. L’espace, considéré comme une sorte de camp de base aurait, avec son grand foyer, probablement favoriser les interactions sociales.

 "Ces résultats nous permettent de distinguer un tournant important dans le développement de la culture humaine", explique dans un communiqué Ruth Shahack, co-auteur de l’étude.

"Celui au cours duquel les hommes préhistoriques ont commencé à utiliser régulièrement le feu, à la fois pour la cuisson de la viande et pour des rassemblements sociaux", poursuit-elle.

Une espèce indéterminée

"Les résultats rendent compte des impressionnantes facultés cognitives et niveaux de développement social développés par les hommes ayant vécu il y a environ 300.000 ans". Toutefois, pour l'heure, les chercheurs ignorent encore l'identité de ces homininés. Une étude publiée il y a 3 ans et publiée dans la revue American Journal of Physical Anthropology faisait état de la découverte d'une dent âgée de 200.000 à 400.000 ans.

Malgré une analyse poussée, les spécialistes n'ont pu déterminer à quelle espèce elle appartenait. Selon eux, il pourrait s'agir d'une dent d'Homo sapiens, de Neandertal ou peut-être d'une autre espèce. Des dents similaires trouvées dans d'autres grottes du nord de l'Israël Skhul et Qafzeh et âgées de 80.000 à 120.000 ans apportent toutefois davantage de crédit à l'hypothèse de l'homme moderne.

Source : MaxiScience du 29/01/2014

samedi 1 février 2014

Le portrait d'un chasseur-cueilleur européen brun aux yeux bleus révélé grâce à son ADN

Une nouvelle analyse menée sur le génome d’un chasseur-cueilleur européen vieux de 7000 ans, suggère que l’homme avait des yeux bleus tout en étant brun avec une peau foncée.


Source : MaxiSciences du 28/01/2014