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samedi 19 août 2023

Une vague de froid aurait mis fin à la première occupation humaine en Europe

Il y a 1,1 million d’années, une vaste glaciation s’est produite dans le sud de l’Europe, menant à la disparition des hommes préhistoriques dans cette région. Plus résistant qu’Homo erectus, c’est Homo antecessor qui aurait reconquis le continent après 900.000 ans. Les explications avec Chronis Tzedakis, auteur de l’étude.

Une nouvelle étude du paléoclimat européen a révélé une période glaciaire particulièrement froide il y a 1,1 million d’années, au point que les premiers spécimens du genre Homo n’y auraient pas survécu. “C’est la première fois que l'Homme préhistorique est confronté à de telles conditions, souligne auprès de Sciences et Avenir Chronis Tzedakis, premier auteur de l'étude. Les températures sont descendues jusqu’à -2°C en hiver.” A partir de données fossiles et d’une simulation paléoclimatique, les chercheurs ont mis au point un modèle pour prédire l’habitabilité d’un environnement pour l’être humain primitif. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Science.

Jusqu’à présent, la théorie dominante consistait à penser qu’une fois établis en Europe, les humains avaient été capables de survivre à plusieurs cycles climatiques, dont des périodes glaciaires, et de s’adapter à des conditions de plus en plus dégradées après 900.000 ans. Mais les résultats de l’étude du Collège universitaire de Londres prouvent le contraire : l’Europe n’aurait pas été continuellement peuplée depuis 1,6 million d’années.

Une incertitude de 0,5°C

Comment les chercheurs ont-ils estimé la température du sud de l’Europe il y a plus d’un million d’années ? Ils se sont basés sur des restes d’algues marines issus d’un forage au large de Lisbonne. Grâce à des biomarqueurs présents dans ces végétaux, les paléontologues ont disposé d’indicateurs du climat de l’époque, avec une très faible incertitude, de seulement 0,5°C. La température moyenne annuelle de la surface de la mer avait chuté à 5,5 °C. “Dans les mêmes échantillons de sédiments, nous avons également examiné des grains de pollen fossiles qui donnent une image de la végétation du continent : semi-désertique”, ajoute le chercheur. A l’air libre, la température serait même descendue à -2°C. D’après le modèle informatique, cette glaciation aurait duré près de 30.000 ans.

D’après les ossements et les outils retrouvés respectivement en Géorgie et en Italie, Homo erectus peuplait le bassin méditerranéen il y a 1,8 million d’années. “Pour survivre, il avait besoin de températures annuelles minimales supérieures à 5°C et d’une végétation assez abondante afin que les animaux sauvages subsistent”, souligne Chronis Tzedakis. Le climat de cette époque était caractérisé par des périodes interglaciaires chaudes et humides alternant avec des périodes glaciaires plus froides mais relativement douces. Périodes glaciaires et interglaciaires se succédaient ainsi avec une fréquence de 900.000 ans à 2,6 millions d’années.

Des graisses insuffisantes

Pour la première fois, il y a 1,1 million d’années, Homo erectus est confronté à des températures négatives. Un refroidissement de cette ampleur a sans doute soumis les petites populations de chasseurs-cueilleurs à un stress considérable. “Les premiers hommes n’étaient pas adaptés à ces températures : leurs graisses n'étaient sûrement pas suffisantes pour s’isoler du froid, et ils n’avaient pas de quoi se vêtir ni s’abriter”, explique le chercheur. Ce n’est que 700.000 ans plus tard qu’Homo erectus domestiquera le feu.

La reconquête d'Homo antecessor

En recoupant les données fossiles avec une simulation paléoclimatique, l’équipe de chercheurs a développé un modèle d’habitat humain capable d’évaluer la viabilité d’un environnement pour les êtres humains primitifs. Leurs résultats sont sans équivoque et mettent en évidence une diminution drastique de l'adéquation de l'habitat des premiers homininés autour de la Méditerranée pendant cet épisode de froid extrême.

“Cette conclusion concorde assez bien avec les données archéologiques dont nous disposons, confirme Chronis Tzedakis. Il y a un trou dans nos archives fossiles en Europe au cours des 200.000 années suivantes.” Pas d’ossements humains, ni d’outils lithiques. Entre 1,1 million d’années et 900.000 ans, Homo erectus semble en effet avoir disparu d’Europe, mais aurait survécu en Asie du Sud-Ouest notamment. C’est Homo antecessor qui aurait reconquis le continent européen il y a 900.000 ans. “Les changements évolutifs et comportementaux entre ces deux espèces ont rendu ce dernier plus résistant et lui ont permis de survivre dans des conditions glaciaires de plus en plus intenses”, résume l’auteur.

Les données paléoclimatiques et les résultats du modèle informatique des chercheurs suggèrent donc la disparition de l’homme archaïque dans le sud de l’Europe au cours du Pléistocène inférieur. Les recherches archéologiques et la datation des fossiles à venir permettront de corroborer cette théorie en vérifiant l'absence de restes humains dans les archives.

Source : Sciences et Avenir du 17/08/2023

samedi 28 novembre 2020

Homo antecessor

Reconstruction de Elisabeth Daynès :
Reconstruction de Alice Roberts :

dimanche 12 avril 2020

Homo antecessor, un ancêtre majeur de la lignée Homo il y a 800 000 ans

Les célèbres fossiles d’hominidés trouvés à La Gran Dolina, à Atapuerca, contiennent des protéines qui peuvent aider à la compréhension de l’espèce.

A la limite de la génétique…

L’étude génétique de l’ADN est actuellement l’une des techniques les plus utilisées par les chercheurs pour identifier les espèces d’hominidés, mais également les interactions entre espèces. L’ADN peut ainsi permettre de remonter l’arbre généalogique des espèces et comprendre les différentes branches de l’évolution de l’humanité. Les dernières grandes avancées en anthropologie sont génétiques, comme la découverte des rapports plus qu’amicaux entre Néandertal et Sapiens, ou l’identification d’une nouvelle espèce comme l’Homme de Dénisova. Mais cette méthode a également un revers : après environ un demi-million d’années, même dans les meilleures conditions possibles, l’ADN se dégrade et devient illisible. Donc les fossiles au-delà de 500 000 ans ne peuvent plus être génétiquement analysés. Cela laisse une grande partie de notre généalogie dans l’ombre depuis 7,5 millions d’années.

… la protéomique se profile !


Une équipe de scientifiques dirigée par Enrico Cappellini (Professeur Associé au Globe Institute, Université de Copenhague) a développé un nouveau processus utilisant la spectrométrie de masse. Cette technique permet de trier la composition chimique d'un échantillon, y compris les peptides qui composent les protéines. Ces dernières présentent l’énorme avantage d’être beaucoup plus résistantes que l’ADN dans le temps. Elles peuvent ainsi être retrouvées dans des fossiles de presque 2 millions d’années (dans des conditions favorables). Revers de la médaille : elles contiennent également moins d'informations génétiques que l'ADN et sont beaucoup moins variables d'une espèce à l'autre.
Cappellini et son équipe, en utilisant cette méthode, ont permis, au cours des 6 derniers mois, de publier des protéines anciennes trouvées sur des fossiles de rhinocéros de -1,77 million d'années et de primate de 1,9 million d'années, Gigantopithecus blacki.

Homo antecessor est localisé !

Jusqu’à présent les caractéristiques physiques d’Homo antecessor ne permettaient pas de déterminer ses relations avec les autres hominidés. Il avait une forte dentition, tout comme les membres les plus anciens de notre genre tels que Homo erectus, mais d’un autre côté on pouvait associer la forme de son visage à celle des humains modernes. Faute de preuve formelle, les scientifiques n’étaient pas d’accord entre eux concernant la place exacte d'Homo antecessor sur l’arbre de notre évolution.
L’équipe de Cappellini s’est donc attelée aux ossements d’Homo antecessor. Elle a donc analysé les protéines contenues dans un fragment d'émail d'une molaire de l’hominidé de 800 000 ans trouvée à Gran Dolina (Sierra d’Atapuerca – Espagne).
Les chercheurs ont identifié des séquences peptidiques de sept protéines dans l'émail des dents fossiles - essentiellement toutes les protéines qui s'y trouvent - y compris un peptide spécifique au chromosome Y qui identifie l'individu en tant que mâle. Ensuite, l’équipe a comparé ces séquences de protéines avec leurs équivalents chez Homo sapiens, avec des singes actuels, des Néandertaliens et des Denisoviens.
Les comparaisons des séquences de protéines démontrent que Homo antecessor était, il y a 800 000 ans, un proche parent (une espèces sœur) du dernier ancêtre commun aux hommes modernes, aux Néandertaliens et aux Denisoviens, d'après les chercheurs qui ont publié leur analyse dans la revue Nature.
«Nous voyons que cet ancêtre appartient à une espèce, proche, très proche de la branche qui mène à notre propre espèce », explique Cappellini. Je suis satisfait que l'étude sur les protéines prouve qu’Homo antecessor peut être étroitement apparenté au dernier ancêtre commun de l'Homo sapiens, des Néandertaliens et des Denisoviens", indique José María Bermúdez de Castro, co-auteur de l'étude et co-directeur scientifique de la fouilles à Atapuerca, "Les caractéristiques partagées par Homo antecessor avec ces hominidés sont clairement apparues beaucoup plus tôt que prévu."

Des réactions

La nouvelle étude est «un document historique», explique Mark Collard, un archéologue de l'Université Simon Fraser qui n’appartenait pas à cette équipe de chercheurs. "L'analyse des protéines anciennes promet d'être aussi excitante que l'analyse de l'ADN ancienne pour faire la lumière sur l'évolution humaine."

Pour Dr Aida Gomez-Robles (UCL Anthropology), "Si le moment de divergence entre les Néandertaliens et les hommes modernes avait moins de 800 000 ans cela aurait indiqué une évolution dentaire étonnamment rapide pour les premiers Néandertaliens de la Sima de los Huesos". Les conclusions de cette étude lui permettent d’ajouter que «l’explication la plus simple est que l’ancêtre commun a plus de 800 000 ans. Cela rend les taux d'évolution des premiers Néandertaliens de la Sima de los Huesos similaires à ceux d'autres espèces."

« Cela renforce ce que beaucoup soupçonnaient, mais c'est loin d'être concluant, déclare l’anthropologue Tim Weaver (Université de Californie à Davis)

jeudi 9 avril 2020

«Homo antecessor», notre très vieux cousin à la dent dure

Grâce à l’analyse des protéines d’une dent fossile, des paléogénéticiens suggèrent que le plus vieux représentant connu du genre «Homo» sur le continent européen n’est pas un ancêtre mais un cousin des Néandertaliens et de l’homme moderne.

S’il y a bien une chose sur laquelle les paléoanthropologues s’accordent, c’est qu’on ne sait presque rien de lui. Nommé antecessor à partir de 170 fragments fossiles (des bouts de crânes, des dents et une phalange de six individus) découverts au beau milieu des années 90 dans la sierra d’Atapuerca, en Espagne, le plus vieux représentant connu du genre Homo en Europe ne fait d’ailleurs toujours pas consensus. S’agit-il d’une espèce humaine éteinte ? Ou de restes fossiles de spécimens de Homo erectus ?

De même, est-ce l’ancêtre commun de l’homme de Néandertal et de l’homme anatomiquement moderne, ce que laissent penser ses traits, proches de notre espèce concernant sa face mais aussi semblables à ceux de Homo neandertalensis pour la silhouette ? «L’attribution de ces fossiles à une espèce antecessor et son existence même sont encore parfois débattues, explique à Libération la paléoanthropologue Christine Verna. Mais c’est surtout sa position phylogénétique comme ancêtre commun des Néandertaliens et des Homo sapiens (qui lui vaut son nom) qui est beaucoup discutée. Certains membres de l’équipe espagnole travaillant sur Atapuerca ont d’ailleurs souligné il y a quelques années que la morphologie dentaire de Homo antecessor ne "collait" pas avec ce qui est attendu pour cet ancêtre.»

Crâne recomposé de «Homo antecessor» retrouvé en 1994 à Atapuerca, en Espagne

Protéines des tissus osseux

Pour trancher ce débat sur ce tas de vieux os d’environ 820 000 ans, et en l’absence de nouvelles découvertes fossiles sur le terrain, que pouvaient donc faire les scientifiques ? Retrouver de l’ADN ancien pour déterminer les liens de parenté avec les espèces humaines dont on connaît intégralement (ou partiellement) le génome, à l’instar de Homo sapiens, des Néandertaliens et des Dénisoviens ? Le problème de cette méthode c’est que l’ADN fossile se dégrade très facilement au fil des millénaires si les conditions environnementales de sa conservation ne lui sont pas propices.

Alors comment obtenir de telles informations ? En étudiant la structure des protéines anciennes dans les tissus osseux (ce que l’on appelle dans le jargon scientifique la paléoprotéomique) ? «Les protéines sont issues de l’expression des gènes et, à ce titre, portent un ensemble de caractéristiques "dérivées" de l’ADN, confirme à ce propos Louise Le Meillour, doctorante au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et spécialiste de la discipline. Dans le cas de fossiles datés de la fin du pléistocène, les analyses paléoprotéomiques sont donc particulièrement intéressantes dans le sens où l’ADN est rarement préservé et que les protéines, parce qu’elles sont liées à une matrice minérale (l’hydroxyapatite), peuvent subsister à l’épreuve de l’enfouissement et du temps.»

Lignée sœur

Concernant Homo antecessor, cette piste de recherche, nouvelle et prometteuse pour identifier les fossiles, était donc tout indiquée ; et livre désormais des résultats enthousiasmants, comme le suggère une étude publiée début avril dans Nature, qui permet d’en savoir un peu plus sur l’identité du plus vieil hominine d’Europe occidentale. En effet, le séquençage, par des paléogénéticiens de l’université de Copenhague, des protéines contenues dans l’émail d’une molaire d’un des fossiles d’Atapuerca, en plus de révéler qu’il s’agissait d’un mâle, suggère que Homo antecessor est en fait une lignée sœur de celle englobant Homo sapiens, Homo neandertalensis et Homo denisovensis.

Autrement dit, il ne s’agit ici pas d’un tout dernier ancêtre commun avec notre cousin Néandertal mais d’une sorte de vieux cousin éloigné qui a disparu il y a bien longtemps. Autre conclusion : ce lien de parenté, compte tenu des caractères morphologiques de cet hominine éteint du pléistocène inférieur, permet par ailleurs d’affirmer que l’apparition d’une face moderne, semblable à la nôtre, est apparue plus précocement qu’on ne le pensait au sein du genre Homo, tandis que les traits faciaux des Néandertaliens, plus prononcés – souvenez-vous ses arcades imposantes ! –, sont des dérivés et sont donc plus récents. La démonstration que la paléoprotéomique est l’avenir de la paléoanthropologie ? «Il faut noter la petitesse de l’échantillon analysé dans cette étude, tempère toutefois Louise Le Meillour. Je serais donc prudente quant aux implications phylogénétiques qui en découlent.» Et de conclure : «En revanche, et en l’absence d’ADN préservé, il faut reconnaître que nos collègues permettent d’apporter des informations tout à fait bienvenues concernant un représentant de la lignée humaine dont on n’avait, jusqu’alors, que peut de représentants.»

Source : Libération du 07/04/2020

dimanche 5 avril 2020

Trois types humains vivaient côte à côte dans l'ancienne Afrique

Il y a deux millions d'années, trois espèces différentes de type humain vivaient côte à côte en Afrique du Sud, comme le montre une étude.

Les résultats soulignent une prise de conscience croissante du fait que la situation actuelle, où une seule espèce humaine domine le globe, peut être inhabituelle par rapport au passé évolutif.

Les nouvelles preuves proviennent des efforts déployés pour dater les os découverts dans un complexe de grottes près de Johannesburg.

Ces recherches ont été publiées dans la revue Science.

Les nouveaux travaux ont également révélé le plus ancien exemple connu d'Homo erectus, une espèce que l'on pense être un ancêtre direct de l'homme moderne (Homo sapiens).

Les trois groupes d'hominines (créatures ressemblant à des humains) appartenaient à l'Australopithèque (le groupe rendu célèbre par le fossile "Lucy" d'Ethiopie), au Paranthropus et à l'Homo - plus connu sous le nom d'humain.

Andy Herries, de l'université LaTrobe de Melbourne, en Australie, et ses collègues ont évalué les restes trouvés dans le complexe de la grotte de Drimolen en utilisant trois techniques de datation scientifique différentes : la résonance de spin électronique, le paléomagnétisme et la datation uranium-plomb.

"Nous avons rassemblé toutes les dates de chacune de ces techniques et, ensemble, elles ont montré que nous avions un âge très précis. Nous savons maintenant que la carrière principale de Drimolen et tous les fossiles qu'elle contient sont datés de 2,04 à 1,95 millions d'années", a déclaré la co-auteure Stephanie Baker, de l'Université de Johannesburg.

Le complexe de Drimolen a produit de nombreux fossiles anciens au fil des ans, y compris ceux d'hominidés anciens.

Mais il y a quelques années, les chercheurs ont découvert deux nouvelles calottes. L'une d'entre elles appartenait à l'espèce relativement primitive Paranthropus robustus. L'autre était d'apparence plus moderne et a été identifiée comme Homo erectus. Ils ont nommé la calotte crânienne H. erectus DNH 134.

L'Homo erectus est l'un de nos ancêtres humains directs et a peut-être été la première espèce humaine à migrer d'Afrique vers le reste du monde. Non seulement c'est le plus ancien exemple de l'espèce dans le monde, mais c'est aussi le seul spécimen connu d'Afrique du Sud.

"Jusqu'à cette découverte, nous avons toujours supposé que l'Homo erectus était originaire d'Afrique de l'Est. Mais la DNH 134 montre que l'Homo erectus, un de nos ancêtres directs, vient peut-être plutôt d'Afrique australe", a déclaré Stephanie Baker.

"Cela voudrait dire qu'ils se sont ensuite déplacés vers le nord, en Afrique de l'Est. De là, ils sont passés par l'Afrique du Nord pour peupler le reste du monde".

Nous pensions autrefois à l'évolution humaine comme à une progression linéaire, l'homme moderne émergeant à la fin comme le sommet du développement évolutif. Mais partout où nous regardons, il est de plus en plus clair que le tableau réel était beaucoup plus désordonné.

À titre d'exemple, une autre étude publiée cette semaine dans la revue Nature a utilisé des techniques modernes pour dater un crâne bien préservé trouvé dans une carrière à Kabwe, en Zambie, en 1921. Le crâne, qui est plus primitif que ceux des humains modernes, mais plus avancé que l'Homo erectus, était considéré comme ayant environ 500 000 ans d'après son anatomie.

Le crâne archaïque de Kabwe, ou Broken Hill, en Zambie, est plus jeune que ce que les scientifiques soupçonnaient auparavant

Il est considéré par de nombreux chercheurs comme appartenant à une espèce appelée Homo heidelbergensis - un ancêtre commun des humains modernes et des Néandertaliens.

Mais les scientifiques qui ont daté de petits échantillons d'os et de dents du crâne, ainsi que d'autres matériaux associés au spécimen, ont montré qu'il est beaucoup plus jeune - entre 324 000 et 276 000 ans.

L'auteur principal, le professeur Chris Stringer, du Musée d'histoire naturelle de Londres, au Royaume-Uni, a déclaré "C'est étonnamment jeune, car un fossile d'environ 300 000 ans devrait présenter des caractéristiques intermédiaires entre H. heidelbergensis et H. sapiens. Mais Broken Hill ne montre aucune caractéristique significative de notre espèce".

Cette découverte implique qu'au moins trois espèces différentes d'Homo coexistaient à cette époque en Afrique.

Le professeur Stringer a ajouté : "Auparavant, le crâne de Broken Hill était considéré comme faisant partie d'une séquence évolutive progressive et étendue en Afrique, de l'homme archaïque à l'homme moderne. Mais maintenant, il semble que l'espèce primitive Homo naledi ait survécu en Afrique australe, que H. heidelbergensis se trouvait en Afrique centrale du sud, et que les premières formes de notre espèce aient existé dans des régions comme le Maroc et l'Ethiopie".

Dans le cadre d'une autre étude importante sur l'évolution humaine, les chercheurs ont analysé cette semaine d'anciennes protéines provenant de fossiles d'Homo erectus vieux de 1,9 million d'années trouvés à Dmanisi en Géorgie et d'une espèce connue sous le nom d'Homo antecessor, qui serait présente en Espagne depuis 1,2 million d'années jusqu'à il y a 800 000 ans.

L'analyse des protéines a permis d'établir des relations entre les deux espèces et d'autres hominines pour lesquels nous disposons de données ADN. L'utilisation des protéines contribue à étendre notre connaissance des relations évolutives au-delà des âges où il devient difficile d'obtenir des preuves d'ADN, en raison de la dégradation de la molécule au fil du temps.

L'étude a montré que H. antecessor, dont la validité en tant qu'espèce distincte a été remise en question dans le passé, est une proche lignée sœur de l'homme moderne et d'autres espèces récentes d'Homo, comme les Néandertaliens et les Denisoviens.

Source : BBC News du 03/04/2020

samedi 18 mai 2019

A la recherche de cet ancêtre inconnu que nous partageons avec Néandertal

Une nouvelle étude vient de montrer que nos ancêtre directs, Homo sapiens, et l’homme de Néandertal ont divergé à partir d’un ancêtre commun il y a plus de 800.000 ans. Reste à savoir lequel.

Le portrait de la grande famille des ancêtres de l’homme ne cesse de s’agrandir mais la photo reste encore très floue. Difficile d’y voir clair entre les liens qui unissent chacun des protagonistes. Il y a quelques centaines de milliers d’années, plusieurs groupes humains peuplaient la planète. Parmi eux, l’homme de Néandertal occupait l’Europe depuis environ 400.000 avant l’arrivée de notre ancêtre direct, Homo sapiens il y a un peu moins de 40.000 ans. Les analyses ADN ont révélé que ces deux groupes ont divergé il y a plusieurs centaines de milliers d’années et la traque pour découvrir leur ancêtre commun passionne les spécialistes. Une chercheuse espagnole du département d’Anthropologie de l’University College de Londres, Aida Gómez-Robles, vient de publier dans la revue Science Advances une nouvelle étude dans laquelle elle date cette séparation il y a entre 800.000 ans et 1,2 million d’années.

«Les données génétiques nous apprenaient que cette séparation a eu lieu il y a plus de 500 000 ans, mais aucune donnée morphologique ne nous permettait de vérifier cette estimation», explique Clément Zanolli, paléoanthropologue à l’université de Bordeaux. «Aida Gomez-Robles utilise une nouvelle méthodologie statistique très convaincante qui sera d’une aide précieuse pour les travaux futurs.» À partir des analyses dentaires publiées dans la littérature scientifique, la chercheuse a mesuré l’évolution de la forme dentaire d’une espèce humaine à l’autre. Les dents sont très précieuses en paléoanthropologie car elles évoluent particulièrement lentement et préservent les informations sur les liens de parenté entre les différents groupes. En traitant l’ensemble de ces données, elle a réussi à définir à quel rythme sont apparues les divergences.

Ainsi, si la séparation entre les deux groupes avait eu lieu il y a moins de 700.000 ans, la forme des dents des Néandertaliens aurait évolué de manière extrêmement rapide. La chose n’est pas impossible, mais au regard du rythme évolutif constaté depuis 4 millions d’années, c’est hautement improbable. Inversement, si la séparation entre les deux groupes avait eu lieu il y a plus de 1,2 million d’années, c’est leur ancêtre commun qui n’aurait pas eu assez de temps pour évoluer et leur donner «naissance».

Maintenant que l’intervalle chronologique de séparation entre ces deux groupes est donnée avec plus de précision, a-t-on la moindre de chance de découvrir l’ancêtre commun? Et si oui, où faut-il le chercher? «Au-delà de 700 000 ans, on a très peu de fossiles en Eurasie, et encore moins en Afrique», explique Clément Zanolli. «C’est donc impossible de savoir où trouver cet ancêtre commun.» Aida Gomez-Robles ne propose pas de morphotype de dents. Les possibilités sont tout simplement trop nombreuses.

Au-delà de 400.000 ans, l’ ADN a trop peu de chances d’être préservé pour être étudié. Les scientifiques ne peuvent donc se baser que sur la morphologie des fossiles trouvés. Le schéma le plus probable suggère qu’un groupe se serait scindé il y a environ 1,2 million d’années. Une partie serait sortie d’Afrique pour coloniser l’Eurasie, petit à petit ce groupe aurait évolué en Europe vers l’homme de Néandertal. Une autre partie de ce groupe, resté sur le continent Africain, aurait peu à peu dérivé vers Homo sapiens.

Or on sait qu’au moins deux groupes humains peuplaient l’Europe avant qu’apparaissent les premiers Néandertaliens. Parmi eux, Homo heidelbergensis, découvert en 1907 présentait le profil idéal pour endosser le rôle d’un ancêtre commun aux deux groupes. Il vivait il y a environ 700 000 ans. «Malheureusement, la morphologie de ses dents l’éloigne trop des deux groupes», analyse Clément Zanolli. Un autre candidat se dégage: Homo antecessor. Découvert en 1994 à Atapuerca en Espagne, il vivait, lui, il y a plus de 820.000 ans. «Mais il est à la fois trop proche de Néandertal et trop éloigné d’Homo sapiens pour prétendre au rôle d’ancêtre commun», juge le chercheur.

Tout ce qui se passe autour du million d’années est une période clef de notre histoire évolutive. Les déplacements des différents groupes commencent à dessiner une cartographie qui se fera plus précise des centaines de milliers d’années plus tard. «C’est très frustrant de constater qu’en fait, on ne sait pas grand-chose, commente Clément Zanolli. Mais c’est ça aussi qui est captivant.»

Source : Le Figaro du 15/05/2019

jeudi 28 juin 2018

Le premier Européen, Homo antecessor, a au moins 800.000 ans

Une équipe de scientifiques a réussi à dater une vieille dent découverte, avec d'autres ossements, sur le site d'Atapuerca, dans le nord de l'Espagne.

C'est une petite dent retrouvée dans un amas de restes «humains» sur le site d'Atapuerca dans le nord de l'Espagne qui, pour la première fois, a permis une datation directe du premier habitant de l'Europe, Homo antecessor. Bien avant l'arrivée de notre ancêtre Homo sapiens (il y a 40.000 ans), et de notre cousin Néandertal (il y a 300.000 ans), cette espèce humaine plus ancestrale peuplait déjà l'Europe. C'est une équipe menée par Mathieu Duval, chercheur français de l'Université Griffith de Brisbane, en Australie, qui a réussi à estimer l'âge de la dent: entre 772.000 et 949.000 ans. C'est la plus vieille datation directe de restes «humains» découverts en Europe occidentale. Ces résultats sont publiés dans le journal «Quaternary Geochronology».

Trop vieux pour utiliser le carbone 14, les squelettes d'Homo antecessor avaient jusque-là toujours été datés via des méthodes indirectes (en datant des éléments d'une même couche géologique). «La datation directe de la dent a été réalisée à l'aide d'une méthode appelée résonance de spin électronique (ESR)», explique Laura Martin-Frances coauteur du papier et chercheuse en anthropologie dentaire. Cette méthode consiste à mesurer le nombre d'électrons qui se sont accumulés dans un matériau sous l'effet de la radioactivité naturelle émise dans le sol. «C'est une méthode déjà utilisée sur des herbivores du même site. Mais c'est également une méthode destructive et c'est pourquoi elle est utilisée avec prudence pour limiter les dommages causés. C'est ce qui a été fait ici, avec l'utilisation d'un protocole particulièrement pointu et adapté aux dents humaines fossiles.»


Découvert pour la première fois en 1994, dans la même grotte d'Atapuerca, Homo antecessor est la plus vieille espèce du genre Homo connue en Europe. Des traces archéologiques sur d'autres sites espagnols témoignent d'une possible présence humaine il y a 1 à 1,6 million d'années, mais «ce sont des restes isolés et fragmentaires qui ne permettent aucune conclusion définitive et empêchent toute attribution à une espèce en particulier», explique la chercheuse.

Homo antecessor est un curieux mélange qui partage de nombreux traits primitifs avec d'autres espèces comme Homo heidelbergensis (qui a vécu en Europe il y a entre environ 650.000 et 300.000 ans), mais également des caractéristiques plus développées et assez proche des Néandertaliens et des hommes modernes. Les fossiles retrouvés montrent que sa taille moyenne était probablement comparable à celle d'Homo sapiens. Ses hanches étaient en revanche plus larges et son nez moins saillant que le nôtre.

Près de 160 restes fossiles, tous attribués à Homo antecessor

La grotte Atapuerca est pour l'heure le seul site connu avec des restes de cette espèce. «En Europe, Atapuerca est probablement le site paléoanthropologique le plus riche,» explique Laura Martin Frances. «Le complexe comprend plusieurs sites avec des restes fossiles humains ou bien des outils taillés de plusieurs espèces et d'âges différents. Ces fossiles sont extrêmement importants car remettent en question des visions plus classiques suggérant une colonisation de l'Europe tardive (il y a 500 000 ans).» Le niveau particulier dans lequel a été retrouvée la dent ayant permis la datation a livré environ 160 restes fossiles, tous attribués à Homo antecessor.

Mais, son territoire était peut-être plus entendu que le nord de l'Espagne. En Grande Bretagne des traces de pas ont été datés de près d'un million d'années, mais rien ne permet encore de les lier avec certitude avec les populations espagnoles. De la même manière, en Géorgie, ont été retrouvés des ossements humains vieux d'1,8 millions d'années, mais là encore l'espèce n'est pas clairement déterminée.

L'évolution humaine n'est pas linéaire

Homo antecessor était-il donc l'ancêtre de Néandertal et d'Homo heidelbergensis, qui ont vécu sur le même territoire plusieurs centaines de milliers d'années plus tard? Ou bien une branche séparée sur l'arbre des hominidés, une sorte de cousin éloigné? Selon Laura Martin-Frances, il est encore trop tôt pour le savoir, mais de futurs travaux pourront continuer à nous éclairer. «L'évolution humaine n'est pas linéaire comme on pouvait le penser jusqu'à il y a peu», explique-t-elle. «Il s'agit plutôt d'un buissonnement d'espèces qui ont pu évoluer localement, disparaître, «se mélanger» ou bien se disperser. En ce qui concerne Homo antecessor, il semblerait qu'il se soit d'abord rendu en Asie après sa sortie d'Afrique avant de revenir vers l'Europe.»

Plusieurs études ont en effet démontré la présence «d'humains» en Asie, sensiblement à la même période, près de Pékin notamment, il y a 700.000 ans. Or ces fossiles présentent plus de points communs avec Homo antecessor, que ce dernier n'en partage avec les fossiles africains.

Source : Le Figaro du 26/06/2018

mercredi 13 janvier 2010

Homo antecessor

Homo antecessor est une espèce éteinte du genre Homo, dont des restes fossiles ont été découverts en 1994 à Atapuerca en Espagne, datés d'environ 820 000 ans avant le présent.
Plusieurs sites européens ont livré des vestiges fossiles ou lithiques datés entre 1 et 1,6 million d'années, témoignant d'une présence humaine très ancienne en Europe. Sur aucun d'eux cependant les fossiles ne sont suffisants pour pouvoir les attribuer à une espèce humaine précise, si bien qu'Homo antecessor demeure à ce jour l'espèce dénommée la plus ancienne d'Europe.

Découverte

L’espèce a été définie à partir de 86 fragments osseux correspondant au moins à six individus, découverts en 1994 et 1995 dans la couche TD6 de Gran Dolina à Atapuerca (Espagne), par une équipe dirigée par Juan Luis Arsuaga, Eudald Carbonell et J.M. Bermudez de Castro. Le paléomagnétisme indique que l’âge de cette couche est supérieur à 780 000 ans. Le fossile type est composé du maxillaire et du frontal d’un individu de 10-11 ans.

En mars 2008, l'équipe d'Eudald Carbonell (Université Rovila i Virgili de Tarragone) publie dans la revue Nature un article relatant la découverte à Atapuerca d'un petit fragment de mâchoire d'hominidé vieux de 1,1 à 1,2 million d'années. Ces vestiges constitueraient les plus anciennes traces de la présence de représentants du genre Homo en Europe occidentale. La datation aurait été possible grâce à la proximité d'outils de pierre et d'ossements d'animaux.

Phylogénie

Homo antecessor pourrait être un descendant d’Homo ergaster.
Selon plusieurs chercheurs, il ne serait pas l'ancêtre d’Homo heidelbergensis qui lui a succédé en Europe, et se serait donc éteint sans descendance.

Source : Wikipedia

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Age : - 1,2 millions d'années à - 300 000 ans
Taille : ?
Poids : ?
Localisation : Atapuerca (Espagne)
Habitat : ?
Feux : ?
Outils : Fabrication (racloirs).

Sa fiche sur Hominidés.com

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1,2-0,7 MA.
Une mandibule (ATD6-1) ; fragments crâniens, une autre mandibule en 2007 qui a 1,2 MA.
Atapuerca, Espagne.
antecessor est le plus ancien homininé connu en Europe. De nouvelles découvertes devraient encore faire reculer cette date.

mercredi 1 mai 2002

Enfant de Gran Dolina

Découverte à Gran Dolina

Homo antecessor a été défini à partir de 86 fragments osseux correspondant à au moins six individus, découverts en 1994 et 1995 dans la couche TD6 de Gran Dolina à Atapuerca (Espagne), par une équipe dirigée par Juan Luis Arsuaga, Eudald Carbonell et José María Bermúdez de Castro. Le fossile type est composé du maxillaire et du frontal d’un individu de 10-11 ans, qui, une fois associés et après comblement de parties manquantes par application de la symétrie, ont permis de disposer d'un crâne d'ampleur suffisante pour une dénomination.

Le paléomagnétisme indique que l’âge de cette couche est supérieur à 781 000 ans (dernière inversion du champ magnétique terrestre, dite inversion Brunhes-Matuyama). Les fossiles ont été datés en 1997 entre 781 000 et 858 000 ans avant le présent.

Source : Wikipedia

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ATD6-15 et ATD6-69
860 ka
Homo antecessor (holotype)
1994
Gran Dolina, Sierra d'Atapuerca, Espagne
José María Bermúdez de Castro et Juan Luis Arsuaga

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Les restes d'au moins 6 individus trouvés sur le site de Gran Dolina, Atapuerca, en Espagne. Ils ont vécu il y a environ 800 000 à 1 million d'années en Europe et sont les plus anciens restes humains trouvés sur ce continent. Bien que de nombreux experts considèrent que ces restes font partie d'une population précoce et variable d'Homo heidelbergensis, les découvreurs pensent que les fossiles sont suffisamment différents pour recevoir un nouveau nom d'espèce Homo antecessor.

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Récemment, des scientifiques ont testé une nouvelle technique, en utilisant un type d'analyse dentaire qui avait réussi à identifier les mâles et les femelles chez d'autres espèces humaines primitives. Ils ont examiné les dents de deux individus Gran Dolina: «H1» et «H3». H1, dont les restes définissaient l' espèce H. antecessor , avait environ 13 ans au moment de la mort et a longtemps été présumé être un homme. Le deuxième individu, H3 - Le garçon de Gran Dolina - est décédé à l'âge de 11 ans et on pensait également qu'il était de sexe masculin.

L'analyse microscopique de la structure dentaire pour la nouvelle étude a révélé des variations entre les dents H1 et H3 que les chercheurs ont identifiées comme sexuellement dimorphes - d'apparence différente entre les hommes et les femmes. Sur la base de comparaisons avec des dents humaines et d'autres hominines, les scientifiques ont déterminé que H1 était un homme, mais que H3 était probablement une femme.

Certaines caractéristiques du squelette , telles que la forme du bassin, la taille de la crête sourcilière et la robustesse de l'os où les muscles s'attachent, peuvent révéler des indices sur le sexe de parents humains disparus. Mais ces caractéristiques n'indiquent que le sexe des squelettes adultes, et environ 75% des restes de Gran Dolina appartiennent à des enfants pré-adolescents. De plus, ces squelettes de grottes étaient très fragmentés, probablement parce qu'ils étaient cannibalisés.

"" Le garçon de Gran Dolina "aurait vraiment été" La fille de Gran Dolina "", a déclaré l'auteur principal de l'étude Cecilia García-Campos, anthropologue physique au CENIEH, dans le communiqué.

La fille aurait eu entre 9 et 11 ans lorsqu'elle a été tuée et mangée, selon l'étude. Et elle n'était pas la seule victime; les restes de 22 individus H. antecessor à Gran Dolina présentaient des signes de cannibalisation, avec des os présentant des coupures, des fractures là où ils avaient été fissurés pour exposer la moelle osseuse, et même des marques de dents, Live Science a précédemment rapporté .