Paléogénétique. Contrairement à ce que nous avons toujours pensé, l'homme de Néandertal n'était pas inférieur. Il était même bien évolué.
En 2010, nous avons appris qu'il y avait du Neandertal en nous et il a été confirmé que ses capacités cognitives, quoique différentes, n'avaient rien à envier aux nôtres. Quel changement pour cet autre descendant d'Homo erectus né en Europe il y a plus de 500.000 ans!
Cent cinquante ans après la découverte en 1856 de son squelette trapu dans une grotte de la vallée de Neander (de « l'Homme nouveau »), la frontière entre lui et nous est plus mince que jamais. Physiquement, mentalement, toutes les barrières érigées entre nos deux lignées tombent l'une après l'autre…
La bombe lâchée au mois de mai 2010 par Svante Pääbo, de l'Institut Max-Planck, en Allemagne, a encore compliqué la réflexion. Dans une étude, commencée il y a plus de quatre ans, le chercheur suédois et son équipe affirment que de 1 à 4 % du génome humain viendrait de celui de ce cousin longtemps dénigré.
Récupérer l'ADN, une vraie gageure
Les paléogénéticiens sont parvenus à cette conclusion en comparant les ADN nucléaires de cinq hommes d'aujourd'hui avec celui de Néandertaliens. Un exploit scientifique ! Car récupérer de l'ADN ancien en grande quantité est une gageure : en effet, cette longue molécule se fractionne au fil des siècles. Les chercheurs ont utilisé trois petits bouts d'os vieux de 28.000 à 44.000 ans et ont réussi à les faire parler. Outre cette présence d'ADN commun, ils ont aussi pu montrer que ce mélange s'est sans doute fait à la sortie d'Afrique de Sapiens, juste avant que celui-ci ne colonise la planète.
L'étude de Svante Pääbo a ainsi déjà mis en évidence des régions de gènes liés au développement cognitif qui semblaient avoir varié entre Neandertal et Sapiens. Mais la génétique ne pourra, à elle seule, faire le tour de cette gigantesque question. La comparaison de nos crânes à différents âges, révèle que s'ils sont similaires à la naissance, en taille et en forme, ils deviennent chez nous plus globulaires dès la première année. Avec quelles conséquences pour les fonctions cognitives ? Les paléoanthropologues multiplient les études pour le savoir - sans plus aucun parti pris de « supériorité ». Une révolution!
On a en effet longtemps pensé que même si Neandertal possédait de telles capacités, elles étaient forcément inférieures aux nôtres. Ce temps est révolu.
Trois exemples majeurs le prouvent. D'une part, le langage n'est plus notre apanage. Fin 2007 déjà, la découverte dans le génome de Neandertal de « notre » gène FOXP2, parfois appelé « gène du langage », donnait du poids à cette hypothèse. Aucune donnée anatomique de Neandertal, comme la capacité encéphalique, la morphologie du palais, de l'os hyoïde, entre langue et larynx, ou la reconstitution de la position du larynx, ne va à l'encontre de la possibilité d'un langage. Et si à culture matérielle équivalente, d'autres, comme Cro-Magnon, parlaient à la même époque, pourquoi pas lui ? Pour autant, s'agissait-il d'un langage équivalent ? Et de quel type ? On ne peut pas encore le dire…
Le respect des morts, lui non plus, n'est plus notre exclusivité. Dernier bastion de la primauté attribuée à Sapiens : l'aptitude au symbolisme. Certains soulignaient la rareté des parures de dents percées et l'aspect sommaire des rares os gravés trouvés à côté des sublimes grottes ornées de Sapiens.
Il utilisait déjà les pigments
Une théorie voulait ainsi que ce dernier ait influencé Neandertal, relégué au rang de simple imitateur. Finalement, non ! Alors qu'il est admis, chez Sapiens, que l'usage de pigments signe l'existence d'une « vraie » activité symbolique, en janvier 2010, l'équipe internationale dirigée par le professeur João Zilhão a prouvé qu'il y a 50.000 ans, soit 10.000 ans avant l'arrivée de l'homme moderne, Neandertal utilisait déjà des pigments. Les sites de Cueva de los Aviones et Cueva Antón, au Portugal, ont révélé l'usage de pigments ocres associés à celui de coquillages qu'ils pouvaient tailler ou percer.
Par ailleurs, on a longtemps pensé que l'industrie lithique - la taille d'objets en pierre - de Neandertal était plus primitive que « la nôtre ». Mais, à époque identique, ses capacités de taille, quoique différentes, égalaient celles de nos prédécesseurs. De même, après l'analyse des os de ses proies (souvent de gros animaux, aurochs, rennes, ours…) et de certains de ses sites de chasse, les chercheurs en font « le plus grand des chasseurs » à l'opposé du charognard incapable de planifier ses activités.
Un physique différent, mais si peu; un génome mêlé au nôtre; une culture, une pensée symbolique… Neandertal serait-il finalement un Sapiens pas tout à fait comme les autres? La vraie question, c'est : « Qu'est-ce que l'humain ?» C'est là que se situe le véritable débat. Il est ouvert.
Source : L'Union du 28/08/2011
mercredi 31 août 2011
lundi 29 août 2011
L’Homme renforcé par les croisements entre ces ancêtres et des cousins
Selon une recherche publiée hier aux Etats-Unis, le système immunitaire des humains aurait été renforcé par la reproduction croisée entre les Neandertaliens et leurs cousins, les Dénisoviens, qui ont tous deux émigré hors du continent africain.
C’est en 2010 qu’ont été découvertes, à Denisova, en Russie, les traces (l’os d’un doigt et une dent) des anciens cousins des Néandertaliens, baptisés depuis les Dénisoviens. Or, le séquençage ADN réalisé sur l’os a permis de déterminer que les humains modernes avaient hérité de 7% des gènes de cet ancêtre disparu contre seulement 4% de ceux du Néandertalien.
Il y a 400.000 ans, les Dénisoviens et les Néandertaliens se sont séparés et ont tous deux quitté l’Afrique. Les premiers ont été en Europe et dans l'ouest de l'Asie tandis que les seconds se sont dirigés vers l'Asie de l'Est. Les ancêtres de l'homme moderne sont quant à eux, sortis d'Afrique il y a 65.000 ans et se sont rendus en Eurasie où ils ont rencontré leurs cousins Dénisoviens et Néandertaliens.
Selon une étude publiée hier dans la revue Science, aux Etats-Unis, des croisements entre ces deux ancêtres seraient alors intervenus et auraient permis à l’Homme d’hériter de gènes qui ont stimulé son système immunitaire. Les gènes en question, appelés HLA, sont déterminants pour notre organisme puisqu’ils sont chargés d’identifier et de détruire les agents pathogènes.
Des gènes qui éclairent sur l'histoire de l'Homme
Comme l’explique Laurent Abi-Rached, un chercheur français à la faculté de médecine de l'Université Stanford et principal auteur de ces travaux, ces gènes comptent parmi les plus variables et adaptables dans notre génome car l'évolution rapide des virus nécessite une grande capacité de réaction et d'adaptation. "Le système de gènes HLA avec sa diversité de variantes est un peu comme une loupe" car il fournit beaucoup plus de détails sur l'histoire des populations que les familles typiques de gènes, rapporte Sciences et Avenir.
"Ces croisements n'ont pas été que des événements fortuits sans conséquence, ils ont apporté quelque chose d'utile au patrimoine génétique de l'homme moderne", commente Peter Parham, professeur de biologie à l'Université Stanford, qui a dirigé la recherche. Le transfert de gènes des Dénisoviens aux hommes modernes a laissé la plus forte fréquence d'une variante des gènes HLA (HLA-B) dans les populations d'Asie occidentale, l'endroit le plus probable où se sont retrouvés les humains et les Dénisoviens.
Une fréquence variable selon les continents
D'autres variantes du groupe de gènes HLA (HLA-A) représentent jusqu'à 64% des gènes dans les populations d'Asie de l'Est et d'Océanie, avec la plus forte fréquence en Papouasie Nouvelle-Guinée. Les chercheurs ont cependant découvert que ces variantes étaient très fréquentes chez les Européens et les Asiatiques mais rares chez les Africains. Selon eux, la moitié de ces variantes du gène HLA ont été héritées des croisements avec les Néandertaliens et les Dénisoviens. Pour les Asiatiques, cette proportion atteint 80% et 95% chez les Papouasiens.
Source : MaxiSciences du 25/08/2011
C’est en 2010 qu’ont été découvertes, à Denisova, en Russie, les traces (l’os d’un doigt et une dent) des anciens cousins des Néandertaliens, baptisés depuis les Dénisoviens. Or, le séquençage ADN réalisé sur l’os a permis de déterminer que les humains modernes avaient hérité de 7% des gènes de cet ancêtre disparu contre seulement 4% de ceux du Néandertalien.
Il y a 400.000 ans, les Dénisoviens et les Néandertaliens se sont séparés et ont tous deux quitté l’Afrique. Les premiers ont été en Europe et dans l'ouest de l'Asie tandis que les seconds se sont dirigés vers l'Asie de l'Est. Les ancêtres de l'homme moderne sont quant à eux, sortis d'Afrique il y a 65.000 ans et se sont rendus en Eurasie où ils ont rencontré leurs cousins Dénisoviens et Néandertaliens.
Selon une étude publiée hier dans la revue Science, aux Etats-Unis, des croisements entre ces deux ancêtres seraient alors intervenus et auraient permis à l’Homme d’hériter de gènes qui ont stimulé son système immunitaire. Les gènes en question, appelés HLA, sont déterminants pour notre organisme puisqu’ils sont chargés d’identifier et de détruire les agents pathogènes.
Des gènes qui éclairent sur l'histoire de l'Homme
Comme l’explique Laurent Abi-Rached, un chercheur français à la faculté de médecine de l'Université Stanford et principal auteur de ces travaux, ces gènes comptent parmi les plus variables et adaptables dans notre génome car l'évolution rapide des virus nécessite une grande capacité de réaction et d'adaptation. "Le système de gènes HLA avec sa diversité de variantes est un peu comme une loupe" car il fournit beaucoup plus de détails sur l'histoire des populations que les familles typiques de gènes, rapporte Sciences et Avenir.
"Ces croisements n'ont pas été que des événements fortuits sans conséquence, ils ont apporté quelque chose d'utile au patrimoine génétique de l'homme moderne", commente Peter Parham, professeur de biologie à l'Université Stanford, qui a dirigé la recherche. Le transfert de gènes des Dénisoviens aux hommes modernes a laissé la plus forte fréquence d'une variante des gènes HLA (HLA-B) dans les populations d'Asie occidentale, l'endroit le plus probable où se sont retrouvés les humains et les Dénisoviens.
Une fréquence variable selon les continents
D'autres variantes du groupe de gènes HLA (HLA-A) représentent jusqu'à 64% des gènes dans les populations d'Asie de l'Est et d'Océanie, avec la plus forte fréquence en Papouasie Nouvelle-Guinée. Les chercheurs ont cependant découvert que ces variantes étaient très fréquentes chez les Européens et les Asiatiques mais rares chez les Africains. Selon eux, la moitié de ces variantes du gène HLA ont été héritées des croisements avec les Néandertaliens et les Dénisoviens. Pour les Asiatiques, cette proportion atteint 80% et 95% chez les Papouasiens.
Source : MaxiSciences du 25/08/2011
vendredi 26 août 2011
Les relations sexuelles de l'homo sapiens avec des cousins éteints ont dopé son immunité
Les relations sexuelles des humains avec les Néandertaliens et les Dénisoviens, des cousins anciens aujourd'hui éteints, ont permis à l'homme moderne d'hériter de certaines variantes d'un type de gènes qui ont renforcé son système immunitaire, selon une étude publiée ce jeudi.
Un système immunitaire renforcé
Ces gènes, appelés HLA, jouent un rôle essentiel pour que notre organisme puisse reconnaître et détruire des pathogènes, explique Laurent Abi-Rached, chercheur à la faculté de médecine de l'Université Stanford (ouest des Etats-Unis) et principal auteur de ces travaux publiés dans la version en ligne de la revue américaine Science.
Ces gènes comptent parmi les plus variables et adaptables dans notre génome car l'évolution rapide des virus nécessite une capacité de réaction et d'adaption rapide, explique-t-il.
En comparant les gènes HLA d'humains anciens et modernes, les chercheurs ont pu déterminer que des variantes de gènes HLA venaient probablement de croisements avec des Dénisoviens, hominidés récemment découverts et qui descendraient d'un ancêtre commun à l'homme moderne et à celui de Neandertal.
Les Dénisoviens mal connus
On sait peu de chose de cet homme découvert à Denisova en Russie, puisque l'os d'un doigt et une dent en sont les seuls fossiles connus.
Mais le séquençage du génome de ce Dénisovien fait à partir de l'ADN extrait de l'os a permis de déterminer quand des croisements se sont produits avec les humains.
Le transfert de gènes des Dénisoviens aux hommes modernes a laissé la plus forte fréquence d'une variante des gènes HLA (HLA-B) dans les populations d'Asie occidentale, l'endroit le plus probable où des accouplements fortuits entre humains et Dénisoviens se sont produits.
Source : 20mn du 25/08/2011
Un système immunitaire renforcé
Ces gènes, appelés HLA, jouent un rôle essentiel pour que notre organisme puisse reconnaître et détruire des pathogènes, explique Laurent Abi-Rached, chercheur à la faculté de médecine de l'Université Stanford (ouest des Etats-Unis) et principal auteur de ces travaux publiés dans la version en ligne de la revue américaine Science.
Ces gènes comptent parmi les plus variables et adaptables dans notre génome car l'évolution rapide des virus nécessite une capacité de réaction et d'adaption rapide, explique-t-il.
En comparant les gènes HLA d'humains anciens et modernes, les chercheurs ont pu déterminer que des variantes de gènes HLA venaient probablement de croisements avec des Dénisoviens, hominidés récemment découverts et qui descendraient d'un ancêtre commun à l'homme moderne et à celui de Neandertal.
Les Dénisoviens mal connus
On sait peu de chose de cet homme découvert à Denisova en Russie, puisque l'os d'un doigt et une dent en sont les seuls fossiles connus.
Mais le séquençage du génome de ce Dénisovien fait à partir de l'ADN extrait de l'os a permis de déterminer quand des croisements se sont produits avec les humains.
Le transfert de gènes des Dénisoviens aux hommes modernes a laissé la plus forte fréquence d'une variante des gènes HLA (HLA-B) dans les populations d'Asie occidentale, l'endroit le plus probable où des accouplements fortuits entre humains et Dénisoviens se sont produits.
Source : 20mn du 25/08/2011
Des bactéries de 3,4 milliards d'années
Des géologues affirment dans un article paru dans Nature Geoscience le 21 août avoir déniché des traces fossiles de bactéries qui vivaient il y a 3,4 milliards d'années.
La plupart des paléontologues estiment que la vie existe sur Terre depuis au moins 3,8 milliards d'années, juste après la phase la plus violente de la "guerre des mondes", lorsque la jeune Terre était bombardée de comètes et astéroïdes. Mais il est très délicat d'en administrer la preuve sur la base de fossiles indiscutables car il ne subsiste que très peu de roches de cette époque, et elles ont en général été soumises à des pressions et températures qui les ont profondément transformées. Or, il faut y trouver d'infimes traces laissées par des micro-organismes, visibles seulement au microscope.
C'est pourquoi des polémiques surviennent souvent sur les découvertes des uns et des autres. Cela fait plusieurs années que l'un des leaders de cette équipe, Martin Brasier, d'Oxford polémique avec J. William Schopf (UCLA, Californie, USA). Ce dernier, longtemps champion de la Nasa, a en effet publié des observations de fossiles, en particulier en 2002, qui ont été contestées par l'équipe de Brasier comme n'étant que la trace de phénomènes géologiques dans des sources hydrothermales sous-marines. Lire à cet égard l'explication de cette polémique sur le site de La Recherche.
Ces fossiles ont été découverts dans l'Ouest de l'Australie, dans la région de Pilbara bien connue pour ses roches parmi les plus anciennes de la Terre.
Si l'on suit la critique du travail de Schopf par Brasier, cette découverte serait celle des plus anciens fossiles connus, avec 200 millions d'années de plus que ceux pour lesquels il n'y a plus de polémique. Ces bactéries auraient eu un métabolisme faisant appel au soufre et au sulfate, les traces de pyrite (fer et soufre) observées en seraient un sous-produit.
Cette découverte ne change pas radicalement le tableau de l'origine de la vie - vue de loin... - mais permet de prendre conscience de l'immensité du temps où seuls des micro-organismes existaient. Deux cent millions d'années de plus, c'est plus de trois fois l'écart qui nous sépare de l'extinction des dinosaures (et de bien d'autres animaux et plantes) il y a 65 millions d'années.
Source : sciences.blogs.liberation.fr du 24/08/2011
La plupart des paléontologues estiment que la vie existe sur Terre depuis au moins 3,8 milliards d'années, juste après la phase la plus violente de la "guerre des mondes", lorsque la jeune Terre était bombardée de comètes et astéroïdes. Mais il est très délicat d'en administrer la preuve sur la base de fossiles indiscutables car il ne subsiste que très peu de roches de cette époque, et elles ont en général été soumises à des pressions et températures qui les ont profondément transformées. Or, il faut y trouver d'infimes traces laissées par des micro-organismes, visibles seulement au microscope.
C'est pourquoi des polémiques surviennent souvent sur les découvertes des uns et des autres. Cela fait plusieurs années que l'un des leaders de cette équipe, Martin Brasier, d'Oxford polémique avec J. William Schopf (UCLA, Californie, USA). Ce dernier, longtemps champion de la Nasa, a en effet publié des observations de fossiles, en particulier en 2002, qui ont été contestées par l'équipe de Brasier comme n'étant que la trace de phénomènes géologiques dans des sources hydrothermales sous-marines. Lire à cet égard l'explication de cette polémique sur le site de La Recherche.
Ces fossiles ont été découverts dans l'Ouest de l'Australie, dans la région de Pilbara bien connue pour ses roches parmi les plus anciennes de la Terre.
Si l'on suit la critique du travail de Schopf par Brasier, cette découverte serait celle des plus anciens fossiles connus, avec 200 millions d'années de plus que ceux pour lesquels il n'y a plus de polémique. Ces bactéries auraient eu un métabolisme faisant appel au soufre et au sulfate, les traces de pyrite (fer et soufre) observées en seraient un sous-produit.
Cette découverte ne change pas radicalement le tableau de l'origine de la vie - vue de loin... - mais permet de prendre conscience de l'immensité du temps où seuls des micro-organismes existaient. Deux cent millions d'années de plus, c'est plus de trois fois l'écart qui nous sépare de l'extinction des dinosaures (et de bien d'autres animaux et plantes) il y a 65 millions d'années.
Source : sciences.blogs.liberation.fr du 24/08/2011
jeudi 25 août 2011
Des fossiles datant de 3,4 milliards d'années découverts en Australie
Des fossiles de microbes datant de 3,4 milliards d'années ont été découverts dans des roches situées dans l'ouest de l'Australie. Ces micro-fossiles pourraient bien être les plus anciens jamais mis au jour.
Une récente étude portant sur des roches de l'ouest de l'Australie a permis à une équipe de chercheurs de mettre au jour les fossiles les plus vieux au monde. Ils affirment en effet dans les colonnes de la revue Nature Geoscience, avoir découvert des fossiles de microbes datant de 3,4 milliards d'années. Ces bactéries évoluaient alors dans un monde sans oxygène, en se nourrissant uniquement de soufre.
"Nous avons enfin une bonne preuve de la vie il y a plus de 3,4 milliards d'années. Cela confirme qu'il y avait alors des bactéries vivant sans oxygène", assure Martin Brasier, un professeur de l'Université d'Oxford ayant participé à cette étude. Dans un communiqué publié sur son site Internet, l'Université souligne que ces micro-fossiles, découverts sur l'une des plus anciennes plages de la Terre, sans doute l'une des premières à avoir abrité la vie, sont les plus vieux jamais découverts. Car comme l'explique le Professeur Brasier, il n'existe pas de doute quant à leur datation. Les roches sédimentaires dont ils ont été extraits se sont en effet formées entre deux épisodes volcaniques, ce qui limite les estimations quant à l'âge des fossiles "à quelques dizaines de millions d'années", souligne le chercheur.
Il y a 3,4 milliards d’années, la Terre offrait un environnement bien différent de ce qu'il est aujourd'hui. La température des océans atteignait les 45 degrés Celsius, et faute d'oxygène, les premières formes de vie utilisaient le soufre pour se développer. Aujourd'hui, il existe encore des bactéries se nourrissant de soufre, dans les lieux manquant d'oxygène, tels que les sources chaudes.
Source : MaxiSciences du 24/08/2011
Une récente étude portant sur des roches de l'ouest de l'Australie a permis à une équipe de chercheurs de mettre au jour les fossiles les plus vieux au monde. Ils affirment en effet dans les colonnes de la revue Nature Geoscience, avoir découvert des fossiles de microbes datant de 3,4 milliards d'années. Ces bactéries évoluaient alors dans un monde sans oxygène, en se nourrissant uniquement de soufre.
"Nous avons enfin une bonne preuve de la vie il y a plus de 3,4 milliards d'années. Cela confirme qu'il y avait alors des bactéries vivant sans oxygène", assure Martin Brasier, un professeur de l'Université d'Oxford ayant participé à cette étude. Dans un communiqué publié sur son site Internet, l'Université souligne que ces micro-fossiles, découverts sur l'une des plus anciennes plages de la Terre, sans doute l'une des premières à avoir abrité la vie, sont les plus vieux jamais découverts. Car comme l'explique le Professeur Brasier, il n'existe pas de doute quant à leur datation. Les roches sédimentaires dont ils ont été extraits se sont en effet formées entre deux épisodes volcaniques, ce qui limite les estimations quant à l'âge des fossiles "à quelques dizaines de millions d'années", souligne le chercheur.
Il y a 3,4 milliards d’années, la Terre offrait un environnement bien différent de ce qu'il est aujourd'hui. La température des océans atteignait les 45 degrés Celsius, et faute d'oxygène, les premières formes de vie utilisaient le soufre pour se développer. Aujourd'hui, il existe encore des bactéries se nourrissant de soufre, dans les lieux manquant d'oxygène, tels que les sources chaudes.
Source : MaxiSciences du 24/08/2011
Homo erectus cuisait déjà ses repas
L'Homo erectus, ancêtre éteint de l'homme moderne ayant vécu il y a 1,9 million d'années, cuisait déjà ses aliments, révèle une recherche publiée aujourd'hui.
Unique parmi les animaux, l'homme consomme beaucoup d'aliments cuits et ses ancêtres ont, grâce ce régime alimentaire, absorbé davantage de calories, lui donnant plus de forces et une espérance de vie plus longue, selon des travaux parus dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 22 au 26 août.
Mais le moment à partir duquel la cuisson des aliments a commencé à faire une différence biologique notable sur les ancêtres de l'Homo sapiens restait incertain jusqu'à présent, observent les chercheurs de cette étude.
Recourant à une technique phylogénique --étude des parentés entre différents êtres vivants pour en comprendre l'évolution-- les auteurs de cette étude, dont Chris Organ, un biologiste de l'Université de Harvard (Massachusetts, nord-est), ont pu déterminer le temps que l'homme et les autres primates ont passé respectivement à se nourrir.
"Nous avons déterminé que l'homme moderne consacre moins de temps à se nourrir, à savoir 4,7% de ses activités quotidiennes, que les autres primates avec 48%", a-t-il dit.
Cette différence laisse penser qu'un changement rapide dans l'évolution des habitudes alimentaires s'est produit dans la branche humaine après la séparation avec les chimpanzés il y a quelque six millions d'années.
Ainsi, parmi les ancêtres éloignés de l'homme moderne, l'Homo erectus montre une forte réduction de la taille de ses molaires qui s'est poursuivi, bien qu'irrégulièrement, chez l'Homo sapiens.
"Nous avons pu montrer que la réduction de la taille des molaires des premiers ancêtres de l'homme --l'Homo habilis et l'Homo rudolfensis-- s'expliquait seulement par l'évolution et la taille du corps", écrivent les chercheurs.
Source : Le Figaro du 22/08/2011
Unique parmi les animaux, l'homme consomme beaucoup d'aliments cuits et ses ancêtres ont, grâce ce régime alimentaire, absorbé davantage de calories, lui donnant plus de forces et une espérance de vie plus longue, selon des travaux parus dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 22 au 26 août.
Mais le moment à partir duquel la cuisson des aliments a commencé à faire une différence biologique notable sur les ancêtres de l'Homo sapiens restait incertain jusqu'à présent, observent les chercheurs de cette étude.
Recourant à une technique phylogénique --étude des parentés entre différents êtres vivants pour en comprendre l'évolution-- les auteurs de cette étude, dont Chris Organ, un biologiste de l'Université de Harvard (Massachusetts, nord-est), ont pu déterminer le temps que l'homme et les autres primates ont passé respectivement à se nourrir.
"Nous avons déterminé que l'homme moderne consacre moins de temps à se nourrir, à savoir 4,7% de ses activités quotidiennes, que les autres primates avec 48%", a-t-il dit.
Cette différence laisse penser qu'un changement rapide dans l'évolution des habitudes alimentaires s'est produit dans la branche humaine après la séparation avec les chimpanzés il y a quelque six millions d'années.
Ainsi, parmi les ancêtres éloignés de l'homme moderne, l'Homo erectus montre une forte réduction de la taille de ses molaires qui s'est poursuivi, bien qu'irrégulièrement, chez l'Homo sapiens.
"Nous avons pu montrer que la réduction de la taille des molaires des premiers ancêtres de l'homme --l'Homo habilis et l'Homo rudolfensis-- s'expliquait seulement par l'évolution et la taille du corps", écrivent les chercheurs.
Source : Le Figaro du 22/08/2011
mercredi 24 août 2011
Calendrier cosmique de Carl Sagan
Le calendrier cosmique de Carl Sagan est un calendrier inventé par l'astronome américain Carl Sagan afin de ramener à l'échelle humaine l'histoire de l'Univers, du Big Bang à aujourd'hui.
Description
Dans le premier épisode de la série Cosmos, Sagan ramène l'histoire entière de l'Univers dans un calendrier d'un an. Il place ainsi la naissance de l'Univers à la première seconde le premier janvier de l'année et le temps présent à minuit le 31 décembre. Par la suite, il note les « dates » de certains événements dans l'histoire de l'Univers, événements clés, selon les connaissances actuelles, à l'apparition de l'être humain sur la Terre.
Dans ce calendrier, chaque seconde équivaut à un peu plus de 400 ans, ce qui fait environ 37,5 millions d'années par jour pour un total de 13,7 milliards d'années pour l'année.
Calendrier cosmique de Carl Sagan
Janvier à novembre
1er janvier : Big Bang
1er mai : formation de la Voie lactée
9 septembre : formation du système solaire
14 septembre : formation de la Terre
25 septembre : origines de la vie sur Terre
2 octobre : Formation des plus vieilles roches connues sur Terre
9 octobre : Fossilisation des plus vieux organismes vivants
1er novembre : Apparition du sexe dans les microorganismes
12 novembre : premières cellules de type eucaryotes (à noyaux)
Décembre
1er: Formation d'une atmosphère terrestre dotée de dioxygène
15 : Explosion du Cambrien
17 : premiers invertébrés
18 : plancton océanique et trilobites
19 : poissons et premiers vertébrés
20 : premières plantes sur la terre ferme
21 : Le silurien : envahissement de la terre ferme par les plantes
22 : premiers amphibiens et insectes volants
23 : premiers arbres et reptiles
25 : apparition des dinosaures
26 : premiers mammifères
27 : premiers oiseaux
28 : début du Crétacé
30 : Fin du crétacé, disparition des dinosaures
31 décembre
12h : Apparition des cétacés et des primates
18h : Apparition des mammifères géants
21h : apparition de l'australopithèque
23h50 : Domestication du feu
23h56 : Apparition de l'Homo sapiens
23h58 : Apparition de l'homme de Cro-Magnon et peuplement des Amériques
31 décembre à 23h59
35s : invention de l'agriculture
51s : invention de l'alphabet
56s : naissance de Jésus de Nazareth
57s : naissance du prophète Mahomet
58s : croisades
59s : période de la Renaissance
Minuit
Aujourd'hui.
Source : Wikipedia Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Calendrier cosmique de Carl Sagan de Wikipédia en français (auteurs)
Description
Dans le premier épisode de la série Cosmos, Sagan ramène l'histoire entière de l'Univers dans un calendrier d'un an. Il place ainsi la naissance de l'Univers à la première seconde le premier janvier de l'année et le temps présent à minuit le 31 décembre. Par la suite, il note les « dates » de certains événements dans l'histoire de l'Univers, événements clés, selon les connaissances actuelles, à l'apparition de l'être humain sur la Terre.
Dans ce calendrier, chaque seconde équivaut à un peu plus de 400 ans, ce qui fait environ 37,5 millions d'années par jour pour un total de 13,7 milliards d'années pour l'année.
Calendrier cosmique de Carl Sagan
Janvier à novembre
1er janvier : Big Bang
1er mai : formation de la Voie lactée
9 septembre : formation du système solaire
14 septembre : formation de la Terre
25 septembre : origines de la vie sur Terre
2 octobre : Formation des plus vieilles roches connues sur Terre
9 octobre : Fossilisation des plus vieux organismes vivants
1er novembre : Apparition du sexe dans les microorganismes
12 novembre : premières cellules de type eucaryotes (à noyaux)
Décembre
1er: Formation d'une atmosphère terrestre dotée de dioxygène
15 : Explosion du Cambrien
17 : premiers invertébrés
18 : plancton océanique et trilobites
19 : poissons et premiers vertébrés
20 : premières plantes sur la terre ferme
21 : Le silurien : envahissement de la terre ferme par les plantes
22 : premiers amphibiens et insectes volants
23 : premiers arbres et reptiles
25 : apparition des dinosaures
26 : premiers mammifères
27 : premiers oiseaux
28 : début du Crétacé
30 : Fin du crétacé, disparition des dinosaures
31 décembre
12h : Apparition des cétacés et des primates
18h : Apparition des mammifères géants
21h : apparition de l'australopithèque
23h50 : Domestication du feu
23h56 : Apparition de l'Homo sapiens
23h58 : Apparition de l'homme de Cro-Magnon et peuplement des Amériques
31 décembre à 23h59
35s : invention de l'agriculture
51s : invention de l'alphabet
56s : naissance de Jésus de Nazareth
57s : naissance du prophète Mahomet
58s : croisades
59s : période de la Renaissance
Minuit
Aujourd'hui.
Source : Wikipedia Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Calendrier cosmique de Carl Sagan de Wikipédia en français (auteurs)
lundi 22 août 2011
Découverte exceptionnelle de l’os frontal d’un homme de 170 000 ans dans la grotte du Lazaret
L’os frontal d’un jeune homme de 170 000 ans a été retrouvé dans le sol de la grotte du Lazaret à Nice. Une découverte préhistorique majeure, attendue par les paléontologues français qui fouillent le site depuis 50 ans.
Les restes d’un jeune homme de moins de 25 ans, vieux de 170 000 ans, ont été retrouvés dans la terre de la grotte maritime du Lazaret à Nice. La paléontologue Marie Antoinette de Lumley estime qu’il s’agit d’un chasseur nomade de la Côte d’Azur.
Si aucun squelette entier n’existe de l’Homo Erectus – cet hominidé n’enterrait pas ses morts – cette découverte préhistorique demeure majeure. Car, l’os frontal appartenait à l’un des tout derniers Homo Erectus.
Déterré par des étudiants participants aux fouilles estivales, ce morceau de calcium pourrait dévoiler d’importantes précisions permettant de comprendre l’évolution d’Homo Erectus vers son successeur, l’homme de néandertal.
Pour le moment, l’os frontal s’accroche encore, à l’envers, au sol de la grotte. Il faudra que la terre sèche autour de l’os, avant que celui-ci puisse être délicatement dégagé. “Nous dégageons actuellement un sol extraordinaire”, annonce Henry Lumley, préhistorien qui dirige les fouilles depuis le commencement au 1er septembre 1961. Il devra attendre quelques jours de plus avant de découvrir le haut du visage de cet inconnu.
Source : National Geographic du 19/08/2011
Les restes d’un jeune homme de moins de 25 ans, vieux de 170 000 ans, ont été retrouvés dans la terre de la grotte maritime du Lazaret à Nice. La paléontologue Marie Antoinette de Lumley estime qu’il s’agit d’un chasseur nomade de la Côte d’Azur.
Si aucun squelette entier n’existe de l’Homo Erectus – cet hominidé n’enterrait pas ses morts – cette découverte préhistorique demeure majeure. Car, l’os frontal appartenait à l’un des tout derniers Homo Erectus.
Déterré par des étudiants participants aux fouilles estivales, ce morceau de calcium pourrait dévoiler d’importantes précisions permettant de comprendre l’évolution d’Homo Erectus vers son successeur, l’homme de néandertal.
Pour le moment, l’os frontal s’accroche encore, à l’envers, au sol de la grotte. Il faudra que la terre sèche autour de l’os, avant que celui-ci puisse être délicatement dégagé. “Nous dégageons actuellement un sol extraordinaire”, annonce Henry Lumley, préhistorien qui dirige les fouilles depuis le commencement au 1er septembre 1961. Il devra attendre quelques jours de plus avant de découvrir le haut du visage de cet inconnu.
Source : National Geographic du 19/08/2011
vendredi 19 août 2011
«Homo sapiens», une espèce qui ne mérite plus son nom
Le qualificatif actuel d'Homo sapiens ne correspond plus depuis longtemps à ce que l'humanité est devenue.
Crise financière, crise économique, politique, écologique, climatique… «Il est temps que l'espèce humaine change de nom. Le qualificatif actuel d'Homo sapiens -intelligent, sage, raisonnable, prudent, en latin- remonte à l'année 1758, et il ne correspond plus depuis longtemps à ce que l'humanité est devenue. Un animal qui met en danger son avenir et toutes les autres formes de vie sur terre ne mérite pas le qualificatif de “sapiens”», estime Julian Cribb, célèbre écrivain et journaliste australien, membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR). Il faut faire quelque chose.
Dans une lettre publiée jeudi dans la revue britannique Nature, il invite la communauté scientifique et le grand public à proposer un autre qualificatif, plus modeste et reflétant mieux le penchant destructeur de l'espèce. On n'en est pas là. L'homme moderne a une si haute idée de ses capacités qu'il a récemment décidé de se considérer comme une sous-espèce à part entière, différente des premiers H. sapiens, en choisissant le nom d'Homo sapiens sapiens. Un comble, pour Julian Cribb. Le code de nomenclature des espèces établi par Linné autorisant des changements de dénomination quand de nouvelles connaissances scientifiques sont apportées ou pour corriger une erreur, il pense qu'il est tout à fait légitime de débaptiser Homo sapiens. Il n'a pas encore de nom à proposer mais espère avec cette initiative ouvrir une réflexion sur la place de l'homme sur notre planète.
Source : Le Figaro du 17/08/2011
Crise financière, crise économique, politique, écologique, climatique… «Il est temps que l'espèce humaine change de nom. Le qualificatif actuel d'Homo sapiens -intelligent, sage, raisonnable, prudent, en latin- remonte à l'année 1758, et il ne correspond plus depuis longtemps à ce que l'humanité est devenue. Un animal qui met en danger son avenir et toutes les autres formes de vie sur terre ne mérite pas le qualificatif de “sapiens”», estime Julian Cribb, célèbre écrivain et journaliste australien, membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR). Il faut faire quelque chose.
Dans une lettre publiée jeudi dans la revue britannique Nature, il invite la communauté scientifique et le grand public à proposer un autre qualificatif, plus modeste et reflétant mieux le penchant destructeur de l'espèce. On n'en est pas là. L'homme moderne a une si haute idée de ses capacités qu'il a récemment décidé de se considérer comme une sous-espèce à part entière, différente des premiers H. sapiens, en choisissant le nom d'Homo sapiens sapiens. Un comble, pour Julian Cribb. Le code de nomenclature des espèces établi par Linné autorisant des changements de dénomination quand de nouvelles connaissances scientifiques sont apportées ou pour corriger une erreur, il pense qu'il est tout à fait légitime de débaptiser Homo sapiens. Il n'a pas encore de nom à proposer mais espère avec cette initiative ouvrir une réflexion sur la place de l'homme sur notre planète.
Source : Le Figaro du 17/08/2011
Le front d’un homme de 170.000 ans découvert dans la grotte de Lazaret
C’est dans la grotte du Lazaret, à Nice, qu’émerge peu à peu l’os frontal d’un homme de 170.000 ans. Cette découverte préhistorique est majeure sur ce site fouillé patiemment depuis 50 ans, estiment les spécialistes scientifiques.
Aucun squelette complet de l'Homo erectus n’existe aujourd'hui et n’a pu être retrouvé car à son époque, les sépultures n'étaient pas encore d'actualité, explique TV5monde. C’est donc avec une grande fébrilité que les archéologues ont découvert l’os frontal d’un jeune homme de potentiellement moins de 25 ans, mais datant d’il y a 170.000 ans, dans la grotte du Lazaret, à Nice.
Ce chasseur nomade de la Côte d'Azur "avait moins de 25 ans au moment de sa mort car les sutures dentelées de l'os frontal ne sont pas encore soudées", analyse la paléontologue Marie-Antoinette de Lumley. Toutefois, cela ne peut pas être affirmé avec certitude puisqu’à l’heure actuelle encore, 30 % de la population possède toute sa vie un défaut d’ossification de cette suture, dite métopique.
Déjà près de 40.000 découvertes dans la grotte de Lazaret
Selon les archéologues, il s'agit de l'un des tout derniers Homo erectus et il pourrait bien révéler des informations importantes pour comprendre l'évolution vers son successeur, l'homme de Néandertal. "Avec ce front, assez bas et assez plat, vous voyez le sommet du visage", s'émerveille la paléontologue qui souligne surtout "la rareté" de la découverte mise à jour samedi par des étudiants participant aux fouilles estivales.
Pour l'instant, l'os frontal est encore accroché à l'envers sur le sol de la grotte. La précieuse découverte doit sécher quelques jours avant d'être délicatement dégagée pour atteindre sa face antérieure. "Nous dégageons actuellement un sol extraordinaire", précise Henry de Lumley, éminent préhistorien qui dirige les fouilles depuis leur commencement, le 1er septembre 1961. En cinquante ans, 2,40 mètres de terre ont été patiemment grattés et tamisés et 40.000 découvertes ont été étiquetées et analysées scientifiquement sur place.
Source : MaxiSciences du 18/08/2011
Aucun squelette complet de l'Homo erectus n’existe aujourd'hui et n’a pu être retrouvé car à son époque, les sépultures n'étaient pas encore d'actualité, explique TV5monde. C’est donc avec une grande fébrilité que les archéologues ont découvert l’os frontal d’un jeune homme de potentiellement moins de 25 ans, mais datant d’il y a 170.000 ans, dans la grotte du Lazaret, à Nice.
Ce chasseur nomade de la Côte d'Azur "avait moins de 25 ans au moment de sa mort car les sutures dentelées de l'os frontal ne sont pas encore soudées", analyse la paléontologue Marie-Antoinette de Lumley. Toutefois, cela ne peut pas être affirmé avec certitude puisqu’à l’heure actuelle encore, 30 % de la population possède toute sa vie un défaut d’ossification de cette suture, dite métopique.
Déjà près de 40.000 découvertes dans la grotte de Lazaret
Selon les archéologues, il s'agit de l'un des tout derniers Homo erectus et il pourrait bien révéler des informations importantes pour comprendre l'évolution vers son successeur, l'homme de Néandertal. "Avec ce front, assez bas et assez plat, vous voyez le sommet du visage", s'émerveille la paléontologue qui souligne surtout "la rareté" de la découverte mise à jour samedi par des étudiants participant aux fouilles estivales.
Pour l'instant, l'os frontal est encore accroché à l'envers sur le sol de la grotte. La précieuse découverte doit sécher quelques jours avant d'être délicatement dégagée pour atteindre sa face antérieure. "Nous dégageons actuellement un sol extraordinaire", précise Henry de Lumley, éminent préhistorien qui dirige les fouilles depuis leur commencement, le 1er septembre 1961. En cinquante ans, 2,40 mètres de terre ont été patiemment grattés et tamisés et 40.000 découvertes ont été étiquetées et analysées scientifiquement sur place.
Source : MaxiSciences du 18/08/2011
jeudi 18 août 2011
L’histoire de l’Univers résumée en un an
Je propose ici un article écrit par Pierre Bartélémy sur son blog "Globule et télescopes". Un saisissant résumé de l'histoire de l'univers ramenée à un an, selon les travaux de l'américain Carl Sagan. Sur ce calendrier, l'espèce humaine (Sapiens) apparaît par exemple le 31 décembre à 23 heures 52. Mais que s'est-il passé avant ?
Les 5, 6 et 7 août ont eu lieu les 21es Nuits des étoiles, une manifestation où les astronomes amateurs accueillent le public, un peu partout en France. C’est souvent à la nuit tombée, en contemplant le ciel étoilé voire quelques galaxies au télescope, que nous nous interrogeons sur nos origines cosmiques. Si les animateurs de ces soirées d’initiation ont depuis longtemps pris conscience de la nécessité de trouver des astuces pour parler des distances immenses qui sont monnaie courante en astronomie, ils sont en général moins armés pour nous faire saisir une autre immensité : celle du temps qui s’est écoulé entre les grands moments de l’histoire du cosmos. Pourtant, il existe un outil fort pratique inventé par l’astrophysicien américain Carl Sagan (1934-1996), merveilleux vulgarisateur scientifique, sans qui je ne serais peut-être pas en train de vous écrire, tellement j’ai été impressionné par sa série télévisée Cosmos et son livre du même nom.
Les 5, 6 et 7 août ont eu lieu les 21es Nuits des étoiles, une manifestation où les astronomes amateurs accueillent le public, un peu partout en France. C’est souvent à la nuit tombée, en contemplant le ciel étoilé voire quelques galaxies au télescope, que nous nous interrogeons sur nos origines cosmiques. Si les animateurs de ces soirées d’initiation ont depuis longtemps pris conscience de la nécessité de trouver des astuces pour parler des distances immenses qui sont monnaie courante en astronomie, ils sont en général moins armés pour nous faire saisir une autre immensité : celle du temps qui s’est écoulé entre les grands moments de l’histoire du cosmos. Pourtant, il existe un outil fort pratique inventé par l’astrophysicien américain Carl Sagan (1934-1996), merveilleux vulgarisateur scientifique, sans qui je ne serais peut-être pas en train de vous écrire, tellement j’ai été impressionné par sa série télévisée Cosmos et son livre du même nom.
jeudi 11 août 2011
Préhistoire : le “hobbit” d’Indonésie, un humain malformé ?
Les origines d’Homo floresiensis, dit “hobbit d’Indonésie”, ont suscité de multiples controverses chez les paléoanthropologues. Une nouvelle analyse du crâne de cet hominidé révèle que le “hobbit” serait simplement un homme de petite taille.
L’étude du crâne d’Homo floresiensis – ou “homme de Flores”, également surnommé “hobbit d’Indonésie” –, un squelette vieux de 18000 ans, a révélé que cet hominidé pourrait être l’un de nos ancêtres. Mais l’analyse qui vient d’être publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences ne fait pas l’unanimité parmi les paléoanthropologues, dont certains questionnent l’authenticité des matériaux analysés. Ceux-ci débattent sur l’origine de cet hominidé depuis la première étude publiée dans Nature en 2004 : le “hobbit” indonésien est-il ou non un Homo sapiens malformé ?
En 2003, lors de sa découverte sur l’île de Flores, dans l’est de Java, le “hobbit d’Indonésie” fut considéré comme le représentant d’une nouvelle branche de notre arbre généalogique, un cousin de l’homme moderne : un descendant comme nous d’Homo erectus, mais pas pour autant un Homo sapiens.
Aujourd’hui, l’anthropologue Ralph Holloway, de l’université Columbia, affirme que Homo floresiensis est bien un Homo sapiens. La petitesse du squelette et du crâne serait dues à une forme de nanisme ou de microcéphalie. Cette hypothèse repose sur l’étude comparative du crâne de l’homme de Flores avec ceux de vingt et un enfants souffrant de microcéphalie. Les mesures semblent effectivement se recouper et indiquent que le “hobbit” indonésien serait un Homo sapiens atteint de microcéphalie ou bien un australopithèque, puisque le squelette retrouvé sur l’île de Flore est seulement âgé de 18 000 ans. Mais les Homo Floresiensis, isolés sur leur île, n’auraient jamais rencontré leurs contemporains…
Source : National Geographic du 10/08/2011
L’étude du crâne d’Homo floresiensis – ou “homme de Flores”, également surnommé “hobbit d’Indonésie” –, un squelette vieux de 18000 ans, a révélé que cet hominidé pourrait être l’un de nos ancêtres. Mais l’analyse qui vient d’être publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences ne fait pas l’unanimité parmi les paléoanthropologues, dont certains questionnent l’authenticité des matériaux analysés. Ceux-ci débattent sur l’origine de cet hominidé depuis la première étude publiée dans Nature en 2004 : le “hobbit” indonésien est-il ou non un Homo sapiens malformé ?
En 2003, lors de sa découverte sur l’île de Flores, dans l’est de Java, le “hobbit d’Indonésie” fut considéré comme le représentant d’une nouvelle branche de notre arbre généalogique, un cousin de l’homme moderne : un descendant comme nous d’Homo erectus, mais pas pour autant un Homo sapiens.
Aujourd’hui, l’anthropologue Ralph Holloway, de l’université Columbia, affirme que Homo floresiensis est bien un Homo sapiens. La petitesse du squelette et du crâne serait dues à une forme de nanisme ou de microcéphalie. Cette hypothèse repose sur l’étude comparative du crâne de l’homme de Flores avec ceux de vingt et un enfants souffrant de microcéphalie. Les mesures semblent effectivement se recouper et indiquent que le “hobbit” indonésien serait un Homo sapiens atteint de microcéphalie ou bien un australopithèque, puisque le squelette retrouvé sur l’île de Flore est seulement âgé de 18 000 ans. Mais les Homo Floresiensis, isolés sur leur île, n’auraient jamais rencontré leurs contemporains…
Source : National Geographic du 10/08/2011
mercredi 10 août 2011
Le chien et l’Homme, des amis de 33.000 ans
Le squelette d’un canidé découvert dans une grotte de Sibérie, repousse à 33.000 ans les débuts de la domestication du chien. Une découverte qui apporte également des informations sur le mode de vie de nos ancêtres durant le dernier maximum glaciaire.
Meilleur ami de l’Homme et premier animal à avoir été domestiqué, le chien s’est intégré dans notre quotidien depuis fort longtemps. Mais depuis quand exactement ? Jusqu’ici les paléontologues avaient les preuves d’une domestication certaine il y a environ 14.000 ans. Elle serait apparue dans plusieurs endroits en même temps, en Europe, au Moyen Orient et en Chine à la fin du dernier maximum glaciaire. L’étude d’un crâne de canidé découvert récemment dans une grotte des montagnes de l’Altaï donne une autre perspective...
Le squelette sibérien a été daté par radiocarbone à 33.000 ans. L’étude poussée de ses caractéristiques morphologiques montre entre autres des dents plus petites et un museau plus court et large que ceux des loups, modernes ou préhistoriques. Pourtant, s’ils y ressemblent, ces paramètres ne sont pas non plus tout à fait ceux des chiens domestiques plus tardifs. Des observations qui font dire aux chercheurs qu’il s’agit là d’un animal témoin des débuts de la domestication. Un processus favorisé par un habitat majoritairement sédentaire.
Une période de froid entre Homme et chien
Mais le chien de l’Altaï n’est pas le grand-père des toutous modernes. Ce serait plutôt le témoin d'une des multiples tentatives de domestication, qui aurait avorté, fauchée dans son élan par l’arrivée de conditions climatiques très rudes il y a 26.500 ans. Pour les paléontologues ce changement climatique appelé dernier maximum glaciaire aurait imposé aux communautés humaines de la région un retour à plus de nomadisme. Et cette mobilité aurait empêché les interactions prolongées entre mêmes groupes d’animaux et d’humains, condition nécessaire à une coévolution modifiant en profondeur la morphologie des canidés pour donner une nouvelle espèce, le chien.
Le crâne russe montre donc qu’il y a 33.000 ans, la cohabitation rapprochée avec les Hommes sédentaires a déjà bien commencé à transformer des loups en chiens compagnons. Mais ce n’est que 14.000 ans plus tard, avec le retour de conditions climatiques plus clémentes, que la lignée des chiens modernes pourra s’établir définitivement.
Source : Futura-Sciences du 07/08/2011
Meilleur ami de l’Homme et premier animal à avoir été domestiqué, le chien s’est intégré dans notre quotidien depuis fort longtemps. Mais depuis quand exactement ? Jusqu’ici les paléontologues avaient les preuves d’une domestication certaine il y a environ 14.000 ans. Elle serait apparue dans plusieurs endroits en même temps, en Europe, au Moyen Orient et en Chine à la fin du dernier maximum glaciaire. L’étude d’un crâne de canidé découvert récemment dans une grotte des montagnes de l’Altaï donne une autre perspective...
Le squelette sibérien a été daté par radiocarbone à 33.000 ans. L’étude poussée de ses caractéristiques morphologiques montre entre autres des dents plus petites et un museau plus court et large que ceux des loups, modernes ou préhistoriques. Pourtant, s’ils y ressemblent, ces paramètres ne sont pas non plus tout à fait ceux des chiens domestiques plus tardifs. Des observations qui font dire aux chercheurs qu’il s’agit là d’un animal témoin des débuts de la domestication. Un processus favorisé par un habitat majoritairement sédentaire.
Une période de froid entre Homme et chien
Mais le chien de l’Altaï n’est pas le grand-père des toutous modernes. Ce serait plutôt le témoin d'une des multiples tentatives de domestication, qui aurait avorté, fauchée dans son élan par l’arrivée de conditions climatiques très rudes il y a 26.500 ans. Pour les paléontologues ce changement climatique appelé dernier maximum glaciaire aurait imposé aux communautés humaines de la région un retour à plus de nomadisme. Et cette mobilité aurait empêché les interactions prolongées entre mêmes groupes d’animaux et d’humains, condition nécessaire à une coévolution modifiant en profondeur la morphologie des canidés pour donner une nouvelle espèce, le chien.
Le crâne russe montre donc qu’il y a 33.000 ans, la cohabitation rapprochée avec les Hommes sédentaires a déjà bien commencé à transformer des loups en chiens compagnons. Mais ce n’est que 14.000 ans plus tard, avec le retour de conditions climatiques plus clémentes, que la lignée des chiens modernes pourra s’établir définitivement.
Source : Futura-Sciences du 07/08/2011
lundi 8 août 2011
Les hommes modernes 10 fois plus nombreux que les néandertaliens
La population d'homme modernes aurait été multiplié au moins par dix entre - 40 000 et - 30 000 ans, dans le Sud-Ouest de la France. Une explosion démographique qui apporte un éclairage nouveau sur la transition entre Néandertaliens et hommes modernes.
Bientôt sept milliards d'hommes sur la planète. Après avoir conduit les autres espèces humaines à l'extinction, Homo sapiens continue à se multiplier, et le fera, semble-t-il, jusqu'aux limites de notre biotope. Les travaux de Paul Mellars et Jennifer French, de l'Université de Cambridge, suggèrent que cette tendance démographique existait déjà lorsque les hommes modernes ont remplacé les Néandertaliens d'Eurasie, entre - 40 000 et - 30 000 ans : durant cette période, la population d'hommes modernes d'une région du sud-ouest de la France a été multipliée par au moins 10. La transition entre Néandertaliens et hommes modernes a aussi été une transition démographique!
En Europe occidentale, trois traditions culturelles ont coexisté et se sont succédées pendant la transition Néandertal-Homo sapiens : celles du Moustérien de tradition acheuléenne (- 300 000 à - 30 000 ans) et du Châtelperronien (- 38 000 à - 32 000 ans) attribuées aux Néandertaliens ; et celle de l'Aurignacien (- 37 000 à - 28 000 ans) attribuée à l'homme moderne.
Les chercheurs ont étudié l'évolution d'une région de 75 000 kilomètres carrés centré sur la Dordogne, haut lieu préhistorique, a évolué au cours de la transition. Pour ce faire, ils dénombré les abris sous roches et les sites (ou stations) de plein air, ainsi que l'intensité de l'occupation de ces sites durant la transition. Il en ressort que si on peut attribuer l'usage de 26 abris sous roche aux Moustériens, et celui de 30 abris et de sept stations de plein air aux Châtelperroniens, les Aurignaciens ont pour leur part occupé au moins 108 abris sous roches et 39 stations de plein air durant la période.
Sur ces sites, les surfaces minimales occupées varient considérablement : alors que les sites moustériens et châtelperroniens occupent entre 100 à 250 mètres carrés, les sites aurignaciens occupent entre 500 et 600 mètres carrés. La quantité de viande consommée, déduite du nombres d'os par mètre carré et par millier d'années de states, passent par ailleurs de 84,6 kilogrammes au Châtelpéronnien à 152,2 kilogrammes à l'Aurignacien (les données sont manquantes pour le Moustérien), soit une multiplication par 1,8. De même, le nombre moyen d'outils lithiques retrouvés par mètre carré et par millénaire passe de 50 pour le Moustérien, à 80 au Châtelpéronnien et 150 chez les Aurignaciens. Une augmentation d'un même facteur 1,8, ce qui corrobore le résultat précédent.
Qu'en conclure ? L'augmentation de la surface occupée sur les sites suggère une augmentation de la population de chaque site par 2 à 3 au cours de la transition Néandertalien-Sapiens. Dans le même temps, le nombre de site est pour sa part multiplié par environ 2,5, tandis que leur densité d'occupation – indiquée par la viande consommée et le nombre d'outils – croît d'un facteur 1,8. Une simple multiplication de ces facteurs entre eux suggère au final que la population aurignacienne était quelque dix fois plus nombreuse que les populations néandertaliennes qui l'ont précédée.
La modernité culturelle qui caractérisait Homo sapiens signifiait-elle une meilleure exploitation du territoire, donc la possibilité d'une plus grande population ? Ou à l'inverse, la population plus nombreuse d'hommes modernes a-elle entrainé plus d'innovations, donc plus d'efficacité ? Difficile à dire.
Source : Pour la Science du 04/08/2011
Bientôt sept milliards d'hommes sur la planète. Après avoir conduit les autres espèces humaines à l'extinction, Homo sapiens continue à se multiplier, et le fera, semble-t-il, jusqu'aux limites de notre biotope. Les travaux de Paul Mellars et Jennifer French, de l'Université de Cambridge, suggèrent que cette tendance démographique existait déjà lorsque les hommes modernes ont remplacé les Néandertaliens d'Eurasie, entre - 40 000 et - 30 000 ans : durant cette période, la population d'hommes modernes d'une région du sud-ouest de la France a été multipliée par au moins 10. La transition entre Néandertaliens et hommes modernes a aussi été une transition démographique!
En Europe occidentale, trois traditions culturelles ont coexisté et se sont succédées pendant la transition Néandertal-Homo sapiens : celles du Moustérien de tradition acheuléenne (- 300 000 à - 30 000 ans) et du Châtelperronien (- 38 000 à - 32 000 ans) attribuées aux Néandertaliens ; et celle de l'Aurignacien (- 37 000 à - 28 000 ans) attribuée à l'homme moderne.
Les chercheurs ont étudié l'évolution d'une région de 75 000 kilomètres carrés centré sur la Dordogne, haut lieu préhistorique, a évolué au cours de la transition. Pour ce faire, ils dénombré les abris sous roches et les sites (ou stations) de plein air, ainsi que l'intensité de l'occupation de ces sites durant la transition. Il en ressort que si on peut attribuer l'usage de 26 abris sous roche aux Moustériens, et celui de 30 abris et de sept stations de plein air aux Châtelperroniens, les Aurignaciens ont pour leur part occupé au moins 108 abris sous roches et 39 stations de plein air durant la période.
Sur ces sites, les surfaces minimales occupées varient considérablement : alors que les sites moustériens et châtelperroniens occupent entre 100 à 250 mètres carrés, les sites aurignaciens occupent entre 500 et 600 mètres carrés. La quantité de viande consommée, déduite du nombres d'os par mètre carré et par millier d'années de states, passent par ailleurs de 84,6 kilogrammes au Châtelpéronnien à 152,2 kilogrammes à l'Aurignacien (les données sont manquantes pour le Moustérien), soit une multiplication par 1,8. De même, le nombre moyen d'outils lithiques retrouvés par mètre carré et par millénaire passe de 50 pour le Moustérien, à 80 au Châtelpéronnien et 150 chez les Aurignaciens. Une augmentation d'un même facteur 1,8, ce qui corrobore le résultat précédent.
Qu'en conclure ? L'augmentation de la surface occupée sur les sites suggère une augmentation de la population de chaque site par 2 à 3 au cours de la transition Néandertalien-Sapiens. Dans le même temps, le nombre de site est pour sa part multiplié par environ 2,5, tandis que leur densité d'occupation – indiquée par la viande consommée et le nombre d'outils – croît d'un facteur 1,8. Une simple multiplication de ces facteurs entre eux suggère au final que la population aurignacienne était quelque dix fois plus nombreuse que les populations néandertaliennes qui l'ont précédée.
La modernité culturelle qui caractérisait Homo sapiens signifiait-elle une meilleure exploitation du territoire, donc la possibilité d'une plus grande population ? Ou à l'inverse, la population plus nombreuse d'hommes modernes a-elle entrainé plus d'innovations, donc plus d'efficacité ? Difficile à dire.
Source : Pour la Science du 04/08/2011
vendredi 5 août 2011
Où l’homme a-t-il appris à marcher ?
Jusqu'ici, les spécialistes n'étaient pas tous d'accord : l’homme est-il réellement devenu bipède pour s’adapter aux hautes herbes de la savane ? Pour trancher la question, une étude portant sur l'évolution de la végétation africaine sur sept millions d’années a été menée.
En 1925, naissait ce qui a été baptisé la "théorie de la savane". Selon celle-ci, les hominidés d’il y a plusieurs millions d’années se seraient adaptés à la savane apparue en Afrique de l’est à la place de la forêt tropicale qui s’y trouvait jusqu'ici. Pour cela, ces ancêtres des australopithèques, de l'Homme moderne, des gorilles et des chimpanzés se seraient alors redressés et seraient bipèdes, leur permettant de mieux évoluer dans le nouvel environnement.
Mais récemment, cette théorie a été cruellement remise en question lorsque des scientifiques sont parvenus à prouver que des zones désertiques existaient bien avant la transition vers la savane. Pour ne rien arranger, les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur la définition de savane, puisqu’elle peut aussi bien désigner une région semi-désertique qu’une région forestière selon les cas.
Pour trancher la question, des géologues et biologistes ont décidé d'étudier l'évolution qu'a subie la végétation sur près de sept millions d’années. Plus précisément, l'équipe de chercheurs s'est intéressée aux différentes formes de carbone laissées par les plantes sur les sédiments dans deux des régions d'Afrique de l'Est les plus riches en fossiles d'homininés: la vallée de l'Awash, où les restes de l'Australopithèque Lucy ont été découverts, et le bassin de l'Omo-Turkana, tous deux situés en Ethiopie, explique l'AFP.
Les étendues de savane existaient bien déjà
Publiés dans la revue Nature, les résultats de l’étude ont alors montré "que des milieux ouverts ont existé, de manière ininterrompue, durant les six derniers millions d'années dans les régions d'Afrique de l'Est où les fossiles proto-humains les plus significatifs ont été trouvés", résume le Pr Thure Cerling, de l'Université d'Utah et auteur principal. "A certains moments, elle était plus broussailleuse, à d'autres moments elle l'était moins", mais il s'agissait toujours essentiellement de "prairies", en d'autres termes de "savanes", explique le professeur. Mais faute de preuves, la théorie de la savane resterait bien valide.
Cependant, un commentaire de Craig Feibel, un autre spécialiste en géologie et paléontologie souligne qu’"alors que des habitats ouverts prédominaient pour les créatures que certains considèrent comme les plus anciens bipèdes, un bipède plus récent, l'australopithèque, s'est développé dans des habitats boisés". De plus, "la plupart des fossiles que nous avons découverts ont été trouvés où l'individu est mort ou à l'endroit où ses os ont été transportés, mais pas nécessairement où il vivait", précise-t-il cité par Sciences et avenir.
De nouvelles recherches sont donc actuellement réalisées pour tenter de recouper ces données écologiques avec les connaissances disponibles sur les fossiles pour mieux connaître la répartition spatiale et les habitudes de vie de nos ancêtres entre ces différents milieux "ouverts" et "couverts".
Source : Maxi Sciences du 04/08/2011
En 1925, naissait ce qui a été baptisé la "théorie de la savane". Selon celle-ci, les hominidés d’il y a plusieurs millions d’années se seraient adaptés à la savane apparue en Afrique de l’est à la place de la forêt tropicale qui s’y trouvait jusqu'ici. Pour cela, ces ancêtres des australopithèques, de l'Homme moderne, des gorilles et des chimpanzés se seraient alors redressés et seraient bipèdes, leur permettant de mieux évoluer dans le nouvel environnement.
Mais récemment, cette théorie a été cruellement remise en question lorsque des scientifiques sont parvenus à prouver que des zones désertiques existaient bien avant la transition vers la savane. Pour ne rien arranger, les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur la définition de savane, puisqu’elle peut aussi bien désigner une région semi-désertique qu’une région forestière selon les cas.
Pour trancher la question, des géologues et biologistes ont décidé d'étudier l'évolution qu'a subie la végétation sur près de sept millions d’années. Plus précisément, l'équipe de chercheurs s'est intéressée aux différentes formes de carbone laissées par les plantes sur les sédiments dans deux des régions d'Afrique de l'Est les plus riches en fossiles d'homininés: la vallée de l'Awash, où les restes de l'Australopithèque Lucy ont été découverts, et le bassin de l'Omo-Turkana, tous deux situés en Ethiopie, explique l'AFP.
Les étendues de savane existaient bien déjà
Publiés dans la revue Nature, les résultats de l’étude ont alors montré "que des milieux ouverts ont existé, de manière ininterrompue, durant les six derniers millions d'années dans les régions d'Afrique de l'Est où les fossiles proto-humains les plus significatifs ont été trouvés", résume le Pr Thure Cerling, de l'Université d'Utah et auteur principal. "A certains moments, elle était plus broussailleuse, à d'autres moments elle l'était moins", mais il s'agissait toujours essentiellement de "prairies", en d'autres termes de "savanes", explique le professeur. Mais faute de preuves, la théorie de la savane resterait bien valide.
Cependant, un commentaire de Craig Feibel, un autre spécialiste en géologie et paléontologie souligne qu’"alors que des habitats ouverts prédominaient pour les créatures que certains considèrent comme les plus anciens bipèdes, un bipède plus récent, l'australopithèque, s'est développé dans des habitats boisés". De plus, "la plupart des fossiles que nous avons découverts ont été trouvés où l'individu est mort ou à l'endroit où ses os ont été transportés, mais pas nécessairement où il vivait", précise-t-il cité par Sciences et avenir.
De nouvelles recherches sont donc actuellement réalisées pour tenter de recouper ces données écologiques avec les connaissances disponibles sur les fossiles pour mieux connaître la répartition spatiale et les habitudes de vie de nos ancêtres entre ces différents milieux "ouverts" et "couverts".
Source : Maxi Sciences du 04/08/2011
Un crâne de singe de 20 millions d'années découvert en Ouganda
Résumé : Des scientifiques ougandais et français ont découvert un crâne fossilisé d'un grand singe vieux de 20 millions d'années. Le fossile sera examiné et radiographié en France avant d'être ramené dans son pays d'origine.
Des scientifiques ougandais et français ont découvert le crâne fossilisé d'un grand singe vieux de vingt millions d'années dans la région de Karamoja, en Ouganda, a annoncé l'équipe mardi. Les paléontologues ont découvert les restes le 18 juillet alors qu'ils cherchaient des fossiles dans un volcan éteint de cette une région du nord-est de l'Ouganda.
Cette découverte pourrait apporter un éclairage sur l'histoire de l'évolution dans cette région du monde. "C'est la première fois que l'on découvre le crâne complet d'un grand singe de cette époque (...) c'est un fossile très important et il va certainement inscrire l'Ouganda sur la carte du monde scientifique", a déclaré à des journalistes Martin Pickford, paléontologue au Collège de France.
L'examen préliminaire du fossile a montré que l'herbivore grimpeur, mort à peu près à l'âge de dix ans, avait une tête de la taille de celle d'un chimpanzé mais un cerveau de la taille de celui d'un babouin, un plus gros singe. Bridgette Senut, professeur au Museum d'Histoire naturelle de Paris, a annoncé que le crâne serait transféré à Paris pour être radiographié et examiné, avant de revenir en Ouganda.
Source : TF1 du 03/08/2011
Des scientifiques ougandais et français ont découvert le crâne fossilisé d'un grand singe vieux de vingt millions d'années dans la région de Karamoja, en Ouganda, a annoncé l'équipe mardi. Les paléontologues ont découvert les restes le 18 juillet alors qu'ils cherchaient des fossiles dans un volcan éteint de cette une région du nord-est de l'Ouganda.
Cette découverte pourrait apporter un éclairage sur l'histoire de l'évolution dans cette région du monde. "C'est la première fois que l'on découvre le crâne complet d'un grand singe de cette époque (...) c'est un fossile très important et il va certainement inscrire l'Ouganda sur la carte du monde scientifique", a déclaré à des journalistes Martin Pickford, paléontologue au Collège de France.
L'examen préliminaire du fossile a montré que l'herbivore grimpeur, mort à peu près à l'âge de dix ans, avait une tête de la taille de celle d'un chimpanzé mais un cerveau de la taille de celui d'un babouin, un plus gros singe. Bridgette Senut, professeur au Museum d'Histoire naturelle de Paris, a annoncé que le crâne serait transféré à Paris pour être radiographié et examiné, avant de revenir en Ouganda.
Source : TF1 du 03/08/2011
jeudi 4 août 2011
L'homme a-t-il appris à marcher à l'ombre de la forêt ou de la savane ?
L'ancêtre de l'homme s'est-il vraiment redressé sur ses deux pieds pour s'adapter aux hautes herbes de la savane ? Pour éclairer ce débat sur l'évolution, qui déchire les spécialistes, des chercheurs ont étudié la végétation africaine sur 7 millions d'années.
La théorie dominante pendant longtemps voulait que l'Afrique de l'Est, berceau des ancêtres de l'homme moderne, ait été couverte de forêts tropicales durant des millions d'années, jusqu'à ce qu'elles ne cèdent progressivement la place à la savane voici quelque cinq millions d'années.
D'où la "théorie de la savane", émise en 1925, qui expliquerait comment certains "homininés" - ancêtres des australopithèques, des hommes modernes, des chimpanzés et des gorilles - se sont adaptés à ce nouvel environnement en se redressant et en devenant bipèdes. Ils auraient par la même occasion développé leur cerveau et d'autres caractéristiques qui ont fait de nous des humains.
Mais cette théorie classique a été récemment mise à mal. Des scientifiques ont prouvé que des zones désertiques existaient déjà, bien avant la transition vers la savane tandis que d'autres régions fortement boisées ont prévalu beaucoup plus longtemps.
Le débat entre spécialistes était d'autant plus acharné que la définition même de "savane" est floue, pouvant désigner une région semi-désertique ou une zone forestière selon les cas.
Une équipe de géologues et de biologistes a décidé d'y mettre bon ordre en étudiant, grâce à différentes formes de carbone laissées par les plantes dans les sédiments, l'évolution de la couverture végétale dans deux des régions d'Afrique de l'Est les plus riches en fossiles d'homininés: la vallée de l'Awash, où les restes de l'Australopithèque Lucy furent notamment découverts par Yves Coppens, et le bassin de l'Omo-Turkana, tous deux situés en Ethiopie.
Les résultats, publiés mercredi dans la revue Nature, "montrent que des milieux ouverts ont existé, de manière ininterrompue, durant les six derniers millions d'années dans les régions d'Afrique de l'Est où les fossiles proto-humains les plus significatifs ont été trouvés", résume le Pr Thure Cerling, de l'Université d'Utah (USA).
Plus précisément, la couverture végétale ne dépassait pas 40% dans l'immense majorité des zones de l'Awash et de l'Omo-Turkana. "A certains moments, elle était plus broussailleuse, à d'autres moments elle l'était moins", mais il s'agissait toujours essentiellement de "prairies", en d'autres termes de "savanes", estime le Pr Cerling, auteur principal de l'étude.
A défaut d'être prouvée, la "théorie de la savane" resterait donc valide.
Mais l'étude soulève d'autres questions tout aussi "intrigantes", relève dans un commentaire séparé Craig Feibel, spécialiste en géologie et paléontologie de l'Université américaine Rutgers.
"Alors que des habitats ouverts prédominaient pour les créatures que certains considèrent comme les plus anciens bipèdes, un bipède plus récent, l'australopithèque, s'est développé dans des habitats boisés", indique-t-il.
Des recherches sont en cours pour tenter de "croiser" ces données écologiques avec les connaissances disponibles sur les fossiles pour mieux connaître la répartition spatiale et les habitudes de vie de nos ancêtres entre ces différents milieux "ouverts" et "couverts".
Car "la plupart des fossiles que nous avons découverts ont été trouvés où l'individu est mort ou à l'endroit où ses os ont été transportés, mais pas nécessairement où il vivait", note M. Feibel.
Source : Sciences et Avenir du 03/08/2011
La théorie dominante pendant longtemps voulait que l'Afrique de l'Est, berceau des ancêtres de l'homme moderne, ait été couverte de forêts tropicales durant des millions d'années, jusqu'à ce qu'elles ne cèdent progressivement la place à la savane voici quelque cinq millions d'années.
D'où la "théorie de la savane", émise en 1925, qui expliquerait comment certains "homininés" - ancêtres des australopithèques, des hommes modernes, des chimpanzés et des gorilles - se sont adaptés à ce nouvel environnement en se redressant et en devenant bipèdes. Ils auraient par la même occasion développé leur cerveau et d'autres caractéristiques qui ont fait de nous des humains.
Mais cette théorie classique a été récemment mise à mal. Des scientifiques ont prouvé que des zones désertiques existaient déjà, bien avant la transition vers la savane tandis que d'autres régions fortement boisées ont prévalu beaucoup plus longtemps.
Le débat entre spécialistes était d'autant plus acharné que la définition même de "savane" est floue, pouvant désigner une région semi-désertique ou une zone forestière selon les cas.
Une équipe de géologues et de biologistes a décidé d'y mettre bon ordre en étudiant, grâce à différentes formes de carbone laissées par les plantes dans les sédiments, l'évolution de la couverture végétale dans deux des régions d'Afrique de l'Est les plus riches en fossiles d'homininés: la vallée de l'Awash, où les restes de l'Australopithèque Lucy furent notamment découverts par Yves Coppens, et le bassin de l'Omo-Turkana, tous deux situés en Ethiopie.
Les résultats, publiés mercredi dans la revue Nature, "montrent que des milieux ouverts ont existé, de manière ininterrompue, durant les six derniers millions d'années dans les régions d'Afrique de l'Est où les fossiles proto-humains les plus significatifs ont été trouvés", résume le Pr Thure Cerling, de l'Université d'Utah (USA).
Plus précisément, la couverture végétale ne dépassait pas 40% dans l'immense majorité des zones de l'Awash et de l'Omo-Turkana. "A certains moments, elle était plus broussailleuse, à d'autres moments elle l'était moins", mais il s'agissait toujours essentiellement de "prairies", en d'autres termes de "savanes", estime le Pr Cerling, auteur principal de l'étude.
A défaut d'être prouvée, la "théorie de la savane" resterait donc valide.
Mais l'étude soulève d'autres questions tout aussi "intrigantes", relève dans un commentaire séparé Craig Feibel, spécialiste en géologie et paléontologie de l'Université américaine Rutgers.
"Alors que des habitats ouverts prédominaient pour les créatures que certains considèrent comme les plus anciens bipèdes, un bipède plus récent, l'australopithèque, s'est développé dans des habitats boisés", indique-t-il.
Des recherches sont en cours pour tenter de "croiser" ces données écologiques avec les connaissances disponibles sur les fossiles pour mieux connaître la répartition spatiale et les habitudes de vie de nos ancêtres entre ces différents milieux "ouverts" et "couverts".
Car "la plupart des fossiles que nous avons découverts ont été trouvés où l'individu est mort ou à l'endroit où ses os ont été transportés, mais pas nécessairement où il vivait", note M. Feibel.
Source : Sciences et Avenir du 03/08/2011
Un crâne de grand singe vieux de 20 millions d'années découvert en Ouganda
Une équipe de paléontologues ougandais et français a annoncé mardi avoir découvert dans le nord de l'Ouganda le crâne d'un grand singe vieux de 20 millions d'années qui pourrait apporter un éclairage sur l'histoire de l'évolution dans cette région du monde.
"C'est la première fois que l'on découvre le crâne complet d'un grand singe de cette époque (...) c'est un fossile très important et il va certainement inscrire l'Ouganda sur la carte du monde scientifique", a déclaré à des journalistes Martin Pickford, paléontologue au Collège de France à Paris.
Le crâne fossilisé provient d'un singe mâle Ugandapithecus Major, lointain cousin des grands singes d'aujourd'hui qui peuplaient cette région il y a environ 20 millions d'années.
L'équipe a fait sa découverte le 18 juillet en cherchant des fossiles aux abords d'un volcan éteint dans la région reculée de Karamoja, dans le nord-est de l'Ouganda.
Un premier examen du fossile a établi que le singe, un herbivore grimpant aux arbres, était âgé d'environ 10 ans à sa mort et avait la taille d'un chimpanzé mais le cerveau de la taille (plus petite) de celui du babouin, a indiqué Martin Pickford.
Sa collègue Brigitte Senut, professeur au Museum national d’histoire naturelle, a annoncé que le fossile sera transporté à Paris pour l'étudier et y subir un examen aux rayons x avant de retourner en Ouganda.
"Il sera nettoyé en France, préparé en France (...) et puis, dans à peu près un an, il retournera dans le pays" où il a été découvert, a-t-elle dit.
Le paléontologues français s'intéressent depuis 25 ans à l'Ouganda où ils viennent faire des recherches de terrain grâce à des fonds du gouvernement français, a précisé la scientifique.
La plaine aride de Karamoja, la région la moins développée d'Ouganda, a été récemment largement pacifiée après des décennies d'insécurité liée à des conflits armés entre communautés nomades d'éleveurs.
Source : 20 mn du 02/08/2011
"C'est la première fois que l'on découvre le crâne complet d'un grand singe de cette époque (...) c'est un fossile très important et il va certainement inscrire l'Ouganda sur la carte du monde scientifique", a déclaré à des journalistes Martin Pickford, paléontologue au Collège de France à Paris.
Le crâne fossilisé provient d'un singe mâle Ugandapithecus Major, lointain cousin des grands singes d'aujourd'hui qui peuplaient cette région il y a environ 20 millions d'années.
L'équipe a fait sa découverte le 18 juillet en cherchant des fossiles aux abords d'un volcan éteint dans la région reculée de Karamoja, dans le nord-est de l'Ouganda.
Un premier examen du fossile a établi que le singe, un herbivore grimpant aux arbres, était âgé d'environ 10 ans à sa mort et avait la taille d'un chimpanzé mais le cerveau de la taille (plus petite) de celui du babouin, a indiqué Martin Pickford.
Sa collègue Brigitte Senut, professeur au Museum national d’histoire naturelle, a annoncé que le fossile sera transporté à Paris pour l'étudier et y subir un examen aux rayons x avant de retourner en Ouganda.
"Il sera nettoyé en France, préparé en France (...) et puis, dans à peu près un an, il retournera dans le pays" où il a été découvert, a-t-elle dit.
Le paléontologues français s'intéressent depuis 25 ans à l'Ouganda où ils viennent faire des recherches de terrain grâce à des fonds du gouvernement français, a précisé la scientifique.
La plaine aride de Karamoja, la région la moins développée d'Ouganda, a été récemment largement pacifiée après des décennies d'insécurité liée à des conflits armés entre communautés nomades d'éleveurs.
Source : 20 mn du 02/08/2011
mercredi 3 août 2011
L’homme de Néandertal et nous
La disparition de l’homme de Néandertal, encore inexpliquée à ce jour, tient en haleine plusieurs équipes de chercheurs. C’est le moins que l’on puisse dire : deux études ont été récemment publiées, chacune tentant de jeter un peu de lumière sur cet événement marquant de l’histoire de l’humanité.
D’abord, une équipe de scientifiques, dirigée par Damian Labuda, chercheur au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, a découvert, en comparant l’ADN de l’homme de Néandertal et celui de milliers d’hommes modernes, provenant de toutes les régions du monde, qu’une partie de leur chromosome X serait identique. Qui plus est, cette séquence se retrouverait dans le génome de tous les hommes modernes, à l’exception de ceux vivant en Afrique subsaharienne.
« Cela confirme des découvertes récentes, selon lesquelles il y aurait eu croisement des deux populations », précise le chercheur. Les contacts entre l’homme de Néandertal et l’Homo sapiens remonteraient très loin dans l’histoire, au moment où leurs chemins se seraient croisés au Moyen-Orient, estiment les chercheurs.
Depuis ces révélations, de nombreux scientifiques n’ont pas hésité à émettre de nouvelles hypothèses sur les causes de la disparition de l’homme de Néandertal et de l’implication possible de nos ancêtres dans son tragique destin.
Pour Paul Mellars, de l’Université de Cambridge, et sa collègue, Jennifer French, il ne fait nul doute que c’est le poids du nombre, combiné à une meilleure technologie et des interactions sociales plus sophistiquées, qui a permis aux hommes modernes de tirer leur épingle du jeu au détriment de l’homme de Néandertal. « Les premières populations d’hommes modernes étaient 10 fois supérieures en nombre à celles des populations néandertaliennes, explique le chercheur. Les Néandertaliens ont disparu de l’Europe de l’Ouest suite à une arrivée massive des hommes modernes, les rendant minoritaires sur leurs propres terres. »
C’est en comparant le nombre de sites néandertaliens dans la région (deux fois et demie moins nombreux que ceux des hommes modernes), la grandeur de ces sites (deux fois moins large) et la quantité d’outils trouvée dans les sites que les deux chercheurs sont arrivés à cette conclusion.
Source : Agence Science-Presse du 01/08/2011
D’abord, une équipe de scientifiques, dirigée par Damian Labuda, chercheur au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, a découvert, en comparant l’ADN de l’homme de Néandertal et celui de milliers d’hommes modernes, provenant de toutes les régions du monde, qu’une partie de leur chromosome X serait identique. Qui plus est, cette séquence se retrouverait dans le génome de tous les hommes modernes, à l’exception de ceux vivant en Afrique subsaharienne.
« Cela confirme des découvertes récentes, selon lesquelles il y aurait eu croisement des deux populations », précise le chercheur. Les contacts entre l’homme de Néandertal et l’Homo sapiens remonteraient très loin dans l’histoire, au moment où leurs chemins se seraient croisés au Moyen-Orient, estiment les chercheurs.
Depuis ces révélations, de nombreux scientifiques n’ont pas hésité à émettre de nouvelles hypothèses sur les causes de la disparition de l’homme de Néandertal et de l’implication possible de nos ancêtres dans son tragique destin.
Pour Paul Mellars, de l’Université de Cambridge, et sa collègue, Jennifer French, il ne fait nul doute que c’est le poids du nombre, combiné à une meilleure technologie et des interactions sociales plus sophistiquées, qui a permis aux hommes modernes de tirer leur épingle du jeu au détriment de l’homme de Néandertal. « Les premières populations d’hommes modernes étaient 10 fois supérieures en nombre à celles des populations néandertaliennes, explique le chercheur. Les Néandertaliens ont disparu de l’Europe de l’Ouest suite à une arrivée massive des hommes modernes, les rendant minoritaires sur leurs propres terres. »
C’est en comparant le nombre de sites néandertaliens dans la région (deux fois et demie moins nombreux que ceux des hommes modernes), la grandeur de ces sites (deux fois moins large) et la quantité d’outils trouvée dans les sites que les deux chercheurs sont arrivés à cette conclusion.
Source : Agence Science-Presse du 01/08/2011
L’archéoptéryx n’est plus l’ancêtre des oiseaux
Sacré cadeau : cent cinquante ans après sa découverte, l’archéoptéryx n’est plus un oiseau ! L’étude d’un nouveau fossile découvert en Chine oblige les paléontologistes à repenser les liens entre oiseaux et dinosaures, notamment en changeant la classification du fameux « chaînon manquant ».
En 1861, deux ans après la publication par Darwin de sa théorie de l’évolution, la découverte d’un fossile mi-dinosaure, mi-oiseau fait sensation. Ce premier archéoptéryx, avec son bréchet, ses membres antérieurs forts et surtout ses plumes, est alors naturellement vu comme le « chaînon manquant » entre les deux groupes. Mais les paléontologues se sont aperçus depuis que la réalité de l’évolution des êtres vivants est bien plus complexe. L’idée de « chaînon manquant » a laissé place au concept de « dernier ancêtre commun ».
Les découvertes récentes de nouveaux fossiles de dinosaures partageant des caractéristiques aviaires ont bien sûr troublé les chercheurs. Dinosaures ou oiseaux ? Cousins ou ancêtres ? Le casse-tête se compliquait… Mais l’archéoptéryx a néanmoins conservé son titre de premier des oiseaux.
Une poule avec des dents… et des griffes
Un titre conservé jusqu'à aujourd’hui, avec l’étude détaillée d’un nouveau fossile par une équipe de l’institut de Paléoanthropologie et paléontologie des vertébrés de Pékin. L’animal, baptisé Xiaotingia zhengi, vivait à la fin du Jurassique, il y a 161 à 145 millions d’années. L’empreinte dans la roche montre qu’il avait des plumes, des griffes et des dents acérées. Les longs os de ses doigts et la forme en L d’une extrémité de son bréchet l’apparentent fortement à l’archéoptéryx et à un autre emplumé nommé anchiornis. Les trois sont donc des parents proches et doivent être classés ensemble.
Ensemble, mais où ? Pour trouver la réponse la plus proche des observations, l’équipe ne s’est pas arrêtée à ces rapprochements. Les chercheurs chinois ont aussi remarqué que ces trois individus présentaient chacun les mêmes différences avec le groupe des Avialae, dont font partie les premiers oiseaux. Les plus flagrantes sont au niveau du crâne, avec un museau assez plat et des régions postérieures aux orbites assez étendues. Deux caractères absents chez les premiers oiseaux, mais bien présents chez des dinosaures comme le vélociraptor et le microraptor.
Les chercheurs chinois ont donc dû déplacer les trois fossiles à plumes. Tous, même l'archéoptéryx, quittent les oiseaux pour rejoindre les dinosaures du groupe Deinonychosauria. Pour Xing Xu, auteur de la publication et responsable de l’offense à l’ancêtre, les choses sont claires : « La place donnée à l’archéoptéryx dans la classification était due à la combinaison d’un contexte historique [Darwin, NDLR] et d’un manque de données fossiles éclairant la transition entre dinosaures et oiseaux ».
La mise à bas du mythe de l’archéoptéryx comme premier oiseau est plutôt bien accueillie par les paléontologues. Pour Lawrence Witmer de l’université de l’Ohio, elle paraît évidente avec les connaissances actuelles. En revanche, savoir si le placement phylogénétique de l’archéoptéryx parmi les Deinonychosauria sera pérenne est une autre question. Seuls des indices de terrain apportés par de nouveaux fossiles pourront confirmer (ou chambouler une nouvelle fois) nos connaissances sur l’émergence de la lignée des oiseaux.
Source : Futura-Sciences du 01/08/2011
En 1861, deux ans après la publication par Darwin de sa théorie de l’évolution, la découverte d’un fossile mi-dinosaure, mi-oiseau fait sensation. Ce premier archéoptéryx, avec son bréchet, ses membres antérieurs forts et surtout ses plumes, est alors naturellement vu comme le « chaînon manquant » entre les deux groupes. Mais les paléontologues se sont aperçus depuis que la réalité de l’évolution des êtres vivants est bien plus complexe. L’idée de « chaînon manquant » a laissé place au concept de « dernier ancêtre commun ».
Les découvertes récentes de nouveaux fossiles de dinosaures partageant des caractéristiques aviaires ont bien sûr troublé les chercheurs. Dinosaures ou oiseaux ? Cousins ou ancêtres ? Le casse-tête se compliquait… Mais l’archéoptéryx a néanmoins conservé son titre de premier des oiseaux.
Une poule avec des dents… et des griffes
Un titre conservé jusqu'à aujourd’hui, avec l’étude détaillée d’un nouveau fossile par une équipe de l’institut de Paléoanthropologie et paléontologie des vertébrés de Pékin. L’animal, baptisé Xiaotingia zhengi, vivait à la fin du Jurassique, il y a 161 à 145 millions d’années. L’empreinte dans la roche montre qu’il avait des plumes, des griffes et des dents acérées. Les longs os de ses doigts et la forme en L d’une extrémité de son bréchet l’apparentent fortement à l’archéoptéryx et à un autre emplumé nommé anchiornis. Les trois sont donc des parents proches et doivent être classés ensemble.
Ensemble, mais où ? Pour trouver la réponse la plus proche des observations, l’équipe ne s’est pas arrêtée à ces rapprochements. Les chercheurs chinois ont aussi remarqué que ces trois individus présentaient chacun les mêmes différences avec le groupe des Avialae, dont font partie les premiers oiseaux. Les plus flagrantes sont au niveau du crâne, avec un museau assez plat et des régions postérieures aux orbites assez étendues. Deux caractères absents chez les premiers oiseaux, mais bien présents chez des dinosaures comme le vélociraptor et le microraptor.
Les chercheurs chinois ont donc dû déplacer les trois fossiles à plumes. Tous, même l'archéoptéryx, quittent les oiseaux pour rejoindre les dinosaures du groupe Deinonychosauria. Pour Xing Xu, auteur de la publication et responsable de l’offense à l’ancêtre, les choses sont claires : « La place donnée à l’archéoptéryx dans la classification était due à la combinaison d’un contexte historique [Darwin, NDLR] et d’un manque de données fossiles éclairant la transition entre dinosaures et oiseaux ».
La mise à bas du mythe de l’archéoptéryx comme premier oiseau est plutôt bien accueillie par les paléontologues. Pour Lawrence Witmer de l’université de l’Ohio, elle paraît évidente avec les connaissances actuelles. En revanche, savoir si le placement phylogénétique de l’archéoptéryx parmi les Deinonychosauria sera pérenne est une autre question. Seuls des indices de terrain apportés par de nouveaux fossiles pourront confirmer (ou chambouler une nouvelle fois) nos connaissances sur l’émergence de la lignée des oiseaux.
Source : Futura-Sciences du 01/08/2011
mardi 2 août 2011
L'homme de Neandertal ''victime'' de l'immigration ?
Disparu il y a 40.000 ans, l'homme de Neandertal aurait été « submergé » par une vague d'Homo sapiens, plus avancés.
La thèse sera peut-être reprise par quelques politiques extrémistes, démontrant ainsi par l'évolution de l'histoire que l'immigration, contrairement à ce que d'aucuns prétendent en parlant de « dynamisme » et d' « ouverture », est bien un danger. Ainsi donc l'homme de Neandertal, disparu il y a 40.000 ans, aurait été submergé par une vague de « cousins » plus avancés, l'Homo sapiens. Il aura vécu pendant 300.000 ans sur le continent européen.
C'est en tous cas l'idée défendue par une étude britannique publiée jeudi dans la revue américaine Science. Cette étude a été menée par des chercheurs de l'université de Cambridge sur la base de données archéologiques recueillies dans le Périgord. Dans leurs recherches, les scientifiques ont ainsi découvert que le nombre de sites susceptibles d'avoir été occupés par les premiers hommes modernes était supérieur à celui des sites occupés par l'homme de Neandertal.
"Concurrence"
L'arrivée de l'Homo Sapiens, venu probablement d'Afrique, aurait donc conduit l'homme de Neandertal à se retirer dans des endroits où la nourriture et les abris étaient plus difficiles à trouver. C'est ce qu'explique le chercheur Paul Mellars, de l'université de Cambridge. « Confrontés à cette concurrence, les hommes de Neandertal semblent s'être retirés dans des régions moins attrayantes et plus reculées du continent », affirme-t-il. Un exode qui aurait accéléré leur disparition.
De fait, les dernières traces de l'homme de Neandertal ont été découvertes dans des cavernes en Espagne et à Gibraltar. Toujours selon le professeur Paul Mellars, sa disparition, accélérée par l'exode, aurait été définitive avec la « brusque détérioration du climat sur le continent (européen) il y a 40.000 ans ».
Source : France Soir du 31/07/2011
La thèse sera peut-être reprise par quelques politiques extrémistes, démontrant ainsi par l'évolution de l'histoire que l'immigration, contrairement à ce que d'aucuns prétendent en parlant de « dynamisme » et d' « ouverture », est bien un danger. Ainsi donc l'homme de Neandertal, disparu il y a 40.000 ans, aurait été submergé par une vague de « cousins » plus avancés, l'Homo sapiens. Il aura vécu pendant 300.000 ans sur le continent européen.
C'est en tous cas l'idée défendue par une étude britannique publiée jeudi dans la revue américaine Science. Cette étude a été menée par des chercheurs de l'université de Cambridge sur la base de données archéologiques recueillies dans le Périgord. Dans leurs recherches, les scientifiques ont ainsi découvert que le nombre de sites susceptibles d'avoir été occupés par les premiers hommes modernes était supérieur à celui des sites occupés par l'homme de Neandertal.
"Concurrence"
L'arrivée de l'Homo Sapiens, venu probablement d'Afrique, aurait donc conduit l'homme de Neandertal à se retirer dans des endroits où la nourriture et les abris étaient plus difficiles à trouver. C'est ce qu'explique le chercheur Paul Mellars, de l'université de Cambridge. « Confrontés à cette concurrence, les hommes de Neandertal semblent s'être retirés dans des régions moins attrayantes et plus reculées du continent », affirme-t-il. Un exode qui aurait accéléré leur disparition.
De fait, les dernières traces de l'homme de Neandertal ont été découvertes dans des cavernes en Espagne et à Gibraltar. Toujours selon le professeur Paul Mellars, sa disparition, accélérée par l'exode, aurait été définitive avec la « brusque détérioration du climat sur le continent (européen) il y a 40.000 ans ».
Source : France Soir du 31/07/2011
Neandertal aurait été submergé par le nombre
Nos premiers ancêtres Homo sapiens ont colonisé l'Europe il y a 40.000 ans.
Le sujet fait débat depuis des années : pourquoi l'homme de Neandertal a-t-il disparu après avoir régné sur l'Europe pendant environ 400.000 ans ? Longtemps considéré - à tort - comme une brute épaisse, ce chasseur-cueilleur particulièrement bien adapté au froid, qui maîtrisait le feu et enterrait ses morts, s'est complètement éteint quelques milliers d'années seulement après l'arrivée de nos ancêtres Homo sapiens, des «envahisseurs» venus d'Afrique et du Proche-Orient, qui ont déferlé sur notre continent il y a environ 40.000 ans.
Réchauffement climatique
Dans une étude publiée vendredi dans la revue Science, Paul Mellars et Jennifer French, paléontologues à l'université de Cambridge (Royaume-Uni), avancent une hypothèse hardie : les hommes de Neandertal auraient tout simplement été submergés par le nombre des nouveaux arrivants. Pour cela, ils ont étudié les vestiges préhistoriques du Périgord, dans le sud-ouest de la France, lesquels rassemblent la plus grande concentration de sites archéologiques de ces deux espèces d'hominidés en Europe.
En se focalisant sur trois périodes bien précises, entre -35.000 et -55.000 ans, les chercheurs britanniques ont constaté que la population des premiers hommes modernes était neuf à dix fois plus nombreuse que celle des néandertaliens qui occupaient la place. Ce formidable boom démographique aurait largement contribué, selon eux, à repousser les autochtones néandertaliens aux marges de l'Europe. Notamment dans la région de Malaga, dans le sud de l'Espagne, et dans le nord de la Sibérie où les derniers survivants connus du «plus vieil Européen» se sont éteints il y a environ 28.000 ans.
Le brutal réchauffement climatique qui s'est produit il y a 40.000 ans, c'est-à-dire à peu près au même moment, n'aurait fait qu'accentuer le processus, en ouvrant d'avantage d'espaces aux nouveaux arrivants. «Plus nombreux, mais aussi plus sédentaire et plus diversifié dans son alimentation, Homo sapiens a su mieux tirer son épingle du jeu que Neandertal», souligne le paléontologue Pascal Picq qui juge l'approche de ses collègues «solide» et «intéressante».
Un avis que ne partage pas du tout son collègue Bruno Maureille (université Bordeaux-I/CNRS). «Quels que soient les gisements étudiés, y compris dans le sud-ouest de la France, les niveaux stratigraphiques censés être rapportés aux néandertaliens sont toujours antérieurs à ceux de l'Aurignacien (période correspondant à l'arrivée des premiers hommes modernes, NDLR), explique-t-il au Figaro. Or pour parler d'expansion démographique, il faudrait que les niveaux soient contemporains, ce qui n'est le cas nulle part.»
Plus nuancé, le Pr Yves Coppens suggère de faire la même étude dans d'autres régions. «À cette époque la densité de population était extrêmement faible, avec à peine 10.000 habitants pour toute l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural. Dans ces conditions, il est difficile d'extrapoler des résultats obtenus à l'échelle régionale sur l'ensemble du continent.» Le débat n'est donc pas clos.
Source : Le Figaro du 29/07/2011
Le sujet fait débat depuis des années : pourquoi l'homme de Neandertal a-t-il disparu après avoir régné sur l'Europe pendant environ 400.000 ans ? Longtemps considéré - à tort - comme une brute épaisse, ce chasseur-cueilleur particulièrement bien adapté au froid, qui maîtrisait le feu et enterrait ses morts, s'est complètement éteint quelques milliers d'années seulement après l'arrivée de nos ancêtres Homo sapiens, des «envahisseurs» venus d'Afrique et du Proche-Orient, qui ont déferlé sur notre continent il y a environ 40.000 ans.
Réchauffement climatique
Dans une étude publiée vendredi dans la revue Science, Paul Mellars et Jennifer French, paléontologues à l'université de Cambridge (Royaume-Uni), avancent une hypothèse hardie : les hommes de Neandertal auraient tout simplement été submergés par le nombre des nouveaux arrivants. Pour cela, ils ont étudié les vestiges préhistoriques du Périgord, dans le sud-ouest de la France, lesquels rassemblent la plus grande concentration de sites archéologiques de ces deux espèces d'hominidés en Europe.
En se focalisant sur trois périodes bien précises, entre -35.000 et -55.000 ans, les chercheurs britanniques ont constaté que la population des premiers hommes modernes était neuf à dix fois plus nombreuse que celle des néandertaliens qui occupaient la place. Ce formidable boom démographique aurait largement contribué, selon eux, à repousser les autochtones néandertaliens aux marges de l'Europe. Notamment dans la région de Malaga, dans le sud de l'Espagne, et dans le nord de la Sibérie où les derniers survivants connus du «plus vieil Européen» se sont éteints il y a environ 28.000 ans.
Le brutal réchauffement climatique qui s'est produit il y a 40.000 ans, c'est-à-dire à peu près au même moment, n'aurait fait qu'accentuer le processus, en ouvrant d'avantage d'espaces aux nouveaux arrivants. «Plus nombreux, mais aussi plus sédentaire et plus diversifié dans son alimentation, Homo sapiens a su mieux tirer son épingle du jeu que Neandertal», souligne le paléontologue Pascal Picq qui juge l'approche de ses collègues «solide» et «intéressante».
Un avis que ne partage pas du tout son collègue Bruno Maureille (université Bordeaux-I/CNRS). «Quels que soient les gisements étudiés, y compris dans le sud-ouest de la France, les niveaux stratigraphiques censés être rapportés aux néandertaliens sont toujours antérieurs à ceux de l'Aurignacien (période correspondant à l'arrivée des premiers hommes modernes, NDLR), explique-t-il au Figaro. Or pour parler d'expansion démographique, il faudrait que les niveaux soient contemporains, ce qui n'est le cas nulle part.»
Plus nuancé, le Pr Yves Coppens suggère de faire la même étude dans d'autres régions. «À cette époque la densité de population était extrêmement faible, avec à peine 10.000 habitants pour toute l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural. Dans ces conditions, il est difficile d'extrapoler des résultats obtenus à l'échelle régionale sur l'ensemble du continent.» Le débat n'est donc pas clos.
Source : Le Figaro du 29/07/2011
lundi 1 août 2011
La disparition de l'homme de Néandertal précipitée par ses cousins plus avancés ?
Une nouvelle étude se penche sur ce mystère de l'évolution...
Les hommes de Néandertal pourraient avoir été submergés par une vague de leurs cousins plus avancés, les premiers hommes modernes, provoquant leur disparition il y a 40.000 ans, selon une étude britannique effectuée sur un site archéologique du Périgord (sud de la France).
Comment l'homme de Néandertal a-t-il disparu, permettant aux populations plus avancées d'Homo sapiens, probablement venues d'Afrique, de s'implanter ? La question fait l'objet de nombreux débats au sein de la communauté scientifique.
La dernière théorie en date, publiée jeudi dans la revue américaine Science, se base sur une analyse statistique d'éléments remontant à cette époque et retrouvés dans le Périgord.
Des chercheurs de l'université de Cambridge (Royaume-Uni) ont découvert que le nombre de sites susceptibles d'avoir été occupés par les premiers hommes modernes, où ont été découverts des zones de campements, des outils, des restes d'animaux et de nourriture, était supérieur à celui des sites occupés par l'homme de Néandertal.
Une vague de froid en coup de grâce ?
Les sites où se trouvaient les premiers hommes modernes présentaient aussi des objets caractéristiques de l'Homo sapiens, tels que des outils de pierre, des bijoux ou encore des oeuvres d'art, plus évolués que ce dont étaient capables les hommes de Néandertal.
L'arrivée des premiers hommes modernes a probablement poussé ces derniers à quitter leurs habitats pour des endroits où la nourriture et les abris étaient plus difficiles à trouver, précipitant leur disparition, explique Paul Mellars, de l'université de Cambridge, principal auteur de l'étude.
«Confrontés à cette concurrence, les hommes de Néandertal semblent s'être retirés dans des régions moins attrayantes et plus reculées du continent» européen, dit-il.
Les dernières traces des Néandertaliens, qui ont vécu sur le continent pendant quelque 300.000 ans, ont été découvertes dans des cavernes en Espagne et à Gibraltar.
Selon le Pr Mellars, le coup de grâce pourrait avoir été donné par une vague de froid. La disparition de l'homme de Néandertal pourrait avoir «été accélérée par une brusque détérioration du climat sur le continent il y a 40.000 ans», avance-t-il.
Source : 20mn du 20/07/2011
Les hommes de Néandertal pourraient avoir été submergés par une vague de leurs cousins plus avancés, les premiers hommes modernes, provoquant leur disparition il y a 40.000 ans, selon une étude britannique effectuée sur un site archéologique du Périgord (sud de la France).
Comment l'homme de Néandertal a-t-il disparu, permettant aux populations plus avancées d'Homo sapiens, probablement venues d'Afrique, de s'implanter ? La question fait l'objet de nombreux débats au sein de la communauté scientifique.
La dernière théorie en date, publiée jeudi dans la revue américaine Science, se base sur une analyse statistique d'éléments remontant à cette époque et retrouvés dans le Périgord.
Des chercheurs de l'université de Cambridge (Royaume-Uni) ont découvert que le nombre de sites susceptibles d'avoir été occupés par les premiers hommes modernes, où ont été découverts des zones de campements, des outils, des restes d'animaux et de nourriture, était supérieur à celui des sites occupés par l'homme de Néandertal.
Une vague de froid en coup de grâce ?
Les sites où se trouvaient les premiers hommes modernes présentaient aussi des objets caractéristiques de l'Homo sapiens, tels que des outils de pierre, des bijoux ou encore des oeuvres d'art, plus évolués que ce dont étaient capables les hommes de Néandertal.
L'arrivée des premiers hommes modernes a probablement poussé ces derniers à quitter leurs habitats pour des endroits où la nourriture et les abris étaient plus difficiles à trouver, précipitant leur disparition, explique Paul Mellars, de l'université de Cambridge, principal auteur de l'étude.
«Confrontés à cette concurrence, les hommes de Néandertal semblent s'être retirés dans des régions moins attrayantes et plus reculées du continent» européen, dit-il.
Les dernières traces des Néandertaliens, qui ont vécu sur le continent pendant quelque 300.000 ans, ont été découvertes dans des cavernes en Espagne et à Gibraltar.
Selon le Pr Mellars, le coup de grâce pourrait avoir été donné par une vague de froid. La disparition de l'homme de Néandertal pourrait avoir «été accélérée par une brusque détérioration du climat sur le continent il y a 40.000 ans», avance-t-il.
Source : 20mn du 20/07/2011
L’ancêtre des oiseaux perd son rang
La découverte, en chine, d’un fossile de dinosaure très voisin de l’Archaeopteryx, pourrait démettre ce dernier de son statut d’ancêtre des oiseaux. L’Archaeopteryx est considéré ainsi par lamjorité des paléontologues depuis la découverte du premier spécimen en 1861, quelques mois à peine après la parution de l’ouvrage de Charles Darwin L'Origine des espèces. Le fossile possédant des caractéristiques d’oiseaux (plumes, bréchet, pattes à 3 doigts) et de dinosaures il a été classé à la base des Avialae, groupe qui donnera nos oiseaux actuels.
Au fil du temps, la position d’Archaeopteryx s’est quelque peu affaiblie avec la découverte de plusieurs dinosaures à plumes possédant également d’autres caractéristiques aviaires. Mais le coup de grâce vient peut-être d’être asséné par le Pr Xing Xu, de l'Académie des Sciences chinoise, qui présente dans la revue Nature, la description d’un petit dinosaure de 800g, baptisé Xiaotingia zhengi, doté de plumes, de griffes acérées, de moins de 10 dents et d’un petit bec comme Archaeopteryx.
L’animal, est rattaché à un groupe parallèle aux Avialae, les Deinonychosauria. Les paléontologues ont alors construit un arbre phylogénétique, en comparant les caractéristiques anatomiques de l'archéoptéryx, de Xiaotingia, d’autres avialae et de deinonychosaures.
Fossile de Xiaotingia zhengi. Xu et al. Nature
Ils ont noté que les crânes d'Archaeopteryx et de Xiaotingia étaient beaucoup plus semblables à ceux des Deinonychosauria qu’à ceux des autres Avialae. Sur cette base et en comparant avec les autres traits, tels que la structure du bassin, les orteils et les jambes, ils ont conclu que l'archéoptéryx était un deinonychosaure, plus proche des dinosaures que des oiseaux.
Cette analyse phylogénétique, qui est la première à retirer l'Archaeopteryx des Avialae, est de l’aveu même des auteurs provisoire. Elle suscite déjà, quelques heures après sa parution, de nombreuses réactions pas toutes enthousiastes. Mais si elle peut être confirmée par une enquête plus poussée, les hypothèses actuelles sur les origines des oiseaux modernes devront être réévaluées.
Source : Sciences et Avenir du 28/07/2011
Au fil du temps, la position d’Archaeopteryx s’est quelque peu affaiblie avec la découverte de plusieurs dinosaures à plumes possédant également d’autres caractéristiques aviaires. Mais le coup de grâce vient peut-être d’être asséné par le Pr Xing Xu, de l'Académie des Sciences chinoise, qui présente dans la revue Nature, la description d’un petit dinosaure de 800g, baptisé Xiaotingia zhengi, doté de plumes, de griffes acérées, de moins de 10 dents et d’un petit bec comme Archaeopteryx.
Fossile de Xiaotingia zhengi. Xu et al. Nature
Ils ont noté que les crânes d'Archaeopteryx et de Xiaotingia étaient beaucoup plus semblables à ceux des Deinonychosauria qu’à ceux des autres Avialae. Sur cette base et en comparant avec les autres traits, tels que la structure du bassin, les orteils et les jambes, ils ont conclu que l'archéoptéryx était un deinonychosaure, plus proche des dinosaures que des oiseaux.
Cette analyse phylogénétique, qui est la première à retirer l'Archaeopteryx des Avialae, est de l’aveu même des auteurs provisoire. Elle suscite déjà, quelques heures après sa parution, de nombreuses réactions pas toutes enthousiastes. Mais si elle peut être confirmée par une enquête plus poussée, les hypothèses actuelles sur les origines des oiseaux modernes devront être réévaluées.
Source : Sciences et Avenir du 28/07/2011
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