mardi 27 avril 2021

DIALOGUE. Y a-t-il eu un cannibalisme guerrier à la préhistoire ?

Peut-on attester de guerres anthropophages dans les temps reculés alors que les pratiques cannibales sont déjà difficiles à documenter ? Deux scientifiques confrontent ici leurs approches divergentes. Ce dialogue est extrait de Sciences et Avenir - La Recherche 891, daté mai 2021, et disponible chez tous les marchands de journaux.

INVITÉS. Les invités du nouveau dialogue de Sciences et Avenir - La Recherche : Marylène Patou-Mathis, préhistorienne, directrice de recherche au CNRS, rattachée au MNHN, auteure des "Mangeurs de viande", aux éditions Perrin, est spécialiste de Neandertal auquel elle a consacré une exposition au musée de l’Homme, à Paris ; Bruno Boulestin, médecin et anthropologue de l’université de Bordeaux, est l’auteur, avec Dominique Henry-Gambier, de "Cannibalisme et guerre il y a 20.000 ans — Les restes humains badegouliens de la grotte du Placard", aux éditions Oxford Archeopress. Leur discussion est orchestrée par Rachel Mulot, cheffe des enquêtes à Sciences et Avenir - La Recherche.

Sciences et Avenir - La Recherche : Quel est le premier acte de cannibalisme connu chez l'humain ?

Marylène Patou-Mathis : Pour l'instant, il est attesté dans la grotte de Gran Dolina, dans la sierra d'Atapuerca en Espagne. On a des traces à la fois de démembrement, de décharnement et même de décapitation sur Homo antecessor , une espèce prénéandertalienne qui vivait là il y a 780 000 ans.

D'autres Homo préhistoriques pratiquaient-ils le cannibalisme ?

M. P-M : Pour les Homo erectus , je suis extrêmement prudente. Leur cannibalisme est évoqué pour le site de la Caune de l'Arago à Tautavel (Pyrénées-Orientales), dont l'occupation remonte à près de 570 000 ans, mais il y a trop peu de restes pour que ce soit concluant. Pour les néandertaliens, le site de Moula-Guercy, en France, vieux de 100 000 ans, semble l'attester ainsi que celui de Goyet en Belgique. D'autres sites néandertaliens, dont ceux des Pradelles, en France, et de Krapina, en Croatie, donnent encore matière à discussions, car s'il est incontestable qu'il y a des marques de découpe sur les os, était-ce vraiment du cannibalisme ou des pratiques funéraires ? On a trop généralisé en disant que tous les néandertaliens mangeaient de la chair humaine.

Les anciens Homo sapiens se repaissaient-ils de leurs semblables ?

Bruno Boulestin : Je ne connais pas de site permettant de l'attester en Afrique. En revanche, en Europe, Il y a Maszycka en Pologne, daté de -15 000 ans, et Gough's Cave, daté de -14 700 ans au Royaume-Uni. Mais le site le plus ancien est la grotte du Placard, en Charente, datant du bade-goulien (magdalénien ancien), il y a 20 000 ans.

Comment distingue-t-on si quelqu'un a été tué pour être mangé ou s'il a été mangé après une mort naturelle ou accidentelle ?

B. B. : On ne distingue pas. C'est extrêmement difficile. D'abord parce que, parmi les critères de reconnaissance du cannibalisme, il y a la fracturation osseuse qui vise à sortir la moelle pour la déguster… et justement, quand les os sont très fragmentés, il est plus compliqué de diagnostiquer les causes de la mort ! Sur le site néolithique de Herxheim (Allemagne), en 5000 avant notre ère, c'est possible parce qu'on a des traces de coups violents portés à la tête avec une herminette. L'herminette, c'est l'outil à tout faire et la Kalachnikov de l'époque : elle servait à couper des arbres, à gratter le sol, à faire la guerre aussi. On y trouve des centaines de coupes crâniennes qui ont été taillées, mais aussi des coups assenés dans des zones qui ne correspondent manifestement pas aux processus d'élaboration de ces coupes. Mais c'est un cas rarissime.

Quels peuples mangeaient leurs morts ?

M. P-M : C'est compliqué de répondre, parce que ce que l'on étudie, ce sont les ossements de ceux qui ont été mangés. Mais qui les a mangés ? Est-ce des membres de leur clan ? Ou ceux d'un clan extérieur ? En un seul repas ? Ou à différents moments ? Pour l'instant, un des critères souvent utilisé est de considérer que dans les cas d'endo-cannibalisme (la pratique qui consiste à manger les siens), les os n'étaient pas cassés pour en extraire la moelle. Ce rituel funéraire ne consisterait pas à manger tout le corps mais seulement certaines parties, notamment les abats, le cerveau, foie…

Faute d'ADN de comparaison, comment établir avec certitude que les corps découpés appartenaient à un groupe extérieur ou proche ?

B. B. : Il y a d'autres techniques dont l'analyse des isotopes du strontium, un élément qui est incorporé avec l'alimentation et qui se fixe sur les os et les dents. Il dépend de l'environnement et permet de dire si l'on a affaire à des locaux ou pas. C'est le cas à Herxheim où beaucoup de gens qui ont été mangés venaient d'ailleurs. C'est le cas aussi à la grotte des Perrats, en Charente, occupée au mésolithique, vers 7000 avant notre ère. Et là, les analyses du strontium suggèrent qu'il ne s'agissait pas de locaux.

Quand sont apparues les premières guerres ?

B. B. : L'histoire de leurs études oppose deux clans. Les Américains parlent des « faucons », partisans de la guerre depuis l'aube de l'humanité, et des « colombes » qui ne veulent pas en entendre parler avant le néolithique, quand les agriculteurs se sédentarisent, il y a environ 8000 ans en Europe occidentale. C'est un peu caricatural. À une même époque peuvent coexister des sociétés très guerrières, d'autres moins. Et dans une même société, on peut faire la guerre à un moment et être pacifique à un autre.

Bruno Boulestin : "À la grotte du Placard, on a aussi des maxillaires taillés"

Le site de la grotte du Placard, en Charente témoignerait justement d'un cannibalisme où l'on dévore l'ennemi, dès il y a 20 000 ans…

B. B. : La grotte a pratiquement été vidée au XIXe siècle, donc on n'a pas les données du terrain. Avec Dominique Henry-Gambier [anthropologue et directrice de recherches au CNRS], nous avons étudié la série d'os, près de 200. Les traces montrent que des fracturations sont intervenues sur des cadavres frais. On a beaucoup de têtes, mais le tamisage des déblais anciens a permis de découvrir des restes de gros os longs - fémurs, tibias, humérus - réputés fournir le plus de moelle, découpés et fracturés. Autant d'arguments nutritionnels qui vont dans le sens du cannibalisme. Alors, soit il y a eu une année de disette et les occupants du Placard ont mangé quelques cadavres, dans un cannibalisme de nécessité. Soit le fait s'est produit plus régulièrement, et il s'agit d'exocannibalisme, de violences armées. Ce qui conforte cette hypothèse, c'est la courbe démographique des défunts. La mortalité naturelle produit une certaine répartition de la population selon les âges. Là, la pyramide des âges montre beaucoup trop d'individus immatures pour qu'il s'agisse de mortalité naturelle.

Les crânes taillés en coupe du Placard seraient-ils des trophées ?

B. B. : Il est rarissime, chez les chasseurs-cueilleurs, de transformer ainsi les têtes de ses parents. Dans 95 % des cas documentés du point de vue ethno-historique, c'est un traitement réservé aux crânes d'ennemis. C'était le cas dans la région du Chaco, au sud de l'Amazonie, où vivaient essentiellement des chasseurs-cueilleurs. Les belligérants confectionnaient soit des crânes taillés, soit des scalps mais différents de ceux des Indiens d'Amérique du Nord. Une partie de la face était découpée jusqu'à la nuque, formant une espèce de bol. Cela a encore été observé au début du siècle dernier. Et quand les guerriers rentraient de leur raid, ces trophées servaient à boire un breuvage préparé par les femmes, accompagnant une cérémonie qui, au-delà de célébrer la victoire, avait pour but d'incorporer la force de l'ennemi. À la grotte du Placard, on a aussi des maxillaires taillés. Or l'archéologie mésoaméricaine a mis au jour des colliers datant du Ier millénaire de notre ère avec de tels ossements taillés issus d'individus sacrifiés, des ennemis venus d'ailleurs comme le montre l'étude de leurs isotopes.

Marylène Patou-Mathis, cette hypothèse d'un cannibalisme guerrier vous semble-t-elle solide ?

M. P-M : Pour moi, le côté guerrier n'est pas démontré. 200 ossements, pour la plupart fragmentaires, dans la grotte du Placard, c'est bien peu comparé à des sites tellement plus riches ! Ce n'est donc qu'une hypothèse. Peut-être avons-nous là un simple phénomène de convergence.

Il y a tellement d'autres possibilités. Pourquoi ne pas envisager des rites que nous ne pourrions pas concevoir parce que nous ne vivons pas le même rapport au monde que ces humains, n'avons pas la même cosmogonie, la même façon de percevoir les choses, les mêmes croyances ? On peut très bien envisager d'autres fonctions pour ces récipients ! Il faut réussir à trouver qui sont les mangeurs. Mais je suis optimiste. Qui aurait pensé il y a quelques décennies qu'on pourrait trouver de l'ADN ancien ? Peut-être développerons-nous des moyens techniques pour résoudre ce problème, peut-être d'ici à vingt ans.

Marylène Patou-Mathis : "Cela me pose un problème de dire que ces calottes appartiennent forcément à un ennemi. On transpose ici une vision moderne"

À quoi pourraient avoir servi ces têtes coupées, alors ?

M. P-M : Ça peut être des restes d'ancêtres, conservés par respect. Dans certaines grottes, des crânes sont ornés de gravures à l'intérieur et à l'extérieur. Lorsqu'on trouve des têtes dissociées du corps, cela pourrait résulter d'une double inhumation. Peut-être pour d'autres motivations qui nous échappent. Cela me pose un problème de dire que ces calottes appartenaient forcément à un ennemi. On transpose ici une vision très moderne.

Pour tenter de comprendre ce que faisaient les peuples préhistoriques, on les compare avec les populations actuelles vivant de manière traditionnelle. Est-ce pertinent ?

M. P-M : Je fais partie de ceux qui pensent que c'est une erreur. La plupart des études ethnographiques ont été faites avec un regard extérieur, un biais de perspective et, surtout, ces peuples ont évolué, eux aussi ont 10 000 ans d'histoire. Ce n'est pas parce que certains peuples ont tel ou tel comportement aujourd'hui que des humains préhistoriques les avaient.

B. B. : J'ai une autre vision. Comment essayer de comprendre le fonctionnement de ces sociétés qui n'ont pas laissé d'écrits, si on rejette l'ethnographie ? Il ne faut pas se leurrer, on ne saura jamais ce que pensaient les néandertaliens. Mais l'ethno-histoire donne un éventail des possibles. Quand cela n'a jamais été documenté, qu'il n'y a aucune trace, il est difficile de dire que ça a existé avant, au paléolithique.

Source : Sciences et Avenir du 27/04/2021

lundi 26 avril 2021

L'Homme avait déjà modifié les trois quarts de la planète il y a 12.000 ans

Le mythe de la nature vierge où les petits oiseaux s'épanouiraient hors de toute présence humaine a du plomb dans l'aile. Une nouvelle étude rapporte que 72,5 % de l'espace terrestre avait déjà été façonné d'une manière ou d'une autre par l'Homme alors qu'il n'était encore qu'un chasseur-cueilleur. Mais à la différence de la période actuelle, son empreinte sur la nature n'avait pas tous les effets néfastes que l'on connaît aujourd'hui.

Déforestation, artificialisation des sols, contamination aux pesticides, assèchement des lacs et de rivières... Partout où l'Homme passe, il semble provoquer des catastrophes environnementales en série. Il y aurait d'un côté la « bonne » nature complètement vierge, et de l'autre la nature qui serait en quelque sorte « dénaturée » par l'Homme. Mais selon les auteurs d'une nouvelle étude parue dans la revue PNAS, cette vision est trop simpliste.

90 % des forêts tropicales étaient occupées par l’Homme avant le Néolithique

Erle Ellis et ses collègues ont comparé des cartes des populations humaines et de l'utilisation des terres au cours des 12.000 dernières années avec des données sur la biodiversité mondiale, et ont constaté que l'impact de l'Homme sur la nature est loin d'être nouveau. « Il y a déjà 12.000 ans, près des trois quarts de la surface terrestre (72,5 %) étaient habités et donc façonnés par des sociétés humaines, dont plus de 95 % des forêts tempérées et 90 % des forêts tropicales », atteste Erle Ellis. Une différence minime avec la situation actuelle puisqu'on estime que 80 % de la biosphère terrestre a été transformée à des degrés divers par les populations humaines en 2017.

"Ce n'est pas l’utilisation des terres elle-même qui entraîne une perte de biodiversité, c'est la façon dont elles sont utilisées"

Autrefois, la nature colonisée par l'Homme présentait une mosaïque de paysages diversifiés favorables à la biodiversité. « Les chasseurs-cueilleurs, les premiers agriculteurs et les éleveurs partageaient souvent des paysages régionaux, pratiquant un large éventail d'activités de subsistance comme la chasse, la transhumance, la mobilité résidentielle, la polyculture ou la jachère », détaille Erle Ellis.

Monoculture et mondialisation

Mais aujourd'hui, la présence humaine se traduit par une homogénéisation de l'espace, la monoculture intensive, l'utilisation de pesticides à grande échelle, une irrigation massive et l'extraction de ressources naturelles non renouvelables. « L'émergence et la diffusion de sociétés de plus en plus mondialisées et industrielles n'ont fait qu'accélérer cette tendance vers des habitats écologiquement homogènes, où des espèces sont transportées intentionnellement ou non intentionnellement sur les différents continents ». Qu'est-ce qui différencie aujourd'hui un champ de maïs en Alsace d'un autre champ de maïs dans l'Indiana ? Un lapin de garenne de Roumanie d'un lapin australien ?

Quand l’Homme a un impact positif sur la biodiversité

Paradoxalement, les terres que nous considérons aujourd'hui comme « sauvages », comme la forêt amazonienne ou la savane africaine, ont une très riche biodiversité en raison d’une présence humaine passée, avancent également les chercheurs. « Nos données montrent que la richesse de vertébrés et en espèces menacées était plus grande dans les zones habitées jusqu'à 1.500 ans avant notre ère », relate l'étude. Puis la tendance s'est inversée et l'Homme a commencé à avoir un impact négatif.

L'instauration de zones protégées ne doit donc pas consister à chasser toute présence humaine du paysage. « Travailler avec les communautés locales et traditionnelles est essentiel si nous voulons préserver la biodiversité », concluent les auteurs. Qui mieux que le chef indien Raoni pour défendre ses territoires contre la déforestation ?

Source : Futura du 25/04/2021

mercredi 21 avril 2021

Olorgesailie

Olorgesailie est un site préhistorique du Paléolithique inférieur, situé dans la vallée du Grand Rift, dans le sud du Kenya. Olorgesailie est remarquable pour la découverte d'un grand nombre de bifaces acheuléens, façonnés durant des milliers d'années entre il y a 1,2 million et 490 000 ans, associés avec des activités de dépeçage de gros mammifères. Un os frontal humain fossile, daté de 900 000 à 970 000 ans, y a été mis au jour.

Historique

Des outils lithiques ont d'abord été découverts par le géologue britannique John Walter Gregory en 1919, mais ce n'est qu'en 1943 que les fouilles ont commencé sérieusement sous la direction de Mary et Louis Leakey, avec l'aide de prisonniers de guerre italiens en liberté conditionnelle. Les travaux se sont poursuivis jusqu'en 1947. L'archéologue sud-africain Glynn Isaac a repris les fouilles dans les années 1960 pour sa thèse de doctorat. Dans les années 1980, Richard Potts, travaillant à la Smithsonian Institution, a poursuivi ses recherches en collaboration avec les musées nationaux du Kenya.

Découvertes

De très nombreux outils lithiques ont été découverts sur le site, dont des bifaces caractéristiques de la période acheuléenne qui abondent. Ces outils ont été taillés entre 1,2 million et 490 000 ans, le long de ce qui était alors le rivage d'un lac maintenant asséché.

Des fossiles de divers animaux ont également été trouvés, y compris ceux d'espèces éteintes d'hippopotame (Hippopotamus gorgops), d'éléphant (Elephas recki), de zèbre (Equus oldowayensis), de girafe et de babouin (Theropithecus oswaldi), susceptibles d'avoir été dépecés à l'aide des bifaces trouvés.

En juin 2003, une équipe dirigée par Richard Potts a découvert in situ un os frontal humain fossile. D'autres parties du crâne (répertorié sous le numéro KNM-OL 45500) ont été trouvés dans les mois suivants. L'os frontal est daté de 900 000 à 970 000 ans, ce qui en fait le premier fossile humain trouvé sur le site. Les restes fossiles étaient dans le même niveau stratigraphique que deux bifaces et plusieurs éclats, près de dépôts denses de bifaces.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom :
âge : 1,2 Ma - 490 ka
découverte : John Walter Gregory
date : 1919
espèce :

Complexe archéologique de Kathu

Le complexe archéologique de Kathu est un groupe d'expositions archéologiques importantes, principalement de l'âge de pierre, situées dans et près de Kathu, une ville minière de la province du Cap Nord, en Afrique du Sud. Les sites comprennent une série d'expositions de gouffres, les sites de Kathu Pan, au nord-ouest de la ville, l'immensément riche étendue d'artefacts à ce que l'on appelle Kathu Townlands sur le côté est de Kathu (maintenant entouré par le développement urbain), et la surface et les horizons souterrains, y compris les haches à main dans les fermes plus à l'est. Celles-ci font l'objet de recherches archéologiques en cours.

Kathu Pan

À Kathu Pan, au nord-ouest de la ville, des preuves de l'occupation précoce des hominidés ont été observées sur plusieurs gouffres à l'intérieur de la casserole. La localité connue sous le nom de Kathu Pan a des dépôts de l'âge de pierre plus tôt (strate 4b) caractérisés par des haches à main bien faites. Au-dessus, la strate 4a est datée par une combinaison de séries OSL et ESR/U datant d'environ 500 000 ans avant aujourd'hui. L'assemblage d'artefacts en pierre de la strate 4a est caractérisé par une technologie de base préparée qui produit à la fois des lames et des pointes, et a été attribuée à l'industrie Fauresmith.

Dans un article publié dans Science en novembre 2012, Jayne Wilkins et ses collègues révèlent des preuves de points de pierre vieux de 500000 ans (excavés par Peter Beaumont en 1979-1982), qui représentent les premières lances à pointe de pierre encore trouvées. Cette conclusion, basée en partie sur une comparaison expérimentale de l'usure d'usage, est considérée comme indiquant que les ancêtres humains utilisaient des armes à pointe de pierre pour chasser 200 000 ans plus tôt qu'on ne le pensait auparavant. Wilkins aurait déclaré que "la découverte fait plus que simplement prolonger la préhistoire des lances à pointe de pierre - elle met ces premières lances fermement entre les mains d'Homo heidelbergensis. Les butineuses modernes utilisent ces outils pour abattre le gros gibier dans le cadre de chasses stratégiques coopératives. Peut-être que notre ancêtre l'a fait aussi."

Source : Wikipedia

- - - - -

nom : Kathu Pan
âge : 500 ka
découverte : Peter Beaumont
lieu : Afrique du Sud
date : 1979-1982
espèce : Homo heidelbergensis

- - - - -

mardi 20 avril 2021

Acheuléen

Le terme Acheuléen désigne une industrie lithique de mode 2 caractéristique du Paléolithique inférieur. Elle apparait pour la première fois en Afrique de l'Est il y a 1,76 million d'années, et disparaît complètement du paysage archéologique il y a seulement 150 000 ans, tandis que les industries lithiques de mode 3 qui lui succèdent émergent en Afrique à partir de 500 000 ans avant le présent, et en Inde vers 385 000 ans AP environ.

Historique

L’Acheuléen doit son nom au site de Saint-Acheul, quartier situé à l'est d’Amiens (France), sur les terrasses de la Somme, où une industrie ancienne à bifaces a été décrite pour la première fois par Gabriel de Mortillet en 1872.

Origine

L’Acheuléen succède à l’Oldowayen en Afrique de l'Est, où il est documenté dès 1,76 million d’années avant le présent sur le site de Kokiselei, sur les rives du lac Turkana, au Kenya. Il est attesté dès 1,7 Ma avant le présent sur les sites d’Olduvai (Tanzanie), et ensuite sur tout le continent africain.

Les sites de cette époque sont extrêmement nombreux ; on peut notamment retenir les noms suivants : Olorgesailie, Kilombe et Isenya (Kenya), Melka Kunture et Gadeb (Éthiopie), La Kamoa (République démocratique du Congo), Tighennif et Tabelbala-Tachenghit (Algérie).

Diffusion

L’Acheuléen atteint rapidement le Moyen-Orient et l’Inde, et plus tardivement l’Europe. On le trouve au Moyen-Orient (à Ubeidiya) il y a 1,4 Ma, et en Inde dès 1,5 Ma avant le présent.

En Europe, l’Acheuléen succède à l'Oldowayen à partir de 760 000 ans avant le présent. Toutefois, des bifaces ont peut-être été fabriqués il y a environ 850 000 ans en Espagne. Des manifestations rares indiquent l'émergence de telles technologies il y a plus de 700 000 ans dans le bassin méditerranéen (par exemple, à Barranc de la Boella, Tarragone, Espagne). Au cours des années 2010, des travaux de terrain ont montré qu'une production élaborée de bifaces est apparue soudainement il y a environ 700 000 ans dans le nord-ouest de l'Europe. Malgré ces nouvelles informations, le moment et les caractéristiques des premières preuves de groupes acheuléens en Europe occidentale sont encore mal connus.

Notarchirico, au sud de l'Italie a fourni les premières preuves de la colonisation acheuléenne en Italie. Les découvertes indiquent de manière précise des occupations entre 695 et 670 ka, parallèlement aux sites du Moulin Quignon et de la Noira à Brinay (France).

Vers le Moustérien

Le passage de l'Acheuléen aux industries lithiques de mode 3 est plus ou moins progressif : disparition des bifaces, généralisation du débitage laminaire, puis du débitage Levallois, développement et standardisation de l'outillage sur éclat, etc. Les industries du début du Paléolithique moyen comportant encore des bifaces aux côtés d'outils sur éclat sont parfois attribuées à l'Acheuléen supérieur.

Caractéristiques techniques

Les outils caractéristiques de l’Acheuléen sont les bifaces et les hachereaux :

  • Les bifaces sont de grands outils façonnés, sculptés progressivement sur leurs deux faces pour rendre aigus les bords proches de leur pointe.
  • Les hachereaux sont des outils réalisés sur de grands éclats retouchés en préservant un tranchant brut très aigu à une extrémité.

Leur réalisation est considérée par de nombreux auteurs comme un trait culturel fort de l'Acheuléen. L'étude de leur répartition permet de suivre la diffusion de l'Acheuléen depuis l'Afrique jusqu'à l'Eurasie.

Ces outils sont parfois associés à des bolas et souvent à de petits outils retouchés sur éclats, qui se généralisent ensuite au Paléolithique moyen.

Les acteurs de l'Acheuléen

L'apparition et la diffusion de l'Acheuléen en Afrique sont généralement attribuées à Homo ergaster. Au Moyen-Orient et en Inde, les fossiles de cette période sont encore trop peu nombreux pour pouvoir relier industries lithiques et espèces humaines.

L' Homo heidelbergensis (défini à partir de la mandibule de Mauer) est considéré comme à l'origine de changements comportementaux importants, comme le début de la production de biface (mode technologique 2, culture acheuléenne). Ces premiers groupes acheuléens d'Homo heidelbergensis sont arrivés en Europe il y a environ 1,0–0,7 Ma, et ont été exposés à des conditions environnementales difficiles, qui peuvent avoir stimulé de nouvelles réponses culturelles. Au cours de cette période, appelée révolution du Pléistocène moyen, l'Europe du Nord était caractérisée par des conditions climatiques contraignantes, en particulier pendant les stades glaciaires (1,25–0,7 Ma).

Ces nouvelles données démontrent une expansion très rapide des traditions communes en Europe occidentale pendant une période de conditions climatiques très variables, y compris des épisodes interglaciaires et glaciaires, entre 670 et 650 ka. La diversité des outils et des activités observées dans les différents sites montre que l'Europe occidentale était peuplé d'hominidés adaptables pendant cette période.

Source : Wikipedia

U.W. 101–1322

Plus précisément, U.W. 101–1322, ou calcanéum d'Homo Naledi. Ce fossile est révélateur du lent voyage vers la locomotion bipède. Ce fossile a des facteurs similaires à ceux des grands singes et des humains modernes !

- - - - -

nom : U.W. 101–1322
âge : 335-236 ka
découverte :
date :
espèce : Homo naledi

Formation de Gademotta

La formation de Gademotta dans la principale vallée du Rift éthiopien est connue pour ses sites archéologiques de l'âge de pierre moyen. Il est situé à l'ouest du lac Ziway. En plus du site type, qui prend le même nom, la formation contient un groupe de sites à Kulkuletti, à environ 2,5 kilomètres (1,6 mi). L'environnement proche du lac et l' obsidienne disponible localement ont peut-être attiré l'occupation continue / répétée de la région par les hominins du Pléistocène moyen et tardif .

Le complexe du site de la Formation de Gademotta a été découvert au début des années 1970 par une équipe de chercheurs sous la direction de Fred Wendorf et Romuald Schild . Cette équipe a mené plusieurs fouilles en 1972 et 1973, récupérant des dizaines de milliers d'artefacts en pierre. La recherche renouvelée dans la Formation de Gademotta a été encouragée par de nouvelles techniques qui ont permis un âge plus précis 40Ar / 39Ar du site publié en 2008.

Un âge de plus de 279 000 ans est publié pour le site le plus ancien de l'âge de pierre moyen de la formation. Bien que similaire en âge avec le site le plus ancien de l'âge de pierre moyen dans la formation de Kapthurin, au Kenya, l'occupation la plus ancienne à Gademotta est caractérisée par des éléments technologiques qui sont exclusivement attribuables à l'âge de pierre moyen. Des lances de lancer à pointe de pierre de cet âge ont été étudiées.

Source : Wikipedia (en)

- - - - -

nom : Kulkuletti
âge : 279 ka
découverte :
lieu : Ethiopie
date :
espèce :

- - - - -

lundi 19 avril 2021

Wolo Sege

Le site, appelé Wolo Sege, a produit plus de 40 flocons de pierre. C'étaient des outils à main, probablement utilisés pour abattre la viande entre autres tâches.

Beaucoup montrent des preuves d'avoir été entraînés dans un ruisseau avant d'être couchés. De manière critique, cependant, leur enterrement est coiffé par une couche de cendres volcaniques qui a été datée avec précision il y a un peu plus d'un million d'années.

Les scientifiques ne peuvent pas dire qui a utilisé ces outils. Le nombre est insuffisant à ce stade pour évaluer quelle culture les a produits. Mais leur simple découverte soulève des questions intéressantes.

L'idée que Flores pourrait avoir une histoire d'occupation très profonde alimentera le débat sur les origines de H. floresiensis .

De nombreux scientifiques pensent que la créature a évolué à partir d'une espèce beaucoup plus grande, Homo erectus , qui s'est isolée et rétrécie avec le temps. D'autres soulignent des caractéristiques du corps du hobbit - telles que la longueur de ses pieds à la forme de sa ceinture scapulaire - qui sont très primitives et pas ce à quoi on pourrait s'attendre chez H. erectus nain .

Ces chercheurs ont avancé l'idée que H. floresiensis pourrait avoir évolué à partir de créatures plus archaïques qui ont quitté l'Afrique pour coloniser l'Asie avant même Erectus.

Source :

- - - - -

nom :
âge : 1 Ma
découverte :
date :
espèce : Homo floresiensis

Formation de Kapthurin

La Formation de Kapthurin est un affleurement de basalte au Kenya près du lac Bogoria et du lac Baringo .

Faisant partie du système de rift est-africain , c'est également un site archéologique important dans l'étude des premiers humains qui ont occupé la région et ont laissé derrière eux des outils de pierre acheuléens et des os d'animaux.

La datation à l'argon-argon des cendres volcaniques recouvrant les fragments d' ocre qui y ont été découverts a daté ce qui pourrait représenter une des plus anciennes sensibilité esthétique humaine à il y a 285 000 ans. Les fragments d'ocre doivent avoir été apportés sur le site par l'action humaine et peuvent avoir été utilisés comme parure corporelle.

Source : Wikipedia (en)

- - - - -

nom : Kapthurin
âge : 285 ka
découverte :
lieu : Kenya
date :
espèce :

- - - - -

dimanche 18 avril 2021

Homme de Menton

La sépulture de l'Homme de Menton se trouve dans la grotte du Cavillon, une des grottes des Balzi Rossi, en Ligurie italienne. Elle date d'environ 25.000 ans et renferme les ossements d'un adulte féminin.

- - - - -

Le 26 mars 1872, il découvre dans l'une d'elles, appelée la grotte du Cavillon (Caviglione en italien), un squelette humain féminin à la tête recouverte de coquillages daté du Paléolithique supérieur, connu sous le nom d'« Homme de Menton » ou « Dame du Cavillon », qui est aujourd'hui présentée au musée de l'Homme avec le moulage entier de la sépulture.

- - - - -

"l’homme de Menton" découvert en 1872 entouré d’offrandes, forcément un dominant respecté, a été rebaptisé "la Dame du Cavillon" une fois mieux analysé en 2016.

- - - - -

La deuxième partie est consacrée à l’étude de la sépulture de la « Dame du Cavillon », anciennement nommée « l’Homme de Menton », qui a été inhumée à l’âge de 37 ans dans cette caverne, au Gravettien moyen, il y a environ 24 000 ans. Pour son voyage dans l’au-delà, elle était parée d’une coiffe funéraire ornée de petites coquilles marines et de canines de cerf et d’un jambelet au-dessus de son mollet gauche. Un poinçon en os, taillé dans un métapode de cheval disposé près de sa tête, une pendeloque aménagée elle aussi dans un métapode de cheval et deux chevaux gravés sur les parois de la caverne au-dessus de la sépulture, témoignent d’un rite funéraire complexe en relation avec les plus profondes interrogations de l’esprit humain, parallèlement aux sanctuaires souterrains ornés des cultures du Paléolithique supérieur.

La troisième partie est consacrée à l’étude anatomique du squelette de la « Dame du Cavillon », de type Cro-Magnon, qui appartenait à la culture du Gravettien moyen. Elle permet de la rapprocher des autres sépultures mises au jour dans les grottes des Baousse Rousse (Barma Grande, Barma du Baousso da Torre, Grotte des Enfants), dans la grotte des Arene Candide à Finale Ligure, et sur les sites de plein air de Predmost, Pavlov et Brno en Europe centrale. La « Dame du Cavillon », de type Cro- Magnon, appartenait à un groupe euro-méditerranéen, au crâne gracile et étroit, qui peut être distingué de celui connu dans le sud-ouest de la France (Cro-Magnon) plus robuste et large.

- - - - -

"l’homme de Menton" découvert en 1872 entouré d’offrandes, forcément un dominant respecté, a été rebaptisé "la Dame du Cavillon" une fois mieux analysé en 2016.

Source :

- - - - -

nom :
âge : 24 ka
découverte :
date : 1872
espèce : Homo sapiens

- - - - -

samedi 17 avril 2021

Premiers Hommes modernes en Europe

Les premiers Hommes modernes en Europe sont les premières populations d'Homo sapiens ou humains anatomiquement modernes en Europe, au Paléolithique supérieur, désignées en anglais par le sigle EEMH, pour European early modern humans. Les fossiles de ces populations datent d'environ 48 000 à 15 000 ans (48–15 ka), intervalle qui couvre les périodes bohunicienne, aurignacienne, gravettienne, solutréenne et magdalénienne.

L'expression « Hommes modernes » s'emploie par opposition à « humains archaïques », terme renvoyant à Homo heidelbergensis et Homo neanderthalensis qui ont vécu en Europe dans un intervalle compris entre 400 000 à 37 000 ans environ et qui, après l'arrivée d'Homo sapiens, ont disparu ou ont été absorbés dans sa lignée.

Les premiers Hommes modernes en Europe étaient parfois désignés dans la littérature scientifique jusqu'à la fin des années 1990 par l'expression Hommes de Cro-Magnon, abandonnée depuis. Le nom commun de Cro-Magnon n'a pas de statut taxinomique formel, car « il ne fait référence ni à une espèce ou sous-espèce ni à une phase ou culture archéologique ». L'expression de « Cro-Magnon » renvoie de manière limitée aux périodes postérieures au début de l'Aurignacien proprement dit, il y a environ 37 à 35 ka.

Chronologie

Il y a eu, selon toute vraisemblance, plusieurs migrations et disparitions de l'Homme moderne (Homo sapiens) sur le continent européen. Au Paléolithique moyen, des fossiles d'humains modernes datés de 210 000 ans ont été identifiés dans la grotte d'Apidima, en Grèce.

Les premiers indices d'une immigration humaine moderne en Europe au Paléolithique supérieur sont fournis par des traces de l'industrie bohunicienne des Balkans ; cette culture archéologique qui apparaît il y a 48 000 ans, est probablement dérivée de la culture émirienne levantine. Les premiers fossiles d'Homo sapiens en Europe remontent à environ 45 à 43 000 ans ; ils ont été découverts en Bulgarie, en Italie et en Grande-Bretagne. On ne sait pas si ces premiers Hommes modernes sur le continent européen ont, lors de leur migration vers l'ouest, suivi le Danube, ou longé la côte méditerranéenne. Il y a environ 45 à 44 000 ans, la culture proto-aurignacienne s'est répandue à travers l'Europe, descendant probablement de la culture ahmarienne du Proche-Orient.

Il y a 40 000 ans, avec le début de l'évènement de Heinrich 4, l'Aurignacien proprement dit évolue en Europe centrale et méridionale, et succède à d'autres cultures à travers le continent. La vague d'Hommes modernes de culture aurignacienne remplace les Hommes de Néandertal et leur culture moustérienne. Dans la vallée du Danube, l'Aurignacien présente des sites très rares par rapport aux traditions postérieures jusqu'à il y a 35 000 ans. A partir de cette époque, l'"Aurignacien typique" devient assez répandu ; il s'étend jusqu'à il y a 29 000 ans.

L'Aurignacien est progressivement remplacé par la culture gravettienne, mais on ne sait pas quand l'Aurignacien s'est éteint, car il est mal défini. Des outils «aurignacoïdes» ou «épiaurignaciens» sont datés de 18 à 15 000 ans. On ne sait pas non plus d'où vient le Gravettien, car il diffère considérablement de l'Aurignacien et ne peut donc pas en être issu. Pour rendre compte de la genèse gravettienne, les spécialistes invoquent en Europe centrale une évolution du Szélétien qui existait il y a 41 à 37 000 ans (il s'est développé à partir du Bohunicien) ; ou des cultures ahmariennes ou apparentées, du Proche-Orient ou du Caucase, qui existaient à une époque antérieure à 40 000 ans. On ne connaît pas avec certitude le lieu où la première occurrence de la culture gravettienne est identifiée ; ce pourrait être l'Allemagne il y a environ 37 500 ans, ou le dernier abri de roche Buran-Kaya III en Crimée il y a environ 38 à 36 000 ans. Dans les deux cas, l'apparition du Gravettien coïncide avec une baisse de température importante.

La population fondatrice de tous les premiers Hommes modernes européens ultérieurs existait sur le continent il y a environ 37 000 ans ; par la suite l'Europe serait restée isolée génétique du reste du monde jusqu'à il y a 14 000 ans.

Le refroidissement s'intensifie il y a environ 29 000 ans ; il culmine lors du dernier maximum glaciaire (Last Glacial Maximum, LGM) il y a environ 21 000 ans, période au cours de laquelle la Scandinavie, la région de la Baltique et les îles Britanniques, les Alpes sont couverts de glaciers et la glace hivernale atteint la côte française. La majeure partie de l'Europe est alors un désert polaire ; sur la côte méditerranéenne s'étendent des steppes à mammouths et des steppes boisées. De larges pans de l'Europe étant inhabitables, deux cultures distinctes émergent, avec des technologies uniques permettant aux humains de s'adapter au nouvel environnement : le Solutréen qui, dans le sud-ouest de l'Europe, invente de toutes nouvelles technologies, et l'Épigravettien qui, de l'Italie à la plaine russe, adapte les précédentes technologies gravettiennes. Les peuples solutréens habitent la zone de pergélisol, tandis que les peuples épigravettiens semblent être restés dans des zones moins inhospitalières, et gelées de façon saisonnière seulement. Peu de sites datant de cette période sont connus aujourd'hui.

Les glaciers commencent à reculer il y a environ 20 000 ans ; le Magdalénien colonise l'Europe occidentale et centrale (succédant au Solutréen) au cours des deux mille années suivantes. À partir du début du Dryas il y a environ 14 000 ans, les traditions magdaléniennes finales se développent, à savoir l'Azilien, l'Hambourgien et le Creswellien. Pendant le réchauffement de Bølling–Allerød, des gènes du Proche-Orient apparaissent chez les Européens indigènes, indiquant la fin de l'isolement génétique de l'Europe.

Peut-être en raison de la réduction continue du gros gibier européen, le Magdalénien et l'Épigravettien sont complètement remplacés par le Mésolithique au début de l'Holocène.

Source : Wikipedia

vendredi 16 avril 2021

Grotte du Cheval

La Grotte du Cheval (en italien Grotta del Cavallo) est une grotte calcaire située dans la région des Pouilles, en Italie, près de Nardò. On y a trouvé, dans une couche datée du Paléolithique supérieur initial, des outils lithiques attribués à une industrie dite de transition, appelée l'Uluzzien, ainsi que deux dents humaines déciduales, aujourd'hui attribuées à Homo sapiens, mais dont l'association éventuelle avec l'industrie uluzzienne demeure discutée.

Historique

La grotte du Cheval a été découverte en 1960, et deux campagnes de fouilles ont suivi, de 1963 à 1966, puis de 1986 à 2008. Elle a été perturbée par des pillards pendant la période séparant les deux vagues de fouilles, endommageant les couches correspondant au Paléolithique supérieur. La grotte a donc été interdite au public.

Description

La grotte se situe quinze mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. Elle présente une entrée arrondie large de cinq mètres et haute de deux mètres, surplombant la mer.

Stratigraphie

La grotte contient une riche succession stratigraphique de 7 mètres de hauteur, qui s'est déposée au-dessus d'une plage formée durant une période interglaciaire. La partie la plus épaisse correspond au Paléolithique moyen, associé à la culture néandertalienne du Moustérien. La couche D-E, datée du Paléolithique supérieur initial, a livré une industrie lithique dite de transition, intermédiaire entre le Moustérien et l'Aurignacien, qu'on a dénommée par la suite l'Uluzzien, et que l'on ne connait à ce jour qu'en Italie et en Grèce.

Restes humains

En 1964, deux dents de lait humaines (des prémolaires) sont découvertes dans la couche D-E. En 1967, les chercheurs les décrivent comme étant d'origine néandertalienne, et supposent que les outils de pierre et les décorations de perles uluzziens représentent donc une culture néandertalienne. L'Uluzzien ressemble au Châtelperronien, trouvé en France et en Espagne au début du Paléolithique supérieur, et qui est généralement attribué aux Néandertaliens, bien que cela soit encore discuté.

En 2011, une équipe de chercheurs, dirigée par Stephano Benazzi, du Département d'Anthropologie de l'université de Vienne, publie une étude dans la revue Nature, qui conclut que les dents ne sont pas d'origine néandertalienne, mais appartiennent à Homo sapiens et datent de 45 000 à 43 000 ans AP. Selon Benazzi, ces résultats permettent de soutenir l'hypothèse selon laquelle l'Uluzzien ne doit pas être attribué aux Néandertaliens mais à Homo sapiens. Ces vestiges d'Homo sapiens passaient pour être les plus anciens connus en Europe, avant la découverte publiée en 2020 de restes fossiles d'Homme moderne d'environ 45 000 ans, découverts dans la grotte de Bacho Kiro, en Bulgarie, et dont la datation est mieux établie.

L'attribution des dents à Homo sapiens est généralement acceptée par la communauté scientifique, mais leur association avec l'industrie uluzzienne est contestée, car les dents auraient pu glisser dans une couche plus profonde et plus ancienne au cours du temps. Savoir qui sont les auteurs de l'Uluzzien demeure donc un sujet de débat parmi les chercheurs.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom :
âge : 45-43 ka
découverte :
date : 1964
espèce : Homo sapiens

- - - - -

En novembre 2011, des tests ont été menés à l'Oxford Radiocarbon Accelerator Unit en Angleterre sur ce que l'on croyait être des dents de lait d'un Homme de Néandertal, exhumées en 1964 dans la Grotte du cheval en Italie. Ces dents font partie en réalité des plus anciens vestiges d'hommes anatomiquement modernes jamais découverts en Europe ; elles datent de 43 000 à 45 000 ans. Aucun outil n'est associé à cette découverte.

Source : Wikipedia

Systema Naturae

Le livre Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis (Système de la nature, en trois règnes de la Nature, divisés en classes, ordres, genres et espèces, avec les caractères, les différences, les synonymes et les localisations) (titre de la 10e édition de 1758) est l’œuvre majeure du médecin et botaniste suédois Carl von Linné (1707-1778).

Présentation

Entièrement rédigé en latin, Systema naturæ, paraît à Leyde en 1735 dans une première édition, sous la forme d'un opuscule ne comprenant que onze pages, dans lequel il expose sa méthode de classification de la nature. Durant trente-cinq ans, elle sera constamment revue et augmentée, bientôt répartie en trois tomes (un par règne). Les éditions s’enrichissant au fur et à mesure des nouvelles espèces découvertes par ses collaborateurs et des remaniements de sa classification. Si bien qu'en 1770, la treizième édition atteignait les 3 000 pages.

Pour la sixième édition, publiée à Stockholm en 1748, le titre est légèrement modifié en Systema naturæ sistens regna tria naturæ, in classes et ordines, genera et species redacta tabulisque æneis illustrata, mettant l'accent sur l'ampleur prise par les tables et les illustrations, mais les éditions suivantes rétabliront le titre initial.

On oublie parfois qu'il s'agit d'une œuvre collective, notamment dans sa partie descriptive. Si Linné est l'auteur du texte principal, il a laissé à d'autres naturalistes le soin d’illustrer et d'identifier les espèces.

Le système linnéen : ordre et langage

Quoi qu'il en soit, la classification de Linné représentera un modèle pour plusieurs générations de naturalistes, gagnant peu à peu les opposants les plus farouches, comme les disciples de Buffon.

C'est en effet dans cet ouvrage qu'il développe sa conception de l'ordre hiérarchique des espèces, qui sera « le premier essai de classification systématique » des trois règnes de la nature (deux règnes du monde vivant et un règne du monde inorganique), et qui va profondément bouleverser et inspirer l'histoire naturelle. Jusqu'alors et pendant deux siècles, les naturalistes avaient réuni une foule d’informations qu'il était nécessaire d'ordonner. Pour réorganiser ces connaissances suivant un ordre rigoureux et élaborer son système de classification, Linné s'inspire du concept d'espèce de John Ray : « ensemble d’individus qui engendrent, par la reproduction, d’autres individus semblables à eux-mêmes. »

Le Systema Naturae est fondé sur la découverte de la sexualité des plantes annoncée par le De sexu plantarum epistola de Camerer en 1694 et le Sermo de structura florum de Sébastien Vaillant en 1718. Linné tenait en estime les travaux de Césalpin.

À partir de la dixième édition (1758), il généralise le fameux système de nomenclature binominale des espèces, qui reste à la base de la taxinomie et de la nomenclature scientifique moderne.

Trois règnes de création divine

Les trois règnes de la nature tels que les conçoit Linné sont (dans l'ordre ethnocentrique) le règne animal, le règne végétal et le règne minéral.

C’est surtout la classification des plantes qui est bouleversée. Linné, s'inspirant du français Sébastien Vaillant base sa systématique sur les organes reproducteurs des végétaux, qui réunit les espèces ayant le même nombre d’étamines dans les mêmes groupes. Cette classification, qui ne lui a pas survécu, reste néanmoins le premier essai du genre. Linné révise sa nomenclature botanique dans Species Plantarum publié en 1753.

La partie zoologique de Systema naturæ, qui répartit les animaux en six groupes (Quadrupèdes, Oiseaux, Amphibiens, Poissons, Insectes et Vers), établis selon des caractères anatomiques (dents, becs, nageoires ou ailes), fera également l’objet de nombreux amendements. Ainsi, les êtres humains seront, pour la première fois, classés avec les primates. Dans la dixième édition, il transfère les baleines des poissons aux mammifères.

Derrière l’ambition d’imposer un système descriptif rationnel et universel, le crédo de Linné est fondé sur une certitude immuable : la fixité des espèces. Linné considérait en effet qu’il ne faisait que décrire et classer les créations divines et qu’il pouvait en mener à terme l'inventaire avant sa mort. Aujourd’hui, une telle ambition n'est évidemment plus concevable, notamment après l'avènement des théories du transformisme puis de l'évolution, mais aussi ne serait-ce que parce que le nombre d’espèces connues a considérablement augmenté.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom :
âge :
découverte : Carl Linnaeus
lieu :
date : 1735
espèce :

- - - - -

Comme beaucoup d'hommes dans l'Europe du 18e siècle, Linné a été préparé pour une carrière dans l'église protestante. Bien qu'il finisse par devenir botaniste plutôt que pasteur, ses théories scientifiques sont guidées par des enseignements religieux. Pendant son temps en tant qu'étudiant à l'Université d'Uppsala en Suède, Linnaeus a cherché à développer un système de classification des plantes plus organisé que ce qui existait à l'époque.

Il a été inspiré par le travail d'Aristote théorisant une échelle hiérarchique (latinisée en scala naturae , plus tard appelée la grande chaîne de l'être) où toute matière et tous les organismes vivants étaient disposés sur un continuum basé sur l'avancement, avec les humains au sommet suivis par d'autres mammifères, vertébrés, invertébrés, insectes, plantes, roches et minéraux. Les chrétiens médiévaux ont ajouté des «êtres spirituels» à l'échelle, plaçant Dieu au sommet, suivis des anges, des humains, etc.

Ce cadre soutenait la vision européenne populaire de la nature qui séparait les humains des animaux. Linné, lui aussi, suivit cette logique dans son schéma de classification, décidant que l'ordre scientifique le plus naturel était un ordre hiérarchique, où les organismes étaient classés selon leur intelligence, comme il pensait que Dieu l'avait voulu.

E n 1735, la première édition de Systema Naturae de Linnaeus a été publiée. Le texte présentait une classification fonctionnelle de la matière et des organismes vivants, y compris les humains. Linné, suivant l'idée d'Aristote selon laquelle «l'homme est un animal», a créé la classe «Anthropomorpha», qu'il a subdivisée en trois genres: Homo (humain), Simia (qui signifie singe et aussi quelques singes) et Bradypus (paresseux). (Contrairement à la tradition, Linné n'a pas été le premier penseur à relier les humains aux singes. Le savant musulman du XIIe siècle Nidhami Arudi a établi des liens similaires, mais son travail a souvent été négligé par les Européens et reste méconnu aujourd'hui.)

Cette partie du cadre de Linné a fini par être plutôt controversée; l'idée que les humains, les singes et les paresseux appartiennent tous au même ordre allait à l'encontre des enseignements de l'église. Le pape a interdit l'utilisation de ses livres et Linné a été largement critiqué. Ses pairs se moquaient de lui pour s'être imaginé « un second Adam », en référence à l'Adam biblique, qui aurait nommé des animaux dans le jardin d'Eden.

A ien beaucoup se moquaient, certains de ses pairs et les étudiants ( appelés « apôtres » Linné ) le considérait toujours comme l'expert avant tout sur la classification botanique au cours de sa vie. Cependant, peu de temps après sa mort en 1778, l'héritage de Linné était presque oublié. Cela est resté vrai jusqu'à ce que le nationalisme suédois se développe au 19ème siècle, et Linné a été récupéré de l'histoire et est devenu l'icône du pays.

Dans la première édition, Linnaeus a inventé le terme Homo et a divisé les humains en quatre variétés : Europaeus albus (gens d'Europe), Americanus rubescens (gens des Amériques), Asiaticus fuscus (gens d'Asie) et Africanus niger (gens d'Afrique ). (En science, les noms de genre et d'espèce, tels que Homo sapiens, sont en italique; aucune des classifications originales des humains de Linnaeus n'est considérée comme des noms d'espèces valides aujourd'hui, donc ils ne sont pas en italique ici.)

Le fait qu'il y ait quatre variétés humaines reflète une tendance dans la philosophie naturelle européenne à diviser le monde en ensembles de quatre: les quatre fleuves du jardin d'Eden; les quatre continents (connus); les quatre éléments universels (terre, air, feu et eau); et les quatre humeurs (sang, bile jaune, bile noire et flegme) qui régissaient la santé humaine.

L inné y a vu un lien: la géographie a influencé le climat, et ensemble, le climat et les humeurs ont fourni une caractéristique observable chez les humains: la couleur de la peau. Ainsi, dans la 10e édition de Systema Naturae (1758), Linné a formellement fait ce lien, en disant que les gens d'Europe étaient gouvernés par le flegme blanc humour, donc ils avaient la peau blanchâtre, tandis que les gens des Amériques étaient gouvernés par l'humour sang et avait la peau rougeâtre.

Dans cette édition, Linnaeus a également remplacé «Anthropomorpha» par «Primates» et a nommé les humains Homo sapiens , révisant sa définition taxonomique de l'espèce. Il a changé les noms des variétés en Homo americanus, Homo europaeus, Homo asiaticus et Homo africanus. Linnaeus a également suggéré deux nouvelles variétés: Homo ferus (enfants sauvages) et Homo monstrosus, ou des individus qu'il considérait anormalement façonnés par leur environnement, comme ceux des hautes montagnes («nains alpins», «géants de Patagonie»), le « Hottentots »et les femmes européennes à la taille artificiellement contrainte.

L inné a fondé ces variétés sur des caractéristiques physiques telles que la couleur de la peau et la couleur des cheveux; position géographique; et les comportements perçus. Par exemple, Homo americanus était défini comme ceux qui avaient «les cheveux raides, noirs et épais; narines béantes… menton imberbe »et comportement« inflexible, joyeux et libre ». Les Homo europaeus étaient ceux qui avaient «beaucoup de cheveux jaunes; yeux bleus »et étaient« légers, sages, inventeurs ». Homo asiaticus avait «les cheveux noirâtres, les yeux foncés» et était «sévère, hautain, gourmand». Les Homo africanus étaient ceux qui avaient «les cheveux noirs, avec de nombreuses tresses torsadées; peau soyeuse; nez plat; lèvres enflées »et étaient« sournoises, lentes, négligentes ».

Dans la première édition de Systema Naturae , «Europaeus» a été classé au sommet de la hiérarchie Homo . Linnaeus a révisé cela plus tard, plaçant «Asiaticus» au sommet. À la 10e édition, «Americanus» est passé au sommet, peut-être parce qu'il était guidé par l'idée du « noble sauvage », qui, au 18e siècle, était utilisé pour décrire les peuples autochtones qui étaient «libres de péché, d'appétit, ou le concept du bien et du mal. »

N otably, « Africanus » est resté en permanence au bas de la hiérarchie, et la description de Linné de « Africanus » était la plus détaillée et la plus négative. À peu près au même moment où Linné écrivait, la Suède était impliquée dans l'esclavage des Africains, et il aurait donc été dans l'intérêt du pays de dépeindre les Africains comme inférieurs .

Le fait que Linné ait aligné des traits physiques comme la couleur de la peau avec des caractéristiques variables telles que le comportement, les vêtements et la politique signifiait qu'il n'était pas intéressé par l' identification de «types discrets et stables ». Selon cette logique, Linné n'a pas directement suggéré l'existence de «races» humaines distinctes. Surtout, le concept de «race» comme signifiant la division des humains sur la base de traits physiques n'a apparemment pas été utilisé au 18ème siècle. Cependant, la traduction anglaise de 1792 de Systema Naturae a présenté les variétés humaines de Linné comme des «sous-espèces», ce qui a probablement conduit à l'hypothèse ultérieure que Linné lui-même croyait aux races humaines.

R egardless, il est juste de dire que, comme la première tentative sérieuse pour l' homme de se subdivisent en catégories à l' échelle mondiale, Linné système formel de l' homme de commande et de classement plus tard conduit à des catégories raciales.

L inné reste certainement un personnage historique important, et ses idées taxonomiques continueront probablement d'être enseignées dans les écoles du monde entier. Cependant, il ne faut pas oublier que lorsque son travail est salué comme une réalisation scientifique majeure, son héritage profondément problématique est également célébré.

W ien il est vrai, que de nombreux chercheurs affirment que Linné n'a pas favorisé l'idée d'espèces humaines distinctes, ses concepts de classification humaine a ouvert la voie à des idées pseudoscientifiques sur diversité biologique humains terribles conséquences qui se font encore sentir aujourd'hui.

Source : Source

Ledi-Geraru

Ledi-Geraru est une zone de recherche paléoanthropologique dans le district de Mille, région d'Afar, au nord-est de l'Éthiopie, le long des rivières Ledi et Geraru (deux affluents gauches de l'Awash, au sud de la rivière Mille). Il s'étend sur environ 50 km, situé juste au nord-est de la zone paléoanthropologique de Hadar.

Les premières recherches ont été menées en 1972–1974. Le projet de recherche Ledi-Geraru a été lancé en 2002. Le site est connu pour ses premiers outils en pierre, datés d'environ 2,6 millions d'années. Une mandibule d'hominidés a été trouvée en 2013, connue sous le nom de LD 350-1 et datée de 2,8 millions d'années, ce qui peut être considéré comme un spécimen très précoce du genre Homo.

Source : Wikipedia (en)

jeudi 15 avril 2021

L'histoire du peuplement du Pacifique enrichie par la génétique

On connaissait, grâce aux vestiges archéologiques, la date d'arrivée des premiers hommes modernes dans le Pacifique. Une vaste étude génétique publiée ce mercredi complète l'histoire fascinante du peuplement commencé il y a 40 000 ans. Deux espèces aujourd'hui disparues ont, par métissage, légué des gènes d'intérêt.

L'archéologie et la linguistique ont déjà fourni les premières informations sur le peuplement dans le Pacifique Sud. Une première migration a conduit à l'arrivée, il y a environ 40 000 ans, des premiers hommes modernes, exclusivement dans l'Océanie proche. Homo sapiens colonise alors l'Australie, la Papouasie-Nouvelle Guinée, les Iles Salomon ou l'archipel de Bismarck.

Ce n'est que beaucoup plus tard que l'Océanie lointaine (Vanuatu, la Nouvelle Calédonie, la Micronésie ou encore la Polynésie) verra arriver ses premiers occupants, il y a 4 000 ans. Ces deux temps distincts, la génétique le confirme. Dans l'étude qui parait ce mercredi dans la revue Nature, l'équipe internationale co-dirigée par Etienne Patin et Lluis Quintana-Murci, tous deux chercheurs à l'Institut Pasteur, montre que le séquençage du génome de 317 habitants de cette région du Pacifique, permet d'aller beaucoup plus loin.

Elle révèle d'abord une grande dynamique de peuplement et un brassage génétique complexe. Le travail mené sur quasiment une décennie apporte "un argument supplémentaire pour dire qu'à la Préhistoire, l'homme savait déjà voyager puisqu'il a été capable d'arriver jusqu'en Australie et dans les différentes iles de l'Océanie" pour Etienne Patin.

Double métissage avec les espèces disparues

Des métissages apparaissent avec deux espèces archaïques : l'Homme de Néandertal et l'Homme de Denisova, aujourd'hui disparues. Mais alors que l'apport génétique de Néandertal est assez bien étudié, ce qu'ont légué les Denisoviens aux hommes modernes reste mal connu. Et ce que montre cette étude, c'est la grande diversité du métissage. Car si l'on retrouve en moyenne 2,5% de gènes néandertaliens chez ces populations, l'héritage dénisovien est plus hétérogène. "Cet homme de Denisova s'est métissé à au moins quatre occasions et avec des proportions différentes, allant de 0% à plus de 3%. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que ces hommes modernes, ces Homo Sapiens, se sont métissés avec différents groupes de Denisova", détaille Etienne Patin. "_A partir des populations actuelles" complète t-il, "on arrive à retracer une diversité génétique plus complexe dans cette population de Denisova. C'était complètement sous-estimé et cela nécessite maintenant d'être validé au niveau de l'archéologie_". A ce jour, les paléogénéticiens ne disposent que d'un seul un spécimen de cette espèce archaïque, mis au jour dans une grotte de l'Altaï en Sibérie. La découverte d'autres fossiles ailleurs permettrait de valider cette diversité génétique ici révélée.

Héritage de gènes impliqués dans l'immunité

Le séquençage du génome a aussi permis de constater que l'occupation de l'Océanie lointaine est issue d'une migration d'un groupe sorti de Taïwan, qui a peuplé les îles et atolls isolés après avoir traversé les Philippines. Toutes les populations modernes conservent aujourd'hui en elles la trace d'un double métissage passé : avec l'Homme de Néandertal et l'Homme de Denisova. Mais alors qu'on trouve une proportion assez similaire d'environ 2,5% de gènes hérités de Néandertal, la part des gènes dénisoviens est plus hétérogène. De presque 0 % à 3,2%.

Ces gènes, suivant qu'ils sont issus des ancêtres néandertaliens ou dénisoviens, ont permis une adaptation à ces nouveaux environnements mais ils sont associés à des avantages sélectifs différents. "Alors que la néandertalitude se voit par des mutations associées à différents phénotypes , la pigmentation de la peau, le métabolisme ou le développement neuronal, l'héritage des Dénisoviens a apporté presque exclusivement des mutations bénéfiques pour la réponse immunitaire", explique Lluis QUintana-Murci, responsable de l'Unité Génétique évolutive humaine et professeur au Collège de France. Au fil des études, il apparait selon le chercheur que "tout ce qu'on a acquis de Néandertal ou Denisova a facilité l'adaptation de notre espèce au climat, aux ressources nutritionnelles et ici pour Denisova et le Pacifique, aux pathogènes". En somme, ces populations ont bénéficié d'un double métissage.

Mieux appréhender la santé actuelle des populations océaniennes

Ces informations qui seront approfondies avec une étude centrée sur les Polynésiens, permet d'éclairer l'histoire biologique de ces populations. Elles sont indispensables pour mieux interpréter l'adaptation à l'environnement, en particulier la résistance aux maladies infectieuses. Et parce que certains gènes sont impliqués dans le métabolisme des lipides, elles pourraient être utiles pour tenter de comprendre ce qui rend plus vulnérable la santé de ces populations à des changements de mode de vie. C'est dans le Pacifique que l'épidémie mondiale d'obésité touche le plus fort pourcentage de la population.

Source : France Inter du 15/04/2021

mercredi 14 avril 2021

La domestication des animaux en Asie centrale remonte à au moins 8 000 ans

Une nouvelle étude interdisciplinaire vieillit de plus de 3000 ans la présence d'espèces domestiques au cœur de l'Asie Centrale.

Le long des chaînes de montagnes du Tian Shan et de l'Alay, en Asie centrale, les moutons et autres animaux domestiques constituent le coeur de l'économie contemporaine. Bien que les mouvements de leurs anciens prédécesseurs aient contribué à façonner les grands réseaux commerciaux de la route de la soie, on pensait que les animaux domestiques étaient arrivés relativement tard dans la région. Une nouvelle étude, publiée aujourd'hui dans la revue Nature: Human Behavior, révèle que les racines de la domestication des animaux en Asie centrale remontent à au moins 8 000 ans, faisant de la région l'un des plus anciens paysages pastoraux continuellement habités au monde.

La domestication des moutons, des chèvres et des bovins a eu lieu pour la première fois dans le Croissant fertile de la Mésopotamie et dans les zones montagneuses voisines de l'Asie occidentale il y a environ 10 000 ans, parallèlement à la domestication des cultures végétales comme le blé et l'orge. Cette innovation dans la subsistance humaine, connue sous le nom de "révolution néolithique", s'est propagée vers le nord en Europe et vers le sud en Afrique et en Inde, transformant les sociétés humaines sur trois continents. Mais jusqu'à récemment, il semblait que cette expansion spectaculaire des plantes et des animaux domestiques n'avait pas atteint les riches zones montagneuses d'Asie centrale vers l'est, où - malgré leur importance considérable dans les derniers millénaires de l'âge du bronze et au-delà - il y avait peu de preuves d'une dispersion néolithique.

Cela a changé lorsqu'une équipe internationale de scientifiques, dirigée par le Dr. Svetlana Shnaider désormais au sein du Laboratoire International de Recherche ZooSCAn du CNRS et de l'Institut d'Archéologie et d'Ethnographie de la Branche Sibérienne de l'Académie des Sciences de Russie (Novossibirsk, Russie) et le Dr. Aida Abdykanova de l'Université Américaine d'Asie Centrale (Kirghizstan), a décidé de revisiter l'abri sous roche Obishir V, niché dans un précipice montagneux le long de la frontière sud du Kirghizstan avec l'Ouzbékistan. Le site, qui avait été découvert et fouillé pour la première fois par des archéologues soviétiques au XXe siècle, avait livré un assemblage d'outils lithiques, dont certains semblaient avoir été utilisés pour le traitement des céréales.

Pour le vérifier, les Dr. Shnaider et Abykanova se sont associées à l'auteur principal, le Dr W. Taylor, spécialiste de la domestication des animaux au Musée d'Histoire Naturelle de l'Université du Colorado-Boulder et à l'Institut Max Planck pour la Science de l'Histoire Humaine, ainsi qu'à une équipe d'experts internationaux, incluant des chercheurs de deux laboratoires du CNRS, l'UMR PACEA et l'IRL ZooSCAn.

La couche culturelle la plus ancienne du gisement d'Obishir a été datée aux environs de 6 000 avant notre ère, soit vieille de plus de 8 000 ans, trois millénaires avant l'arrivée connue des animaux domestiques en Asie centrale. Elle livre des ossements attestant de la consommation sur place des animaux et l'étude des marqueurs de croissance dans le cément de leurs dents établit leur abattage à l'automne, comme c'est le cas dans de nombreuses sociétés d'élevage. Mais de par la forte fragmentation des ossements, les espèces n'ont pas pu être identifiées à l'aide d'une analyse anatomique standard.

"Cette découverte ne fait qu'illustrer le nombre de mystères qui subsistent concernant la préhistoire de l'Asie intérieure - le carrefour culturel du monde antique"

Au lieu de cela, les chercheurs ont appliqué une approche interdisciplinaire utilisant à la fois la paléogénomique et l'empreinte peptidique du collagène pour identifier les restes d'animaux. En comparant leurs résultats avec les génomes d'espèces de moutons sauvages et domestiques de toute l'Eurasie, les chercheurs ont fait une découverte surprenante: "Avec chaque nouvelle preuve, il est devenu de plus en plus clair qu'il ne s'agissait pas de moutons sauvages, mais d'animaux domestiques", explique Taylor.

"Cette découverte ne fait qu'illustrer le nombre de mystères qui subsistent concernant la préhistoire de l'Asie intérieure - le carrefour culturel du monde antique", déclare le Dr. Robert Spengler, de l'Institut Max Planck - coauteur de l'étude et auteur de Fruits from the Sands: The Silk Road origins of the foods we eat.

Des travaux futurs seront nécessaires pour comprendre tout l'impact des résultats de l'étude et leurs implications pour le reste de l'Eurasie ancienne. Appuyée désormais par le laboratoire international du CNRS, le Dr. Shnaider prévoit de retourner à Obishir V l'été prochain pour y chercher des indices et déterminer si d'autres animaux domestiques, ou des plantes domestiques, comme le blé et l'orge, se sont également répandus au Kirghizstan depuis la Mésopotamie dans un passé lointain. Grâce à une bourse du Conseil européen de la recherche, Christina Warinner (Harvard/MPI-SHH), partenaire et co-auteur du projet, est à la tête d'un effort visant à déterminer si ces premiers moutons d'Asie centrale se sont répandus ailleurs dans la région et s'ils étaient utilisés pour produire du lait ou de la laine.

"Ce travail n'est qu'un début", déclare Taylor. "En appliquant ces techniques interdisciplinaires, nous commençons à dévoiler les indices du passé de l'Asie centrale."

Source : Techno-science du 14/04/2021

dimanche 11 avril 2021

Grotte de Pair-non-Pair

La grotte de Pair-non-Pair est située sur la commune de Prignac-et-Marcamps en Gironde (France). Cette grotte découverte en 1881 renferme des représentations artistiques datées de plus de 32 000 ans avant le présent (culture aurignacienne).

Elle a permis d'établir l'ancienneté des gravures pariétales et la reconnaissance officielle de l'art préhistorique.

Elle est la seule grotte ornée connue en Gironde et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 décembre 1900. Après la grotte d'Altamira, en Espagne, et la grotte Chabot en Ardèche, elle fut la troisième grotte ornée découverte.

Situation

Elle se trouve au nord-ouest de Prignac-et-Marcamps à quelque 200 m de la route D669, sur la vallée du Moron, environ 2,75 km avant la confluence de ce petit cours d'eau avec la Dordogne, en rive droite (côté nord). Bordeaux est à 23 km au sud à vol d'oiseau.

Elle est creusée dans un petit massif de calcaire à astéries du Tertiaire (Rupélien), recouvert d'un bois.

Découverte de la grotte

La grotte a été découverte fortuitement le 6 mars 1881 grâce à une vache qui paissait dans un pré situé sur la terre de Laborde ; l'animal s'est coincée une patte dans une ornière, ce qui a permis de découvrir la grotte.

Description

De nos jours, la grotte est un couloir à peu près rectiligne d'environ 15 m de long, orienté sud-est / nord-ouest et creusé dans l'alignement d'une diaclase, avec des élargissements latéraux dus à des diaclases transverses à la première. Le premier de ces élargissements est sur la gauche et s'agrandit jusqu'à former une galerie latérale. Sur la droite en face de cet élargissement, la galerie principale s'agrandit pour former un cul-de-four, ce qui engendre une sorte de carrefour surmonté d'une cheminée. C'est là que se trouvent la majorité des peintures pariétales.

Les parois de la grotte sont rugueuses, tant par les nombreux fossiles que par les excavations ; il n'y a pas de concrétions.

François Daleau y pénètre en passant par la cheminée déjà mentionnée (une autre cheminée relie la galerie latérale à l'air libre). Il y trouve une galerie principale presque entièrement remplie de sédiments sur plus de 10 m de long, car le plafond s'était effondré vers la fin du Moustérien, masquant ainsi l'entrée initiale de la grotte. Mais depuis la première visite de Daleau, cette cheminée s'est bouchée. Le plan général de la grotte à son époque est un long boyau orienté sud-ouest / nord-est qui débouche sur un corridor principal (« Grand corridor ») avec une « Salle sud », une « Salle nord » (ou « Grande salle »), et une troisième salle qu'il appelle « Corridor » donnant accès à la salle qui s'avère plus tard être la salle des gravures.

Après l'effondrement du plafond moustérien, au fur et à mesure de l'occupation humaine préhistorique la grotte s'est comblée jusqu'à 60 cm de la voûte.

Historique des recherches

Dès le 8 mars 1881, François Daleau entreprend des fouilles avec l'aide du domestique du propriétaire de la terre de Laborde. Le 21 juin 1883, il commence la deuxième étape de ses fouilles qui concerne le remplissage de la salle des gravures. Il atteint le fond de la grotte le 30 août 1887.

Selon Delluc & Delluc (1997), Daleau découvre les premières gravures le 29 décembre 1883, mais ceci est probablement un raccourci ; car selon David & Malvesin-Fabre (1950), en décembre 1883 Daleau découvre « plusieurs lignes entrecroisées formant presque des dessins » (les mots de Daleau) mais le remplissage de la galerie obstrue la lumière et distingue pour la première fois les contours d'un animal le 31 août 1896. C'est l'équidé no 18.

En juillet 1892, la terre de Laborde est rachetée par M. Baptiste Milpied qui exige une location pour l'exploitation de la grotte. Daleau refuse et cesse ses fouilles pendant trois ans. Le 21 mai 1896, les deux hommes se mettent d'accord sur le montant de la location, établie à 80 francs par an.

Henri Breuil visite Pair-non-Pair en 1897 - c'est son premier voyage dans le sud-ouest de la France -, et encore en 1898, 1909 et 1919.

Vers 1963, E. Harle y étudie les vestiges de faune remis au muséum d'histoire naturelle de Bordeaux, avec F. Pratt s'attachant particulièrement aux équidés et du mégacéros et E.T. Newton aux oiseaux. Le mammouth, seul exemplaire de la collection Daleau, est étudié par L. Moisan (publié en 1994).

Occupation préhistorique

La première occupation de la grotte date du Moustérien, il y a plus de 80 000 ans. C'est vers 40 000 ans avant le présent que la voute du corridor extérieur s'effondre. L'accès se fait alors par des entrées latérales qui débouchent à gauche de la salle des gravures. L'étude des niveaux archéologiques qui recouvraient le décor pariétal confirme que c'est à l'Aurignacien que les gravures initialement mises en couleur (entre 37 000 et 32 000 ans avant le présent) doivent être attribuées. La grotte est abandonnée à la fin du Gravettien (vers 22 000 ans avant le présent) car le remplissage accumulé ne laisse plus d'espace pour une occupation humaine.

Gravures

La grotte présente de nombreuses gravures pariétales : bouquetins, mammouths, bisons, chevaux et cervidés. Les représentations les plus remarquables sont :

  • un cerf géant, le Mégalocéros, dont il n'existe qu'une dizaine de représentations connues ;
  • une grande gravure de cheval de 2,50 m de long, une des plus grandes gravures connues ;
  • deux chevaux avec la tête tournée vers l'arrière, dont le célèbre Agnus dei ; ces gravures expriment une remarquable idée de mouvement.

Le grand débat de l'art préhistorique

A l'époque de la découverte de la grotte, les milieux intellectuels sont secoués depuis quelques dizaines d'années par le grand débat sur la réalité de l'art préhistorique, c'est-à-dire sur la capacité des humains préhistoriques à avoir intégré l'art dans leurs cultures. Les gravures de Pair-non-Pair permettent de clore le débat : enfouies comme elles l'étaient sous les dépôts préhistoriques, leur ancienneté ne fait pas de doute : elles sont antérieures au Solutréen. Cette découverte permet d'affirmer la réalité de l'art préhistorique, qui jusque là n'était pas généralement admis dans les milieux scientifiques malgré quelques découvertes récentes par ailleurs.

Mobilier

Dalleau met au jour de nombreux outils et traces d'occupations humaines s'échelonnant du Moustérien au Gravettien. Il répertorie plus de 15 000 outils en silex, en os et en ivoire.

Parmi les pièces de mobilier trouvées dans la grotte, deux se démarquent particulièrement :

  • une pendeloque en ivoire sculptée représentant une cyprée ; et
  • une flûte taillée dans un os de gypaète barbu, un des rares instruments de musique préhistorique connu.

Les produits de ses fouilles qui n'ont pas été rejetés sont conservés au musée d'Aquitaine et au muséum d'histoire naturelle de Bordeaux.

Faune

Les vestiges de faune, quelque 6 000 ossements animaux trouvés par Daleau comprennent entre autres des équidés, un mégacéros et un mammouth.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom :
âge : 32 ka
découverte : François Daleau
date : 1881
espèce :

- - - - -

Le Centre des monuments nationaux s'occupe des visites de la grotte de Pair-non-pair. C'est l'une des plus anciennes grottes ornées du monde. Elle a été découverte en 1881. Elle aurait été occupée pendant presque 60 000 ans selon les archéologues. De nombreux outils ainsi que des ossements appartenant à au moins 60 espèces animales ont aussi été retrouvés sur le site.
En 1900, la grotte de Pair-non-Pair, en Gironde, devient la première grotte classée au titre des monuments historiques.

Moulin Quignon

Le Moulin Quignon est un site archéologique située dans le quartier de l'Espérance à Abbeville, dans le département de la Somme. Ce site préhistorique du Paléolithique inférieur se trouve à 400 mètres de la Carrière Carpentier.

Histoire

Les premières traces de présence humaine dans la Somme

Jusqu'au XIXe siècle, se trouvait à Abbeville, au sommet d'une butte, un moulin à vent portant le nom de son propriétaire. Cette butte fut par la suite transformée en carrière dans laquelle furent retrouvés des silex taillés, les bifaces acheuléens. Ces découvertes permirent à Jacques Boucher de Perthes, directeur des douanes à Abbeville et archéologue amateur de défendre l'hypothèse de l'existence de l'« Homme antédiluvien ». Il ne manquait que la découverte de restes humains pour valider sans contestation possible cette théorie.

Boucher de Perthes donna au Muséum d'histoire naturelle de Paris une partie de ses découvertes, elles sont aujourd'hui mises en dépôt au Musée Boucher-de-Perthes d'Abbeville.

La validité des thèses de Boucher de Perthes sur l'existence de l'« homme antédiluvien », furent reconnues en 1859. Mais la découverte en 1863 d'une partie de mâchoire porta le discrédit sur l'authenticité de ses découvertes.

La controverse

Le 23 mars 1863, l’un des ces terrassiers travaillant dans la carrière, apporta à Boucher de Perthes, une dent humaine trouvée à 4,50 m de profondeur. Se rendant sur place, Boucher de Perthes découvrit une demi-mâchoire humaine. La nouvelle de cette découverte fut diffusée par la presse, elle eut un retentissement international parmi les archéologues et le grand public. Des savants britanniques et français se rendirent sur place et une controverse s'engagea : les Français dans leur grande majorité soutinrent l'authenticité des découvertes de Boucher de Perthes, les Britanniques la contestèrent affirmant que certains silex avaient été fabriqués récemment, mettant en doute l'authenticité de la mâchoire découverte et en cause la probité des ouvriers du chantier.

En effet, Boucher de Perthes ayant promis aux ouvriers qui travaillaient à la carrière une prime de 200 francs en cas de trouvaille, certains d'entre eux l'avaient vraisemblablement abusé, plaçant dans les sédiments des silex taillés par eux et la fameuse mâchoire dont on prouva au début du XXe siècle qu'elle ne datait pas de la préhistoire mais du Moyen Âge. Cette supercherie ternit l'image de Boucher de Perthes et le sérieux de son travail.

Les fouilles de 2016-2017 valident les découvertes antérieures

En 2016 et 2017, une équipe de chercheurs de l'INRAP, du CNRS et du MNHN a effectué des fouilles géologiques et archéologiques sur le site du Moulin Quignon. L'objectif était de vérifier la véracité des découvertes de Boucher de Perthes

Après avoir localisé le site préhistorique fouillé il y a environ 160 ans, les chercheurs voulaient dater le site avec plus de précision qu'on ne pouvait le faire au XIXe siècle

La couche géologique, située à 4 mètres de profondeur, a été datée entre 600 000 et 700 000 ans. Plus de 260 objets en silex dont cinq bifaces ont été mis au jour dans des sables et graviers déposés par la Somme à une trentaine de mètres au-dessus de la vallée actuelle2. Ces découvertes attestent bien de la présence de l'Homo heidelbergensis. C'est la plus ancienne trace de la présence humaine en Picardie.

Intérêt du site

Le site du Moulin Quignon a permis de mettre en évidence les plus anciennes traces de l'homme préhistorique trouvées dans cette partie de l'Europe. Elles datent de - 650 000 ans, peut-être - 700 000 ans4. Ont été mis au jour des ossements et fossiles de cervidés, de sangliers, d'ours, de rhinocéros, d'hippopotame, de mollusques de la période interglaciaire mais pas de fossile humain.

Le Moulin Quignon est un site archéologique située dans le quartier de l'Espérance à Abbeville, dans le département de la Somme. Ce site préhistorique du Paléolithique inférieur se trouve à 400 mètres de la Carrière Carpentier.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom :
âge : 700 - 600 ka
découverte : Jacques Boucher de Perthes
date : 1863
espèce : Homo heidelbergensis

samedi 10 avril 2021

Dame rouge de Paviland

La Dame rouge de Paviland est le nom traditionnel donné à un squelette fossile partiel d'Homo sapiens, découvert en 1823 au Pays de Galles par le géologue britannique William Buckland. Le squelette, teint d'ocre rouge, est celui d'un jeune homme du Paléolithique supérieur. Il a été daté en 2009 de 33 000 ans avant le présent.

Il s'agit de la plus ancienne découverte scientifique de restes humains préhistoriques, qui ne fut cependant pas identifiée comme telle à l'époque, et de l'une des plus anciennes inhumations d'Homo sapiens en Europe.

Historique

En 1822, Daniel Davies et John Davies, respectivement chirurgien et vicaire anglican à Port Eynon sur la côte sud du Pays de Galles, au Royaume-Uni, explorèrent une grotte (appelée grotte de Paviland) et y trouvèrent des ossements d'animaux, dont une défense de mammouth. La famille Talbot de Penrice Castle en fut informée, et Miss Mary Theresa Talbot, alors la plus âgée des filles non mariées, se joignit à une expédition sur le site et y trouva des ossements considérés alors comme des os d'éléphant le 27 décembre 1822.

William Buckland, professeur de géologie à l'Université d'Oxford et correspondant avec cette famille, fut contacté et accepta de venir sur le site. Il découvrit des ossements humains entre le 18 et le 25 janvier 1823, au cours d'une campagne archéologique à la grotte du Trou de la Chèvre (Goat's Hole Cave), l'une des grottes calcaires situées entre Port Eynon et Rhossili, sur la péninsule de Gower, sur la côte sud du Pays de Galles.

Quand Buckland découvrit le squelette fossile, il se trompa sur l'ancienneté et le sexe du sujet. Homme de son époque, Buckland pensait qu'aucun reste humain ne pouvait être antérieur au Déluge biblique. Il supposa que ces restes étaient ceux d'une femme datant de l'époque romaine7.

Vestiges archéologiques

William Buckland pensait que le squelette était celui d'une femme en grande partie à cause de la présence des éléments décoratifs entourant les ossements, dont des coquillages perforés comme pendentifs et les bijoux d'ivoire qu'il pensait être d'éléphant, au lieu de mammouth. Ces éléments décoratifs et la peinture rouge présente sur le squelette le conduisirent à l'attribuer à une prostituée ou une sorcière romaine.

Le squelette fut trouvé à proximité d'un crâne de mammouth, qui a depuis été perdu.

Datation

À l'époque où une seconde campagne de fouilles fut entreprise dans les environs de Paviland, en 1912, il fut reconnu, par comparaison avec d'autres découvertes faites en Europe, que les restes trouvés en 1823 dataient de l'époque paléolithique. Étant donné que la méthode de datation par le carbone 14 ne fut inventée que dans les années 1950, il n'y avait pas de méthode fiable pour déterminer l'âge de restes préhistoriques.

Les premières tentatives de datation se basant sur le radiocarbone avaient tendance à sous-estimer l'âge des restes et l'amélioration de la méthode permit de donner progressivement des résultats plus précis, ce qui repoussa sensiblement l'âge estimé du squelette. Dans les années 1960, Kenneth Oakley publia une première datation de la Dame rouge qui était d'environ 18 460 ± 340 ans. Les mesures réalisées en 1989 et 1995 donnèrent un âge de 26 350 ± 550 ans (OxA-1815), correspondant au milieu du Paléolithique supérieur.

En 2007, un nouvel examen des restes par Thomas Higham de l'Université d'Oxford et Roger Jacobi du British Museum donna un âge carbone 14 de 29 000 ans. En 2009, un recalibrage de ces derniers tests permit d'aboutir à un âge d'environ 33 000 ans avant le présent.

C'est le deuxième fossile d'homme moderne le plus ancien du Royaume-Uni après celui de la grotte de Kent, dont la datation est comprise entre 35 000 et 43 000 ans.

Analyse du fossile

Il a été établi au XXe siècle que le squelette de la « Dame » était celui d'un homme, probablement âgé de moins de 21 ans.

L'analyse des os et des protéines indique que le régime du jeune homme comportait entre 15 et 20 % de poisson, ce qui indique notamment par rapport à la distance de l'océan, que le groupe humain dont il faisait partie était semi-nomade ou que le corps a été transporté dans la région spécifiquement pour son inhumation. Le menu devait également comporter du mammouth, du rhinocéros laineux et du renne.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom : Dame rouge de Paviland
âge : 33 ka
découverte : William Buckland
date : 1823
espèce : Homo sapiens

Culture Clovis

La culture Clovis, ou culture Llano, est une culture archéologique paléoindienne qui s'est développée sur le continent nord-américain tout à la fin du Pléistocène supérieur, vers 13 500 ans avant le présent, alors que la dernière période glaciaire approchait de son terme. Elle se caractérise par la fabrication des pointes de Clovis et d'autres outils spécifiques en os et en ivoire. Son nom provient de la ville de Clovis, au Nouveau-Mexique, où ont été trouvés en 1929 les premiers artéfacts de cette culture.

Premier peuplement

Les porteurs de la culture Clovis descendent de populations arrivées du nord-est de la Sibérie par le détroit de Béring. Ce dernier a offert un passage à pied sec entre Sibérie et Alaska pendant plusieurs dizaines de milliers d'années, durant la dernière période glaciaire, jusqu'au réchauffement climatique ayant débuté il y a environ 19 000 ans et qui coupa le pont terrestre quelques milliers d'années plus tard. Les eaux des océans, en partie figées sous forme de calottes glaciaires recouvrant les continents, étaient en effet à cette époque plus basses d'une centaine de mètres par rapport à leur niveau actuel, ce qui exondait de nombreuses régions aujourd'hui submergées, telles que la Béringie.

Description

La culture Clovis apparait vers 13 500 ans avant le présent. Elle est notamment caractérisée par la pointe Clovis, qui est une pointe de taille moyenne, étroite, cannelée et lancéolée, avec une base concave. Certaines pointes Clovis montrent un léger étranglement à la base des bords de lame, tandis que d'autres ont des bords de lame entièrement droits.

Présence humaine pré-Clovis

La culture Clovis fut longtemps considérée comme la plus ancienne du continent américain. Ce point de vue est remis en question par la découverte de plusieurs sites plus anciens. Des preuves de plus en plus probantes d'occupations antérieures ont été publiées : le site de Debra L. Friedkin a ainsi livré une industrie lithique datant d'il y a 15 500 ans.

Quelques-uns des sites découverts et explorés au cours des dernières décennies :

  • en Amérique du Nord : sites de Topper, de Cactus Hill et de Meadowcroft aux États-Unis ;
  • en Mésoamérique : sites de Cerro Toluquilla, de Hueyatlaco, de Cedral et de Baja California, tous situés au Mexique ;
  • en Amérique du Sud : sites de Pedra Furada (Parc national de la Serra da Capivara) au Brésil, de Monte Verde au Chili.

Hypothèse d'une origine européenne

Certaines similitudes morphologiques ont été relevées entre les outils foliacés bifaciaux de la culture Clovis, notamment sur les sites de Cactus Hill ou de Topper, et les outils solutréens européens (culture du Paléolithique supérieur trouvée en France et en Espagne). Une théorie présentée par les archéologues Dennis Stanford et Bruce Bradley suggère que les Solutréens auraient traversé l’océan Atlantique durant l'époque glaciaire en longeant la bordure sud de la banquise par cabotage, à l’aide de techniques de survie similaires à celles des Inuits actuels.

Cependant, la théorie d'une origine européenne a été invalidée par les analyses génétiques des fossiles humains de la période Clovis, notamment celle d'Anzick-1, qui montre une origine entièrement amérindienne.

Postérité de la culture Clovis

À la culture Clovis largement répandue succèdent plusieurs faciès régionaux à partir de la période plus froide du Dryas récent, notamment les faciès Folsom, Gainey, Suwannee-Simpson, Plainview-Goshen, Cumberland, et Redstone, qui paraissent en être directement issus, avec des évolutions parfois mineures comme la longueur de la cannelure sur les pointes de projectiles. Bien que cela soit généralement considéré comme le résultat d'une évolution culturelle normale, certains chercheurs ont invoqué le dernier épisode glaciaire du Dryas pour expliquer l'évolution constatée dans les sites archéologiques.

Les données génétiques disponibles font des populations de Clovis les ancêtres directs d'environ 80 % du peuplement autochtone d'Amérique du Nord et du Sud, la composante restante étant issue de vagues de migration ultérieures.

Source : Wikipedia