vendredi 27 juillet 2012

Homo sapiens est-il responsable de la disparition de Néandertal ?

Une nouvelle étude affirme que le changement climatique n’a pas causé l’extinction de l’Homme de Néandertal et qu’en conséquence, le coupable serait Homo sapiens, autrement dit notre ancêtre direct. De quoi mettre un terme à un très vieux débat ? Pas si sûr…

Depuis 150 ans, les rumeurs auront circulé sur son dos. L’Homme de Néandertal, au physique dérangeant, a pendant longtemps été perçu comme un ancêtre fruste, violent et surtout stupide. Des conclusions qui s’apparentaient plus au délit de faciès qu’aux éléments probants issus d’une investigation poussée.

Lorsque de vraies recherches ont été entreprises, l’image de ce gaillard a progressivement changé dans l’opinion scientifique. Cette brute épaisse se révélait intelligente, maîtrisant bien mieux que prévu la conception d’outils et la parole.

Alors comment cet être si proche de nous (à tel point que nous aurions pu mélanger nos gènes) a pu disparaître de la surface de la Terre il y a 30.000 ans ? Les théories s’affrontent. Des changements climatiques auxquels il n’aurait pas réussi à s’adapter ? Une compétition perdue contre Homo sapiens, notre ancêtre, mieux outillé et armé ? Et pourquoi pas un mélange des deux ? Une étude parue dans Pnas prétend apporter des réponses à ce vieux débat.

Les dépôts de cryptotephras feront foi

Il a été établi qu’une terrible éruption volcanique frappait la région de Naples (Italie) il y a 40.000 ans. Celle-ci fut si violente que les cendres et autres particules ont recouvert une partie du territoire d’Europe centrale et orientale et entraîné un refroidissement global de la température. Un travail publié fin mai précise même que ce volcanisme avait été deux à trois fois plus intense qu’estimé dans un premier temps. Un « hiver volcanique » en a découlé, abaissant globalement la température de tout l’hémisphère nord de 2 °C sur 3 ans.

Cette époque coïncide également avec l’arrivée des premiers Homo sapiens en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Si on parvient à établir le timing précis du début de la disparition des Néandertaliens par rapport à ces événements, on pourra en trouver la cause.

Pour ce faire, une quarantaine de chercheurs européens, dirigés par John Lowe de l’University of London, ont eu recours à une technique novatrice pour attester de la présence de chaque cousin à telle époque. Alors que les précédentes études étaient centrées sur les cendres volcaniques, les scientifiques ont ici focalisé leur attention sur un élément en particulier, les dépôts de cryptotephras, des particules de verre volcanique invisibles à l’œil nu. Du fait de leur légèreté, elles se répandent sur un territoire plus large que les éléments regardés jusque-là.

À partir d’échantillons d’outils typiques des 2 groupes humains récupérés dans 4 grottes préhistoriques, les traces de cryptotephras caractéristiques de cette éruption volcanique ont été traquées. En parallèle, des particules retrouvées sur un site humain libyen, dans des marécages grecs ou dans la mer Égée, ont été rassemblées pour établir le lien de cause à effet entre le volcanisme et le refroidissement climatique.

Néandertal déjà disparu et remplacé par Homo sapiens

L’analyse de ces éléments est formelle : les Néandertaliens avaient déjà disparu d’Europe centrale et probablement d’Europe de l’Est au moment du rejet des cendres dans l’atmosphère, les 4 sites préhistoriques étant à l’époque colonisés par Homo sapiens. L’analyse des sédiments et des pollens d’arbres atteste aussi de la chronologie des événements : l’éruption napolitaine a bien précédé le dérèglement climatique. Leur conclusion ? L’Homme de Néandertal avait disparu avant le cataclysme et le refroidissement de ces contrées. Le seul coupable de son extinction ne peut être que ces Hommes modernes venus d’Afrique.

Cette vieille discorde est-elle ainsi définitivement réglée ? Il semble que non. Car l’Homme de Néandertal a disparu 10.000 ans plus tard de la péninsule Ibérique, son dernier bastion, et cette étude ne dispose pas des éléments pour justifier d’une action d’Homo sapiens sur son très proche cousin dans cette région du monde, les cryptotephras n’étant pas retrouvés aussi loin à l’ouest. Et si, dans ce cas précis, c’est le froid qui avait eu raison d’eux ?

Les partisans de la théorie climatique restent sceptiques devant cette démonstration qui n’apporte pas tous les éléments suffisants, comme le déclare Clive Finlayson, du Gibraltar Museum, dans les colonnes de la revue Science : « Nous ne pouvons que conclure de cette étude que l’éruption et le changement climatique consécutifs n’ont eu aucun effet sur les Néandertaliens qui avaient déjà disparu. Prétendre que ces résultats laissent penser que d’autres facteurs sont à l’origine de l’extinction de Néandertal […] n’a aucun sens ». Il faudra donc se montrer plus convaincant pour faire l’unanimité dans la communauté scientifique.

Source : Futura Sciences du 25/07/2012

L'Homme moderne a éradiqué ses cousins

L'Homo sapiens, l'homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis.

L'émigration de l'homme moderne d'Afrique vers l'Europe a constitué une plus grande menace pour les populations indigènes néandertaliennes que la plus grande éruption volcanique connue du continent européen il y a 40.000 ans, expliquent les auteurs de cette recherche parue dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS).

Une éruption volcanique comme preuve

Le géographe John Lowe, de l'Université Royal Holloway à Londres, a analysé des dépôts de cendres volcaniques invisibles à l'œil nu prélevés en mer Egée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe. Ces cendres proviennent d'une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30.000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.

L'Homme est un loup pour l'homme

Les restes des Néandertaliens et d'autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes, ont conclu ces scientifiques. Les indices dans ces particules de cendre laissent plutôt penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l'Est et en Afrique du Nord au moment de l'éruption. Bien que de petits groupes de Néandertaliens, également très mobiles, pourraient avoir initialement survécu, ce cousin de l'homme moderne aujourd'hui éteint a fini par être anéanti par ce dernier.

Pas à cause du climat

Ces cendres volcaniques révèlent que l'Europe a subi des changements climatiques brutaux il y a 30.000 à 40.000 ans, quand l'homme de Néandertal avait déjà largement disparu. Cette recherche remet en question les théories avancées jusqu'alors selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe avait mené à l'extinction de l'homme de Neandertal, et ouvert la voie à l'homme moderne en Europe et en Asie.

Source : RTL du 24/07/2012

jeudi 26 juillet 2012

Disparition des Néandertaliens : l'homme moderne coupable

Si les Néandertaliens sont aujourd'hui l'espèce humaine la mieux connue à part l'homme moderne, leur disparition restait toujours énigmatique à ce jour.

Les plus récents travaux de géologues britanniques montrent que l'Homo sapiens sapiens, c'est-à-dire l'homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe.

Le Pr John Lowe et son équipe de la Royal Holloway University en viennent à cette conclusion après avoir analysé des cendres volcaniques invisibles à l'oeil nu prélevées en mer Égée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe.

Ces cendres proviennent d'une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30 000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.

Les scientifiques concluent que les restes des Néandertaliens et d'autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes.

L'analyse de ces particules de cendres laisse plutôt à penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l'Est et en Afrique du Nord au moment de l'éruption.

De petits groupes de Néandertaliens ont pu survivre aux catastrophes, notamment en Espagne, mais ils auraient ensuite disparu au profit des hommes modernes.

Ces travaux contredisent donc certaines théories avancées jusqu'à aujourd'hui selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe a mené à l'extinction de l'homme de Néandertal, et ouvert la voie à l'homme moderne en Europe et en Asie.

Le détail de ces travaux est publié dans les annales de l'académie américaine des sciences (PNAS).

Source : Radio Canada du 24/07/2012

La grotte Chauvet révélée par la 3D

Entre 2010 et 2011, le cabinet Perazio a pu réaliser une numérisation complète de la grotte Chauvet-Pont d'Arc. Un procédé complexe qui offre aujourd'hui aux spécialistes de nouvelles perspectives dans l'étude de cette grotte ornée.

Depuis sa découverte en 1994 dans un état de conservation exceptionnel, la grotte Chauvet-Pont d'Arc est entièrement fermée au public et seulement quelques professionnels peuvent y pénétrer : moins de cent personnes par an, par groupes de cinq, avec combinaisons et casques, et avec interdiction de quitter un étroit réseau de passerelles qui les maintient à distance des parois ornées. Pour partager l’art de la grotte avec un large public, et permettre aux chercheurs de l’étudier en limitant le temps de présence à l’intérieur du site, un modèle numérique 3D de la cavité a été réalisé entre 2010 et 2011. Une première mondiale : jamais une cavité aussi vaste (8500 m2) n’avait été numérisée.



Source : Sciences Actualités du 05/07/2012

mercredi 25 juillet 2012

La mandibule humaine a été extraite de la grotte de Tautavel

Une cinquième mandibule humaine vieille de 450 000 ans a été extraite de la grotte de Tautavel. Il aura fallu deux semaines pour la libérer avec précaution.

C’est une mandibule d'Homo erectus européen vieille de 450.000 ans qui a été découverte le 6 juillet dans la grotte de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales. Elle a été extraite vendredi et sera bientôt étudiée de très près, d’autant que comme le souligne Tony Chevalier, paléo-anthropologue, "c'est très rare de découvrir des restes dans un tel état de conservation".

Une heure après l'exhumation de cette mâchoire inférieure qui compte encore deux dents et des alvéoles témoignant de la dentition de l'individu, on pouvait seulement dire qu’il s’agissait d’ossements d'un adulte de 30 à 35 ans. Le sexe de l’individu est pour le moment inconnu. "La mandibule semble robuste donc on pourrait plutôt tendre vers un homme, mais il va falloir enlever les sédiments pour le déterminer", explique ainsi le scientifique cité par l'AFP.

Cette partie de mâchoire d'Homo erectus européen ou Homo heidelbergensis est la cinquième découverte de Tautavel. "C'est fabuleux de trouver une mandibule, parce qu'une mandibule, ça parle", s'est réjoui M. Chevalier. Grâce à ces vestiges, il est en effet possible de mieux comprendre les variations au sein des populations. Or, cette nouvelle découverte (qui tient dans le creux de la main) est répertoriée Arago 131 car c'est le 131e reste humain extrait sur ce site particulièrement riche.

D'après les spécialistes, la richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En effet, en se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700.000 à -100.000 ans.

mardi 24 juillet 2012

L'homme moderne a anéanti Neandertal

Selon une étude américaine, les catastrophe naturelles ne seraient que peu responsable de la disparition de notre cousin. Ce dernier aurait laissé sa place à l'homo sapiens.

L’Homo sapiens, l’homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis.

Emigration

L’émigration de l’homme moderne d’Afrique vers l’Europe a constitué une plus grande menace pour les populations indigènes néandertaliennes que la plus grande éruption volcanique connue du continent européen il y a 40'000 ans, expliquent les auteurs de cette recherche parue dans les Annales de l’académie nationale américaine des sciences (PNAS).

Le géographe John Lowe, de l’Université Royal Holloway à Londres, a analysé des dépôts de cendres volcaniques invisibles à l’œil nu prélevés en mer Égée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe.

Ces cendres proviennent d’une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30'000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.

Les restes des Néandertaliens et d’autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes, ont conclu ces scientifiques.

Le coup de grâce

Les indices dans ces particules de cendre laissent plutôt penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l’Est et en Afrique du Nord au moment de l’éruption.

Bien que de petits groupes de Néandertaliens, également très mobiles, pourraient avoir initialement survécu, ce cousin de l’homme moderne aujourd’hui éteint a fini par être anéanti par ce dernier.

Ces cendres volcaniques révèlent que l’Europe a subi des changements climatiques brutaux il y a 30'000 à 40'000 ans, quand l’homme de Néandertal avait déjà largement disparu.

Cette recherche remet en question les théories avancées jusqu’alors selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe avait mené à l’extinction de l’homme de Neandertal, et ouvert la voie à l’homme moderne en Europe et en Asie.

lundi 23 juillet 2012

L’homme de Néandertal se soignait-il par les plantes ?

Depuis quelques années déjà, l'heure est à la réhabilitation de l'homme de Néandertal. Pendant longtemps, en effet, comme pour rejeter cet autre Homo loin de nous-mêmes et nous glorifier par contraste, nous en avions fait un rustre, un lourdaud, un charognard dénué de l'usage de la parole, de spiritualité, de raffinement, de technicité, d'art. Tout cela, ou presque, ne tient plus. L'image de cette "autre humanité" est en cours de révision poussée. Néandertal était un artisan habile, un chasseur émérite, qui donnait des sépultures à ses morts, fabriquait des parures et utilisait des pigments, peut-être même pour orner ses grottes. Une étude internationale que vient de publier la revue Naturwissenschaften confirme ce que l'on supputait depuis peu, à savoir que notre cousin disparu il y a moins de trente millénaires avait intégré des plantes à son régime alimentaire. Cet article va même plus loin en présentant des arguments tendant à prouver que Néandertal utilisait des plantes médicinales.

Pour déterminer tout cela, ces chercheurs ont travaillé sur des fossiles découverts dans la grotte espagnole d'El Sidrón (Asturies) où quelque 2 000 restes de Néandertals, appartenant à au moins 13 individus différents, ont été mis au jour au fil des ans. Plus précisément, ils se sont intéressés au tartre se trouvant sur les dents de 5 d'entre eux et au matériel alimentaire pris au piège dans ce dépôt. Ils ont pratiqué des analyses chimiques tout en recherchant des microfossiles végétaux. Neuf des dix dents contenaient de minuscules grains d'amidon, provenant probablement de céréales. Cela a confirmé que Néandertal, longtemps considéré comme essentiellement carnivore (notamment parce qu'on avait découvert sur les sites beaucoup d'ossements animaux, qui se conservent mieux que les plantes...), savait aussi exploiter les réserves de glucides des végétaux.

Mais les auteurs de cette étude ont surtout été intrigués par la dent d'une jeune femme. L'analyse du tartre a montré des traces de composés chimiques que l'on trouve dans des plantes médicinales comme la camomille ou l'achillée millefeuille, ainsi nommée en hommage au héros grec Achille car celui-ci avait appris du centaure Chiron l'art de s'en servir pour guérir les blessures (elle a, entre autres, des vertus hémostatiques). Selon ces chercheurs, on ne mange pas ces plantes au goût amer (et Néandertal possédait la capacité génétique à détecter ce goût) par hasard : "Obtenir la preuve que cet individu mangeait des plantes amères et sans valeur nutritive comme la millefeuille et la camomille est une surprise, explique Stephen Buckley, co-auteur de l'étude et spécialiste de chimie archéologique à l'université d'York (Grande-Bretagne). Nous savons que Néandertal trouvait ces plantes amères et il est donc probable qu'elles ont été choisies pour autre chose que leur goût."

Pour sa collègue Karen Hardy, archéologue à l'université autonome de Barcelone, l'étude suggère que "les Néandertals qui occupaient la grotte d'El Sidrón avaient une connaissance avancée de leur environnement naturel, qui incluait la capacité à sélectionner et utiliser certaines plantes pour leurs qualités nutritives et pour l'auto-médication. Alors que la viande était clairement importante pour eux, nos recherches soulignent qu'ils avaient un régime alimentaire bien plus complexe que ce qui avait été supposé auparavant." Bien sûr, les chercheurs restent prudents sur le côté "Néandertal médecin" et mettent des points d'interrogation dans leur étude. Sans doute faudra-t-il répéter ce genre d'analyses sur d'autres sites préhistoriques. Néanmoins, la possibilité d'un homme de Néandertal capable de se soigner par les plantes est-elle au fond, si surprenante que cela ? N'a-t-on pas déjà montré que d'autres grands primates, chimpanzés et gorilles, eux aussi cousins d'Homo sapiens, se servent de toute une pharmacopée végétale ?

Source : Le Monde du 20/07/2012

samedi 21 juillet 2012

Une mandibule d’homo erectus extraite d’une grotte

La mandibule d’homo erectus européen vieille de 450 000 ans découverte le 6 juillet dans la grotte de Tautavel a été extraite vendredi après-midi du sol après deux semaines d’un travail méticuleux.

« C’est très rare de découvrir des restes dans un tel état de conservation », observe Tony Chevalier, paléoanthropologue à Tautavel, une heure après l’exhumation de cette mâchoire inférieure, comptant encore deux dents et des alvéoles témoignant de la dentition de l’individu.

« Une mandibule ça parle »

Il s’agit d’ossements d’un adulte de 30 à 35 ans, mais il est encore impossible de déterminer son sexe. « La mandibule semble robuste donc on pourrait plutôt tendre vers un homme, mais il va falloir enlever les sédiments pour le déterminer », explique le scientifique à propos du vestige encore enveloppé de terre qui tient dans la paume d’une main.

Cette partie de mâchoire d’homo erectus européen ou homo heidelbergensis est la cinquième découverte sur le site. « C’est fabuleux de trouver une mandibule, parce qu’une mandibule, ça parle », s’est réjoui le scientifique.

80 spectateurs

Selon le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel, l’étude de ces restes permet de mieux comprendre les variations au sein des populations.

Curieux, scientifiques, touristes… Le dégagement a attiré plus de 80 personnes à l’entrée de la grotte de La Caune de l’Arago, où les chercheurs extraient depuis 1964 des fossiles humains préhistoriques, dont le crâne du premier homme de Tautavel, découvert le 22 juillet 1971 par Henry de Lumley.

Les précédentes mandibules découvertes entre 1969 et 2008 ont appartenu à des hommes et des femmes, adolescents et adultes, dont une femme d’environ 45 ans, un âge avancé pour l’époque. La richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se colmatant pour ne se rouvrir qu’entre 30 000 et 15 000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700 000 à -100 000 ans.

vendredi 20 juillet 2012

Karabo, l’australopithèque au squelette complet, bientôt sur vos écrans

Le plus complet squelette d’Australopithecus sediba, un ancêtre de l’Homme, aurait été découvert en juin dernier dans un laboratoire. Actuellement emprisonnés dans un bloc de roche, les restes de Karabo seront libérés, un événement qui devrait être diffusé en temps réel sur Internet dans quelques mois. Des analyses de dents ont déjà montré que cette espèce appréciait manger des écorces d’arbre.

Lee Berger de la University of the Witwatersrand (Wits, Afrique du Sud) a eu l’idée en 2008 d’utiliser la fonction navigation en 3D du logiciel Google Earth pour cartographier la position de quelque 130 grottes et d'une vingtaine de dépôts de fossiles présents sur le site du « berceau de l’humanité », un lieu inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000. Au final, près de 500 emplacements de cavités ont été décrits grâce à l’analyse des reliefs. L’un d’entre eux, de la grotte de Malapa, contenait environ 220 fragments d’os ayant appartenu à au moins six Australopithecus sediba différents, une espèce inconnue jusque-là.

Selon une datation basée sur la chaîne de désintégration de l’uranium, ces restes seraient âgés d’un peu moins de 2 millions d’années. Le nouvel homininé était donc contemporain d’Homo habilis, premier représentant du genre Homo. L’Homme de Malapa a surpris plusieurs scientifiques car il présentait à la fois des caractères propres aux modes de vie bipède et arboricole. Par ailleurs, plusieurs observations étaient de nature à remettre en cause certaines théories communément reconnues dans le monde de l’anthropologie, notamment la relation liant la taille du cerveau à celle du bassin. Sur la base des analyses morphologiques, il a néanmoins été admis qu’A. sebida devait être proche d’H. habilis et qu’il pourrait même correspondre à l’ancêtre d’H. erectus.

Ce crâne d'Australopithecus sediba, un homininé ayant vécu voici 2 millions d'années, a été reconstruit à partir d'un reste fossile découvert dans la grotte de Malapa (Afrique du Sud).

Lee Berger et l’Homme de Malapa ont à nouveau fait parler d’eux ces derniers jours. Le squelette « le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'Homme », selon un communiqué de presse officiel de la Wits, aurait en effet été découvert le mois dernier au fond d’un laboratoire. À ce jour, seuls le chercheur, sa femme Jackie Smilg (radiologue au Charlotte Maxeke Hospital) et quelques collaborateurs ont pu observer de visu les ossements… profondément enfouis dans un rocher.

Karabo, un australopithèque appréciant les arbres… comme repas

Le bloc de roche mesure environ un mètre de diamètre. Il a été extrait du site en 2008, mais il était depuis entreposé au laboratoire. La découverte d’une dent à sa surface par un technicien chargé de le déplacer en juin 2012 a poussé les chercheurs à l’analyser d’un peu plus près. Mais une question se posait alors : comment l’étudier sans casser la roche et ainsi risquer de briser les échantillons ? La solution a rapidement été trouvée, le bloc de pierre a été passé au CT scan.

C'est en voulant étudier cette petite dent incluse dans un bloc de roche que les chercheurs ont découvert le squelette le plus complet jamais trouvé d'un ancêtre de l'Homme, selon leurs propos.

Le squelette se compose d’une partie de mâchoire, d’un fémur, de côtes, de vertèbres et d’autres éléments des membres. Ils appartiendraient à Karabo, un être qui devait avoir entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il pourrait être un descendant d’A. Africanus dont l’ancêtre serait la célèbre Lucy (A. Afarensis) qui a vécu voici 3 millions d’années. Selon une étude publiée dernièrement dans la revue Nature, et contrairement aux autres australopithèques qui appréciaient se nourrir de feuilles et de plantes tendres, Karabo préférait plutôt, d’après de nombreux indices dentaires, s'alimenter en dégustant du bois et des écorces d’arbres.

La prochaine étape du projet consistera à extraire les ossements de leur gangue de pierre, puisque leur position exacte est désormais connue. Toutes les opérations requises seront diffusées en temps réel sur Internet afin que chacun puisse être le témoin de ce moment unique. Cependant, il faudra encore attendre quelques mois, mais moins d’une année, avant de se connecter. Il est tout d’abord prévu de construire un studio-laboratoire, en partenariat avec la National Geographic Society, sur le site du Maropeng Visitor Centre en Afrique du Sud.

Source : Futura Sciences du 18/07/2012

jeudi 19 juillet 2012

L'ancêtre porte beau...

                                                                                               

Le squelette pré-humain «le plus complet» a été découvert en Afrique du Sud. Il s'agit d'un primate du genre homo. Il a vécu il y a 12 millions d’années. Il avait entre 9 et 12 ans quand il est mort.

L'humanité issue d'un goulot d'étranglement génétique

Les maladies infectieuses auraient entraîné une brutale et massive réduction de la diversité génétique au sein de l'humanité peu de temps avant l'apparition des premiers hommes anatomiquement modernes.

L'homme moderne, Homo sapiens, a deux proches cousins disparus : l’homme de Neandertal et celui de Denisova. Selon Xiaoxia Wang, de l’Université de Californie à San Diego, et des collègues, l’inactivation de deux gènes chez ces trois cousins témoigne vraisemblablement d'un « goulot d’étranglement génétique » dû aux maladies infectieuses, par lequel serait passée l'humanité il y a plus de 200 000 ans, avant la divergence entre l'homme anatomiquement moderne, l'homme de Neandertal et l'homme de Denisova.

Le rameau humain comporte peut-être un goulot d'étranglement génétique ayant eu lieu il y a plus de 200 000 ans, avant que l'homme anatomiquement moderne, l'homme de Neandertal et l'homme de Denisova n'aient divergé (chiffres en millions d'années).

Les réductions brutales de diversité génétique au sein de l'espèce humaine se succèdent dans l’histoire. Le choc viral et bactérien dû à l’arrivée des Européens en Amérique aurait entraîné la disparition de la moitié des quelque 50 millions d’Amérindiens précolombiens ; la peste noire de 1347 aurait pour sa part décimé 30 à 50 pour cent de la population européenne en cinq ans, etc. Les épisodes de ce genre sont nombreux. À tel point que plusieurs caractéristiques de notre espèce pourraient être issues d’un tel événement.

Xiaoxia Wang et ses collègues ont mis en évidence l’inactivation ancienne chez l'homme de deux gènes de la sous-famille CD33rSiglecs. Il s'agit de gènes codant les lectines de type immunoglobuline, aussi connus sous l’acronyme SIGLEC (de l’anglais Sialic acid-recognizing Ig-like lectins). Ces lectines constituent une famille de récepteurs transmembranaires qui jouent un rôle immunitaire important, puisqu’elles fixent des anticorps. Pour cette raison, elles sont aussi la cible de nombre de pathogènes (grippe, rage, sida…), qui s’y fixent dans les tissus des voies respiratoires, du tube digestif et des appareils urinaire et génital.

L’équipe de X. Wang a constaté que les récepteurs SIGLEC13 et SIGLEC17P, qui existent chez les chimpanzés – avec qui nous partageons plus de 98 pour cent de notre ADN –, ont été supprimés au cours de l’évolution chez les ascendants communs des hommes modernes, de Neandertal et de Denisova (une espèce humaine asiatique qui a vécu entre un million d’années et 40 000 ans avant notre ère). Il s’avère que le gène codant le récepteur SIGLEC13 a disparu, tandis que celui codant le récepteur SIGLEC17P a été inactivé.

S’il en est ainsi, c’est sans doute parce que sous la pression de sélection – exercée par des maladies infectieuses ? –, seules les lignées humaines archaïques où SIGLEC13 et SIGLEC17P avaient été supprimés ont survécu. Cette sélection serait postérieure à notre dernier ancêtre commun avec les chimpanzés et antérieure au plus proche ancêtre commun des espèces humaines récentes. Toutefois, les chercheurs ont constaté que des traces génétiques de cette sélection sont encore présentes dans nos gènes, ce qui impliquerait qu’elle s’est produite il y a 10 000 générations au plus, soit quelque 200 000 ans. Or le registre fossile, particulièrement Omo 1 et Omo 2, deux crânes découverts à Kibish en Éthiopie, montre que des hommes anatomiquement modernes étaient déjà apparus il y a 200 000 ans.

L’humanité actuelle semble donc descendre du groupe qui a subsisté après une réduction brutale de la diversité génétique humaine survenue il y a plus de 200 000 ans. Cette constatation ajoute une hypothèse plausible à celles déjà évoquées pour expliquer notre faible diversité génétique. L’analyse du patrimoine génétique mitochondrial a en effet révélé une pauvreté génétique inattendue. Les mitochcondries, des organites cellulaires qui stockent l’énergie, contiennent un ruban d’ADN de 16 569 bases. Cet ADN mitochondrial ne se transmet que par la mère. Or l’espèce humaine ne présente qu’une seule lignée de mitochondries : elle descend d'une ancêtre matrilinéaire commune, nommée l’Éve mitochondriale. On n'observe dans cet ADN mitcohondrial que de faibles variations. En évaluant le temps nécessaire pour que celles-ci surviennent, on estime l'âge de l’Éve mitochondriale à 150 000 ans seulement. Il existe aussi un « Adam du chromosome Y», c’est-à-dire un plus récent ancêtre patrilinéaire commun, puisque le chromosome Y ne se transmet que par les hommes. Cet ancêtre patrilinéaire aurait vécu il y 142 000 ans.

On déduit de ces constatations que l’humanité est passée par un goulot d’étranglement génétique avant l'Ève mitochondriale et l'Adam du chromosome Y. Durant cette période, elle n’aurait plus compté que quelques milliers de femelles reproductrices. Les théories s’accumulent pour donner une interprétation de cette réduction génétique : elles vont de macroéruptions volcaniques (telles celle du volcan Toba, en Indonésie) à un long épisode climatique froid qui aurait confiné l’humanité aux marges océaniques de l’Afrique. Il y en a désormais une nouvelle : la sélection de certaines lignées immunitaires, sous la pression exercée par des maladies infectieuses.

Source : Pour la Science du 06/07/2012

mercredi 18 juillet 2012

Les ancêtres des Amérindiens au prisme de la génétique

Trois vagues de migration humaine venues de Sibérie ont peuplé l'Amérique il y a environ 15.000 ans, selon une étude génétique. Confirmant les origines des actuels Amérindiens, ces recherches ne répondent pas à toutes les questions sur l'histoire de ce peuplement.

Ceux qui peuplaient le Nouveau Monde quand l’Occident l’a découvert, ceux que l’on appelle aujourd’hui les natives, ou indigènes, du continent nord et sud américain, seraient les descendants de trois vagues humaines successives venues de Sibérie, selon une étude génétique internationale publiée dans la revue Nature du 12 juillet.

L’hypothèse dominante pour expliquer le peuplement du continent américain est en effet l’arrivée de populations venues par le détroit de Béring à une période où un pont continental permettait de passer à pied sec de l’Asie à l’Amérique (le dernier ‘pont’ se situant entre -30.000 et -15.000 ans).

La nouvelle étude menée sur 52 populations amérindiennes et 17 groupes sibériens, comparant plus de 360.000 marqueurs génétiques, confirme ce scénario. Allant plus loin, Andrés Ruiz-Linares (University College London, GB) et ses collègues concluent que les arrivants sont venus en trois groupes. Un modèle proposé dans les années 80 mais sujet à controverse.
Deux vagues de plus au nord du continent

La première vague de migration, il y a environ 15.000 ans, a laissé sa signature génétique dans la très grande majorité des populations amérindiennes, du Nord du Canada au sud de l’Argentine, des Algonquins du Québec, aux Mayas du Guatemala, jusqu’aux Yaghans de Terre de Feu, expliquent les chercheurs dans leur article. « Deux autres vagues de migration ont contribué au peuplement du nord de l’Amérique », précise Stéphane Mazières, du Laboratoire Anthropologie bio-culturelle (CNRS/Aix Marseille Université/EFS), qui a participé à cette étude. Elles ont contribué au peuplement de l’Alaska et du Canada (peuples Eskimo-Aléoutes et Chipewyans).

« Les données génétiques révèlent aussi qu’il y a eu un cas de remontée de certaines populations de la Colombie vers l’Amérique centrale, ce qui explique le patrimoine génétique particulier des Chibchan du Panama » ajoute Stéphane Mazières.

Au nord du continent, les deux dernières vagues se sont mélangées avec la première, souvent appelée celle des «First Americans». Cependant, s’agissait-il vraiment des premiers Américains ?

Que sont devenus les Paléoaméricains?

Là où la génétique ne permet pas de remonter au-delà de 15.000 à 20.000 ans, l’archéologie offre des preuves d’une occupation humaine beaucoup plus ancienne, en particulier au sud. En attestent les outils de Pedra Furada, au Brésil, vieux de 30.000 ans, les empreintes de pas humains dans la cendre volcanique du Cerro Toluquilla, au Mexique, âgées de 38.000 ans, etc.. Une autre hypothèse émerge de ces fouilles : l’installation de Paléoaméricains, qui pourraient être apparentés aux Austro-Mélanésiens, qui auraient été remplacés par les ancêtres des actuels natives (Lire "Au berceau d’Homo americanus", dans le magazine Sciences et Avenir, avril 2007).

Source : Sciences et Avenir du 11/07/2012

Un bel ancêtre exhumé en Afrique du Sud

Il vivait il y a douze millions d’années et avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. L’australopithèque dont le squelette est le mieux conservé à ce jour vient d’être trouvé en Afrique du Sud.

Le squelette « le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme », appartenant à un australopithèque vieux de deux millions d’années, a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo. L’annonce en a été faite par le professeur Lee Berger, de l’université du Witwatersrand de Johannesburg, qui a identifié au scanner des fragments importants d’ossements enchâssés à l’intérieur d’un bloc rocheux d’un mètre de diamètre.

La découverte de Karabo a été fortuite. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire, dans l’attente d’être analysé. C’est en le déplaçant qu’un technicien a remarqué une dent qui semblait surgir de la pierre. Le bloc rocheux sera prochainement cassé pour en extraire les fossiles pétrifiés.

Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l’espèce « Australopithecus Sediba », et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de « berceau de l’humanité », inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d’un fémur complet comme il n’en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d’autres éléments de membres.

Mangeur d’écorces

Australopithecus Sediba n’est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu’il a vécu il y a environ deux millions d’années, à peu près à l’époque où les primates du genre « homo », nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg. « Ce qui rend ce site unique , a expliqué Bonita De Klerk, chef de laboratoire à l’université de Johannesburg, c’est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle ». La place de Sediba dans l’arbre généalogique de l’espèce humaine n’est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d’Australopithecus Africanus, lui-même issu d’Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre « Lucy » vieille de trois millions d’années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l’humanité.

L’espèce fascine les scientifiques, car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu’il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision. L’étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant : alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Sediba préférait largement le bois et les écorces d’arbres.

Source : Le Républicain lorrain du 14/07/2012

mardi 17 juillet 2012

Karabo, le premier pré-humain le plus complet

À proximité de Johannesburg, un australopithèque de deux millions d’années a été décelé. Il est le squelette « le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme »
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Des scientifiques ont exhumé cet australopithèque âgé de deux millions d’années. Le professeur de l’université de Witwatersrand de Johannesburg, Lee Berger a déclaré qu’il s’agissait avec certitude « du squelette le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme ». Cet individu a donc été baptisé Karabo et certaines données ont pu d’ores et déjà être transmises. Cet australopithèque avait entre 9 et 12 ans lors de sa mort et il appartenait à une espèce nommée « Australopithecus Sediba ». Le scanner a permis de révéler différents éléments de son squelette dans un bloc rocheux de 1 mètre de diamètre.

Cette espèce n’est vraiment connue par les scientifiques. Il existe aujourd’hui quelques informations la concernant. Elle aurait vécu il y a deux millions d’années au même moment que les primates du type « homo ». En 2008, une précédente découverte avait permis de déceler sur le même site des fragments de deux autres spécimens. Le chef de laboratoire de l’Université, Bonita De Klerk a donc déclaré que ce site était unique « c’est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle. Ces squelettes sont presque complets, et, à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-là, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle ».

La liaison avec l’humain n’est pas clairement définie, mais il pourrait être parent avec la célèbre famille de « Lucy ». Les scientifiques sont enthousiastes à l’idée de faire prochainement de nouvelles découvertes. Karabo est apparu par hasard puisque le bloc rocheux était présent dans le laboratoire depuis trois ans. Au mois de juin dernier, les scientifiques l’ont déplacé en remarquant une protubérance.


Karabo, l'exceptionnel australopithèque découvert en Afrique du sud

Selon l’AFP, les scientifiques d’une université sud-africaine ont récemment (re)découvert, dans un bloc rocheux prélevé il y a 3 ans sur un site paléontologique et ‘oublié’ depuis, un fossile quasi-completd’Australopithecus sediba, une espèce de préhumain vieille de 2 Ma identifiée assez récemment.

C’est par hasard, au mois de juin dernier, en déplaçant un gros échantillon de roche figurant parmi le matériel de laboratoire de l’Université du Witwatersrand (Johannesburg, Afrique du Sud), que le personnel de cet établissement s’est avisé que le bloc d’1m de diamètre recelait un précieux contenu… : "presque à coup sûr (...) le squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", selon le Pr Lee Berger, chercheur dans cette université.

Un scanner du bloc de roche a permis d’y déceler la présence d’une partie de la mâchoire, de côtes, de vertèbres, d'un fémur et d'autres éléments des membres. Baptisé Karabo, le fossile, celui d’un Australopithecus sediba de 9 à 12 ans, datant de -2 Ma, provient de la grotte de Malapa, non loin de Johannesburg, où plusieurs de ses congénères avaient déjà été mis au jour.

"Ce qui rend ce site unique, c'est que nous avons réussi à y trouver toutes les pièces du puzzle : les squelettes sont presque complets, et, à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-ci, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle[anatomique]", a déclaré Bonita De Klerk, chef de laboratoire à l’Université du Witwatersrand. Karabo pourrait devenir le spécimen type de son espèce.

lundi 16 juillet 2012

Le squelette pré-humain le plus complet jamais découvert

Des scientifiques sud-africains ont affirmé avoir exhumé près de Johannesburg le squelette "le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", appartenant à un australopithèque vieux de deux millions d'années.

Une cinquième mandibule d'homme préhistorique extraite de la grotte de Tautavel

Les chercheurs qui extraient depuis 1964 des fossiles humains préhistoriques de la grotte de Tautavel (Pyrénées-orientales) viennent de mettre au jour une cinquième mandibule d'homo erectus européen vivant il y a environ 450.000 ans sur ce site exceptionnellement riche en vestiges.

Le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel (CERP) a annoncé vendredi cette découverte, 41 ans après celle du crâne du premier homme de Tautavel, le 22 juillet 1971, par Henry de Lumley, dans cette grotte de La Caune de l'Arago.

La nouvelle mandibule d'homo erectus européen ou homo heidelbergensis est répertoriée Arago 131 car c'est le 131e reste humain découvert dans ce site.

Elle peut être datée de 450.000 ans comme le crâne découvert en 1971, qui fut baptisé Arago XXI.

La mandibule a été mise au jour le 6 juillet à 11h30 et est encore en cours de dégagement de la couche au sein de laquelle elle a été découverte. Elle devrait être enlevée vendredi 20 juillet, précise le CERP.

La cinquième mandibule appartient à un adulte dont le sexe reste à déterminer, indiquent les chercheurs. Les précédentes ont appartenu à des hommes et des femmes, adolescents et adultes, dont une femme d'environ 45 ans, un âge avancé pour l'époque.

Ces mâchoires ont des caractéristiques anatomiques proches: une branche horizontale basse et très épaisse, des dents robustes.

Ces lointains ancêtres, il y a 20.000 générations, bien avant l'homme de Néandertal (135.000 ans), puis notre ancêtre direct Cro-Magnon, étaient des chasseurs de grands mammifères (chevaux, bisons, cerfs) parcourant un paysage de steppe d'environ 30 km autour de leur caverne. Ils vivaient dans un climat assez froid et extrêmement sec.

Ils taillaient leurs outils dans la pierre et le bois, mais ne maîtrisaient pas le feu avant -400.000 ans.

L'étude de ces fossiles permet d'imaginer un homme au crâne bas, face très large et plate, dénuée des pommettes de l'homme moderne, front fuyant souligné d'un épais bourrelet au-dessus des orbites, nez très large, prognathisme (saillie de la mâchoire vers l'avant) marqué, une capacité crânienne de 1.150 centimètres cubes (1.400 centimètres cubes en moyenne chez l'homme moderne).

Outre le crâne découvert en 1971, les mandibules découvertes sur le site ont été extraites en 1969, 1970, 2001 et 2008. Selon le CERP de Tautavel, l'étude de ces mandibules doit permettre de mieux comprendre les variations au sein de ces populations et de les comparer aux rares autres vestiges anteneandertaliens, la mandibule de Mauer près d'Heidelberg (Allemagne) ou celle de la Sima de los Huesos dans la sierra d'Atapuerca, près de Burgos (Espagne).

L'exceptionnelle richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se remplissant sous l'effet des ruissellements et des éboulements, puis en se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700.000 à -100.000 ans. Elle a aussi figé une chronique de la biodiversité et du climat.

La Caune de l'Arago, "c'est un véritable livre qui nous raconte 600.000 années d'histoire du paysage et d'histoire de l'Homme en Languedoc-Roussillon", déclarait récemment Henry de Lumley. Ses collaborateurs estimaient alors qu'il restait encore pour un siècle de fouilles à réaliser.

Source : Libération du 13/07/2012

dimanche 15 juillet 2012

Découverte de Karabo, l’australopithèque

Un squelette d’australopithèque a été retrouvé en Afrique du Sud.

On apprend ce matin par Francetv.info, la découverte d'un squelette d'australopithèque à Johannesburg en Afrique du Sud. Il s'agirait là du squelette "le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", provenant de la grotte Malapa, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

Ce squelette a été presque découvert par hasard. En effet, le bloc de pierre contenant les ossements, se trouvait depuis quasiment trois ans dans le laboratoire pour recherche de fossiles. Au mois de juin 2012, un membre du personnel le déplace et constate qu'une dent semble émerger du bloc...

Ce squelette âgé environ de deux millions d'années et prénommé Karabo a été passé au scanner par Lee Berger, le professeur de l'université du Witwatersrand de Johannesburg. Lors du scanner, celui-ci a pu observer des fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur, des vertèbres et des morceaux de membres. Tout cela était contenu à l'intérieur d'un bloc rocheux mesurant environ un mètre de diamètre.

Après l'étude du squelette appartenant à l'espèce Australopithecus Sediba, les chercheurs estiment que Karabo est mort entre 9 et 12 ans. Cette espèce a la caractéristique d'une posture droite avec donc la possibilité de se déplacer debout mais les pieds suggèrent que Karabo vivait principalement dans les arbres. Son squelette dévoile également des bras longs, un cerveau assez complexe, des doigts courts sauf le pouce pour faciliter la préhension d'objets.

Ce qui est surprenant dans l'étude du squelette est révélé par l'étude de la dentition de Karabo. Effectivement, l'étude des dents permet de découvrir ce que mangeait Karabo. Alors que les autres hominidés avait un régime alimentaire essentiellement basé sur la consommation de feuilles et de plantes, cette espèce se nourrissait de bois et d'écorces d'arbres.

Prochainement le bloc sera ouvert pour retirer les derniers fossiles prisonniers dans la pierre.

Source : 24 matin du 13/07/2012

Une nouvelle découverte dans la grotte de Tautavel

Fouillée depuis 1964, la grotte de Tautavel est encore le terrain de découvertes. Une mandibule d'homo erectus, qui vivait il y a 450 000 ans, a été mise au jour il y a une semaine.

Les chercheurs qui extraient depuis 1964 des fossiles humains préhistoriques de la grotte de Tautavel (Pyrénées-orientales) viennent de mettre au jour une cinquième mandibule d'homo erectus européen vivant il y a environ 450.000 ans sur ce site exceptionnellement riche en vestiges.

Le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel (CERP) a annoncé vendredi cette découverte, 41 ans après celle du crâne du premier homme de Tautavel, le 22 juillet 1971, par Henri de Lumley, dans cette grotte de La Caune de l'Arago. Il s'agit du crâne humain connu le plus vieux d'Europe.

Arago 131

La nouvelle mandibule d'homo erectus européen ou homo heidelbergensis est répertoriée Arago 131 car c'est le 131e reste humain découvert dans ce site. Elle peut être datée de 450.000 ans comme le crâne découvert en 1971, qui fut baptisé Arago XXI.

La mandibule a été mise au jour le 6 juillet à 11h30 et est encore en cours de dégagement de la couche au sein de laquelle elle a été découverte. Elle devrait être enlevée vendredi 20 juillet, précise le CERP.

20 000 générations entre lui et nous

La cinquième mandibule appartient à un adulte dont le sexe reste à déterminer indiquent les chercheurs. Les précédentes ont appartenu à des hommes et des femmes, adolescents et adultes, dont une femme d'environ 45 ans, un âge avancé pour l'époque. Ces mâchoires ont des caractéristiques anatomiques proches: une branche horizontale basse et très épaisse, des dents robustes.

Ces lointains ancêtres, il y a 20.000 générations, bien avant l'homme de Néandertal (135.000 ans) puis notre ancêtre direct Cro-Magnon, étaient des chasseurs de grands mammifères (chevaux, bisons, cerfs) parcourant un paysage de steppe d'environ 30 km autour de leur caverne. Ils vivaient dans un climat assez froid et extrêmement sec.

Source : Ouest France du 13/07/2012

samedi 14 juillet 2012

Le squelette pré-humain le plus complet jamais découvert exhumé

Le squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'humain actuel a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo.

Il s'agit très probablement du squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme, selon le professeur Lee Berger, de l'université du Witwatersrand (Wits) de Johannesburg,en qui a identifié au scanner des fragments importants d'ossements enchâssés à l'intérieur d'un bloc rocheux d'un mètre de diamètre. Il appartient à un australopithèque vieux de deux millions d'années.

Fragments du squelette de Karabo, vieux de deux millions d'années

Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l'espèce "Australopithecus Sediba", et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de "berceau de l'humanité", inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.

Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur complet comme il n'en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d'autre éléments de membres.

Pas un inconnu

Australopithecus Sediba n'est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu'il a vécu il y a environ deux millions d'années, à peu près à l'époque où les primates du genre "homo", nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg.

Sa place dans l'arbre généalogique de l'espèce humaine n'est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d'Australopithecus Africanus, lui-même issu d'Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre "Lucy" vieille de trois millions d'années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l'humanité.

Source : RTS du 12/07/2012

Afrique du Sud: le squelette pré-humain "le plus complet" jamais découvert

Le squelette "le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", appartenant à un australopithèque vieux de deux millions d'années a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo.

Il s'agit "presque à coup sûr (...) du squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", a déclaré le professeur Lee Berger, de l'université du Witwatersrand (Wits) de Johannesburg, qui a identifié au scanner des fragments importants d'ossements enchâssés à l'intérieur d'un bloc rocheux d'un mètre de diamètre.

Le bloc rocheux qui contient le squelette "le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme" selon les scientifiques, le 12 juillet 2012 à Johannesburg

Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l'espèce "Australopithecus Sediba", et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de "berceau de l'humanité", inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.

Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur complet comme il n'en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d'autre éléments de membres.

Australopithecus Sediba n'est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu'il a vécu il y a environ deux millions d'années, à peu près à l'époque où les primates du genre "homo", nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs.

Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg.

"Ce qui rend ce site unique", a expliqué à l'AFP Bonita De Klerk, chef de laboratoire à Wits, "c'est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle. Ces squelettes sont presque complets, et à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-là, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle".

Long bras et gros cerveau

La place de Sediba dans l'arbre généalogique de l'espèce humaine n'est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d'Australopithecus Africanus, lui-même issu d'Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre "Lucy" vieille de trois millions d'années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l'humanité.

L'espèce fascine les scientifiques, car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu'il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision.

L'étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant: alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Sediba préférait largement le bois et les écorces d'arbres.

L'histoire de la découverte de Karabo relève de l'anecdote. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire de Wits, dans l'attente d'être analysé.

C'est en le déplaçant au mois de juin de cette année pour l'embarquer dans un véhicule qu'un technicien du laboratoire a remarqué une protubérance qui semblait surgir de la pierre.

"Il a appelé le professeur Berger et il a dit: +Oh, je crois que c'est une dent d'hominidé+. Il avait raison", raconte Mme De Klerk. "Mais quand nous avons scanné le rocher, nous nous sommes aperçu qu'il y avait bien plus qu'une dent, il y avait plein d'autres ossements du même individu".

Le bloc rocheux sera prochainement cassé et ouvert pour en extraire les fossiles pétrifiés.

Source : Libération du 12/07/2012

vendredi 13 juillet 2012

En Afrique du Sud, le squelette pré-humain "le plus complet" jamais découvert

Le squelette d'un australopithèque vieux de deux millions d'années a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo. Il s'agit "presque à coup sûr (...) du squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", a déclaré le professeur Lee Berger, de l'université du Witwatersrand, à Johannesburg, qui a identifié au scanner des fragments importants d'ossements enchâssés dans un bloc rocheux.

Le jeune individu, baptisé "Karabo", avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l'espèce Australopithecus sediba, et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de "berceau de l'humanité", inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur complet comme il n'en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d'autre éléments de membres.

"JE CROIS QUE C'EST UNE DENT D'HOMINIDÉ"

L'histoire de la découverte de Karabo relève de l'anecdote. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire de "Wits" (l'université du Witwatersrand), dans l'attente d'être analysé. C'est en le déplaçant au mois de juin pour l'embarquer dans un véhicule qu'un technicien du laboratoire a remarqué une protubérance qui semblait surgir de la pierre.

"Il a appelé le professeur Berger et il a dit : 'Oh, je crois que c'est une dent d'hominidé.' Il avait raison", raconte Mme De Klerk. "Mais quand nous avons scanné le rocher, nous nous sommes aperçus qu'il y avait bien plus qu'une dent, il y avait plein d'autres ossements du même individu". Le bloc rocheux sera prochainement cassé et ouvert pour en extraire les fossiles pétrifiés.

"TOUTES LES PIÈCES DU PUZZLE"

Australopithecus sediba n'est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu'il a vécu il y a environ deux millions d'années, à peu près à l'époque où les primates du genre homo, nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg.

"Ce qui rend ce site unique, explique Bonita De Klerk, chef de laboratoire à Wits, c'est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle. Ces squelettes sont presque complets, et à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-là, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle."

UNE ESPÈCE QUI FASCINE LES SCIENTIFIQUES

La place d'Australopithecus sediba dans l'arbre généalogique de l'espèce humaine n'est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d'Australopithecus africanus, lui-même issu d'Australopithecus afarensis, la famille de la célèbre Lucy, vieille de trois millions d'années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l'humanité.

L'espèce fascine les scientifiques, car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu'il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision.

L'étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant : alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Australopithecus sediba préférait largement le bois et les écorces d'arbres.

Source : Le Monde du 12/07/2012

Karabo, l'australopithèque "le plus complet" découvert en Afrique du Sud

Il s'appelle Karabo et a environ deux millions d'années. C'est le squelette "le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", appartenant à un australopithèque, qui a été exhumé près de Johannesburg (Afrique du Sud) par des scientifiques sud-africains, a-t-on appris jeudi 12 juillet. Le professeur Lee Berger, de l'université du Witwatersrand (Wits) de Johannesburg, a identifié au scanner des fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur, ainsi que de vertèbres et d'autre éléments de membres, à l'intérieur d'un bloc rocheux d'un mètre de diamètre.

Karabo avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l'espèce Australopithecus Sediba, et provient de la grotte de Malapa, considérée comme le "berceau de l'humanité" et inscrite au patrimoine mondial de l'humanité. Australopithecus Sediba est connu des scientifiques. Il a vécu il y a environ deux millions d'années, à l'époque où les primates du genre "homo", nos ancêtres directs, ont succédé aux australopithèques primitifs.

Le petit-fils de Lucy mangeait du bois

Il pourrait être un descendant d'Australopithecus Africanus, lui-même issu d'Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre "Lucy" vieille de trois millions d'années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l'humanité.

L'espèce présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu'il vivait partiellement dans les arbres. Un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision.

L'étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant : alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et de plantes tendres, Sediba préférait largement le bois et les écorces d'arbres.

Découvert presque par hasard

La découverte de Karabo relève de l'anecdote. Le bloc de pierre, prélevé sur un site riche en fossiles, dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire de Wits, dans l'attente d'être analysé. C'est en le déplaçant au mois de juin 2012 qu'un technicien du laboratoire a remarqué une protubérance qui semblait surgir de la pierre. Une dent. Le scanner a alors révélé le reste des ossements. Le bloc rocheux sera prochainement ouvert pour en extraire les fossiles pétrifiés.

Source : FranceTVInfo du 12/07/2012

mardi 10 juillet 2012

Un australopithèque mangeur de bois et d'écorce

Des chercheurs viennent de s'apercevoir qu'Australopithecus sediba avait un régime alimentaire très différent des autres hominidés.

Un petit australopithèque sud-africain, lointain parent de l'homme, s'était concocté un régime à base de bois et d'écorce d'arbres, alors que la plupart des autres hominidés préféraient des feuilles et des plantes bien plus tendres. Ces habitudes alimentaires d'Australopithecus sediba, dont deux spécimens ont été découverts en 2008 dans une caverne proche de Johannesburg, ont été révélées par les dents du primate, soumises à une batterie de tests par une équipe internationale de chercheurs, forts surpris du résultat.

"Australopithecus sediba avait un régime alimentaire très différent de celui des autres hominidés qui ont été étudiés jusqu'à présent. Étant donné que leur morphologie est très similaire, nous nous attendions à ce qu'il ressemble plus ou moins aux autres espèces du genre australopithèque, ou même un peu aux premiers hommes. En réalité, il consommait beaucoup plus de nourriture provenant d'environnements boisés et clos, y compris des aliments durs", explique Amanda Henry, de l'Institut Max Planck d'anthropologie.

Pour parvenir à cette découverte, les chercheurs ont commencé par bombarder les dents de l'australopithèque sud-africain à l'aide d'un laser, pour extraire le carbone piégé dans l'émail. Contrairement aux dents de 81 autres hominidés testées jusqu'alors, qui contenaient une forme de carbone caractéristique de feuilles et d'herbes, celles d'Australopithecus sediba renfermaient du carbone provenant d'arbres et de buissons.

Prélèvement de tartre sur les dents

Pour vérifier ce résultat insolite, les scientifiques ont recouru à une technique inédite : prélever sur les dents un peu de tartre - la plaque dentaire minéralisée bien connue des dentistes modernes - et analyser les minuscules fragments végétaux fossilisés qui y étaient restés piégés depuis deux millions d'années. Il s'agissait bien d'écorce et de bois. Un tel régime alimentaire n'avait jamais été attribué jusqu'alors aux hominidés africains. Pour Paul Sandberg, de l'Université du Colorado Boulder (États-Unis) qui a participé à l'étude publiée dans la revue Nature, Australopithecus sediba se nourrissait d'une manière assez similaire aux chimpanzés de la savane africaine aujourd'hui.

Selon Paul Sandberg, "c'est une découverte importante, car le régime alimentaire est l'un des aspects fondamentaux de l'animal, c'est ce qui dicte son comportement et sa niche écologique". "Il semble qu'il y a environ deux millions d'années, il y avait différentes espèces d'hominidés qui utilisaient différents environnements de différentes façons, chaque espèce étant plutôt focalisée sur son environnement spécifique avec un comportement spécifique", estime la chercheuse. "Pas si longtemps après, on voit arriver l'Homo erectus, une espèce qui était capable de se déplacer et de se débrouiller dans tous ces environnements différents, c'est un grand changement", conclut-elle.

Source : Le Point du 03/07/2012

mercredi 4 juillet 2012

La plus vieille poterie du monde aurait 20.000 ans

L’apparition de la poterie n’a décidément aucun rapport avec le développement de l’agriculture. Les plus vieux fragments de poterie au monde, découverts en Chine, seraient en effet âgés de 19.000 à 20.000 ans. Mais à quoi pouvaient bien servir les récipients en terre cuite de l’époque ?

L’Homme a appris à pétrir l’argile pour en faire des figurines voici 30.000 ans, comme en témoigne la découverte en 1925 de la Vénus de Dolní Věstonice en République tchèque. Cette trouvaille ne signifie pas pour autant qu’il pouvait réaliser des poteries, c’est-à-dire modeler des récipients puis les cuire correctement, ce qui implique un bonne maîtrise du feu.

L’apparition de la poterie a pendant de nombreuses années été attribuée au développement de l’agriculture qui a eu lieu durant la révolution du Néolithique, voici un peu plus de 10.000 ans. Cependant, des découvertes récentes (2010 et 2011) faites en Chine, au Japon et en Russie ont mis à mal cette théorie, repoussant de près de 8.000 ans (dans le Pléistocène supérieur) l’émergence des premiers récipients en terre cuite.

Le record de la plus vieille poterie trouvée sur notre planète vient à nouveau d’être battu suite à la découverte, et surtout à la datation précise, de fragments de terre cuite à l'intérieur de la grotte de Xianrendong, dans la province de Jiangxi en Chine. Cette information est publiée dans la revue Science par une équipe d’archéologues menée par Ofer Bar-Yosef de la Harvard University.

Les fragments de poterie de la grotte de Xianrendong ont été extraits de ces sédiments. L'analyse et la datation de ces structures géologiques révèlent que cette cavité a été habitée entre 29.000 et 17.500 ans avant le présent. Elle a ensuite été abandonnée avant d'être à nouveau occupée de 14.500 à 12.000 ans avant le présent.

De vieilles poteries utilisées pour faire de l’alcool ?

La grotte est relativement grande, bien que son entrée soit petite avec une largeur d’environ 2,5 m et une hauteur de 2 m. Des fouilles y ont été menées à 7 reprises entre 1960 et 2009. Lors de cette dernière étude, on a réalisé pour la première fois des datations au radiocarbone (carbone 14) sur les couches géologiques qui abritaient des fragments de poteries. Le résultat est tombé, certains récipients en terre cuite, des pots ou bols d’environ 20 cm de diamètre, ont été fabriqués voici 19.000 à 20.000 ans, durant la dernière glaciation.

Ils étaient probablement utilisés par des chasseurs-cueilleurs, peut-être pour faire cuire des aliments. Les plus anciens fragments ne possèdent pas de trace de suie ou de cuisson typiquement rencontrées sur des récipients utilisés pour la cuisine. Il est donc difficile de définir leurs fonctions. Cependant, des fragments plus jeunes possèdent ces marques, prouvant ainsi qu’ils avaient été mis sur le feu. Cuire les aliments pourrait avoir aidé les Hommes de l’époque à mieux survivre durant la période la plus froide de la dernière glaciation, alors que les ressources alimentaires devaient se faire rares. La nourriture cuite contient en effet plus d’énergie que celle crue.

Mais d’autres utilisations possibles existent. De très nombreux os entouraient les plus vieux fragments. Les récipients auraient ainsi pu servir, selon les auteurs, à récolter de la moelle ou de la graisse. Par ailleurs, il est également possible et même fortement probable qu’ils aient simplement été utilisés comme contenants pour le stockage ou la préparation de plats. Enfin, dernière hypothèse avancée par les archéologues, les poteries auraient pu être employées pour brasser une boisson alcoolisée…

Source : Futura Sciences du 02/07/2012

mardi 3 juillet 2012

Des australopithèques friands d’écorce et de bois

Un petit australopithèque sud-africain, parent éloigné de l'Homme moderne, consommait essentiellement du bois et de l'écorce d'arbres. Une étrangeté quand la plupart des autres hominidés préféraient les feuilles et des plantes beaucoup plus tendres.

Les habitudes alimentaires de l'Australopithecus sediba sont assez surprenantes. Ce lointain parent de l’Homme, dont deux spécimens ont été découverts en 2008 dans une caverne proche de Johannesburg, se nourrissait essentiellement du bois et de l'écorce d'arbres. Cette découverte a été révélée par l’étude des dents du primate qui ont été soumises à une batterie de tests par une équipe internationale de chercheurs. Parmi eux, les scientifiques ont bombardé les dents à l'aide d'un laser, pour extraire le carbone piégé dans l'émail.

Or, il s'est avéré que celui-ci provenait d'arbres et de buissons, contrairement aux dents de 81 autres hominidés testées jusqu'alors et qui contenaient une forme de carbone caractéristique de feuilles et d'herbes. "Au. sediba avait un régime alimentaire très différent de celui des autres hominidés qui ont été étudiés jusqu'à présent. Etant donné que leur morphologie est très similaire, nous nous attendions à ce qu'il ressemble plus ou moins aux autres espèces du genre Australopithèque, ou même un peu aux premiers hommes. En réalité, il consommait beaucoup plus de nourriture provenant d'environnements boisés et clos, y compris des aliments durs", explique à l'AFP Amanda Henry, de l'Institut Max Planck d'anthropologie.

"L'écorce, surtout l'écorce interne des arbres, peut être plutôt nutritive. Tous les nutriments d'un arbre passent par son écorce interne. Par exemple, le sirop d'érable n'est rien d'autre qu'une version concentrée de la résine qui coule dans l'écorce interne des érables", précise la scientifique. Ainsi, d’autres techniques (jusqu’ici inédites) ont été employées pour s’assurer de ces résultats surprenants. Le prélèvement de tartre sur les dents a permis une analyse des minuscules fragments végétaux fossilisés qui y étaient restés piégés depuis deux millions d'années. Il s'agissait bel et bien d'écorce et de bois.

Des environnements et comportements spécifiques

Selon Paul Sandberg, de l'Université du Colorado Boulder qui a participé à l'étude publiée hier par la revue Nature, "c'est une découverte importante car le régime alimentaire est l'un des aspects fondamentaux de l'animal, c'est ce qui dicte son comportement et sa niche écologique". Comme l'explique Mme Henry, "il semble donc qu'il y a environ deux millions d'années, il y avait différentes espèces d'hominidés qui utilisaient différents environnements de différentes façons, chaque espèce étant plutôt focalisée sur son environnement spécifique avec un comportement spécifique".

lundi 2 juillet 2012

Quand un australopithèque préférait l'écorce et le bois aux feuilles tendres

Un petit australopithèque sud-africain, lointain parent de l'Homme, s'était concocté un régime à base de bois et d'écorce d'arbres alors que la plupart des autres hominidés préféraient des feuilles et des plantes bien plus tendres.

Ces habitudes alimentaires de l'Australopithecus sediba, dont deux spécimens ont été découverts en 2008 dans une caverne proche de Johannesburg, ont été révélées par les dents du primate, soumises à une batterie de tests par une équipe internationale de chercheurs, forts surpris du résultat.

"Au. sediba avait un régime alimentaire très différent de celui des autres hominidés qui ont été étudiés jusqu'à présent. Etant donné que leur morphologie est très similaire, nous nous attendions à ce qu'il ressemble plus ou moins aux autres espèces du genre Australopithèque, ou même un peu aux premiers hommes. En réalité, il consommait beaucoup plus de nourriture provenant d'environnements boisés et clos, y compris des aliments durs", explique à l'AFP Amanda Henry, de l'Institut Max Planck d'anthropologie.

Pour parvenir à cette découverte, les chercheurs ont commencé par bombarder les dents de l'australopithèque sud-africain à l'aide d'un laser, pour extraire le carbone piégé dans l'émail.

Contrairement aux dents de 81 autres hominidés testées jusqu'alors, qui contenaient une forme de carbone caractéristique de feuilles et d'herbes, celles d'Australopithecus sediba renfermaient du carbone provenant d'arbres et de buissons.

Prélèvement de tartre sur les dents

Une trouvaille suggérant que ce primate mangeait, au moins une partie de l'année, de l'écorce et autres tissus ligneux.

"L'écorce, surtout l'écorce interne des arbres, peut être plutôt nutritive. Tous les nutriments d'un arbre passent par son écorce interne. Par exemple, le sirop d'érable n'est rien d'autre qu'une version concentrée de la résine qui coule dans l'écorce interne des érables", précise Amanda Henry.

Pour vérifier ce résultat insolite, les scientifiques ont recouru à une technique inédite: prélever sur les dents un peu de tartre - la plaque dentaire minéralisée bien connue des dentistes modernes - et analyser les minuscules fragments végétaux fossilisés qui y étaient restés piégés depuis deux millions d'années.

Il s'agissait bien d'écorce et de bois.

Un tel régime alimentaire n'avait jamais été attribué jusqu'alors aux hominidés africains. Pour Paul Sandberg, de l'Université du Colorado Boulder (Etats-Unis) qui a participé à l'étude publiée mercredi par la revue Nature, l'Australopithecus sediba se nourrissait d'une manière assez similaire aux chimpanzés de la savane africaine aujourd'hui.

Selon M. Sandberg, "c'est une découverte importante car le régime alimentaire est l'un des aspects fondamentaux de l'animal, c'est ce qui dicte son comportement et sa niche écologique".

"Il semble qu'il y a environ deux millions d'années, il y avait différentes espèces d'hominidés qui utilisaient différents environnements de différentes façons, chaque espèce étant plutôt focalisée sur son environnement spécifique avec un comportement spécifique", estime la chercheuse.

"Pas si longtemps après, on voit arriver l'Homo erectus, une espèce qui était capable de se déplacer et de se débrouiller dans tous ces environnements différents, c'est un grand changement", conclut-elle.

Source : Libération du 27/06/2012