jeudi 14 décembre 2017

La dispersion des hommes modernes

Une étude de l’institut Max Plack compile l’ensemble des données sur la dispersion des Homo sapiens dans le monde. Il y a bien eu plusieurs sorties d’Afrique depuis 120 000 ans.

Un nouveau modèle « Out of Africa » enrichi !

La plupart des gens connaissent maintenant le modèle traditionnel «Out of Africa» : des hommes modernes ont évolué en Afrique avant de se lancer à la conquête de nouveaux territoires. Ils ont d’abord traversé l'Asie puis ils ont atteint l'Australie, il y a environ 60 000 ans. Ce processus est de plus en plus souvent amendé et complété avec les progrès technologiques d'identification des fossiles et surtout les analyses génétiques sur des hominidés anciens. Il apparaît maintenant que le déroulé de cette préhistoire doit être révisé et que les premiers humains ont quitté l’Afrique à plusieurs reprises, avant 60 000 ans. Ces sorties multiples ont été l’occasion de nombreux croisements avec d’autres hominidés en Eurasie.

Les chercheurs de l'Institut Max Planck et de l'Université de Hawaii (Manoa) ont confirmé que les recherches démontrent que l’origine africaine des humains il y a 60 000 ans n'est qu'une partie d’une histoire plus complexe.
L'analyse, publiée dans la revue Science, passe en revue la profusion des nouvelles découvertes en Asie au cours de la dernière décennie. Ces études ont été rendues possibles grâce aux progrès technologiques et aux collaborations interdisciplinaires ; elles montrent qu’Homo sapiens a atteint des régions éloignées du continent asiatique, comme par exemple l'Océanie, beaucoup plus tôt qu'on le pensait possible. Toutes les études ADN apportent les preuves que des hommes modernes se sont métissés avec d'autres hominidés déjà présents en Asie, tels que les Néanderthaliens et les Denisoviens, ce qui complique l'histoire évolutive de notre espèce...

Des vagues multiples et successives d’hommes modernes venant d’Afrique, depuis 120 000 ans

Les auteurs ont rassemblé les résultats de plusieurs études récentes pour préciser la chronologie des vagues humaines vers l’Asie. Des études ont dernièrement identifié des fossiles humains modernes dans des parties éloignées de l'Asie qui sont potentiellement assez anciens. Par exemple, des restes d'Homo sapiens ont été trouvés sur plusieurs sites dans le sud et le centre de la Chine, datés entre 70000 et 120 000 ans. Des découvertes supplémentaires indiquent que les humains modernes ont atteint l'Asie du Sud-Est et l'Australie il y a 60 000 ans.
Par ailleurs, des études génétiques confirment que toutes les populations non africaines actuelles proviennent d'une seule population africaine ancestrale il y a environ 60 000 ans. Pour l’équipe de chercheurs, cela pourrait indiquer qu'il y a eu d’abord de multiples et petites dispersions d'êtres humains hors d'Afrique depuis 120 000 ans, puis, une expansion majeure il y a 60 000 ans. Cela expliquerait que la dernière vague ait contribué à l'essentiel de la composition génétique des non-Africains actuels. "Les dispersions initiales en Afrique avant 60 000 ans étaient probablement le fait de petits groupes de chasseurs-cueilleurs, et certaines de ces premières dispersions ont laissé des traces génétiques de bas niveau dans les populations humaines modernes. », explique Michael Petraglia de (Institut Max Planck).


Possibilités de métissages multiples en Asie

Les dernières avancées en génétique ont permis de confirmer que les hommes modernes se sont métissés avec d'autres hominidés anciens. Les Homo sapiens se sont croisés non seulement avec des Homo neanderthalensis, mais également avec des « parents » récemment découverts, les Denisoviens, ainsi qu'avec une population non identifiée d’hominidés prémodernes. Selon une estimation, il apparaît que tous les non-Africains actuels ont entre 1 et 4% d'héritage néandertalien, et selon une autre équipe, les Mélanésiens modernes auraient, en moyenne, 5% d'héritage génétique Denisovien. Dans l'ensemble, il est maintenant clair que les hommes modernes, les Néanderthaliens, les Denisoviens, et peut-être d'autres groupes d'hominidés, se sont rencontrés en Asie, ce qui a multiplié les possibilités de métissages.
Les preuves croissantes de ces interactions suggèrent que la diffusion de la culture matérielle est également plus compliquée qu'on ne le pensait auparavant. "En effet, ce que nous voyons dans le comportement est que la propagation des comportements humains dits modernes ne s'est pas produite dans un simple processus transgressif d'ouest en est, mais plutôt que la variation écologique doit être considérée de concert avec la variation comportementale des différentes populations d'hominidés présentes en Asie au Pléistocène supérieur », explique Christopher Bae (Université d'Hawaii, Manoa).

Source : Hominidés.com du 11/12/2017

lundi 11 décembre 2017

Origine de l’homme moderne: Plusieurs vagues de migrations seraient parties d’Afrique

Une nouvelle étude remet en question l'hypothèse d'une unique grande vague migratoire...

L’Afrique, berceau de l’humanité, aurait été le point de départ de multiples vagues de migrations. C’est ce que révèle une étude dont les conclusions ont été publiées ce jeudi dans la revue Science. Une version qui vient contredire l’hypothèse communément admise d’une unique grande vague migratoire il y a environ 60.000 ans.


De nouvelles découvertes en Asie

Pour en arriver là, les chercheurs se sont appuyés sur de nouvelles découvertes, effectuées en Asie ces dix dernières années. Notamment la mise au jour des ossements d’Homo Sapiens en Chine qui montrent que celui-ci a parcouru de vastes distances beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait sur le continent asiatique, s’approchant même de l’Océanie.

Des études récentes ont également confirmé que les populations non africaines actuelles descendent d’un seul groupe en Afrique, remontant à approximativement 60.000 ans. « Les migrations parties d’Afrique antérieures à 60.000 ans étaient probablement de petits groupes d’explorateurs et certains de ces mouvements migratoires ont laissé de faibles traces génétiques dans les populations humaines modernes », a confié Michael Petraglia, le principal auteur de ces travaux.

Des gènes néandertaliens

Des croisements entre les hommes modernes et d’autres hominidés, comme les Néandertaliens ou les Denisoviens, auraient aussi eu lieu. Ainsi, à l’exception des Africains, les humains posséderaient à l’heure actuelle entre 1 et 4 % de gènes néandertaliens dans leur ADN, et ceux originaires du Pacifique auraient eux 5 % de gènes denisoviens.

« Cette collection d’indices nous donne une image des migrations humaines qui ne peut pas se limiter à une seule vague de population d’Ouest en Est », a expliqué Christopher Bae, chercheur de l’université d’Hawaï à Manoa, et co-auteur de l’étude. Pour ce scientifique, « il faut prendre en compte les variations écologiques et les différentes interactions entre les diverses populations d’hominidés présentes en Asie à la fin du Pléistocène, il y a 100.000 ans ».

Source : 20 minutes du 08/12/2017