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lundi 19 juin 2017

Homo gautengensis

Homo gautengensis est une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Afrique australe entre 2 et 0,8 millions d'années avant le présent. Elle a été décrite par le paléoanthropologue Darren Curnoe en 2010, à partir de restes fossiles trouvés en Afrique du Sud, préalablement attribués aux espèces Homo habilis, Homo ergaster, et dans certaines études à Australopithecus africanus. La validité de l'espèce ne fait pas l'unanimité parmi les chercheurs.

Analyse

Le paléoanthropologue Ronald J. Clarke, découvreur du squelette fossile Little Foot dans la grotte de Sterkfontein, estime que certains fossiles attribués à Homo gautengensis pourraient en fait être des fossiles d'Australopithèques, peut-être d'Australopithecus africanus.

La découverte d'Homo naledi en 2013 (publiée en 2015 et datée en 2017) a confirmé qu'il pouvait exister des espèces humaines plus archaïques qu'Homo habilis à une époque plus tardive. Il reste encore un travail considérable de réinterprétation à faire sur des fossiles découverts depuis plusieurs décennies en Afrique du Sud et en Afrique de l'Est, à l'aide des méthodes d'analyse modernes aujourd'hui disponibles.

Source : Wikipedia

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Homo gautengensis (vécu il y a environ 2 millions à 820 000 ans) : Plus tôt cette année, Darren Curnoe de l'Université de New South Wales en Australie a annoncé la découverte possible d'une nouvelle espèce d'Homo trouvée en Chine. Ce n’était pas la première fois qu’il identifiait un nouveau type d’hominidé. En 2010, il a réanalysé des fossiles des grottes sud-africaines de Sterkfontein, Swartkrans et Drimolen et a décidé que certains des spécimens avaient des molaires de forme étrange par rapport aux hominidés sud-africains connus, tels que Australopithecus africanus. Il a regroupé les formes étranges dans leur propre espèce, Homo gautengensis, affirmant que c'était probablement le premier membre du genre Homo.

Source : Source

jeudi 4 juin 2015

Le nouvel australopithèque qui complique le portrait de famille

Cette mâchoire appartient-elle à une nouvelle espèce d’australopithèque ou s’agit-il d’une variation d’une espèce connue ? La question ne sera pas réglée de sitôt, mais elle rappelle combien il reste à apprendre sur ces ancêtres qui n’étaient plus des singes mais pas tout à fait des humains.

Une mandibule et quelques dents : c’est la découverte de l’année pour les paléontologues et la discussion qui les passionne depuis le dévoilement officiel dans Nature, le 27 mai : cette mâchoire, mise à jour en Éthiopie, est vieille de 3,3 à 3,5 millions d’années. Soit l’époque de Lucy, la plus célèbre des australopithèques, découverte en 1974 dans la même région d’Éthiopie. D’emblée, le chercheur principal, Yohannes Haile-Selassie, du Musée d’histoire naturelle de Cleveland, l’a associée à une nouvelle espèce, australopithecus deyiremeda. Les sceptiques préfèrent la laisser dans l’espèce australopithecus afarensis, celle de Lucy.

Quelle importance à ce débat d’experts ? D’abord, le fait que la «biodiversité» de l’espèce humaine - des Homo sapiens qui ont côtoyé des Néandertaliens qui ont côtoyé des Dénisoviens et sans doute d’autres encore - est peut-être de l’histoire (très) ancienne : plutôt que d’avoir une seule lignée d’hominidés qui se serait séparée des grands singes il y a six ou sept millions d’années avant de se diversifier «récemment» (en gros, dans les deux derniers millions d’années), peut-être y a-t-il eu plusieurs lignées très tôt. Auquel cas Lucy ne serait que la représentante de la lignée dite «gracile», par opposition à l’autre, parfois appelée «robuste», qui aurait conduit jusqu’à nous.

Ce n’est pas une idée nouvelle. Des ossements découverts en Afrique du Sud en 1995 font l’objet d’un débat depuis cette époque, leur découvreur, Ronald J. Clarke, de l’Université de Witwatersrand, insistant pour les rebaptiser australopithecus prometheus, là aussi une lignée «robuste». D’autres ossements de la même caverne sont censés être dévoilés bientôt. Il y a par ailleurs ce crâne de trois millions et demi d’années, découvert en 2001 au Kenya, que ses gens tiennent à appeler kenyanthropus platyops. Le mois dernier, une équipe de l’Université Stony Brook lui a attribué des outils qu’ils datent de 3,3 millions d’années.

Que ces ossements disparates (et tous incomplets) appartiennent à des lignées différentes ou non, ils n’en suggèrent pas moins des adaptations différentes à des environnements différents - et s’il fallait découvrir, un jour prochain, d’autres outils de pierre vieux de plus de 3 millions d’années, cela poserait en des termes inédits la question de la transition de la famille Australopithecus à la famille Homo - parce que l’australopithèque demeure dans une catégorie à part : pas un singe, mais pas encore un humain.

Source : Agence Science-Presse du 02/06/2015

mardi 7 avril 2015

« Petit pied » pourrait être à l’origine de l’humanité

L’australopithèque Little Foot, exhumé il y a près de vingt ans en Afrique du Sud, serait âgé de 3,67 millions d’années, d’après une nouvelle méthode de datation.

Plus âgée que la fameuse Lucy éthiopienne (3,2 millions), australopithèque elle aussi, cette découverte recentre l’origine de l’humanité sur l’Afrique du sud.

Une équipe internationale de paléoanthropologues vient de dater à nouveau le squelette de Little Foot à – 3,67 millions d’années, ce qui en fait l’un des plus vieux australopithèques et relance l’Afrique du sud comme berceau de l’humanité.

« Cela remet l’Afrique du Sud dans la course de l’évolution humaine », alors que depuis plusieurs décennies, l’Afrique de l’Est tenait la corde, explique Laurent Bruxelles, chercheur de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) au laboratoire Traces (CNRS-Université de Toulouse) et médaille de bronze du CNRS en 2015.

Un australopithèque sud-africain

« Avec un âge de 3,67 +/– 0,16 millions d’années, Little Foot arrive devant l’Éthiopienne Lucy (Australopithecus afarensis) âgée de 3,2 millions d’années et largement avant Homo Habilis, notre ancêtre direct, apparu il y a environ 2,5 millions d’années », souligne Laurent Bruxelles.

« Dans ce cas, rien ne s’oppose à ce que cet australopithèque (« singe austral ») sud-africain soit à l’origine de l’humanité. » « Tout reste possible », a souligné M. Bruxelles qui a participé à une étude internationale publiée dans la revue britannique Nature.

Une méthode de datation plus précise

Cette date est le fruit de l’invention d’une nouvelle méthode de datation par isotopes cosmogéniques. Celle-ci consiste à mesurer l’âge d’atomes radioactifs d’aluminium et de berylium arrivés sur terre par les rayonnements cosmiques en s’aidant d’un spectromètre de masse, une technique mise au point à l’université Purdue (Indiana).

Un puzzle rocambolesque

Tout a commencé par la découverte en 1994 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg (Afrique du sud), de quatre petits os provenant d’un pied gauche d’un hominidé très ancien que Ronald Clarke, professeur de paléoanthropologie à l’Université Witwatersrand de Johannesburg, baptise « Little Foot » (« Petit pied »).

En 1997, le chercheur trouve dans une autre boîte des os de pied provenant du même « préhomme » et un morceau de tibia.

Gangue de calcite

Avec ces indices, son équipe retrouve dans la grotte le squelette quasi entier de Little Foot enserré dans une gangue de calcite aussi dure que du béton que les scientifiques doivent dégager à l’aide d’instruments de dentisterie. Étonnante, cette exhumation (les os étaient littéralement connectés avec la roche) relève de la découverte d’une aiguille dans une meule de foin. Là, le squelette gît à 25 mètres de profondeur, et l’homme à qui il appartenait a sans doute fait une chute mortelle dans le gouffre.

Treize années ont été nécessaires pour dégager Little Foot. Ce fossile est, selon les chercheurs, un représentant de l’espèce Australopithecus prometheus. Rapidement, Ronald Clarke attribue un âge de 3,3 millions d’années à Little Foot en se basant sur la morphologie de l’hominidé et sur une première datation des coulées stalagmitiques de la grotte.

Un âge très discuté

Puis en 2003, le géologue Darryl Granger de l’université Purdue suggère une datation des sédiments entourant le fossile d’environ 4 millions d’années, en utilisant la datation par isotopes cosmogéniques (ancienne méthode).

« Mais la marge d’erreur était de plus ou moins un million d’années », explique M. Bruxelles. En 2007, une étude britannique, sème le trouble : Little Foot n’aurait que 2,2 millions d’années, selon l’analyse des coulées stalagmitiques de calcite entourant le squelette.

Démêler la succession de strates

Ronald Clarke ne parvient pas à y croire et il demande en 2006 à Laurent Bruxelles, spécialiste des cavités calcaires (karst), de démêler la succession de strates qui entourent le fossile. La grotte a subi des inondations, des effondrements et des dynamitages par les mineurs.

En 2014, le géomorphologue de l’Inrap établit que les dépôts calcaires datés de 2,2 millions d’années sont postérieurs à Little Foot. Chose extraordinaire et difficile à démontrer, les coulées stalagmitiques se sont insinuées dans les espaces vides, y compris sous le fossile, et sont plus récentes que celui-ci ! C’est alors que Darryl Granger refait les analyses avec la méthode de datation cosmogénique améliorée.

Une histoire de berceau à roulettes

« Les résultats sont étonnants », souligne l’Université de Witwatersrand de Johannesburg. Sur les onze échantillons récoltés au cours de la dernière décennie, neuf se trouvent sur une unique courbe, apportant ainsi « une datation solide au dépôt », souligne l’université.

Finalement, cette découverte rebat les cartes et confirme que l’Afrique du sud est un potentiel berceau de l’humanité, au même titre que l’Afrique de l’est. Un événement scientifique et culturel qui devait amuser l’Abbé Breuil, préhistorien français de renommée internationale décédé en 1961, qui, dans les années 1950 avait pertinemment fait remarquer que si le berceau de l’humanité était bien en Afrique, c’en était pas moins un berceau… à roulettes.

Source : La Croix du 06/04/2015

samedi 4 avril 2015

Toulouse: L'australopithèque «Little Foot» secoue l'arbre généalogique de l'Humanité

SCIENCE Des scientifiques toulousains ont permis de donner un âge à l'un des plus vieux australopithèques, découvert en Afrique du Sud...

Lucy l'Ethiopienne peut aller se rhabiller. Avec ses 3,2 millions d'années, cet australopithèque fait figure de jeune fille. Little Foot, découvert il y a près de vingt ans en Afrique du Sud, serait lui âgé de 3,67 millions d'années, à 160.000 ans près.

C'est la découverte réalisée par des chercheurs toulousains de l'Institut de recherches archéologiques préventives (Inrap) et des Universités Paul-Sabatier et Jean-Jaurès.

Lucy l'Ethiopienne peut aller se rhabiller. Avec ses 3,2 millions d'années, cet australopithèque fait figure de jeune fille. Little Foot, découvert il y a près de vingt ans en Afrique du Sud, serait lui âgé de 3,67 millions d'années, à 160.000 ans près.

C'est la découverte réalisée par des chercheurs toulousains de l'Institut de recherches archéologiques préventives (Inrap) et des Universités Paul-Sabatier et Jean-Jaurès.

Plus vieux que notre ancêtre Homo Habilis

Jusqu'à présent, le CV de ce petit homme singe affichait 2,2 millions d'années. Il vient donc de prendre un sérieux coup de vieux et cela permet de remettre l'Afrique du Sud dans la course de l'évolution humaine.

«Little Foot arrive largement avant Homo Habilis, notre ancêtre direct, apparu il y a environ 2,5 millions d'années. Rien ne s'oppose à ce que cet australopithèque sud-africain soit à l'origine de l'humanité», explique Laurent Bruxelles, chercheur du laboratoire Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés (TRACES) de l'Université Jean-Jaurès et du CNRS.

Dans les résultats de l'étude publiée ce jeudi dans le magazine Nature, il démontre que la première datation de Little Foot, qui se basait sur la calcite qui l'entourait, n'était pas la bonne. Son découvreur Ronald Clarke ne s'en est d'ailleurs jamais satisfait.

Plus de quinze ans pour lui trouver le bon âge

C'est lui qui en 1997 a trouvé Little Foot dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesbourg, gisant à 25 m de profondeur. Trois ans plus tôt, alors qu'il classait des boîtes, il avait trouvé un pied d'adulte australopithèque, de petite taille, d'où le nom attribué à l'individu.

Après une bataille d'experts pour trouver son âge, Ronald Clarke, a donc demandé en 2006 aux scientifiques toulousains d'intervenir pour faire le tri entre l'âge des différentes strates qui entourent le fossile.

«Il existe peut-être encore des centaines de Little Foot»

Laurent Bruxelles, géomorphologue, va éclaircir l'horizon: les dépôts calcaires datent bien de 2,2 millions d'années, mais ils sont arrivés là après Little Foot. Grâce à de nouvelles datations cosmogéniques effectuées sur onze échantillons, la nouvelle tombe: il est l'un des plus vieux australopithèques de l'Humanité, en concurrence avec quelques congénères d'Afrique de l'Est.

«Il existe peut-être encore des centaines de Little Foot qu'il faut chercher dans leur piège géologique, reprend le géomorphologue. Nous avons d'ailleurs un projet de creuser une tranchée juste à côté de l'endroit où il a été découvert. En décembre, nous partons pour une mission de quatre ans en Namibie où nous allons aussi fouiller une série de grottes.»

Source : 20 minutes du 02/04/2015

vendredi 3 avril 2015

Little Foot aurait 3,67 millions d'années

L'australopithèque Little Foot, découvert il y a près de vingt ans en Afrique du Sud, serait âgé de 3,67 millions d'années, révèle une équipe de chercheurs qui a réalisé une nouvelle datation de ce célèbre fossile.

Cet âge fait du petit «homme singe» sud-africain un contemporain de la fameuse Lucy, australopithèque trouvée en Éthiopie en 1974 et dont l'âge présumé serait de plus de 3 millions d'années.

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied») en 1997 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg, la bataille fait rage entre les experts pour déterminer l'âge de ce fossile d'australopithèque le plus complet jamais trouvé.

«Cela remet l'Afrique du Sud dans la course de l'évolution humaine», alors que depuis plusieurs décennies, l'Afrique de l'Est tenait la corde, a déclaré à l'AFP Laurent Bruxelles, chercheur à l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) en France.

«Avec un âge de 3,67 millions d'années, Little Foot arrive largement avant Homo Habilis, notre ancêtre direct, apparu il y a environ 2,5 millions d'années», souligne Laurent Bruxelles. «Dans ce cas, rien ne s'oppose à ce que cet australopithèque sud-africain soit à l'origine de l'humanité». «Tout reste possible», a souligné M. Bruxelles qui a participé à l'étude.

La marge d'erreur de la nouvelle datation est de plus ou moins 160 000 ans, précisent les scientifiques qui ont utilisé la datation par isotopes cosmogéniques (générés par les rayonnements cosmiques qui bombardent la Terre) dans une version améliorée et publient leur étude mercredi dans la revue britannique Nature.

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied») en 1997 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg, la bataille fait rage entre les experts pour déterminer l'âge de ce fossile d'australopithèque le plus complet jamais trouvé.

Quatre millions d'années? 3,3 millions? Ou seulement 2,2 millions? L'enjeu est de taille.

La nouvelle datation a été établie par une équipe internationale, qui comprend notamment le découvreur de Little Foot, Ronald Clarke.

«Datation solide»

En 1994, il trouve dans une boîte d'ossements divers provenant de déblais miniers de la grotte de Silberberg, quatre petits os provenant du pied d'un hominidé très ancien qu'il baptise «Little Foot». Trois ans plus tard, le paléoanthropologue de l'Université sud-africaine de Witwatersrand trouve dans une autre boîte des os de pied provenant du même pré homme et un morceau de tibia.

Avec ces indices, son équipe retrouve dans la grotte le squelette quasi entier de Little Foot enserré dans une gangue calcaire. Il gît à 25 mètres de profondeur. Selon les chercheurs, il a sans doute fait une chute mortelle dans le gouffre.

Treize années ont été nécessaires pour dégager Little Foot. Ce fossile serait un représentant de l'espèce Australopithecus prometheus.

Rapidement, Ronald Clarke attribue un âge de 3,3 millions d'années à Little Foot en se basant sur la morphologie de l'hominidé et sur une première datation des coulées stalagmitiques de la grotte.

Puis en 2003, le géologue Darryl Granger suggère une datation des sédiments entourant le fossile d'environ 4 millions d'années, en utilisant la datation par isotopes cosmogéniques. Elle décrypte le vieillissement d'isotopes de l'aluminium et du béryllium. «Mais la marge d'erreur était de plus ou moins un million d'années», explique M. Bruxelles.

Trois ans plus tard, une étude britannique sème le trouble: Little Foot n'aurait que 2,2 millions d'années, selon l'analyse de sédiments entourant le squelette.

Ronald Clarke ne parvient pas à y croire et il demande en 2006 à Laurent Bruxelles, spécialiste des cavités en milieu calcaire, de démêler la succession de strates qui entourent le fossile. La grotte a subi des inondations, des effondrements et des dynamitages par les mineurs.

Le géomorphologue de l'Inrap remet de l'ordre dans tout cela. Il établit que les dépôts calcaires datés de 2,2 millions d'années sont postérieurs à Little Foot. Les études repartent sur de nouvelles bases.

Darryl Granger, de l'Université Purdue de l'Indiana, refait des analyses, en se basant sur la même méthode de datation cosmogénique, mais améliorée. Une autre innovation, utilisant un aimant, permet d'affiner encore la datation.

«Les résultats sont étonnants», souligne l'Université de Witwatersrand de Johannesburg. Sur les onze échantillons récoltés au cours de la dernière décennie, neuf se trouvent sur une unique courbe, apportant ainsi «une datation solide au dépôt», pointe l'université.

mercredi 18 juin 2014

Little Foot, nouvel "ancêtre de l'humanité" ?

Son squelette est mieux conservé et plus complet que celui de l’australopithèque Lucy. Plus beau et plus âgé ? Ce Sud-Africain d’au moins 3 millions d’années pourrait ravir à sa célèbre cousine le titre d’« ancêtre de l’humanité ». Histoire d’une rocambolesque découverte.

Un boyau sans fin dans une pénombre inquiétante qui tord l’estomac… Voilà trente-six heures que Stephen Motsumi et Nkwane Molefe scrutent les moindres recoins de la grotte de Sterkfontein, située au nord de Johannesburg (Afrique du Sud). Ignorent-ils que, jadis, un ouvrier s’est perdu dans cette mine-labyrinthe de 12 kilomètres de galeries et qu’il n’en est jamais ressorti ? Faisant fi du danger, les deux hommes progressent lentement par une chaleur étouffante et à la faible lumière de leur lampe. Même Hergé, le père de Tintin, n’aurait pu imaginer scénario aussi haletant. « Eurêka ! » s’exclame l’un des paléontologues, à l’instar du héros de la célèbre bande dessinée, lorsque, tout à coup, à 25 mètres de profondeur, alors qu’il se trouve en haut d’une marche poussiéreuse, il tombe nez à nez avec le trésor tant convoité : un bout d’os de 3 centimètres de long, encastré dans la roche !

Les pièces s’emboîtent comme un puzzle de 3 millions d’années

De sa poche, il sort le moulage d’un demi-tibia que lui a religieusement confié son supérieur, le Pr Ronald Clarke, de l’Institut de l’évolution humaine à l’université du Witwatersrand. « Et c’est là qu’a opéré la magie du destin, s’enthousiasme Yves Coppens, paléoanthropologue au Collège de France, qui aime raconter l’histoire de ce fossile qu’il connaît bien. Les deux extrémités se sont parfaitement assemblées comme les pièces d’un puzzle. » Sans le savoir, en ce début du mois de juillet 1997, Motsumi et Molefe viennent de mettre la main sur le squelette d’australopithèque le plus complet exhumé à ce jour, un genre d’hominidé que l’on pouvait croiser sur notre terre il y a plus de trois millions d’années, et que nombre de spécialistes estiment être à l’origine de la lignée humaine. Celui-là, baptisé « Little Foot », concourt donc au titre très convoité d’« ancêtre de l’humanité ».

Cette découverte marque l’épilogue d’une très, très longue histoire. Au début des années 1900, Johannesburg se développe grâce au filon aurifère : pour extraire l’or, les mineurs ont besoin de chaux, qu’ils vont chercher à 45 kilomètres, dans la vallée de la Blaauwbankspruit, où se trouve la grotte de Sterkfontein. La roche y est si dure que le travail s’effectue à la dynamite. Mais rapidement, et malgré les dégâts irréversibles causés par l’explosif, de nombreux os attirent l’attention des scientifiques dépêchés sur place. Ils les récupèrent, souvent dans la précipitation, et se contentent de les stocker. « D’abord au British Museum, à Londres, ensuite au musée du Transvaal, à Pretoria, puis à l’université du Witwatersrand », explique Francis Thackeray, professeur en anthropologie, qui dirige aujourd’hui l’Institut de l’évolution humaine. Peu à peu se constitue ainsi l’une des plus formidables collections anthropologiques de la planète, à partir des fossiles de Sterkfontein et de ceux trouvés dans le reste de la vallée de la Blaauwbankspruit. En 1925, l’anthropologue Raymond Dart se plonge dans ce trésor, y découvre le crâne d’un enfant provenant de la grotte de Taung ; un jeune garçon qui devait marcher debout en raison de la position de son occipital. Pour Dart, cette caractéristique fait de cet « enfant de Taung » le premier représentant de l’espèce humaine, que l’anthropologue nomme Australopithecus africanus. Très critiquée, l’hypothèse de Dart est confirmée en 1947 après le déterrement d’un autre fossile que l’on prend, à tort, pour celui d’une femme, appelé « Mrs Ples ». Son crâne quasi complet au volume imposant (485 centimètres cubes) est différent de celui des grands singes et confirme l’existence d’une forme ancienne d’hominidés. « A partir de là, l’idée que l’Afrique du Sud puisse être le berceau de l’humanité commence à s’imposer au sein de la communauté scientifique », raconte José Braga, anthropobiologiste à l’université Paul-Sabatier, à Toulouse.

Avec l’apartheid, les recherches migrent vers l’Afrique de l’Est

L’après-Seconde Guerre mondiale marque l’arrêt de l’exploitation minière dans une bonne partie du pays. Grâce à ses nombreux sites – Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai, Malapa, Taung et Makapansgat –, la région devient pour les paléontologues la « vallée aux fossiles », comme il existe, pour les égyptologues, une « Vallée des Rois ». Sauf que, dès 1948, le Parti national instaure l’apartheid. « Cette période de repli s’est traduite pour les chercheurs par une difficulté d’obtenir des permis de fouilles », se souvient Brigitte Senut, du Muséum d’histoire naturelle de Paris, qui a longtemps travaillé en Afrique du Sud. Les recherches se déplacent ailleurs sur le continent africain, surtout dans l’Est avec, en 1974, la découverte, par Yves Coppens, de la célèbre Lucy. Un événement planétaire puisque la petite boule de poils (1,20 mètre pour 25 kilos) a acquis une surprenante popularité auprès du public. Au point de faire de l’Afrique de l’Est le lieu d’origine de l’espèce humaine. « Vouloir imposer un endroit précis alors que les préhumains ont connu une évolution dans le temps et dans l’espace n’a pas de sens », estime Brigitte Senut.

En Afrique du Sud, les fouilles suivent les évolutions politiques. A peine les dernières lois ségrégationnistes sont-elles abolies que les recherches s’accélèrent, notamment dans les dépôts les plus anciens de Sterkfontein, d’où différents os, difficilement identifiables – bovidés, rongeurs, félins, singes –, se trouvent à nouveau exhumés, en 1992, et conservés à l’université du Witwatersrand. Les boîtes s’entassent jusqu’à ce qu’un soir de septembre 1994 Ron Clarke décide d’en ouvrir une au hasard, dont il vide le contenu sur son bureau. Au milieu du fatras, il distingue quatre petits os provenant du pied gauche d’un hominidé. Ce remarquable anatomiste continue à fouiner frénétiquement dans les cartons et découvre d’autres morceaux. Sur la base de ces quelques osselets naît Little Foot, décrit en 1995 comme un australopithèque dans la revue Science. « A l’époque, son étude, fondée sur si peu de preuves, avait provoqué quelques grincements de dents, raconte José Braga. C’était compter sans son éclair de génie. » Clarke s’interroge benoîtement : et si la grotte de Sterkfontein, dont l’exploitation a cessé en 1939 et où, depuis, rien n’a bougé, recelait toute l’ossature de Little Foot ? Ron Clarke confie donc un moulage de tibia à deux de ses élèves, Stephen Motsumi et Nkwane Molefe, qu’il envoie sur place. On connaît la suite…

Mais si la mise au jour du squelette d’australopithèque le plus complet du monde tient au hasard et à l’intuition d’un homme, il est aussi un gros coup de chance. Au moment où les mineurs stoppent l’exploitation du site, ils s’arrêtent, on peut le dire, au pied de Little Foot. « Un tiers de dynamite en plus, et il se trouvait totalement désintégré, un tiers en moins, et on ne mettait jamais la main dessus », analyse Laurent Bruxelles. Ce chercheur de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) est appelé à la rescousse par Ron Clarke en 2007. Il est karstologue, autrement dit spécialiste des grottes, une discipline à la frontière de l’archéologie et de la spéléologie, que les Sud-Africains, excellents géologues, goûtent peu. Or, depuis la découverte de Little Foot, l’âge de l’australopithèque pose un problème aux scientifiques. Clarke lui attribue 3,3 millions d’années (Ma), ce qui rend son protégé un peu plus vieux que la célèbre Lucy (3,2 Ma). Mais l’on ne détrône pas si facilement une idole, et les autres estimations effectuées depuis n’ont cessé d’ajouter du doute à la confusion… Une première datation, réalisée selon la méthode dite « cosmonucléide » – les chercheurs analysent les éléments de quartz tombés dans la grotte et évaluent la dernière fois qu’ils ont vu le jour –, a repoussé cet âge à 4 millions d’années. Une deuxième, plus classique, dite « radiométrique », reposant sur l’examen des couches de calcite situées sous le fossile, a fourni celui de… 2,2 millions d’années.

Pourquoi un tel écart chronologique ? Le paysage géologique de l’Est du continent africain n’a rien à voir avec celui du Sud. Le premier demeure facilement lisible avec des strates sédimentaires sagement déposées. « En Afrique du Sud, les dépôts ne sont pas horizontaux mais très chaotiques », précise Francis Thackeray. D’où l’appel adressé à Laurent Bruxelles, le chercheur de l’Inrap, qui s’est lancé dans une étude plus large du site afin de préciser les conditions de formation des grottes et leur développement. Son équipe a même réalisé une reconstitution en 3D de Sterkfontein en vue de mieux évaluer les différents niveaux stratigraphiques et de garder une mémoire du site après l’excavation des ossements. « Je me suis arrêté sur la couche de calcite qui se situe juste au-dessus du squelette et qui l’a emprisonné, à l’abri de l’eau, le figeant, comme l’ambre pour certains insectes », précise Laurent Bruxelles. En la datant, le Français vient de conclure définitivement que Little Foot est âgé d’au moins 3 millions d’années, ce qui en fait un contemporain de Lucy. Mieux, d’ici à quelques semaines, il espère prouver qu’il en est l’aîné, grâce à des examens plus poussés effectués par le laboratoire du Cerege (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement), situé à Aix-en-Provence.

Le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national

L’Afrique du Sud a pris la mesure des trésors que renferme son sol. Au total, un tiers des fossiles anciens exhumés sur le continent proviennent de ce pays. Notamment de cette fameuse vallée de la Blaauwbankspruit, dont les 25 000 hectares ont été classés par l’Unesco « berceau de l’humanité ». Les autorités politiques ont encouragé la création d’un nouveau centre de recherche au sein de l’université du Witwatersrand. « Et moi, je rêve de voir notre gouvernement offrir à toutes les écoles du pays des moulages de nos fossiles, tant pour encourager les vocations que pour que nos enfants prennent conscience de ce patrimoine unique », s’enflamme Francis Thackeray. En ce sens, le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national. Et un trésor inestimable. Parce qu’il apparaît comme le mieux conservé au monde et parce qu’il est le plus complet. « Jusqu’ici, les chercheurs ont exhumé des ossements épars à l’exemple de la carcasse de Lucy, dont on possède 40 %. Là, on a le haut et le bas », résume d’un ton amusé Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France. Un miracle qui, cette fois-ci, tient non à la nature, mais aux circonstances de la mort de Little Foot. Bruxelles passe aux aveux : « C’est un accident. Il a fait une chute vertigineuse de 20 mètres dans la grotte sans que l’on en connaisse la raison. » Il faut imaginer le terrain de jeu d’il y a 3 millions d’années : une savane arborée avec des bosquets, des arbres assez élevés (on a retrouvé des fossiles de lianes), un marécage (restes d’hippopotames et de crocodiles). Little Foot se comportait en chasseur et en charognard, mais était aussi la proie des félins. Les fouilleurs ont d’ailleurs exhumé un crâne avec un morceau de tigre à dents de sabre fiché dedans ! C’est ballot, mais l’australopithèque a chuté, au mieux en cherchant à échapper à un adversaire, au pire parce qu’il avait du mal à mettre un pied devant l’autre… Après le choc, son corps a sans doute roulé, au vu de la position un peu vrillée du fossile. « Sa main se trouve recroquevillée avec son pouce à l’intérieur, note Yves Coppens. Un dernier geste, emprisonné dans la pierre, émouvant et terrible, qui peut laisser croire à une lente agonie. »

Aujourd’hui, au terme de treize années d’une minutieuse excavation, effectuée à la fraise de dentiste, le squelette extrait de sa gangue va pouvoir parler. Sa découverte a prouvé qu’il existait voici de 2,5 millions à 3,5 millions d’années deux lignées d’australopithèques en Afrique du Sud : Australopithecus africanus (l’enfant de Taung et Mrs. Ples) et Australopithecus prometheus (Little Foot). « La devise de tous les préhumains, c’est : “Jamais loin de mon arbre”, résume Pascal Picq. Il se tient debout, marche en permanence et grimpe encore dans les branches. » Or, avec ce squelette complet, les paléontologues devraient avoir des détails sur la bipédie. Sa dentition permettra aussi d’en savoir plus sur son régime alimentaire et sur son âge. Enfin, son crâne, parfaitement conservé, offrira des indications sur la répartition des lobes, sa capacité cérébrale, et donc sur son évolution comportementale. « Celle-ci diffère considérablement selon l’aire géographique et dans le temps », estime Yves Coppens. Alors, 3,5 ou 3,2 millions d’années ? Ancêtre ou cousin de Lucy ? Sur l’échelle de l’évolution, la différence peut sembler minime. A notre aune d’Homo sapiens sapiens, ce n’est pas rien. Après tout, nous n’avons même pas 200 000 ans.

Source : Le vif.be du 16/06/2014

vendredi 9 mai 2014

Préhistoire : dans les pas de Little Foot, nouveau doyen de l'humanité ?

Son squelette est mieux conservé et plus complet que celui de l'australopithèque Lucy. Plus beau et plus âgé ? Ce Sud-Africain d'au moins 3 millions d'années pourrait ravir à sa célèbre cousine le titre d'"ancêtre de l'humanité". Histoire d'une rocambolesque découverte.

Un boyau sans fin dans une pénombre inquiétante qui tord l'estomac... Voilà trente-six heures que Stephen Motsumi et Nkwane Molefe scrutent les moindres recoins de la grotte de Sterkfontein, située au nord de Johannesburg (Afrique du Sud). Ignorent-ils que, jadis, un ouvrier s'est perdu dans cette mine-labyrinthe de 12 kilomètres de galeries et qu'il n'en est jamais ressorti? Faisant fi du danger, les deux hommes progressent lentement par une chaleur étouffante et à la faible lumière de leur lampe.

Les os du pied ont permis d'identifier Little Foot en tant qu'australopithèque.

Même Hergé, le père de Tintin, n'aurait pu imaginer scénario aussi haletant. "Eurêka!" s'exclame l'un des paléontologues, à l'instar du héros de la célèbre bande dessinée, lorsque, tout à coup, à 25 mètres de profondeur, alors qu'il se trouve en haut d'une marche poussiéreuse, il tombe nez à nez avec le trésor tant convoité : un bout d'os de 3 centimètres de long, encastré dans la roche!

Les pièces s'emboîtent comme un puzzle de 3 millions d'années

De sa poche, il sort le moulage d'un demi-tibia que lui a religieusement confié son supérieur, le Pr Ronald Clarke, de l'Institut de l'évolution humaine à l'université du Witwatersrand. "Et c'est là qu'a opéré la magie du destin, s'enthousiasme Yves Coppens, paléo-anthropologue au Collège de France, qui aime raconter l'histoire de ce fossile qu'il connaît bien. Les deux extrémités se sont parfaitement assemblées comme les pièces d'un puzzle."

Sans le savoir, en ce début du mois de juillet 1997, Motsumi et Molefe viennent de mettre la main sur le squelette d'australopithèque le plus complet exhumé à ce jour, un genre d'hominidé que l'on pouvait croiser sur notre terre il y a plus de trois millions d'années, et que nombre de spécialistes estiment être à l'origine de la lignée humaine. Celui-là, baptisé "Little Foot", concourt donc au titre très convoité d'"ancêtre de l'humanité".

Cette découverte marque l'épilogue d'une très, très longue histoire. Au début des années 1900, Johannesburg se développe grâce au filon aurifère : pour extraire l'or, les mineurs ont besoin de chaux, qu'ils vont chercher à 45 kilomètres, dans la vallée de la Blauawbankspruit, où se trouve la grotte de Sterkfontein. La roche y est si dure que le travail s'effectue à la dynamite.

L'Afrique du Sud, berceau de l'humanité ?

Mais rapidement, et malgré les dégâts irréversibles causés par l'explosif, de nombreux os attirent l'attention des scientifiques dépêchés sur place. Ils les récupèrent, souvent dans la précipitation, et se contentent de les stocker. "D'abord au British Museum, à Londres [Grande-Bretagne], ensuite au musée du Transvaal, à Pretoria, puis à l'université du Witwatersrand", explique Francis Thackeray, professeur en anthropologie, qui dirige aujourd'hui l'Institut de l'évolution humaine.

Peu à peu se constitue ainsi l'une des plus formidables collections anthropologiques de la planète, à partir des fossiles de Sterkfontein et de ceux trouvés dans le reste de la vallée de la Blauawbankspruit. En 1925, l'anthropologue Raymond Dart se plonge dans ce trésor, y découvre le crâne d'un enfant provenant de la grotte de Taung; un jeune garçon qui devait marcher debout en raison de la position de son occipital.

Pour Dart, cette caractéristique fait de cet "enfant de Taung" le premier représentant de l'espèce humaine, que l'anthropologue nomme Australo-pithecus africanus. Très critiquée, l'hypothèse de Dart est confirmée en 1947 après le déterrement d'un autre fossile que l'on prend, à tort, pour celui d'une femme, appelé "Mrs Ples". Son crâne quasi complet au volume imposant (485 centimètres cubes) est différent de celui des grands singes et confirme l'existence d'une forme ancienne d'hominidés. "A partir de là, l'idée que l'Afrique du Sud puisse être le berceau de l'humanité commence à s'imposer au sein de la communauté scientifique", raconte José Braga, anthropobiologiste à l'université Paul-Sabatier, à Toulouse.

Avec l'apartheid, les recherches migrent vers l'Afrique de l'Est


L'après-Seconde Guerre mondiale marque l'arrêt de l'exploitation minière dans une bonne partie du pays. Grâce à ses nombreux sites - Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai, Malapa, Taung et Makapansgat -, la région devient pour les paléontologues la "vallée aux fossiles", comme il existe, pour les égyptologues, une "Vallée des Rois". Sauf que, dès 1948, le Parti national instaure l'apartheid.

"Cette période de repli s'est traduite pour les chercheurs par une difficulté d'obtenir des permis de fouilles", se souvient Brigitte Senut, du Muséum d'histoire naturelle de Paris, qui a longtemps travaillé en Afrique du Sud. Les recherches se déplacent ailleurs sur le continent africain, surtout dans l'Est avec, en 1974, la découverte, par Yves Coppens, de la célèbre Lucy.

Un événement planétaire puisque la petite boule de poils (1,20 mètre pour 25 kilos) a acquis une surprenante popularité auprès du public. Au point de faire de l'Afrique de l'Est le lieu d'origine de l'espèce humaine. "Vouloir imposer un endroit précis alors que les préhumains ont connu une évolution dans le temps et dans l'espace n'a pas de sens", estime Brigitte Senut.

En Afrique du Sud, les fouilles suivent les évolutions politiques. A peine les dernières lois ségrégationnistes sontelles abolies que les recherches s'accélèrent, notamment dans les dépôts les plus anciens de Sterkfontein, d'où différents os, difficilement identifiables - bovidés, rongeurs, félins, singes -, se trouvent à nouveau exhumés, en 1992, et conservés à l'université du Witwatersrand.

Une découverte qui tient au hasard et à l'intuition d'un homme

Les boîtes s'entassent jusqu'à ce qu'un soir de septembre 1994 Ron Clarke décide d'en ouvrir une au hasard, dont il vide le contenu sur son bureau. Au milieu du fatras, il distingue quatre petits os provenant du pied gauche d'un hominidé. Ce remarquable anatomiste continue à fouiner frénétiquement dans les cartons et découvre d'autres morceaux. Sur la base de ces quelques osselets naît Little Foot, décrit en 1995 comme un australopithèque dans la revue Science.

"A l'époque, son étude, fondée sur si peu de preuves, avait provoqué quelques grincements de dents, raconte José Braga. C'était compter sans son éclair de génie." Clarke s'interroge benoîtement : et si la grotte de Sterkfontein, dont l'exploitation a cessé en 1939 et où, depuis, rien n'a bougé, recelait toute l'ossature de Little Foot? Ron Clarke confie donc un moulage de tibia à deux de ses élèves, Stephen Motsumi et Nkwane Molefe, qu'il envoie sur place. On connaît la suite...

Mais si la mise au jour du squelette d'australopithèque le plus complet du monde tient au hasard et à l'intuition d'un homme, il est aussi un gros coup de chance. Au moment où les mineurs stoppent l'exploitation du site, ils s'arrêtent, on peut le dire, au pied de Little Foot. "Un tiers de dynamite en plus, et il se trouvait totalement désintégré, un tiers en moins, et on ne mettait jamais la main dessus", analyse Laurent Bruxelles.

Ce chercheur de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) est appelé à la rescousse par Ron Clarke en 2007. Il est karstologue, autrement dit spécialiste des grottes, une discipline à la frontière de l'archéologie et de la spéléologie, que les Sud-Africains, excellents géologues, goûtent peu. Or, depuis la découverte de Little Foot, l'âge de l'australopithèque pose un problème aux scientifiques. Clarke lui attribue 3,3 millions d'années (Ma), ce qui rend son protégé un peu plus vieux que la célèbre Lucy (3,2 Ma).

Little Foot est âgé d'au moins 3 millions d'années


Mais l'on ne détrône pas si facilement une idole, et les autres estimations effectuées depuis n'ont cessé d'ajouter du doute à la confusion... Une première datation, réalisée selon la méthode dite "cosmonucléide" - les chercheurs analysent les éléments de quartz tombés dans la grotte et évaluent la dernière fois qu'ils ont vu le jour -, a repoussé cet âge à 4 millions d'années. Une deuxième, plus classique, dite "radiométrique", reposant sur l'examen des couches de calcite situées sous le fossile, a fourni celui de... 2,2millions d'années.

Pourquoi un tel écart chronologique? Le paysage géologique de l'Est du continent africain n'a rien à voir avec celui du Sud. Le premier demeure facilement lisible avec des strates sédimentaires sagement déposées. "En Afrique du Sud, les dépôts ne sont pas horizontaux mais très chaotiques", précise Francis Thackeray. D'où l'appel adressé à Laurent Bruxelles, le chercheur de l'Inrap, qui s'est lancé dans une étude plus large du site afin de préciser les conditions de formation des grottes et leur développement.

Son équipe a même réalisé une reconstitution en 3D de Sterkfontein en vue de mieux évaluer les différents niveaux stratigraphiques et de garder une mémoire du site après l'excavation des ossements. "Je me suis arrêté sur la couche de calcite qui se situe juste au-dessus du squelette et qui l'a emprisonné, à l'abri de l'eau, le figeant, comme l'ambre pour certains insectes", précise Laurent Bruxelles.

En la datant, le Français vient de conclure définitivement que Little Foot est âgé d'au moins 3 millions d'années, ce qui en fait un contemporain de Lucy. Mieux, d'ici à quelques semaines, il espère prouver qu'il en est l'aîné, grâce à des examens plus poussés effectués par le laboratoire du Cerege (Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement), situé à Aix-en-Provence.

Le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national


L'Afrique du Sud a pris la mesure des trésors que renferme son sol. Au total, un tiers des fossiles anciens exhumés sur le continent proviennent de ce pays. Notamment de cette fameuse vallée de la Blauawbankspruit, dont les 25 000 hectares ont été classés par l'Unesco "berceau de l'humanité". Les autorités politiques ont encouragé la création d'un nouveau centre de recherche au sein de l'université du Witwatersrand.

"Et moi, je rêve de voir notre gouvernement offrir à toutes les écoles du pays des moulages de nos fossiles, tant pour encourager les vocations que pour que nos enfants prennent conscience de ce patrimoine unique", s'enflamme Francis Thackeray. En ce sens, le squelette de Little Foot est devenu un enjeu national. Et un trésor inestimable. Parce qu'il apparaît comme le mieux conservé au monde et parce qu'il est le plus complet.

Little Foot, à la fois chasseur et charognard


"Jusqu'ici, les chercheurs ont exhumé des ossements épars à l'exemple de la carcasse de Lucy, dont on possède 40 %. Là, on a le haut et le bas", résume d'un ton amusé Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France. Un miracle qui, cette fois-ci, tient non à la nature, mais aux circonstances de la mort de Little Foot. Bruxelles passe aux aveux : "C'est un accident. Il a fait une chute vertigineuse de 20 mètres dans la grotte sans que l'on en connaisse la raison."

Il faut imaginer le terrain de jeu d'il y a 3 millions d'années : une savane arborée avec des bosquets, des arbres assez élevés (on a retrouvé des fossiles de lianes), un marécage (restes d'hippopotames et de crocodiles). Little Foot se comportait en chasseur et en charognard, mais était aussi la proie des félins. Les fouilleurs ont d'ailleurs exhumé un crâne avec un morceau de tigre à dents de sabre fiché dedans !

C'est ballot, mais l'australopithèque a chuté, au mieux en cherchant à échapper à un adversaire, au pire parce qu'il avait du mal à mettre un pied devant l'autre... Après le choc, son corps a sans doute roulé, au vu de la position un peu vrillée du fossile. "Sa main se trouve recroquevillée avec son pouce à l'intérieur, note Yves Coppens. Un dernier geste, emprisonné dans la pierre, émouvant et terrible, qui peut laisser croire à une lente agonie."

Les préhumains "jamais loin de leur arbre"


Aujourd'hui, au terme de treize années d'une minutieuse excavation, effectuée à la fraise de dentiste, le squelette extrait de sa gangue va pouvoir parler. Sa découverte a prouvé qu'il existait voici de 2,5 millions à 3,5 millions d'années deux lignées d'australopithèques en Afrique du Sud : Australopithecus africanus (l'enfant de Taung et Mrs. Ples) et Australopithecus prometheus (Little Foot).

"La devise de tous les préhumains, c'est : "Jamais loin de mon arbre", résume Pascal Picq. Il se tient debout, marche en permanence et grimpe encore dans les branches." Or, avec ce squelette complet, les paléontologues devraient avoir des détails sur la bipédie. Sa dentition permettra aussi d'en savoir plus sur son régime alimentaire et sur son âge.

Enfin, son crâne, parfaitement conservé, offrira des indications sur la répartition des lobes, sa capacité cérébrale, et donc sur son évolution comportementale. "Celle-ci diffère considérablement selon l'aire géographique et dans le temps", estime Yves Coppens. Alors, 3,5 ou 3,2 millions d'années? Ancêtre ou cousin de Lucy? Sur l'échelle de l'évolution, la différence peut sembler minime. A notre aune d'Homo sapiens sapiens, ce n'est pas rien. Après tout, nous n'avons même pas 200000 ans.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/prehistoire-dans-les-pas-de-little-foot-nouveau-doyen-de-l-humanite_1536109.html#qF0JD3JcYiCyjBbw.99

Source : L'Express du 08/05/2014

jeudi 10 avril 2014

Little Foot est-il aussi vieux que Lucy ?

Little Foot, le seul Australopithèque dont nous avons un squelette quasi complet, était mal daté. Une analyse stratigraphique vient corroborer l'estimation de l'anatomie comparée : il serait âgé de plus de trois millions d'années – assez pour être un ancêtre du genre Homo.

Pour fuir le tigre qui le poursuit, l’Australopithèque saute dans le trou, et tombe de plus de 20 mètres. Sous le choc, il perd connaissance, roule contre un éboulis et meurt, tandis que dans un dernier réflexe de lutte, les doigts de sa main droite se crispent autour du pouce. Trois millions d’années plus tard, l’âge de ce petit Australopithèque découvert fortuitement au XIXe siècle, puis exhumé à partir de 1997, vient d’être estimé avec beaucoup de peine.

En 1994, Ronald Clarke, de l’Université du Witswatersrand (à Johannesburg, en Afrique du Sud), retrouve une boîte contenant le pied gauche de cet Australopithecus prometheus, qui pour cette raison sera nommé Little Foot. En 1997, dans une autre boîte, il découvre des ossements provenant selon lui du même individu. Cette fois, leur provenance est indiquée : la grotte de Sterkfontein. Cette immense cavité est l’une des grottes du Berceau de l’humanité, une petite zone d’à peine 25 000 hectares au Nord-Ouest de Johannesburg, ainsi surnommée parce qu'elle a livré à elle seule plus du tiers des fossiles humains anciens ! Là, dans une roche vieille de 2,5 milliards d’années, l’eau, dissolvant la roche depuis des millions d’années, creuse des réseaux de galeries souterraines. Parfois, le plafond d’une salle souterraine s’écroule en partie et crée un puits, qui devient aussitôt un redoutable piège pour les animaux imprudents, tel Little Foot.

Persuadé par ces nouveaux restes que la grotte en contient encore d'autres, R. Clarke charge ses assistants Stephen Motsumi et Nkwane Molefe de fouiller l’immense grotte de la « forte source » (Sterkfontein, en afrikaner) à la recherche du lieu de provenance des os. L'eau d'infiltration qui ruisselle dans cette grotte, chargée en calcaire, nourrit la croissance de stalactites et de planchers de calcite. Au XIXe siècle, les mineurs d’or européens sont venus s’y procurer le calcaire pur dont ils avaient besoin pour faire de la chaux. Pour cela, ils ont fait sauter à la dynamite nombre de ces concrétions calcaires. Progressant d’indice en indice, S. Motsumi et N. Molefe ont fini par retrouver le site d’extraction de calcite dont proviennent les ossements, à l’à-pic d’un puits. Surprise : ils découvrent une section de tibia affleurant de la roche. Les mineurs à l’origine de la découverte de Little Foot avaient eu le bon goût d’arrêter leurs tirs de dynamite juste après avoir mis au jour le pied de Little Foot !

Aussitôt, les chercheurs entreprennent le difficile travail de dégagement du fossile de sa gangue de roche, travail qui durera... 13 ans, mais qui livrera un squelette presque complet d'Australopithèque. Le seul que nous avons.

Comment dater ce fossile ? Celui-ci est pris dans plusieurs strates de « brèches » – un mélange de fragments de dolomie (une roche riche en carbonate de calcium et de magnésium) soudés par un ciment minéral – entremêlées de planchers de calcite, le tout extrêmement dur. Très tôt, Ron Clarke remarque qu’un plancher de calcite sépare les ossements en deux groupes : le bras droit et plusieurs os des jambes sont en haut, tandis que le crâne et le pelvis sont au-dessous.

En 2006, une première datation est établie en datant la strate de calcite via le rapport isotopique uranium/plomb. Elle attribue à Little Foot un âge de 2,2 millions d’années, ce qui le rend contemporain des premiers humains... Pour sa part, R. Clarke étudie les os de Little Foot à mesure qu’ils sortent de la pierre et les compare avec ceux des autres espèces d'Australopithèques. Cette analyse d’anatomie comparée l’amène à conclure à un âge de quelque 3,3 millions d’années.

Qui a raison ? Les physiciens datant la calcite ou le paléontologue ? En 2007, toujours convaincu que son estimation est juste, R. Clarke contacte Laurent Bruxelles, l’un des géomorphologues de l’INRAP spécialisé dans les karsts (les paysages et les grottes qui se forment dans les roches calcaires), et lui demande de réaliser une analyse stratigraphique poussée du lit de mort de Little Foot. Une fois sur place, L. Bruxelles se rend vite compte que les millions d’années d’histoire de la grotte de Sterkfontein ont construit autour de Little Foot un entremêlement de strates d’une grande complexité.

Après avoir retardé le prélèvement du fossile pour le modéliser avec sa gangue en trois dimensions, les chercheurs analysent soigneusement chaque strate, leurs relations et leur mécanisme de formation. Ils comprennent que si les ossements sont séparés en deux groupes, c’est parce que la brèche qui les contenait tous initialement (résultant de l’éboulis sur lequel est mort Little Foot) s’est effondrée, sans doute érodée par en dessous par le passage de l’eau. Un creux s’est constitué, dans lequel est venu se former le plancher de calcite remarqué par R. Clarke. Ce plancher a recouvert la partie effondrée du fossile. Bref, il n’est pas possible de dater précisément le fossile en mesurant l'âge du plancher de calcite séparant les os en deux groupes, car il est postérieur à la mort de Little Foot.

De combien ? Pour les chercheurs, il est certain que le squelette est notablement plus vieux que les dépôts de calcite qui l’ont entouré après l’effondrement de la brèche le contenant initialement. Leur analyse de la durée de formation des remplissages de calcite et de la pile sédimentaire de dix mètres de haut à la base de laquelle Little Foot se trouvait les amène à estimer qu’il s'est probablement écoulé plusieurs centaines de milliers d’années au moins entre l’effondrement de la brèche et la fin du remplissage de calcite exploité par les mineurs du XIXe siècle. Un reste de hyène chasseuse trouvé non loin de Little Foot semble confirmer cette durée.

Ainsi, même si l’enquête continue, il est clair que Little Foot est plusieurs centaines de milliers d'années plus vieux que le plancher de calcite qui sépare ses restes en deux groupes. Dès lors, son âge ne peut plus être déduit de celui de ce plancher. En d'autres termes, l'analyse géologique ne contredit plus l'âge estimé par comparaison anatomique. Si cet âge « paléontologique » de trois millions d'années était confirmé par une méthode physique, cela placerait définitivement Little Foot parmi nos ascendants au même rang que Lucy. Le petit père de l’humanité pourrait finalement être un petit pied.

Source : Pour la Science du 10/04/2014

mardi 25 mars 2014

Little Foot serait-t-il aussi vieux que Lucy ?

Découvert en Afrique du Sud dans des circonstances exceptionnelles, Little Foot est le squelette d’australopithèque le plus complet jamais découvert à ce jour. Une équipe française vient enfin de percer le mystère de son âge, qui faisait jusqu’ici l’objet d’estimations contradictoires.

Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg, dans la province sud-africaine du Gauteng, fait partie d’une zone inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999 sous le nom de « berceau de l’humanité ». Depuis sa découverte en 1997 dans la grotte de Silberberg, un squelette, appelé Little Foot, fait l’objet d’une fouille très minutieuse. Repéré dans des circonstances extraordinaires, cet australopithèque est le plus complet jamais mis au jour, et constitue un élément unique dans la connaissance des origines de l’humanité. Si son âge, compris entre deux et quatre millions d’années, pose toujours question, une équipe de chercheurs français apporte aujourd’hui d’importants éléments sur sa datation. Leurs résultats sont publiés dans la revue Journal of Human Evolution.

Le 6 septembre 1994, Ronald Clarke découvre, dans une boîte d’ossements animaux, quatre petits os d’un pied gauche d’hominidé provenant des déblais du réseau de grottes de Sterkfontein. De cette première découverte viendra le nom de Little Foot, en référence au petit pied qu’il venait d’identifier. En mai 1997, dans une nouvelle boîte, il reconnaît d’autres fragments provenant du même pied et un fragment d’un tibia droit. Certain qu’il s’agit des ossements du même individu, Ronald Clarke missionne ses assistants afin de localiser l’ensemble du squelette. Dans cette immense cavité, remplie des déblais de dynamitages miniers successifs, les chercheurs, munis d’un moulage de tibia, trouvent, contre toute probabilité, une connexion osseuse dans la roche. Treize années auront été nécessaires à l’équipe pour dégager Little Foot de sa gangue rocheuse, des millions d’années après sa mort.

De nombreux ossements isolés d’animaux ou d’australopithèques proviennent de cette cavité et de ses voisines. Certains portent les stigmates des dents de grands carnivores, parmi lesquels des léopards et des tigres à dents de sabre. Dans un paysage d’avens (puits naturels creusés dans un plateau calcaire), ces carnivores consommaient généralement leur proie, au calme, sur quelques branches d’arbres surplombant directement les gouffres. Les reliquats partiellement décharnés de ces repas y tombaient et se sont accumulés. L’histoire de Little Foot est tout autre puisque, peut-être poursuivi par un prédateur, il a fait une chute fatale de plus de 20 mètres, son corps roulant sur un talus d’éboulis avant de s’immobiliser, un bras tendu au-dessus de sa tête, l’autre roulé contre lui. Au fil du temps, sa dépouille a été recouverte par une accumulation de sédiments et de cailloutis, sur plus de dix mètres d’épaisseur.

L’âge de Little Foot enfin déterminé

Depuis sa découverte, les avis ont divergé à propos de l’ancienneté de Little Foot. Daterait-il de 3,3 millions d’années, comme l’envisage Ronald Clarke à partir de la morphologie de l’hominidé et d’une première datation paléomagnétique ? Ou doit-on se fier à des datations ultérieures des sédiments entourant le fossile lui attribuant un âge bien plus modeste, entre 1,5 et 2,2 millions d’années ? D’autres datations lui ont même donné un âge de quatre millions d’années…

En 2007, Laurent Bruxelles, géomorphologue à l’Inrap, prend en charge ce délicat problème de chronologie et démêle la succession des strates qui enserrent le squelette. Avec Ronald Clarke, ce spécialiste des réseaux karstiques démontre aujourd’hui que les strates datées de 1,5 et 2,2 millions d’années ne sont pas contemporaines de Little Foot. Après étude des sédiments contenant l’hominidé, il lui redonne aujourd’hui un âge important, plus proche de trois millions d’années, voire au-delà. En effet, les datations ont été réalisées sur des formations sédimentaires qui se sont déposées longtemps après la mort de l’australopithèque. Entre sa fossilisation et l’arrivée des sédiments qui ont été datés, plusieurs étapes géologiques ont été distinguées, chacune d’entre elles impliquant des phénomènes lents, requérant le long terme. Little Foot, un Australopithecus prometheus, serait donc un quasi-contemporain d’un fossile bien moins complet, Lucy, le célèbre Australopithecus afarensis découvert en 1974 en Éthiopie.

Avant son extraction, une équipe française a réalisé dans la grotte, en janvier 2010, un modèle en 3D du fossile. Les scientifiques ont réalisé plusieurs scanners de différentes résolutions. Il s’agissait ici de sauvegarder non seulement l’ensemble des informations sur le squelette, sa position, sa morphologie, mais aussi toutes les données géologiques de son contexte. Ils s’emploient actuellement à reconstituer l’ensemble du fossile en 3D.

La place de Little Foot dans l’histoire de l’Homme

Little Foot n’était pas encore humain, puisqu’il vécut plus d’un million d’années avant l’apparition des premiers Hommes en Afrique. Il s’agit d’un australopithèque, un groupe de préhumains très bien représenté en Afrique australe. Différents arguments anatomiques indiquent la coexistence d’au moins deux espèces d’australopithèques en Afrique australe vers trois millions d’années, notamment sur le site de Sterkfontein. La présence d’Australopithecus africanus est bien connue mais, au fur et à mesure de ses recherches, Ronald Clarke a rattaché Little Foot à la seconde espèce, moins illustre, Australopithecus prometheus. Avec Little Foot, les chercheurs disposent désormais d’un squelette presque complet de cette seconde espèce ! L’enjeu scientifique est considérable, puisque l’une des deux lignées donnera naissance aux premiers Hommes, la seconde restant probablement sans descendance.

À proximité, plusieurs autres cavités ou sites de plein air sont en cours d’étude par des équipes sud-africaines ou internationales. Depuis 1995, des paléoanthropologues de l’université du Witwatersrand à Johannesburg dirigent la fouille du site de Kromdraaï, qui pourrait éclairer sur l’apparition du genre Homo. Tout en participant à ces fouilles, Laurent Bruxelles réalise une étude géomorphologique de l’ensemble de ce secteur. L’objectif est de connaître les rythmes d’évolution du paysage et de comprendre la succession d’événements qui ont permis le développement des grottes, leur remplissage par des dépôts fossilifères et leur évolution postérieure. Sur cette base, un programme concernant l’étude des paléoclimats, lorsque ces sites étaient fréquentés par les hominidés, vient d’être lancé.

Parallèlement, en 2012, une prospection par un drone équipé d’une caméra infrarouge à haute résolution a permis de repérer plusieurs entrées de grottes qu’il reste à étudier. Sur le site de Sterkfontein, des chercheurs ont même réussi à localiser le passage par lequel Little Foot est tombé dans la grotte.

Source : Futura Sciences du 21/03/2014

jeudi 20 mars 2014

L'australopithèque qui pourrait être notre ancêtre

Petit «homme singe» sud-africain, Little Foot, fossile d'australopithèque le plus complet jamais découvert, est de retour dans la course au titre d'ancêtre des premiers hommes.

Un australopithèque nommé Little Foot pourrait bien être notre ancêtre.

Après treize années de recherches acharnées, les scientifiques assurent avoir établi que ce pré-humain velu, d'à peine plus d'un mètre de haut, vivait bien il y a trois millions d'années, à peu près au même moment que Lucy, sa célèbre cousine éthiopienne découverte en 1974.

Le professeur Ronald Clarke pose avec Little Foot

Autrement dit, Little Foot est presque un million d'années plus vieux que ne l'affirmait une équipe d'archéologues concurrente (2,2 millions d'années). Et, au même titre que Lucy et les australopithèques d'Afrique de l'est, il peut donc bien être l'un des ancêtres des premiers humains, Homo habilis.

"Tout l'enjeu se situe ici. L'Homo habilis apparaît il y a environ 2,5 millions d'années. Si Little Foot a 2,2 millions d'années, en aucun cas il ne peut être notre ancêtre puisqu'Homo habilis existe déjà à l'époque", a expliqué à la presse Laurent Bruxelles, spécialiste de l'archéologie des roches et des paysages.

"Jusqu'à aujourd'hui, certains disaient: l'Afrique du Sud, c'est trop jeune " pour avoir donné naissance aux premiers hommes. Avec une datation à 3 millions d'années, "on remet Little Foot et l'Afrique du Sud en général dans la course", résume le scientifique de l'Inrap, principal auteur de l'étude publiée vendredi dans la revue Journal of Human Evolution.

Chute mortelle dans un gouffre

Agile sur terre comme dans les arbres, Little Foot a pourtant fait une chute mortelle de 20 mètres au fond d'un gouffre à Sterkfontein, près de Johannesburg. Une zone truffée de grottes et de fossiles de pré-humains - un millier exhumés à ce jour - inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial sous le nom de "Berceau de l'Humanité".

L'australopithèque y est demeuré trois millions d'années durant, conservé par une gangue de calcaire, figé dans sa pose mortuaire, un long pouce encore replié à l'intérieur de son poing fermé.

Jusqu'à ce que le paléontologue sud-africain Ronald Clarke découvre, en 1994, quatre petits os de son pied gauche dans une boîte remplie d'os d'animaux préhistoriques, exhumés par des mineurs avec leurs gravats. Il y reconnaît immédiatement le pied d'un hominidé mais devra attendre trois ans de plus pour trouver un nouvel indice, dans une autre boîte d'ossements: le pied droit de Little Foot cette fois, ainsi qu'un bout de tibia.

Désormais certain qu'un précieux fossile gît dans la grotte de Sterkfontein, le chercheur y envoie son équipe qui complète le puzzle en découvrant l'autre morceau du tibia affleurant de la roche.

Fouilles minutieuses

Suivront treize ans de fouilles minutieuses, "à la fraise de dentiste" souligne Laurent Bruxelles, pour dégager la totalité du fossile de son sarcophage rocheux. Crâne, dents encore couvertes d'émail, os de la main: un squelette "unique, quasiment complet et parfaitement préservé".

Seul problème, alors qu'il est relativement aisé de donner un âge à Lucy et ses congénères d'Afrique de l'est grâce aux cendres volcaniques qui les enveloppent, la grotte de Sterkfontein est un casse-tête géologique. Des effondrements y ont succédé aux inondations, sans parler des dynamitages des mineurs qui en exploitaient le calcaire au début du XXe siècle pour construire Johannesburg.

En 1997, Ronald Clarke se fonde sur des critères anatomiques pour dater Little Foot de 3 millions d'années, puis une datation par les variations du champ magnétique terrestre, lisibles dans la roche, propose 3,3 millions.

Jusqu'à ce qu'en 2006, une analyse chimique des strates de calcaire prenant l'australopithèque en sandwich le rajeunisse radicalement: seulement 1,5 à 2,2 millions d'années.

Appel à un expert en géo-archéologie

C'est à cette époque que Ronald Clarke fait appel à l'expertise de Laurent Bruxelles en matière de géo-archéologie. Pendant sept ans, celui-ci explorera la grotte et son labyrinthe de galeries, la modélisant entièrement en 3D pour reconstituer son "histoire très compliquée" et comprendre son évolution.

Il découvrira que les deux couches de calcaire datées en 2006 "ne peuvent avoir l'âge du fossile". "La calcite est venue remplir un vide, une cavité dans la roche" sur laquelle elle est venue buter "bien après" que Little Foot y soit tombé, démontrent Laurent Bruxelles et ses collègues.

La datation était donc bonne mais elle ne reflétait pas l'âge du fossile lui-même, que des nouvelles analyses actuellement en cours tentent d'affiner.

Source : Le Matin du 14/03/2014

lundi 17 mars 2014

L’australopithèque Little Foot, un possible nouvel ancêtre de l’homme

Une équipe franco-sud africaine d’archéologues vient de re-dater l’australopithèque Little Foot, exhumé au nord-ouest de Johannesburg, à environ 3 millions d’années.





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L’australopithèque Little Foot, un possible nouvel ancêtre de l’homme
Une équipe franco-sud africaine d’archéologues vient de re-dater l’australopithèque Little Foot, exhumé au nord-ouest de Johannesburg, à environ 3 millions d’années.
14/3/14 - 17 H 22
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Little Foot en cours de dégagement.

Laurent Bruxelles
Little Foot en cours de dégagement.
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Un âge qui ferait de l’Afrique du sud, au même titre que l’Afrique de l’Est, un « berceau de l’humanité ».

Découvert dans les années 1990 au sein d’une grotte de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesbourg, « Little Foot », le fossile d’australopithèque le plus complet à ce jour, n’en finit pas de faire parler de lui.

Après un travail acharné de dégagement du fossile et d’analyse des strates de terrains le soudant littéralement à la roche, le paléontologue Ron Clarke et son équipe franco-sud africaine sont arrivés à la conclusion que le fossile Little Foot est plus ancien qu’on ne le pensait. Il pourrait très bien être un ancêtre de l’homme.

Un contemporain de Lucy

Âgé d’environ 3 millions d’années (Ma), et non de 2,2 Ma comme l’avait estimé une autre équipe d’archéologues en 2006, « Little Foot revient dans la course et l’Afrique du Sud pourrait bien être le berceau de l’humanité », explique Laurent Bruxelles, géoarchéologue à l’Inrap, et principal auteur d’une étude publiée vendredi 14 mars dans la revue Journal of Human Évolution.

Little Foot serait donc quasi contemporain de Lucy, le célèbre Australopithecus afarensis datée de 3,2 Ma et découvert par Yves Coppens, Maurice Taieb et Donald Johansson en 1974 en Éthiopie.

Un fossile dégagé à la fraise de dentiste

C’est la découverte par le paléontologue Ronald Clarke, dans une des nombreuses boîtes de déblais des grottes de Sterkfontein stockées à l’université de Witwatersrand (Johannesbourg), de quatre petits os d’un pied gauche puis d’un fragment de tibia droit d’hominidé, en 1994 puis 1997, qui avaient conduit à retourner dans la cavité pour chercher le reste du squelette.

« Dans cette immense cavité karstique analogue à ce qu’on rencontre dans les Cévennes et remplie des déblais de dynamitages miniers successifs, les paléontologues, munis d’un moulage de tibia, ont trouvé dans la roche un os s’emboîtant parfaitement avec le fragment qu’ils détenaient », explique Laurent Bruxelles. Une chance inouïe. Treize années auront été ensuite nécessaires à Ron Clarke et à son équipe pour dégager Little Foot à la fraise de dentiste !

Une chute de vingt mètres

S’inscrivant dans un paysage d’abîmes, le gouffre où a été exhumé Little Foot est profond d’une vingtaine de mètres. Little Foot a été découvert un bras tendu au-dessus de la tête, l’autre roulé contre lui, main gauche refermée. « Au fil du temps, sa dépouille velue et mesurant un mètre de long a été recouverte par une accumulation de sédiments et de cailloutis, sur plus de 10 m d’épaisseur. C’est là un avantage extraordinaire puisque le squelette est complet à 99 % (contre seulement 52 % pour celui de Lucy), mais aussi un inconvénient majeur pour dater précisément l’année de sa mort tant les strates de terrain étaient mélangées et non homogènes », observe Laurent Bruxelles.

Un âge difficile à déterminer

Depuis sa découverte, les avis des paléontologues et archéologues avaient ainsi largement divergé sur son âge : de 1,5 à 4 Ma ! C’est dans ce contexte controversé que Ron Clarke fait appel à l’expertise de Laurent Bruxelles en matière de géo-archéologie. Pendant sept ans, celui-ci a exploré la grotte et son labyrinthe de galeries, la modélisant entièrement en 3D pour reconstituer son histoire.

« En une semaine, j’avais compris que le site était très complexe et qu’on était parti pour dix ans ! », se souvient le chercheur. Il démontre que les strates datées de 1,5 et 2,2 Ma ne sont pas contemporaines de l’époque de Little Foot, mais plus anciennes.

Australopithecus prometheus

Dorénavant, on sait que Little Foot, qui est un Australopithecus prometheus, coexistait avec Australopithecus africanus, en Afrique du Sud. Seule la première lignée donnera naissance aux premiers hommes, la seconde restant probablement sans descendance.

Source : La Croix du 14/03/2014

L'australopithèque sud-africain qui veut détrôner Lucy

L'âge du fossile de « Little Foot » a été réévalué à plus de 3 millions d'années.

«Little Foot» est le plus récalcitrant des australopithèques à révéler qui il était et quand il vivait. C'est pourtant le squelette fossile le plus complet (99 %) des ancêtres des hommes jamais trouvé dans le monde à ce jour. Il ne lui manque que quelques orteils. Mais date-t-il de 2 ou de 4 millions d'années? Serait-il contemporain de Lucy, squelette datant de 3,5 millions d'années découvert en 1974 en Éthiopie? C'est ce que suggèrent les conclusions d'une nouvelle étude franco-sud-africaine publiée dans le Journal of Human Evolution.

«Little Foot» (un mètre de hauteur) a été découvert par Ronald Clarke en 1994 dans un réseau de grottes (un labyrinthe de 10 km de galeries) à Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg (Afrique du Sud). Il doit son surnom au fait que les premières découvertes ont été celles de quatre petits os d'un pied gauche. Puis au fur et à mesure des années (il fallu 13 années pour l'extraire de sa gangue rocheuse), le reste du squelette a été retrouvé et baptisé «StW 573». Reste, entre autres, le problème de la datation. Les premières estimations de Clarke et son équipe lui donnaient 3,3 millions d'années. Des analyses ultérieures sont arrivées à des conclusions différentes: pour l'une, plus de 4 millions d'années, pour l'autre, entre 1,5 et 2,2 millions d'années.

«La grotte où “Little Foot” a été trouvé est hors du commun», explique Laurent Bruxelles, géomorphologue à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), qui a, à la demande de l'université Witwatersrand, coordonné les dernières analyses. «La situation stratigraphique de la grotte est très complexe et cela à pris beaucoup de temps et de moyens pour y voir un peu plus clair», reconnaît-il. Il a ainsi été montré que les strates datées de 1,5 et 2,2 millions d'années n'étaient pas contemporaines du squelette. «Tout semble indiquer pour l'instant qu'il date de 3 millions d'années, voire au-delà», conclut le chercheur.

Les recherches effectuées ont également permis d'établir un scénario plausible de la mort de «Little Foot» et de mettre en cause un faux pas. «Peut-être poursuivi par un prédateur, il a fait une chute fatale de plus de 20 mètres, son corps roulant sur un talus d'éboulis avant de s'immobiliser, un bras tendu au-dessus de sa tête, l'autre serré contre son corps», détaille Laurent Bruxelles.

Avant qu'il ne soit complètement ­extrait de sa grotte, une équipe française a réalisé sur place plusieurs scans de différentes résolutions du fossile et de ce qui l'entourait afin de préserver le maximum de données morphologiques et géologiques. Une reconstitution 3D est en cours. Mais les fossiles eux-mêmes devraient révéler quantité de ­détails avec un examen morphologique complet de chacun des os exhumés. On sait déjà qu'il était bipède, mais la forme de ses doigts in­dique qu'il était encore capable de monter dans les arbres.

La région de Sterkfontein est truffée de grottes, dont beaucoup restent à explorer. Mais de très nombreux ossements isolés d'animaux ou d'australopithèques ont déjà été exhumés. Certains portent les stigmates des dents de grands carnivores comme des léopards ou des tigres à dents de sabre.

«Little Foot» n'est pas humain puisqu'il vivait plus d'un million d'années avant l'apparition des premiers hommes en Afrique. Mais les australopithèques sont bien des préhumains et donneront les Homo. On connaît plusieurs espèces d'australopithèques, comme Australopithecus afarensis (Lucy) en Afrique de l'Est, ou Australopithecus africanus et Australopithecus prometheus («Little Foot») en Afrique australe. On croyait jusqu'alors que le «berceau» des hominidés était en Afrique de l'Est, zone à partir de laquelle il s'est répandu.

Avec la découverte sud-africaine, la donne change. «Little Foot» fait de l'ombre à Lucy. Il pourrait indiquer que le berceau de l'humanité soit plutôt en Afrique du Sud (comme a été baptisée la région de Sterkfontein), ou qu'il y ait plusieurs «berceaux».

Source : Le Figaro du 14/03/2014

mercredi 1 mai 2002

Little Foot

« Little Foot » (ou « Petit Pied » en français) est le surnom donné au squelette fossile d'une australopithèque, découvert en 1994 et 1997 par Ronald J. Clarke dans des circonstances exceptionnelles, à Sterkfontein, en Afrique du Sud. Ce fossile aujourd'hui dégagé représente le squelette d'australopithèque le plus complet jamais découvert à ce jour. Avant que l'histoire géologique du site soit précisée, son âge a fait l'objet d'estimations contradictoires, allant de 2,2 à 4 millions d'années. Une étude publiée en 2015 indique qu'il date de 3,67 millions d’années, et est ainsi plus ancien que Lucy.

Description

« Little Foot » représente une découverte exceptionnelle par son état de conservation, et par le fait qu'il s'agit d’un squelette d'hominine ancien quasiment complet : il est beaucoup plus complet par exemple que le célèbre squelette d'Australopithecus afarensis surnommé « Lucy », découvert en Éthiopie en 1974, et qui n'était complet qu'à 40 %.

Les observations préliminaires semblent indiquer que le fossile présente d’une part des caractéristiques différentes de celles d'Australopithecus africanus, et d'autre part des points communs et des différences par rapport à Australopithecus afarensis. Il pourrait être rattaché à l'espèce Australopithecus prometheus créée par Raymond Dart pour des fossiles mis au jour dans le site de Makapansgat, en Afrique du Sud.

Les premières études de ce fossile montrent qu'il s'agit d'une femme d'une trentaine d'années, haute de 1,35 m. La longueur des mains et celle des bras comparées aux jambes de ce « cousin » montrent que les hominidés de cette époque se tenaient déjà debout.

Source : Wikipedia

dimanche 1 mars 1998

SK 847

SK 847 est la désignation abrégée des fragments fossilisés d'un crâne Homo habilis, découvert en Afrique du Sud, daté d'un âge compris entre 1,8 et 1,5 million d'années. Ce fossile partage des traits morphologiques avec le premier Homo erectus africain, parfois connu sous le nom d'Homo ergaster.

Il y a eu beaucoup de controverse sur le SK 847 - étant en fait un crâne composite réassemblé à partir de 3 pièces séparées. Les universitaires ont attribué ce crâne composite à au moins 5 taxons d'hominidés différents à un moment ou à un autre.

Découverte

SK 847 a été découvert le 23 juillet 1969 à Swartkrans, République d'Afrique du Sud par Ronald Clarke, qui est également crédité de la découverte de "Little Foot". Il est composé de trois pièces distinctes comprenant des fragments faciaux, un os temporal et un maxillaire. Le maxillaire, cependant, a été découvert précédemment par Robert Broom en 1948. Ce n'est que lorsque Clarke a découvert les deux autres fragments qu'ils ont su que les trois morceaux appartenaient au même individu et faisaient partie du même crâne. Le sexe de cet individu est encore inconnu. Cette découverte est importante car elle est la preuve que les premiers Homo en Afrique australe vivent en même temps ou même peut-être plus tard que Homo habilis et les premiers Homo erectus en Afrique de l'Est. En outre, ce fossile pourrait témoigner des premières utilisations du feu contrôlé.

Taxonomie

Anciennement SK 847 a été attribué au groupe Australopithecus robustus de fossiles d'hominidés, mais il a été récemment attribué au genre Homo. Il y a eu beaucoup de controverse concernant ce spécimen fossile parce que ce fossile a des similitudes avec les premiers Homo erectus africains, parfois appelés Homo ergaster. Pourtant, il montre d'autres similitudes avec Homo habilis, également connu pour se produire de l'Afrique orientale à australe. SK 847, comme un autre spécimen StW 53, a des caractéristiques qui ne sont compatibles avec aucune espèce d'hominidés.

  • Preuve qui suggère que SK 847 appartient au genre Homo

Les traits du visage de ce spécimen apportent des preuves anatomiques qui font croire aux anthropologues que le SK 847 ne fait pas partie du groupe des australopithécines. Le SK 847 a un visage relativement court et étroit, une crête sourcilière prononcée, un tore supraorbitaire épais, un os frontal en pente prononcée, des pommettes courbes délicates, des os nasaux arrondis en saillie vers l'avant, un sillon supratoral évident et une constriction modérée du crâne derrière l'œil prise. Ces caractéristiques contrastent avec celles de l'australopithécine robuste moyenne. SK 847 a également un palais court et une petite articulation temporo-mandibulaire qui ne pouvait s'adapter qu'à une petite mâchoire inférieure courte et non à la mandibule typiquement massive d'un australopithécin robuste.

  • Homo gautengensis ?

En 2010, un autre argument a été avancé par Darren Curnoe suggérant que le SK 847 ainsi que de nombreux autres spécimens fossiles, y compris certains des espèces Homo habilis, Homo ergaster et Australopithecus, obtenus d'Afrique du Sud témoignent d'une toute nouvelle espèce d'hominidés appelée Homo gautengensis, qui, selon lui, est la plus ancienne espèce du genre Homo. [5]

  • Preuve suggérant que SK 847 est une australopithécine

Les paléoanthropologues qui ont rejeté la classification de SK 847 comme Homo ont fait référence à l'hypothèse d'une seule espèce, qui stipule qu'en raison de l'exclusion compétitive, deux espèces d'hominidés ne pouvaient pas occuper la même niche. Par conséquent, tous les hominidés de Swartkrans étaient de la même espèce et SK 847 est simplement un petit australopithécine robuste. Cependant, l'hypothèse d'une seule espèce n'est plus valide ou acceptée comme vraie par les anthropologues. En outre, au moment de la découverte, Swartkrans était connu comme un endroit avec une masse de fossiles australopithécins et cet individu serait la seule preuve d'Homo trouvée à Swartkrans.

Source : Wikipedia (en)