samedi 31 juillet 2010

Ötzi bientôt décrypté

Le célèbre corps retrouvé dans la glace il y a près de vingt ans est en passe de livrer ses secrets.

Ötzi, la momie vieille de 5000 ans retrouvée en 1991 dans les montagnes entre l’Italie et l’Autriche reste encore mystérieuse. Que sait-on d’elle ? Tout d’abord c’est un homme d'environ 45 ans, de 1,59 mètre et de 40 kilogrammes qui a vécu durant une période comprise entre 3 350 et 3 100 av. J.-C.

Ce serait un personnage important, comme en témoigne la hache de cuivre retrouvée à ses côtés. Il aurait été abattu par derrière d’une flèche qui lui a perforé le poumon gauche et sectionné une artère près de l’épaule, provoquant une hémorragie. Son dernier repas se composait de céréales, de cerf et de bouquetin ; c'est ce que révèle l'étude de l'ADN des aliments conservés dans ses viscères.

Aujourd’hui, les scientifiques de trois institutions travaillent d’arrache-pied au décryptage de son génome. Pour cela ils ont utilisé du matériel extrait d’un bout d’os prélevé sur le bassin de la momie. Ils ont ensuite appliqué une nouvelle technique de séquençage et ainsi obtenu une grande quantité de données. « Nous sommes ici en présence d’un ADN ancien, extrêmement fragmenté. C’est seulement en utilisant les dernières technologies que nous avons été capable de décoder l’ADN d’Ötzi dans sa totalité et dans ce court espace de temps » explique Albert Zink, l’un des auteurs de l’étude.

Mais leur travail n’est pas tout à fait achevé et les découvertes les plus intéressantes sont encore à venir. Grâce aux données sur le génome de la momie, les scientifiques vont essayer de retrouver des descendants d’Ötzi, s’ils existent encore de nos jours. Les médecins espèrent aussi en apprendre un peu plus sur certaines maladies à composantes génétiques aujourd’hui très répandues comme le diabète ou le cancer. Quel était la prédisposition de cet homme à ces maux ? Quelles conséquences peuvent être tirées de ces résultats pour la médecine génétique actuelle ?

L'an prochain, à l’occasion du 20e anniversaire de la découverte d’Ötzi, les scientifiques devraient annoncer des résultats plus précis et peut-être présenter au monde les descendants d’Ötzi.

Source : Sciences et Avenir du 27/07/2010

vendredi 30 juillet 2010

Gibbon

Les gibbons (le genre Hylobates) sont des primates de la famille des hylobatidés. Tel l'humain et les autres grands singes, il fait partie des hominoïdés. On les trouve dans les forêts tropicales d'Asie. Très territoriaux, les gibbons défendent leurs frontières à l'aide de gestes et de cris. Les hurlements, qui peuvent être entendus de très loin, sont émis par un couple mâle-femelle, les jeunes se joignant parfois à leurs parents. Ces cris les rendent facilement localisables par les braconniers qui les chassent pour leur commerce ou pour la médecine traditionnelle. La plupart des espèces est en danger et la cause la plus importante de cette situation est la disparition de leur habitat. La femelle met au monde un seul petit au bout de 7 mois. Le gibbon peut vivre plus de 43 ans en captivité et 40 ans dans la nature.

Source : Wikipedia

mardi 27 juillet 2010

Classification scientifique de l'homme

Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embranchement Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Primates
Sous-ordre Haplorrhini
Infra-ordre Simiiformes
Micro-ordre Catarrhini
Super-famille Hominoidea
Famille Hominidae
Sous-famille Homininae
Tribu Hominini
Genre Homo

lundi 26 juillet 2010

Chimpanzé commun - Pan troglodytes

Les Chimpanzés forment un genre (Pan) de singes appartenant à la famille des hominidés. Ce genre comprend deux espèces : le Chimpanzé commun (Pan troglodytes) et le Chimpanzé nain, plus connu sous le nom de Bonobo (Pan paniscus). Ces hominidés d'Afrique équatoriale sont les animaux génétiquement les plus proches de l'espèce humaine.

La répartition géographique du Chimpanzé commun s'étend de la Guinée aux lacs Tanganyika et Victoria. Identifié tardivement comme espèce à part entière, le Bonobo ne se trouve que dans le bassin oriental du fleuve Congo, en République démocratique du Congo.

Les deux espèces présentent des traits physiques, affectifs, mentaux, de même que des comportements relationnels et sociaux, particulièrement remarquables pour l'être humain dans leur similitude ou parfois dans leur différence. Pour cette raison, elles sont des sujets privilégiés d'étude scientifique avec en arrière-plan l'énigme de la nature humaine et de son histoire évolutive.

Le Chimpanzé et surtout le Bonobo sont menacés d'extinction du fait essentiellement de l'activité humaine : destruction de leur habitat, chasse, guerre.

Source : Wikipedia

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Taille : 0,70 à 1 m (1,70 m debout)
Poids : de 35 à 60 kg
Localisation : Présent dans une vingtaine de pays d'Afrique équatoriale.
Il a disparu du Bénin, de la Gambie, du Burkina Faso et du Togo.
Habitat : 100 à 150 000 individus.
Au Sénégal, il ne reste plus que 200 à 400 individus (2004)
Population : 15 000 (estimation)
Longévité : 45 ans (jusqu'à 60 ans en captivité)

Sa fiche sur Hominidés.com

vendredi 23 juillet 2010

La plus vieille chaussure d'Eurasie

Découvert dans une grotte d'Arménie, un mocassin de plus de 5 500 ans confirme que la plus ancienne méthode pour se chausser consiste à tendre une pièce de cuir autour du pied à l'aide d'un lacet passé dans des trous.

La marche blesse le pied, et vous disposez de cuir. Que faites-vous ? Vous enveloppez vos pieds ! Une peau de vache conformée en chaussure prouve que cette technique se pratique en Eurasie depuis 5 500 ans au moins.

Le mocassin de cuir trouvé dans la grotte arménienne d'Areni-1  est fait d'une peau de vache percée de trous sur ses bords, puis tendue autour d'un pied grâce à un lacet de cuir.

L'objet a été retrouvé par Diana Zardaryan, une jeune archéologue de l'Institut d'archéologie d'Arménie, dans la grotte d'Areni-1 située dans la province de Vayots Dzor. Des « Arméniens » de la première moitié du IVe millénaire avant notre ère y avaient installé tout un habitat, incluant des espaces à vivre et rituels ainsi qu'une étable. D. Zardaryan a retrouvé la chaussure disposée à l'envers sous une céramique retournée et en compagnie de diverses cornes, au fond d'une petite fosse peut-être aménagée comme espace de rangement. La dessiccation causée par les épaisses couches d'excréments de mouton qui recouvraient la chaussure explique sa conservation exceptionnelle ainsi que celle de l'herbe dont elle fut bourrée afin de maintenir sa forme. Sa datation au radiocarbone révèle qu'il s'agit de la plus ancienne chaussure de cuir jamais retrouvée en Eurasie, puisque les chaussures de l'homme des glaces Ötzi sont quelque 300 ans plus jeunes.

mardi 20 juillet 2010

L'ancêtre commun des singes et des hominoïdes a rajeuni

La découverte d’un fossile, ancêtre à la fois des hominoïdes et des singes, remet en cause la date de divergence de ces deux lignées : elle serait plus récente que l'on pensait.

Il s’appelle Saadanius hijazensis et aurait vécu il y a 29 à 28 millions d’années. Cette nouvelle espèce de primate, découverte récemment sur les plateaux montagneux surplombant La Mecque en Arabie Saoudite, correspondrait à l’ancêtre direct des grands singes, dont l’homme, c'est-à-dire les hominoïdes, mais aussi des petits singes comme le macaque, ou cercopithécoïdes, les deux étant des catarhiniens (étymologiquement, nez en avant).

Les chercheurs de l’Université du Michigan, aux Etats-Unis, ont en effet retrouvé les restes du crâne du primate fossilisé. L’animal aurait pesé entre 15 et 20 kilogrammes et serait un mâle, d’après l'analyse de la dentition. L'absence du reste du squelette frustre un peu les scientifiques, qui ne pourront pas répondre aux interrogations sur son mode de vie. Son crâne révèle cependant des informations inédites.

L'analyse de son anatomie, publiée dans le journal Nature, montre qu’il ne s’agissait ni vraiment d’un singe, ni vraiment d’un hominoïde, mais plutôt d’une espèce transitoire. En effet, il ressemblait autant aux Propliopithécoïdes, les ancêtres des hominoïdes et des singes, datant d’il y a 30 millions d’années, qu’à des primates plus récents datant de 23 millions d’années.

dimanche 18 juillet 2010

Un nouveau fossile éclaire les origines de l'homme

Nos ancêtres se sont séparés d'un groupe de singes il y a moins de 30 millions d'années.

Contrairement à la formule qui fait florès depuis Darwin, l'homme ne descend pas «du» singe proprement dit mais partage avec ses cousins primates un, et même plusieurs, ancêtres communs dont les scientifiques savent, il faut le reconnaître, encore peu de chose. La reconstitution de cet arbre généalogique est d'autant plus ardue que cette histoire «familiale» s'étale sur plusieurs dizaines de millions d'années, que les archives fossiles sont rares et que le processus s'est déroulé par étapes, de façon «graduelle» avec l'émergence de nouveaux groupes (ou taxons) et l'extinction d'autres, plus anciens. Car il y a singe et singe. On sait aujourd'hui, par exemple, que le chimpanzé est génétiquement bien plus proche de nous qu'il ne l'est d'un babouin, d'un ouistiti ou d'un sapajou…

Aujourd'hui, dans la revue britannique Nature, une équipe arabo-américaine livre une nouvelle pièce au puzzle avec la découverte des restes fossiles d'un primate, inconnu à ce jour, appartenant au groupe des catarrhiniens (du grec cata, vers le bas, et rhinos, nez ) dont font partie les singes dits de l'Ancien Monde (macaques, cercopithèques) et les hominoïdes. Lesquels regroupent les gibbons, les grands singes (chimpanzés, gorilles, orangs-outans) et notre espèce, Homo sapiens.

La partie avant du crâne, le palais et la mâchoire supérieure de ce primate, qui fait la couverture de la revue, ont été extraites des sables rouges du désert de Harrat al-Ujayfa, à l'est de Jedda (Arabie Saoudite) par l'équipe de Iyad Zalmout, de l'université de Michigan (États-Unis). L'animal, de taille moyenne, devait peser entre 15 et 20 kilogrammes. Son étude morphologique a permis de déduire qu'il appartient à une nouvelle espèce, Saadanius hijazensis, qui éclaire d'un jour nouveau la divergence entre singes de l'Ancien Monde et hominoïdes.

Jusqu'alors, en l'absence de données fossiles probantes, les analyses génétiques situaient cette séparation au début de l'Oligocène, une période de l'ère tertiaire comprise entre -34,5 et -29,2 millions d'années. D'après l'estimation des auteurs de la publication, S. hijazensis a été retrouvé dans une formation géologique datant de 29 à 28 millions d'années. Donc pile au bon moment. Sauf qu'il possède trop peu de caractères propres aux catarrhiniens pour en faire le chaînon manquant, l'ancêtre commun aux deux groupes. Si ce résultat peut sembler décevant, les chercheurs en déduisent cependant que l'événement s'est produit beaucoup plus tard qu'on ne le pensait jusqu'ici, entre 29-28 et 24 millions d'années avant notre ère.

«Cela ne change pas la façon dont nous concevons l'origine de l'homme, souligne William Sanders, coauteur de l'étude, mais cela permet de recentrer notre recherche sur la période durant laquelle a surgi le groupe qui a finalement conduit à l'apparition des humains et de leurs ancêtres directs, les hominoïdes». Et donc de mener d'autres fouilles dans les sites géologiques d'Afrique et de la péninsule arabique datant de cette période charnière.

Source : Le Figaro du 15/07/2010

samedi 17 juillet 2010

Découverte d’un nouveau primate

La découverte des restes fossilisés d'un primate jusqu'alors inconnue en Arabie saoudite permet de préciser la période à laquelle hominidés et singes du Vieux Monde ont divergé.

La période de la divergence entre hominoïdes (grands singes et les humains) et cercopithécoïdes (singes du Vieux Monde : macaques, cercopithèques) à partir d'un ancêtre commun est un sujet clé dans l'évolution humaine. Jusqu’à présent les chercheurs estimaient que cette séparation a eu lieu il y a 30 à 35 millions d’années, au début de l’Oligocène. Mais les restes fossilisés de cette période sont rares et il n’existe que peu d’informations sur les caractéristiques du dernier ancêtre commun aux hominidés et cercopithécoïdes ainsi que sur les étapes de cette divergence.

La revue Nature publie cette semaine la description d’un nouveau fossile de primate découvert en Arabie Saoudite qui pourrait permettre d’affiner un petit peu ce calendrier évolutionnaire. Sa description repose principalement sur l’examen de certaines parties du crâne (mâchoires et des dents notamment) et de squelettes.

Selon Willian Sanders, de l’Université du Michigan, ce primate était de taille moyenne et pesait environ 15 à 20 kg. Il présente des caractéristiques des catarrhiniens, l'ancêtre commun des singes du Vieux Monde et des hominoïdes, ce qui indique que la séparation des deux lignées s’est produite plus tard que supposé, vraisemblablement entre 29 et 24 millions d’années. Si cette découverte ne révolutionne pas la connaissance de l’évolution de nos ancêtres, elle permet de préciser le calendrier des évènement phylogénétiques qui ont abouti à l’apparition de l’Homme.

Source : Sciences et Avenir du 15/07/2010

vendredi 16 juillet 2010

La découverte d'un nouveau primate pourrait faciliter la recherche de nos ancêtres

La découverte en Arabie Saoudite de restes fossilisés d'un primate inconnu rapprocherait de nous la période où se sont séparées la lignée des ancêtres de l'homme et des grands singes d'une part, et celle des ancêtres des macaques d'autre part, selon une étude publiée mercredi

Crâne de Saadanius hijazensis tel qu'il a été trouvé en février 2009

La découverte en Arabie Saoudite de restes fossilisés d'un primate inconnu rapprocherait de nous la période où se sont séparées la lignée des ancêtres de l'homme et des grands singes d'une part, et celle des ancêtres des macaques d'autre part, selon une étude publiée mercredi.

Ce nouveau primate, que Iyad Zalmout (Université du Michigan, Etats-Unis) et son équipe ont identifié grâce à des parties fossilisées de son crâne, du palais et des dents, aurait vécu voici 29 à 28 millions d'années. D'un poids de 15 à 20 kg, il aurait des caractéristiques le classant parmi les catarhiniens (du grec cata, vers le bas, et rhinos, nez), ancêtres communs des singes "de l'Ancien monde" (dont les humains) qui ont des narines rapprochées, ouvertes vers le bas et séparées par une fine cloison.

Les singes "du Nouveau monde", que l'on trouve en Amérique du Sud et centrale, possèdent au contraire des narines écartées.

D'après l'analyse de l'évolution des génomes, des scientifiques estimaient jusque là que la lignée des hominoïdes (homme, bonobo, chimpanzé, gorille et orang-outan regroupés comme Hominidés, gibbon) s'était séparée voici 35 à 30 millions d'années de celle des ancêtres du macaque, ayant conservé une queue.

Après la découverte de cette nouvelle espèce de primate catarhinien, dénommée Saadanius hijazensis, l'équipe de chercheurs pense que cette divergence serait en réalité survenue seulement il y a 29 à 24 millions d'années. "Cela ne change pas la façon dont nous concevons l'origine de l'homme", précise à l'AFP William Sanders, co-auteur de l'étude, "mais cela permet de recentrer notre recherche sur la période durant laquelle a surgi le groupe qui a finalement conduit à l'apparition des humains et de leurs ancêtres directs, les hominoïdes".

Source : Dépêche Voilà du 14/07/2010

jeudi 15 juillet 2010

Ouverture d'un grand musée sur l'évolution humaine à Burgos, en Espagne

Un grand musée sur l'évolution humaine a été inauguré mardi à Burgos, dans le nord de l'Espagne, non loin du gisement archéologique d'Atapuerca, l'un des plus importants d'Europe, dont il exposera quelque 200 pièces.

Le Musée de l'évolution humaine de Burgos (MEH) espère attirer chaque année quelque 300.000 visiteurs, sur une superficie totale de 15.000 m2, répartie entre une grande exposition permanente et un espace pour les expositions temporaires.

Construit selon les plans de l'architecte espagnol Juan Navarro Baldeweg, ce musée est financé par la région de Castille-et-Leon et a représenté un investissement total de 70 millions d'euros.

Il a été inauguré mardi par la reine Sofia d'Espagne.

Ses quatre étages exposent notamment les pièces archélogiques les plus célèbres découvertes sur le gisement d'Atapuerca, dont un crâne, baptisé "Miguelon", appartenant à un ancêtre de l'être humain remontant à quelque 500.000 ans.

Le site d'Atapuerca a fêté ses 30 ans en 2009 et a été inscrit en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco.

Ce gisement a permis en 2007 la découverte de restes fossilisés du "premier européen", une mâchoire remontant à environ 1,2 million d'années.

Chaque été une saison de fouilles est organisée, à laquelle participent Docteurs en archéologie, géologie ou paléontologie et étudiants.

Au total, quelque 7.000 fossiles humains on été retrouvés sur le site, qui compte 450 gisements. Après la saison de fouilles, ils sont étudiés toute l'année dans des laboratoires, qui livrent de précieuses données.

Source  : Google actualités du 13/07/2010

http://www.museoevolucionhumana.com/

mercredi 14 juillet 2010

"J'ai fait décrypter mon génome"

Le 26 juin 2000, le président américain Bill Clinton annonçait que la carte complète du génome humain avait été séquencée. Dix ans plus tard, des sociétés de génétique proposent d'analyser votre ADN pour retracer les déplacements de vos ancêtres, depuis la sortie d'Afrique par Homo sapiens, il y a 60 000 ans jusqu'à aujourd'hui. J'ai tenté l'expérience. Grosses surprises.

1 – UN LIVRE D'HISTOIRE SE CACHE DANS NOTRE ADN


J'ai gratté l'intérieur de mes joues avec une brosse à dents souple faisant partie d'un kit de prélèvement ad hoc. Comme pendant une garde à vue. Puis une seconde fois, avec une autre brosse. J'ai soigneusement déposé ces ustensiles dans deux petites bouteilles stérilisées, puis j'ai adressé le tout, sous papier bulle, au Genographic Project.

C'est la société d'analyse génétique associée à la National Geographic Society, l'éditrice du fameux magazine, et de la Waitt Family Foundation, une association philanthropique américaine. Soutenu par plusieurs biologistes renommés, dont Luigi Luca Cavalli-Sforza, associé à vingt laboratoires de génétique des populations autour du monde, dont l'Institut Pasteur, le Genographic Project a entrepris depuis cinq ans de reconstituer le vertigineux parcours des Homo sapiens depuis la sortie d'Afrique, notre berceau commun, il y a 60 000 ans.

mardi 13 juillet 2010

Grâce à l'homo erectus, le village de Tautavel suscite un intérêt mondial

La découverte du crâne d'un homme préhistorique à Tautavel (Pyrénées-Orientales) a apporté une prospérité inattendue à ce petit village niché dans les Corbières, où affluent touristes, chercheurs et étudiants-paléontologues du monde entier.

Une cité universitaire, un complexe sportif et même un palais des congrès de 600 places : les 980 habitants de ce village de viticulteurs récoltent encore les fruits de la trouvaille du professeur Henry de Lumley.

En 1971, ce célèbre préhistorien découvre dans la grotte ou "Caune" de l'Arago, qui surplombe le village, un crâne vieux de 450.000 ans: celui d'un homo erectus européen baptisé dès lors "Homme de Tautavel". Jusqu'à récemment, il était le plus ancien jamais retrouvé en Europe.

Depuis, ce paisible village situé à 20 km de Perpignan a vu naître un musée, visité par 80.000 à 100.000 touristes français et étrangers par an.

Un Centre européen de recherches préhistoriques (CERP) a également éclos, en 1992. Une trentaine de personnes y travaillent, parmi lesquelles des chercheurs français mais aussi canadiens ou italiens.

lundi 12 juillet 2010

Il y a 800.000 ans, les 1ers immigrés arrivaient en Europe du Nord

Des découvertes archéologiques britanniques effectuées près de Happisburh et datant d’il y a 800 000 ans, témoignent de l’adaptation des premiers hommes aux frimas de l'Europe du Nord quelque 100.000 ans plus tôt que ce qu'on croyait possible jusque là. Cette étude, publiée dans la revue Nature, a été réalisée par une équipe de scientifiques et d'archéologues financée par le British Museum.

Un site archéologique britannique situé dans le Norfolk, à l’est du pays, a permis de mettre à jour 78 outils et éclats de silex attestant de la présence humaine en Grande-Bretagne, ce qui en fait la plus ancienne implantation connue dans le nord de l'Europe.

Tous les sites archéologiques étudiés jusqu'à présent en Europe et en Asie ayant des traces de présence humaine pendant la période du Pléistocène (il y a 1,8 million d'années à 780.000 ans) se trouvaient sous le 45e parallèle, laissant penser que la température avait fait barrière aux migrations des premiers hommes vers le Nord. Tous ces sites étaient de climat tropical, méditerranéen ou de savane.

Quand et comment nos ancêtres ont colonisé l'Europe ?

Il semblerait que les hommes étaient donc confinés à l'époque au sud des Pyrénées et des Alpes, et l’on pensait que leur présence en Grande-Bretagne remontait à 500.000 ans. Néanmoins en 2005, des fouilles à Pakefield (Suffold, est de l'Angleterre) ont montré une présence humaine remontant à 700.000 ans. Les nouvelles découvertes placent le curseur 100.000 ans plus tôt.

« Ces découvertes sont de loin la trace la plus ancienne connue de présence d'humains en Grande-Bretagne, remontant à au moins 100.000 années plus tôt que les découvertes précédentes », a expliqué le Pr Chris Stringer, directeur de recherches sur les origines de l'homme au Musée d'Histoire naturelle à Londres. « Elles ont des implications importantes pour notre compréhension du comportement des premiers hommes, leurs adaptations, leur survie, et pour savoir quand et comment nos ancêtres ont colonisé l'Europe après avoir quitté l'Afrique », il y a 1,8 million d'années, explique-t-il.

vendredi 9 juillet 2010

Découverte des plus vieilles traces humaines en Europe du Nord

Des paléontologues ont découvert les plus anciennes traces d'occupation humaine en Grande-Bretagne. Elles représentent le premier établissement connu en Europe du Nord.

Excavation d’Happisburgh en 2006

L'homme a occupé la Grande-Bretagne il y a plus de 800.000 ans, marquant ainsi le premier établissement humain connu en Europe du Nord, beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait. Au total les chercheurs ont découvert plus de 70 outils en silex dans l’excavation d’Happisburgh, dans le comté de Norfolk, à l’Est du pays. « Ces découvertes sont de loin les plus anciennes traces humaines connues en Grande-Bretagne, elles sont antérieures de 100.000 ans aux découvertes précédentes » s’enthousiasme le Professeur Chris Stringer, Directeur de recherche au Natural History Museum. Jusqu’à présent, les historiens du peuplement estimaient qu’à cette époque, le Pléistocène inférieur, l’extension humaine ne dépassait pas une zone limitée par le sud des Pyrénées et des Alpes.

« Ces nouveaux objets en silex sont extrêmement importants parce que, non seulement, ils sont beaucoup plus vieux mais, surtout, ils sont associés à une gamme unique de données sur l'environnement qui donne une image claire de la végétation et du climat. Cela démontre que les premiers hommes ont pu survivre dans des conditions beaucoup plus rigoureuses qu’aujourd’hui » explique le Dr Nick Ashton du British Museum. En effet, il y a 800 000 ans, une grande partie de l’Europe du Nord était recouverte de forêts boréales plus ou moins vastes selon le flux et le reflux des périodes glaciaires.

Reconstitution du paysage d'Happisburgh, il y a 800 000 ans.

Le détail des fouilles fait l’objet d’une publication dans la revue Nature. L’étude comprend également et pour la première fois une modélisation 3D des outils en silex réalisée au scanner. « Les modèles virtuels des objets en silex sont incroyablement détaillés et nous espérons que les images et les vidéos seront partagées dans le monde entier » explique le Dr Richard Abel, du Natural History Museum. Seul manque à cette découverte une trace des fabricants de ces outils, pas le moindre bout d’os dans les centaines de pelletées de terre. « C’est notre Graal » avance Chris Stinger. Les hommes qui utilisaient les silex d’Happisburgh pourraient être liés au peuplement d’Atapuerca, en Espagne, l’un des plus anciens d’Europe, attribué à l'espèce Homo antecessor.


Reconstitution 3D d'un des silex d'Happisburgh.

Sciences et avenir du 07/07/2010

jeudi 8 juillet 2010

L'homme préhistorique a gagné le nord de l'Europe plus tôt que prévu, selon une étude

L'homme préhistorique a gagné le nord de l'Europe beaucoup plus tôt que les chercheurs ne le pensaient, s'établissant sur la côte orientale de l'Angleterre il y a plus de 800.000 ans, affirme une nouvelle étude publiée jeudi dans la revue "Nature".

On pensait jusqu'ici que nos ancêtres, qui seraient apparus en Afrique il y a 1,7 million d'années environ, étaient surtout restés dans des régions relativement chaudes -forêts tropicales, steppes et zones méditerranéennes- en migrant en Eurasie.

Mais la découverte d'outils en silex à 220 km au nord-est de Londres montre qu'ils ont également bravé il y a fort longtemps des climats plus froids. "Ce que nous avons découvert affaiblit vraiment les théories traditionnelles sur la manière dont les humains se sont propagés et ont réagi au changement de climat", souligne le paléontologue Simon Parfitt, de la University College London. "Cela montre que nous savons peu de choses sur leur migration depuis l'Afrique."

Quelque 75 outils en silex ont été trouvés sur le site, près d'Happisburgh, un hameau côtier du Norfolk, rapportent M. Parfitt et des confrères dans "Nature". Les chercheurs ont daté les objets à plus de 800.000 ans: entre 814.000 et 866.000 ou entre 936.000 et 970.000, selon les estimations. C'est au moins 100.000 ans plus tôt que la plus ancienne colonie d'hommes préhistoriques découverte jusqu'ici en Grande-Bretagne, à Pakefield

On ignore précisément quel type d'humain a fabriqué les outils. "Il est impossible de dire qui étaient ces gens sans fossile", souligne Eric Delson, un anthropologue de la City University à New York, qui n'a pas participé aux recherches.

A l'époque, des mammouths et des félins à dents de sabre vivaient dans la région, et la Tamise se jetait dans la mer dans cette zone, à 150 km au nord de son embouchure actuelle. Le climat était un peu plus froid qu'aujourd'hui, au moins en hiver.

Selon Nick Ashton, co-auteur de l'étude, il y a encore une grande incertitude sur la manière dont ces humains se sont adaptés. "Avaient-ils des vêtements et des abris adaptés, la maîtrise du feu?": la découverte pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses, souligne cet archéologue du British Museum à Londres.

Selon Eric Delson, la découverte permet en tout cas d'améliorer la connaissance de la préhistoire en Europe. "Nous ne savons pas grand-chose", mais "c'est une pièce supplémentaire du puzzle", conclut-il. AP

Source : NouvelObs.com du 07/07/2010

mercredi 7 juillet 2010

L'"urgence absolue" : le sauvetage du gisement

Une pelleteuse géante et, juste à côté, des scientifiques prélevant dans la pierre les estampes ténues de formes de vie vieilles de plus de 2 milliards d'années... La découverte des macrofossiles les plus anciens, publiée jeudi 1er juillet dans la revue Nature, a été réalisée dans une carrière de grès, située au coeur du bassin de Franceville, dans le sud-est du Gabon. La société qui exploite la carrière ignore vraisemblablement tout de la richesse scientifique et patrimoniale du site qu'elle exploite à des fins de construction de bâtiments, d'ouvrages d'art, etc.

Pour les auteurs de la découverte, le risque est grand de voir disparaître rapidement ce qu'ils considèrent comme un trésor considérable. "C'est une urgence absolue. Il nous faut passer par l'Etat français, afin qu'un contact soit pris avec le Gabon pour que le site soit protégé de la destruction systématique qu'il subit tous les jours, plaide Abderrazak El-Albani, chercheur au laboratoire Hydrasa (CNRS et université de Poitiers), l'un des auteurs de la découverte. Il faut inscrire ce site, de quelques hectares seulement, au Patrimoine mondial. Et il faut faire très vite : je ne sais simplement pas s'il restera quelque chose la prochaine fois que nous y retournerons."

Les autres grands gisements fossilifères du précambrien bénéficient de mesures de protection. Comme les célèbres schistes de Burgess, dans les montagnes rocheuses canadiennes, et les collines d'Ediacara, dans le sud de l'Australie.

"Dix-huit niveaux fossilifères"


Le potentiel fossilifère de ces deux grands sites a été découvert respectivement en 1909 et en 1868 - preuve de la rareté de telles réserves de faunes précambriennes. Ces deux sites ont livré des fossiles célèbres, vieux de 700 millions à 500 millions d'années, dans lesquels les paléontologues parviennent, parfois, à distinguer des caractéristiques anatomiques de grands groupes actuels (Le Monde du 29 mai). Selon les auteurs, l'ampleur des découvertes scientifiques qui restent à faire dans les cinq hectares de la carrière gabonaise du bassin francevillien est considérable. "A chacune des trois missions que nous avons effectuées sur place, nous avons rapporté de nouveaux spécimens, de nouvelles formes, dit M. El-Albani. Il y a au moins dix-huit niveaux fossilifères."

Source : Le Monde du 03/07/2010

mardi 6 juillet 2010

La vie prend un coup de vieux

Une équipe internationale a découvert des fossiles multicellulaires vieux de 2 milliards d’années qui remettent en cause radicalement nos idées sur l’évolution.

Ce matin, la couverture de la revue Nature risque de provoquer une épidémie de syncopes chez les paléontologues. Sous les images d’un fossile de plusieurs centimètres, elle titre sur une «Vie multicellulaire» vieille de 2 milliards d’années ! Or, pour les spécialistes, ce genre de vie - complexe, organisé et macroscopique - ne peut être plus ancien que 670 millions d’années. Avant, enseigne-t-on à l’université, seuls des microbes - unicellulaires - peuplaient la Terre. Tout au plus a-t-on aperçu de fugaces traces millimétriques de pluricellularité. Ce grand bond… en arrière sidère les spécialistes, suscite des réactions d’incrédulité.

Ces fossiles spectaculaires, porteurs d’une révolution dans les sciences de l’évolution, ont été présentés mardi à un groupe de journalistes dans les locaux du laboratoire Hydrogéologie, argiles, sols et altérations (Hydrasa) de l’université de Poitiers et du CNRS. L’excitation soulevée par la découverte provoquait déjà des appels de médias du monde entier.

Emergence de la vie

C’est pourtant une équipe spécialisée dans les argiles et inconnue en paléontologie, à laquelle participe le jeune maître de conférence Abderrazak el-Albani, qui lance cet énorme pavé dans la mare scientifique. La découverte provient d’un simple travail de routine géologique dans une carrière de grès, près de Franceville, au Gabon. Financé par des «contrats de recherche appliquée» de l’industrie minière, s’amuse le géologue, soulignant qu’il n’avait aucun crédit pour une étude paléontologique !

C’est pourtant là qu’El-Albani, son thésard gabonais Frantz Ossa Ossa et d’autres collègues mettent la main, en 2008, sur de premiers fossiles. Visibles à l’œil nu, si nombreux qu’on peut en trouver plusieurs dizaines au mètre carré et dans un état de conservation tout simplement miraculeux. Ils prennent des photos et en rapportent quelques échantillons à Poitiers. Peu familiers des formes de vie les plus anciennes, ils contactent quelques paléontologues, envoient les photos, leur proposent de venir à Poitiers examiner leur collection. Rusé, El-Albani cache souvent la date des roches à ses interlocuteurs. Leur première réaction les conduit donc à identifier ces fossiles à la faune d’Ediacara, il y a 670 millions d’années. C’est la première faune macroscopique connue, les premiers «métazoaires», disent les spécialistes, des êtres aux corps mous, vivant en eau peu profonde. Les spécimens gabonais les plus gros - 12 cm - se voient même proposer des dates plus récentes. Puis, lorsque le malicieux géologue révèle la datation des terrains, 2 milliards d’années, c’est la stupéfaction. «Impossible !» s’entend-il rétorquer. Des portes se ferment avec, parfois même, le refus de tout nouveau contact par crainte du ridicule auprès des collègues.

lundi 5 juillet 2010

Marseille : la grotte Cosquer bientôt au grand jour

À Cassis, Henri Cosquer propose tout l'été une exposition exceptionnelle de ses clichés. Dans le même temps, la ville de Marseille envisage de construire une réplique de cette cavité

Près de vingt ans après que sa découverte a été rendue publique, la grotte Cosquer revient sous les feux de l'actualité. À Cassis tout d'abord, où son inventeur, Henri Cosquer, propose tout l'été une exposition exceptionnelle de ses clichés réalisés dans la grotte au début des années 90. À Marseille ensuite, où la ville envisage sérieusement de construire une réplique à l'échelle 1 de cette cavité qu'à peine quelques dizaines de personnes dûment autorisées ont eu jusqu'à présent la chance de visiter.

C'est en 1985 qu'Henri Cosquer (à droite) a découvert la grotte qui porte son nom. Mais il ne l'a révélée qu'en 1991.

Initié par Daniel Hermann, adjoint à la Culture, avec le concours du Service régional de l'Archéologie, le projet s'inscrirait dans le cadre de la refonte du musée d'histoire de Marseille, actuellement hébergé dans les sous-sols du Centre Bourse. Rien n'est encore finalisé, mais la perspective de Marseille capitale européenne de la Culture en 2013 aurait quelque peu accéléré le mouvement. L'idée qui tiendrait aujourd'hui la corde serait d'installer le futur musée et la réplique de la grotte Cosquer dans le fort d'Entrecasteaux, naguère occupé par la Légion étrangère et que la ville de Marseille vient d'acquérir.

Toutes les hypothèses seraient envisagées, d'une reproduction à l'identique, type décor de cinéma, jusqu'à une reproduction virtuelle avec projection d'images numériques sur un support solide reproduisant les contours exacts de la cavité. Si ce projet aboutit, on pourra enfin visiter à pied sec une grotte dont l'original restera forcément inaccessible au commun des mortels. D'une part parce que sa situation, au bout du cap Morgiou, en plein coeur du futur Parc national des Calanques, poserait d'insolubles problèmes en termes d'accès et d'accueil du public.

D'autre part parce que depuis Lascaux, on sait que la fréquentation d'une cavité souterraine favorise le développement rapide de champignons, algues et parasites susceptibles de détruire les oeuvres en l'espace de quelques mois. Depuis près de 20 ans, plusieurs autres projets de grotte Cosquer bis ont déjà été évoqués. Au milieu des années 90, la Fondation EdF avait ainsi financé plusieurs campagnes de mesures in situ, dans l'optique de fabriquer un double virtuel de la grotte, en collaboration avec l'Institut d'intelligence artificielle de Marseille.

À la fin des années 90, c'est l'idée d'une vaste cité de la mer et de la plongée qui avait émergé, avec l'ambition d'y construire une reproduction de la grotte Cosquer et d'y exposer la Calypso du commandant Cousteau, le matériel de plongée profonde de la Comex... mais le projet a coulé avant de faire surface. Qu'en sera-t-il de celui-là ? Réponse dans quelques mois.

Source : La Provence du 03/07/2010

Paléontologie : une nouvelle histoire de la vie

Il faudrait tout récrire : les manuels de biologie, mais aussi toute l'histoire de la vie. La découverte, publiée jeudi 1er juillet à la "une" de la revue Nature, de plusieurs dizaines de fossiles d'organismes multicellulaires datés de 2,1 milliards d'années, promet de secouer comme jamais le landerneau des paléobiologistes. Car, à lire les travaux dirigés par le sédimentologue Abderrazak El-Albani, chercheur au laboratoire Hydrasa (CNRS et université de Poitiers), les premières formes de vie complexes sont apparues 1,5 milliard d'années plus tôt que les estimations actuelles.


Plusieurs dizaines de fossiles d'organismes multicellulaires datés de 2,1 milliards d'années ont été découverts dans le bassin de Franceville au Gabon.

Tout commence en janvier 2008, dans le bassin de Franceville, dans le sud-est du Gabon, dans une région étudiée de longue date, principalement fréquentée pour sa richesse en manganèse et en uranium. Trois géologues, Paul Sardini, Frantz Ossa Ossa, un jeune thésard, et Abderrazak El-Albani, prélèvent des échantillons sur le site d'une carrière de grès. "La thèse portait sur des questions de paléoenvironnement et nous ne nous attendions pas à trouver des fossiles", explique M. El-Albani. De retour à Poitiers, l'examen des photographies et des échantillons suggère que certains motifs imprimés dans la roche pourraient être d'origine biologique.

"Abderrazak El-Albani est venu me voir en me disant : "Je suis comme une poule qui a trouvé une bicyclette ! Sais-tu à qui je pourrais montrer ça ?", raconte le paléontologue Philippe Janvier (CNRS et Muséum national d'histoire naturelle), grand spécialiste des premiers vertébrés. Et il est vrai que ce qu'il me montrait était extrêmement bizarre." C'est finalement le paléontologue Stefan Bengtson (Muséum national d'histoire naturelle de Suède) qui, avec une vingtaine de chercheurs de seize institutions, mènera l'analyse aux côtés de M. El-Albani.

dimanche 4 juillet 2010

Il y a 2 milliards d'années, des organismes grouillaient dans l'eau

Ils mesuraient jusqu'à 12 centimètres et vivaient un milliard et demi d'années avant les fossiles les plus anciens connus jusque-là. Et ce ne sont pas de vagues traces que des chercheurs français ont mis au jour mais 250 organismes, dont certains sont déjà modélisés en 3D ! L'heureux et tenace découvreur nous raconte et lance un appel pour sauver le site, très menacé.

Il n'aurait pas fallu publier cette découverte le premier avril car personne n'y aurait cru. Aujourd'hui elle fait la Une de la revue Nature et les paléontologues mettront plusieurs années à la digérer... Fortuitement, en 2008, Abderrazak El Albani, sédimentologue du laboratoire CNRS Hydrasa (Hydrogéologie, argiles, sols et altérations, Poitiers) et Frantz Ossa Ossa, étudiant gabonais, sont tombés, au Gabon, près de Franceville, sur les restes d'environ 250 organismes manifestement pluricellulaires, c'est-à-dire composés de nombreuses cellules. Bref, une vie organisée, presque moderne. En témoignent leurs formes et leurs tailles, de 1 à 12 centimètres.

Les fossiles étaient bien visibles, comme le nez au milieu de la figure. Et l'endroit n'est pas une contrée inconnue, c'est une carrière qui a vu passer d'innombrables gratteurs de sol. « Cela fait des décennies qu'on creuse à cet endroit ! » s'étonne Abderrazak El Albani, interrogé par Futura-Sciences.

Vraiment surprenant ? Stupéfiant même, car les terrains sont datés de 2,1 milliards d'années. Or, les plus anciennes traces d'organismes pluricellulaires identifiées jusqu'ici remontent à environ 600 millions d'années... On connaît des traces d'organismes beaucoup plus anciens, qui ont laissé des roches particulières, les stromatolites. Les plus anciennes dont on est absolument sûr qu'elles ont été formées par des organismes vivants datent de 2,7 milliards d'années. De telles roches existaient déjà il y a 3,5 milliards d'années, cependant on discute encore de leur origine biologique. Mais ces fabricants de stromatolites étaient des bactéries, c'est-à-dire des cellules sans noyau (des procaryotes) et vivant isolément les unes des autres.


Un des fossiles trouvés au Gabon. Cet organisme vivait il y a 2,1 milliards d'années... Son identification ou son rapprochement avec des organismes actuels sont hors de portée aujourd'hui. La faune d'Ediacara, bien plus récente, comporte de nombreux organismes très différents de ceux qui vivent aujourd'hui et même de ceux connus depuis le début du Paléozoïque (-540 millions d'années).

Vers -600 millions d'années, les fossiles deviennent nombreux et témoignent d'une vie très diversifiée. Ces organismes de grandes tailles sont nécessairement pluricellulaires, différant largement des bactéries, leurs cellules devant posséder un noyau (ce sont des eucaryotes). Cette période est même décrite comme l'explosion cambrienne, du nom de l'ère géologique. Une vaste réserve de fossiles, baptisée faune d'Ediacara, du nom de la région d'Australie où elle a été trouvée, montre une grande quantité d'organismes à corps mou, dont des algues.

« Ces fossiles, d'autres ont dû les voir »

Pourquoi une telle diversification à cette époque ? Logique, pensent les paléontologues. Avant cette période, la Terre subissait un long épisode glaciaire, pendant laquelle, probablement, les calottes polaires s'étendaient jusqu'à l'équateur ou presque (épisode dit de la Terre boule de neige). Avant cette limite fatidique de 600 millions d'années, la vie organisée semblait impossible. Donc inutile d'en chercher des traces. « Ces fossiles, d'autres ont dû les voir, affirme Abderrazak El Albani. Mais personne n'a voulu croire ou s'intéresser à ce qui ressemble à des fossiles dans des couches aussi anciennes... »

Le chercheur français a alors constitué une équipe internationale rassemblant des géochimistes, des minéralogistes et des paléontologues. Deux cents kilos d'échantillons ont pris le chemin de multiples laboratoires pour des analyses et des identifications. La microtomographie X (utilisant le même principe que les scanners médicaux mais avec des doses de rayons bien plus élevées) a permis de préciser la forme et la structure de fossiles inclus dans la roche sans les détruire. Au total, 21 personnes appartenant à 16 institutions signent l'article publié aujourd'hui dans la revue Nature. « Il a été très difficile de convaincre les gens, raconte Abderrazak El Albani. Il nous a fallu effectuer de nombreuses vérifications et vraiment blinder le dossier... »

Aujourd'hui, la place est au bonheur de la découverte et aux discussions qui vont enflammer la communauté des paléontologues. Il reste à poursuivre l'étude des ces organismes et à mieux comprendre cet écosystème. Leur environnement, indiqué par la nature des sédiments, est connue. « Les fossiles se trouvent dans une couche d'argilite noire et de limon. Il s'agit d'un milieu marin, sous une profondeur d'environ trente mètres et qui subissait des marées et des tempêtes (lesquelles laissent des traces qu'on peut lire dans le sédiment). »


Ces couches d'argile et de limons datent de plus de deux milliards d'années. Beaucoup les ont vues mais personne n'a remarqué les fossiles qu'elles contenaient... car c'était impossible. Aujourd'hui, ces trésors sont menacés par les pelleteuses.

« Il faut arrêter le massacre »

Comment une vie aussi organisée a-t-elle pu apparaître si tôt ? A cause de l'oxygène, estime Abderrazak El Albani. Sa quantité dans l'atmosphère a connu un premier pic, qui a culminé vers -2,4 milliards d'années. La teneur a ensuite chuté. « La hausse de l'oxygène a permis aux organismes de cette époque de disposer d'une plus grande quantité d'énergie et d'évoluer vers une plus grande complexité et vers la coopération entre cellules pour former des êtres multicellulaires ».

Ces fluctuations d'oxygène suivent celles du climat. L'explosion cambrienne correspond à la fin d'une longue période glacée et, il y a 2,1 milliards d'années, la Terre sortait aussi d'une grande glaciation globale. En somme, le scénario serait le même que celui qui, vers -600 millions d'années, a conduit à l'explosion cambrienne. La Terre se réchauffe, les glaces reculent, l'oxygène grimpe, la vie en profite.

Tout cela reste à préciser. Cette découverte induira certainement d'autres études et il y a fort à parier que, en d'autres endroits de la planète, de nombreuses équipes se mettront à creuser dans les couches anciennes à la recherche, cette fois, de fossiles. Quant au site gabonais, il recèle encore certainement d'innombrables trésors. Mais son avenir est très menacé car l'exploitation de la carrière se poursuit. « Il faut arrêter le massacre » clame Abderrazak El Albani, qui souhaite que le site soit désormais protégé. Il faut aussi, rappelle-t-il, « des moyens, des bras et des têtes » pour poursuivre le travail dans ce domaine de la Terre primitive où la recherche française, selon lui, est très en retard.

La faune d'Ediacara, dont les premières découvertes par Reg Sprigg remontent à 1946, fait toujours parler d'elle aujourd'hui, constituant une référence et une borne. Il en serait probablement de même pour cet écosystème du Gabon (le nommera-t-on ainsi ?), dont on devrait parler longtemps et qui repousse les bornes de la vie beaucoup, beaucoup plus loin...

Source : Futura-Sciences du 01/07/2010

samedi 3 juillet 2010

Des formes de vie complexe bien plus anciennes qu'estimé

Des formes de vie complexes – organismes à plusieurs cellules dits "pluricellulaires" – seraient apparues voici 2,1 milliards d'années, c'est-à-dire jusqu'à 1,5 milliard d'années plus tôt que scientifiquement attesté jusque là, selon une étude publiée mercredi dans Nature (sur abonnement). L'ampleur de cette découverte lui vaut la couverture de la revue scientifique britannique, même si, selon des experts, elle "pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses".

Les premières formes de vie apparues sur Terre il y a environ 3,5 milliards d'années étaient unicellulaires, des êtres vivants constitués d'une seule cellule, comme les bactéries. L'origine de la vie complexe multicellulaire, ne date plus de "600 millions d'années, c'est plutôt 2,1 milliards d'années", le curseur "s'est déplacé de 1,5 milliard d'années", a déclaré le chercheur Abderrazak El Albani (Laboratoire Hydrasa, de l'université de Poitiers), principal auteur de l'étude.

PLUS DE 250 FOSSILES DE 7 MILLIMÈTRES À 12 CENTIMÈTRES

Avec son équipe internationale, il a découvert au Gabon plus de 250 fossiles de 7 millimètres à 12 centimètres de longueur qui pourraient bouleverser l'histoire du vivant. Des fossiles témoignaient déjà d'une explosion de formes de vie multicellulaires voici 600 millions d'années, mais leur apparition plus précoce restait controversée, selon le chercheur. Jusqu'à la récente découverte, un fossile, Grypania spiralis, datant d'environ 1,6 milliard d'années marquait l'émergence d'une vie plus complexe.

Les premiers êtres unicellaires et les bactéries actuelles sont constitués d'une cellule sans noyau, c'est-à-dire sans membrane protégeant le matériel génétique : ce sont des "procaryotes". Les formes de vie complexes, des insectes aux mammifères, ont des cellules dites "eucaryotes", avec des chromosomes abrités dans un noyau.

Avec les fossiles retrouvés sur le site de Franceville au Gabon, l'existence des eucaryotes aurait débuté il y a 2,1 milliards d'années et non 1,6 milliard comme supposé avec Grypania. Une forme particulière de soufre et des molécules de stérane retrouvées sur les fossiles attestent de leur origine eucaryote, selon les chercheurs. De taille trop grande pour être les résidus de simples unicellulaires primitifs, les contours des fossiles évoquent, selon M. El Albani, les formes d'organismes vivant en suspension dans l'eau ou tout près du fond océanique.

"DE FUTURES DISCUSSIONS ENTRE PALÉONTOLOGUES"

"Interpréter réellement des anciens fossiles est une affaire particulièrement difficile", nuancent Philip Donoghue, de l'université de Bristol, en Grande-Bretagne, et Jonathan Antcliffe (Oxford) dans un commentaire publié dans Nature, promettant de "futures discussions entre paléontologues". "Ces fossiles de quelques centimètres, que les auteurs interprètent comme représentant des organismes multicellulaires", seraient apparus alors que "l'atmosphère restait un mélange toxique (...) avec une teneur en oxygène correspondant à quelques centièmes des niveaux actuels", relèvent les deux experts. Sans mettre en doute la datation de ces specimens, ils notent que la définition d'une vie pluricellulaire "peut tout inclure, des colonies de bactéries aux blaireaux".

Au sein de colonies bactériennes, une forme de communication interne et de gestion organisée de la croissance du groupe a été constatée, comme en témoignent des stromatolites (structures) plus anciens que les fossiles trouvés au Gabon. Les spécimens découverts ne peuvent provenir de simples bactéries, assure M. El Albani qui invite à préserver le site gabonais appelé à faire partie du "patrimoine mondial de l'humanité".

Source : Le Monde du 01/07/2010

vendredi 2 juillet 2010

La vie multicellulaire plus ancienne que prévue

L'analyse de fossiles découverts au Gabon par un géologue français montre que les organismes multicellulaires seraient apparus 1,5 milliards d'années plus tôt qu'on ne le pensait.


Petit tremblement de terre au sein de la communauté scientifique. Les premiers organismes multicellulaires ne seraient pas apparus il y a 600 millions d'années comme on le pensait jusqu'à maintenant, mais il y a 2,1 milliards d'années ! Cette découverte est si extraordinaire qu'elle faisait jeudi la une de la célèbre revue Nature. Elle est l'œuvre d'un géologue français, Abderrazak El Albani (Université de Poitiers/CNRS) qui a dirigé une équipe internationale de 21 chercheurs. «Nous sommes formels : le curseur datant l'apparition d'une vie complexe multicellulaire doit être déplacé de 1,5 milliards d'années», explique-t-il au figaro.fr avant de prévenir dans la foulée : «Cela bouscule tous les dogmes établis. Notre article va sans aucun doute ouvrir un gigantesque débat dans le monde de la paléontologie.»

Les fossiles vieux de 2,1 milliards d'années étaient visibles à l'oeil nu dans la carrière de grès où ils ont été mis au jour par hasard.

A l'origine de ces travaux, de banales recherches géologiques dans une carrière de grès au Gabon. Accompagné par son thésard gabonais, Frantz Ossa Ossa, le géologue découvre un fabuleux gisement de fossiles visibles à l'œil nu (entre 7 millimètres et 12 centimètres). Plus de 250 fossiles, dans un état de conservation remarquable, sont récoltés dans cette formation géologique vielle de plus de 2 milliards d'années. Les premiers paléontologues confrontés aux fossiles supposent d'emblée qu'ils sont liés à des organismes pluricellulaires. Avant qu'on ne leur annonce leur datation. Incrédules, ils ne veulent pas y croire. Beaucoup trop vieux. Deux ans d'analyses biochimiques, géochimiques et morphologiques seront nécessaires pour parvenir à faire publier dans Nature l'incroyable résultat : ce sont bien les traces d'une vie complexe vieille de 2,1 milliards d'années qui viennent d'être identifiées.

La vie multicellulaire pourrait remonter à 2,1 milliards d'années

SCIENCE - Une découverte de chercheurs de Poitiers chamboule tout...

Des fossiles multicellulaires ont été découverts au Gabon.
Petite révolution chez les paléontologues. Une enquête publiée ce jeudi dans la revue Nature révèle que des formes de vie complexes, des organismes à plusieurs cellules dits «pluricellulaires», seraient apparues voici 2,1 milliards d'années... c'est-à-dire jusqu'à 1,5 milliard d'années plus tôt que scientifiquement attesté jusque là.

L'ampleur de cette découverte lui vaut la couverture de la revue scientifique britannique, même si, selon des experts, elle «pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses». «Cette découverte nous démontre qu’on sait très peu de choses», s’amuse Alain Meunier, géologue à l’université de Poitiers et co-signataire de l’article, contacté par 20minutes.fr.

«Ça remet en question la logique qu’on avait jusqu’à présent, qui était linéaire. On considérait qu’on allait du plus simple au plus complexe», explique-t-il. Des êtres monocellulaires aux êtres pluricellulaires.

jeudi 1 juillet 2010

Ötzi, l'homme qui valait 175 000 euros

En 1991, un couple de randonneurs allemands découvrait Ötzi, un homme préhistorique congelé dans le Nord de l'Italie. Aujourd'hui, le couple reçoit, enfin, une récompense.

Il y a 19 ans, Erika et son mari Helmut Simon, décédé en 2004, découvraient lors d’une promenade en montagne à 3210 mètres d’altitude, le corps d’un homme congelé, armé et habillé, mort lors d’un combat il y a plus de 5000 ans. Aujourd’hui, et après des années de procès et de négociations, "une récompense à hauteur de 175.000 euros va être versée" à la famille Simon, a indiqué mardi leur avocat. Et ce n’était pas gagné.

Le gouvernement de la province autonome du Nord de l’Italie où les Simon ont découvert Ötzi avait initialement voulu leur verser la somme de 50.000 euros. Insuffisant pour le couple qui, par la suite, avait saisi la justice. L’année dernière la province italienne avait proposé la somme de 150.000 euros, mais l’accord entre les deux parties avait échoué. De nombreuses années de négociations ont donc abouti à ces 175.000 euros. Mais, selon l’avocat des randonneurs, "cela serait revenu beaucoup moins cher à la province de se montrer plus généreuse dès le départ". En effet, les dépenses d’avocat et de procédures s’élèvent à environ 48.000 euros, des frais que la province doit rembourser.

L'homme préhistorique allait au cinéma

L'homme préhistorique allait déjà au cinéma - dans une version certes primitive -, ont découvert des chercheurs autrichiens et britanniques qui cherchent actuellement à recréer ces "films".

Des gravures rupestres datant de l'âge de cuivre, retrouvées sur des sites éloignés et difficiles d'accès dans toute l'Europe, montrent que ces images rupestres sont plus que de simples illustrations, selon des chercheurs des universités de Cambridge et de Sankt Pölten.

"Les gravures rupestres... ne sont à notre avis pas de simples images, mais une élément d'une performance audiovisuelle... Il ne s'agit pas encore d'images animées, mais les images se succèdent comme une animation ", a expliqué Frederick Baker, du Musée d'archéologie et d'anthropologie de l'université de Cambridge, mardi dans un communiqué.

"En plus des yeux, les oreilles étaient aussi sollicitées, car ces gravures sont souvent retrouvées sur des sites avec un écho particulier", a-t-il ajouté. "Dans ce sens, les gravures ne sont pas des illustrations fixes mais des images qui créent une histoire dans l'esprit du spectateur - comme au cinéma", a encore précisé Frederik Baker.

Les universités de Cambridge et Sankt Pölten ont depuis monté un projet avec l'université Bauhaus de Weimar afin de recréer ces films en utilisant des ordinateurs pour recomposer une séquence d'images et les animer. Ces "films" qui datent d'entre 4000 et 1000 avant J.C., représentent souvent des scènes de danse ou de chasse mais ne montrent jamais la mort et rarement des femmes, ont noté les coordinateurs du projet.

Ces recherches sont menées dans la région italienne de Valcamonica, en Lombardie, où une grande concentration de ces gravures rupestres - environ 100.000 - a été découverte.

Sopurce : Le Figaro du 29/06/2010