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samedi 4 mars 2017

Les mains de bébé observées sur des peintures rupestres seraient en fait des pattes de reptiles

L'analyse de minuscules empreintes de mains dans un abri rocheux du désert du Sahara montre qu'elles ne sont absolument pas humaines.

Lorsque le site de Wadi Sura II a été découvert dans le Sahara oriental en Egypte en 2002, les chercheurs furent abasourdis de trouver des milliers de décorations ayant été peintes sur les parois de l’abri rocheux environ 8 000 ans plus tôt. On y voit non seulement des animaux sauvages, des silhouettes humaines et d’étranges bêtes sans tête (ce qui a valu à l’endroit le surnom de « grotte des bêtes »), mais aussi des centaines d’empreintes de mains humaines, soit plus que dans tout autre site rupestre des roches du Sahara.

Le plus inhabituel était la présence d’empreintes de 13 mains minuscules. Jusqu’à la découverte de Wadi Sura II, des pochoirs des mains et des pieds de jeunes enfants avaient été observés dans l’art rupestre en Australie, mais jamais dans le Sahara. Une scène remarquable et émouvante montre même une paire de « mains de bébé » nichée à l’intérieur des empreintes plus grandes de mains adultes.

Mais voilà quelque chose d’encore plus bizarre : ces petites mains ne sont même pas humaines.

Les réponses se cachent dans un hôpital français

Wadi Sura II est considéré comme l’un des plus grands sites d’art rupestre du Sahara, même s’il n’a pas la réputation de son voisin Wadi Sura I, la « grotte des nageurs », découvert par le comte hongrois Láslo Almásy en 1933 et popularisé dans le film « Le Patient anglais ».

De telles empreintes de mains de jeunes enfants n’avaient jamais été observées auparavant dans l’art rupestre du Sahara.

L’anthropologue Emmanuelle Honoré, de l’Institut McDonald de recherche archéologique décrit avoir été « choquée » par la forme de ces minuscules empreintes de mains lorsqu’elle les a vu pour la première fois à Wadi Sura II en 2006. « Elles étaient bien plus petites que des mains de bébés humains, et les doigts étaient trop long, » se souvient-elle.

Honoré a décidé de comparer les mensurations de ces empreintes avec celles de nouveau-nés humains (entre 37 et 41 semaines d’âge gestationnel). Comme celles du site étaient minuscules, elle a aussi mesuré la taille des mains de bébés nés prématurément (de 26 à 36 semaines d’âge gestationnel).

Pour ce faire, l’anthropologue a formé une équipe composée de chercheurs en médecine pour récolter les données infantiles dans l’unité néonatale d’un hôpital français. « Si j’étais allée à un hôpital en disant simplement ‘Bonjour, j’étudie l’art rupestre. Vous avez des bébés pour moi ?’, ils m’auraient prise pour une folle et m’auraient jetée dehors, » rigole-t-elle.

Les résultats, qui ont été publiés, montre qu’il y a très peu de chance pour que les « mains de bébés » dans la grotte des bêtes soient humaines.

mardi 16 juillet 2013

La grotte des bêtes

Des peintures rupestres dans le désert de Libye permettent de se faire une idée du monde spirituel à une époque où le Sahara était encore vert. Toutefois leur étude n'en est encore qu'au début et les spéculations sont plus nuisibles qu'utiles.

Le 11 mai 2002 fut certainement l'un des plus beaux jours de la vie de Massimo Foggini. L'homme d'affaires italien et les voyageurs passionnés de déserts qui l'accompagnaient avaient déjà arpenté plusieurs fois le plateau montagneux découpé du Gilf Kebir, à l'extrême Sud-Ouest de l'Égypte, toujours en quête de nouvelles sensations et de découvertes. C'était le cas aussi ce jour-là dans le Wadi Sura, à quelques kilomètres à peine de l'endroit où Lázló Almásy avait découvert la « grotte des nageurs » en 1933.

Dans une vallée latérale, le regard de M. Foggini tomba sur un surplomb rocheux bas, dissimulé derrière plusieurs grands rochers. Intrigué, il alla voir de plus près et peu après, avec son fils Jacopo, il put contempler la grotte d'art rupestre sans doute la plus richement décorée de tout le Sahara.

Il devait y avoir près de 8 000 figures, qui, très rapprochées les unes des autres et souvent superposées, recouvraient le fond de la grotte, qui mesure aujourd'hui environ 20 mètres de largeur et cinq mètres de hauteur. Elles composaient une symphonie déconcertante de tons brun rouge et parfois blancs et jaunes. Dominant l'ensemble, des centaines de contours de mains sont comme vaporisés sur la roche à l'aide de pochoirs. Manifestement, leurs auteurs ont voulu marquer leur présence en ce lieu.

Parmi ces motifs sont représentées d'innombrables silhouettes humaines, tantôt isolées, tantôt par groupes, le plus souvent représentées en mouvement et ressemblant parfois à des danseurs en extase. Ici aussi, on reconnaît ces corps en extension horizontale, auxquels la « grotte des nageurs » toute proche doit son nom.

Cependant, sur cette paroi rocheuse, c'est un autre groupe de figures qui composent le décor : des dizaines de silhouettes d'animaux, avec un corps trapu et une queue de lion, sans tête, mais avec une esquisse de gueule, qui parfois semble dévorer des hommes. Ces êtres énigmatiques, dans lesquels certains spécialistes pensent reconnaître des babouins, ont donné son nom à la grotte : la « caverne des bêtes ». En fait, il ne s'agit pas d'une caverne, mais d'une grotte, donc d'une cavité profonde de quelques mètres sous un surplomb rocheux.

lundi 1 septembre 2003

Grotte des Bêtes

La grotte des Bêtes est un abri sous roche situé dans le Sud-Ouest de Égypte, en plein désert, près de la frontière avec la Libye. C'est l'un des plus importants abris sous roche ornés du Néolithique au Sahara.

Situation

L’abri sous roche est situé au Ouadi Sora, dans le sud-ouest du plateau de Gilf al-Kabir, dans la région frontalière entre l’Égypte, le Soudan et la Libye. L'endroit, aujourd’hui inhabité, est une des régions les plus sèches du Sahara.

Historique

L’abri a été découvert en 2002 par les archéologues Massimo et Jacopo Foggini et Ahmed Mestekawi, raison pour laquelle on a d'abord désigné l’endroit sous le nom grotte Foggini-Mestikawi ou grotte Foggini. En 2010, des scientifiques de l'Université de Cologne y ont mené des recherches et ont appelé l’abri Wadi Sora II.

Datation et environnement

Les peintures datent du Néolithique moyen (environ 5 000 ans av. J.-C.). À cette époque le climat du Sahara était encore humide. En dessous de l’abri se trouvait un lac de l'Holocène, aujourd’hui disparu. À la fin de l'optimum climatique de l'Holocène, il y a 6 000 ans, le climat changea ; les pluies de la mousson se déplacèrent vers le sud et les précipitations de la mer Méditerranée cessèrent, ce qui produisit un climat aride. Les populations abandonnèrent alors la région.

Description

L'abri mesure 17 mètres de long sur 7 mètres de haut et compte — avec quelque 5 000 peintures dessinées en rouge, jaune, blanc et noir sur un fond de mains et pieds négatifs — des groupes d'hommes et des animaux mythologiques thérianthropes et acéphales, appelés bêtes, de qui l’abri a pris le nom. Alors que le symbole des mains négatives est très répandu dans beaucoup de grottes du monde entier, les bêtes « ne se trouvent qu’aux environs du Ouadi Sora ». Les couleurs des peintures sont exceptionnellement bien conservées et constituent différents sujets souvent superposés. Des gravures en bas-relief ferment l’abri vers le haut. Les mains négatives comme pochoir forment la couche la plus ancienne tandis que les petites figures blanches et les grandes figures en jaune sont plus récentes.

L’abri est célèbre grâce aux bêtes, dont beaucoup ont subi des mutilations à l'époque préhistorique. Constamment entourées des sujets, les bêtes impressionnent par leur aspect et leur taille : leur queue est longue et leur corps a l'allure d’un taureau très souvent à trois pattes, parfois sous forme humaine. Bien que sans tête, les bêtes semblent recracher ou engloutir des êtres humains dont certains paraissent porter une sorte de réseau doré.

L’abri est jonché de groupes d’êtres humains qui dansent ou flottent, pas toujours en rapport avec les animaux : en bas à gauche apparaissent deux groupes de sujets séparés par une fissure horizontale naturelle du rocher. Chacune des personnes au-dessus de la fissure porte une fronde dans ses mains levées, tandis que les personnes situées en dessous tiennent une main levée et regardent à gauche.

Disséminés dans l'abri se trouvent des animaux sauvages comme des éléphants, des autruches, des antilopes et des girafes. L'œuvre de l'abri des bêtes constitue un monde mythologique, dont le symbolisme n'a jusqu'ici pas pu être élucidé.

Environs

À environ dix kilomètres vers l'est se trouve la grotte des Nageurs.

Source : Wikipedia

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