samedi 28 juillet 2018

Pyrénées-Orientales: Une dent d'enfant, vieille de 560.000 ans, découverte à Tautavel

ARCHEOLOGIE Lundi, 47 ans après la découverte de l’Homme de Tautavel, un nouveau fossile exceptionnel a été découvert sur le site préhistorique des Pyrénées-Orientales…

Les archéologues ont découvert sur le site de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales, une dent de lait d’un enfant âgé de 5 à 6 ans, et vieille de 560.000 ans.
Après la découverte en 2015 d’une dent d’adulte sur le même site, cette dent est le plus ancien reste d’enfant trouvé en France, ce qui en fait son caractère exceptionnel.

Les archéologues de Tautavel sont sur les dents… Ou plutôt sur LA dent. Lundi soir, dans le cadre des fouilles organisées chaque été sur le site préhistorique de la Caune de l’Arago, dans les Pyrénées-Orientales, les chercheurs ont découvert une dent.

Mais pas n’importe laquelle. Elle appartient à un enfant âgé de 5 à 6 ans et a été retrouvée dans une zone où le sol d’habitat est daté, à la louche, de 560.000 ans.

Bien plus vieille que l'homme de Tautavel et son célèbre fossile Arago 21, vieux de 450.000 ans, et dont les principaux vestiges ont été découverts dans les années 1970. Et certainement « contemporaine » à quelques décennies près, de celle d’un adulte retrouvé en 2015 au même endroit et qui avait repoussé de 100.000 ans - à 550.000 ans - le plus vieux reste humain trouvé en France.

Autant de traces des Homo heidelbergensis, les prédécesseurs de l’Homme de Néanderthal, qui sont aujourd’hui entreposés depuis au musée de Tautavel.


Plus vieille dent d’enfant en France

C’est là que sera présenté ce nouveau fossile mardi soir. Cette découverte exceptionnelle est le 150e reste humain découvert sur ce site. Mais surtout, c’est la plus vieille dent d’enfant découverte en France, ce qui en fait aussi l’un des plus anciens habitants de l’Europe connu.

« Cette dent va être scannée, étudiée au microscope, ce qui va permettre d’en apprendre plus sur sa croissance, son alimentation », indique un porte-parole du musée qui abrite le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel.

Les archéologues espèrent trouver d’ici à la fin du mois d’août des ossements du petit propriétaire de la dent, qui a la particularité de posséder une racine, ce qui signifie que l’enfant est mort à cet endroit-là.

Cette pièce unique sera plus tard exposée au sein du musée, comme les autres vestiges.

Source : 20 minutes du 24/07/2018

lundi 23 juillet 2018

Des outils vieux de 2,1 millions d’années montrent comment les humains ont conquis la Chine

La migration des humains hors d’Afrique a débuté très tôt, il y a plus de 2 millions d’années, confirme la découverte d’outils très anciens en Chine, sur le plateau de Loess.

Des outils vieux de 2,1 millions d'années ont été découverts en Chine, annoncent des géochimistes et des paléontologues de l'Académie des sciences chinoise et de l'université d'Exeter (Grande Bretagne). Ces pierres taillées de quartzite, exhumées à Schangchen, sur le plateau de Loess, au nord-est du pays, témoignent que cette partie de l'Asie a été peuplée très tôt par des Homo, possiblement des Homo erectus. Des incisives appartenant à ces homininés et vieilles de 1,7 million d'années ont d'ailleurs été décrites à Yuanmou, dans le sud de la Chine. Un crâne d'Homo erectus exhumé à Lantian, dans le Shaanxi, au centre du pays, a aussi récemment été daté de 1,67 million d'années.


L'âge des outils de Schangchen ne surprend absolument pas les spécialistes. La question d'une présence très ancienne en Chine est passionnément discutée et considérée comme plausible depuis plus d'une décennie. Contre les idées dominantes, des chercheurs français assuraient il y a plus de 15 ans que le pays avait été peuplé il y a plus de 2 millions d'années par des hommes au savoir technique original. Des choppers, datés aux alentours de 2 millions d'années, ont ainsi été trouvés à Longgupo, par le chercheur français Eric Boeda (Lire Sciences et Avenir, avril 2006 ) de l'Université Paris X-Nanterre qui a repris la fouille de ce site mythique dont le nom signifie " le versant aux os de dragons " dans les années 2000. La datation de dents de mammifères (chassés ?) découvertes sur ce site laisse penser qu'il a pu être occupé dès il y a 2,48 millions d'années, selon un article paru en 2017. Renzidong, plus à l'est du pays, est un site de boucherie animale qui a été fréquenté par des humains il y a peut-être plus longtemps encore.Toutefois, ces découvertes sont encore sujettes à controverse et discussion.

Dédaignant les travaux menés à Longgupo et Renzidong, Zhaoyu Zhu, de l'Académie des sciences chinoise et Robin Dennel, de l'université d'Exeter, qui ont daté les outils de Schangchen par paléomagnétisme assurent qu'il s'agit des plus anciens vestiges d'occupation humaine découverts hors d'Afrique à ce jour. Ils ont en tout cas 200.000 ans de plus que les pierres et crânes découverts à Dmanisi, en Georgie, aux portes de l'Europe.

Quoiqu'il en soit, les plus anciens outils restent africains : datés de 3,3 millions d'années, ils ont été mis au jour par la française Sonia Harmand sur le site de Lomekwi, à l'est du Kenya. C'est toujours sur le continent africain qu'ont été découverts les plus vieux membres du genre Homo et plus précisément à Ledi Geraru, dans l'afar Ethiopien dont le site a livré une mandidule datée de 2,8 millions d'années. Ce qui suggère que le berceau de l'humanité reste bien l'Afrique.

Source : Sciences et Avenir du 19/07/2018

vendredi 20 juillet 2018

Chine : la découverte d'outils en pierre repousse l'arrivée de nos ancêtres sur le continent

De nouvelles fouilles révèlent que nos ancêtres auraient quitté le continent africain plus tôt que ce que les chercheurs estimaient.

Une étude publiée mercredi dernier dans la revue Nature révèle que nos ancêtres auraient quitté l'Afrique plus tôt que ce qui était avancé par les chercheurs jusqu'alors. Un chapitre clef de l'histoire de l'humanité doit donc être révisé.

Une centaine d'outils en pierre ont été mis au jour sur le site de Shangchen, en Chine centrale. Ils révèlent que nos ancêtres les hominidés auraient quitté l'Afrique environ 250 000 ans avant ce qui était précédemment estimé.

Les fabricants de ces outils ont vécu par intermittence pendant 800 000 ans à Shangchen il y a 2,1 à 1,3 millions d'années, laissant derrière eux des outils qui n'avaient jusqu'alors jamais été mis au jour hors d'Afrique. Ces derniers auraient 300 000 ans de plus que les plus vieux fossiles d'Homo erectus, mis au jour sur le site de Dmanisi en Géorgie et qui datent d'il y a 1,8 million d'années.

« En tant que paléantologue, c'était vraiment formidable de mettre au jour des objets datant de deux millions d'années et qui sont donc les plus vieux au monde hors d'Afrique », a confié Robin Dennell, co-auteur de l'étude et professeur à l'Université d'Exeter, au Royaume-Uni.

« Il y a plus de personnes ont réussi l'ascension de l'Everest que de gens qui ont mis au jour des outils en pierre aussi vieux. »

« J'ai toujours dit qu'une fois que les paléontologues chinois se donneraient les mêmes moyens pour faire des fouilles qu'en Afrique, leurs actions paieraient ! », s'est exclamé Gerrit van den Bergh, paléontologue à l'Université de Wollongong qui n'a pas prit part à l'étude.

« Cette découverte montre que nous ignorons encore beaucoup de choses sur nos ancêtres ».

Les premiers hominidés à quitter l'Afrique ?

Les hommes modernes d'aujourd'hui, les Homo sapiens, ont quitté le continent africain il y a environ 60 000 ans. Ce n'était pas la première fois que les hommes modernes et même les hominidés migraient hors d'Afrique. En effet, des ossements d'Homo erectus ont été mis au jour de la Géorgie en passant par Java, tandis que des ancêtres de l'Homme de Néandertal se sont rendus en Europe il y a environ 500 000 ans. Quant aux premiers hominidés, ils sont parvenus à traverser le Pacifique sud d'une manière ou d'une autre pour s'établir sur les îles il y a 700 000 ans, ce qui s'est traduit par l'apparition de l'Homo floresiensis, dit le « hobbit », et d'autres fabricants d'outils insulaires.

Mais les hominidés seraient arrivés encore plus tôt en Asie. Dans les années 1980, des paléontologues ont mis au jour des outils en pierre au Pakistan datant de deux millions d'années. En 2004, dans le bassin de Nihewan, situé dans le nord de la Chine, des chercheurs chinois ont découvert des outils en pierre fabriqués il y a 1,66 million d'années. Enfin, en 2015, le crâne d'un Homo erectus vieux d'1,6 million d'années a été mis au jour à moins de cinq kilomètres de Shangchen.

Zhaoyu Zhu, auteur principal de la nouvelle étude et géologue à l'Académie chinoise des sciences, était convaincu que la Chine recelait d'autres sites plus anciens. En 2004, il décide de débuter des fouilles à Shangchen.

En juillet 2007, l'un des collègues de Zhaoyu Zhu remarqua une pierre dans un affleurement escarpé. Il s'agissait en réalité d'un outil façonné par un hominidé. En 2017, l'équipe du géologue avait creusé à plus de 73 mètres de profondeur dans le sol de Shangchen, révélant 17 strates dans lesquelles se trouvaient des outils en pierre.

« Mes collègues et moi étions surexités », se souvient le géologue. »

Pour dater ces outils, l'équipe de Zhaoyu Zhu a mesuré le champ magnétique de chaque strate où se trouvaient des objets.

Lorsqu'une strate se forme, les minéraux présents dans le sol à ce moment conservent la direction du champ magnétique de la Terre. La polarité du champ magnétique s'inverse parfois. Lorsque c'est le cas, les sédiments présents dans une strate subissent cette inversion à l'échelle planétaire.

Zhaoyu Zhu a pu dater avec précision chacune des strates de Shangchen en les comparant avec celles déjà datées en Afrique et qui présentent les mêmes inversions magnétiques. Sur les 96 outils mis au jour, six se trouvaient dans une strate datant de 2,12 millions d'années.

Qui a fabriqué ces outils ?

Aucun fossile d'hominidés n'a été mis au jour sur le site de Shangchen où ont été découverts les outils. Par conséquent, les scientifiques ignorent qui les a fabriqués.

Les soupçons portent sur l'Homo erectus, l'ancêtre de l'Homme moderne qui est déjà à l'origine des outils mis au jour à Dmanisi. On sait déjà que l'Homo erectus était capable de fabriquer des outils et qu'il avait la carrure et l'habilité de marcher pour traverser les continents. Sauf que les plus vieux fossiles de cet ancêtre de l'Homme datent d'il y a 1,8 million d'années. Ils sont donc bien plus récents que les plus vieux outils mis au jour à Shangchen.

« Même s'il est tout à fait possible que l'Homo erectus ait vécu en Chine à cette époque, l'âge du site et l'éventualité de mettre au jour des objets encore plus anciens indiquent qu'un autre membre du genre Homo a pu être présent en Asie à ces dates, comme un ancêtre semblable à l'Homo habilis », a expliqué Michael Petraglia, paléoanthropologue à l'Institut Max Planck qui étudie les anciens outils provenant d'Asie.

María Martinón-Torres, directrice du Centre national d'étude de l'évolution humaine en Espagne (CENIEH), une référence mondiale en termes de fossiles d'hominidés asiatiques, a déclaré qu'il fallait même étudier à nouveau certains fossiles d'hominidés mis au jour en Chine qui avaient été identifiés comme appartenant à des Homo erectus.

« Il est temps d'accepter que tous les hominidés mis au jour en Asie ne sont pas des Homo erectus, une espèce dans laquelle ont été placés de nombreux fossiles », a-t-elle déclaré. « Je pense que nous n'avons pas encore la réponse à la question relative à l'identité des premiers hominidés asiatiques. »

En tout cas, le cerveau des fabricants des outils mis au jour à Shangchen était trois fois plus petit que le nôtre. Si la taille du cerveau ne compte pas toujours, les spécialistes sont surpris de constater que ces premiers hominidés au petit cerveau ont été capables de quitter l'Afrique pour la Chine il y a deux millions d'années.

Des études supplémentaires seront nécessaires pour découvrir qui étaient ces mystérieux hominidés. Robin Dennell a indiqué qu'il souhaitait étudier des sédiments de plus de 2,1 millions d'années. Toutefois, cela ne sera pas possible à Shangchen car ces derniers se trouvent sous des terres agricoles. D'autres découvertes aussi incroyables sont tout sauf garanties ailleurs en Asie.

« Pendant de nombreuses années, [la] communauté scientifique a relégué l'Asie au second plan, derrière l'Afrique en ce qui concerne des épisodes importants de notre évolution », a confié María Martinón-Torres. « Je suis sûre que nous aurons d'autres surprises si nous menons plus de fouilles en Asie ».

Source : National Geographic du 19/07/2018

mardi 17 juillet 2018

Homo sapiens aurait émergé à partir de plusieurs populations d'Afrique

Souvent, l'évolution humaine est présentée de manière linéaire, à partir d'une population ancestrale unique qui aurait vécu en Afrique il y a 300.000 ans environ. Mais Homo sapiens pourrait trouver ses origines dans plusieurs populations dispersées sur le continent africain.

Notre espèce n'a pas 200 000 ans mais 300 000 ! Au Maroc, une équipe internationale menée par Jean-Jacques Hublin (du Collège de France et de l’Institut Max Planck) a découvert les restes fossiles de cinq individus qui appartiennent à notre espèce. Mais ils datent de 300.000 ans, alors que les plus vieux Homo sapiens connus remontaient à 195.000 ans. De plus, les premiers Hommes semblaient être apparus en Afrique de l’est. La découverte contraint à revisiter l’histoire de l’espèce humaine et, de plus, montre que, depuis ses premiers représentants, c'est la boîte crânienne, donc le cerveau ou au moins le cervelet, qui a le plus évolué.

D'où sont originaires les Homo sapiens ? D'après des chercheurs allemands et britanniques, l'homme moderne est issu de plusieurs populations africaines et non d'une seule, ce qui expliquerait pourquoi certaines caractéristiques sont apparues en différents endroits et à différents moments.

Dans cet article paru dans Trends in Ecology & Evolution, les chercheurs s'appuient sur des données fossiles, archéologiques et écologiques pour mieux comprendre les populations qui vivaient en Afrique au Pleistocène, au début de l'ère quaternaire. Il ressort que les premiers fossiles d'Homo sapiens ne montrent pas une progression linéaire vers la morphologie actuelle car les Homo sapiens primitifs présentent une diversité de caractères physiques.

Par exemple, les auteurs se sont intéressés aux crânes fossiles. Un crâne d'Homo sapiens typique possède une face qui occupe une place réduite et un neurocrâne (la partie du crâne qui protège l'encéphale) de forme globulaire. Or, des membres anciens de la famille des Homo sapiens présentent des variantes.

Ainsi le crâne trouvé à Djebel Irhoud, au Maroc, a une face typique d'un Homo sapiens moderne mais son neurocrâne n'est pas globulaire : il est plus allongé. D'autres fossiles primitifs d'Homo sapiens trouvés à Florisbad en Afrique du Sud (260.000 ans), d'Omo Kibish (195.000 ans) et Herto (160.000 ans) en Éthiopie, montrent une diversité morphologique. C'est pourquoi certains ont même proposé que des fossiles comme ceux de Djebel Irhoud et de Florisbad représentent une espèce plus primitive : Homo helmei. De la même façon, le crâne fossile de Herto combine un neurocrâne globulaire et une face large et robuste, au point qu'elle a été décrite comme appartenant à une sous-espèce d'Homo sapiens : H. sapiens idaltu.


Diversité morphologique et culturelle des premiers Homo sapiens

Les auteurs prennent aussi comme exemple les outils utilisés par les premiers Homo sapiens, qui sont significatifs d'une diversité culturelle qui s'exprime différemment au Nord, au Centre et au Sud de l'Afrique.

Pour les auteurs, Homo sapiens a des racines profondes en Afrique mais les fossiles montrent la diversité de ses premiers représentants. L'évolution des Homo sapiens a pu se faire de manière indépendante dans différentes régions, dans des populations en partie isolées pendant des millénaires à cause de la distance ou de barrières écologiques comme des forêts tropicales, des rivières ou des déserts arides.

De plus, ces facteurs environnementaux pouvaient varier au fil du temps, par exemple avec l'expansion ou la contraction des forêts : les connexions entre les populations ont pu évoluer. Dans un communiqué, Eleanor Scerri, post-doctorante à l'université d'Oxford et à l'Institut Max Planck, explique qu'à cause de ces fluctuations de l'environnement il est possible que « des populations qui se sont mélangées pendant un court moment se sont à nouveau isolées. » Et quand ils étaient séparés, ces groupes ont pu évoluer indépendamment.

Nos origines africaines sont donc probablement complexes et pas cantonnées à une région précise. Cette recherche nous amène à rejeter des modèles qui proposent une simple évolution linéaire de l'Homme.

Ce qu'il faut retenir

Homo sapiens trouve ses origines sur le continent africain.
Les premiers Homo sapiens, trouvés en différents endroits d’Afrique, montrent une diversité dans leurs caractéristiques morphologiques et culturelles.
Les auteurs réfutent l’idée d’une évolution linéaire à partir d’une seule population bien localisée.

Source : Futura Sciences du 13/07/2018

lundi 16 juillet 2018

Des Hominines pourraient avoir peuplé la Chine bien plus tôt que ce que l’on pensait

La migration des premiers représentants du genre «Homo» hors d’Afrique pourrait dater de 2,1 millions d’années, avance une étude chinoise parue dans «Nature» le 11 juillet

C’est une histoire pleine de bruit et de fureur; une histoire mouvementée, dans son passé comme dans son récit actuel, sans cesse revue à la lueur des nouvelles trouvailles archéologiques. Cette histoire, c’est l’épopée de la «conquête» de la planète par nos lointains ancêtres et leurs cousins, à mesure qu’ils s’aventuraient sur des terres inconnues et qu’ils essaimaient plus loin – quand leur odyssée ne tournait pas court. Qui sont ceux qui ont entrepris ces périples? Quand, comment, et selon quels chemins migratoires?

L’épisode relaté le 11 juillet dans la revue Nature, s’il est confirmé, pourrait «révolutionner le modèle actuel du peuplement de la planète par le genre Homo», estime le professeur Jean-Jacques Hublin, du Collège de France et de l’Institut Max-Planck à Leipzig. Mais «il faut être sûr de son coup, quand on annonce de tels résultats», ajoute le découvreur, en 2017, du plus vieux représentant connu de notre espèce, Homo sapiens, qui vivait il y a environ 315 000 ans dans l’actuel Maroc.

Pierres taillées

Les premiers Homo auraient quitté l’Afrique, berceau de l’humanité, 250 000 ans plus tôt que prévu. Telle est du moins la thèse que défend cette étude, cosignée par des équipes de l’Académie des sciences de Chine et de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni). Ces chercheurs ont découvert des cailloux taillés, au nord de la Chine, dans des sédiments qui dateraient de 2,1 millions d’années. Jusqu’ici, les traces les plus anciennes d’Homo hors d’Afrique remontaient à 1,85 million d’années – en Georgie. Fait rare, elles combinaient des outils à des restes fossiles d’Homo erectus, espèce aujourd’hui éteinte.

Source : Le Temps du 11/07/2018


Cette époque, soulignons-le, est donc très antérieure à l’apparition d’Homo sapiens. Ici, quelques jalons s’imposent. Nos premiers ancêtres putatifs, qui ne sont pas du genre Homo, sont Toumaï (Sahelanthropus tchadensis, découvert au Tchad, et daté à 7 millions d’années) et Orrorin (Orrorin tugenensis, Kenya, 6 millions d’années), et des australopithèques comme la fameuse Lucy (Ethiopie, 3,2 millions d’années).

Cailloux de quartzite

Le genre Homo, lui, regroupe plusieurs espèces dont Homo rudolfensis, le plus ancien Homo connu après la découverte en 2015 d’une mandibule fossilisée et datée à 2,8 millions d’années. Vinrent ensuite H. Habilis et H. erectus, aujourd’hui disparues, et H. sapiens, la seule à avoir survécu. Selon le scénario actuel, notre espèce, apparue il y a au moins 315 000 ans, serait sortie d’Afrique voilà 175 000 à 200 000 ans. Mais bien avant elle, d’autres Homo ont tenté l’aventure.

L’étude publiée dans Nature a été conduite sur le vaste plateau de Lœss en Chine, au nord du pays, souvent considéré comme le berceau de l’agriculture et de la civilisation chinoises. En explorant ces sédiments de lœss (une terre meuble et fertile, formée d’éléments fins, jaunâtres, transportés par le vent), les auteurs n’ont trouvé aucun reste d’Homo. Mais dans 17 couches, ils ont découvert des cailloux taillés de quartzite (une roche formée de cristaux de quartz soudés). Ces outils archaïques témoignent de la présence répétée – pas nécessairement continue – d’Homo sur une période qui s’étend de -2,1 millions à -1,3 millions d’années, assurent les auteurs.

samedi 14 juillet 2018

Les plus anciennes preuves de lignées humaines hors d’Afrique découvertes en Chine

Des outils âgés de 2,1 millions d’années suggèrent que de lointains ancêtres des hommes sont arrivés en Asie encore plus tôt qu’on ne le pensait.

“Vous imaginez marcher 14 000 kilomètres ? Traverser à pied d’immenses savanes, suivre le lit des rivières, passer des chaînes de montagnes et découvrir un paysage entièrement nouveau peuplé de plantes et d’animaux inconnus ?”, interroge Quartz.

C’est bien ce qu’ont fait nos ancêtres en quittant l’Afrique pour rejoindre l’Asie. Et cette longue excursion a eu lieu encore plus tôt qu’on ne le pensait. Plusieurs outils taillés dans la pierre, pour certains âgés de 2,12 millions d’années, ont été excavés à Shangchen, sur le plateau de Lœss en Chine, révèle une étude parue dans Nature le 11 juillet.

“Ils constituent la preuve la plus ancienne à ce jour de l’existence d’êtres humains ou de leurs proches parents en dehors de l’Afrique”, souligne Nature dans un article grand public. Jusqu’à présent, les fossiles d’hominidés et les outils découverts hors du continent africain laissaient penser que nos ancêtres avaient quitté leur ‘berceau’ il y a 1,85 million d’années au plus tôt. On estime que les hominidés sont apparus en Afrique il y a plus de six millions d’années.

En revanche, le site chinois n’a pas encore livré tous ses mystères. Par exemple, aucun os humain n’y a été trouvé. Et “aucun des ossements d’animaux découverts à proximité ne portait de marques ou d’entailles causées par une pierre taillée qui auraient laissé penser que ces gens s’attaquaient aux ruminants à haut potentiel comestible de Shangchen”, précise Ars Technica. Selon Robin Dennell, archéologue britannique qui a participé à l’étude :

Trouver ce genre de preuve exigerait des fouilles beaucoup plus importantes.”

Source : Courrier International du 13/07/2018

mercredi 11 juillet 2018

Des outils trouvés en Chine repoussent la présence de l'homme en Asie

La mise au jour en Chine d'outils en pierre, vieux de 2,12 millions d'années, repousse d'au moins 270.000 ans la présence de l'homme sur le continent asiatique, selon une étude publiée mercredi dans la revue Nature.

Jusqu'à aujourd'hui, les plus anciennes traces humaines "non-africaines" dataient de 1,8 million d'années. Il s'agissait de restes humains mis au jour dans le Caucase, sur le site de Dmanissi, en Géorgie.

Ces outils ont été découverts par une équipe de chercheurs menée par Zhaoyu Zhu de l'académie chinoise des sciences à Shangchen, dans le sud du plateau de Loess en Chine. Ils ont été mis au jour avec des fragments d'os animal.

"Cette découverte implique que les homininés (le groupe de l'homme et du chimpanzé, ndlr) ont quitté l'Afrique plus tôt que ne l'indiquaient les preuves de Dmanissi", explique à l'AFP Robin Dennell, du département d'Archéologie de l'université britannique d'Exeter, coauteur de l'étude.

La datation des outils du site de Shangchen a été obtenue grâce au paléomagnétisme: en tenant compte des variations de l'orientation du champ magnétique terrestre au fil des millénaires, parfaitement datées, les chercheurs peuvent déterminer l'âge des vestiges.

Une méthode irréfutable selon Robin Dennell qui considère que le sujet est tellement polémique que les preuves doivent être "à l'épreuve des bombes".

Selon un communiqué de l'Université d'Exeter, les pierres ont été intentionnellement façonnées. "L'objectif principal de ces pierres écaillées était de produire des éclats tranchants utilisables pour couper ou trancher", explique Robin Dennell. "C'est une technologie simple mais efficace qui a été développée il y a 2,6 millions d'années en Afrique de l'Est", ajoute-t-il.

Les hommes qui ont laissé ces traces étaient "probablement une forme précoce de notre propre genre Homo", considère Robin Dennell.

Les plus vieux fossiles de genre Homo, genre auquel appartient l'homme moderne (c’est à dire Homo sapiens, notre propre espèce), remontent à 2,8 millions d'années. Il s'agit d'une mandibule avec des dents trouvée dans la région de l'Afar, en Ethiopie, en 2013.

Source : Science et Avenir du 11/07/2018

mardi 3 juillet 2018

Sous la dent : les labyrinthes de l'humanité. Origine du genre Homo en Afrique du Sud

José Braga

Paléontologie humaine (2008-2011) / Nouvelles perspectives pour l'histoire de l'humanité

03 juillet 2018 15:00 15:30 Colloque Amphithéâtre Marguerite de Navarre - Marcelin Berthelot

Session 2 – Origine du genre Homo et les premières pierres taillées ; (modérateur Yves Coppens)

https://www.college-de-france.fr/site/michel-brunet/symposium-2018-07-03-15h00.htm