jeudi 2 novembre 2006

Selam : la re-naissance d’un petit d’Australopithèque

En Éthiopie, une équipe internationale révèle le squelette quasi complet d'une jeune Australopithèque de trois ans baptisée Selam. Elle évoluait il y a 3,3 millions d'années, soit 100 000 ans avant le plus célèbre fossile hominidé, Lucy.

De la savane arborée... au cerceuil de grès


Zeresenay Alemseged tenant le crâne de Selam au musée national d'Addis-Ababa.

Selam n'est pas une « enfant » comme les autres. Découverte dans la célèbre vallée du Rift, sur le site de Dikika en Éthiopie, à 10 km du site de Lucy, elle est à ce jour la petite femelle la plus ancienne de l'humanité (résultats publiés dans la revue Nature du 21 septembre 2006).

Du haut de ses trois ans, Selam, qui veut dire « paix » en éthiopien, nous fait faire un bond de plus de trois millions d'années en arrière. L'analyse de la gangue de grès dans laquelle ces nouveaux ossements ont été retrouvés révèle également de nombreux autres fossiles qui permettent de planter le décor : un paysage de savane arborée dans lequel évoluent des rhinocéros blancs, des girafes, des crocodiles...
L'absence de traces de morsures d'animaux et l'inexistence d'abrasions sur les os retrouvés suggère que la crue d'une rivière est à l'origine de la mort de Selam, à la façon de Lucy. Il y a 3,3 millions d'années, l'Australopithèque aurait ainsi été conservée, ensevelie sous les sédiments.

3,3 millions d'années plus tard

Aujourd'hui, le paysage a bien changé. Une terre aride écrasée de soleil, quelques touffes d'herbe sèche, des centaines de dunes de sable sur lesquelles ne poussent que des cailloux, voilà à quoi ressemble le site de Dikika, dans l'Afar, à proximité du lieu de découverte de la célèbre Lucy, dépoussiérée il y a maintenant trente-deux ans…

Pour Zeresenay Alemseged, l'aventure commence en 2000 alors qu'il vient de passer sa thèse. Il travaille à la mise en place d'un programme, le Dikika Research Projet (DRP) dont le but est d'analyser une couche de sédiments datant de 3,31 à 3,35 millions d'années. Le 10 décembre, au milieu d'autres fossiles, il découvre une partie des ossements de Selam.

La plupart du temps, les paléontologues doivent rassembler les fragments osseux à la façon d'un puzzle, pour reconstituer le squelette. Mais dans le cas de Selam, c'est l'inverse qui se produit. Le squelette est quasi complet.

Les pièces sont déjà toutes assemblées mais le grès tout autour les emprisonne et la coque rigide doit être retirée minutieusement. C'est donc avec des instruments miniatures, des fraises dentaires, que les chercheurs vont patiemment, grain par grain, dégager une partie des os.

Six ans ont passé et ce travail de grattage est loin d'être terminé ! Mais si la plupart des os restent toujours prisonniers de leur enveloppe de grès, la découverte de Selam demeure exceptionnelle à plus d'un titre.

Le visage complet d’un enfant australopithèque


Le crâne de Selam

Le crâne et la mâchoire sont intacts excepté le front et quelques zones latérales. Cette disposition permet d'apercevoir une partie de l'empreinte laissée par le cerveau de cet afarensis. Ces deux parties sont toujours articulées entre elles, ce qui permet de voir le visage osseux de Selam. Toutes les dents de lait sont présentes et l'utilisation de l'imagerie médicale a permis de visualiser les dents définitives encore insérées dans la machoîre. C'est en vérifiant les critères de formation des dents que les chercheurs ont pu déterminer ce que l'on appelle « l'âge dentaire » de l'Australopithèque (3 ans).

De même, c'est en comparant le diamètre de la canine définitive (plus grosse chez les mâles que chez les femelles) avec d'autres spécimens adultes que les scientifiques ont pu préciser le sexe de Selam. Cette comparaison est rendue possible car l'Australopithèque est la troisième espèce la plus renseignée après Sapiens et Neandertal.

Une omoplate bavarde

Il est rare de retrouver l'omoplate chez les fossiles d'hominidés compte tenue de la fragilité de cet os. Chez Lucy par exemple, il ne restait que la partie supérieure, la plus résistante de cet os plat. Or, chez Selam, les deux omoplates ont été retrouvées.

Toutefois, elles n'ont pas pu être comparées à celles d'autres Australopithèques car aucun autre specimen n'existe. Du coup, ce sont les espèces proches (gorille, chimpanzé…) qui ont servi de modèle. Résultat : elles ressemblent étrangement à celles des jeunes gorilles, un argument en faveur de la thèse déjà soutenue par un certain nombre de scientifiques affirmant que les afarensis, espèce à laquelle Selam et Lucy appartiennent, grimpaient dans les arbres « au moins occasionnellement pour dormir et échapper aux prédateurs », selon Zeresney Alemseged.

Cependant, cette théorie ne fait pas l'unanimité chez les experts. En effet, même si l'étude du squelette confirme les caractères à la fois pré-humains (partie inférieure pour la bipédie) et simiens (partie supérieure du corps pour grimper), certains pensent que la morphologie des membres supérieurs est un reliquat d'ancêtres (un peu comme le coccyx ou les dents de sagesse chez l'homme).

La voix de Selam

Autre élément intéressant retrouvé pour la première fois sur un fossile d'Australopithèque : l'os hyoïde, ou os lingual. C'est un petit os situé dans le larynx qui joue un rôle indispensable dans le maintien des muscles de la langue et donc dans la capacité à moduler un son. Jusqu'à maintenant, cet os n'a été retrouvé que chez un homme de Neandertal. Sa découverte chez un Australopithèque est donc exceptionnelle.

Il reste encore à l'extraire de sa gangue rocheuse, mais son étude dans les prochains mois permettra d'apporter des précisions sur le type de voix qu'avait Selam. Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que la morphologie de l'os hyoïde est plus proche des grands singes que de l'homme.

Du cerveau de l’enfant à celui de l’adulte…

Chez l'homme, le développement cérébral prend du temps : à trois ans, seulement 70% à 80% du cerveau est formé. Chez les chimpanzés au contraire, lorsqu'un bébé naît, 50% de son cerveau est déjà formé et lorsqu'il a trois ans, 90% de son cerveau adulte est mature. Le développement cérébral est donc beaucoup plus rapide. La découverte de Selam permet pour la première fois d'évaluer la vitesse de la croissance cérébrale chez les Australopithèques.

Conclusion : si la taille absolue du cerveau de Selam est identique à celle des chimpanzés au même âge (environ 330 cm3), lorsqu'on le compare à la taille du cerveau des Australopithèques adultes, le cerveau de Selam est formé entre 63% à 88% (c'est-à-dire que la croissance est relativement lente). Pour Zeresney Alemseged, cela signifie que « le changement de vitesse de croissance du cerveau, période clef de l'évolution, est peut-être apparu il y a plus de 3 millions d'années chez les Australopithèques… »

Au-delà de Selam

Prochaines étapes : l'extraction des ossements de la gangue de grès afin d'étudier l'intégralité du squelette. Sa comparaison avec d'autres afarensis pourra apporter de précieuses informations sur la croissance générale des Australopithecus afarensis.

Les études sont donc encore loin d'être terminées. L'enfant de la lignée humaine qui vient de re-naître en Adar est loin d'avoir dévoilé tous ses secrets…

Source : Science Actualités du 02/11/06

vendredi 22 septembre 2006

Un coup de jeune pour l'homme de Neandertal

Gibraltar : Jusqu’à présent, pour la plupart des spécialistes, l’homme de Neandertal avait disparu il y a environ 35 000 ans. Or, une équipe internationale vient de montrer que des Néandertaliens vivaient encore il y a 24 000 ans dans la grotte de Gorham, sur le rocher de Gibraltar. Selon les scientifiques, il semblerait que ce lieu offrait un environnement propice à leur survie provisoire.

Source : Nature, 13 septembre 2006

Source : Science Actualités du 22/09/06

lundi 1 mai 2006

DNH 152

DNH 152 est le nom de catalogue, également connu sous le nom de Khethi, d'un crâne partiel fossile de Paranthropus robustus entre 1,95 et 2,04 millions d'années (dans le Gelasian, Pléistocène), trouvé en 2018 dans la carrière principale de Drimolen, Afrique du Sud, par l'équipe d'Andy Herries et décrit par lui-même et d'autres contributeurs en 2020.

Parallèlement à ce fossile, un autre crâne a été trouvé, DNH 134, de datation identique, mais dans ce cas un Homo erectus, qui a retardé l'existence de cette espèce d'environ 200 000 ans et démontré la coexistence spatiale et temporelle des deux espèces, en plus de l'australopithèque. Les Drimolen Paranthropus sont les robustus les plus modernes, et donc le dernier de leur lignée, trouvés à ce jour.

Source : Wikipedia (es)

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Khethi
2.04-1.95
Paranthropus robustus
2018
Drimolen Main Quarry, South Africa
Andy Herries' and Stephanie Baker's team (first part found by Khethi Nkosi. later parts by Amber Jaeger, Eunice Lalunio; reconstructed by Jesse Martin & Angeline Leece)

DNH 155

Lors de la fête des pères en Afrique du Sud (17 juin) 2018, un crâne partiel (DNH 155) de Paranthropus robustus a été découvert par Samantha Good, étudiante en école de terrain. Le crâne est un mâle adulte et est le crâne mâle le plus complet de l'espèce découverte. Le crâne a été publié en 2020 et a été soutenu pour représenter une partie antérieure de la lignée P. robustus par rapport aux fossiles plus jeunes du vestige suspendu Swartkrans Member 1 à proximité, documentant ainsi la microévolution au sein de P. robustus.

Source : Wikipedia (en)

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nom : DNH 155
âge : 2,04 - 1,95 Ma
découverte :
date : 2018
lieu : Drimolen - Afrique du Sud
espèce : Paranthropus robustus

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Aïn Boucherit

Aïn Boucherit est un site préhistorique situé dans la commune de Guelta Zerka, dans la wilaya de Sétif, en Algérie. On y a découvert en 2018 des outils lithiques oldowayens datés jusqu'à 2,4 millions d'années (Ma), ce qui en fait le plus ancien site paléolithique connu d'Afrique du Nord. Aïn Boucherit fait partie du complexe paléolithique d'Aïn Hanech, qui comporte plusieurs locus dont certains avaient déjà livré des outils lithiques datés d'environ 1,7 Ma.

Historique

En 2018, une équipe dirigée par les chercheurs algérien Mohamed Sahnouni et éthiopien Sileshi Semaw, du Centre national d'investigation sur l'évolution humaine (CENIEH) de Burgos, en Espagne, découvre sur le site d'Aïn Boucherit des outils en pierre taillée dans des couches stratigraphiques très anciennes.

Le 18 décembre 2018, Azzedine Mihoubi, ministre algérien de la culture, déclare reconnaitre l'importance de la découverte et annonce qu'il va procéder à la sécurisation du site.

Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles fouilles sur le site.

Description

Les vestiges comprennent des outils lithiques, fabriqués à partir de silex et de roches calcaires locales, et des ossements fossiles d'animaux portant des marques de percussion et de découpe. Aucun fossile humain n'a en revanche encore été trouvé sur le site.

Les outils lithiques appartiennent à la culture oldowayenne, attestée dès 2,6 Ma à Ledi Geraru et à Kada Gona, dans la vallée de l'Awash, en Éthiopie, mais dont le plus ancien témoignage en Afrique du Nord était jusque là le locus d'Aïn Hanech, daté d'environ 1,7 Ma.

Ils incluent des galets aménagés, de types polyèdres et subsphéroïdes, et des outils à bord tranchant destinés à dépecer des carcasses animales.

Analyse

Les vestiges fossiles et lithiques trouvés sur le site ne permettent pas de savoir si les hommes d'Aïn Boucherit avaient eux-mêmes abattu les animaux dépecés ou s'ils étaient seulement des charognards opportunistes. Cependant, les traces laissées sur les ossements semblent indiquer qu'ils bénéficiaient d'un accès primaire aux carcasses animales pour en extraire la viande, ce qui pouvait s'obtenir en évinçant les carnivores juste après qu'ils aient tué leurs proies. Cela montre en toute hypothèse une certaine capacité à mettre en œuvre des stratégies collectives d'appropriation.

Datation

La datation de ces pierres taillées, difficile en l'absence de couches volcaniques dans la stratigraphie du site, a fait appel à quatre méthodes indépendantes :

  • la géologie des couches stratigraphiques et leur vitesse estimée de sédimentation ;
  • le paléomagnétisme, par le géochronologiste Josep Parés, du CENIEH ;
  • la biochronologie, c'est-à-dire l'étude de la paléofaune de mammifères associée aux outils lithiques, par le paléontologue Jan van der Made, du Musée national des sciences naturelles de Madrid ;
  • la résonance de spin électronique appliquée aux outils lithiques, par Mathieu Duval, de l'université Griffith.

Le résultat de ces analyses est une fourchette allant de 1,9 à 2,4 millions d'années, ce qui signifie que le genre Homo serait presque aussi anciennement attesté en Afrique du Nord qu'en Afrique de l'Est, seule région d'Afrique où des vestiges d'industrie lithique plus anciens ont été découverts à ce jour.

Source : Wikipedia

mercredi 1 mars 2006

Irhoud 10

Historique

Jean-Jacques Hublin, devenu en 2004 directeur du département d'évolution humaine de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, à Leipzig en Allemagne, et Abdelouahed Ben-Ncer, de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine (INSAP), lancèrent une nouvelle campagne de fouilles en 2004. Ils purent explorer une zone de dépôts sédimentaires encore non dégradée par l'activité minière, où ils découvrirent, de 2007 à 2016, 16 ossements fossiles supplémentaires, Irhoud 7 à 22, représentant au moins cinq individus, trois adultes, un adolescent et un enfant. Parmi cet ensemble de nouveaux fossiles, il convient de mentionner Irhoud 10, rassemblant des éléments de crâne, et Irhoud 11, une mandibule adulte quasi-complète. Les découvertes et analyses de l'équipe ont été publiées dans la revue américaine Nature en juin 2017.

Analyse

Les plus anciens restes reconnus d'Homo sapiens étaient jusque-là l'Homme de Kibish, avec deux crânes mis au jour en 1967 en Éthiopie et datés en 2005 de 195 000 ans, et l'Homme de Herto, découvert en 1997 en Éthiopie et daté en 2003 de 157 000 ans. L'Homme de Djebel Irhoud repousse donc de plus de 100 000 ans l'ancienneté attribuée auparavant à l'espèce Homo sapiens.

Pour Jean-Jacques Hublin, les fossiles de Djebel Irhoud montrent qu'il existe un stade « Homo sapiens archaïque », déjà moderne au niveau de la face mais encore archaïque au niveau de l'encéphale. Jean-Jacques Hublin met en avant depuis cette découverte la théorie d'une émergence panafricaine de l'Homme moderne, qui ne serait pas limitée à un groupe humain précis ni localisée dans une région particulière d'Afrique, mais qui serait issue d'un chemin évolutif ayant associé depuis au moins 300 000 ans l'ensemble des populations du continent africain. Cette vision est celle d'une origine multirégionale de l'homme moderne limitée au continent africain.

Source : Wikipedia

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300 ka
Homo sapiens
2017
Djebel Irhoud, Maroc
Jean-Jacques Hublin, et Abdelouahed Ben-Ncer

Vénus de Khotylyovo

La statuette a été trouvée à proximité de dépôts calcaires et d’ossements de mammouth, dont certains étaient recouverts de terre de sienne, un colorant minéral naturel. Selon le Dr Konstantin Gavrilov (Département d'archéologie paléolithique, Institut d'Archéologie de Moscou), responsable de cette campagne de fouille, il apparaît que «très probablement, la statuette a été placée à côté des ossements sur le sol plutôt que « enterrée » comme les autres « vénus ».

La statuette, qui mesure 5 cm de hauteur, a été sculptée dans l’ivoire d’une défense de mammouth laineux. D’un point de vue fabrication, ce sont les mêmes techniques qui ont été employées que pour les autres vénus de Russie. Aucune trace de ce qui aurait pu être un anneau ou un orifice pour suspendre la statuette.

Une forte poitrine, un ventre prononcé, un derrière proéminent mais des jambes relativement fines distinguent cette nouvelle statuette des vénus découvertes précédemment. Même si une partie de l’ivoire a disparu, les proportions de la vénus montrent que le « modèle » était assez gras.

Le scientifique indique : «cette statuette représente une femme corpulente, mais elle a l'air fantastiquement délicate, probablement en raison de ses jambes longues et minces". «La figurine avec ses jambes légèrement repliées sous le corps rappelle Danaé (mère de Persée dans la mythologie grecque), peinte par Rembrandt».

Danaé, la statuette de Khotylyovo, est nue, et on ne remarque aucun ornement sur le corps (bijoux, coiffe, pagne…). Ce type de statuette a déjà été exhumé en Sibérie, notamment près de la rivière Angara (à proximité du lac Baïkal) mais les dernières études montrent qu’elles sont généralement vêtues, contrairement à ce qu’indiquaient les premières études.

Source :

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nom :
âge : 23 ka
découverte :
date : 2017 ?

Vénus de Kotylyovo

La statuette de 50 mm de hauteur seulement a été sculptée dans de l'ivoire d'une défense de mammouth laineux. Si sa poitrine et son fessier sont volumineux, la figurine est dotée de jambes bien détachées et assez fines, ce qui est particulièrement rare chez les vénus paléolithiques. Le site de Khotylyovo-2, où la statuette a été mise au jour, a été occupé entre - 21 000 et - 24 000 ans.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 23 ka
découverte :
date : 2017

Leang Bulu Sipong 4

Leang Bulu Sipong 4 est une grotte en Indonésie où une peinture pariétale datée d'au moins 43 900 ans avant le présent a été découverte en 2017. Il s'agit de la plus ancienne représentation figurative et narrative connue. Elle montre des animaux - des cochons sauvages et des buffles nains - poursuivis par un groupe de créatures mi-humaines mi-animales.

Le plus ancien dessin de l'histoire de l'humanité, daté de 73 000 ans, identifié en 2015 en Afrique du Sud, est un dessin abstrait, composé de quelques lignes ou hachures (dans la grotte de Blombos). Celui de Leang Bulu Sipong 4 livre la plus vieille représentation figurative, en l'occurrence animale ; avant sa datation, ce record était détenu par la sculpture en ivoire d'un homme à tête de lion trouvée en Allemagne (l'Homme-lion de Hohlenstein-Stadel).

Datation

L'âge du « tableau » a pu être déterminé grâce à la méthode de datation par l'uranium-thorium, appliquée aux concrétions minérales qui se sont agglomérées naturellement sur la peinture (des boursouflures familièrement appelées «pop-corn»).

La question se pose de savoir si la peinture a été retouchée ou complétée au fil du temps. En effet, certaines zones n'ont pas pu être datées, parce qu'elles n'étaient pas recouvertes de calcite, en particulier celles où se trouvent les personnages hybrides. Il est donc possible en théorie que les créatures mi-animales mi-humaines soient plus récentes que les animaux, cependant le style de représentation similaire de toutes les figures peintes permet de supposer qu'elles ont été composées au même moment.

Localisation

Leang Bulu Sipong 4 (« Leang » signifie « grotte » en indonésien) est située dans la montagne Bulu Leang, au sud de Sulawesi (ou île des Célèbes), en Indonésie, dans la région karstique de Maros-Pangkep qui compte 242 grottes ou abris sous roche ornés.

Le panneau principal de la peinture se trouve à 7,5 mètres au-dessus du sol, au niveau supérieur de la grotte, toujours exposé à la lumière (et communiquant avec le niveau inférieur par un étroit boyau) ; la grotte est d'une faible profondeur, de 5,9 mètres.

La peinture pariétale

Description

Le panneau est d'une largeur d'environ 4,5 mètres. La peinture, monochrome, utilise un pigment rouge foncé.

Six mammifères - deux cochons sauvages, appelés babirusa, et quatre buffles nains, ou anoas - se déplacent vers la gauche du panneau, poursuivis par un groupe de huit chasseurs armés de lances et de cordes. Les "chasseurs" sont en réalité des créatures hybrides avec des attributs animaux (des têtes d'oiseaux ou de reptiles, des queues) et des corps humains ; de tels personnages associant des traits animaux et humains sont appelés thérianthropes. Ces "hommes" ou figures anthropomorphes sont de très petite taille en comparaison des animaux chassés ; les proportions ne sont pas respectées.

Singularité

La peinture Leang Bulu Sipong 4 est exceptionnelle notamment du fait qu'elle représente une interaction entre plusieurs hommes ou animaux ; dans l'art pariétal paléolithique les personnages sont le plus souvent isolés.

Un autre aspect très singulier de cette peinture tient à son caractère narratif : les « oeuvres » paléolithiques ne racontent généralement pas une histoire, et ne représentent pas non plus le quotidien du groupe.

La plus ancienne représentation peinte d'un animal était jusqu'à une date récente celle d'un rhinocéros de la grotte Chauvet en France, datée de 35.300 à 38.800 ans. En 2018, une étude publiée dans la revue Nature avait déjà annoncé une peinture d'animal plus ancienne que celle de la grotte Chauvet, datée de 40.000 ans, celle d'un bovidé non identifié en Indonésie, dans la grotte de Lubang Jeriji Saléh (île de Bornéo) et l'avait présentée comme « la plus ancienne œuvre figurative connue ».

Le plus vieux thérianthrope était celui de la sculpture de l'Homme-lion daté de 40 000 ans en Allemagne. Quant au plus vieux thérianthrope peint, il datait de 17.000 ans ; c'était un homme à tête d'oiseau chassant un bison, dans la grotte de Lascaux en France. Les représentations de thérianthropes de Leang Bulu Sipong 4 sont les plus anciennes connues en 2020.

Découverte et analyse

Cette peinture a été découverte par le spéléologue indonésien Pak Hamrullah, en 2017. Elle a été étudiée par une équipe de scientifiques de l’Université australienne de Griffith.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 43,9 ka
découverte : Pak Hamrullah
date : 2017
espèce :

dimanche 1 janvier 2006

MRD-VP-1/1

MRD-VP-1/1 est le nom catalogue du crâne fossile d'un Australopithecus anamensis vieux de 3,8 millions d'années (Ma), découvert en 2016 par Ali Bereino, un berger de la tribu Afar, en Ethiopie et décrit par Yohannes Haile-Selassie et al. 2019.

Le crâne est presque complet et son attribution à A. anamensis était basée sur la «morphologie des canines, du maxillaire et de l'os temporal». Dans la même étude dans laquelle l'attribution taxonomique a été faite, il a été conclu que, à la suite de cette découverte, les différences entre A. anamensis et A. afarensis étaient plus grandes que ce que l'on croyait jusque-là, et en tenant compte considérer la coexistence impliquerait de rejeter l'angénèse.

Source : Wikipedia (es)