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jeudi 14 janvier 2021

Préhistoire : la grotte Cosquer, un patrimoine en péril

Les scientifiques se sont lancés dans une course contre la montre pour étudier cette grotte sous-marine ornée et sauver ce qui peut l’être.

« Cosquer est la cavité la plus menacée de métropole et nul ne sait combien de temps il nous reste avant sa disparition complète. » Stéphanie Touron ne cache pas son inquiétude. Responsable du pôle grottes ornées du laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH), cette ingénieure est le témoin impuissant des multiples menaces (engloutissement, pollution, risque sismique, etc.) qui pèsent sur cette grotte sous-marine découverte en 1985 par le plongeur Henri Cosquer et déclarée officiellement six ans plus tard.

À l’époque, la nouvelle avait fait grand bruit. Il faut dire que le site est exceptionnel à bien des égards. Fréquentée par nos ancêtres entre – 27 000 et – 17 000 ans, Cosquer constitue l’unique grotte sous-marine ornée au monde. Son entrée se trouve à 37 mètres au fond de la calanque de la Triperie, au cap Morgiou, entre Marseille et Cassis. Lors de l’occupation de la grotte pendant la période glaciaire, la mer se situait près de 120 m en contrebas. Quand le niveau est remonté, à la fin de la dernière glaciation, l’eau a englouti peu à peu les deux tiers du réseau souterrain, épargnant une partie des deux grandes salles.

Encore des découvertes à faire

« Les grottes ornées sont rares dans le bassin méditerranéen », souligne Geneviève Pinçon, directrice du Centre national de préhistoire, qui voit en Cosquer un « important jalon pour la connaissance ». Autre particularité du site, sa richesse ornementale : des dizaines de mains négatives noires et rouges, une intrigante gravure dite « de l’homme tué » (une silhouette anthropomorphe transpercée d’un trait), alors que les représentations humaines sont habituellement très rares ; sans oublier des animaux à foison (chevaux, bisons, aurochs, antilopes…). On y admire même des phoques, des pingouins et d’autres animaux marins, déjà observés sur du mobilier paléolithique mais uniques dans l’art pariétal.

« Plus de 500 entités graphiques, dont de nombreuses gravures, ont déjà été identifiées, sachant que l’inventaire n’est pas terminé », explique le préhistorien Cyril Montoya, qui a pris la tête d’une nouvelle équipe de recherche d’une dizaine de spécialistes. Carrefour entre différentes aires culturelles, la grotte Cosquer a encore beaucoup à nous apprendre, car elle n’a pas fait l’objet d’études systématiques depuis les campagnes menées par Jean Clottes et Jean Courtin au début des années 2000.

Même sa chronologie doit être affinée, Cyril Montoya estimant qu’on ne peut réduire l’occupation du site aux deux phases déterminées précédemment (aux alentours de – 27 000 ans puis de – 18 500).

Accès difficile pour les chercheurs

Pourquoi tant de lacunes, trente ans après sa révélation ? « Cosquer est malheureusement sortie des radars après la découverte de Chauvet, qui a canalisé l’attention des scientifiques », déplore le préhistorien. La difficulté d’accès au site a aussi freiné certains élans. « Faire de la plongée spéléologique n’est pas donné à tout le monde. » De surcroît, le temps de travail dans la cavité est limité et conditionné aux fenêtres de basses eaux, dont le cycle fait actuellement l’objet de recherches par un laboratoire de géosciences de l’université d’Aix-Marseille.

Cyril Montoya espère pouvoir se rendre sur place dès l’été 2021 afin de commencer à traiter les urgences : étudier en priorité les zones régulièrement noyées par les variations du niveau de l’eau et faire des prélèvements, avant de débuter des fouilles. Car en plus de lessiver les parois, l’eau sape la couche de calcite qui protège encore certains sols, menaçant des vestiges archéologiques immergés de plus en plus longtemps, en raison du dérèglement climatique.

« Nous sommes également à la merci de la pollution marine, des petits morceaux de plastique jusqu’aux eaux usées, abondantes en période estivale », ajoute Stéphanie Touron au LRMH. Pour la conservation, plusieurs possibilités ont été envisagées : mettre des coques sur les parois, injecter de l’air pour renforcer la surpression naturelle de la cavité… « Aucune solution n’est réellement pérenne. Le dernier recours pour sauver les œuvres serait la dépose, une opération complexe à mener », se résout-elle à contre-coeur.

Un engloutissement inévitable

À terme, l’engloutissement de la grotte est inévitable et le relevé numérique 3D, en cours de réalisation, deviendra un véritable patrimoine, de même que la réplique, dont l’ouverture est prévue en juin 2022 à Marseille. Après l’échec de plusieurs tentatives, ce projet touristique et scientifique a pu aboutir grâce aux efforts conjugués de l’État (qui fournit les données de numérisation), de la région (qui finance 9 des 23 millions d’euros d’investissement) et de la société privée Kléber Rossillon, gestionnaire d’une dizaine de sites patrimoniaux en France, dont la grotte Chauvet 2.

Pour Geneviève Rossillon, qui dirige l’entreprise familiale, c’est un défi technique : « Le calendrier est serré et nous devons nous adapter à un bâtiment existant, mais la Villa Méditerranée dispose d’un bon emplacement, à côté du Mucem, et elle a été dessinée par un architecte avec une signature forte, Stefano Boeri. »

Près de 800 000 visiteurs sont attendus la première année, 500 000 les suivantes. Plongés dans une atmosphère sous-marine par un jeu de lumière et de rideaux d’eau, ils embarqueront à bord de wagonnets autonomes capables de tourner à 360 degrés. Ils passeront devant le bateau d’Henri Cosquer, le Cro-Magnon, entreront dans son club de plongée avant de pénétrer dans une cage simulant la descente sous-marine puis de débuter la visite de la grotte elle-même.

Ce voyage d’une quarantaine de minutes conduira ensuite à un centre d’interprétation consacré à la fois au paléolithique supérieur et aux questions environnementales (montée des mers, climat). Un espace qui rendra compte des découvertes archéologiques et sera l’occasion, pour le grand public, de suivre l’évolution de la recherche.

Source : La Croix du 04/01/2021

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Timides recherches

1991. Déclaration de la grotte par Henri Cosquer et explorations par l’archéologue Jean Courtin.
1994. Expérimentations de scannage de la grotte.
1995-2000. Aménagements par le département de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM).
2000-2005. Prospections inventaires menées par Luc Vanrell, Jean Clottes et Jean Courtin.
2016. Début du relevé 3D.
2018. Convention entre l’État et la région Paca pour un projet de restitution.
2020. Lancement d’une nouvelle opération scientifique pilotée par Cyril Montoya.

mardi 15 mai 2012

La grotte Cosquer menacée par les eaux

Une élévation brutale du niveau de la mer enregistrée en novembre dernier a déjà grignoté les oeuvres, dont le célèbre panneau dit "des chevaux", sur plus de 5 cm. Et rien ne dit que le phénomène ne va pas s'aggraver.

Véritable musée sous-marin de l'art préhistorique, la grotte découverte en 1985 par le plongeur cassidain Henri Cosquer est en sursis. Selon nos informations, un phénomène inédit s'est produit en novembre dernier dans cette cavité souterraine considérée par les spécialistes de l'art pariétal comme un des plus beaux exemples de grotte ornée au monde.

En quelques jours, pour des raisons qui restent à expliquer, le niveau de la mer au débouché du boyau d'accès est brutalement monté de 5 à 6 cm, noyant une partie significative du célèbre panneau dit "des chevaux", qui surplombe la petite plage rocheuse où les plongeurs prennent pied lorsqu'ils sortent de l'eau.

De source proche de la sous-direction de l'archéologie au ministère de la Culture, on confirme l'information mais on renvoie vers la direction régionale de la Culture, gestionnaire du site depuis sa déclaration, en 1991, pour toute précision supplémentaire. Selon Pierre Rochette, professeur de géophysique au Centre européen de recherche et d'enseignement en géosciences de l'environnement (Cerege), à Aix, visiblement très ennuyé qu'on lui pose la question, cette brutale élévation du niveau de la mer est "un fait incontestable", mais l'explication du phénomène met en jeu "des paramètres d'une grande complexité" et reste pour l'heure "tout à fait confidentielle". Même son de cloche du côté de Luc Vanrell, co-auteur avec Jean Clottes et Jean Courtin du beau livre Cosquer Redécouvert, paru en 2005. Lui non plus ne dément pas, mais invoque le "devoir de réserve" pour couper court.

Pourquoi tant de mystères ?

Sans doute parce que les solutions pour empêcher les destructions liées à la remontée des eaux restent à trouver. Et que les scientifiques redoutent un équilibrage progressif entre le niveau de la mer à l'air libre et dans la cavité.

Au début des années 1990, quelques mois après qu'Henri Cosquer avait rendu publique sa découverte, des instruments de mesure très sophistiqués avaient été placés à l'intérieur et à l'extérieur de la grotte, pour relever les variations de température, d'hygrométrie et de pression atmosphérique. En dépouillant les données accumulées au fil des mois, les experts s'étaient rendu compte qu'une surpression importante et quasi constante régnait à l'intérieur de la grotte, avec entre autres conséquences un niveau des eaux inférieur d'environ 70 cm en moyenne, soit peu ou prou la hauteur du panneau "des chevaux". Selon les conditions météo, la force et la direction du vent, la hauteur et le sens de la houle, la température ambiante et le taux d'humidité dans l'air, cette surpression a toujours fluctué mais finissait par se rétablir autour des mêmes valeurs.

Est-ce toujours le cas aujourd'hui ? Voilà un second mystère. Quelle que soit la réponse, l'élévation du niveau de la mer, qu'elle soit ponctuelle ou irréversible, une autre menace pèse sur les oeuvres des artistes de la préhistoire : la sismicité qui caractérise le littoral méditerranéen. Faible mais constante, cette sismicité bouscule chaque année un peu plus les énormes blocs de calcaire qui coiffent la grotte Cosquer. Et s'il est impossible de prévoir quand et comment, les géologues sont formels : tôt ou tard, cette voûte s'écroulera, détruisant ces peintures et ces gravures exécutées il y a 18 000 ans.

Numérisation des oeuvres

Conscient de ces menaces, le service régional de l'archéologie s'est lancé depuis 2010 dans un vaste programme de recherches et d'études de l'évolution du niveau de la mer sur le très long terme et de la géologie du massif des calanques, doublé d'une campagne d'enregistrement numérique des oeuvres, avec des technologies permettant la restitution du relief et des ornements jusqu'au dixième de millimètre.

L'objectif de ces travaux est de conserver une trace la plus fiable possible de ces oeuvres susceptibles d'être dégradées ou de disparaître du jour au lendemain, afin de permettre aux scientifiques qui ne plongent pas de continuer à travailler sur les centaines de peintures et de gravures que renferme la cavité. Et aux promoteurs d'un futur musée de la grotte Cosquer d'envisager la construction d'une reproduction plus vraie que nature, à l'image de Lascaux II.

Problème : ces deux programmes sont au point mort, faute de financements et de volonté politique claire de la part du ministère de la Culture. Il y a pourtant urgence.
Source : La Provence du 14/05/2012

mardi 26 octobre 2010

La grotte Cosquer bientôt ouverte à la visite... virtuelle

Près de vingt ans après que sa découverte a été rendue publique - c'était en octobre 1991 -, la grotte Cosquer pourrait être finalement ouverte à la visite. De façon virtuelle s'entend. Depuis le début de l'année, le service régional de l'archéologie (SRA) a en effet conduit trois campagnes de mesures à l'intérieur de la cavité, avec du matériel capable de restituer le relief des parois et le détail des ornements avec une précision inframillimétrique. Avec ces données, deux entreprises spécialisées dans la réalité virtuelle et la valorisation du patrimoine travaillent, en ce moment, à la reconstitution de la grotte jusque dans ses moindres replis rocheux.

Henri Cosquer (à droite, ici avec Jean Courtin) plongeur et découvreur de la grotte sous-marine qui aujourd'hui porte son nom.

À l'heure de lancer ce vaste chantier, Xavier Delestre, conservateur régional de l'archéologie, nous avait expliqué que ce travail répondait à un triple objectif. D'abord, enregistrer, avec la plus grande précision possible, la topographie de la grotte et l'ensemble des peintures et gravures qui y ont été tracées entre - 29 000 et - 17000 ans avant notre ère. La seule façon de se prémunir contre une éventuelle et brutale disparition de la cavité, par écroulement ou remontée des eaux. Outre cet objectif de conservation, l'idée était aussi de permettre aux préhistoriens qui ne savent pas plonger de travailler sur les oeuvres dans des conditions très proches du réel. Et, enfin, permettre au grand public d'approcher au plus près la réalité de ce véritable musée d'art pariétal immergé.

Pour l'heure, la forme définitive que cette grotte virtuelle prendra n'est pas arrêtée. La seule hypothèse qui semble d'ores et déjà écartée est celle d'une réplique à l'identique, comme celle réalisée à Lascaux au début des années 80. Pour le reste, tout semble ouvert. Même si les experts de la réalité virtuelle poussent pour la solution la plus spectaculaire actuellement envisageable avec le système Panrama 3D. Il s'agit, schématiquement, de projeter sur une demi-sphère des images en trois dimensions qui donnent au spectateur le sentiment d'être dans l'écran. Donc dans la grotte si les images projetées sont celles réalisées in situ. En attendant qu'une décision soit prise -et que les budgets nécessaires soient trouvés-, le travail continue pour les préhistoriens, qui ne cessent de faire de nouvelles découvertes.

Source : La Provence du 24/10/2010

lundi 5 juillet 2010

Marseille : la grotte Cosquer bientôt au grand jour

À Cassis, Henri Cosquer propose tout l'été une exposition exceptionnelle de ses clichés. Dans le même temps, la ville de Marseille envisage de construire une réplique de cette cavité

Près de vingt ans après que sa découverte a été rendue publique, la grotte Cosquer revient sous les feux de l'actualité. À Cassis tout d'abord, où son inventeur, Henri Cosquer, propose tout l'été une exposition exceptionnelle de ses clichés réalisés dans la grotte au début des années 90. À Marseille ensuite, où la ville envisage sérieusement de construire une réplique à l'échelle 1 de cette cavité qu'à peine quelques dizaines de personnes dûment autorisées ont eu jusqu'à présent la chance de visiter.

C'est en 1985 qu'Henri Cosquer (à droite) a découvert la grotte qui porte son nom. Mais il ne l'a révélée qu'en 1991.

Initié par Daniel Hermann, adjoint à la Culture, avec le concours du Service régional de l'Archéologie, le projet s'inscrirait dans le cadre de la refonte du musée d'histoire de Marseille, actuellement hébergé dans les sous-sols du Centre Bourse. Rien n'est encore finalisé, mais la perspective de Marseille capitale européenne de la Culture en 2013 aurait quelque peu accéléré le mouvement. L'idée qui tiendrait aujourd'hui la corde serait d'installer le futur musée et la réplique de la grotte Cosquer dans le fort d'Entrecasteaux, naguère occupé par la Légion étrangère et que la ville de Marseille vient d'acquérir.

Toutes les hypothèses seraient envisagées, d'une reproduction à l'identique, type décor de cinéma, jusqu'à une reproduction virtuelle avec projection d'images numériques sur un support solide reproduisant les contours exacts de la cavité. Si ce projet aboutit, on pourra enfin visiter à pied sec une grotte dont l'original restera forcément inaccessible au commun des mortels. D'une part parce que sa situation, au bout du cap Morgiou, en plein coeur du futur Parc national des Calanques, poserait d'insolubles problèmes en termes d'accès et d'accueil du public.

D'autre part parce que depuis Lascaux, on sait que la fréquentation d'une cavité souterraine favorise le développement rapide de champignons, algues et parasites susceptibles de détruire les oeuvres en l'espace de quelques mois. Depuis près de 20 ans, plusieurs autres projets de grotte Cosquer bis ont déjà été évoqués. Au milieu des années 90, la Fondation EdF avait ainsi financé plusieurs campagnes de mesures in situ, dans l'optique de fabriquer un double virtuel de la grotte, en collaboration avec l'Institut d'intelligence artificielle de Marseille.

À la fin des années 90, c'est l'idée d'une vaste cité de la mer et de la plongée qui avait émergé, avec l'ambition d'y construire une reproduction de la grotte Cosquer et d'y exposer la Calypso du commandant Cousteau, le matériel de plongée profonde de la Comex... mais le projet a coulé avant de faire surface. Qu'en sera-t-il de celui-là ? Réponse dans quelques mois.

Source : La Provence du 03/07/2010

vendredi 23 mars 2001

La grotte Cosquer - Ministère de la Culture

Le site est accessible depuis ce lien :

Un lien est intitulé Visite de la grotte. Vous aurez accès à un plan et quelques photos.

Apparemment une visite virtuelle est proposée par la direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d'Azur à cette adresse :
http://www.paca.culture.gouv.fr/dossiers/cosquer/index.html

La grotte Cosquer

La grotte Cosquer est située dans les Calanques, près de Marseille, au cap Morgiou. Elle est accessible par un tunnel long de 175 mètres dont l'entrée est à 37 mètres de fond.

Unique au monde, cette grotte sous-marine abrite plusieurs dizaines d'oeuvres peintes et gravées il y a environ 27 000 et 19 000 ans.

Source : Ministère de la Culture

La Grotte Cosquer est une grotte ornée paléolithique située dans la calanque de la Triperie, à Marseille, près du Cap Morgiou.

Il s'agissait peut-être d'un sanctuaire fréquenté d'après les datations des peintures entre -27 000 et -19 000 avant le présent. La grotte comporte plus de 200 figurations pariétales correspondant à deux phases d'occupation, l'une gravettienne et l'autre solutréenne. Son entrée est aujourd'hui à 37 mètres sous le niveau de l'eau. Elle porte le nom d'Henri Cosquer, le plongeur qui l'a signalée en 1991.

Source : Wikipedia

mercredi 1 novembre 2000

Grotte Cosquer

La grotte Cosquer est une grotte ornée paléolithique située dans la calanque de la Triperie, à Marseille, près du cap Morgiou. Elle a été fréquentée, d'après les datations des peintures, entre 27 000 et 19 000 ans avant le présent (AP). La grotte comporte plus de 200 figurations pariétales correspondant à deux périodes d'occupation, l'une gravettienne et l'autre épigravettienne ou solutréenne. Il s'agit également de la seule grotte ornée dont l'entrée s'ouvre sous la mer : son entrée est aujourd'hui à 37 m sous le niveau de l'eau. Elle porte le nom d'Henri Cosquer, le plongeur qui l'a signalée en 1991.

Avec trois autres cavités (grotte de la Triperie, grotte du Figuier et grotte du Renard) de ce même secteur sensible du massif des Calanques, elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 2 septembre 1992.

Historique

Henri Cosquer, scaphandrier professionnel à Cassis, découvre l'entrée de la grotte en 1985. Il l'explore progressivement et la visite à plusieurs reprises. Après la mort accidentelle de trois plongeurs dans le couloir d'accès, il déclare la grotte au Quartier des affaires maritimes de Marseille le 3 septembre 1991.

Le dossier est transmis à la Direction des recherches archéologiques sous-marines (DRASM) puis au Service régional de l'archéologie dépendant du Ministère de la Culture.

Une expertise a lieu du 18 au 20 septembre, avec le concours du navire de la DRASM, l'Archéonaute. Elle est conduite notamment par Jean Courtin, préhistorien et plongeur confirmé, et par Jean Clottes, spécialiste de l'art pariétal.

Lors de l'annonce de la découverte, des doutes sont émis quant à l'authenticité des figures. Divers préhistoriens, comme Brigitte et Gilles Delluc ou Denis Vialou expriment en effet des réserves.

La grotte n'est pas ouverte au public et son entrée est barrée par des blocs de béton afin de la préserver et de prévenir les accidents.

En juin 1992, une nouvelle mission permet notamment le tournage d'un film intitulé Le Secret de la grotte Cosquer.

De 2001 à 2005, 5 opérations de recherches archéologiques programmées sont organisées sous la responsabilité de Luc Vanrell (IMMADRAS / DRAC PACA / LAMPEA), puis 5 autres de 2010 à 2015 (pas d’opération en 2012) sous la même direction, avec la collaboration de Michel Olive (DRAC PACA / LAMPEA).

Un litige oppose le Ministère de la Culture et Henri Cosquer, lequel s'appuie sur la loi sur l'archéologie préventive du 17 janvier 2001 qui accorde à l'inventeur une indemnisation (indemnité forfaitaire ou intéressement pendant trente ans) versée par l'exploitant en se basant sur l'évaluation de l'intérêt archéologique de cette grotte. Henri Cosquer réclame également une récompense et la récupération d'une partie du produit de la vente de livres de photos de la grotte.

Art pariétal

Cette grotte abrite plusieurs dizaines d'œuvres peintes et gravées du Paléolithique supérieur. Des datations au radiocarbone, effectuées sur des charbons récoltés au sol et sur des particules de pigment charbonneux prélevés directement sur les peintures, ont permis de situer avec précision les deux phases principales de l'art de cette caverne, pressenties grâce aux superpositions et au style des figurations dès la première expertise, en septembre 1991. Ces œuvres correspondent à deux phases d'occupation distinctes :

  • une phase ancienne comportant des mains négatives et des tracés digitaux, datant d'environ 27 000 ans AP (Gravettien). La grotte compte 65 mains négatives, 44 noires et 21 rouges, réalisées par la technique du pochoir, en soufflant, lèvres serrées, du colorant dilué dans la bouche sur la main appliquée sur la roche. La majorité de ces roches sont sur fond noir, obtenu en projetant du pigment charbonneux, les autres sur fond rouge (argile rouge et ocre). Jusqu'à la découverte de la grotte Chauvet en 1994, les mains de la grotte Cosquer étaient les plus anciennes peintures au monde à pouvoir être datées avec précision.
  • une phase plus récente comportant des signes ainsi que des peintures et des gravures figuratives essentiellement animales, datant d'environ 19 000 ans AP (Solutréen ou Épigravettien). Les animaux figurés durant cette deuxième phase sont classiques pour la plupart : les chevaux sont les animaux les plus représentés avec 63 spécimens, suivis de 28 bouquetins, 17 cervidés, 10 bisons et 7 aurochs. On note aussi la présence originale de 16 animaux marins, comme 9 phoques, 3 grands Pingouins, des méduses, des poissons ou des cétacés. En tout, 177 animaux ont été recensés. Une gravure a été interprétée comme une représentation du thème de l'« homme blessé ». De très nombreux signes (216) dont huit représentations sexuelles (2 masculins et 6 féminins) complètent cet inventaire.

Comme pour les autres grottes ornées, la motivation des peintures et des gravures reste complètement inconnue. On ne peut qu'émettre des hypothèses, par exemple que la grotte constituait un sanctuaire pour les hommes du Paléolithique supérieur.

Fréquentation de la grotte

Que ce soit pour la première ou la deuxième phase de fréquentation, les hommes n'ont pas habité la grotte. L'absence d'ossements, la rareté des outils et des indices d'activités quotidiennes laissent penser à des incursions brèves liées à la réalisation des dessins et éventuellement à des cérémonies.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 27 ka
découverte : Henri Cosquer
date : 1985