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mardi 9 mars 2021

L'Homme de Néandertal aurait disparu 20.000 ans plus tôt qu'on ne le pensait

C'est en 1886 que des chercheurs ont découvert, pour la première fois, des ossements humains dans la grotte de Spy (Belgique). Des ossements appartenant aux derniers survivants de l'Homme de Neandertal en Europe. Et une nouvelle datation de ces ossements suggère aujourd'hui justement que Neandertal a disparu de nos contrées plus tôt que les pensaient les chercheurs.

La grotte de Spy (Belgique) est ce que les chercheurs appellent un site paléolithique remarquable. Ils y ont notamment trouvé des fossiles de Néandertal. Et pas n'importe lesquels puisqu'ils appartiendraient aux derniers survivants de l'espèce en Europe. Mais si les premières études les dataient d'il y a 24.000 ans seulement, de nouveaux travaux estiment désormais qu'ils remontent au moins à 40.600 ans. Voire même à 44.200 ans !

L'écart vient, selon les chercheurs, de la précision avec laquelle ils ont pu préparer leurs échantillons. Car rappelons que tous les êtres vivants absorbent du carbone. Du carbone 14, pour ce qui nous intéresse ici. Celui-ci, en effet, se désintègre avec le temps. Lorsque l'être vivant meurt, il cesse d'absorber du carbone et ce qu'il reste de carbone 14 au moment de la découverte de sa dépouille renseigne sur le moment auquel il a vécu.

Mieux comprendre Néandertal

Plus précisément, les chercheurs qui datent les ossements au carbone 14 extraient et analysent la partie faite de collagène. Et ils ont ici mis au point une méthode robuste qui se concentre sur les éléments constitutifs du collagène : les acides aminés. En particulier ceux dont ils pouvaient être sûrs qu'ils faisaient partie du collagène.

Ainsi selon les chercheurs, l'Homme de Néandertal aurait donc disparu du nord de l'Europe bien plus tôt qu'on le pensait auparavant. D'autant que des datations sur d'autres sites ont donné des résultats semblables. Pourquoi est-ce important ? Parce qu'avoir une idée précise du moment de la disparition de Néandertal est une étape clé pour mieux comprendre sa nature et ses capacités, ainsi que la ou les raisons pour lesquelles il a finalement disparu alors que nos propres ancêtres prospéraient.

Avant nous, l'Homme de Néandertal. Ce cousin, presque notre frère, partage avec nous 1 à 4 % des gènes. Mais voilà environ 30.000 ans, pour des raisons encore débattues, ces peuples ont disparu de la surface du monde. Certains paléontologues considèrent que les derniers représentants de cette espèce humaine se sont éteints sur la péninsule ibérique, composant aujourd'hui le territoire de l'Espagne et du Portugal.

Mais d'après des chercheurs européens, dirigés par Thomas Higham de l'université d'Oxford, les Néandertaliens ayant peuplé cette région pourraient avoir disparu au moins 10.000 ans plus tôt que prévu. En utilisant une nouvelle technique de datation au carbone 14, ils ont montré que les sites préhistoriques testés n'avaient pas 35.000 ans, mais plutôt 45.000 à 50.000 ans.

Source : Futura du 09/03/2021

La disparition de l’homme de Néandertal serait plus ancienne que ce que l’on croyait

Des restes humains retrouvés dans une grotte située en Belgique, d’abord datés de 24 000 ans, seraient, en fait, vieux de 44 200 ou 40 600 ans.

Quand l’homme de Néandertal a-t-il disparu ? La question agite les scientifiques depuis longtemps. Les restes humains d’une grotte en Belgique contribuent aujourd’hui au débat en se révélant bien plus anciens que ce qui avait été précédemment envisagé.

Selon de précédentes datations par radiocarbone, les spécimens de la grotte de Spy, où de nombreux restes humains ont été retrouvés depuis le XIXe siècle, remontaient à seulement 24 000 ans. Mais, selon une étude publiée lundi 8 mars dans la revue scientifique PNAS, ils sont, en fait, vieux de 44 200 ou 40 600 années.

Une équipe multidisciplinaire de Belgique, de Grande-Bretagne et d’Allemagne a développé une méthode pour préparer les échantillons, permettant d’éviter toute contamination extérieure, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) l’un des coauteurs de l’étude, Thibaut Deviese, de l’université d’Oxford et Aix-Marseille. L’étude conclut ainsi que les néandertaliens « ont disparu du nord de l’Europe (…) bien plus tôt que suggéré auparavant ».

Avoir une meilleure idée du moment où l’homme de Néandertal a disparu est considéré comme un premier pas important pour mieux comprendre sa nature, ainsi que pourquoi il a finalement laissé la place à l’être humain moderne.

Carbone 14

La méthode s’appuie toujours sur le radiocarbone (des variantes radioactives du carbone, comme le carbone 14), qui est considérée comme la meilleure méthode de datation, mais améliore la façon dont les échantillons sont traités. Tous les êtres vivants absorbent du carbone, depuis l’atmosphère ou la nourriture, dont du carbone 14, qui se désintègre avec le temps. Puisque les plantes et les animaux arrêtent d’en absorber lorsqu’ils meurent, ce qu’il reste dans la matière permet de déterminer à quel moment cet être a vécu.

Pour les ossements, les scientifiques extraient la partie faite de collagène pour l’analyser, car elle est organique. « Ce que nous avons fait va plus loin », explique Thibaut Deviese. En effet, l’environnement où les restes ont été trouvés peut contaminer les échantillons. Les chercheurs se sont donc concentrés sur des molécules appelées « acides aminés », dont ils étaient absolument certains qu’elles faisaient partie du collagène.

Les auteurs ont également daté des restes de deux autres sites en Belgique, Fonds-de-Foret et Engis, avec des résultats comparables. Des preuves existent qu’il a pu survivre plus longtemps dans d’autres régions qu’en Belgique, note, toutefois, l’étude.

« La datation est cruciale en archéologie, car, sans un cadre fiable de la chronologie, on ne peut être sûrs de comprendre les relations entre le néandertalien et Homo sapiens », souligne Thibaut Deviese. Certains outils en pierre ont été attribués aux néandertaliens, ce qui a été interprété comme un signe de leur développement cognitif, détaille-t-il. Or, s’il se révèle qu’ils n’ont pas existé aussi longtemps que prévu, alors ces objets doivent être réexaminés pour déterminer s’ils étaient vraiment leur œuvre.

La disparition de l’homme de Néandertal pourrait être liée à des causes climatiques, à une trop grande consanguinité ou à la compétition entre espèces, rappelle l’étude – mais il s’agit là d’une autre brûlante question à laquelle elle ne répond pas.

Source : Le Monde du 08/03/2021

mardi 1 mai 1984

Homme de Spy

L'Homme de Spy est le nom donné à trois squelettes fossiles partiels et quelques ossements isolés appartenant à l'espèce Homo neanderthalensis, découverts dans la grotte de Spy, à Jemeppe-sur-Sambre, dans la province de Namur, en Belgique. Les deux premiers squelettes furent mis au jour en 1886, et constituèrent la deuxième découverte officielle de fossiles néandertaliens, trente ans après celle de la vallée de Néander, en Allemagne. Ils sont datés d'environ 38 500 ans avant le présent (AP).

Source : Sa fiche Wikipedia

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nom : Spy
âge : 44,2-40,6 ka
découverte :
date : 1886
espèce : Homo neanderthalensis

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Elucider le moment où les populations de Néandertal ont disparu d'Eurasie est une question clé en paléoanthropologie, et la Belgique est l'une des régions clés pour étudier la transition du Paléolithique moyen au paléolithique supérieur. La datation au radiocarbone précédente plaçait les néandertaliens de Spy parmi les derniers néandertaliens survivants du nord-ouest de l'Europe avec des dates signalées aussi jeunes que 23880 ± 240 B.P. (OxA-8912). Des questions ont toutefois été soulevées quant à la fiabilité de ces dates. La contamination du sol et les produits de conservation à base de carbone sont connus pour causer des problèmes lors de la datation au radiocarbone d'échantillons de collagène en vrac. En utilisant une approche spécifique au composé qui est aujourd'hui la plus efficace pour éliminer la contamination et l'analyse génomique ancienne, nous démontrons ici que les dates précédentes produites sur des spécimens de Néandertal de Spy étaient inexactement jeunes jusqu'à 10000 ans en raison de la présence d'une contamination non supprimée. Nos dates au radiocarbone spécifiques aux composés sur les Néandertaliens de Spy et ceux d'Engis et de Fonds-de-Forêt démontrent qu'ils ont disparu du nord-ouest de l'Europe entre 44200 et 40600 cal B.P. (à 95,4% de probabilité), beaucoup plus tôt que ce qui avait été suggéré précédemment. Nos données contribuent de manière significative à affiner les modèles de disparition néandertalienne en Europe et, plus largement, montrent que les modèles chronométriques concernant l'apparition ou la disparition de groupes d'animaux ou d'hominidés ne devraient être basés que sur des dates au radiocarbone obtenues à l'aide de méthodes de prétraitement robustes.

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