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mercredi 6 janvier 2021

Grotte de Bacho Kiro

La grotte de Bacho Kiro est située à 5 kilomètres à l'ouest de la ville de Dryanovo, dans la province de Gabrovo en Bulgarie, à seulement 300 mètres du monastère de Dryanovo. Elle se trouve dans les canyons des rivières Andaka et Dryanovo.

Description

La grotte est un labyrinthe de quatre étages de galeries et de corridors d'une longueur totale de 3 600 mètres, dont 700 mètres sont ouverts aux visites des touristes.

Fossiles

Le plus ancien reste humain découvert dans la grotte de Bacho Kiro l'a été en 1982 dans la couche 11 et a alors été daté d'au moins 43 000 ans avant le présent. C'est un fragment de mandibule gauche portant une première molaire (M1) déciduale, que dans un premier temps l'on n'a pas su attribuer à Homo sapiens ou à l'Homme de Néandertal avant qu'il ne soit perdu. Quatre autres fragments d'os humains ont depuis été découverts. L'analyse de la dent, qui, elle, n'avait pas été égarée, a permis d'établir en 2019 que c'est à un Homo sapiens qu'elle appartenait, que la datation doit être reculée d'environ deux mille ans et qu'ainsi Bacho Kiro est pour l'heure le plus ancien site connu du peuplement moderne de l'Europe.

Le 11 mai 2020, la publication dans Nature des résultats du test ADN et de la datation au carbone 14 d'une dent humaine retrouvée sur ce site, qui s'avère être une dent d'Homo Sapiens vieille de 45 000 ans, fait remonter de 5 000 ans supplémentaires la date d'arrivée présumée des Homo sapiens en Europe.

Source : Wikipedia

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nom : Bacho Kiro
âge : 45,9-42,5 ka
découverte :
date : 1982
espèce : Homo sapiens

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Dans la grotte de Bacho Kiro, en Bulgarie, ont été découverts en 2015 une molaire et quatre fragments d'os. En 2020 deux études parues dans Nature et dans Nature Ecology & Evolution attribuent ces restes à Homo sapiens (le doute subsistait sur leur attribution à H. sapiens ou à Homo neanderthalensis). Les méthodes de datation utilisées, le carbone 14 et l'ADN, donnent à ces fossiles humains un âge de 45 000 ans. «Il s'agit de la période de la première arrivée d'Homo sapiens sur le territoire européen depuis le Moyen Orient et de sa cohabitation avec les Néandertaliens qui a duré pendant 5.000 à 10.000 ans», déclare Nikolay Sirakov, professeur à l'Institut d'archéologie de l'Académie bulgare des sciences. Bacho Kiro a aussi livré plusieurs ornements, parmi lesquels des pendentifs fabriqués avec des dents d’ours des cavernes.

Source : Wikipedia

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samedi 23 mai 2020

Homo sapiens était déjà en Europe il y a 45 000 ans

Jusqu’à présent, on estimait que les premiers Homo sapiens étaient arrivés en Europe il y a 40 000 ans…

La grotte de Bacho Kiro, en Bulgarie

La grotte de Bacho Kiro, en Bulgarie, a été découverte en 1890. Ses concrétions, spéléothèmes, stalactites et stalagmites sont remarquables et attitrent un grand nombre de touristes. Les premières fouilles du sol n'ont pas été probantes et il fallut attendre les années 70 pour qu’une équipe polonaise de chercheurs les reprenne. Les premières découvertes de restes humains sont constituées d’un fragment de mandibule humaine et de petits morceaux d’os. En tenant compte des outils lithiques qui y étaient associés, les chercheurs ont conclu que les fossiles dataient de la période de transition entre l’arrivée d’Homo sapiens en Europe et le déclin de l’homme de Néandertal. Dans les années 70, les méthodes de datation au Carbone 14 étaient destructives et donc employées avec parcimonie. L’estimation par la stratigraphie était considérée comme suffisante : les restes fossiles devaient dater de - 40 000 ans. Ces ossements furent perdus et il était donc impossible de les soumettre à de nouvelles études.
Le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin (Institut Max-Planck d'anthropologie de Leipzig) estima que la grotte de Bacho Kiro pouvait encore receler des éléments sur cette période charnière, le Châtelperronien. Il monta une équipe de fouilles avec des chercheurs bulgares et entama des recherches en 2015.

Des ossements, une dent humaine, des outils en os…


Cette reprise des fouilles permit de mettre à jour de nouveaux ossements et des artefacts. C’est ainsi qu’une dent et plusieurs fragments d’os furent exhumés avec des restes de gibier, des éléments de parures et des outils en os.
L’étude de l’ADN et du collagène, des restes d’hominidés, permit de les attribuer sans contestation à l’espèce Homo sapiens. La datation au carbone 14 effectuée sur ces mêmes restes permit également de les positionner dans le temps à – 45 000 ans. Ces 5000 ans supplémentaires peuvent paraître anodins mails ils sont importants pour la communauté scientifique : cela implique qu’Homo sapiens était déjà en Europe il y a 45 000 ans et qu’il a donc cohabité avec Néandertal pendant 15 000 ans et non plus seulement 10 000 ans.
Jean-Jacques Hublin indiqua « Certes cette découverte n’avance que de 5 000 ans l’arrivée des premiers Homo sapiens sur le continent. Mais à l’échelle des générations humaines, c’est très long. »
Les artefacts de la grotte de Bacho Kiro sont constitués d’outils façonnés dans de l’os et des dents d’ours percées permettant de les suspendre sur une fibre comme pendentif. Ce type d’ornement et d’outils en os a été retrouvé par ailleurs dans d’autres sites de cette époque, comme dans la Grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure, ou le gisement de Saint-Césaire. Cela montre que ce travail de l’os et des dents s’était propagé sur une grande partie de l’Eurasie.

Sapiens face et avec Néandertal

Il y a 45 000 ans, un Homo sapiens est donc mort en Bulgarie. C’est la plus ancienne preuve de présence d’Homo sapiens en Eurasie, prouvée génétiquement. Une précédente étude avait indiqué que des Homo sapiens étaient présents en Grèce, à Adipima, il y a 210 000 ans. Cette étude de 2019 était assez controversée car le crâne d’Homo sapiens était identifié uniquement par quelques fragments et se trouvait dans la même coulée de sédiments qu’un crâne de Néandertalien. Pour le paléoanthropologue Antoine Balzeau (CNRS), si l’attribution des crânes d’Apidima à Homo sapiens est très discutable, celle des analyses ADN des restes de Bacho Kiro est incontestable. Sans être aussi « spectaculaire », cette nouvelle datation d’un Homo sapiens Bulgare est donc importante.
Même si les populations néandertaliennes étaient peu nombreuses et éparpillées, il est logique que les Sapiens et Néandertal se sont rencontrés à plusieurs reprises et sur différents sites. Et c’est justement pendant cette période, le Châtelperronien, que plusieurs innovations techniques ont eu lieu : la production de supports lithiques en silex, des objets de parure, l’utilisation importante de pigments ou encore la fabrication d'outils en os.
Le paléoanthropologue Bruno Maureille (CNRS - PACEA à l'Université de Bordeaux) fait remarquer que plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer l’apparition de ces innovations : « Deux d'entre elles s'opposent. Ces objets et la technologie qui les caractérisent seraient l’œuvre de Néandertaliens. Ou bien, on devrait certes y voir l’œuvre de Néandertaliens acculturés au contact d’Homo sapiens. Ils arrivent à reproduire ces objets, mais n’ont pas la paternité des innovations techniques ». Il précise toutefois que la découverte de Bacho Kiro plaide pour la seconde hypothèse.

Antoine Balzeau ajoute :« Je ne crois pas que la découverte de Bacho Kiro permette d’affirmer clairement qu’elle est l’origine du Châtelperronien. Elle doit nous inviter à multiplier les fouilles dans cette partie de l’Europe qui est assurément le premier point de contact entre Neandertal et nos ancêtres. »
Pour Jean-Jacques Hublin « Nous savons désormais que la rencontre entre les deux groupes date d’avant 45 000 ans. Il paraît peu probable que deux groupes humains aient produit exactement les mêmes objets en Europe de manière totalement indépendante.

Source : Hominidés.com du 16/05/2020

mardi 19 mai 2020

L'identification d'une dent modifie profondément nos connaissances sur les premiers Homo sapiens d'Europe

Une seule dent et quelques fragments d'os trouvés dans une grotte en Bulgarie prouvent que les humains modernes ont atteint l'Europe il y a plus de 45 000 ans, soit 5 000 ans plus tôt que ce qu'on imaginait jusqu'à présent.

Une dent et quatre fragments d'être humain : il n'en fallait pas plus à une équipe internationale de chercheurs pour remettre en cause nos connaissances sur l'arrivée de l'Homo sapiens sur le continent européen. Dans deux articles publiés dans la revue Nature et dans la revue Nature Ecology & Evolution, les chercheurs expliquent comment ils ont identifié les plus vieux restes humains de Sapiens dans une grotte située en Bulgarie.

"Le site de la grotte Bacho Kiro fournit la preuve de la première dispersion de H. sapiens à travers les latitudes moyennes de l'Eurasie. Des groupes de pionniers ont introduit de nouveaux comportements en Europe et ont interagi avec des Néandertaliens locaux. Cette première vague est largement antérieure à celle qui a conduit à leur extinction définitive en Europe occidentale 8 000 ans plus tard", explique Jean-Jacques Hublin, directeur de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive à Leipzig, en Allemagne et Professeur au Collège de France.

Bacho Kiro est un site préhistorique situé sur les pentes de la chaîne de montagnes des Balkans en Bulgarie bien connu des archéologues. Fouillé dès les années 1930 puis, avec plus de succès, dans les années 1970, ce sont les dernières fouilles datant de 2015 qui permettent réellement de revoir les connaissances des scientifiques sur la cohabitation entre les Sapiens et les Néandertaliens en Europe.

Ces fouilles montrent que l'Homo sapiens a coexisté pendant des milliers d'années avec les hominins autochtones d'Europe, les Néandertaliens. Les premiers humains modernes ont donc probablement eu une forte influence sur la culture néandertalienne. Les découvertes les plus spectaculaires proviennent d'une couche riche et sombre près de la base des dépôts. Ici, l'équipe a découvert des milliers d'os d'animaux, des outils en pierre et en os, des perles et des pendentifs et les restes de cinq fossiles humains.

À l'exception d'une dent humaine, les fossiles humains étaient trop fragmentés pour être reconnus par leur apparence. Au lieu de cela, ils ont été identifiés en analysant leurs séquences protéiques. "La plupart des os du Pléistocène sont tellement fragmentés qu'à l'œil nu, on ne peut pas savoir quelle espèce animale ils représentent. Cependant, les protéines diffèrent légèrement dans leur séquence d'acides aminés d'une espèce à l'autre. En utilisant la spectrométrie de masse des protéines, nous pouvons donc identifier rapidement les échantillons d'os qui représentent des os humains autrement méconnaissables", explique Frido Welker, chercheur postdoctoral à l'Université de Copenhague et associé de recherche au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology.

"La majorité des os d'animaux que nous avons datés de cette couche foncée distinctive ont des signes d'impacts humains sur les surfaces osseuses, tels que des marques de boucherie, qui, avec les dates directes des os humains, nous donnent une image chronologique très claire du moment où L'Homo sapiens a occupé cette grotte pour la première fois, dans l'intervalle de 45 820 à 43 650 ans, et potentiellement dès 46 940 ans", explique Helen Fewlass de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive. "Les datations au radiocarbone de la grotte Bacho Kiro ne sont pas seulement le plus grand ensemble de données d'un site paléolithique jamais réalisé par une équipe de recherche, mais sont également les plus précises en termes de plages d'erreur", déclarent les chercheurs Sahra Talamo de l'Université de Bologne et de Bernd. Kromer de l'Institut Max Planck de Leipzig.

Transfert de connaissances entre Sapiens et Néandertal

Les résultats du séquençage ADN des ossements fossiles fragmentés démontrent que l'Homo sapiens est entré en Europe et a commencé à toucher les Néandertaliens il y a environ 45 000 ans et probablement même plus tôt. Ils ont apporté dans la grotte de Bacho Kiro du silex de haute qualité provenant de sources allant jusqu'à 180 km du site, qu'ils ont transformé en outils comme des lames pointues peut-être pour chasser et très probablement pour massacrer les restes des animaux trouvés sur le site.

"Les restes d'animaux du site illustrent un mélange d'espèces adaptées au froid et au chaud, les bisons et les cerfs rouges étant les plus fréquents", explique la paléontologue Rosen Spasov de la New Bulgarian University. Ceux-ci ont été massivement abattus mais ont également été utilisés comme source de matières premières. "L'aspect le plus remarquable de l'assemblage faunique est la vaste collection d'outils en os et d'ornements personnels", explique le zooarchéologue Geoff Smith du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology. Les dents de l'ours des cavernes ont été transformées en pendentifs, dont certains sont étonnamment similaires aux ornements fabriqués plus tard par les Néandertaliens en Europe occidentale.

S'il est peu probable que l'étude dissipe le mystère entourant la disparition des Néandertaliens, elle suggère que l'histoire de la façon dont les humains modernes se sont étendus en Eurasie et ont remplacé nos parents évolutionnaires est beaucoup plus longue et plus complexe que nous ne le pensions.

Source : Géo du 12/05/2020

lundi 18 mai 2020

Le premier Homo Sapiens européen était-il bulgare ?

Des analyses de restes exhumés dans une grotte bulgare montrent qu’Homo Sapiens serait arrivé en Europe il y a 45 000 ans, 5000 ans plus tôt que ce que les paléontologues pensaient. L’apparition des innovations culturelles de cette époque, telles qu’on les retrouve dans des sites néandertaliens, pourrait ainsi résulter d’une acculturation avec Homo Sapiens.

Ce ne sont pas forcément les découvertes les plus impressionnantes qui sont les plus importantes. Ici, dans la grotte de Bacho Kiro en Bulgarie, pas de somptueux crânes, de fémurs, ou de voûte plantaire. Seulement une dent accompagnée de quelques fragments d’os et des artefacts. Mais la génétique et la datation ne laissent aucun doute : ils appartiennent aux premiers Homo sapiens présents sur le continent européen il y a 45 000 ans (voir ici et ici) « Les pendentifs, en revanche, sont vraiment spectaculaires ! » tempère Jacques Hublin premier auteur de la publication sur l’étude génétique et directeur du département Évolution de l'Homme de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, à Leipzig (Allemagne) et professeur au Collège de France. Homo Sapiens serait arrivé en Europe 5000 ans plus tôt que ce qu’on imaginait.

Voici un an, la revue Nature publiait un article largement contesté datant l’arrivée en Europe des premiers Homo sapiens, il y a plus de 210 000 ans dans la grotte d’Apidima, dans le sud de la Grèce. « Ces travaux ne sont pas comparables, explique Ludovic Slimak, chercheur au CNRS à l’Unité Mixte de Recherche TRACES) de l’Université Toulouse-Jean-Jaurès. L’attribution des crânes d’Apidima est très discutable. Dans le cas présent, l’analyse de l’ADN et la morphologie de la dent rendent les conclusions incontestables. » « C’est très agréable de voir une étude comme celle-là publiée dans une revue comme Nature, commente Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN). Les auteurs ne se contentent pas du côté spectaculaire de la découverte. »

Il y a 45 000 ans, l’Europe vit une période charnière : la transition entre deux groupes d’Hominines (les ancêtres des hommes et leur proche cousin). Depuis plusieurs centaines de milliers d’années, le continent était le territoire des Néandertaliens et il sera bientôt remplacé par nos ancêtres Homo sapiens. « Certes cette découverte n’avance que de 5 000 ans l’arrivée des premiers Homo sapiens sur le continent, explique Jean-Jacques Hublin. Mais à l’échelle des générations humaines, c’est très long. »

Plusieurs sites en France, dont celui de Saint-Césaire en Charente-Maritime ou de la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure, dans l’Yonne, témoignent de l’apparition d’innovations techniques il y a près de 44 000 ans : le Châtelperronien. Des innovations qui se caractérisent par une production de supports lithiques en silex, des objets de parure, l’utilisation importante de pigments ou encore la fabrication d'outils en os. Dans les très rares sites de cette époque qui livrent des restes humains, il s’agit de fossiles néandertaliens. « Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer l’apparition de ces innovations, explique Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS au laboratoire PACEA à l'Université de Bordeaux. Deux d'entre elles s'opposent. Ces objets et la technologie qui les caractérisent seraient l’œuvre de Néandertaliens. Ou bien, on devrait certes y voir l’œuvre de Néandertaliens acculturés au contact d’Homo sapiens. Ils arrivent à reproduire ces objets, mais n’ont pas la paternité des innovations techniques. La découverte de Bacho Kiro plaide pour la seconde hypothèse. Cependant, ce qui se passe sur un territoire dans l'actuelle Bulgarie n’explique pas forcément ce qui passera dans le sud-ouest de la France quelques millénaires après. »

Les débats scientifiques restent donc tumultueux et sont encore loin d’être tranchés selon Ludovic Slimak, qui a mis au jour il y a plusieurs années des artefacts vieux de 50 000 ans dans la grotte Mandrin dans la Drôme. « Mon hypothèse est que ces artefacts sont aussi l’œuvre d’Homo sapiens, explique-t-il. Mais il ne s’agit que d’une hypothèse qui ne s’appuie sur aucun reste humain. »

« Je ne crois pas que la découverte de Bacho Kiro permette d’affirmer clairement qu’elle est l’origine du Châtelperronien, considère de son côté Antoine Balzeau. Elle doit nous inviter à multiplier les fouilles dans cette partie de l’Europe qui est assurément le premier point de contact entre Neandertal et nos ancêtres. » Un crâne d’ailleurs découvert en Roumanie dans la grotte de Pestera cu Oase, appartenait à un Homo sapiens vivant il y a entre 42 000 et 37 000 ans et qui avait eu un néandertalien parmi ses aïeux récents.

« Nous savons désormais que la rencontre entre les deux groupes date d’avant 45 000 ans, explique Jean-Jacques Hublin. Il paraît peu probable que deux groupes humains aient produit exactement les mêmes objets en Europe de manière totalement indépendante. Homo Sapiens était déjà sur le continent européen lorsque les Néandertaliens ont commencé à percer des dents de carnivores pour en faire des objets de parure. Les pendentifs mis au jour à Bacho Kiro d’ailleurs sont très semblables à ceux un peu plus tardifs découverts sur les sites châtelperroniens. Ces Néandertaliens avaient certainement déjà eu des contacts avec les premiers Européens modernes. »

Source : La Recherche du 11/05/2020

jeudi 14 mai 2020

Et si nous avions appris aux Néandertaliens à fabriquer des bijoux ?

Une étude rendue publique ce 11 mai confirme la présence de l’humain moderne en Europe il y a au moins 45 000 ans, rapporte New Scientist. Alors qu’il cohabitait avec l’homme de Néandertal, il lui aurait transmis son savoir-faire dans la création de colliers avec des dents d’ours.

Lorsque l’Homo sapiens s’est “installé en Europe”, il a rencontré des Néandertaliens et “leur a peut-être donné quelques tuyaux sur l’art de la joaillerie”, rapporte New Scientist.

Selon le magazine scientifique, une étude rendue publique ce lundi 11 mai par l’Institut d’anthropologie évolutionniste Max-Planck de Leipzig (Allemagne) a confirmé pour la première fois que l’homme moderne “se trouvait en Europe il y a au moins 45 000 ans”.

La grotte de Bacho Kiro en Bulgarie

Une équipe de chercheurs dirigée par le Français Jean-Jacques Hublin a réexaminé la grotte de Bacho Kiro en Bulgarie, “qui est étudiée depuis les années 1930”. En utilisant de nouvelles méthodes, les chercheurs ont daté 95 morceaux d’os, qu’ils ont notamment identifiés “par l’analyse de leur ADN”. Six d’entre eux “provenaient d’humains modernes”, et les autres étaient des os d’animaux présentant des marques de coupe ou d’autres signes d’activité humaine.

“Des preuves plus solides”

Les plus anciens os humains trouvés dans la grotte bulgare “avaient entre 43 700 et 45 800 ans”, indique New Scientist. Et une couche de roche plus profonde, “vieille de 46 900 ans”, n’a pas encore donné de restes humains, mais contenait également des os d’animaux marqués, “ce qui suggère la présence d’humains”.

“Cela renforce ce que nous pensions savoir avec des preuves plus solides”, a déclaré au magazine Emma Pomeroy, de l’université de Cambridge (Royaume-Uni). Des signes de la présence d’humains modernes il y a environ 45 000 ans en Europe avaient déjà été détectés sur d’autres sites, dont la grotte de Kents au Royaume-Uni et la grotte del Cavallo en Italie, mais ces os n’avaient été datés “qu’indirectement”.

Avant l’arrivée d’Homo Sapiens en provenance d’Afrique, les Néandertaliens ont vécu en Europe pendant des centaines de milliers d’années. “Lorsque les deux se sont rencontrés, ils se sont croisés”, rappelle New Scientist. Les hommes de Néandertal se sont ensuite éteints : la dernière preuve bien datée de leur présence “est vieille de 40 000 ans”.

Le magazine souligne que l’étude de l’Institut Max-Planck suggère que les Néandertaliens “sont devenus plus créatifs avec leurs outils au cours de leurs derniers millénaires”. Ils auraient notamment appris au contact des humains modernes “à fabriquer des colliers avec des dents d’ours”.

Des pendentifs faits de dents d’ours, qui, selon Jean-Jacques Hublin, “ont été fabriqués par les Néandertaliens” ont déjà été trouvés en France, dans la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure (Yonne). “Tous ont moins de 45 000 ans”, affirme New Scientist. Or les fouilles de Bacho Kiro ont permis de découvrir 11 pendentifs, eux aussi faits de dents d’ours, qui sont “antérieurs à ceux supposés de Néandertal”.

Selon Hublin, cela signifie que les humains modernes ont “apporté l’idée avec eux”, et que les Néandertaliens “l’ont copiée”. Pour le paléoanthropologue français, la seule alternative serait “que les Néandertaliens aient également inventé les pendentifs juste après l’arrivée des humains”. Une idée que le scientifique juge “ridicule”.

Source : Courrier International du 11/05/2020

mardi 12 mai 2020

Découverte du plus vieil Homo sapiens d'Europe

Des fossiles d'Homo sapiens ont été retrouvés dans une grotte en Bulgarie. Ils représentent les plus anciens spécimens européens.

Homo sapiens, également appelé l'homme moderne, est apparu en Afrique. Les plus anciens représentants connus de notre espèce sont vieux de 300.000 ans et ont été mis au jour au Maroc, sur le site de Jbel Irhoud par une équipe de paléontologues qui comptait dans ses rangs Jean-Jacques Hublin, professeur à l'Institut Max Planck d'Anthropologie Evolutionnaire (Leipzig, Allemagne). Ce dernier, à la tête d'une équipe internationale, annonce la découverte des plus vieilles traces de sapiens en Europe.

Quelques unes des pierres taillées retrouvées à Bacho Kir

Des analyses de protéines

Ces preuves de la présence d'Homo sapiens proviennent de la grotte de Bacho Kiro en Bulgarie. Les chercheurs qui l'ont fouillée en 2015 ont découvert dans une couche sédimentaire riche et sombre des milliers d'os d'animaux dont une grande partie appartient à des bisons et à des cerfs, des outils en pierre et en os, des perles et des pendentifs et les restes de cinq fossiles humains. Les ossements étaient trop dégradés pour qu'ils puissent être identifiés par examen direct. Les protéines qu'ils contenaient ont été analysées par spectrométrie de masse.

Cette méthode a permis de différencier les os des animaux des os humains. Une majorité des os d'animaux présentaient des traces d'impact probablement liées à des activités de boucherie, ce qui confirme que la grotte a été un lieu de résidence pour ce groupe d'hommes. La couche et les fossiles ont été datés par la méthode du carbone 14 et indique une période d'occupation comprise entre 46.940 et 43.650 ans. "Les datations au radiocarbone de la grotte de Bacho Kiro ne sont pas seulement le plus grand ensemble de données d'un site paléolithique jamais réalisé par une équipe de recherche, mais sont également les plus précises en termes de plages d'erreur", expliquent les auteurs de ces travaux.

Source : Sciences et Avenir du 11/05/2020

lundi 11 mai 2020

La dent du plus vieil « Homo sapiens » d’Europe découverte en Bulgarie

La molaire et les fragments d’os retrouvés dans la grotte de Bacho Kiro dateraient d’environ 45 000 ans.

Située en Bulgarie, la grotte de Bacho Kiro a été l’objet de plusieurs explorations archéologiques depuis la fin des années 1930. Comme le rapporte une équipe internationale à l’occasion de deux articles publiés lundi 11 mai dans Nature pour l’un et dans Nature Ecology & Evolution pour l’autre (en anglais), les dernières fouilles, ouvertes en 2015, ont mis au jour une dent et quatre fragments d’os humains.

La morphologie de cette molaire ainsi que l’analyse de l’ADN mitochondrial prélevé sur ces vestiges ont permis de les attribuer à Homo sapiens. Les deux méthodes de datation utilisées (carbone 14 et ADN) donnent à ces restes un âge approchant les 45 000 ans, ce qui fait des occupants de la grotte de Bacho Kiro les plus anciens Homo sapiens connus à ce jour en Europe, continent qui était jusqu’ici le domaine des seuls néandertaliens.

Deux autres sites, l’un en Italie et l’autre au Royaume-Uni, ont produit des restes censés remonter à la même époque, mais leur datation se base uniquement sur le contexte archéologique et non sur des techniques expérimentales. Lors des fouilles de Bacho Kiro ont aussi été découverts plusieurs éléments de parure, dont des pendentifs réalisés dans des dents d’ours des cavernes.

Source : Le Monde du 11/05/2020