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jeudi 2 décembre 2021

Ces empreintes datant de 3,7 millions d'années n'ont pas été faites par un ours !

Des traces de pas préhistoriques en Tanzanie ont été attribuées à un ours il y a plusieurs décennies. Leur comparaison avec des empreintes d'espèces actuelles révèle à présent qu'elles ont été faites par un homininé encore non identifié !

Quand des représentants de la lignée humaine ont-ils commencé à se déplacer debout ? L'adoption d'une posture érigée est l'un des événements qui caractérisent la trajectoire empruntée par la lignée humaine au cours de son évolution. L'analyse de la morphologie des restes osseux permet aux anthropologues de supposer que certaines espèces pouvaient adopter, même partiellement, la bipédie. Ces indices sont par exemple la position du trou occipital au centre du crâne ou encore un bassin large et bas. Cependant, ces indices pointant vers une démarche bipède ne permettent que de supposer l'existence d'un tel comportement. La découverte d'empreintes de pas préhistoriques permet en revanche de déterminer avec certitude à quelle période les premiers membres de la lignée humaine ont marché debout. Les plus anciennes traces de pas de ce type ont été découvertes en 1978 à Laetoli, en Tanzanie, et ont été datées d'il y a 3,66 millions d'années. Elles ont été attribuées à l'espèce Australopithecus afarensis dont le spécimen le plus connu est Lucy.

Un autre ensemble d'empreintes de pas a également été découvert à proximité de ces derniers en 1976, au niveau d'un site nommé site A. Il avait été attribué à un homininé mais présentait des similitudes troublantes avec celles d'un ours et pour cette raison il n'a pas été considéré comme ayant une importance majeure par les anthropologues. Ces empreintes se croisaient notamment le long de l'axe de marche, ce qui n'est pas observé lors d'une démarche bipède et leur morphologie interne n'avait jusqu'alors jamais été observée car ces empreintes n'avaient pas été « nettoyées ». Puisque les dernières analyses de ces empreintes datent de plus de quatre décennies, une équipe de recherche les a réétudiées avec des techniques modernes et a publié ses résultats dans la revue Nature.

Plusieurs espèces d'homininés sur le même site

Les auteurs de l'étude ont commencé par ôter la matrice qui s'était déposée dans l'empreinte afin de faire apparaître les empreintes de doigts. Afin de déterminer quel fut l'animal auteur de ces empreintes, l'équipe de recherche les a comparées avec des empreintes d'ours noirs, de chimpanzés (avec des comportements bipède et quadrupède) et d'humains (avec et sans chaussures et sur différents substrats). Elle a également observé le comportement d'ours bruns et rapporté qu'en plus de 50 heures de vidéo, un seul avait adopté une marche bipède sans assistance et ce durant quatre pas.

les empreintes du site A (en haut) diffèrent de celles attribuées à Afarensis (en bas)

Les auteurs en ont donc déduit qu'il était peu probable que les empreintes du site A aient été faites par un ursidé, d'autant plus que parmi les 25.000 fossiles d'animaux trouvés à proximité, aucun ne provient d'un ursidé. La comparaison des empreintes a permis aux auteurs de suggérer que celles du site A ont été faites par un individu qui faisait de petits pas, comme cela aurait été le cas d'un humain marchant lentement ou sur une surface glissante.

L'empreinte du talon est également plus large que celle des ours et des chimpanzés et aucune trace de griffes n'a été décelée. Les empreintes « croisées » sur le site A ont ainsi pu être réalisées par un homininé tentant de retrouver son équilibre. Ces empreintes du site A diffèrent néanmoins de celles d'A. afarensis trouvées à proximité, ce qui permet aux auteurs de suggérer que plusieurs espèces d'homininés ont coexisté à Laetoli.

Source : Futura Sciences du 02/12/2021

mercredi 1 décembre 2021

Paléontologie : au côté de Lucy, d’autres bipèdes passés sous silence ?

Une équipe internationale a réexaminé des empreintes de pas trouvées dans les années 1970 en Tanzanie et tombées dans l’oubli. Ces cinq traces, conservées dans la cendre, semblent indiquer l’existence d’une autre espèce bipède, en plus de celle de Lucy.

1976, Laetoli, au milieu de la savane tanzanienne. Dans le tuf volcanique, cinq empreintes de pas sont découvertes. « Étranges » et « bizarrement formées », les larges empreintes ressemblent à celles d’un ursidé (la famille des ours) qui se déplacerait sur ses deux pattes arrière.

Des traces voisines attribuées à l’espèce de Lucy

Deux ans plus tard, la mise au jour d’un autre jeu d’empreintes à proximité et identifiées comme appartenant à un australopithèque afarensis, la même espèce que la célèbre Lucy, fait oublier les traces précédentes difficilement attribuables. La datation du site de Laetoli à plus de 3,6 millions d’années met en ébullition : la bipédie remonte au moins à cette époque, bien avant l’augmentation de la taille du cerveau dans le genre Homo.

Depuis, d’autres découvertes, dont celle de l’homme de Toumaï au Tchad en 2001, sont venues épaissir le mystère de l’émergence de la bipédie. D’où un intérêt retrouvé pour les étranges empreintes de Laetoli, réexaminées en 2019.

Une équipe internationale les a comparées à celles des ours noirs, des chimpanzés et des humains. Comme on pouvait s’y attendre, compte tenu de l’absence de fossiles d’ursidés dans la région, les empreintes ne correspondent pas à un ours, d’après leurs résultats publiés le 1er décembre dans la revue scientifique Nature.

Une démarche lente avec les pieds croisés

Plus proches de ceux du chimpanzé ou de l’homininé (sous-famille des Hominidés), ces cinq pas sont également différents dans leur morphologie de ceux d’un australopithèque afarensis. Si les chercheurs n’excluent pas l’hypothèse d’un jeune australopithèque, leurs analyses privilégient l’existence d’une autre espèce bipède. « Les proportions du pied, les paramètres de la démarche et les reconstitutions 3D de la morphologie indiquent que deux homininés différents ont coexisté à Laetoli, australopithèque afarensis et un autre », décrivent les paléobiologistes.

À quoi pouvait ressembler ce cousin tanzanien de l’Éthiopienne Lucy ? Avec une taille de 101 à 104 centimètres, il était légèrement plus petit. Sa démarche, très lente, se faisait en croisant un pied devant l’autre. Ses pieds, larges et courts, présentaient un pouce plus indépendant que les pieds modernes. La question de savoir s’il s’agissait d’une bipédie exceptionnelle reste ouverte. Si l’existence de cette autre espèce d’homininés était confirmée, cela voudrait dire qu’elle a cohabité à la même époque et sur les mêmes lieux que les australopithèques afarensis.

Source : La Croix du 01/12/2021

lundi 18 octobre 2021

Ces empreintes de pas de préhumains auraient 6 millions d'années !

Les chercheurs n'en finissent pas de tenter de démêler l'histoire de nos origines. À partir de quelques ossements. Mais aussi d'empreintes de pas. Et de nouveaux travaux de datation pourraient une fois de plus venir bousculer les choses. Des traces de pas qui pourraient être les plus anciennes empreintes laissées par des hominidés.

En 2017, une équipe internationale de chercheurs découvrait, près du village de Trachilos, en Crète, des empreintes fossilisées qui ne tarderaient pas à faire parler d'elles. Pas moins d'une cinquantaine de traces de pas qui proviendraient de bipèdes. Plus encore, de mammifères dont les pieds seraient ceux d'hominines. Une première datation leur donnait alors au moins l'âge des empreintes attribuées à Australopithecus afarensis -- les pré-humains de la famille de Lucy -- découvertes en Tanzanie. Au moins 3,5 millions d'années.

Aujourd'hui, les chercheurs annoncent que des méthodes géophysiques et micropaléontologiques leur ont permis de préciser un peu plus l'âge des traces de pas retrouvées en Crète. Elles n'auraient finalement pas moins de... 6,05 millions d'années ! Ce qui en ferait les plus anciennes preuves directes de la présence d'hominidés. Et même si des interprétations différentes ont été proposées, les chercheurs maintiennent qu'aucun argument n'exclut aujourd'hui la possibilité que ces traces aient été laissées par des humains primitifs.

Cette trace de pas dans le sable est vieille de plus de six millions d’années. Elle pourrait être la plus ancienne empreinte d’hominidé jamais découverte.

À qui appartiennent ces empreintes ?

Ces empreintes de pas présentent une « boule » sous l'avant-pied et révèlent un gros orteil puissant et des orteils latéraux de plus en plus courts. Une plante de pied plus courte que celle de l'Australopithèque. Une cambrure pas encore prononcée. Et un talon étroit. Des caractéristiques considérées comme uniques aux hominidés combinées avec des traits génériques de primates. Les chercheurs n'excluent pas un lien avec Graecopithecus freybergi, un genre de primates de la famille des hominidés. Une équipe l'ayant localisé auparavant dans des gisements fossiles vieux de 7,2 millions d'années à seulement 250 kilomètres d'Athènes. Or la Grèce continentale était, à cette époque, reliée à la Crète via le Péloponnèse.

Les chercheurs montrent aussi les traces d'une désertification qui, à cette époque lointaine, aurait pu motiver une migration de mammifères européens vers l'Afrique. Y compris de primates. Puis, celui que les chercheurs connaissent sous le nom d'Orrorin tugenensis, considéré comme originaire du Kenya et le plus ancien pré-humain d'Afrique, se serait développé en parallèle d'un pré-humain européen. De quoi remettre une fois de plus en doute la théorie qui situe l'origine des hommes du côté de l'Afrique.

Source : Futura Sciences du 17/10/2021

jeudi 8 octobre 2020

Des traces de pas d’Homo sapiens de 120 000 ans découvertes en Arabie saoudite

Des empreintes de pieds laissées dans la boue d’un ancien lac illustrent le peuplement par notre espèce de la péninsule Arabique pendant l’avant-dernier interglaciaire.

La péninsule Arabique abrite les déserts parmi les plus secs du monde. Toutefois, les incursions des moussons africaines ou indiennes dans le sud ou l’extension des précipitations méditerranéennes dans le nord ont à plusieurs reprises transformé la péninsule en une contrée de lacs et de savanes, fréquentée par la même faune qu’en Afrique. Et Homo sapiens en faisait partie, comme en témoignent des traces de pas datées par l’équipe de Mathew Stewart, de l’institut Max-Planck d’écologie chimique, à Iéna, en Allemagne.

Les chercheurs ont découvert 376 empreintes animales dans la boue d’un ancien lac situé au lieu-dit d’Alathar, dans le Nefoud, un désert du nord de la péninsule Arabique. Ces empreintes illustrent un phénomène banal encore en cours dans la savane africaine : le rassemblement de la grande faune autour des points d’eau pendant la saison sèche. Des éléphants – d’une si grande taille que les chercheurs envisagent une espèce inconnue –, de petits équidés (des ânes sauvages ?), un buffle géant et d’autres bovidés, des oryx et des gazelles ont foulé à Alathar la boue d’un lac en voie d’assèchement. Une telle concentration d’herbivores est une aubaine pour les prédateurs, qui sont également nombreux à avoir laissé des traces. Et parmi elles des hommes ont laissé sept traces de pas bien distinctes.

Ces traces de pieds semblent avoir été laissées par deux ou trois individus se dirigeant ensemble vers le sud. Les chercheurs les ont datées par luminescence stimulée optiquement, une technique de datation exploitant la thermoluminescence pour estimer la durée depuis laquelle un minéral – ici choisi dans les sédiments entourant les empreintes – n’a plus été exposé au jour. La fourchette d’âges de 112 000 à 12 000 ans avant le présent (à 10 000 ans près) implique que ces traces de pieds datent du stade isotopique marin 5 (MIS 5, 130 000 à 71 000 ans), un épisode interglaciaire qui fut en moyenne bien plus humide qu’aujourd’hui.

Quelle espèce humaine a laissé ces empreintes ? D’après les auteurs, il ne peut s’agir que d’Homo sapiens, tant les indices de l’arrivée de notre espèce en Arabie depuis l’Afrique de l’Est pendant le stade isotopique marin 5 sont nombreux. Ainsi, en 2011, l’équipe de Hans-Peter Uerpmann, de l’université de Tübingen, a daté à – 125 000 ans des bifaces découverts dans la corne de la péninsule Arabique (aux Émirats arabes unis), taillés selon une technique issue d’Afrique.

En 2013, Rémy Crassard, du CNRS, a de son côté, avec un collègue, étudié une dizaine de sites dans la région d’Al-Kharj, en plein centre de la péninsule, et mis en évidence la présence d’assemblages lithiques relevant du débitage Levallois nubien, une technique de production d’éclats tranchants présente en Afrique de l’Est pendant le Paléolithique moyen africain (400 000-50 000 ans).

En 2018, une équipe dirigée par Michael Petraglia, de l’institut Max-Planck pour l’histoire humaine, à Iéna, a mis en évidence sur le site d’Al-Buhayrah, dans le sud de l’Arabie saoudite, des assemblages lithiques datés d’entre – 100 000 et – 80 000 ans présentant des affinités avec ceux de l’Afrique de l’Est. Ces sites situés dans le nord, le sud et l’est de la péninsule Arabique suggèrent qu’une population sapiens originaire d’Afrique et peut-être aussi du Levant peuplait cette région durant le stade isotopique marin 5.

Le même phénomène a pu se produire pendant le stade isotopique marin 7 (MIS 7, 243 000 à 191 000 ans), une autre période interglaciaire humide, comme d’autres études récentes à Al-Kharj l’ont révélé. Pendant la période glaciaire du MIS 6, qui les sépare, le niveau de l’océan était plus de 50 mètres plus bas, ce qui signifie que des groupes d’Homo sapiens ont pu franchir le golfe Persique et passer en Asie pour fuir l’aridité de l’Arabie. La péninsule Arabique a encore beaucoup à nous apprendre sur quand et comment les humains ont quitté l’Afrique pour conquérir l’Eurasie.

Source : Pour la Science du 07/10/2020

samedi 19 septembre 2020

Des empreintes humaines vieilles de 120 000 ans découvertes en Arabie saoudite

D’anciennes traces de pas animaux ont également été découvertes dans le désert du Nefoud, qui était autrefois plus vert et plus humide.

Il y a 120 000 ans, dans le nord de l’Arabie saoudite moderne, un groupe d’Homo sapiens, des humains identiques à nous-mêmes, s’est arrêté près d’un lac également fréquenté par des chameaux, des buffles et des éléphants plus grands que les espèces actuelles. Les visiteurs ne sont pas restés longtemps, le lac n’étant qu’une étape au cours d’un long voyage.

La scène a été reconstruite par des chercheurs dans une étude publiée jeudi 17 septembre dans la revue Science Advances, après la découverte d’anciennes traces de pas humains et d’animaux dans le désert du Nefoud, nouveaux indices sur les chemins empruntés par nos lointains ancêtres après leur sortie d’Afrique.

La péninsule Arabique est aujourd’hui constituée de grands déserts peu accueillants, mais des scientifiques ont depuis une décennie établi qu’elle a été autrefois plus verte et plus humide. « Il y eut des moments dans le passé où les déserts qui dominent l’intérieur de la péninsule se sont transformés en de grandes prairies, avec la présence de lacs permanents et de rivières », dit à l’Agence France-Presse (AFP) un coauteur de l’étude, Richard Clark-Wilson, de l’université anglaise Royal Holloway.

Des empreintes datées grâce à la luminescence optique stimulée

Le premier auteur de l’étude, Mathew Stewart, de l’institut Max-Planck en Allemagne, raconte avoir découvert les empreintes pendant son doctorat en 2017, après l’érosion de sédiments sur le site d’un ancien lac baptisé Alathar (« la trace », en arabe).

« Les empreintes sont une forme unique de preuves fossiles qui représentent un instant dans le temps, de l’ordre de quelques heures ou quelques jours. On n’a pas cette résolution avec les autres relevés », dit-il.

Les empreintes ont été datées à l’aide d’une technique appelée luminescence optique stimulée, consistant à émettre une lumière vers les grains de quartz et à mesurer l’énergie émise par eux.

Sur les centaines d’empreintes découvertes, sept ont été confirmées comme appartenant à des hominidés, dont quatre appartenant à deux ou trois individus voyageant ensemble, étant donné leur orientation commune, la distance entre elles et les différences de tailles.

Un territoire très attractif pour les humains

Pour les chercheurs, la stature et la masse des humains indiquent qu’il s’agissait d’humains modernes et non de Néandertaliens, ces derniers n’ayant de toute façon pas été présents dans cette région à l’époque.

Le fait qu’aucun outil de pierre n’ait été découvert a conduit les chercheurs à exclure que le site ait été habité durablement. « Il semble que ces gens passaient par le lac pour se ravitailler en eau et trouver de la nourriture, en même temps que les animaux », dit Mathew Stewart.

La présence d’éléphants suggère que la région abondait en végétation et en eau. Les scientifiques ont également déterré sur place 233 fossiles accréditant l’hypothèse que des espèces carnivores venaient chasser les herbivores autour du lac, comme elles le font aujourd’hui dans les savanes africaines.

Il a été établi que les humains ont colonisé l’Eurasie par la Grèce et le Levant, en exploitant les ressources des littoraux. Ces nouveaux travaux indiquent que « les voies intérieures, suivant lacs et rivières, ont peut-être été particulièrement importantes », selon Mathew Stewart. « La présence de grands animaux tels que les éléphants et les hippopotames, combinée aux vastes prairies et aux abondantes ressources aquatiques, a peut-être rendu le nord de l’Arabie très attractif pour les humains entre l’Afrique et l’Eurasie », résume un autre coauteur, Michael Petraglia, de Max-Planck.

Source : Le Monde du 18/09/2020

jeudi 17 septembre 2020

Des empreintes humaines vieilles de 120.000 ans découvertes en Arabie saoudite

HOMO SAPIENS La péninsule arabique est aujourd'hui constituée de grands déserts peu accueillants, mais des scientifiques ont depuis une décennie établie qu'elle a été autrefois plus verte et plus humide.

Il y a 120.000 ans, dans le nord de l’Arabie saoudite moderne, un groupe d’Homo sapiens, des humains identiques à nous-mêmes, s'est arrêté près d’un lac également fréquenté par des chameaux, des buffles et des éléphants plus grands que les espèces actuelles. Les visiteurs ne sont pas restés longtemps, le lac n’étant qu’une étape au cours d’un long voyage.

La scène a été reconstruite par des chercheurs dans une étude publiée, ce jeudi, dans la revue Science Advances, après la découverte d’anciennes traces de pas humains et animaux dans le désert du Néfoud, nouveaux indices sur les chemins empruntés par nos lointains ancêtres après leur sortie d’Afrique.

La péninsule arabique est aujourd’hui constituée de grands déserts peu accueillants, mais des scientifiques ont depuis une décennie établie qu’elle a été autrefois plus verte et plus humide. « Il y eut des moments dans le passé où les déserts qui dominent à l’intérieur de la péninsule se sont transformés en de grandes prairies, avec la présence de lacs permanents et de rivières », explique l’un des auteurs de l’étude, Richard Clark-Wilson, de l'université anglaise Royal Holloway.

Sept empreinte ont été confirmées comme appartenant à des hominidés

Le premier auteur de l’étude, Mathew Stewart, de l’institut Max Planck en Allemagne, raconte avoir découvert les empreintes pendant son doctorat en 2017, après l’érosion de sédiments sur le site d’un ancien lac baptisé « Alathar » («la trace », en arabe) : « Les empreintes sont une forme unique de preuves fossiles qui représentent un instant dans le temps, de l’ordre de quelques heures ou quelques jours. On n’a pas cette résolution avec les autres relevés. »

Sur l’ensemble d’empreintes découvertes [datées à l’aide d’une technique appelée luminescence optique stimulée], sept ont été confirmées comme appartenant à des hominidés, dont quatre appartenant à deux ou trois individus voyageant ensemble, étant donné leur orientation commune, la distance entre elles et les différences de tailles.

Les scientifiques ont également déterré sur place 233 fossiles

Pour les chercheurs, la stature et la masse des humains envisagent qu’il présente d’humains modernes et non de Neandertaliens, ces derniers n’ayant pas de façon pas été présente dans cette région à l’époque. Le fait l’outil de pierre n’ait pas été découvert un conduit les chercheurs à exclure que le site ait été habité durablement. « Il semble que ces gens passaient par le lac pour se ravitailler en eau et trouver de la nourriture, en même temps que les animaux », détaille Mathew Stewart.

Les scientifiques ont également déterré sur place 233 fossiles accréditant l’hypothèse que des espèces carnivores venaient chasser les herbivores autour du lac, comme elles le font aujourd’hui dans les savanes africaines. Il a été établi que les humains ont colonisé l’Eurasie par la Grèce et le Levant, en exploitant les ressources des littoraux. Ces nouveaux travaux d’examen que « les voies intérieures, suivant lacs et rivières, ont peut-être été particulièrement importantes », selon Mathew Stewart.

« La présence de grands animaux tels que les éléphants et les hippopotames, combinée aux vastes prairies et aux abondantes ressources aquatiques, a peut-être rendu le nord de l’Arabie très attractif pour les humains entre l’Afrique et l’Eurasie », résume un autre auteur, Michael Petraglia, de Max Planck.

Source : 20 mn du 17/09/2020

dimanche 17 mai 2020

Des centaines d’empreintes humaines fossilisées retrouvées en Tanzanie

Une équipe de chercheurs annonce avoir identifié plus de 400 empreintes humaines fossilisées en Tanzanie. La plus grande collection jamais découverte sur le continent africain.

De nouvelles recherches publiées dans Scientific Reports décrivent 408 empreintes humaines imprimées sur le site d’Engare Sero, dans le nord de la Tanzanie. Kevin Hatala et son équipe d’anthropologues de l’Université Chatham à Pittsburgh (États-Unis), à l’origine de ces travaux, estiment qu’elles ont probablement été faites durant le Pléistocène supérieur, il y a entre 12 000 et 10 000 ans.

« Les empreintes de pas qui sont faites dans des substrats mous sont souvent effacées par des processus naturels, explique le chercheur. Mais de temps en temps des circonstances exceptionnelles permettent de conserver des empreintes de pas dans les archives géologiques ».

Dans ce cas précis, les empreintes semblent s’être imprimées dans une coulée de boue dégagée par un volcan voisin : le Ol Doinyo Lengaï. « Les traces ont été faites alors que les cendres volcaniques étaient encore humides, poursuit le chercheur. Une fois séchées, elles ont alors durci comme du béton. La surface a ensuite probablement été rapidement recouverte par d’autres sédiments ».

Deux tableaux différents

En analysant la taille et l’orientation des empreintes, ainsi que les distances les séparant, et en se basant sur la taille des pieds humains d’aujourd’hui, les chercheurs ont pu déduire la vitesse de marche, la taille corporelle relative et même le sexe des individus.

Ils ont également pu distinguer plusieurs pistes individuelles réparties en deux tableaux. Autrement dit, deux jeux de pistes se distinguent, probablement imprimés à des moments différents par deux groupes distincts.

La première scène a révélé six pistes différentes, avec des individus se dirigeant dans la direction nord-est. Leur analyse n’a pas permis d’estimer le nombre de personnes représentées. En revanche, nous savons que certaines d’entres elles marchaient, tandis que d’autres couraient.

La seconde scène, plus précise, implique un groupe de 17 personnes composé de 14 femmes adultes, de deux hommes adultes et d’un jeune garçon. Le groupe se déplaçait ensemble à un rythme de marche normal, dirigé dans la direction opposée (sud-ouest).

Le fait que tant de femmes soient regroupées dans ce tableau suggère qu’elles partaient probablement ensemble en quête de nourriture, accompagnées par quelques hommes. Ce type de comportement est notamment bien documenté chez les chasseurs-cueilleurs modernes vivant en Afrique, tels que les cultures Ache et Hadza, soulignent les auteurs.

Des interprétations sujettes à débat

Ce ne sont en effet que des suppositions, basées sur ce que nous révèlent ces empreintes comparées à celles d’humains plus “modernes”. Mais il n’est pas impossible d’imaginer que les communautés passées ne présentaient en réalité pas les mêmes différences de taille entre individus d’âge et de sexe différents. Ces analyses d’empreintes fossilisées ne sont donc pas infaillibles.

« Par exemple, il est difficile de différencier l’empreinte d’un jeune adulte de celle d’un adolescent, admet Kevin Hatala. Peut-être que certains membres du groupe que nous estimons être des femmes adultes étaient en réalité des adolescents de différents sexes. Cette nouvelle composition de groupe pourrait alors avoir des implications comportementales très différentes ».

Quoi qu’il en soit, conclut le chercheur, « le modèle que nous estimons est intrigant, et nous espérons que cette étude mettra en évidence l’utilité potentielle des empreintes fossiles pour identifier les modèles de comportement dans les archives fossiles ».

Source : Sciencepost du 16/05/2020

vendredi 13 septembre 2019

En Normandie, des empreintes de Néandertaliens livrent leurs secrets

Sur le site paléolithique du Rozel, dans la Manche (Normandie), des chercheurs français ont annoncé ce lundi avoir découvert et analysé 257 traces de pas d'Homo neanderthalensis. De précieux indices pour en savoir plus sur les us et coutumes de nos lointains cousins qui cheminaient là il y a 80 000 ans.

Ici, pas de squelettes. Mais sur le site du Rozel, dans la Manche, en Normandie, paléoanthropologues et archéologues ont le coup de main pour faire parler les traces de pieds.

Depuis 2012, Dominique Cliquet et son équipe (direction régionale des affaires culturelles de Normandie) analysent des empreintes fossiles signées Neandertal, vieilles de 80 000 ans, découvertes à proximité d’une crique. (Si vos cours de préhistoire sont un peu loin, notez qu'Homo neanderthalensis a vécu entre environ 200 000 et 30 000 ans avant aujourd’hui.)

Le sable ayant agi comme précieux bouclier, elles sont remarquablement bien conservées et offrent un aperçu exceptionnel de la structure sociale des Néandertaliens.

Une bande de jeunes

Que disent-elles ? L’analyse morphométrique des 104 plus belles empreintes – plus larges que celles d'Homo sapiens – révèle que nos cousins normands vivaient vraisemblablement au sein d'un groupe de 10 à 13 individus mesurant de 66 à 189 cm. Ledit groupe était composé essentiellement d'enfants et d'adolescents, l’âge du plus jeune ayant été estimé à 2 ans, peut-on lire dans un article publié le 9 septembre 2019 dans PNAS (Comptes-rendus de l'Académie nationale des sciences des Etats-Unis).

Jusqu'alors, seules des restes squelettiques mis au jour à El Sidrón, en Espagne, avaient permis de fournir des informations solides sur la composition d'un groupe social néandertalien. Ce dernier comptait sept adultes, trois ados et trois enfants en bas âge, rappellent les chercheurs français. Pourquoi si peu d'adultes au Rozel ? Le mystère demeure.

Neandertal avaient des pieds plus larges qu'Homo sapiens. Des empreintes animales ont également été découvertes sur le site du Rozel, de même que des outils similaires à ceux trouvés dans d’autres sites néandertaliens.

Source : Géo du 11/09/2019

jeudi 12 septembre 2019

Des centaines d’empreintes de pas de Néandertaliens découvertes en Normandie

Une équipe d’anthropologues annonce la découverte de plus de 250 empreintes de pas laissées par des Néandertaliens il y a 80 000 ans en France. À Le Rozel, en Normandie, plus exactement.

Une découverte exceptionnelle

Aucun ossement n’a été retrouvé à proximité, mais nous savons que seul Neandertal fréquentait L’Europe occidentale il y a 80 000 ans. Homo sapiens est en effet arrivé environ 35 000 ans plus tard. Ces 257 empreintes, retrouvées le long d’une crique à Le Rozel, ont donc vraisemblablement été laissées par nos anciens cousins aujourd’hui disparu. Une découverte extraordinaire, dont les détails viennent d’être publiés dans la revue PNAS.

“Auparavant, seuls neuf empreintes de Néandertal étaient connues, réparties sur 4 sites différents, rappelle Jérémy Duveau du Muséum national d’histoire naturelle en France, et co-auteur de l’étude. Les empreintes de pas sont très intéressantes car non seulement elles nous donnent un instantané de la vie des Néandertaliens, mais nous permettent également d’estimer la taille et la composition du groupe qui les a constituées“.

Une grande majorité de jeunes

Pour ces travaux les chercheurs se sont concentrés sur cinq couches différentes de sédiments. Dont une, particulière, qui a conservé la grande majorité des empreintes (environ 80%). Il ressort de ces analyses que plus de 90% des empreintes identifiées ont été laissées par des enfants et des adolescents. Le plus jeune, peut-on lire, était âgé d’environ deux ans. Le groupe, dans son ensemble, était probablement composé de 10 à 13 personnes. Pour le reste, on ne peut que supposer.

“Il est difficile de comprendre pourquoi ces personnes étaient présentes à ce moment-là, note en effet Isabelle de Groote, de l’Université John Moores de Liverpool. Cherchaient-elles de la nourriture, jouaient-elles ou faisaient-elles autre chose ? Je m’attendrais à ce qu’il y ait plus d’adultes, ou du moins plus d’équilibre entre le nombre d’adultes et de jeunes“.

Neandertal plus grand que supposé ?

Il est également à noter que l’une des empreintes retrouvées semble avoir été laissée par un individu exceptionnellement grand. Du moins pour cette espèce qui, en général, ne dépassait pas les 1,60 mètres de hauteur. Celui-ci, selon les chercheurs, devait mesurer environ 1,75 mètre de haut. Il est donc possible que nos anciens cousins aient été finalement plus grands qu’on ne le pensait.

Cette nouvelle étude nous permet ainsi de brosser un tableau plus précis de la vie de Neandertal. Récemment, plusieurs autres découvertes ont été faites à son sujet. Nous savons, par exemple, qu’il utilisait de la “colle” pour fabriquer des outils de pierre. Qu’il pouvait tuer à distance avec des lances, également. Ou encore que ces nos cousins, que nous considérions auparavant comme de vraies brutes, n’étaient finalement pas plus violents que les humains.

Source : SciencePost du 10/09/2019

vendredi 8 septembre 2017

En Crète, des empreintes de pas remettent en cause l'évolution humaine

De mystérieuses empreintes fossilisées datant de 5,7 millions d'années ont été trouvées en Crète. Selon certains chercheurs, il pourrait s'agir de traces d'hominines. Mais, si tel est bien le cas, il faudrait alors totalement repenser l'origine du genre Homo.

Un article publié récemment dans Proceedings of the Geologists' Association par les membres d'une équipe internationale de chercheurs (essentiellement des chercheurs polonais en géosciences) fait quelques vagues dans le petit monde de la paléontologie. Elle porte sur une découverte dont l'interprétation, si elle venait à être avérée, serait fort intéressante, mais peut-être pas aussi révolutionnaire tout de même (quoique) que la découverte d'Homo naledi ou que celle des restes fossilisés d'Homo sapiens primitifs sur le site de Djebel Irhoud, au Maroc.

Tout commença en 2002, lorsque le paléontologue polonais Gerard Gierlinski tomba par hasard sur ce qui semblait être des empreintes fossiles de mammifères dans une couche sédimentaire, lors de ses vacances en Crète. Le chercheur ne revint vraiment sur le site qu'en 2010 ; c'est alors que des recherches plus approfondies débutèrent dans la région de Trachilos, près de la ville de Kissamos, située à l'ouest de l'île. Une véritable piste, avec 29 traces de pas dont les tailles sont comprises entre 9,9 et 22,3 cm de longueur, fut finalement découverte. Or, selon les chercheurs, ces traces proviendraient de bipèdes et, surtout, de mammifères dont les pieds seraient ceux d'hominines, ce qui les rattacherait directement à nous.

Des hominines qui traversent une Méditerranée à sec ?

Les chercheurs ont bien évidemment voulu dater leur trouvaille. Ils ont été aidés en cela par la présence de foraminifères dans la strate sédimentaire portant les empreintes de pas supputées. Il faut savoir que ces micro-organismes marins évoluent avec le temps, ce qui fait d'eux des marqueurs temporels efficaces pour dater une couche dans laquelle ils se trouvent fossilisés. Dans un premier temps, un âge compris entre 8,5 et 3,5 millions d'années fut ainsi obtenu. Ces traces sont donc au moins aussi anciennes que celles de Laetoli, découvertes en Tanzanie en 1978 et qui sont datées d'environ 3,5 millions d'années (très célèbres, elles sont attribuées aux australopithèques).

Mais comment diable des hominines primitifs de cette époque, tout juste en train de développer des outils rudimentaires, auraient-ils bien pu traverser la Méditerranée ? C'est oublier un peu vite la fameuse crise de salinité messinienne, c'est-à-dire un assèchement important, et peut-être même complet, de cette mer du fait de la fermeture temporaire du détroit de Gibraltar, provoquée par les mouvements de la tectonique des plaques. Transitoire, cet assèchement s'est produit pendant le Messinien, à la fin du Miocène, il y a 5,96 à 5,33 millions d'années. Or, justement, les études stratigraphiques montrent que la couche trouvée en Crète est proche d'une couche repère bien connue de cet évènement. Nous savons donc que les bipèdes ayant laissé ces traces devaient vivre il y a environ 5,7 millions d'années. Une bonne partie de la Méditerranée ressemblait alors à la dépression de l’Afar et le Sahara n'était pas un désert mais une savane africaine.

La Crète n'étant alors pas une île, les traces de Trachilos pourraient bien avoir été laissées par des hominines. Mais certains paléoanthropologues le nient sur la base de la structure de ces empreintes qui, hélas, ne sont pas d'une qualité suffisante pour que le débat soit tranché rapidement. Or, jusqu'à présent, les traces d'hominines datant de plus de 2 millions d'années ont toutes été retrouvées en Afrique. Il faudrait donc en conclure que ces hominines auraient pu s'aventurer au-delà plus tôt qu'on ne le pensait. D'ailleurs, c'est bien ce que certains pensent déjà en se basant sur des découvertes de dents appartenant au grécopithèque (Graecopithecus freybergi) qui, bien que cela soit débattu, pourraient faire de lui l'ancêtre du genre Homo, ce qui bouleverserait nos idées sur nos origines.

Ce qu'il faut retenir
  • Une piste, avec ce qui semble être 29 traces de pas, dont les tailles sont comprises entre 9,9 et 22,3 cm de longueur, a été découverte en Crète.
  • Selon les chercheurs à l'origine de cette découverte, ces traces proviendraient de bipèdes et, surtout, de mammifères dont les pieds seraient ceux d’hominines et pas de singes. D'autres chercheurs ne sont pas d'accord.
  • Si tel est bien le cas, étant âgées d'environ 5,7 millions d'années, ces traces pourraient conduire à repenser la chronologie et la structure de l'arbre des hominines menant à Homo sapiens.

Source : Futura Sciences du 04/09/2017

mardi 5 septembre 2017

Des préhumains ont-ils marché en Crète il y a 5,7 millions d’années ?

Des traces de pas auraient été laissées par un préhumain, il y a 5,7 millions d’années en Méditerranée. Si la découverte se confirme, elle indiquerait que nos grands ancêtres ont occupé une aire biogéographique dépassant la seule Afrique.



Ce ne sont que 29 traces de pas, mais elles pourraient nous obliger à revoir la marche de l'histoire ! Découvertes en 2002 par un géologue polonais sur le site de Trachilos, en Crète (voir la carte ci dessous), elles viennent en effet d'être datées de -5,7 millions d'années et attribuées à un homininé (c'est-à-dire un grand ancêtre des humains) plus jeune que Toumaï, mais bien plus vieux que les australopithèques (lire l'encadré ci dessous). "Cette recherche, publiée dans les Proceedings of the Geologist association prête à controverse, parce qu'elle suggère que les premiers ancêtres des humains vivaient dans le sud de l'Europe aussi bien qu'en Afrique de l'est" conviennent deux des auteurs, Matthew Robert Bennett, professeur de géographie environnementale à l'Université de Bournemouth (Grande Bretagne) et Per Ahlberg, professeur de biologie évolutionnaire à l'Université d'Uppsala (Suède).

Homininés, Hominidés, kesaco ? Selon le vocabulaire en usage chez la majorité des scientifiques, les homininés regroupent les hommes (Homo) et leurs ancêtres fossiles (Toumaï, Orrorin, australopithèques, kenyanthropes et ardipithèques). Les hominidés regroupent l'homme actuel, le chimpanzé, le bonobo, le gorille et l'orang-outan.

Ces traces de pas ont deux millions d'années de plus que celles de Laetoli, jusqu'alors les plus anciennes connues au monde. Elles auraient été faites par "quelqu'un marchant debout sur ses jambes" et chaussant du 35 maximum, puisqu'elles mesurent entre 9,4 cm et 22,3 cm. Leur forme seraient très similaires à celles des humains. "Les autres primates laissent des empreintes très différentes, leur pied ressemble plus à une main, avec un gros orteil écarté comme un pouce", soulignent les auteurs. Dépourvues de griffes, ces pieds seraient également dotés de coussinets proches de ceux des plantes humaines.

Pas de quoi convaincre le paléoanthropologue Zach Throckmorton, professeur d'Université à l'école de médecine de l'université du Michigan (Etats-Unis) : "Les traces de pas ne constituent pas des indicateurs fiables de l'architecture du squelette du pied, conteste t-il. Pour moi, ce gros orteil est un orteil de singe et non d'humain, vu son positionnement. Ou alors, celui qui a laissé l'empreinte souffrait du plus énorme hallux valgus (une déformation du gros orteil appelée oignon) qu'il m'ait été donné de voir ! " précise t-il malicieusement.

il y a 5,6 millions d’années, la Méditerranée était totalement asséchée

Quoiqu'il en soit, les traces ont été laissées sur une bande de sable, proche de l'ancien lit d'une rivière. Leur datation a été faite à partir de l'analyse de foraminifères, des micro-organismes marins fossiles dont l'évolution très rapide, au cours du temps, donne de bons jalons aux préhistoriens et biogéographes. Or, il y a 5,6 millions d'années, la Méditerranée s'est entièrement asséchée. Cet évènement extraordinaire a laissé des sédiments faciles à interpréter.

Les chercheurs situent le berceau de l'humanité en Afrique, là où ont été faites les plus anciennes ou spectaculaires découvertes, de Toumaï aux premiers Homo, en passant par Orrorin, Ardipithecus ou encore les australopithèques (voir l'encadré ci dessous et lire notre Hors série n°183, La Grande Histoire de l'humanité). Mais si la découverte se confirme, il faudra admettre que des homininés arpentaient également les pourtours de la méditerranée il y a 5,7 millions d'années.

Les plus anciens fossiles ou traces de préhumains connus sont Sahelanthropus alias Toumaï (-7 millions d'années) et Orrorin (-6 Ma) auquel s'ajoute l'étrange Graecopithecus (-7,2 Ma), un primate qui vient d'être reclassifié en homininé. Les traces de pas de Trachilos ont -5,7 millions d'années. Ardipithecus Kaddaba a environ le même âge. Les traces de pas de Laeotoli ont seulement 3,8 millions d'années et sont attribuées à des Australopithecus. Crédit GPA.

A l'époque, au miocène tardif, le désert du Sahara n'existait pas, des environnements de savane s'étendaient du nord de l'Afrique l'est de la Méditerranée. De surcroît, la Crète n'était pas encore détachée de la Grèce. "Dans ces conditions, il n'est pas difficile d'imaginer que les premiers homininés avaient une aire de distribution à travers tout le sud de l'Europe et toute l'Afrique et qu'ils ont pu laisser leurs empreintes sur un rivage méditerranéen" souligne Matthew Robert Bennett.

Reste une question : qui a laissé ces empreintes ? On savait déjà que des singes fossiles vivaient au Miocène dans cette région du monde. Mais pourrait-il vraiment s'agir d'un homininé, d'un préhumain ? Une étude vient donner un peu de crédit à l'hypothèse. Par une bienheureuse coïncidence, au début de l'année 2017, des chercheurs allemands, grecs et bulgares ont en effet réexaminé les restes d'un primate de Grèce et de Bulgarie, le Graecopithecus, vieux de – 7,2 millions d'années et… conclu qu'il s'agissait bien d'un homininé, le premier connu hors d'Europe. Leur analyse, reposant sur une mâchoire et une dent, a été très critiquée. Mais pour les découvreurs des traces de Crète, ce bonhomme fossile, surnommé "El Graeco" ou plutôt l'un de ses descendants, pourrait être le promeneur de Trachilos. Une nouvelle controverse est en marche.

Source : Sciences et Avenir du 01/09/2017

lundi 18 juillet 2016

Homo erectus marchait comme nous il y a 1,5 million d'années

Les empreintes de pas des ancêtres de l'Homme moderne sont rares. Elles sont pourtant précieuses pour tenter de mieux comprendre leur anatomie et, peut-être, leurs comportements sociaux. De telles traces, attribuées à Homo erectus, ont été découvertes au Kenya. Elles sont parfois indiscernables de celles d'Homo sapiens et laissent penser que les individus coopéraient déjà en groupe.

L’origine de la bipédie chez l’Homme est une question assez complexe. On ne sait pas vraiment quand ni pourquoi elle est apparue chez les hominines, même si l’on peut donner de bons arguments issus de l’anatomie pour estimer à quel point telle espèce était capable d’avoir ce mode de locomotion. Il y a toutefois des débats entre spécialistes, notamment pour déterminer si l’on est en présence d’une bipédie occasionnelle ou pas et, dans cette dernière hypothèse, si elle était vraiment proche ou non de celle de l’Homme moderne.

Pour essayer d’y voir plus clair, on peut espérer tirer des informations relevant de la biomécanique de la marche à partir de traces de pas enregistrées par des sols qui se sont transformés en roche, parfois depuis plus d’un million d’années.

Parmi les traces de pas les plus célèbres, il y a bien sûr celles de Laetoli, découvertes en Tanzanie en 1978 et qui sont datées d’environ 3,5 millions d’années. Leurs caractéristiques, bien que montrant une locomotion de bipède, ne sont pas celles d’un membre du genre Homo et on pense qu’elles ont été laissées par un australopithèque. Elles ne permettent pas de savoir si cette locomotion était exceptionnelle ni si elle se faisait sur une courte distance ou non.

Des empreintes d'individus bipèdes

En 2009, d’autres traces de pas fossilisées ont été découvertes, au Kenya cette fois-ci, visiblement attribuables à des hominines faisant partie du genre Homo. Elles sont âgées de 1,5 million d’années, d’après la datation des couches sédimentaires où elles ont été trouvées, sur le site de Rutgers' Koobi Fora Field, près d'Ileret.

Pour les paléontologues, ce fut de nouveau une découverte heureuse car les restes fossilisés des pieds humains sont assez rares : les os du pied sont petits et donc facilement avalés par les prédateurs. Comme il n’est pas facile non plus de déduire les caractéristiques des parties molles entourant ces os, ces empreintes permettent d’y voir plus clair quant aux êtres qui les ont laissées.

Ainsi, alors que les traces de pas retrouvées à Laetoli montraient un gros orteil écarté des autres, ce qui est le propre des primates essentiellement arboricoles, celles du Kenya montraient des empreintes de pieds où les orteils sont parallèles. Cela indique, sans doutes possibles, qu’elles ont été laissées par des hominines pratiquant une locomotion fondamentalement bipède et que l’on pense être des Homo erectus.

97 empreintes laissées par au moins 20 Homo erectus

Les recherches ont continué autour d'Ileret et une équipe internationale de paléontologues vient de publier à ce sujet un article dans Nature où elle annonce la découverte de 97 empreintes laissées par au moins 20 individus appartenant probablement tous à l’espèce Homo erectus, sur cinq sites différents. Les analyses ont montré qu’au moins un de ces individus a laissé des traces indiscernables de celles qu’aurait laissé un Homo sapiens pieds nus. On peut raisonnablement en déduire qu’Homo erectus disposait de pieds dont l’anatomie et le fonctionnement étaient très similaires à ceux de l’Homme moderne.

Les chercheurs semblent également parvenus à tirer des informations concernant l’éthologie des Homo erectus. Les caractéristiques des traces retrouvées permettent de penser que l’on était parfois en présence d’adultes de sexe masculin se déplaçant en groupe. Cela suggère qu’ils étaient capables de coopérer, ce qui est un comportement à la base de ceux séparant Homo sapiens des autres primates.

C’est la première fois que l’on trouve des indices en ce sens chez des Homo erectus dans un temps aussi reculé que 1,5 million d’années.

Source : Futura Sciences du 15/07/2016

mardi 28 juin 2016

Premières traces d’Homo erectus, il y a 800 000 ans

C’est dans les déserts de l'Érythrée que des paléontologistes ont identifié des traces de pas humains sur le site Aalad-Amo, dans le désert Danakil. Elles sont attribuées à l’espèce Homo erectus.

Des empreintes de pas conservées depuis 800 000 ans

Plusieurs empreintes de pas ont été découvertes dans le désert Danakil (sud-est de l’Érythrée) par une équipe de paléontologistes érythréens et italiens. Les traces de plusieurs individus ont été laissées dans les sables de ce qui devait être les rives d’un lac à l'époque.
L'anthropologue Alfredo Coppa (Université Sapienza de Rome) et ses collègues ont trouvé les empreintes sur une dalle de pierre de 26 mètres carrés environ. Ils ont indiqué que la forme des traces « imprimées » avait été remplie avec de l'eau juste après sa formation, puis s’était asséchée, avant d’être recouverte de sable. "Les empreintes sont conservées sur un sédiment de sable durci qui a été partiellement inondé. Jusqu'à présent, nous avons été en mesure de mettre au jour une partie de 26 mètres carrés," indique Alfredo Coppa.
C’est ce processus naturel qui a permis de conserver ces empreintes pendant plusieurs centaines de milliers d’années et d’apporter un témoignage de l’époque du Pléistocène.

Des traces d’Homo erectus dans son environnement

Dans cette région, les précédentes fouilles ont déjà permis d’exhumer les restes fossilisés de cinq ou six spécimens d' Homo erectus. C’est cette espèce d’hominidé qui vivait dans la région à cette époque. C’est donc logiquement que les empreintes lui sont attribuées.
Si l’on peut considérer Homo erectus comme un ancêtre d’Homo sapiens il est évident que les traces de pas des deux espèces sont pratiquement impossibles à distinguer l’une de l’autre.
"Les empreintes laissent apparaître des détails d'orteil, une voûte plantaire marquée et un gros orteil en abduction, tous les traits distinctifs des pieds humains », a déclaré Alfredo Coppa
Le moulage de sa voûte plantaire et la profondeur des traces montrent que cet Homo erectus avait une belle stature et était à la fois un coureur efficace et un bon marcheur.
Coppa rajoute que des empreintes telles que celles-ci sont «extrêmement rares» et qu'elles peuvent «révéler beaucoup de choses sur l'évolution de l'homm,e et fournir des informations essentielles sur la démarche et le type de locomotion de nos ancêtres."
Sur la même dalle de pierre apparaissent également des traces d’une espèce d’antilope aujourd'hui éteinte. Cette découverte, associée au fait que les empreintes ont été conservées dans un sédiment de sable durci, suggère que la zone était autrefois un grand lac entouré de prairies.

Les empreintes de pas à la préhistoire

Les empreintes de pas datant du Paléolithique sont peu fréquentes car elles supposent un enchainement d’événements et de circonstances rarissime. Toutefois, pour l’Afrique, c’est le quatrième site qui présente des empreintes paléolithiques humaines de ce type...
- le plus connu et le plus ancien est celui de Laetoli en Tanzanie : ce sont probablement des Australopithecus afarensis qui ont marché dans un environnement volcanique il y a 3,8 millions d’années.
- à Lleret au Kenya, à l’est du lac Turkana c’est 22 traces de pas d’un Homo erectus ou d’un Homo ergaster qui ont été découvertes. Elles sont datées de 1,5 millions d’années. Photo Professor Matthew Bennett, Bournemouth University.
- sur le site de Koobi Fora des traces d’hominidé (probablement Homo erectus) ont été également découvertes et datées entre 1,4 et 1,5 millions d’années. Photo: Brian Richmond

« Il est très probable que la zone autour de Ileret et Koobi Fora a été peuplée par H. erectus, mais aussi par Homo habilis et peut-être également des Paranthropes. Au contraire, la région du désert du Danakil, où les empreintes ont été déterrées, était habitée uniquement par H. erectus, d'où l'importance de la conclusion », a déclaré Coppa.

Source : Hominidés.com du 21/06/2016

jeudi 20 février 2014

800.000 ans pour les plus anciennes empreintes d’Europe

Ce sont les premières traces de pas humains observées en dehors de l'Afrique. Elles ont été découvertes sur la côte anglaise.

FAMILLE. Jusqu'à cinq personnes, peut-être de la même famille, ont laissé, il y a plus de 800.000 ans, une série d’empreintes de pas sur la rive d'un ancien estuaire, à Happisburgh, dans le nord de l’Angleterre. Ces traces ont été mises à nu par l'érosion dans une couche de sédiments. Et leur découverte est le fruit d'un fabuleux hasard.
"Leur emplacement a été révélé juste au moment où les chercheurs étaient là pour le voir, lors d'un relevé topographique. Deux semaines plus tard la marée aurait érodé les empreintes" souligne le Dr Simon Lewis, un des découvreurs.

Des traces extrêmement rares

Les découvertes de ce type sont exceptionnelles. Et il faut des conditions bien particulières pour que des empreintes soient saisies lors de leur impression et conservées au fil du temps pour être découvertes des milliers d’années plus tard.

Seules trois lignes d’empreintes sont plus anciennes que celles de Happisburgh : celles de Laetoli en Tanzanie datées de 3,6 millions d’années environ et celles d’Ileret et de Koobi au Kenya (1,5 millions d’années).

DOUTES. Les traces de pas d’Happisburgh ont pu être identifiées grâce à des photographies 3D de la surface. Elles ont révélé des formes d’orteils, de voutes plantaires et de talons appartenant à des adultes mais aussi probablement à des enfants. Leur taille (estimée grâce à la dimension des empreintes) variant entre 93 cm et 1m73. À quel groupe humain appartiennent-ils ? Les scientifiques n’ont pas la réponse.


Reconstitution du site d'Happisburgh

SILEX. Le site d’Happisburgh marque le premier établissement humain connu en Europe du Nord. Il y a peu encore, les historiens du peuplement estimaient qu’à cette époque, le Pléistocène inférieur, l’extension humaine ne dépassait pas une zone limitée par le sud des Pyrénées et des Alpes. C’est la découverte à Happisburgh de plus de 70 outils en silex qui a remis en cause cette théorie. Selon les auteurs, qui publient leur découverte dans PLOS ONE, ces empreintes appartiennent à des Homo antecessor.

Source : Sciences et Avenir du 12/02/2014

mardi 18 février 2014

Des traces de pas vieilles de 800.000 ans en Angleterre

En remuant le sable d'une plage de la côte est, une forte marée a mis au jour des sédiments datant du pléistocène. Et révélé les plus anciennes empreintes jamais découvertes en Europe.

Une famille marche en bord de mer et, 800.000 ans plus tard, des paléontologues s'émeuvent. Un énorme coup de chance a permis à Nick Ashton, du British Museum de Londres, et son collègue Martin Bates, de la Trinity St David's University, de tomber sur ces traces de pas. Ils effectuaient un relevé géologique sur la plage de Happisburgh, sur la côte est de l'Angleterre. Un site bien connu des chercheurs, qui y avaient déjà trouvé il y a trois ans des fossiles de mammouths et surtout des pierres taillées, prouvant pour la première fois que l'homme était déjà présent dans le nord de l'Europe il y a 800.000 ans.



Mais en ce mois de mai 2013, Martin Bates aperçoit une chose inhabituelle: sous le sable remué par une forte marée, des sédiments anciens sont révélés et forment une sorte de «pâte feuilletée» de vase, compacte, très ferme et peu humide. Une petite zone de 12 mètres carrés, parsemée de creux allongés, attire particulièrement l'attention du chercheur. Et s'il s'agissait de traces de pas ? L'âge du site est connu des chercheurs, les empreintes peuvent donc être fort anciennes… Dans son blog, Nick Ashton raconte les moments de doutes, l'élimination rapide de diverses hypothèses, puis la conviction qui se dessine.

Paléolithique inférieur

Peu après, ils reviennent avec une troisième comparse, Sarah Duffy (université de York), pour observer ces empreintes avant que la marée suivante ne les efface à tout jamais. «La méthode était bonne mais la météo ne l'était pas», écrit sur son blog Nick Ashton: après avoir, sous la pluie, pris des centaines de clichés et mesuré les traces, ils repartent trempés, déçus, et finalement plus très convaincus.
La reconstitution en 3D et l'analyse des clichés confirmeront pourtant la belle intuition: les chercheurs avaient bien là des empreintes laissées dans la vase d'un estuaire par des marcheurs du paléolithique inférieur, les plus anciennes jamais retrouvées en Europe du Nord. Des carottages dans la falaise confirmeront que les sédiments qui contenaient les empreintes ont entre 1 million et 780 milliers d'années. À l'époque, la Grande-Bretagne était reliée au reste de l'Europe par des terres émergées.

«C'est très émouvant»

«C'est absolument magnifique», s'enthousiasme Marie-Hélène Moncel, directrice de recherche au CNRS et membre du département préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle. «Seuls trois sites avaient déjà révélé des traces de pas plus anciennes, tous situés en Afrique. C'est très émouvant, on peut les voir qui marchent il y a 800.000 ans!»

Car c'est fou, ce que l'on peut déduire de simples traces de pas… «Ces empreintes fugaces de corps mous nous donnent beaucoup d'informations, explique Marie-Hélène Moncel. On peut calculer la taille des individus, leur poids, leur posture et leur démarche… On peut même reconstituer un événement, en voyant si leur marche s'est interrompue, par exemple.»

Une famille

Douze empreintes assez nettes pour être identifiées font très clairement apparaître le talon, la voûte plantaire et même, pour l'une d'entre elles, des orteils, nous dit l'étude publiée dans PlosOne . Les pieds, appartenant à au moins cinq individus différents, mesuraient de 140 à 260 mm (soit des pointures allant du 23 au 41…), ce qui montre que des enfants étaient présents. «C'est clairement une cellule familiale», selon Nick Ashton. Ses membres mesuraient entre 93 cm et 1,73 m de haut, et le plus grand pouvait peser une cinquantaine de kilos. Un rapport entre la taille et le poids qui est très surprenant. «50 kg, ce n'est pas lourd du tout, s'étonne Tony Chevalier, anthropologue au Musée de Tautavel. Chez Néandertal, on pense que les individus de cette taille en pesaient plutôt 80!» Les promeneurs de Happisburgh étaient plutôt graciles…

On ignore à quelle espèce ils appartenaient. Les chercheurs britanniques pensent à Homo antecessor, sans pouvoir l'affirmer en l'absence d'os humains. On sait que ces bipèdes dotés d'outils rudimentaires en pierres taillées et en bois étaient des chasseurs-cueilleurs, et pouvaient aussi se faire charognards. Et qu'à leurs heures perdues, ils aimaient marcher dans la vase…

La longue marche vers la colonisation humaine de l'Europe

«La première preuve de colonisation de l'Europe a été retrouvée en Géorgie, avec des restes datant de 1,8 million d'années», explique Tony Chevalier, anthropologue à l'université de Perpignan détaché au Centre de Recherche de Tautavel. Ce premier hominidé sorti d'Afrique était un Homo erectus. Homo antecessor, lui, pourrait avoir 1,3 million d'années, selon des restes retrouvés à Sima del Elefante et à Orce, en Espagne. Mais l'espèce a été définie à Gran Dolina, grâce à des ossements vieux de 900.000 ans. Plus tard, une mandibule vieille de 650.000 ans trouvée à Mauer, près d'Heidelberg, en Allemagne, permettra de définir Homo heidelbergensis. Il est aussi connu sous le nom d'Homme de Tautavel, qui a vécu dans le sud de la France il y a au moins 450.000 ans. «Tous sont des Homo erectus au sens large», simplifie l'anthropologue.

«PuisHomo heidelbergensis a donné Néandertal», explique Tony Chevalier. Un hominidé arrivé il y a 150.000 ans, puis éteint il y a environ 30.000 ans, nous laissant quelques gènes au passage, pensent aujourd'hui les spécialistes. En parallèle de Néandertal, Homo sapiensest apparu il y a quelque 200.000 années. L'«Homme savant» (c'est-à-dire nous…) est désormais le seul représentant du genre Homo.

Source : Le Figaro du 10/02/2014

lundi 10 février 2014

Découverte en Angleterre des plus anciennes traces de pas humains hors du continent africain

HISTOIRE - C'est «une découverte exceptionnellement rare», selon un chercheur du Brtitish Museum...

Les plus anciennes traces de pas humains jamais découvertes en dehors du continent africain ont été mises à jour sur la côte Est de l'Angleterre, a annoncé ce vendredi au British Museum à Londres l'équipe de chercheurs.

Vieilles de 800.000 ans, les empreintes, d'adultes et d'enfants, ont été trouvées en bord de mer à Happisburgh dans de la boue d'un ancien estuaire. Il existe seulement deux sites plus anciens et ils sont situés tous les deux en Afrique: à Laetoli en Tanzanie, où on a retrouvé des traces datées de 3,5 millions d'années et à Koobi Fora au Kenya (1,5 millions d'années).

Clichés reconstitués en 3D

«C'est une découverte exceptionnellement rare», a souligné Nick Ashton du British Museum qui a mené les recherches en coopération avec le National History Museum et la Queen Mary University London.



La même équipe avait déjà mis à jour des pierres taillées et des fossiles de mammouth sur ce site il y a plusieurs années. Les chercheurs ont trouvé les traces de pas par marée basse et se sont empressés de les photographier au plus vite avant que la mer ne revienne les effacer.

Ils ont ensuite reconstitué les clichés en 3D sur lesquels ils ont alors identifié des traces d'adultes et des empreintes plus petites, appartenant probablement à des enfants.

Des individus mesurant entre 90 cm et 1m70

«C'est clairement une cellule familiale plutôt qu'un groupe de chasseurs», a déclaré Ashton qui estime que ces ancêtres mesuraient entre 90 cm et plus de 1 mètre 70.

Mais l'identité précise de ceux qui ont laissé ces traces reste inconnue. Selon Chris Stringer du Natural History Museum, ils pourraient s'apparenter à l'espèce du «Homo antecessor», dont des restes ont été trouvés à Atapuerca en Espagne.

Source : 20 minutes du 07/02/2014

lundi 25 janvier 2010

Les plus vieilles traces de pas sur Terre

La découverte de traces de pas vieilles de 397 millions d'années permet de reculer la date d'apparition des premiers tétrapodes.

Nature fait sa une sur la découverte des plus anciennes traces de pas sur Terre.
Nature fait sa une sur la découverte des plus anciennes traces de pas sur Terre.
Ce sont, pour le moment, les plus vieilles empreintes faites sur la terre ferme par un animal doté de quatre membres et de doigts, c'est à dire un tétrapode. "On les a retrouvé dans une ancienne carrière, au centre de la Pologne, dans un gisement du dévonien vieux de 397 millions d'années" précise Philippe Janvier du Museum National d'Histoire Naturelle, auteur d'un article accompagnant la publication principale dans la revue Nature.

Ces traces de pas, plusieurs pistes ont été relevées, correspondent vraisemblablement à un animal long d'environ deux mètres qui ressemblerait "à une grosse salamandre croisée avec un crocodile, plutôt assez bas sur pattes" décrit P.Janvier. Les empreinte indiquent clairement l'existence de "mains" et de "pieds" sans traces de glissement d'un corps, ce qui exclu un déplacement par reptation.


Découverte des plus anciennes traces de pas sur Terre

Si elles ne boulerversent pas l'idée que se font les paléontologues et les biologistes sur la sortie des eaux et l'apparition des premiers vertébrés terrestres, elle recule néanmoins de plusieurs millions d'années leur date d'apparition probable.

"Alors que l'on pensait que la divergence entre les poissons intermédiaires, à nageoires lobées, et les tétrapodes datait de 385 à 390 millions d'années; cette découverte indique que les premiers tétrapodes sont certainement apparus il y a 400 millions d'années et peut-être plus", explique le chercheur."Cela ouvre de nouvelles pistes de recherches. Il nous faut chercher des fossiles ou des empreintes dans des sites plus vieux datant de l'Emsien [407 à 397 millions d'années]".

Source : NouvelObs.com du 07/01/2010

jeudi 7 janvier 2010

Les plus anciennes traces de pas du monde ont 395 millions d'années

Quelques traces laissées par un animal à quatre pattes de deux mètres prouvent qu'on a marché sur la Terre plus tôt qu'on ne le pensait. Il faut maintenant réviser l'histoire des tétrapodes, nés parmi les poissons et dont nous faisons partie.


Un jour, certains poissons ont fait pousser leurs nageoires pectorales, sans doute pour vivre dans des milieux lagunaires. Là où l'eau est si peu profonde que les grands prédateurs aquatiques ne pouvaient s'aventurer, ces animaux devaient vivre dans une relative tranquillité, se déplaçant en s'appuyant sur le fond.

Ces poissons, les sarcoptérygiens, avaient perdu leurs nageoires dorsales et ventrales. Les pectorales, elles, se faisaient charnues et les solides os qui les charpentaient ressemblaient beaucoup aux membres des animaux à quatre pattes, les tétrapodes, une grande famille apparue plus tard et qui réunit aujourd'hui les amphibiens (salamandres, grenouilles...), les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

Panderichthys est l'un d'eux, qui vivait il y a quelque 385 millions d'années, durant le Dévonien moyen. Le Tiktaalik (un elpistostegide, lui aussi), arrivé sur la scène plus tard, vers 375 millions d'années (le Dévonien supérieur), pouvait sans doute faire mieux et carrément sortir de l'eau. Ce grand poisson de deux mètres de longueur avait en effet des pectorales particulièrement costaudes et une cage thoracique solide lui évitant de s'affaisser en l'absence de poussée d'Archimède.

Une promenade sur la plage

Parmi ses descendants, ou ceux de cousins inconnus, figurent sans doute tous les tétrapodes, dont les pionniers connus sont Ichthyostega et Acanthostega, deux animaux dotés de métacarpes, qui ont marché il y a 365 millions d'années.

Mais cette histoire est à réécrire, au moins en partie, après la publication dans Nature d'une découverte réalisée en Pologne. Dans des terrains clairement datés de 395 millions d'années, les paléontologues ont mis au jour des traces de pas d'un grand animal à quatre pattes, qui devait mesurer environ deux mètres.

Sur une surface superbement conservée, où on repère les craquelures d'une boue séchée, on distingue nettement ses cinq doigts, dirigés vers l'avant. Entre les empreintes des pattes n'apparaît aucune trace d'un corps ou même d'une queue traînant sur le sol. L'animal, donc, ne rampait pas mais se soutenait sur ses quatre pattes.

Près de dix millions d'années avant les balades terrestres du Tiktaalik, cet animal inconnu marchait déjà. Nos ancêtres les premiers tétrapodes sont donc plus anciens qu'on ne le pensait.

Le lieu de cette promenade, également, surprend. Jusque-là, on imaginait plutôt les premières conquêtes de la terre ferme autour de rivières d'eau douce. Mais les restes fossiles d'invertébrés trouvés aux alentours et les caractéristiques du sol montrent qu'il s'agissait d'un milieu marin découvert à marée basse. Les premiers tétrapodes sont-ils sortis de la mer pour aller folâtrer sur la plage ?

Source : Futura-Sciences du 07/01/2010


Remarquablement conservées dans la boue fossilisée, ces traces de pas sont celles d'un animal à quatre pattes qui savait marcher

vendredi 1 juillet 2005

Empreintes de pas de Happisburgh

Les empreintes de Happisburgh étaient un ensemble d'empreintes d'hominidés fossilisés datant du début du Pléistocène, il y a plus de 800 000 ans. Ils ont été découverts en mai 2013 dans une couche de sédiments nouvellement découverte du lit de la forêt de Cromer sur une plage de Happisburgh à Norfolk, en Angleterre, et soigneusement photographiés en 3D avant d'être détruits par la marée peu de temps après.

Les résultats de la recherche sur les empreintes ont été annoncés le 7 février 2014 et les ont identifiées comme les plus anciennes empreintes d'hominidés connues en dehors de l'Afrique.

Avant la découverte de Happisburgh, les plus anciennes empreintes de pas connues en Grande-Bretagne se trouvaient à Uskmouth dans le sud du Pays de Galles, du mésolithique et datées au carbone à 4 600 avant notre ère. Les plus anciennes empreintes connues d'hominidés en Europe étaient les traces de Ciampate del Diavolo trouvées au volcan Roccamonfina en Italie, datées d'il y a environ 350 000 ans.

Récompensée en 2015 par le prix « Rescue Dig of the Year », la découverte de l'empreinte de Happisburgh a attiré l'attention du public et a été présentée dans une exposition au Natural History Museum de Londres .

Découverte

Les empreintes ont été découvertes en mai 2013 par Nicholas Ashton, conservateur au British Museum , et Martin Bates, de l'Université Trinity St David , qui menaient des recherches dans le cadre du projet Pathways to Ancient Britain (PAB).

Les empreintes de pas ont été retrouvées dans des sédiments, partiellement recouverts de sable de plage, à marée basse sur l'estran de Happisburgh. Le sédiment avait été déposé dans l'estuaire d'une rivière disparue depuis longtemps et avait ensuite été recouvert de sable, préservant sa surface. La couche de sédiments sous-tend une falaise sur la plage, mais après un temps orageux, la couche protectrice de sable a été emportée et les sédiments exposés. Les sédiments sont stratigraphiquement considérés comme appartenant à l'unité Cromer Forest Bed.

En raison de la douceur des sédiments, qui se trouvaient sous la marque de la marée haute, l'action des marées l'éroda et, en deux semaines, les empreintes de pas avaient été détruites.

Bien que les chercheurs n'aient pas pu conserver les empreintes de pas, ils ont travaillé pendant les périodes de marée basse, souvent sous une pluie battante, pour enregistrer des images 3D de toutes les empreintes de pas en utilisant la photogrammétrie. Les images ont été analysées par Isabelle De Groote, de l'Université John Moores de Liverpool, qui a pu confirmer que les creux dans les sédiments étaient des empreintes d'hominidés.

Les faits concernant la découverte ont été publiés par Ashton et d'autres membres de l'équipe de recherche en février 2014 dans la revue scientifique PLOS ONE.

Description

Environ cinquante empreintes de pas ont été trouvées dans une zone de près de 40 mètres carrés. Douze étaient en grande partie complets et deux présentaient des détails sur les orteils. Les empreintes d'environ cinq personnes ont été identifiées, y compris des adultes et des enfants. Les empreintes mesuraient entre 140 et 260 millimètres, ce qui équivaut à des hauteurs comprises entre 0,9 et 1,7 mètres. On pense que les individus qui les ont fabriqués appartenaient à l'espèce Homo antecessor, connue pour avoir vécu dans les montagnes d'Atapuerca en Espagne il y a environ 800 000 ans. Aucun fossile d'hominidés n'a été trouvé à Happisburgh.

L'analyse montre que le groupe de peut-être cinq individus marchaient dans une direction sud (en amont) le long des vasières dans l'estuaire d'un premier chemin de la Tamise qui se jetait dans la mer plus au nord qu'aujourd'hui, lorsque le sud-est de la Grande-Bretagne a été rejoint au continent européen. Les archéologues ont spéculé que le groupe recherchait les vasières pour les fruits de mer tels que les lugworms, les crustacés, les crabes et les algues. Il est possible que le groupe ait vécu sur une île de l'estuaire qui offrait une protection contre les prédateurs et voyageait de leur base insulaire au rivage à marée basse.

Rencontre

Le site de Happisburgh est trop ancien à ce jour en utilisant la datation au radiocarbone, qui ne convient pas aux sites de plus de 50 000 ans environ. La datation du site a plutôt été basée sur la stratigraphie, le paléomagnétisme et les preuves de la flore et de la faune fossiles dans les sédiments.

Les signatures magnétiques dans les dépôts sédimentaires indiquent qu'ils se sont établis entre les deux inversions géomagnétiques les plus récentes - l'inversion Brunhes–Matuyama il y a environ 780 000 ans et l'inversion Jaramillo il y a environ 950 000 à 1 million d'années.

Les preuves de la flore et de la faune fossiles à l'aide d'indicateurs tels que les dents fossilisées de campagnols, qui fournissent des preuves de datation très précises, repoussent la limite inférieure à il y a au moins 840 000 ans.

Sur cette base, la plage de dates possibles pour le dépôt des sédiments que les empreintes ont été trouvées dans des étendues de 850 000 à 950 000 ans, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour rétrécir la fenêtre.

Géographie du Pléistocène

À l'époque où vivaient les hominidés de Happisburgh, un pont terrestre existait entre la Grande-Bretagne et la France avant la formation de la Manche il y a environ 450 000 ans. La Tamise ancestrale coulait plus au nord qu'elle ne le fait aujourd'hui avant de converger avec l'ancienne rivière Bytham, tandis que le paysage d'une grande partie de l'East Anglia moderne se composait d'une série de crêtes d'argile et de creux connus sous le nom de East Anglian Crag Bassin. Happisburgh était à environ 24 km plus à l'intérieur des terres qu'aujourd'hui et était le site d'un ancien estuaire où les rivières Bytham et Thames convergeaient pour s'écouler dans ce qui aurait alors été une baie maritime.

Lorsque les empreintes ont été faites, l'estuaire occupait une vallée herbeuse et ouverte entourée de forêts de pins, avec un climat similaire à celui du sud de la Scandinavie moderne. Il aurait été habité par des mammouths, des rhinocéros, des hippopotames, des cerfs géants et des bisons, qui étaient la proie des chats à dents de sabre, des lions, des loups et des hyènes. Outre une abondance de gibier et de plantes comestibles, les graviers de la rivière étaient riches en gisements de silex, que les premiers humains auraient trouvé une ressource inestimable.

Les découvertes de Happisburgh marquent la première fois que des preuves des premiers humains d'il y a 1 000 000 ans ont été découvertes aussi loin au nord. Les paléontologues avaient cru que les hominines de l'époque avaient besoin d'un climat beaucoup plus chaud, mais les habitants de la préhistoire Happisburgh s'étaient adaptés au froid, suggérant qu'ils avaient développé des méthodes avancées de chasse, de vêtements, d'abri et de réchauffement beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait auparavant.

Source : Wikipedia (en)

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nom :
âge : 950-850 ka
découverte : Nicholas Ashton & Martin Bates
date : 2013
espèce : Homo antecessor

samedi 1 janvier 2005

Panga ya Saidi

Panga ya Saidi est un site archéologique dans le comté de Kilifi au Kenya de la transition de l'âge de pierre moyen à l'âge de pierre postérieur, comme ces époques sont appelées en Afrique de l'Est, c'est-à-dire du Moyen Âge de pierre à l'âge de pierre ultérieur. Il s'agit d'un grand système de grottes calcaires dont les plafonds se sont partiellement effondrés. La soi-disant chambre principale explorée jusqu'à présent a une superficie d'environ 100 mètres carrés et est située à environ 15 kilomètres à l'intérieur des terres de l'océan Indien dans les hauts plateaux de Dzitsoni de la mosaïque de la forêt côtière de Zanzibar-Inhambane. à une altitude d'environ 150 mètres au-dessus du niveau de la mer aujourd'hui.

Dans la grotte (abri dans un écotone entre forêt tropicale et savane, explorée depuis 2010), entre autres. Outils en pierre récupérés de couches jusqu'à 78 000 ans ; les découvertes les plus récentes d'utilisation presque ininterrompue de la grotte par les humains proviennent de l' Holocène. 

Au total, plus de 30.000 objets en pierre ont été récupérés au cours de la première période d'excavation entre 2010 et 2013, ainsi que plusieurs os travaillés, 17 fragments d' ocre et de plusieurs perles douzaine de coquilles d'autruche œufs et les escargots de mer de la genre Conus. Les perles de conus ont jusqu'à environ 65 000 ans, les perles d'autruche ont environ 25 000 ans. Les pièces ocres proviennent de plusieurs horizons et ont en partie 48 000 ans, en partie 25 000 ans.

Source : Wikipedia (de)

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nom :
âge : 78 ka
découverte :
date : 2010
espèce :

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les plus vieilles traces de présence humaine dans une grotte, découvertes en 2018 à Panga ya Saidi (Kenya), datent de 78 000 ans.

La grotte est unique en son genre puisqu'elle a été habitée sans interruption pendant des dizaines de milliers d'années. Le réseau de ses couloirs constitue environ un kilomètre et la «salle» principale fait 100 mètres de long. À en juger d'après les nombreux outils de pierre taillée, il semble que les premiers hommes soient venus habiter les lieux il y a environ 78.000 ans. De nombreux outils ont été trouvés lors des fouilles, dans un empilement de sédiments d'environ 3 mètres qui prouvent l'évolution technologique des outils. Ainsi, il y a plus de 67.000 ans, ces derniers sont devenus plus petits en lien avec les transformations des techniques de chasse et de subsistance.

Les chercheurs ont également découvert des outils en pierre vieux de 10.000 ans, des os sculptés ayant entre 25.000 et 48.000 ans, des bijoux, ainsi que la plus ancienne perle jamais trouvée au Kenya, datant d'il y a environ 65.000 ans et fabriquée en coquillage marin.

Source :