mardi 30 novembre 2021

Découverte des plus anciens fossiles de Dénisoviens

Une équipe d’anthropologues annonce avoir déterré les plus anciens fossiles de Dénisoviens à ce jour. Avec ces ossements vieux de 200 000 ans, les chercheurs ont également découvert pour la première fois des artefacts en pierre liés à ces parents éteints de l’Homme moderne. Les détails de ces travaux ont été rapportés dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Trois molaires, un morceau d’auriculaire, deux fragments de crânes et une mandibule : telles étaient les seules preuves de l’existence passée des Dénisoviens. Cinq de ces fossiles ont été déterrés dans la grotte de Denisova, en Sibérie, tandis que l’un d’entre eux fut déterré en Chine. Ces quelques restes tous datés à entre 122 000 à 194 000 ans nous ont tout de même permis de déterminer plusieurs points.

D’une part, les Dénisoviens sont les plus proches parents connus de l’Homme moderne avec les Néandertaliens et ils auraient pu être autrefois répandus en Asie continentale, en Asie du Sud-Est insulaire et en Océanie. D’autre part, que Dénisoviens et Néandertaliens ont divergé il y a environ 744 000 ans avant de cohabiter. Enfin, nous savons également qu’au moins deux groupes distincts de cette espèce se sont croisés avec les ancêtres des humains modernes.

Entrée de la grotte de Denisova

Désormais, les chercheurs ont découvert trois autres fossiles appartenant à cette espèce, toujours dans la même grotte de l’Altaï. D’après les premières analyses, ces restes auraient environ 200 000 ans. Ce sont donc les plus anciens ossements de Dénisoviens jamais découverts.

Des ossements, mais aussi des outils

Dans le cadre de cette nouvelle étude, l’équipe de Katerina Douka, de l’Université de Vienne (Autriche), a examiné 3 791 fragments d’os de la grotte. Parmi ces restes, seuls cinq ossements étaient « humains » et quatre d’entre eux contenaient suffisamment d’ADN pour révéler leur identité. L’un était Neandertal, tandis que les trois autres étaient de l’espèce Denisova. Sur la base de similitudes génétiques, deux de ces fossiles peuvent provenir d’une même personne ou d’individus apparentés.

En plus de ces ossements, la couche de terre dans laquelle ils étaient contenus abritait également une multitude d’artefacts en pierre, pour la plupart des outils de grattage. Ces restes très précieux pourraient alors nous en apprendre davantage sur la vie et le comportement de ces anciens cousins. « C’est la première fois que nous pouvons être sûrs que les Dénisoviens sont les créateurs de vestiges archéologiques« , rapporte Katerina Douka.

À leur époque, il y a environ 200 000 ans, les chercheurs suggèrent que ces individus évoluaient dans un climat comparable à celui d’aujourd’hui au milieu de forêts de feuillus et de steppes ouvertes. D’après, les restes d’animaux retrouvés sur place, ces anciens cousins se nourrissaient probablement de cerfs, de gazelles, de chevaux, de bisons et de rhinocéros laineux. « Nous pouvons en déduire que les Dénisoviens étaient bien adaptés à leur environnement, utilisant toutes les ressources à leur disposition« , poursuit l’anthropologue.

En outre, les restes osseux de loups et de chiens sauvages retrouvés dans la même suggèrent que ces individus devaient probablement rivaliser avec ces prédateurs pour les proies, et peut-être même pour la grotte elle-même.

Pour l’heure, les fouilles se poursuivent. L’équipe espère évidemment tomber sur d’autres ossements appartenant à cette espèce encore très mystérieuse.

Source : SciencePost du 30/11/2021

dimanche 28 novembre 2021

142.000 ans : la plus ancienne parure du monde vient d'être découverte

Mis au jour au Maroc, un ornement préhistorique composé de coquillages marins pourrait être la plus ancienne parure rencontrée à ce jour.

S’agissait-il d’un collier ? De bracelets ? De perles cousues sur un support ? D’une ceinture ? La plus ancienne parure de coquillages jamais découverte vient d’être extraite de la grotte de Bizmoune, un gisement archéologique situé dans le Jebel Lahdid, à une vingtaine de kilomètres d’Essaouira, au sud-ouest du Maroc. "Dans des sédiments de 142.000 ans, datés par l’utilisation de la méthode Uranium-Thorium [qui mesure la vitesse de désintégration de l’uranium, NDLR], nous avons en effet mis au jour plus de 32 coquilles façonnées et percées représentant les éléments d’une parure préhistorique", explique Philippe Fernandez (CNRS, Université Aix-Marseille). Chercheur au Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique (LAMPEA,UMR 7269), il cosigne dans la revue Science Advances le détail de cette découverte et les travaux menés en collaboration avec une équipe internationale co-dirigée par Abdeljalil Bouzouggar de l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (Insap) de Rabat (Maroc), et de Steven L. Kuhn, de l’Université d’Arizona (Tucson, Etats-Unis).

Des coquilles de gastéropodes marins

"Il s’agit de coquilles d’un gastéropode marin dont les traces de perforations, d’usure par suspension ainsi que de patine ont été mises en évidence grâce à des observations microscopiques à hautes résolutions, poursuit le paléontologue interrogé par Sciences et Avenir. Nous avons trouvé la majorité de ces perles entre 2016 et 2019 ; depuis, d’autres coquilles sont venues compléter cet ensemble de 32 éléments." Certaines portent encore des résidus d’ocre rouge. Elaborés à partir de coquilles de Tritia gibbosula, une espèce de gastéropode marin, ces vestiges sont l’œuvre de populations d’Homo sapiens. Sans doute les ancêtres des groupes atériens, du nom d’une culture présente dans cette région de l’Afrique du Nord dès 130.000 ans.

De longues marches étaient nécessaires pour récolter ces coquillages

Ils repoussent surtout de près de 20.000 ans l’existence des plus vieux ornements corporels connus jusque-là. Parmi ces derniers, citons les coquilles marines de Tritia gibbosula exhumées sur le site côtier marocain d’El Mnasra, près de Rabat (110.000 ans) ; celles des Glycymeris insubrica datées de 120.000 ans rencontrées dans la grotte de Skhul, et les niveaux les plus récents du site de Qafzeh, en Israël ; celles de Nassarius kraussianus exhumées en Afrique du Sud, sur les gisements de Blombos (75.000 ans) et Sibudu (77.000 ans) ; ou encore cet exemplaire du genre Conus coloré d’ocre, retrouvé à proximité d’une sépulture d’enfant à Border Cave, toujours en Afrique du Sud (74.000 ans).

Les personnes porteuses de ces objets cherchaient-elles à seulement parer leurs corps ? Marquer leur appartenance à une communauté ou à un statut social ? Toujours est-il qu’elles n’hésitaient pas à faire de longues marches pour collecter ces précieux coquillages. Ces groupes de chasseurs-cueilleurs qui évoluaient au milieu d’une faune abondante (oryx, chevaux, rhinocéros, phacochères, gazelles, hippotragues ou autres antilopes) ont par exemple parcouru une cinquantaine de kilomètres depuis Bizmoune pour rejoindre le littoral de l'Atlantique, alors plus éloigné que la côte actuelle.

Source : Sciences et Avenir du 26/11/2021

samedi 27 novembre 2021

L'Arabie serait le second berceau de l'humanité

L'Arabie, grande oubliée de l'archéologie préhistorique, retrouve peu à peu ses lettres de noblesse : loin de l'impasse hostile que nous avions imaginée, la péninsule, rythmée par des épisodes verdoyants, aurait elle aussi vu les tout premiers humains prospérer. L'histoire du second berceau de l'humanité se précise enfin.

Cimetière des éléphants", "no man's land", "cul-de-sac"… L'Arabie, ou péninsule Arabique, dominée par une vaste mer de sable, paraît bien peu accueillante. Comment les tout premiers humains auraient-ils pu survivre dans cet enfer ? De fait, l'archéologie préhistorique a longtemps négligé l'Arabie, simple escale dans les grandes migrations humaines, sas emprunté à la va-vite. Juste après leur sortie d'Afrique, les populations l'auraient peut-être enjambée via le Levant, pour atteindre l'Eurasie plus clémente. À moins qu'elles aient sillonné "l'autoroute du sud" sans s'arrêter, longeant les côtes depuis l'Afrique du Sud-Est, passant par la mer Rouge, l'actuel Yémen et le golfe Persique, puis l'Asie. Mais quelle que soit la route empruntée, la presqu'île arabe, trop farouche, n'aurait, elle, jamais été peuplée. "Elle a toujours été tenue à l'écart de la scène principale de l'évolution humaine, acquiesce Eleanor Scerri, archéologue à l'Institut Max-Planck pour la science de l'histoire humaine. On la considérait comme un désert stérile où les humains n'auraient pas pu vivre avant la domestication des animaux et des cultures."

Une gigantesque oasis

Oui mais voilà : imaginez cette fois une Arabie verte, luxuriante, parsemée de prairies et de savanes arborées, avec des lacs se formant entre les dunes, et des réseaux de rivières se dessinant dans les terres… Imaginez une gigantesque oasis ! Car c'est bien cette Arabie-là que les reconstitutions paléoclimatiques dévoilent. En se penchant sur les dépôts sédimentaires de milliers de paléo-lacs jusque-là ignorés, identifiés grâce aux images satellites, des pionniers ont pu montrer qu'il y a des centaines de milliers d'années, le climat aride de la péninsule était rythmé de phases humides. Ce qui chamboule toute notre histoire : les premiers humains auraient pu occuper la péninsule pendant ces fenêtres d'opportunité climatique qui courraient sur des dizaines de milliers d'années, faisant de l'Arabie l'antichambre des futures pérégrinations de nos ancêtres.

C'est donc une toute nouvelle version de la sortie d'Afrique qui s'écrit, et qui se précise grâce à la récente découverte d'un site inédit dans le désert du Néfoud, baptisé Khall Amayshan (KAM 4). Une série de lits de paléo-lacs, interrompus par des épisodes de sécheresse et chacun associé à une industrie lithique (ensemble des objets en pierre transformés par l'humain) différente, témoignent d'occupations périodiques de la péninsule par plusieurs espèces humaines. Et ce sur une période de 400 000 ans !

" C'est la première fois que l'on trouve des preuves aussi anciennes du passage humain en Arabie, sur une période aussi longue, et sur un site datable réunissant sédiments lacustres, culture matérielle et même fossiles d'animaux, s'enthousiasme Rémy Crassard, archéologue préhistorien au CNRS et spécialiste de la péninsule Arabique. Ce site est essentiel parce qu'il fait la synthèse des avancées de cette dernière décennie." Des avancées qui étaient jusqu'ici restées modestes, car l'aridité de la région, même intermittente, empêche la préservation des fossiles et la datation des pierres taillées : il y a très peu de sédimentation, de végétation pour fixer les sols, et les vents causent une forte érosion. Les ossements disparaissent, et les silex se retrouvent en surface, sans contexte archéologique pour les dater… Résultat : à peine une quinzaine de sites datés, contre des milliers en France, un vide archéologique entre - 55 000 ans et - 12 000 ans, et un registre fossile humain se limitant à une phalange d'environ 85 000 ans.

Mais, coup de chance ! À Khall Amayshan, les sédiments lacustres anciens ont formé une couche de protection très résistante assurant la conservation des vestiges. Cinq paléo-lacs - légèrement décalés à cause du déplacement des dunes au fil des millénaires - se seraient formés successivement il y a approximativement 400 000, 300 000, 200 000, 130 000 à 75 000, et 55 000 ans avant notre ère, d'après les datations par luminescence, qui permettent d'estimer la dernière exposition d'un minéral à la lumière. Dans ces sédiments anciens, toujours pas de fossiles humains, mais des fossiles d'autres vertébrés comme des espèces éteintes de bovins qui pouvaient peser jusqu'à 2 ou 3 tonnes, ou encore des chevaux, des antilopes et des autruches. "Mais le plus intéressant reste les fossiles d'hippopotames, note Michael Petraglia, archéologue à l'Institut Max-Planck et auteur principal de l'étude parue sur KAM 4. Ces mammifères semi-aquatiques montrent que nous avions bel et bien des lacs profonds et permanents pendant les phases d'humidité." Autre intérêt de ces fossiles : il s'agit d'espèces africaines, venant probablement du Sahara verdoyant de cette période. Elles auraient voyagé avec les premiers humains, de petits groupes de chasseurs-cueilleurs qui les traquaient pour subsister. Ces espèces africaines auraient même pu être le moteur principal des dispersions humaines, suggère Michael Petraglia.

CHRONOLOGIE

  • - 400 000 ans

Ces larges bifaces typiques de la culture Acheuléenne servaient d'outils à tout faire. Ils sont similaires à ce que produisaient d'anciennes espèces d' Homo , comme Erectus .

  • - 300 000 ans

Si ces outils sont similaires à ceux de - 400 000 du point de vue technique, 100 000 ans les séparent ! L'érosion leur a donné l'aspect d'objets naturels.

  • - 200 000 ans

Changement de technique, et donc possiblement d'espèce humaine, avec un type de débitage Levallois similaire à ce que faisait alors Homo sapiens en Afrique.

  • - 130 000 / -75 000 ans

Utilisés comme armes de chasse, ces objets sont semblables à ceux de -200 000, avec un débitage Levallois centripète : les éclats convergent vers le cœur de la pierre.

  • - 55 000 ans

Ce débitage Levallois, unidirectionnel, produit des pointes idéales comme projectiles. Neandertal utilisait cette technique dans le Levant : aurait-il occupé l'Arabie ?

Source : Sciences et Vie du 26/11/2021

jeudi 25 novembre 2021

L'australopithèque qui marchait comme un humain

Les premiers hominidés utilisaient leurs membres supérieurs pour grimper comme des singes et leurs membres inférieurs pour marcher comme des humains. C'est ce que montre l'analyse de vertèbres d'Australopithecus sediba, vieux de 2 millions d'années et découvert en Afrique du sud.

Oh la jolie lordose ! La courbe orientée vers l'avant des vertèbres dorsales d'Issa, ("protectrice" en swahili), une femelle Australopithecus sediba vieille de 2 millions d'années découverte en Afrique du Sud, a complètement fait chavirer ses découvreurs et découvreuses. Elle atteste que cette hominine, dont l'espèce a été décrite pour la première fois en 2010, "marchait tranquillement sur ses deux pieds, en bonne bipède, comme une humaine", explique le professeur Scott Williams de l'Université de New York et de l'Université Wits.

Des ossements découverts en 2015

L'analyse des vertèbres (voir l'image ci dessous), facilitée par un passage au scanner, vient d'être publiée dans la revue e-Life. Les précieux ossements ont été découverts en 2015 lors des fouilles d'une piste minière longeant le site de Malapa sur le site du patrimoine mondial du "Cradle of Humankind" (Berceau de l'humanité), au nord-ouest de Johannesburg (Afrique du Sud).

Les vertèbres (en couleur) d'Australopithecus sediba forment une courbe orientée vers l'avant, comme chez les humains bipèdes.

Un bas du dos différent des grands singes ou des néandertaliens

"La région lombaire est essentielle pour comprendre la nature de la bipédie chez nos premiers ancêtres et pour comprendre à quel point ils étaient bien adaptés à la marche sur deux jambes", explique Scott Williams, premier auteur de l'article. "Les séries associées de vertèbres lombaires sont extraordinairement rares dans les archives fossiles d'hominidés, on n'a trouvé que trois apophyses épineuses [ces ailettes qui servent de point d’ancrage aux ligaments, NDLR] comparables à celles d'Issa dans l'ensemble des archives fossiles africaines! Les travaux montrent que l'A.sediba possédait bien 5 vertèbres lombaires, comme les humains et qu'elle présentait une lordose plus marquée que celle de tout autre australopithèque. "Cela démolit des analyses antérieures, menées par d'autres équipes, qui suggéraient que les A.sediba avaient une colonne vertébrale aussi droite que celle des singes, ou des lordoses faiblement marquées, comme les néandertaliens ou d'autres espèces plus primitives d'anciens hominidés âgés de plus de deux millions d'années", jubile le professeur Lee Berger, de l'Université du Witwaterstrand, qui dirige les fouilles de Malapa.

"D'autres caractéristiques du squelette suggèrent une puissante musculature du tronc, peut-être pour des comportements arboricoles", ajoute la professeure Gabrielle Russo de l'Université Stony Brook, co-auteure de l'étude. A.sediba avait conservé des aptitudes réelles à l'escalade et la brachiation (voir la reconstitution ci-contre).

L'une des principales questions en suspens sur les origines des premiers Homo consiste à savoir quand et pourquoi ils ont abandonné cette combinaison de traits pour ne conserver que la bipédie.L'étude conclut que A. sediba est une forme transitionnelle d'ancien parent humain et que sa colonne vertébrale est clairement de forme intermédiaire entre celles des humains modernes (et des Néandertaliens) et des grands singes. Comme le résume Lee Berger: "Issa marchait comme un humain, mais pouvait grimper comme un singe" .

Source : Sciences et Avenir du 24/11/2021

vendredi 5 novembre 2021

Afrique du Sud : des fossiles relancent l’énigme sur de lointains cousins de l’humain

La découverte de fossiles d'un crâne d'enfant dans une grotte en Afrique du Sud, annoncée jeudi par des anthropologues, relance l'énigme autour de lointains cousins de l'humain, baptisés Homo naledi, dont les premières preuves d'existence avaient remis en cause certaines théories sur l'évolution.

Vingt-huit fragments d'un crâne minuscule et six petites dents ont été trouvés à Maropeng, près de Johannesburg. Depuis des années, le très riche site archéologique du "berceau de l'humanité", truffé de grottes et de fossiles de préhumains et classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, est un trésor d'informations pour les anthropologues.

Les restes ont été retrouvés dans une alcôve quasi inaccessible, au bout de passages mesurant parfois seulement 10 cm de large. Mais pour l'Homo naledi, se déplacer dans la grotte était sans doute plus facile, selon un des scientifiques qui a participé à la découverte: plus petits, ils étaient aussi "de meilleurs grimpeurs", a expliqué à l'AFP Tebogo Makhubela.

"Le véritable mystère au sujet de cette enfant est de savoir pourquoi elle s'est retrouvée là", a déclaré Lee Berger, le scientifique à la tête des recherches. "Quelque chose d'étonnant s'est passé dans cette grotte il y a 200 000 à 300 000 ans". Bien que les scientifiques désignent l'enfant au féminin, son sexe n'a pas été déterminé.

Des ossements de quinze individus de cette ancienne espèce humaine avaient déjà été retrouvés dans un autre endroit du site en 2015. L'espèce surnommée "étoile" en sotho, une langue locale sud-africaine, avait été classée dans le genre Homo auquel appartient l'Homo sapiens.

Leur examen avait révélé le portrait d'un petit hominidé étonnant, doté à la fois des caractéristiques d'espèces vieilles de plusieurs millions d'années, comme un tout petit cerveau, et d'autres, bien plus récentes, tel que des pieds de marcheur contemporain et des mains capables de tenir des outils.

Leur examen avait révélé le portrait d'un petit hominidé étonnant, doté à la fois des caractéristiques d'espèces vieilles de plusieurs millions d'années, comme un tout petit cerveau, et d'autres, bien plus récentes, tel que des pieds de marcheur contemporain et des mains capables de tenir des outils.

Une datation avait déterminé qu'il aurait vécu au début de ce que est considéré comme le début de l'ère de l'humain moderne et aurait donc pu être contemporain des premiers Homo sapiens. Cette théorie remettant en cause les lectures linéaires de l'évolution de l'humanité avait suscité la controverse dans la communauté scientifique.

Les restes de l'enfant, surnommée Leti d'après un mot setswana qui signifie "le perdu", ont été découverts à distance des précédents ossements. Les scientifiques pensent qu'ils ont pu être volontairement laissés là par ses congénères, peut-être au cours d'un rite funéraire.

Si cette théorie était confirmée, cela ferait remonter les preuves de pratiques de rites et sans doute aussi de croyances, à un quart de millions d'années. Jusqu'à présent, les plus anciens rituels connus d'hominidés associés à la mort remontent à entre 50 000 et 100 000 ans.

Aucun autre os n'a été trouvé. Le crâne ne présentait aucune marque, comme ceux qu'aurait pu laisser une attaque par un carnivore. Les chercheurs trouvent rarement des restes fossilisés d'enfants, car leurs os sont trop fins et trop fragiles pour résister au temps.

L'enfant était probablement âgé de quatre à six ans lorsqu'il est mort. Ses dents de lait étaient encore intactes, les dents adultes commençant seulement à apparaître.

Cette découverte pourrait permettre d'en apprendre davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d'années, entre l'australopithèque primitif et le primate du genre Homo, ancêtre direct de l'humain. Elle a été publiée dans la revue PaleoAnthropology.

Source : Radio Canada du 04/11/2021