lundi 26 novembre 2007

La femme de Florès entre au Musée de l'Homme

Une superbe reconstitution de l’énigmatique être humain minuscule découvert en Indonésie en 2003 va faire son entrée au Musée de l'Homme, à Paris. Fidèlement sculptée par la talentueuse Elisabeth Daynès avec l’aide de scientifiques, cette femme d’un mètre de haut en deviendra la vedette à partir du 11 décembre. Une information exclusive de Futura-Sciences.

Une centaine de scientifiques d’une vingtaine de pays d’Asie, d’Europe et d’Australie se réunissent au Muséum national d’histoire naturelle entre le 10 et le 12 décembre 2007 pour la conférence internationale Human origins patrimony studies in Southeast Asia (programme européen Asia-Link HOPsea) qui a pour objectif de développer la collaboration entre les institutions universitaires et muséales dans les domaines de la recherche, de la formation des jeunes scientifiques, de la conservation et de la valorisation du patrimoine. L’accent sera mis sur les recherches des plus jeunes scientifiques formés au sein du réseau HOPsea et sur la nécessité pour la communauté scientifique de mettre en partage données et fonds patrimoniaux. La conférence est couplée avec un module international du Master du Muséum national d’histoire naturelle organisé chaque année sur la Préhistoire de l’Asie du sud-est.

A cette occasion, le 11 décembre, sera présentée au Musée de l’Homme la reconstitution d’Homo floresiensis, découvert par une équipe indonésienne et australienne dans la grotte de Liang Bua, sur l’île de Flores (Florès, en français), en Indonésie orientale.

Cette reconstitution acquise par les collections du Muséum est l’œuvre de Elizabeth Daynès, sculpteur en préhistoire, qui s’est entourée pour ce long travail de l’anthropologue légiste Jean-Noël Vignal, des paléoanthropologues Harry Widianto et Dominique Grimaud-Hervé, et de ses collaborateurs Céline Verney, Peggy Martin et Théo Jalby.

Rencontre avec la dame de Florès

Au-delà du débat qui s’est instauré dans les milieux spécialisés quant à la position phylogénétique d’Homo floresiensis (*), cette rencontre avec la femme qui a vécu à Flores au Pléistocène supérieur est frappante pour le visiteur : la taille réduite du corps bien sûr, mais surtout les caractères du crâne et de la face, dont les parties molles rigoureusement reconstituées soulignent la morphologie du nez, la minceur des lèvres liée à une face projetée en avant et à l’absence de menton, la saillie des arcades sourcilières.

On apprécie l’importance accordée par le sculpteur à l’observation des caractéristiques physiques reconstruites à partir des données publiées sur le fossile. Mais l’artiste a aussi apporté sa vision. La couleur de la peau et la pilosité résultent de choix dont les scientifiques ne contestent pas le caractère hypothétique. La reconstitution laisse, aussi, la place au rêve puisque les recherches concernant l’environnement et les comportements de cet hominidé ne sont pas encore toutes abouties. Au moment où nous la croisons sur son chemin, la femme de Flores vient de ramasser un bambou sommairement découpé, dont on est libre d’imaginer l’usage qu’elle va en faire.

La reconstitution sera présentée accompagnée de fossiles et d’outils préhistoriques mettant en avant les principales questions posées, depuis les toutes premières découvertes jusqu’aux recherches les plus actuelles, par le peuplement des archipels d’Extrême-Orient.

(*) Le fossile est-il celui d’un Homo sapiens pathologique, le descendant d’Homo erectus probablement arrivés sur l’île il y a quelque 850.000 ans dont seuls les artefacts lithiques du site de Mata Menge sont parvenus jusqu’à nous, ou bien, comme semble le suggérer une étude récente sur les os du poignet, d’un ancêtre encore plus ancien ?

Source : Futura-Sciences du 26/11/2007

A l’époque où vivaient sur leur île indonésienne la petite dame de Florès et son peuple, il y 18.000 ans, un autre hominidé, Homo sapiens, avait conquis le reste de la planète.

mercredi 21 novembre 2007

Un nouvel hominidé replace en Afrique l'ancêtre des hommes et des singes

Une équipe essentiellement japonaise a découvert au Kenya un nouveau primate fossile qui pourrait être un ancêtre commun des grands singes et des humains. Cette sorte de chaînon manquant pourrait conduire à revoir l'histoire des hominidés : nos ancêtres étaient bien africains.

La nouvelle espèce, baptisée Nakalipithecus nakayamai, est représentée par un os de mâchoire et 11 dents isolées qui ont été dégagés d'une coulée de boue volcanique de la région de Nakali. La morphologie ressemble à celle de l'Ouranopithecus macedoniensis, découvert en Grèce et considéré comme très proche de l'ancêtre commun entre les grands singes africains et l'homme. Mais certains détails diffèrent.

Notamment, la dentition démontre un régime alimentaire moins spécialisé que celui de l'Ouranopithecus et montre davantage de traits considérés comme primitifs, comme un cingulum de la molaire plus saillant et des cuspides molaires moins volumineuses, ce qui indique que l'apparition de Nakalipithecus précède celle de l'Ouranopithecus et fait de lui un candidat plus vraisemblable pour le rôle d'ancêtre commun des singes et des humains.

Selon Fredrick Manthi, chercheur aux Musées du Kenya, cette découverte est capitale car depuis longtemps les anthropologues étaient à la recherche d'un fossile datant d'environ 9 millions d'années. Celui-ci, qui remonte à 9,8 millions d'années, aurait vécu durant cette période qui a vu diverger la lignée des grands singes et celles des ancêtres de l'homme.

Témoin d'une période clé

Les études moléculaires récentes suggèrent que la divergence entre les humains et les chimpanzés s'est produite entre 7 à 5,5 millions d'années et la divergence avec les gorilles entre 9 et 8 millions d'années. En conséquence, le Miocène tardif (11 à 5 millions d'années) constitue la période cruciale pour étudier cette séparation de lignées entre les grands singes africains et l'homme. Malheureusement très peu de fossiles datant de la période 13 à 7 millions d'années ont été découverts. En raison de cette rareté, quelques chercheurs avaient suggéré que les derniers ancêtres communs avaient quitté l'Afrique pour une raison indéterminée pour se rendre en Asie ou en Europe avant de revenir vers la fin du Miocène.

Des dents qui ont sans doute appartenu à un lointain ancêtre qui est aussi celui des grands singes africains actuels.

Cette hypothèse semble maintenant invalidée par la découverte de Nakalipithecus nakayamai à 40 kilomètres du versant oriental de la Rift Valley, au Kenya, qui fait l'objet d'une publication dans les Pnas (Annales de l'Académie nationale des Sciences des Etats-Unis). Cette découverte est importante, car elle permet de soutenir la théorie selon laquelle l'évolution du primate à l'homme s'est entièrement déroulée en Afrique.

Mandibule de Nakalipithecus nakayamai.

Fredrick Manthi n'hésite pas à parler de « maillon manquant », une vieille expression qui, avec « chaînon manquant », désignait cet intermédiaire hypothétique entre singe et homme, demeuré longtemps le Saint-Graal des paléoanthropologues. La complexité de l'évolution des hominidés, la multitude d'espèces ayant coexisté aux mêmes époques et l'approche actuelle de l'évolution ont conduit depuis longtemps à abandonner cette appellation. On préfère celle de « dernier ancêtre commun », un titre assez disputé qui compte aujourd'hui plusieurs candidats

« Nous devons trouver d'autres fossiles pour être sûrs que maintenant nous tenons le maillon manquant, déclare-t-il. Evidemment, nous sommes convaincus qu'avec plus de feedback et plus de recherches dans différents endroits du pays, nous serrons en mesure d'identifier ce lien manquant. Même si nous pouvons dire qu'il s'agit du maillon manquant, il nous faut trouver d'autres fossiles pour confirmer cet argument ».

Le professeur Martin Pickford, du Muséum national d'Histoire naturelle (Paris) estime qu'il s'agit d'une découverte d'importance capitale, car elle représente une véritable preuve de la divergence des singes africains de la lignée humaine. Elle permet aussi d'assurer que notre ancêtre commun était bien originaire d'Afrique et que certaines lignées de grands singes se sont ensuite dispersées en Ethiopie, Grèce et Turquie.

Source : Futura-Sciences du 21/11/2007

mardi 13 novembre 2007

Le dernier ancêtre commun des grands singes et des hommes

Kenya : Un fossile découvert dans une coulée de boue volcanique au Kénya pourrait représenter le dernier ancêtre commun des gorilles, des chimpanzés et des humains. Ce nouvel hominidé, baptisé Nakalipithecus nakayamai, remonte à environ 10 millions d’années, soit juste avant la séparation du gorille d'avec le chimpanzé et l’homme. Jusqu’à présent, très peu de fossiles de cette période avaient été découverts en Afrique.

Source : AFP, 13 novembre 2007

Source : Science Actualités du 13/11/07

vendredi 2 novembre 2007

Le musée national de préhistoire


Le musée est situé aux Eyzies-de-Tayac.

Le site est à cette adresse :
http://www.musee-prehistoire-eyzies.fr/

Le musée des antiquités nationales


Le musée des antiquités nationales (musée de l'archéologie nationale ou musée de la préhistoire) est situé au château de Saint-Germain-en-Laye.

L'adresse du site est :
http://www.musee-antiquitesnationales.fr/

lundi 29 octobre 2007

L'homme de Neandertal pouvait bien être roux et pâle

Italie / Espagne : Des analyses d'ADN menées à partir de deux échantillons osseux néandertaliens – l'un de 50 000 ans, l'autre de 43 000 – retrouvés en Italie et en Espagne, prouvent que leurs cheveux étaient roux et leur peau laiteuse. Cette dépigmentation s'explique par le fait qu'ils avaient colonisé l'Europe et l'Asie centrale à l'époque où y régnait un climat rigoureux. Or une peau pâle synthétise mieux la vitamine D lorsqu'il n'y a pas beaucoup d'ensoleillement...

Source : Science, 26 octobre 2007

Source : Science Actualités du 29/10/07

vendredi 5 octobre 2007

Les Néandertaliens sont allés jusqu'en Sibérie

Liepzig / Allemagne : Des études génétiques sur des restes humains, datés entre 30 000 et 37 000 ans et retrouvés dans les monts Altaï, prouvent que l’homme de Néandertal s’est aventuré 2 000 km plus à l’est que ce que l’on supposait jusqu’alors. Les chercheurs du Max Planck Institute ont en effet comparé l’ADN mitochondrial d’un fémur d’enfant provenant d’Ouzbékistan et 3 fragments prélevés en Sibérie et montré qu’ils appartenaient bien à des Néandertaliens. Peut-être même sont-ils allés jusqu’en... Chine ?

Source : Nature, 30 septembre 2007

Source : Science Actualités du 05/10/07

lundi 1 octobre 2007

Chororapithecus, un nouveau grand singe du Miocène

Des fossiles exhumés très récemment en Éthiopie, dans la Formation de Chorora, nous renseignent sur l'histoire évolutive des grands singes.

Tout élément nouveau permettant de combler la lacune sur l'origine des grands singes de type moderne présente un grand intérêt. Aussi pouvons-nous nous réjouir de l'annonce récente, faite par l'équipe éthiopo- nippone dirigée par Yonas Beyene et Gen Suwa, de la décou­verte d'un nouveau grand singe fossile, appelé Chororapithecus abyssinicus.

Les pièces fossiles ont été exhumées entre 2005 et 2007 de couches sédimentaires du Miocène supérieur, situées dans la partie supérieure de la Formation de Chorora, en Éthiopie, plus précisément sur le site de Beticha, situé à trois kilomètres du gisement classique du site type. L'âge des sédiments est compris entre 10 et 10,5 millions d'années, comme le suggèrent la biochronologie et les analyses radiométriques.

Selon les découvreurs, l'animal auquel ces pièces appartenaient pourrait être un membre de la lignée des gorilles. Quoi qu'il en soit, l'âge des fossiles trouvés indique que la divergence entre les grands singes et l'homme a dû être plus ancienne que les dates généralement avancées par les biologistes moléculaires (cinq à six millions d'années). Il confirmerait l'hypothèse d'une divergence ancienne entre hommes et grands singes, située au moins aux environs de dix millions d'années.

La trouvaille éthiopienne relance aussi le débat sur l'origine géographique des hominidés. Certains paléoanthropologues la recherchent en Eurasie, sur la trace de grands singes fossiles comme Dryopithecus et Oura­nopithecus. Toutefois, cette dernière hypothèse a été avancée à une période où les données africaines étaient bien limitées, ce qui n'est plus le cas. Ces fossiles appartiennent à un grand buissonnement de formes de grands singes qui sont présents en Eurasie dès 14 millions d'années, mais ils ne seraient pas des ancêtres directs des hominidés sensu stricto.

Des dents fossiles de Chororapithecus abyssinicus (en haut) et une rangée de dents d’une femelle de gorille (en bas). On aurait affaire à un proto-gorille.

Qui était Chororapithecus ?

Le matériel attribué à Chororapithecus se compose de neuf dents isolées, dont quatre fragmentaires : une deuxième molaire supérieure droite (l'holotype de l'espèce), une canine inférieure gauche, deux troisièmes molaires supérieures droites, une troisième molaire inférieure gauche, une première molaire inférieure gauche, un fragment de molaire inférieure gauche, un fragment de molaire inférieure droite et une troisième molaire supérieure droite. L'étude a été menée par microscanner.

D'une taille avoisinant celle de la sous-espèce de gorille Gorilla gorilla, les molaires à émail épais présentent des crêtes triturantes assez marquées et des cuspides plutôt basses, ce qui constitue, d'après les inventeurs, la morphologie la plus caractéristique de Chororapithecus. Les caractères généraux des dents ressemblent à ceux des gorilles (habitués à se nourrir de plantes fibreuses qu'ils déchirent) tout en montrant des tubercules moins hauts, placés plutôt à la périphérie, un cingulum (bourrelet d'émail) faible et des molaires un peu plus larges.

L'environnement où aurait vécu Chororapithecus était, d'après les 330 restes fossiles d'animaux, un milieu plutôt humide, riche en primates, pauvre en Hipparions (les ancêtres de chevaux) et où les hippopotames, les cochons et les girafes étaient assez communs. La nature des sédiments indique un bord de lac boisé, alternant avec des milieux plus ouverts.

Le matériel recueilli apparaît cependant trop fragmentaire pour nous permettre de conclure fermement sur la parenté de Chororapithecus avec les gorilles de type moderne : les dents sont isolées et les grands singes du Miocène présentent une grande variabilité.

Selon ses découvreurs, Chororapithecus se distingue de Samburupithecus – un grand singe vieux de 9,5 millions d'années environ des collines Samburu, au Kenya. Toutefois, celui-ci n'est représenté que par un maxillaire portant cinq dents usées. On ne connaît donc pas la variabilité de l'espèce. De plus, on ne connaît pas ses dents inférieures. Les comparaisons sont par conséquent limitées.

Un âge respectable

En 1984, la découverte par l'équipe d'Hidemi Ishida du samburupithèque venait déranger les idées les plus répandues sur l'histoire des grands singes, car il présentait des caractères qui pouvaient en faire un ancêtre commun aux grands singes et aux hominidés. Malheureusement, ce fragment de maxillaire était considéré comme trop ancien par la plupart des chercheurs, et il a souvent été oublié dans les travaux de phylogénie.

Ces restes ont pris toute leur importance depuis la découverte d'Orrorin en 2000. Pour la première fois, des hominidés étaient reconnus au-delà de la date généralement acceptée de six millions d'années pour la divergence entre grands singes et hommes. La présence d'autres hominidés potentiels au Tchad (Sahelantropus) et en Éthiopie (Ardi­pithecus), ainsi que la découverte, annoncée en 2004, de dents gorilliformes et chimpanziformes dans des niveaux datés respectivement de 6 et 12,5 millions d'années dans les collines Tugen, au Kenya suggèrent également l'ancienneté de notre lignée. Ainsi, à Ngorora une dent proche de celle des chimpanzés est connue à 12,5 millions d'années, et, dans les mêmes niveaux que ceux d'Orrorin au Kenya (6 millions d'années), plusieurs dents de type gorilliforme ont été décrites. Il reste qu'aucune comparaison n'a été effectuée avec ces spécimens. Il serait intéressant de les discuter, afin de mieux interpréter Chororapithecus.

La surprise de l'annonce n'est donc pas totale. Ces dates très anciennes n'étaient pas acceptées par tous, mais avec Chororapithecus, on se rapproche d'estimations qui avaient été avancées, entre autres, par l'équipe du généticien suédois Ulfur Arnason.

Il apparaît certain aujourd'hui que nous ne comprendrons l'origine des hominidés et celle des grands singes africains de type moderne qu'à la condition de combler la lacune chronologique comprise entre 14 et 7 millions d'années.

Source : Pour la Science d'octobre 2007

lundi 24 septembre 2007

dimanche 26 août 2007

Le plus ancien fossile de grand singe africain

L'espèce qui vient d'être décrite a été nommée Chrorapithecus abyssinicus. Elle se trouvait dans la formation Chorora située dans la région de l'Afar à 170 km à l'est d'Addis-Abeba et à 260 kilomètres au sud du berceau de la fameuse Lucy, petite australopithèque de 3,2 millions d'années.

Cette découverte montre que les gorilles se seraient probablement séparés de la lignée des autres primates il y a environ 10,5 millions d'années et non pas il y a 8 millions d'années, comme l'indiquaient les précédentes estimations basées sur des études moléculaires. « Grâce aux nouveaux fossiles, l'horloge moléculaire recule, mais l'histoire de l'homme se complexifie », relève Pascal Picq, du Collège de France. Il faudra maintenant essayer de savoir à quel moment les chimpanzés se sont séparés des autres primates, date actuellement estimée à 6 à 9 millions d'années.

« Ces dents apportent des informations totalement nouvelles en Afrique », explique Yonas Beyenes, paléoanthropologue éthiopien, coauteur de l'étude. En effet, les anthropologues ont peu de fossiles de grands singes à leur disposition pour travailler, parce qu'à cette époque la fossilisation se réalisait difficilement dans les milieux où ces animaux vivaient. Ils ne disposaient jusque-là que d'une mâchoire supérieure de Samburupithecus et de quelques dents de différents spécimens, tous ces restes provenant du centre du Kenya.

Pour ce qui est de Toumaï, un préhumain de 7 millions d'années qui est considéré comme le plus ancien de nos ancêtres, cette découverte ne le rapproche pas du gorille, mais plutôt de l'homme et des chimpanzés. Mis au jour au Tchad en 2000, Toumaï a été étudié par Michel Brunet et son équipe.

Source : Le Figaro du 23/08/2007

Un ancêtre du gorille découvert en Ethiopie

Datées d'il y a 10 à 10,5 millions d'années, une canine et huit molaires ont été mises au jour sur le rift africain ; elles appartiendraient à une ancienne espèce de grand singe.

Si le continent africain a livré un grand nombre de fossiles humains et préhumains – dont le plus ancien est Toumaï, vieux de 7 millions d'années –, ceux concernant les grands singes anthropoïdes (gorilles, chimpanzés, bonobos, gibbons) restent rarissimes. Entre le kenyapithèque, vieux de 13 millions d'années, Samburupithecus (9,5 à 10 millions d'années) trouvé au Kenya et quelques rares fossiles de chimpanzés datant de 500 000 ans, il n'y a pratiquement rien, explique Pascal Picq, paléo-anthropologue et maître de conférences au Collège de France. C'est pourquoi "on ne connaît pas du tout l'histoire des grands singes africains, dans laquelle s'insèrent les origines de l'homme".

Aussi, chaque fossile de grand singe, même modeste, suscite-t-il un grand intérêt. Cette fois, c'est de gorilles qu'il s'agit. Une équipe de scientifiques japonais et éthiopiens, dirigée par Gen Suwa (Université de Tokyo) et Yonas Beyene (département d'archéologie et de paléontologie d'Addis-Abeba), annonce, dans la revue Nature du 23 août, la découverte de neuf dents (une canine et huit molaires) appartenant à une nouvelle espèce de grand singe, Chororapithecus abyssinicus.

Mis au jour en Ethiopie, à 170 km à l'est d'Addis-Abeba, dans la formation Chorora – une des zones sédimentaires du rift africain –, ces restes appartiendraient, selon les chercheurs, à un lointain ancêtre des gorilles. Il aurait vécu il y a 10 à 10,5 millions d'années dans une région boisée occupée, dans le passé, par un lac où venaient se jeter des rivières.

L'observation minutieuse des dents de Chororapithecus montre des similitudes importantes avec celles des gorilles actuels qui sont essentiellement végétariens, se nourrissant de feuilles, de tiges, de fruits et parfois d'insectes. "Les molaires présentent en effet des crêtes de cisaillement spécifiques d'une activité de broyage de végétaux fibreux", expliquent les chercheurs. Au total, "Chororapithecus était soit une forme primitive de gorille, soit une branche de grand singe indépendante montrant une adaptation similaire", ajoutent-ils.

Mais surtout, insistent les scientifiques, ces dents et leur ancienneté "confirment que l'Afrique est le lieu d'origine des humains et des grands singes africains modernes". L'absence de fossiles de grands singes pendant une période-clé de leur évolution avait en effet conduit certains chercheurs à placer leur origine en Asie d'où ils auraient ensuite migré.

Selon l'étude, la date de la divergence entre les gorilles et la branche hommes/chimpanzés serait proche de – 12 millions d'années. Quant à la séparation des hommes et des chimpanzés, nos plus proches cousins, elle remonterait à 9millions d'années. Les auteurs de l'article contestent ainsi vigoureusement les dates proposées, en mai 2006, dans Nature, par deux scientifiques du Massachusetts Institute of Technology. Fondée sur des analyses ADN de différents grands singes et de l'homme, elle avait fait grand bruit car elle rajeunissait considérablement la divergence homme/chimpanzé, en la plaçant entre 6,3 et 5,5 millions d'années. Ce qui pouvait enlever de la famille humaine les trois proto-humains connus à ce jour : Toumaï (Tchad), Orrorin (Kenya, 6 millions d'années) et Ardipithecus kadabba (Ethiopie, 5,6 millions d'années).

En tout état de cause, l'évolution des grands singes et, partant, de l'homme, ne pourra être analysée correctement tant "qu'on n'aura pas trouvé plus de fossiles appartenant à chaque lignée dans la période comprise entre – 13 et – 7 millions d'année", insiste Pascal Picq.

Source : Le Monde du 23/08/2007

samedi 25 août 2007

Un nouvel ancêtre des grands singes découvert en Ethiopie

Déjà très célèbre pour les fossiles des ancêtres de la lignée humaine qu’elle a livrés, comme l’australopithèque Lucy, l’Ethiopie fourni pour la première fois le fossile d’un ancêtre des grands singes africains. Agé de 10 millions d’années, Chororapithecus abyssinicus pourrait être un gorille primitif ou représenter une branche indépendante proche de celle des gorilles.

Neuf dents -une canine et huit molaires- ont été mises au jour dans la région de l’Afar par une équipe japonaise et éthiopienne. Gen Suwa (Université de Tokyo), Berhane Asfaw (Centre de recherche de la Vallée du Rift, Addis Abeba) et leurs collègues ont gratté les sédiments vieux de 10 à 11 millions d’années qui affleurent dans la formation de Chorora en quête de fossiles. Ils annoncent aujourd’hui leur découverte dans la revue Nature.

Des dents fossilisées de Chororapithecus comparées à une mâchoire de gorille

Après une analyse détaillée des dents exhumées à Chorora, reconstituées en 3D grâce à la tomographie assistée par ordinateur, les chercheurs précisent que les molaires possèdent des caractéristiques propres aux dents des gorilles actuels, équipés pour déchiqueter des végétaux très fibreux. Cependant elles sont plus larges et plus primitives que des molaires de gorilles, laissant à penser qu’il pourrait s’agir d’un proto-gorille. Cela pourrait aussi signifier que la branche des gorilles s’est séparée de celle de la lignée humaine plus tôt qu’on ne pense, il y a au moins 10 millions d’années et non 8 millions comme cela a été estimé par des généticiens, selon Suwa et ses collègues.

Jusqu’à présent, l’ancêtre des hominidés le plus ancien est Sahelanthropus tchadiensis, alias Toumaï, découvert au Tchad et vieux de 6 à 7 millions d’années. Il est concurrencé par Orrorin tugenensis, mis au jour au Kenya, âgé de 6 millions d’années.

Source : Science et Avenir du 23/087/2007

vendredi 17 août 2007

jeudi 16 août 2007

Bousculade chez les Homo

La découverte de deux crânes remet en cause l’évolution du genre Homo : les deux espèces habilis et erectus ne se seraient pas succédé mais auraient cohabité durant 500 000 ans.

Jusqu’ici, les anthropologues avaient fait d’Homo erectus, découvreur du feu et grand conquérant de territoires nouveaux, le descendant d’Homo habilis, inventeur de jolis outils en pierre. Dans la série des fossiles, H. habilis apparaît entre - 2,5 millions d’années et - 1,5 million d’années. Ensuite, place à H. erectus, dont on retrouve des fossiles jusque vers - 250 000 ans.

Mais cette histoire trop simple est remise en cause par la double découverte d’une équipe américaine au Kenya. Près du lac Turkana, les scientifiques ont exhumé un reste de boîte crânienne très ancien de H. erectus, datant de 1,55 million d’années. La principale surprise est venue, sur le même secteur, de la découverte de fragments de mâchoire supérieure attribués à H. habilis mais datés de 1,44 million d'années seulement. Cette espèce aurait donc vécu plus longtemps qu’on ne le pensait. La trouvaille a de quoi devenir une affaire de famille puisque, parmi les chercheurs américains, figurent Louise Leakey et sa mère Meave Leakey, respectivement petite-fille et belle-fille de Louis Leakey, le découvreur de H. habilis en 1961.

Un demi million d’années de cohabitation

C’est plus que la chronologie du genre Homo qui est bousculée. Il y a 1,55 million d’années, H. erectus devait cohabiter avec H. habilis, ce dernier n’est donc pas le descendant du premier. Cette complication de l’arbre généalogique de l’homme moderne n’est pas une première, les anthropologues ayant dû à plusieurs reprises, par le passé, remplacer de simples filiations par un buissonnement plus complexe.

Les deux espèces pourraient donc dériver d'un ancêtre commun et ont probablement vécu dans les mêmes régions durant près d’un demi million d’années. Ce que l’on connaît de leurs régimes alimentaires démontre qu’il ne devait pas y avoir compétition entre les deux. H. habilis était en effet plus végétarien que le carnivore erectus, bon chasseur même s’il ne dédaignait pas la cueillette.

Source : Futura-Sciences du 16/08/2007

vendredi 27 juillet 2007

Origine et évolution de l'Homme

Depuis le site de l'Institut National de Recherche Pédagogique, ce lien nous est offert :
Origine et évolution de l'Homme
Le site n'est pas très intuitif et surtout il n'est pas mis à jour (des rubriques "en cours de réalisatiion" qui se font attendre).
Néanmoins des informations synthétiques, claires et rigoureuses.
La partie Synthèses est à farfouiller. Car au gré de la navigation, on découvre des menus (et donc des infos) supplémentaires.

vendredi 20 juillet 2007

On a retrouvé le berceau de l'Humanité

Mais de quel endroit sur notre planète a surgi l'Homo sapiens ? Le premier roseau pensant a-t-il poussé en un endroit bien précis d'où il a essaimé, ou l'évolution a-t-elle voulu que l'intelligence humaine émerge, simultanément, en divers points des terres alors habitées ?

Jusqu'à présent, les chercheurs et autres paléontologues se disputaient les faveurs de deux théories opposées. Les uns pensaient que la civilisation humaine avait pris le départ dans un berceau africain, et de là s'était progressivement répandue au cours de l'Histoire. Tandis que les autres soutenaient que le passage de l'Homo erectus vers l'Homo sapiens s'était produit un peu partout à la surface du globe, suivant ainsi les grands chemins de l'évolution par des voies parallèles.

Des paléontologues de l'université de Cambridge semblent avoir apporté une réponse définitive à cette interrogation. Selon eux, l'Homme moderne serait bien né dans un berceau africain unique, avant de partir à la conquête de l'Asie et de l'Europe voici quelque 100 000 ans.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié près de 6000 crânes antiques provenant de toute la planète, afin d'en étudier la diversité génétique. Leurs constatations sont flagrantes et sans appel : à mesure que l'on s'éloigne du berceau africain, la diversité génétique diminue.

Cela confirme bien l'existence d'une importante migration partie depuis l'Afrique sub-saharienne, origine présumée de l'Humanité, et perdant progressivement ses individus au fur et à mesure qu'elle s'éloigne, c'est-à-dire abandonnant une partie de sa diversité génétique. L'étude morphologique des crânes confirme cette hypothèse, l'échantillon provenant directement d'Afrique du sud-est présentant un nombre de variations morphologiques bien plus abondant, ce taux se réduisant proportionnellement à l'éloignement du point d'origine.

La question semble ainsi réglée. Nos lointains ancêtres sont donc partis d'une région unique du continent africain voici 150 000 ans et se sont mis à rayonner à la conquête du monde, non sans supplanter toutes les populations archaïques qu'ils pouvaient rencontrer. L'Homme restera toujours l'Homme…

Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Nature du 19 juillet 2007.

Source : Futura-Sciences du 20/07/2007
 
Carte des migrations d'Homo sapiens à partir de l'Afrique sub-saharienne (dressée par datation au radiocarbone des crânes et autres ossements). Les graduations sont mentionnées en milliers d'années avant notre ère.

jeudi 19 juillet 2007

Les hommes modernes viennent bien tous d'Afrique

Cambridge : En combinant l’étude de la diversité génétique de populations à travers le monde et les mesures de plus de 6 000 crânes, les scientifiques de l’université de Cambridge et du Biotechonology and Biological Sciences Research Council réunis autour d’Andrea Manica viennent de prouver que l’homme moderne est bien originaire d’une seule région d’Afrique sub-saharienne.

Source : Nature, 19 juillet 2007

Source : Science Actualités du 19/07/07

mercredi 18 juillet 2007

jeudi 14 juin 2007

Ötzi, l'homme des glaces, est mort assassiné

Le mystère qui entourait la mort d'Ötzi, un homme ayant vécu voici 5100 à 5350 ans et dont la dépouille avait été découverte à 3200 mètres d'altitude dans le massif des Dolomites italiennes, vient d'être élucidé. Il serait décédé suite à une hémorragie provoquée par une blessure par flèche à l'épaule gauche, qui aurait sectionné une artère.

Ce sont des progrès réalisés en tomographie informatisée qui ont permis à une équipe de scientifiques de Suisse et d'Italie de percer le mystère. Une pointe de flèche en silex taillé avait déjà été retrouvée dans son dos, démontrant qu'il avait été attaqué par derrière, peut-être alors qu'il tentait de s'enfuir. Mais l'examen ultérieur a permis de découvrir que l'artère sous-clavière avait été sectionnée sur 13 cm et que le sang s'était répandu dans les tissus environnants, formant un important hématome. Ses mains comportaient aussi de multiples coupures et étaient recouvertes de sang, et il n'est pas exclu qu'il ait tenté de retirer lui-même le projectile.

Radiographie montrant la pointe de silex dans le flanc d'Ötzi.

"Nous pouvons conclure que la flèche a porté un coup mortel à Ötzi et que celui-ci n’a pas pu marcher longtemps après cette blessure", précise le Dr Frank Ruhli de l’Université de Zurich.

Projectile retiré du corps d'Ötzi.

Ötzi avait été découvert en 1991 par des alpinistes allemands, dans un excellent état de conservation favorisé par le climat. Il portait divers vêtements répartis en trois couches : un pagne, une veste en peau de cerf, et une cape en fibres végétales. Il transportait aussi un petit sac comprenant un nécessaire à feu formé de quelques pierres de silex et d'un peu d'amadou. A ses côtés figuraient un arc, des flèches, une hache, et un couteau placé dans un fourreau fait de tissu de fibres d'orties, ainsi que des morceaux de champignons séchés enfilés sur une lanière en cuir, peut-être une médication.

Son corps avait fait l'objet de nombreux examens pour tenter de mieux appréhender le mode de vie et d'alimentation de cette époque, et l'étude de l'ADN de l'intérieur de son estomac a permis de déterminer que son dernier repas avait été constitué de céréales, de viande de cerf et de bouquetin. Sa peau était marquée de 15 groupes de tatouages composés de traits obtenus au moyen de noir de fumée, dont étrangement 9 se situent le long de points d'acupuncture chinoise. Cependant ce fait est souvent considéré comme une simple coïncidence.

Enfin, Ötzi était âgé de 49 ans, et mesurait 1,59 mètre pour un poids de 40 kg.

Source : Futura-Sciences du 14/06/2007

Otzi, l'homme des glaces.

vendredi 20 avril 2007

Homme de Flores, nain pour survivre

Indonésie : Les Homo floresiensis, présents sur l’île de Flores en Indonésie il y a encore 18.000 ans, auraient été victimes de « nanisme insulaire » : leur petite taille aurait été sélectionnée par un accès à des réserves de nourriture restreintes, phénomène déjà observé chez un certain nombre de mammifères. Ils ne souffraient donc pas d’un problème de croissance, et en particulier de microcéphalie, comme cela avait été suggéré par certains chercheurs.

Source : Biology Letters, Royal Society britannique, 18 avril 2007

Source : Science Actualités du 20/04/07

jeudi 5 avril 2007

Des fossiles d'Homo sapiens découverts en Chine

Chine : Des fossiles vieux de 35 000 ans provenant d'un « Homo sapiens » ont été retrouvés dans une grotte près de Pékin par des paléoanthropologues chinois et américains. Il s'agit de 34 os – parmi lesquels une mandibule, des dents, un fémur et un tibia – qui ont permis de mettre en évidence des traits de caractères propres aux « Homo sapiens » archaïques ainsi que des caractères plus modernes. Cette étude confirme que la sortie d'Afrique d'« Homo sapiens » s'est bien opérée en plusieurs vagues.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences, 2 April 2007

Source : Science Actualités du 05/04/07

mercredi 17 janvier 2007

Homo sapiens en Europe depuis 45000 ans

Russie : Des outils en ivoire retrouvés sous une couche de cendre volcanique sur les bords du Don, à environ 400 km au sud de Moscou laissent supposer que l’homme moderne (Homo sapiens) est arrivé en Europe un peu plus tôt que prévu : il y a 45 000 ans plutôt que 40 000 ans. Parmi les objets trouvés figurent également un morceau d’ivoire sculpté, vraisemblablement une figurine humaine, sans doute la plus ancienne pièce d'art figuratif dans le monde.

Source : Science, 12 janvier 2007

Source : Science Actualités du 17/01/07