mercredi 29 mai 2013

Nouvelle théorie sur l'origine du bipédisme humain

Et si les ancêtres de l'homme n'étaient pas devenus bipèdes lorsque le climat les a forcés à descendre de leur arbre mais plutôt parce qu'ils aimaient arpenter les roches escarpées d'Afrique et que c'était beaucoup plus facile debout sur deux jambes?

C'est la nouvelle hypothèse émise par des archéologues de l'Université britannique de York, qui a selon eux le mérite d'expliquer comment les premiers homininés (membres de la lignée humaine) ont survécu aux nombreux prédateurs de la savane africaine une fois au sol, mais aussi pourquoi ils ont évolué de la sorte vers le bipédisme.

Les théories les plus courantes suggèrent que nos lointains ancêtres ont été forcés de quitter les arbres dans lesquels ils vivaient lorsque le climat a changé, réduisant la couverture des forêts. Contraints de descendre au sol pour se nourrir, ils se seraient peu à peu redressés pour finir par marcher, comme nous, sur deux jambes.

L'archéologue Isabelle Winder et son équipe ont étudié l'anatomie de la marche et le type d'environnement où évoluaient les homininés. «Nos recherches montrent que le bipédisme peut s'être développé en réponse au terrain, et non pas en réaction à des changements de végétation liés au climat», expliquent-ils.

Voici environ six millions d'années, les homininés auraient été attirés par le relief escarpé et les gorges rocheuses d'Afrique de l'est et du sud, car il offre des abris abondants et de plus grandes possibilités d'attraper des proies que le terrain plat de la savane.

Or ce type de terrain accidenté est mal adapté à la marche sur quatre membres, affirme Mme Winder. «Il est plus avantageux de rester en équilibre sur juste deux ou trois membres et d'utiliser les autres pour se stabiliser», explique-t-elle à l'AFP.

«Nous pensons que c'est ce qui s'est produit. Les jambes de nos ancêtres ont fini par supporter l'essentiel de leur poids, ce qui a rendu la posture debout importante», ajoute-t-elle.

Leurs mains, utilisées surtout pour se stabiliser ou se hisser sur des obstacles -un mode de locomotion qu'on observe aujourd'hui chez les chimpanzés par exemple-, auraient ainsi développé une plus grande capacité à saisir des objets.

«Les australopithèques (comme la fameuse Lucy qui vivait voici plus de trois millions d'années dans la Vallée du Rift en Ethiopie, ndlr) ont des corps qui mélangent à la fois des traits liés à l'escalade et d'autres liés à la marche debout sur deux jambes», relève Isabelle Winder.

Dans une étape ultérieure, les homininés auraient eu les mains suffisamment libres pour acquérir une dextérité manuelle accrue et développer l'utilisation d'outils, avance l'étude, publiée dans la revue spécialisée Antiquity.

Ce n'est qu'ensuite que le squelette et la structure du pied des proto-humains se seraient modifiés, quand ils se sont aventurés dans les plaines environnantes à la recherche de nouvelles proies et de nouveaux habitats.

«Ce terrain varié pourrait aussi avoir contribué à l'amélioration des capacités cognitives, comme l'orientation dans l'espace, et des facultés de communication, ce qui expliquerait l'évolution ininterrompue de nos cerveaux et de nos fonctions sociales, telles la coopération et le travail en équipe», dit Mme Winder.

Selon la chercheuse, cette nouvelle théorie «explique tous les processus clefs dans l'évolution des homininés, et offre un scénario plus convaincant que les hypothèses traditionnelles».

Source : La presse.ca du 24/05/2013

mardi 28 mai 2013

Comment l'Homme est-il devenu bipède ? Une étude relance le débat

Une récente étude publiée dans le journal Antiquity par des chercheurs de l'Université de York apporte une nouvelle théorie sur l'évolution de nos ancêtres du statut de quadrupède à bipède. Ces hypothèses remettent en question les causes climatiques qui étaient tenues pour explications jusqu'à maintenant.

Des scientifiques britanniques défient aujourd'hui les précédentes théories dans l'évolution de l'espèce humaine quant au passage de la quadrupédie à la physionomie que nous connaissons aujourd'hui, la bipédie. En partant du postulat que les Hominiens (-5332 à -2588 environ) ont dû se dresser sur leurs deux jambes afin de s'adapter aux paysages africains du sud et de l'est, rocailleux et escarpés, les scientifiques ont ainsi pu combler presque toutes les étapes du développement physique de l'espèce.

Les premières théories que nous connaissions jusqu'ici expliquaient que les Hominiens avaient été obligés de se mettre à la verticale car ils avaient été expulsés des arbres qui se raréfiaient durant la période du Pliocène où les forêts se réduisaient à vue d'oeil laissant place à de vastes plaines et à la savane, la station debout restant la plus avantageuse afin de voir au loin. Les changements climatiques, à l'origine de l'évolution des paysages auraient donc poussé l'Homme à se mettre sur ses jambes. Mais l'étude publiée dans le journal Antiquity et dirigée par l'Université de York en partenariat avec l'Institut de Physique du Globe à Paris, revisite le phénomène et y apporte un nouvel éclairage.

Les roches, terrain stratégique

L'étude "Complex Topography and Human Evolution: The Missing Link" dirigée entre autres par le docteur Isabelle Winder pose le constat suivant: Les Hominiens auraient trouvé dans les paysages rocailleux, faits de roches et d'escarpements une opportunité dans la chasse (installation de pièges), ainsi que pour la construction d'un habitat (sécurité, nourriture). L'activité physique que demandait le déplacement dans un tel lieu (escalade, course, marche, balancement) aurait donc amené l'espèce à devenir bipède. Et la motivation d'améliorer les fonctions motrices se serait faite de manière naturelle.

"Nos recherches montrent que le bipéralisme a pu se développer en réponse au terrain plus que dans un souci climatique" explique le docteur Winder citée par Science Daily. "La variété des terrains a également pu améliorer les capacités cognitives comme dans la navigation ou l'habilité à communiquer ajoutant au développement continu du cerveau et des fonctions sociales dans la coopération et le travail d'équipe."

Des mains et des bras qui se développent librement

Mais l'étude ne s'arrête pas là puisqu'elle apporterait par ailleurs de nombreuses réponses à plusieurs étapes du développement. "Un scénario plus convaincant". Ainsi, une fois à la verticale, les mains et les bras ont pu se développer librement permettant une dextérité manuelle et favorisant l'utilisation d'outil. Le développement des jambes et des pieds lui, se serait opéré à force de courses et d'excursions dans les plaines dans la recherche de proie ou de nouvelles zones pouvant accueillir des habitations.

Le passage par l'Homme de quadrupède à bipède demeure un moment charnière dans les théories de l'évolution. Au vu du nouvel éclairage apportée par l'équipe du docteur Winder, de plus amples études seront donc réalisées afin de pallier les éléments manquants et de préciser chaque étape.

Source : MaxiScience du 27/05/2013

lundi 27 mai 2013

Le site de Cro-Magnon, aux Eyzies (24), ouvrira l'année prochaine

Acheté par l'entrepreneur Jean-Max Touron, il devrait proposer un certain nombre de surprises aux visiteurs

Depuis plus de trois ans que Jean-Max Touron a acheté le site de Cro-Magnon à l’entrée des Eyzies, avec tous les terrains et constructions qui le bordent (à six propriétaires différents), il espérait pouvoir l’ouvrir à la visite cette année. « C’est un lieu important, je veux faire quelque chose de bien et surprendre ceux qui m’appellent “le Leclerc de la préhistoire” », explique l’entrepreneur, qui exploite déjà cinq sites touristiques en Dordogne (1).

Il s’est attaqué à un gros morceau. Il n’y avait pas assez de places de parking : Jean-Max Touron a réussi à acheter une bande de terrain à la SNCF, le long de la voie ferrée, pour y créer 50 places. Il a pu faire changer le tracé du chemin communal qui passe devant Cro-Magnon en s’engageant à tracer un nouvel accès un peu plus loin.

Il a longuement négocié avec les services des affaires culturelles sur les travaux possibles sur le site : on ne touche pas à l’abri historique où furent découverts cinq squelettes en 1868, mais les abris à cochons voisins ont pu être démolis, ainsi que plusieurs constructions parasites. Le chemin de découverte qui monte sur la falaise a pu être tracé, et le propriétaire étudie l’aménagement des belvédères qui surplombent la vallée.

Pour Pâques 2014

Autant le dire, il reste encore de gros travaux à faire avant une ouverture que Jean-Max Touron espère maintenant pour Pâques 2014. Le résultat réservera de nombreuses surprises qui devraient séduire le public : « J’aime que mes visiteurs en aient pour leur argent », insiste-t-il. Il faut dire que le site de Cro-Magnon, très important dans l’histoire de la préhistoire (puisqu’il a servi de nom de baptême à Sapiens sapiens, l’homme moderne), n’est pas très folichon. C’est un abri-sous-roche comme il en existe des centaines dans la vallée de la Vézère. D’ailleurs, il était à peine fléché.

Comme le dit très bien le préhistorien Gilles Delluc, conseiller scientifique du projet, « il n’y a pas grand-chose à voir, mais beaucoup à raconter ». Les maisons voisines abriteront ainsi un petit musée sur Cro-Magnon et il y aura des hologrammes et des images 3D pour faire revivre notre ancêtre le plus direct en réalité augmentée.

Un cabinet d’architectes de Cénac et un scénographe de Sarlat planchent dessus avec Estelle Bougard, la préhistorienne qui dirigera le site.

Il y a 27 000 ans

Les sépultures trouvées là remontent, selon les datations et les objets trouvés, au Gravettien ancien, c’est-à-dire il y a 27.000 ans (les peintures de Lascaux ont 17.000 ans). Lors de la visite, on saura tout sur Cro-Magnon, notamment qu’il était de grande taille.

Une histoire très précise du site a aussi été dressée par Gilles Delluc. « Contrairement à ce que l’on a toujours dit, ce n’est pas lors de la construction de la voie ferrée que les squelettes ont été découverts, mais cinq ans après, lors de travaux pour faire la nouvelle route. »

De même, on ne pouvait avoir baptisé ce lieu Cro-Magnon (« cro » signifie trou ou creux en patois), alors qu’il était enterré depuis des siècles, jusqu’à sa découverte au XIXe. En revanche, un autre abri-sous-roche est situé au-dessus dans la falaise : « C’est lui qui avait dû être baptisé ainsi. »

Le sentier qui sera ouvert pour la visite permettra de découvrir ce lieu inédit et spectaculaire. Cro-Magnon n’a pas fini de nous étonner.

(1) La falaise de la Roque Saint-Christophe, quatrième site le plus visité en Dordogne, la maison forte de Reignac, le Roc de Cazelle, le manoir de Gisson à Sarlat et la grotte du Sorcier.

Source : Sud-Ouest du 24/05/2013

samedi 25 mai 2013

Filippetti inaugure Le Mas-d'Azil, haut lieu de la préhistoire

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a inauguré vendredi la grotte du Mas-d'Azil (Ariège), haut lieu de la préhistoire rajeuni par presque deux ans de travaux qu'elle a érigé en exemple d'un engagement "pérenne" de l'Etat auprès des collectivités et en faveur d'une politique culturelle pas seulement réservée aux grandes villes.

La grotte a rouvert au public à la fin avril après de lourdes interventions visant à assurer la conservation, à mettre en valeur et à favoriser l'accès du public à ce site géologique et archéologique exceptionnel.

Il y a deux millions d'années, la rivière Arize a creusé là un porche de 50 mètres de haut et de large pour traverser le massif du Plantaurel et ressortir cinq cents mètres plus loin. Les mammouths, les rhinocéros laineux l'ont fréquentée, puis les hommes se sont installés. On y a retrouvé des vestiges préhistoriques remarquables, comme un magnifique propulseur magdalénien représentant un faon tournant la tête vers deux oiseaux (-13.000 ans). La grotte a donné son nom à la culture azilienne.

Les récents travaux ont mis au jour de nouvelles couches archéologiques indiquant une présence humaine il y a au moins 30.000 ans. Ces découvertes ont forcé les aménageurs à revoir leurs plans et ont retardé le chantier de plusieurs mois.

Mme Filippetti a salué un "formidable chantier de rénovation" et parlé de "renaissance" des lieux.

Le maire du village de 1.200 habitants, Raymond Berdou, a reconnu pour sa part qu'il y a quelques mois, les lieux n'étaient pas à la hauteur de ce que la ministre a qualifié d'un "des berceaux de notre humanité". Les services de l'Etat avaient mis la commune en garde à plusieurs reprises.

Les 3,5 millions d'euros de travaux ont été financés pour la plus grande part par les collectivités, le solde l'ayant été par l'Etat.

Source :; Le Point du 24/05/2013

mercredi 22 mai 2013

Âge de pierre : les changements climatiques liés aux avancées technologiques

Les sauts technologiques accomplis par l'humain durant l'Âge de pierre en Afrique du Sud ont coïncidé avec de brusques changements climatiques qui ont favorisé des environnements plus humides dans la région, indique une étude publiée mardi.

D'après l'archéologie et la génétique, l'homme anatomiquement moderne, Homo sapiens, est apparu en Afrique au cours du Paléolithique moyen, une longue période qui s'étend de 280 000 à 30 000 ans avant le présent.

Les archéologues ont identifié plusieurs sauts technologiques majeurs dans l'art de la pierre taillée, des ruptures brusques dont les causes ne sont pas connues avec certitude et font toujours débat entre les spécialistes.

C'est notamment le cas en Afrique du Sud, aux environs de 71 500 ans avant notre ère et entre -64 000 et -59 000. Ces périodes de progrès techniques ont probablement accompagné aussi un développement du langage et de l'identité culturelle, avec l'émergence de gravures, d'objets en os ou de bijoux en coquillages, souligne l'étude, publiée dans la revue britannique Nature Communications.

Selon Martin Ziegler, qui a dirigé cette étude pour l'Université de Cardiff (Royaume-Uni), la question qui taraude les archéologues est la suivante: «Pourquoi ces premières périodes d'innovation culturelle se produisent-elles par coups successifs, avec des industries qui émergent brusquement en Afrique du Sud pour disparaître tout aussi subitement après quelques milliers d'années?».

Afin d'y répondre, M. Ziegler et son équipe ont étudié les sédiments marins des côtes sud-africaines pour reconstruire les variations climatiques dans la région au cours des 100 000 dernières années.

«Nous montrons pour la première fois que l'apparition et la disparition de ces périodes d'innovation ont coïncidé avec de brusques changements du climat», résume M. Ziegler pour l'AFP.

«Nous avons trouvé que l'Afrique du Sud connaissait des conditions plus humides au cours de ces périodes de progrès culturel. Au même moment, de grandes zones en Afrique subsaharienne connaissaient un climat plus sec, de sorte que l'Afrique du Sud pouvait servir de refuge aux premiers humains», explique-t-il.

Dans le même temps, l'hémisphère nord subissait un climat extrêmement froid.

«Cette correspondance suggère que les améliorations climatiques ont joué un rôle clef dans l'émergence des innovations culturelles», estime le chercheur, pour qui il est très peu probable que cette corrélation entre vestiges archéologiques et climat soit le seul fruit du hasard.

Car si l'apparition des nouvelles techniques correspond à un climat plus favorable, leur disparition survient également au moment où le climat se dégrade, et ceci à plusieurs reprises au cours du Paléolithique moyen, relève l'étude.

En Afrique du Sud et dans d'autres régions du monde, «ces sursauts impulsés par le climat ont probablement été fondamentaux dans l'émergence des éléments clefs du comportement humain en Afrique, puis dans la diffusion d'Homo sapiens hors de son berceau ancestral», conclut l'étude.

Source : La presse.ca du 21/05/2013

lundi 20 mai 2013

De nouveaux fossiles indiquent que singes et grands singes ont divergé très tôt

Publiant leurs travaux dans Nature, des chercheurs américains ont mis au jour en Tanzanie deux fossiles de primates datant de quelques 25 Ma, qui prouvent que la lignée des grands singes avait déjà divergé de celle des autres singes de l’Ancien Monde à cette époque.

C’est dans la région de Rukwa (sud-ouest de la Tanzanie), au sein de sédiments datés géologiquement entre - 34 et -23 Ma (Oligocène), qu’une équipe de l’Université de l’Ohio a découvert ces fossiles de primates, appartenant à 2 espèces jusqu’à présent inconnues : Rukwapithecus fleaglei, représenté par une mandibule et plusieurs dents, et Nsungwepithecus gunnelli, représenté par un fragment de mâchoire et une seule dent. Or, le premier est un hominoïde - le groupe zoologique qui comprend les grands singes et les hommes, anciens ou actuels - et l’autre un cercopithécoïde - le groupe qui comprend les autres singes de l’Ancien Monde (les singes du Nouveau Monde constituant encore un groupe à part). Les deux lignées, issues d’un ancêtre commun et présentes ici simultanément, ont donc divergé avant la date de formation de ce terrain, concluent les chercheurs.

"L'Oligocène supérieur est parmi les périodes les moins documentées en échantillons dans l'histoire évolutive des primates. (…) Les nouvelles découvertes sont particulièrement importantes pour aider à régler un différend de longue date entre les estimations de l’époque de divergence obtenues à partir des analyses de séquences d'ADN provenant de primates actuels, et celles suggérées par les archives fossiles de primates", explique le Pr Nancy Stevens, auteur principal de l’étude.

"Les études de l’horloge des mutations dans l'ADN des primates ont indiqué que la scission entre les singes et les grands singes a eu lieu il y a entre 30 et 25 Ma. Ces fossiles du bassin de rift de Rukwa, dans le sud-ouest tanzanien, fournissent le premier véritable test de cette hypothèse selon laquelle ces groupes ont divergé très tôt, en révélant un nouveau regard sur cet écosystème terrestre de l’Oligocène supérieur", conclut la scientifique.

Source : Maxi Sciences du 18/05/2013

vendredi 17 mai 2013

L’origine du genre humain en Asie ? Vraiment ?

Drôle de texte que celui-ci, dans lequel le New Scientist fait état d’un débat houleux sur la nature de l’homme de Florès et, surtout, d’une hypothèse qui place en Eurasie, et non en Afrique, le berceau de l’humanité. Drôle de texte, parce que cette théorie me semble — à en juger par ce qui est rapporté dans l’article, du moins — fondée à peu près uniquement sur des éléments assez marginaux. À vous de juger…

De manière générale, la très grande majorité des paléontologues s’entendent pour placer l’origine du genre humain en Afrique, où des australopithèques auraient évolué pour donner Homo erectus il y a un peu moins de 2 millions d’années. Les étapes évolutives qui ont précédé cet «homme debout» et qui l’on suivi sont l’objet de débats — par exemple, contrairement à ce qu’on enseignait quand j’étais au secondaire, il n’est pas si sûr qu’Homo habilis figure parmi nos ancêtres —, mais il est bien établi que notre évolution est passée par H. erectus. En outre, le plus clair des preuves archéologiques, de même que leur interprétation très majoritaire, indiquent que H. erectus fut le premier homininé à quitter l’Afrique.

Cependant, écrit le New Scientist, il existe des artéfacts qui pourraient être interprétés (ce mot étant important, ici) comme des indices appuyant une autre théorie, voulant que H. erectus ne serait pas apparu en Afrique, mais plutôt en Eurasie, et qu’il aurait ensuite migré sur le «Continent noir», y aurait évolué et en serait ressorti sous notre forme actuelle. Les éléments de preuve invoqués sont les suivants :

L’homme de Florès. Découvert en Indonésie il y a 10 ans, ce squelette nain ne serait, pour certains, rien d’autre qu’un H. erectus déformé par une maladie. Plusieurs experts le considèrent toutefois comme une espèce à part entière qui aurait évolué à partir des H. erectus sortis d’Afrique, une position solidifiée par le fait que l’on a trouvé d’autres squelettes (mais un seul crâne à ce jour, cependant) partageant les mêmes caractéristiques. Cependant, certains de ses traits semblent particulièrement archaïques, notamment son crâne proportionnellement petit (même pour un hobbit), ce qui fait dire à quelques uns qu’il pourrait s’agir d’un descendant direct d’un australopithèque quelconque.
L’homme de Dmanisi. En 1991, des archéologues ont découvert en Géorgie des restes de H. erectus datant de 1,77 millions d’années, soit presque autant que les plus anciens fossiles connus pour cette espèces (1,8MA). D’autres signes suggèrent en outre une occupation du site remontant à 1,85 MA, ce qui est presque aussi vieux que le moment estimé de l’apparition de H. erectus (1,87 MA). Il faudrait donc que notre ancêtre ait eu une sacrée bougeotte pour sortir d’Afrique presque tout de suite après être «venu au monde» — à moins qu’il soit apparu hors de l’Afrique pour y rentrer par la suite.
«Trou» dans les fossiles. Les origines de H. erectus sont mal connues parce qu’il y a une sorte de trou dans les archives fossiles déterrées en Afrique. De là, les partisans de la thèse de l’Eurasie avancent que les pièces manquantes doivent se trouver hors d’Afrique. On ne les aurait donc pas trouvé parce qu’on serait engoncé dans la théorie dominante, qui confine les recherches en Afrique.

Ce dernier point m’apparait, à mes yeux de dilettante en tout cas, particulièrement chambranlant. En principe, il faut obtenir des évidences avant d’adhérer à une thèse, mais on demande ici de faire l’inverse : il faut prêter un minimum de foi à la thèse afin de pouvoir en obtenir les preuves.

En outre, il y a toujours un danger à fonder une théorie ou une déduction sur ce qu’on ne connaît pas, plutôt que sur ce qui est su. Il y a 20 ou 30 ans, une autre théorie expliquait la bipédie par le fait que nos ancêtres auraient peut-être passé des millénaires à trouver refuge dans l’eau ; c’est afin de pouvoir s’éloigner davantage de la berge, disait-on, à une profondeur où les prédateurs terrestres ne pouvaient pas les atteindre, que nos ancêtres (avant les australopithèques) auraient adopté la position debout. Cette thèse avait aussi l’avantage, soulignaient ses partisans, d’expliquer pourquoi il y avait un trou dans les archives fossiles avant les australopithèques : il fallait chercher sous l’eau ! Des travaux subséquents, qui ont trouvé que le corps des premiers australopithèques étaient assez bien adapté pour une vie semi-arboricole, montrent les risques qu’il y a à s’appuyer sur ce qu’on ne sait pas.

Par ailleurs, à moins que j’en aie manqué un bout, le fait que l’homme de Florès soit une espèce distincte n’amène pas grand-chose au moulin du «camp» eurasien. En fait, même si l’on admet qu’il descend d’un australopithèque, on ne peut pas en conclure que H. erectus est apparu hors d’Afrique — cela ne fait logiquement que garder ouverte cette possibilité théorique.

Le point le plus intéressant, toujours à mes yeux d’anthropologue du dimanche, est celui de l’homme de Dmanisi. Il serait en effet étonnant que H. erectus soit apparu en Afrique et en soit presque instantanément sorti. Mais ce n’est, d’une part, pas complètement impossible et surtout, cela n’exclut pas, d’autre part, que la date actuellement admise pour son apparition soit trop avancée.

Alors, qu’en dites-vous ?

Souce : La Presse.ca du 16/05/2013

jeudi 16 mai 2013

L'évolution de l'oreille humaine réinterprétée

La comparaison d'os fossilisés d'hominidés laisse à penser que le développement de l'oreille s'est fait très tôt dans l'évolution humaine.

Le paléoanthropologue américain Rolf Quam et ses collègues de l'Université de Binghamton ont analysé les restes d'osselets d'hominidés découverts en Afrique du Sud pour constater que des changements dans la grosseur et la forme de l'oreille moyenne sont survenus très tôt dans notre évolution.

Selon eux, ces modifications auraient eu des effets importants sur les capacités auditives de nos ancêtres, et donc, sur leurs aptitudes à communiquer entre eux.

Les scientifiques ont analysé les fossiles de trois os complets d'oreilles moyennes (les osselets) de Paranthropus robustus datant de 1,8 million d'années et les fragments d'autres appartenant à un Australopithecus africanus qui vivait il y a entre 3,3 millions et 2,1 millions d'années.

Ces analyses sont particulièrement importantes, car très peu de ces os survivent au temps en raison de leur fragilité.

Les comparaisons montrent que, chez tous les spécimens, les marteaux ressemblaient à ceux retrouvés chez les humains et qu'ils étaient beaucoup plus petits, proportionnellement, que ceux de nos cousins les grands singes.

La grosseur des osselets laisse aussi à penser qu'ils avaient de plus petits tympans. La similitude entre les deux espèces semble montrer une origine commune ancienne.

Il est difficile, selon les chercheurs, de tirer des conclusions sur les capacités auditives simplement à partir de la taille de l'oreille moyenne parce que le processus fait appel à plusieurs structures de l'organe et même du cerveau.

D'autres études ont déjà montré que la grosseur de l'oreille moyenne influence bel et bien ce que les singes entendent.

La comparaison avec le génome des gorilles indique aussi que des changements dans les gènes qui codent pour ces structures différencient l'homme du singe.

Le détail de cette étude est publié dans les annales de l'académie américaine des sciences (PNAS).

Source : Radio Canada du 15/05/2013

mercredi 8 mai 2013

L'Homme de Néandertal espagnol aurait disparu bien plus tôt que prévu

Une étude anglo-espagnole affirme, à l’aide d’une nouvelle technique de datation, que l’Homme de Néandertal aurait disparu de la péninsule ibérique au moins 10.000 ans plus tôt que prévu. La rencontre avec l’Homme moderne aurait donc été impossible. Une grande nouvelle qui changera le contenu des livres d’histoire ? Plutôt un faux débat pour Marylène Patou-Mathis, préhistorienne interrogée par Futura-Sciences.

Avant nous, l’Homme de Néandertal. Ce cousin, presque notre frère, partage avec nous 1 à 4 % des gènes. Mais voilà environ 30.000 ans, pour des raisons encore débattues, ces peuples ont disparu de la surface du monde. Certains paléontologues considèrent que les derniers représentants de cette espèce humaine se sont éteints sur la péninsule ibérique, composant aujourd’hui le territoire de l’Espagne et du Portugal.

Mais d’après des chercheurs européens, dirigés par Thomas Higham de l’université d’Oxford, les Néandertaliens ayant peuplé cette région pourraient avoir disparu au moins 10.000 ans plus tôt que prévu. En utilisant une nouvelle technique de datation au carbone 14, ils ont montré que les sites préhistoriques testés n’avaient pas 35.000 ans, mais plutôt 45.000 à 50.000 ans.

Des Néandertaliens vieillis de 10.000 ans par le carbone 14

Comment ce radio-isotope, connu pour la précision de ses datations dans une échelle de 50.000 ans, peut-il fournir des données aussi différentes ? Il faut bien comprendre que les os passés au détecteur peuvent avoir été contaminés par une source extérieure de carbone après la mort de l’individu. Cela fausse alors les données.

Par ultrafiltration, les auteurs expliquent dans Pnas avoir développé une méthode de datation plus précise. Ils ont voulu mener leur analyse sur 215 os retrouvés dans 11 sites néandertaliens de la péninsule ibérique, datés d’environ 35.000 ans. Malheureusement, leurs ambitions ont été revues à la baisse. Seuls huit ossements contenaient assez de collagène pour être datés précisément. Tous provenaient non de 11, mais de seulement deux sites, situés en altitude : Jarama et Zafarraya.

Un de ces os, qu’on pensait âgé de 33.300 ans, aurait appartenu en réalité à un individu mort voilà 46.700 ans. D’autres dateraient même de 50.000 ans. Certains estiment que les premiers Hommes modernes auraient atteint ces contrées voilà 42.000 ans. Toute rencontre avec les Néandertaliens de la région s’avère donc impossible. Les études précédentes auraient-elles sous-estimé l’âge de la mort de Néandertal ? Faut-il remettre en cause la préhistoire humaine ?

Les derniers Néandertaliens pas forcément espagnols

Non, clame Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de cet homininé au Muséum national d’histoire naturelle. « Je ne doute pas des dates avancées par ces chercheurs, mais comment est-il possible de généraliser à l’échelle d’un territoire à partir de seulement deux sites ? Une analyse locale ne peut fournir une réponse globale », remarque la préhistorienne. D’autant que ces grottes sont situées en haute altitude. Elles auraient très bien pu être délaissées à l’époque où la période glaciaire frappait l’Europe pour des régions plus chaudes, qui favorise aussi la dégradation du collagène des os et qui compliquent la datation.

« Il faut également qu’on arrête de croire systématiquement que les derniers Néandertaliens vivaient en Espagne, reprend-elle. On a montré que certains d’entre eux vivaient en Croatie ou en Crimée [péninsule ukrainienne, NDLR], il y a moins de 35.000 ans. Ce travail ne remet donc pas en cause la date de disparition des Néandertaliens. »

Homo sapiens disculpé

Quant à la question de la rencontre entre les deux espèces humaines de l’époque, la préhistorienne a un avis précis. « Il y a eu hybridation aux alentours de -70.000 à -80.000 ans, au Proche-Orient ou dans les environs. Puis les Hommes modernes ont migré vers l’ouest et ont pu, sur leur chemin, rencontrer quelques populations néandertaliennes, notamment dans les Balkans. Mais, il me paraît en effet peu probable que les deux espèces se soient croisées en Espagne, même dans le cas où elles auraient vécu à la même époque en Europe : les régions sont tellement grandes et les groupes tellement petits ! » En conclusion, cette étude, aussi intéressante et crédible soit-elle, ne semble pas bouleverser l’histoire des relations qu’ont pu entretenir Homo sapiens et Néandertal. Et ne modifie pas l’histoire récente de l’évolution humaine.

Néanmoins, elle pourrait apporter des éléments qui justifient que les Hommes modernes ne sont pas responsables de la disparition des Néandertaliens. « Notre "cousin" n’a pas disparu du jour au lendemain. C’est un processus qui a pris du temps, et des éléments nous indiquent que ces populations humaines étaient déjà sur le déclin avant même que nos ancêtres modernes n’arrivent en Europe », signale Marylène Patou-Mathis. Ouf ! On savait Homo sapiens très doué pour entraîner la disparition d’espèces, mais dans ce cas, les faits semblent le dédouaner.

Source : Futura Sciences du 06/05/2013

mardi 7 mai 2013

Origine et évolution de la lignée humaine

La lignée humaine est issue de primates vivant en Afrique. On considérait jusqu'au début des années 2000 qu'elle débutait avec les australopithèques, il y a 4 à 6 millions d'années. Cependant, des fossiles découverts en 2000 et 2001 (l'« Ancêtre du Millénaire » [Orrorin tugenensis], daté de 6 millions d'années, et « Toumaï » [Sahelanthropus tchadensis], daté de 7 millions d'années) pourraient représenter des ancêtres plus anciens et plus proches de la lignée des grands singes.

Des origines mystérieuses

Daté d'environ 20 millions d'années, Proconsul, singe au mode de vie largement terrestre, mais à la locomotion quadrupède, était considéré comme l'ancêtre probable des grands singes et des australopithèques. Depuis 1997, on connaît un autre candidat à ce statut : Moropothecus (17 millions d'années), aux mœurs arboricoles, mais dont la capacité à se tenir suspendu aux branches, qui provoquait le redressement du corps, favorisait peut-être la station debout et la bipédie.

Découvert en Afrique de l'Est, le kenyapithèque est peut-être apparenté à l'otavipithèque (Afrique du Sud et Namibie). Ses fossiles, datant de 15 à 12 millions d'années, sont fragmentaires.

Les australopithèques

Deux genres, d'une ancienneté supérieure à 4 millions d'années, représentent les premiers hominidés. Il s'agit du genre Australopithecus (les australopithèques), représenté par au moins quatre espèces, et du genre Ardipithecus (deux espèces mises au jour en Éthiopie : Ardipithecus Ramidus, en 1992, et Ardipithecus kadabba, en 2001). Si les Ardipihecus présentent des caractères les rapprochant à la fois des australopithèques et des grands singes africains (gorille et chimpanzé), la tribu des hominines (lignée humaine) semble bien issue des australopithèques.

Lucy et les autres australopithèques

L'espèce Australopithecus afarensis est bien connue depuis la découverte, en 1976, du squelette presque complet de « Lucy » (3,2 millions d'années). Célébrée comme notre « arrière-grand-mère », Lucy ne représente pourtant plus les ancêtres directs de l'homme depuis la mise au jour, dans les années 1990, de plusieurs autres fossiles d'australopithèques. Trois espèces, Australopithecus africanus, Australopithecus anamensis et Australopithecus bahrelgahazali, (Abel), se révèlent plus proches de la souche ancestrale du genre humain (Homo) et, parmi eux, Australopithecus africanus possède le crâne le plus « humain ».

L'étude des australopithèques révèle que leur marche bipède était encore imparfaite (petites enjambées accompagnées d'un fort balancement du corps) et qu'ils pouvaient très bien grimper aux arbres. D'une taille comprise entre 1,10 m (Lucy) et 1,50 m, ils avaient un petit cerveau (de l'ordre de 400 cm3) et une face proéminente au niveau des mâchoires (prognathisme).

Les paranthropes

Découverts en Afrique à partir de 1938 et identifiés dans les années 1960 comme des australopithèques « robustes » à cause de leurs fortes mâchoires, les paranthropes ont retrouvé un statut distinct de celui des australopithèques. Contemporains des premiers humains (genre Homo), ils représentent un autre genre d'homininés, à la dentition adaptée à une nourriture végétale coriace (racines, graines…), mais au cerveau plus développé que celui de la plupart des australopithèques. En outre, ils devaient présenter une plus grande aptitude à la bipédie, ainsi qu'une meilleure dextérité manuelle (Paranthropus garhi).

Les paranthropes vivaient durant une période de diversification des homininés, entre 2,5 et 1,4 million d'années, qui faisait suite à l'« âge des australopithèques ». Ils cohabitaient en Afrique avec plusieurs représentants du genre Homo (Homo habilis, Homo rudolfensis, puis Homo ergaster et Homo erectus). Si leurs liens de parenté avec les australopithèques sont encore mal établis (Paranthropus robustus pourrait descendre de Australopithecus africanus), on considère qu'ils se sont éteints sans descendance.


mercredi 1 mai 2013

Le Mas-d'Azil, haut lieu de la préhistoire, rouvre rajeuni

La grotte du Mas-d'Azil (Ariège) est rouverte au public depuis ce week-end après quasiment un an et demi de fermeture pour des travaux de mise en valeur et d'accès à ce haut lieu de la préhistoire, a-t-on appris dimanche auprès de la commune.
La grotte du Mas-d'Azil est un site exceptionnel: il y a deux millions d'années, la rivière Arize a creusé là un porche de 50 mètres de haut et de large pour traverser le massif du Plantaurel et ressortir cinq cents mètres plus loin.
Les mammouths, les rhinocéros laineux l'ont fréquentée, puis les hommes se sont installés. On y a retrouvé des vestiges préhistoriques remarquables, comme un magnifique propulseur magdalénien représentant un faon tournant la tête vers deux oiseaux (- 13.000 ans). La grotte a donné son nom à la culture azilienne.
Mais la présentation et l'accès du public n'étaient pas à la hauteur, a dit à l'AFP le maire du village de 1.200 habitants, Raymond Berdou. "On l'appelait la belle endormie (...) Rien n'avait été fait depuis plus de 40 ans", a-t-il rappelé.
Les travaux ont commencé à la fin 2011 et, en dehors de quelques périodes, la grotte est restée fermée depuis. Elle a rouvert samedi pour les Mas-d'Aziliens et dimanche pour le grand public.
Entre-temps, une passerelle au-dessus de l'Arize et un bâtiment accueillant le public, avant l'accès aux cavités qui se visitent, ont été construits. Dans les cavités, les cheminements ont été réaménagés. L'éclairage a été confié à René Stinville, qui a mis en lumière l'Arc de Triomphe à Paris et qui a installé au Mas-d'Azil des diodes électroluminescentes pour ne pas dégager de chaleur.
Dans le bâtiment d'accueil de 350 mètres carrés, où se trouve aussi la billetterie, un fac-similé d'une dizaine de mètres donne aux visiteurs une idée des trois galeries ornées qui, fragiles et difficilement accessibles, lui sont interdites, avec leurs peintures et gravures de bisons, de chevaux et même d'un visage humain.
Les travaux, qui ont coûté 3,5 millions d'euros et qui ont été financés par l'Etat et les collectivités, visaient aussi à la conservation des lieux, a souligné Thomas Fromentin, chef du projet.
Les Mas-d'Aziliens ont été les premiers à découvrir leur nouvelle grotte samedi et 450 personnes sont venues, a précisé M. Fromentin.
Le maire les attendait avec une petite appréhension, mais "ils sont venus en masse: les villageois, les professionnels, il y avait même des gens qui n'avaient encore jamais visité la grotte. Le retour a été unanime (...) Ils étaient fiers d'être du village". Même les grincheux qui s'inquiétaient de payer plus d'impôts lui ont dit: "On était sceptique. Là, on est bluffé", a indiqué M. Berdou.
Le Mas-d'Azil attend la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, le 24 mai pour l'inauguration.

Source : Le Parisien du 21/04/2013