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samedi 26 décembre 2020

Australopithecus praegens

Les dépôts de la partie supérieure de la formation de Mabaget (4,5 Ma) à Tabarin ont livré en 1984 un fragment de mandibule. La forme du corps mandibulaire, large et bas, et la morphologie interne de l’os ont conduit les auteurs à l’attribuer à Australopithecus afarensis. Toutefois, la mandibule est plus petite que celles rapportées généralement à cette espèce. En outre, les dimensions des molaires semblent plus proches de celles de Proconsul africanus (un grand singe du Miocène inférieur du Kenya). Plus récemment, Ferguson (1989) a créé un nouveau taxon, Australopithecus praegens, à partir de cette mandibule. Puis la pièce a été rapportée à Ardipithecus ramidus (1998) en raison de la faible épaisseur de l’émail aux molaires et de l’étroitesse de ces dernières. Si cela s’avérait exact, l’espèce ramidus deviendrait synonyme de praegens, créée antérieurement.

Source : Book

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Homo antiquus praegens belongs to Australopithecus afarensis according to T. D. White et al. 1994

Source : Source

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L'australopithecus praegens peut être :

  • "Homo antiquus praegens" de Ferguson, c'est-à-dire trouver KNM-TH 13150
  • le nom de l'espèce Ardipithecus ramidus, si elle est considérée comme une espèce du genre Australopithecus (et non Ardipithecus) et si elle inclut également la constatation problématique KNM-TH 13150, voir Ardipithecus ramidus

Source : Wikipedia (sk)

vendredi 4 décembre 2020

Ardipithecus ramidus

Reconstruction de John Gurche :
Reconstruction :
Reconstruction Jay Matternes :

jeudi 3 juin 2010

Ardi : un ancêtre incertain

Ceux qui, l’automne dernier, ont bien aimé Ardi, ce fossile de 4,4 millions d’années censé être notre ancêtre, vont être déçus : une étude parue dans Science prétend qu’il vivait dans la forêt plutôt que la savane, ce qui le placerait plus près du chimpanzé.

Ardi, ou Ardipithecus ramidus, c’est du sérieux. Il a fallu 17 longues années à ses découvreurs, dirigés par Tim White de l’Université de Californie, pour le reconstituer et leurs conclusions, également parues dans Science en octobre, faisaient de cette femelle de 1 m 20 un pré-humain plus près de l’australopithèque (comme la célèbre Lucy, vieille de 3 millions d’années). Mais selon une équipe de géochimistes et d’anthropologues, les échantillons de sol à cet endroit révèlent plutôt la présence d’une forêt plus dense qu’on ne le pensait, ce qui serait incompatible, selon eux, avec la marche debout attribuée à Ardi. L’équipe de Tim White n’en démord pas et réplique dans Science. Le débat est lancé...

Source : Agence Science Presse du 01/06/2010

mardi 1 juin 2010

"Ardi" est-il vraiment un ancêtre de l'homme ?

Mais qui était exactement "Ardi"? L'an dernier, ce fossile originaire d'Ethiopie a été présenté comme une découverte cruciale pour l'histoire de l'évolution humaine, mais aujourd'hui les scientifiques s'interrogent : était-il vraiment un ancêtre de l'homme et dans quel environnement a-t-il vécu ?

Des chercheurs contestent aujourd'hui son appartenance à la branche humaine de l'évolution des espèces. Leurs travaux sont publiés dans la revue "Science".

Selon l'étude initiale, publiée par la même revue en octobre, Ardi, diminutif d'Ardipithecus ramidus, vivait il y a 4,4 millions d'années, et était une créature de sexe féminin mesurant 1,20m et pesant 50kg. Ses ossements ont été découverts entre 1992 et 1994 dans la région de l'Afar en Ethiopie.

Ardi a vécu un million d'années avant Lucy -l'un des plus célèbres fossiles du monde, découvert en 1974 et longtemps considéré comme le plus vieil hominidé connu. Sa découverte a été présentée en octobre dernier comme un éclairage nouveau sur l'évolution du genre humain. Les chercheurs avaient conclu qu'Ardi marchait debout et vivait dans un habitat arboré (bois, forêts).

Dans la nouvelle étude, Esteban Sarmiento, de la Fondation sur l'évolution humaine d'East Brunswick (New Jersey), se dit sceptique sur l'appartenance d'Ardi à la branche de l'évolution qui a conduit à l'homme moderne. Selon lui, les caractéristiques anatomiques citées par l'étude initiale n'apportent pas de preuves convaincantes sur ce point. Certaines de ces caractéristiques, affirme-t-il, indiquent au contraire qu'Ardi est apparu avant que les humains ne se séparent de la lignée des grands singes africains.

Deux autres experts interrogés par l'Associated Press estiment toutefois qu'il est trop tôt pour dire quelle place occupe Ardi dans l'histoire de l'évolution. Will Harcourt-Smith, du Muséum américain d'histoire naturelle, dit ne pas être ne mesure de se prononcer sur l'opinion de M. Sarmiento. "Nous n'en sommes qu'au début" de l'analyse d'Ardi, souligne-t-il.

Pour M. Harcourt-Smith, "tant que nous n'aurons pas une description plus complète du squelette, il faut être prudent sur l'interprétation des analyses initiales dans un sens comme dans l'autre." Mais il n'est pas d'accord avec l'argument de M. Sarmiento selon lequel Ardi est probablement trop vieux pour appartenir à la branche humaine de l'évolution.

Rick Potts, du Muséum d'histoire naturelle de la Smithsonian Institution, note qu'Ardi a vécu dans une période mal connue de l'évolution, au cours de laquelle "beaucoup d'expérimentations" ont pu survenir. "Je pense qu'il est trop tôt" pour se prononcer sur son lien de parenté avec l'homme.

L'autre critique porte sur l'environnement d'Ardi. L'hypothèse d'un habitat arboré avancée l'an dernier va à l'encontre de l'idée selon laquelle les premiers ancêtres de l'homme auraient commencé à marcher debout parce qu'ils vivaient dans des plaines herbeuses et des savanes.

Dans la nouvelle étude, le géochimiste Thure Cerling, de l'université d'Utah, et d'autres chercheurs estiment qu'Ardi a vécu dans un environnement de savane ne comprenant pas plus de 25% de forêt. Leur théorie se fonde sur l'analyse de sédiments anciens, de dents d'animaux retrouvés sur le site des fouilles et de minuscules grains de silices découverts dans des plantes.

Le débat autour d'Ardi ne surprend pas Tim White, de l'université de Californie, l'un des auteurs de l'étude publiée l'an dernier. "C'était totalement prévisible", dit-il. "Chaque fois que vous avez quelque chose d'aussi différent qu'Ardi, vous allez probablement en avoir un."

Dans "Science" et dans un entretien à l'AP, M. White défend l'étude présentée l'an dernier. "Les preuves sont très claires que chez l'Ardipithecus, il y a des caractéristiques partagées seulement par les hominidés apparus plus tard (...) et les humains." S'il reconnaît la présence de savane dans l'environnement d'Ardi, il assure que tout indique qu'Ardi préférait vivre dans les zones boisées. Reste que le débat est loin d'être clos...

Source : Yahoo Actualités du 28/05/2010

lundi 1 février 2010

La nouvelle histoire de l'Homme

Reconstitué, consolidé, méticuleusement analysé, Ardipithecus ramidus, vieux de 4,4 millions d'années, nous amène aujourd'hui à réécrire en partie l'histoire de l'évolution de l'Homme et du chimpanzé, notre plus proche parent vivant.

Depuis une quinzaine d'années, régulièrement, nous interrogions Tim White, de l'université de Californie : présenterait-il bientôt les fossiles exceptionnels d'hominidés qu'il avait découverts, avec son équipe, en Ethiopie ? Accepterait-il d'en parler ? Ces paléoanthropologues avaient en effet créé en 1995 l'espèce Ardipithecus ramidus, à partir de fragments osseux et de dents datés de 4,4 millions d'années. C'était à l'époque le plus ancien hominidé connu. Et, dans les années suivantes, l'information avait diffusé dans le cercle des spécialistes : la même équipe avait également retrouvé un squelette très complet de la même espèce. Mais, imperturbablement, Tim White répondait à chaque fois que les restes étaient très fragmentés, très fragiles, que son équipe devait encore travailler, et qu'il était trop tôt pour en dire quoi que ce soit.

Notre patience a été récompensée : dans le numéro de février de La Recherche, Tim White et ses collègues présentent Ardi, le squelette d'hominidé ancien le plus complet connu. Le crâne et sa denture, les avant-bras, les mains, le bassin, une jambe et les pieds : il est plus complet que la célèbre Lucy, trouvée en 1974 à Hadar, 75 kilomètres plus au Nord. Trois mois après la publication scientifique pour les spécialistes, dans un épais dossier de la revue scientifique américaine Science, il nous a en effet semblé nécessaire de refaire le point sur ce que nous savons (et sur ce que nous ne savons pas) de l'histoire de l'homme et de ses ancêtres.

Car les informations apportées par l'analyse du squelette d'Ardi, des restes de 36 de ses congénères retrouvés dans le même secteur et de tous les éléments de faune et de végétation fossiles qui les accompagnaient obligent les paléontologues à reconsidérer les premières étapes de l'histoire des hominidés. Ardi, en particulier, apporte un éclairage nouveau sur l'émergence de la bipédie. Celle-ci aurait été favorisée par le comportement social, les mâles transportant de la nourriture afin de la partager avec les femelles, plus que par l'environnement, comme beaucoup le pensaient.

Source : La Recherche du 25/01/2010

jeudi 14 janvier 2010

Ardipithecus ramidus

Ardipithecus ramidus est une espèce éteinte de la famille des hominidés appartenant à la sous-tribu des hominines, également appelée lignée humaine. Il vivait en Afrique de l'Est au Pliocène inférieur, il y a 4,4 millions d'années. Les fossiles attribués à ce taxon ont été trouvés en Éthiopie et au Kenya.

Le nom du genre Ardipithecus provient de la racine ardi, qui veut dire « sur le sol » en langue afar, et de la racine grecque pithecos, signifiant grand singe.

Description

En 2009, 110 fossiles appartenant à 36 individus différents avaient été trouvés dans la vallée de l'Awash. Ils comprenaient notamment de nombreuses dents, un fragment de mandibule, un crâne partiel, ainsi que les trois os du bras d'un même individu.

Ardipithecus ramidus semble avoir été plus petit qu'Australopithecus afarensis, qui vécut un million d'années après lui dans la même région. Sa taille serait de 1,20 m, pour un poids pouvant atteindre 40 kg. Sa capacité crânienne est d'environ 350 cm3, comparable à celle du chimpanzé et inférieure à celle d'Australopithecus afarensis.

Classification

Malgré le grand nombre d'ossements fossiles trouvés à ce jour, il subsiste un doute sur la classification du genre Ardipithecus. Pascal Picq et d'autres chercheurs pensent qu'il pourrait appartenir aux Panina (branche des chimpanzés) plutôt qu'aux Hominina. Les chimpanzés ayant probablement largement évolué depuis le dernier ancêtre commun avec la lignée humaine, comparer des Hominina fossiles avec les seuls chimpanzés introduit probablement un biais dans les analyses phylogénétiques.

Source : Wikipedia


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Découvert à Aramis, Ethiopie, dans l'Awash moyen en 1994. 4,4 millions d'années. Le plus vieil Australopithèque ? (et habitant des forêts), contemporain de A. afarensis (habitant des savanes ).

Source : Lexique du CNRS

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Age : 4,4 millions d'années
Taille : 1,10 - 1,20 m ?
Poids : 50 kg
Localisation : Afrique Orientale
Habitat : Arboré
Feux : non
Outils : non

Sa fiche sur Hominidés.com

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4,4 MA.
Région du Middle Awash, Éthiopie et peut-être Kenya, Afrique de l’Est.
Fragment de mandibule (ALA-VP-2/10) et des dents (ARA-VP-6/1).
L’ardipithèque est candidat au rôle d’ancêtre des australopithèques puisqu’il en est proche dans le temps et par sa morphologie.

jeudi 31 décembre 2009

Découverte scientifique de l'année


Le magazine Science a décerné le titre de «découverte scientifique de l’année 2009» à Ardi, cette femelle hominidé haute comme trois pommes (1,20 m) qui vivait il y a 4,4 millions d’années dans ce qui est aujourd’hui le rift de l’Afar, en Éthiopie. Une distinction qui récompense l’exceptionnel travail de reconstitution effectué par une équipe de 47 chercheurs anglais, américains, canadiens, éthiopiens, français et japonais depuis la mise au jour de son squelette quasi complet en 1995, le plus ancien connu à ce jour. Celui de Lucy, la célèbre australopithèque, découvert vingt ans plus tôt dans le même secteur, date en effet de 3,2 millions d’années.

Pas moins de quinze années auront été nécessaires pour extraire et étudier à la loupe les 125 ossements particulièrement friables et fragiles de la belle Ardi, de son vrai nom Ardipithecus ramidus. Cette nouvelle espèce d’hominidé, dont la première trace fossile - une simple dent - a été exhumée en décembre 1992, toujours dans l’Afar, par un membre de l’équipe du paléontologue américain Tim White, bouscule ce que l’on croyait connaître sur les ancêtres des grands singes (chimpanzé, gorille…) et de la lignée humaine. Ardi n’est en effet ni une australopithèque, comme Lucy, ni une représentante du genre Homo. Elle offre un mélange inédit de traits primitifs hérités de ses ancêtres et de traits modernes que l’on retrouve chez des hominidés plus récents. Résultat : il faudra remonter au moins deux millions d’années en arrière pour espérer retrouver l’ancêtre commun aux hommes et aux grands singes.

Source : Le Figaro du 31.12.2009

lundi 28 décembre 2009

Ardipithecus : une paléo-star est née

En élevant le fossile éthiopien Ardipithecus ramidus au rang de plus grande avancée scientifique de l'année 2009, la revue Science consacre cet hominidé éthiopien vieux de 4,4 millions d'années. Au-delà du coup médiatique, le titre est mérité tant « Ardi » apporte d'informations sur nos lointaines origines.

« Ardi » ou Ardipithecus ramidus fait la couverture de Science, le 18 décembre 2009.

Une nouvelle vedette à la une

Le vendredi 18 décembre 2009, un visage doux et énigmatique occupe, seul, la couverture de la prestigieuse revue Science. « Ardi », ou Ardipithecus ramidus pour son nom scientifique, reçoit « la » récompense suprême de l'année, devant neuf autres progrès marquants.

Voilà ce fossile, découvert il y a déjà quinze ans, propulsé au rang de star de la discipline, aux côtés des Lucy, Toumaï et autres Orrorin… Consécration qui s'accompagne d'un plan de communication rodé, avec informations distillées sous embargo et volumineux dossier en ligne. Et qui ponctue une série de onze articles, signés de 47 chercheurs de dix nationalités, publiés dans la revue américaine le 2 octobre dernier… N'en jetez plus ! « Cette somme de plus de cent pages nous a donné de la lecture pour plusieurs mois, sans compter les annexes aux articles, au moins aussi longues, sourit le paléontologue François Marchal, constatant qu'une telle place accordée à un hominidé est inhabituelle. Les revues se contentent généralement d'un article de présentation du fossile, suivi d'une discussion avec d'éventuels détracteurs ».

Un jeu subtil entre revues et chercheurs

Certes, la médiatisation d'Ardi résulte du jeu subtil entre chercheurs et revues scientifiques. Ces dernières privilégient les découvertes spectaculaires, qui attirent de nouveaux abonnés et génèrent des rentrées publicitaires. Les chercheurs sachant bien, pour leur part, qu'un article dans une revue prestigieuse représente un coup d'accélérateur à leur carrière... Mais dans le cas d'Ardipithecus, les paléoanthropologues s'accordent sur l'importance de la découverte.

Alors, qui est cette Ardi – puisqu'il s'agit d'une femelle – émergée des sables de la vallée de l'Awash, sur le site d'Aramis, à 230 km au nord-est de la capitale éthiopienne Addis-Abeba ? Tout d'abord une véritable rescapée, qui ne serait jamais parvenue jusqu'à nous sans plusieurs coups de chance ! Lors de sa mort tout d'abord, au bord d'un lac il y a 4,4 millions d'années, où elle a été rapidement ensevelie dans des sédiments peu acides… Puis, lorsque la couche géologique qui l'enserrait, faite de roches volcaniques qui ont permis de la dater, a peu à peu affleuré. Et, enfin, quand le chercheur éthiopien Yohannes Haile-Selassie, membre du Middle Awash Paleoanthropological Research Project a repéré dans la terre les os de sa main, le 11 novembre 1994.

Un lent travail de préparation et d’analyse des fossiles

Depuis cette date, l'équipe américano-éthiopienne a réalisé douze campagnes, la dernière datant de 2008. Fouillant chaque année le sol avec précaution, en raison de la fragilité des os, du fait d'un processus de fossilisation inachevé. Puis les solidifiant avec une résine, pour enfin les transporter dans les laboratoires du Muséum national d'Addis-Abeba.

Là, les vestiges ont été patiemment nettoyés, débarrassés de leur gangue minérale grain après grain. Avant que les découvertes puissent enfin être étudiées, grâce aux techniques de pointe : micro-scanner pour visualiser l'intérieur des os, spectrométrie datant précisément les sédiments, ou microscopie électronique à balayage révélant les microstries à la surface des dents. Un véritable travail de fourmi, qui explique le délai de près de quinze ans écoulé entre la première découverte, en 1994, et la récente publication… Même si des articles plus courts avaient déjà levé, depuis 1997, un coin du voile sur Ardipithecus ramidus. Mais on ne connaissait jusqu'à présent que son âge, ses principales mensurations ainsi que sa pratique de la bipédie, le rattachant au rameau humain.

Cette fois, les résultats portent sur un total de 36 individus différents retrouvés autour des premiers fossiles. Et le squelette le plus complet, baptisé donc Ardi » ou ARA-VP-6/500 pour son nom de code, comprend 125 os différents : fragments de crâne, dents, os des bras, de la main et du poignet, du bassin, des jambes et des pieds. Avec autant de restes, Ardipithecus ramidus est l'hominidé le mieux documenté pour les périodes les plus reculées, c'est-à-dire avant l'avènement des Australopithèques il y a 4 millions d'années. À titre de comparaison, l'autre espèce d'Ardipithèque, appelé kadabba (5,6 millions d'années), ou encore Orrorin tugenensis (6 millions) et Sahelanthropus tchadensis (7 millions), ne sont connus qu'au travers de quelques dizaines d'ossements.

Un portrait-robot particulièrement précis

Alias ARA-VP-6/500, « Ardi » est constituée de 125 fragments osseux.

Sur la base de leur patiente étude, les paléoanthropologues ont dressé un portrait fidèle de ce lointain ancêtre. « Ardi pesait environ 50 kg et mesurait 1,20 m, détaille ainsi Tim White, de l'université de Berkeley et co-directeur du projet Middle Awash, ce qui est beaucoup pour un hominidé aussi ancien. L'Australopithèque afarensis Lucy, par exemple, découverte à 75 km à peine d'Aramis et qui vivait plus d'un million d'années après, ne pesait que 25 kg. » Grâce à l'étude d'environ 150 000 ossements animaux ou restes végétaux (bois, graines et pollens) exhumés des collines d'Aramis, les chercheurs ont aussi reconstitué le milieu dans lequel évoluait Ardi. Eléphants, rhinocéros, girafes et antilopes primitifs s'y côtoyaient.
Quant au paysage, il était constitué d'une forêt tropicale claire, parsemée de clairières, où les palmiers étaient abondants. Autant d'informations obtenues grâce, entre autres, à l'étude de minuscules particules d'opales (de 2 à 250 microns), appelés phytolites, qui s'accumulent à l'intérieur et autour des cellules végétales. « Contrairement aux pollens, les phytolites sont résistantes à l'oxydation dans les sols, ce qui en fait de bons marqueurs de la végétation à l'époque des premiers hominidés », expliquent Raymonde Bonnefille et Doris Barboni, du Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement (Cerege), situé à Aix-en-Provence.

Un nouveau scénario évolutif

Les paléoanthropologues font également revivre les comportements d'Ardipithecus, comme son mode de locomotion, à la fois bipède et arboricole. « Au sol, Ardi marchait sur ses deux pattes arrière, comme en atteste la forme de son bassin, détaille Tim White. Mais son gros orteil, entièrement opposable aux autres doigts de pied, et sa voûte plantaire, très plate, lui interdisaient de longues marches et la course. Dans les arbres, Ardi était certainement moins agile et rapide que les chimpanzés, sa main ne présentant pas les adaptations propres aux singes, comme une paume très allongée et certains ligaments permettant la suspension aux branches. »

Autre élément riche d'enseignements : les dents, en particulier les canines. Bien plus petites et fines que chez les singes, elles ne pouvaient donc pas servir d'arme aux Ardipithèques mâles pour en attaquer d'autres, comme c'est le cas chez les primates. Conséquence : « Les mâles étaient probablement appariés à une seule femelle, ne se disputant pas comme chez les singes l'accès à plusieurs partenaires, détaille Owen Lovejoy, de la Kent State University. Peut-être même les mâles apportaient-ils des aliments aux femelles. »

Un trait social altruiste, aux conséquences importantes en terme d'évolution. Impossible en effet de transporter des fruits jusqu'aux femelles sans membres supérieurs libérés de la locomotion quadrupède. Ce changement comportemental aurait donc été associé aux origines de la bipédie, concluent les chercheurs. Mieux : cet approvisionnement par les mâles aurait dégagé du temps aux femelles pour s'occuper de leurs petits et pour coopérer avec d'autres femelles.

Priorité aux fossiles

Aidées par leurs mâles, Ardi et ses sœurs sont-elles à l'origine des structures sociales complexes qui ont marqué les premiers pas de l'hominisation ? Le débat est ouvert, qui promet de diviser les paléoanthropologues. Mais déjà, Ardipithecus bouscule bien des certitudes. « Sur la base de la proximité génétique entre chimpanzés et hommes actuels, on pensait que les hominidés les plus anciens devaient ressembler aux chimpanzés, explique Owen Lovejoy. Ardipithecus contredit cette théorie et nous apprend que certains traits propres aux chimpanzés, comme leur comportement social agressif, sont apparus après la séparation de nos deux lignées. » Au passage, Ardipithecus nous rappelle que les fossiles détiennent seuls la clé pour comprendre notre passé africain, plus que l'étude des singes modernes ou la paléogénétique… Autant de mises au point qui méritaient bien la couverture d'une revue prestigieuse.

Source : Science Actualités du 28/12/2009

dimanche 1 novembre 2009

Ardi n'était ni chimpanzé ni humain

Dix-sept ans après sa découverte en Ethiopie, «Ardipithecus ramidus», le fossile d'hominidé âgé de 4 à 5 millions d'années, est enfin décrit au complet. Portrait.

Elle crapahutait en Afrique de l'Est, près d'un million d'années avant Lucy l'australopithèque... Bienvenue à «Ardi» l'ardipithèque, une femelle hominidé datée de -4,4 millions d'années, riche d'informations médites, grâce à son squelette, le plus ancien connu pour un hominidé. De Tournai'(-7 millions d'années) on ne connaît en effet que le crâne, d'Orrorin (-6 Ma), trois fémurs, un humérus et quelques dents. Ardipithecus ramidus (son nom savant), autrement plus complet, «ne ressemble à rien de ce à quoi nous nous attendions», selon son découvreur éthiopien Gen Suwa. Avec sa mise au jour en 1992, les chercheurs ont pensé tenir l'ancêtre des Homo, ou celui des grands singes, voire le «graal» de la paléontologie humaine : l'ancêtre commun aux deux lignées... Patatras ! après dix-sept ans d'analyses et l'exhumation de 36 individus au total, Ardi a été classée dans un genre nouveau, éloigné, situé sur une lignée voisine de celle des australopithèques : «Ni chimpanzé ni humain, elle nous rapproche comme jamais auparavant de l'ancêtre commun aux singes et à l'homme et nous permet vraiment d'imaginer ses traits», assure le paléoanthropologue américain Tim White (université de Californie, Berkeley).

Portrait.1,20 m pour 50 kilos
- Une petite tête : le volume de sa boîte crânienne, 300 à 350 cm3, est comparable à celui d'un bonobo, plus petit que celui d'un australopithèque (400 à 550 cm3, contre 1500 cm3pour Y Homo sapiens actuel).
- Un régime varié : ses dents à l'émail peu épais suggèrent un régime frugivore et omnivore, à l'exclusion des aliments coriaces et abrasifs (comme les noix).
- Une locomotion bipède et arboricole : son bassin et ses pieds rigides étaient ceux d'un bipède, mais elle était incapable de courir, ses voûtes plantaires n'étant pas arquées. Elle progressait aussi sous le couvert forestier grâce à ses paumes et à ses pieds aux pouces opposables. Au vu de ses bras et poignets, elle ne pouvait ni se suspendre dans les arbres, comme les orangs-outangs, ni marcher sur les phalanges de la main, comme les chimpanzés. De tels traits, loin d'être primitifs, seraient donc des adaptations apparues plus tardivement chez les grands singes.
- Enfin, des moeurs paisibles : il n'y a pas de différence marquée entre les femelles et les mâles ardipithèques, ces derniers étant même dépourvus de canines surdéveloppées, comme les chimpanzés. Le dimor- phisme sexuel, aiguisé par la compétition et la sélection sexuelle, serait donc apparu plus tard.

Source : Sciences et Avenir de novembre 2009

vendredi 23 octobre 2009

Le plus vieil hominidé livre une partie de ses secrets

Des ossements fossiles datant de 4,4 millions d'années éclairent d'un jour nouveau l'histoire de nos ancêtres.
Ils ont mis le paquet et ont pris leur temps : 47 chercheurs, américains, éthiopiens, japonais, français, anglais et canadiens, publient aujourd'hui, dans la prestigieuse revue Science, les résultats de quinze années de recherche. Avec pas moins de onze articles consacrés à Ardipithecus ramidus, un hominidé qui vivait il y a 4,4 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui le rift de l'Afar, en Éthiopie. Même s'il existe quelques rares fossiles d'hominidés plus anciens, le squelette presque complet que l'équipe a reconstitué est le plus vieux jamais découvert et étudié à ce jour. Et il bouscule quelque peu ce que l'on croyait connaître des ancêtres des primates et de la lignée humaine.

Le squelette de la main de «Ardi».

L'histoire commence le 17 décembre 1992. Gen Suwa, étudiant dans l'équipe du paléoanthropologue Tim White, de l'université de Californie, découvre dans le désert, près du village d'Aramis, en Éthiopie, une dent fossilisée. Qui est très rapidement identifiée comme une molaire d'hominidé. L'équipe passe le site au peigne fin, le nez dans la poussière. Et trouve d'autres restes d'hominidés.

1,20 m pour un poids de 50 kg

Mais il faudra attendre 1995 pour qu'un étudiant éthiopien de l'équipe de Tim White, Yohannes Hailé Selassié, découvre deux os appartenant à une main. Qui seront suivis d'os du pelvis, de la jambe, de la cheville, du pied… Finalement, un squelette presque complet est déterré. Qui sera surnommé Ardi, son nom provenant des mots afars signifiant «racine» et «terre».

En tout, moins d'une demi-douzaine de squelettes de plus d'un million d'années ont été retrouvés à ce jour. Le plus ancien (40 % du squelette complet) était jusqu'à présent celui de Lucy (3,2 millions d'années), l'australopithèque découverte en 1974 par Donald Johanson, Maurice Taïeb et Yves Coppens, à 75 kilomètres du lieu où Ardi l'a été vingt ans plus tard. L'histoire se répète puisque Ardi est également de sexe féminin. La belle mesurait 1,20 m pour un poids de 50 kg. Les reconstitutions effectuées, avec beaucoup de difficultés car les os fossiles étaient très fragiles et friables, montrent qu'elle avait un cerveau assez petit, plus encore qu'une australopithèque, de l'ordre de celui d'un singe bonobo. Qu'elle avait un museau prononcé, faisant effectivement penser aux singes, mais qu'elle avait des traits différents d'eux. Ardi était, selon les chercheurs, capable de se balancer de branche en branche avec ses quatre membres, mais également de marcher debout sur ses «jambes».

«Pour la première fois, on voit qu'il y a un nouveau type d'hominidé, qui n'est ni Australopithecus, ni Homo», assure Michel Brunet, du Collège de France. Ardi présente un mélange des traits «primitifs» de ses ancêtres et de traits «dérivés» que l'on retrouve chez les hominidés ultérieurs. On pensait, jusqu'à Ardi, que le chimpanzé et les autres grands singes modernes étaient plus proches que nous de nos ancêtres communs. Il semble qu'il n'en soit rien. Les hominidés et les singes africains ont suivi des chemins évolutifs distincts. Et il faudra remonter encore d'au moins deux millions d'années en arrière pour trouver l'ancêtre commun aux hommes et aux autres primates.

Ardi n'est pas le seul «succès» de ces fouilles. En plus de ce squelette et de 110 os fossiles provenant d'au moins 36 autres individus Ardipithecus, 150 000 spécimens provenant d'animaux et de plantes datant de cette époque ont été exhumés. Dont 29 espèces d'oiseaux, étudiées par des chercheurs français, qui ont trouvé des espèces encore inconnues. Tout comme de petits mammifères, avec une vingtaine de nouvelles espèces de chauves-souris, de rongeurs et d'autres petits carnivores.

Source : Le Figaro du 23/10/2009

vendredi 16 octobre 2009

Ardi, nouvel ancêtre de l'homme

La description de l'ardipithèque vient d'être achevée : elle confirme que ce primate arboricole qui marchait debout, comme un humain, est un ancêtre des australopithèques.

Cette reconstitution d'une femelle d'Ardipithecus ramidus montre un hominien arboricole aux bras puissants et longs (pour grimper), doté de quatre «mains» (pour s'accrocher aux branches), et qui avait aussi développé la station debout. Mais ce lointain ancêtre primate devait, pour marcher, rouler sur ses «mains» postérieures, pas encore des pieds.

Les grands singes actuels comportent les orangs-outangs, les gorilles, les chimpanzés, et les humains. Ces derniers ont un ancêtre commun avec les chimpanzés, à partir duquel divergent les hominidés, dont Toumaï (7 millions d'années), et les australopithèques (dont Lucy, 3,2 millions d'années), parmi lesquels une lignée gracile aurait donné le genre Homo, auquel appartient notre espèce. Or une équipe internationale d'une cinquantaine de chercheurs (dont cinq Français), coordonnée par Tim White, de l'Université de Berkeley, vient de publier une série d'études sur les caractéristiques et le mode de vie d'un nouvel hominidé, intermédiaire entre Toumaï et les australopithèques.

Des premiers fragments d'un squelette d'Ardipithecus ramidus avait été découverts par le Japonais Gen Suwa en 1992 près du village éthiopien d'Aramis. Puis l'Éthiopien Yohannes Hailé-Sélassié y a mis au jour une main – celle du squelette quasi complet d'«Ardi», une femelle, patiemment dégagé ensuite entre 1994 et 1997. La couche de silt qui contenait ces fossiles s'est déposée il y a 4,4 millions d'années, ce qui a été établi par l'analyse de radio-isotopes contenus dans les couches de tufs et de cendres volcaniques qui l'entourent. Cette découverte clef a été suivie de nombre d'autres ; aujourd'hui, l'équipe internationale qui étudie Ardipithecus ramidus dispose de 110 spécimens issus de 36 individus.

Les chercheurs ont tenté de reconstituer le mieux possible la biologie, l'environnement et le mode de vie d'Ardi. Le portait d'un hominidé parfaitement bipède, mais toujours arboricole, s'est dessiné. Si la partie inférieure du pelvis d'Ardi accueille les insertions des muscles puissants nécessaires pour grimper, sa partie supérieure montre qu'elle pouvait marcher droite sur ses deux jambes. Mais pour marcher, elle devait en quelque sorte faire rouler sur le sol la paume de ses pieds en forme de mains, c'est-à-dire des pieds dotés de pouces opposables. Quant aux mains, elles étaient conformées pour la flexion, ce qui traduit une adaptation à l'escalade et au déplacement dans les arbres ; leur structure suggère cependant qu'Ardi ne pouvait se suspendre à une branche durant plusieurs minutes par un seul bras, ce que font couramment les chimpanzés.

Cette description anatomique fait d'Ardi un animal intermédiaire dans la chaîne alimentaire de son milieu, à savoir des forêts claires. Ce milieu comporte de gros animaux – rhinocéros, bovidés, hyènes, etc. – et des petits – oiseaux, rongeurs, insectes, etc. Manifestement, Ardi et ses congénères pouvaient être chassés par des superprédateurs ou leur servir de charognes : certains des os retrouvés par les chercheurs portaient les traces de dents de tels prédateurs.

La dentition de l'ardipithèque suggère un régime omnivore. Comme tous les arboricoles, Ardi et ses congénères consommaient des fruits, mais ne pas négligeaient probablement pas les insectes, les graines, voire certaines feuilles... Et sans doute tentaient-ils à l'occasion de capturer un paon : Antoine Louchart, de l'École normale supérieure de Lyon, a déterminé que les paons représentaient 15 pour cent des oiseaux présents dans l'environnement d'Ardi, tandis que les perroquets en représentaient plus de 30 pour cent.

On peut aussi imaginer qu'Ardi et ses congénères mangeaient des charognes, mettant en œuvre des stratégies collectives pour repousser les hyènes, voire des prédateurs plus gros, comme le font les babouins aujourd'hui. Du reste, l'absence de canines hyper-développées chez les ardipithèques mâles montre que, contrairement aux gorilles ou aux chimpanzés, ils n'en avaient pas besoin pour affronter leurs concurrents. Cette constatation suggère fortement que l'organisation sociale des groupes d'Ardipithecus ramidus était davantage coopérative que fondée sur la hiérarchie entre mâles dominants.

Source : Pour la Science du 16-10-2009

mardi 6 octobre 2009

Ardi, plus vieille que Lucy, éclaire les origines de l'Homme

Avec ses 4,4 millions d'années, la petite Ardy devient le plus ancien hominidé dont on dispose du squelette complet. Elle nous en apprend beaucoup sur nos ancêtres et sur nos cousins les grands singes.

Dix-sept ans de travail, quarante-sept scientifiques de dix pays différents, plus de cent individus extraits du sable du désert et onze publications dans Science ont fini par permettre la description complète d'un des plus vieux représentants connus de la lignée humaine, Ardipithecus ramidus. La découverte initiale date de 1992 quand une équipe du Middle Awash Project a repéré des ossements dans la vallée du Rift, en Ethiopie. Fragiles et souvent en miettes, ces restes étaient très difficiles à extraire et il a fallu un patient labeur de grattage, puis de reconstruction, parfois sur ordinateur.

Le travail valait cette peine. Le gisement était exceptionnel par la quantité de restes fossilisés et par leur âge. Le premier squelette complet d'une femelle, baptisée Ardi, date de 4,4 millions d'années. C'est elle qui vient de faire l'objet d'une publication exhaustive dans la revue Science, laquelle met également en ligne une galerie de photos et même un site Web dédié à Ardipithecus, où sont compilés les onze articles qui lui sont consacrés (les résumés seuls sont librement accessibles).

Nettement plus vieille que Lucy l'australopithèque, exhumée en 1974 dans la même région, et qui vivait il y a 3,2 millions d'années, Ardy n'est cependant pas le plus ancien hominidé connu (Ardipithecus kadabba est daté de 5,8 à 5,2 millions d'années). Mais son squelette est de loin le plus complet et cette petite femelle, haute de 1,20 mètre pour probablement une cinquantaine de kilogrammes, donne de nouveaux indices pour résoudre une ancienne énigme. La question était de savoir si les ancêtres communs aux hommes et à nos plus proches cousins actuels, les chimpanzés et les bonobos (les panidés), ressemblaient davantage à des singes.

Les images de droite montrent le crâne d'un chimpanzé (à droite) et celui d'Ardy. A gauche, comparaison de la capacité crânienne et de la taille des dents des chimpanzés actuels (marques rouges) et des fossiles d'Ar. ramidus (triangles verts). La capacité crânienne, de 400 à 550 cm3, est nettement supérieure à celle des actuels chimpanzés (300 à 350 cm3).

Pas plus près des singes actuels que de nous

Dans l'affirmative, la branche humaine aurait évolué en acquérant des caractères propres tandis que la lignée des grands singes aurait été plus conservatrice. Comme un écho à la vieille idée du chaînon manquant, l'australopithèque, dont Lucy, était vu comme un intermédiaire entre un ancêtre ressemblant beaucoup aux grands singes actuels et l'homme moderne, Homo sapiens. Pour éclairer cette zone de l'histoire de nos ancêtres, il manquait des fossiles, d'humains mais aussi des ancêtres des chimpanzés.

Ardi vient donner un élément de réponse. Elle ne ressemblait pas plus à un chimpanzé qu'à un homme moderne. Avec ses longs bras, elle devait être à l'aise dans les arbres mais son bassin et ses pieds rigides étaient ceux d'un marcheur. Cependant, sa voûte plantaire n'étant pas arquée, Ardi ne devait pas pouvoir courir et les pouces étaient opposables, comme chez les chimpanzés et à la différence de Lucy.

Avec ses mains plus fines que celles des chimpanzés, Ardi devait avoir des gestes plus précis et, les paléontologues en sont sûrs, ne s'appuyait pas sur ses phalanges pour marcher à quatre pattes, comme le font les grands singes. Par ailleurs, ses canines étaient déjà petites alors qu'on pensait ce caractère plus récent dans la lignée humaine. Conclusion des auteurs, les caractères propres aux panidés et qui n'existent pas dans la lignée humaine ne sont pas nécessairement des reliques mais des adaptations apparues après la séparation des deux branches, il y a environ 6 millions d'années, chacune ayant évolué de son côté.

Le tableau final montre un animal moins bien adapté que les chimpanzés à la vie arboricole. Ardi vivait dans mais aussi autour des arbres, qui devaient être pour elle un refuge contre les prédateurs et une chambre à coucher où elle faisait peut-être des nids, à la manière des chimpanzés actuels. Avec une dentition adaptée à un régime varié, Ardy et ses compagnons vivaient dans une région arborée, comme en témoigne l'étude conjointe des sols où ont été retrouvés les fossiles, mais pas une savane.

Ils disposaient de leurs caractères propres (comme les dents moins résistantes que celles des australopithèques) mais avaient déjà les habitudes conservées par la suite chez tous les hominidés, comme la bipédie et une tendance à la grosse tête, avec un cerveau plus volumineux que les chimpanzés (entre 400 et 550 cm3, contre 350 environ).

Source : Futura-Sciences du 06/10/2009

vendredi 2 octobre 2009

Portrait-robot d'un nouvel hominidé

Après Toumaï et avant Lucy, vivait en Afrique Ardipithecus ramidus. Sa description, qui vient d’être publiée, fournit un nombre considérable de données sur les hominidés, en particulier sur leur marche.


« C’est une découverte du même ordre que celle de Lucy en 1974, explique José Braga, de l’université Paul Sabatier à Toulouse, sauf que le squelette est plus complet et qu’il est plus ancien de 1,2 millions d’années. » Et c’est une découverte qui s’est faite attendre : pour décrire les 110 ossements d’Ardipithecus ramidus, un hominidé de 4,4 millions d’années, quinze ans d’un long travail de tri des ossements, de reconstruction minutieuse par ordinateur ont été nécessaires à l’équipe menée par Tim White, de l’université de Berkeley en Californie. Les onze articles publiés aujourd’hui dans la revue Science sont à la mesure de l’ampleur de la tâche.

Pour la première fois, on peut décrire très précisément comment un hominidé ancien se déplaçait, car toutes les parties du corps sont représentées : crâne, bassin, os des jambes et du bras, mains et pieds quasi complets. Première constatation : Ardipithecus ramidus grimpait probablement aux arbres, car son gros orteil est mobile par rapport au reste des doigts de pieds, comme chez les singes. En revanche, il ne se balançait pas de branche en branche comme ces derniers, car, comme nous, sa paume et ses doigts sont trop courts, ses mains et ses poignets trop souples pour cela. Il s’y déplaçait probablement à quatre pattes. L’analyse des os de ses mains montre qu’alors il s’appuyait sur ses paumes comme beaucoup de singes, et non sur les poings comme le chimpanzé ou le gorille.

Était-il bipède ? Le trou où s’encastre la colonne vertébrale d’Ardipithecus ramidus est plutôt orienté vers le bas, ce qui semble indiquer qu’il se tenait debout. À partir des os du bassin, les anthropologues ont aussi montré qu’Ardipithecus avait, comme les hommes, des muscles qui l’empêchaient de se déhancher dangereusement en marchant. Conclusion : il pouvait marcher dans cette position.

La bipédie d’Ardipithecus n’est pas à proprement parler une surprise. Deux des trois fossiles plus anciens que cette espèce, Orrorin tugenensis (6 millions d’années) et Sahelanthropus tchadensis (7 millions d’années), en montraient déjà des signes. Quant à la bipédie des australopithèques, plus récents, elle est assez bien connue. En revanche, les fossiles d’Ardipithecus ramidus semblent sonner le glas d’une hypothèse très en vogue chez les paléoanthropologues : l’existence de grandes différences entre mâles et femelles. Chez les australopithèques, par exemple, certains squelettes nettement plus petits que les autres sont interprétés comme des femelles. On se fonde pour cela sur la situation qui prévaut aujourd’hui chez le gorille par exemple. Les mâles sont en forte compétition pour l’accès aux femelles, et une haute taille leur procure un avantage évolutif.

Or, outre ce squelette d’Ardipithecus très complet, les paléontologues ont retrouvé les restes de 35 individus qui vivaient à peu près la même époque, séparés au plus par 10 000 ans. Autrement dit, fait sans précédent, les chercheurs possèdent un instantané de la diversité au sein d’une même espèce. Et concernant la taille, il n’y a pas de différences significatives, alors qu’il est à peu près sûr que les deux sexes sont représentés. Difficile de croire que des différences importantes n’aient été présentes que chez les australopithèques, alors qu’elles n’existent ni avant ni après. « En d’autres termes, explique José Braga, des australopithèques considérés comme mâle et femelle appartiennent peut-être en fait à des espèces différentes. Il va falloir réanalyser un certain nombre de fossiles.»

Source : La Recherche du 02/10/2009

vendredi 1 mars 2002

ARA-VP-6/1

4,4 Ma
Ardipithecus ramidus (holotype)
1993
Aramis, Moyen-Awash, Afar, Ethiopie
Gada Hamed (équipe de Timothy White, Gen Suwa)

mardi 1 janvier 2002

Ardi

Ardi est le surnom donné à un squelette d'hominidé datant de 4,4 millions d'années (Pliocène). Ce fossile, répertorié sous le numéro ARA-VP-6/500, correspondrait à un individu féminin et a été découvert par Tim D. White, Gen Suwa et Berhane Asfaw lors de fouilles qui se sont déroulées de 1992 à 1994 en Éthiopie. Il a été rattaché à l'espèce Ardipithecus ramidus. Il s'agit du plus ancien squelette d'hominidé retrouvé. En effet, de celui de Toumaï il ne reste que le crâne et d'Orrorin quelques fémurs, un humérus et des dents.

Le 2 octobre 2009, des travaux parus dans la revue Science annoncent qu'Ardi serait le plus ancien fossile actuellement connu de la branche humaine sur l'arbre phylogénétique de la famille des primates.

Morphologie

Doté d'un museau et de mains fines lui permettant sûrement des gestes précis, Ardi avait une petite tête puisque le volume de sa boîte crânienne entre 300 et 350 cm3 est comparable à celle d'un bonobo. Ses dents recouvertes d'émail peu épais laissent penser à un régime frugivore et omnivore. Incapable de courir à cause de ses pieds plats, Ardi était néanmoins bipède comme le laissent à penser son bassin et ses pieds rigides équipés de pouces opposables. Incapable de se suspendre dans les arbres et de marcher sur les phalanges de sa main comme les chimpanzés, Ardi se déplaçait sûrement sous le couvert forestier sur ses paumes et ses pieds. Sur le plan morphologique, aucune différence n'a pu être remarquée entre mâles et femelles.

Source : Wikipedia

vendredi 1 septembre 2000

KNM-TH 13150

KNM-TH 13150 est le nom du catalogue, également connu sous le nom de mâchoire de Tabarin ou homme de Tabarin, d'un fossile d'une mandibule partielle d'Australopithecus anamensis ou Ardipithecus ramidus, daté entre 4,15 et 5,25 millions d'années, trouvé par Kiptalam Cheboi, en 1984, dans un nouveau site paléontologique à Tabarin, Baringo (Kenya) et a été publié par S. Ward et A. Hill en 1987.

Taxonomie

Le fossile a eu et a des attributions à différents genres et espèces selon différents chercheurs. Les premiers descripteurs, Ward et Hill (1987), l'ont classé comme Australopithecus afarensis. En 1989, Ferguson l'a écarté, mais dix ans plus tard, 1999, Wood continue de mentionner l'attribution d'A. Afarensis par différents auteurs, sans exclure que avec de nouvelles découvertes, il y a des changements, et conclut avec le doute entre Ardipithecus ramidus et A. anamensis, optant pour le second. En 2001, Cela et Ayala l'intègrent dans l'attribution initiale à l'afarensis, mais en indiquant, encore une fois, la difficulté à assurer en raison du manque d'échantillons. Cependant, Wood lui-même, en 2015, soutient le choix d'Ardipithecus ramidus.

Source : Wikipedia (es)

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4,4 Ma
Ardipithecus ramidus
1984
Tabarin, District de Baringo, Kenya
Kiptalam Cheboi