vendredi 31 décembre 2010
L'Hominidé de Denisova : un nouveau cousin vieux de 30.000 ans
On se souvient que l’équipe de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionnaire à Leipzig (Allemagne) menée par Svante Pääbo a récemment publié les résultats de ses travaux sur le séquençage de l’Homme de Néandertal. Il en découlait qu’il y a avait bel et bien eu un métissage entre les Hommes de Néandertal et les Homo sapiens en Europe et en Asie, mais pas en Afrique. Une faible partie du génome de l’Homme de Néandertal survit donc en nous.
La même équipe, complétée par d’autres chercheurs et toujours menée par Svante Pääbo, vient de publier un article dans Nature portant sur le séquençage du génome porté par l’ADN extrait d’un fragment de doigt d’une petite fille âgée de cinq à 10 ans lors de sa mort. Ses restes provenaient d’une grotte dans les montagnes de l'Altaï au sud de la Sibérie. C’est en 2008 que des chercheurs russes avaient fait la découverte de ce fragment de doigt, ainsi qu’une dent, dans la grotte de Denisova. Des objets trouvés dans la grotte au même niveau que les fragments osseux ont été datés par le carbone 14 entre 30.000 et 48.000 ans BP.
Une première étude de l’ADN mitochondrial avait déjà montré qu’il était très probable que l’on était en présence de restes d’Hominidés nouveaux, qui, bien que contemporains de l’Homme de Cro-Magnon et de l’Homme de Néandertal, n’étaient identiques à aucun d’entre eux. Un article sur cette étude avait été publié par Nature en avril 2010.
Mettant à profit son expertise acquise avec l’analyse du génome de l’Homme de Néandertal, la nouvelle équipe menée par Pääbo a rapidement entrepris de séquencer le plus possible de l’ADN de l’Hominidé fillette de Denisova, miraculeusement bien conservé dans le fragment de doigt. Les nouveaux résultats obtenus ont stupéfié les chercheurs, des résultats là aussi exposés dans un article récent de Nature.
Une histoire plus complexe que prévue
Ces résultats confirment non seulement ce que l’on pensait des Hommes de Denisova, qui forment maintenant une branche distincte de l’arbre généalogique de genre Homo, mais ils montrent également que 4 à 5 % du génome de Mélanésiens, comme ceux de Nouvelle Guinée et de l’île de Bougainville, provient des Denisoviens.
Une fois de plus, l’Histoire de l’Humanité apparaît de plus en plus complexe, avec un buissonnement et des hybridations que l’on était loin d’imaginer il y a 40 ans.
En effet, les dents des Hominidés de Denisova font penser à celles de Homo habilis et Homo erectus. Mais selon leur ADN ils proviendraient d’un ancêtre commun aux Néandertaliens qui aurait quitté l’Afrique il y a entre 300.000 et 400.000 ans, engendrant les Néandertaliens en Europe et les Denisoviens dans la région de l'Altaï (voir schéma ci-dessous). Plus tard, au contact des hommes modernes sortis d’Afrique il y a entre 70.000 et 80.000 ans, un métissage aurait laissé la trace génétique aujourd’hui retrouvée chez les Mélanésiens.
Surtout, le fait que les Denisoviens ont été découverts dans le sud de la Sibérie, mais ont contribué au matériel génétique des populations humaines modernes en Asie du Sud, suggère que leur population pourrait avoir été très répandue en Asie au cours de la fin du Pléistocène.
Le séquençage et l'analyse du matériel génétique extrait des restes de Néandertaliens, récupérés par exemple dans la grotte Vindija en Croatie, ont montré que des hommes modernes non-Africains (les Chinois Han, les Français, les habitants de la Papouasie-Nouvelle-Guinée) ont hérité de 1 à 4 % de leurs gènes de l’Homme de Neandertal, probablement en raison de métissages qui se sont produits dans la population ancestrale de tous les non-Africains issus des régions du Levant et de l’Afrique du Nord. Aujourd'hui, les scientifiques ont également découvert que les Denisoviens ont légué de 4 à 6 % de leur matériel génétique aux Mélanésiens. Sur ce schéma, les flèches indiquent les transferts successifs de gènes entre Néandertaliens, Denisoviens et Mélanésiens.
Source : Futura Sciences du 28/12/2010
Quelque chose de Neandertal en nous
Défendue par certains anthropologues, l’idée que la rencontre entre Cro-Magnon et Neandertal ait été féconde n’avait jusqu’à présent pas trouvé de confirmation dans les études de paléo-génétique. La revue Science a publié cette année un rebondissement de taille: le croisement aurait bien eu lieu, même s’il demeure marginal, selon l’équipe de Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck de Leipzig. Nous aurions donc quelques gènes néandertaliens : 1 à 4% de l’ensemble de notre génome.
Cette même équipe avait d’abord écarté l’hypothèse. La comparaison de l’ADN mitochondrial (contenu par les mitochondries dans la cellule) de Neandertal et d’Homo sapiens ne montrait aucune parenté. Après le premier décodage de l’ADN nucléaire (du noyau de la cellule) de Neandertal, les chercheurs n’avaient pas non plus repéré de similitude avec l’ADN de Sapiens.
Les Africains moins proches de Neandertal
Après quatre ans de travail, Svante Pääbo et ses collègues disposent désormais d’environ 60% de la séquence génétique d’Homo neandertalensis, soit plus de 4 milliards de nucléotides obtenus à partir de trois fragments d’os de trois Néandertaliennes. Grâce à des techniques nouvelles mises au point pour récupérer, trier et analyser ce matériel, les chercheurs publient une première carte du génome néandertalien.
Pour la comparer, Pääbo et ses collègues ont aussi séquencé l’ADN de cinq humains actuels originaires d’Afrique, d’Afrique de l’ouest, de France, de Chine et de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Le génome de Neandertal a plus de similitudes avec les hommes actuels vivants hors d’Afrique, constatent les chercheurs. Ils suggèrent donc que les croisements entre les premiers hommes modernes et les néandertaliens ont eu lieu il y a longtemps, après avoir quitté l’Afrique mais avant de se disperser en Europe et en Asie. C’est au Moyen-Orient, il y a 50.000 à 100.000 ans, que les deux branches humaines se seraient mélangées, avancent les chercheurs. Et non pas plus récemment en Europe, il y a environ 30.000 à 40.000 ans, comme le suggère l'anthropologue américain Erik Trinkaus.
Avantage évolutif
Au-delà de ces mystérieuses rencontres, ce qui intéresse Pääbo et ses collègues c’est l’identification des gènes qui ont permis à l’homme moderne de prospérer, tandis que Neandertal s’est éteint. Pour cela ils cherchent des régions du génome qui ont rapidement évolué chez l’homme moderne mais pas chez Neandertal. Ils en ont isolé 212, dont 20 qui ont subi une sélection très forte. Parmi ces gènes qui auraient conféré un avantage à l’homme moderne au cours de l’évolution, plusieurs concernent la cognition (apprentissage, relations aux autres…) et le métabolisme.
Source : Sciences et Avenir du 28/12/2010
Des restes d'un Homo sapiens de 400.000 ans découverts en Israël
"Nous avons découvert dans une grotte située à l'est de Tel-Aviv huit dents qui pourraient constituer les premières traces de l'Homo sapiens", a affirmé M. Gopher à l'AFP.
"L'examen des stalagmites et stalactites, ainsi que d'autres matériaux découverts sur place, indiquent que cette caverne a commencé à être utilisée il y a 400.000 ans", a-t-il expliqué.
"Les dents trouvées dans la grotte Qessem étaient éparpillées parmi les diverses couches de la caverne, certaines remontant à 200.000 ans, et les plus vieilles à 400.000 ans", a-t-il ajoutée dit M. Gopher.
"Pour l'instant, il est convenu que les traces les plus anciennes de l'Homo sapiens que nous connaissons se trouvent en Afrique de l'est et remontent à 200.000 ans, ou un peu moins", a-t-il souligné.
M. Gopher a précisé qu'une première dent avait été trouvée en 2006 dans la caverne Qessem, mais que ses collègues et lui-même avaient préféré continuer à fouiller pour trouver d'autres dents et procéder à une série de tests et d'examens de datation avant de faire connaître leur découverte.
"Les fouilles continuent dans cette grotte. Les chercheurs espèrent trouver d'autres vestiges qui leur permettront d'étayer leurs travaux et de mieux comprendre l'évolution de l'humanité et l'apparition de l'homme moderne", a indiqué dans un communiqué l'Université de Tel-Aviv.
Source : Sciences et Avenir du 28/12/2010
jeudi 30 décembre 2010
L'homme de Néandertal mangeait aussi des légumes
Depuis l'identification du premier spécimen en 1856, le grand public a toujours eu du lointain cousin de l'Homo sapiens, Néandertal, l'image d'un homme fruste, violent et carnivore. Peu à peu, cette vision simpliste évolue. Dans un article publié lundi dans PNAS, des paléontologues américains montrent par exemple que certains néandertaliens consommaient des végétaux. Ils ont en effet retrouvé dans le tartre dentaire de trois individus, découverts en Belgique et en Irak, des traces de plantes, de graines et de tubercules.
Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS et auteur d'un livre-référence sur ce cousin de l'homme moderne,explique : «Nous les soupçonnions depuis longtemps d'intégrer un peu de végétal dans leur alimentation, ne serait-ce que pour des questions de métabolisme. Maintenant, nous en avons une première preuve directe». Yves Coppens, célèbre co-découvreur de l'australopithèque Lucy, admire d'ailleurs l'ingéniosité de la méthode employée. Les plantes et les légumes ne fossilisant pas, seul le tartre pouvait en effet piéger les aliments et fournir des indices précis sur la nature de l'alimentation végétale présumée de nos cousins. Au final «cette technique permet de déterminer le menu détaillé de quelques néandertaliens», s'enthousiasme-t-il.
Notre cousin chassait aussi le phoque et le dauphin
La découverte de grains d'amidon portés à très haute température atteste par exemple de la consommation de tubercules cuits. Ce qui prouve une nouvelle fois que Néandertal savait cuisiner. Des traces de brûlures sur des fossiles avaient déjà montré auparavant qu'il maîtrisait le feu et s'en servait pour cuire sa viande. La découverte de coquillages grillés en Espagne avait même montré qu'il se servait de cette source de chaleur pour faciliter l'ouverture des moules.
Cette consommation de crustacés avait d'ailleurs ouvert les yeux des paléontologues quant à la capacité de Néandertal à élargir son spectre alimentaire, quand il le pouvait ou quand il le fallait. «Quand on y réfléchit un peu, ce n'est pas étonnant de la part d'une espèce qui a réussi à s'adapter au climat et à survivre pendant 300.000 ans sur une zone géographique très étendue», souligne Marylène Patou-Mathis. En 2008, des chercheurs montraient d'ailleurs que notre cousin avait parfois chassé le dauphin ou le phoque, prouvant ses grandes facultés d'adaptation environnementales.
En ajoutant à toutes ces connaissances, plus ou moins nouvelles, la découverte de présumés bijoux et maquillages néandertaliens cette année, notre vision étroite de cet homme au front bas et aux sourcils proéminents prend du relief. Ce qui permet de mieux accepter, comme l'ont montré des scientifiques récemment, que nous ayons finalement beaucoup de points communs génétiques avec ce cousin: nous aurions hérité d'un à quatre pour cent de son génome.
Source : Le Figaro du 28/12/2010
Plusieurs dents d'un Homo sapiens datant de 400.000 ans découverts en Israël
Des restes d'un Homo sapiens de 400.000 ans, soit 200.000 ans de plus que ceux connus jusqu'à présent, ont été découverts en Israël, a annoncé mardi le responsable des fouilles de l'Institut d'études archéologiques de l'Université de Tel-Aviv, Avi Gopher.
Des traces encore plus vieilles que les précédentes
«Nous avons découvert dans une grotte située à l'est de Tel-Aviv huit dents qui pourraient constituer les premières traces de l'Homo sapiens», a affirmé Avi Gopher à l'AFP. «L'examen des stalagmites et stalactites, ainsi que d'autres matériaux découverts sur place, indiquent que cette caverne a commencé à être utilisée il y a 400.000 ans», a-t-il expliqué.
«Les dents trouvées dans la grotte Qessem étaient éparpillées parmi les diverses couches de la caverne, certaines remontant à 200.000 ans, et les plus vieilles à 400.000 ans», a-t-il ajoutée dit Avi Gopher.
Une première dent découverte en 2006
«Pour l'instant, il est convenu que les traces les plus anciennes de l'Homo sapiens que nous connaissons se trouvent en Afrique de l'est et remontent à 200.000 ans, ou un peu moins», a-t-il souligné. Avi Gopher a précisé qu'une première dent avait été trouvée en 2006 dans la caverne Qessem, mais que ses collègues et lui-même avaient préféré continuer à fouiller pour trouver d'autres dents et procéder à une série de tests et d'examens de datation avant de faire connaître leur découverte.
«Les fouilles continuent dans cette grotte. Les chercheurs espèrent trouver d'autres vestiges qui leur permettront d'étayer leurs travaux et de mieux comprendre l'évolution de l'humanité et l'apparition de l'homme moderne», a indiqué dans un communiqué l'Université de Tel-Aviv.
Source : 20 Mn du 28/12/2010
Israël : des traces des premiers Homo Sapiens
L'équipe d'archéologues qui a réalisé des fouilles dans la grotte de Qassem, un site préhistorique découvert en 2000 dans l'état d'Israël, explique que la taille et la forme des dents retrouvées ressemblent étrangement à celles des Homo Sapiens.
Pourtant, ils sont normalement connus pour être originaires d'Afrique. C'est en tout cas dans cette région du globe que tous les fossiles d'Homo sapiens avaient jusqu'ici été découverts. Car si on sait que l'ancêtre de l'Homme a, par la suite, colonisé le Moyen-Orient et l'Asie, cette migration était connue pour avoir eu lieu il y a entre 200.000 et 100.000 ans seulement.
Pour le moment, le professeur Aviv Gopher, de l'université de Tel Aviv, indique que des recherches approfondies doivent être menées pour confirmer ces affirmations mais si ces dernières s'avèrent justifiées, cela révolutionnerait la conception de l'évolution humaine.
Source : Maxisciences du 28/12/2010
mercredi 29 décembre 2010
L'homme de Neandertal cuisait ses aliments et mangeait aussi des végétaux
Apparu en Europe et au Proche-Orient quelque 300.000 ans avant notre ère, l'homme de Neandertal a co-existé environ 10.000 ans avec l'humain anatomiquement moderne, l'Homo sapiens, avant de s'éteindre pour des raisons qui font toujours l'objet d'un débat.
Selon une hypothèse avancée par des travaux précédents, l'Homo sapiens a pu survivre en s'adaptant mieux à d'autres sources de nourriture, à savoir en consommant des végétaux et aussi des poissons et fruits de mer selon l'endroit où il se trouvait.
Cette nouvelle étude publiée lundi dans les Annales de l'Académie américaine des Sciences (PNAS) datées du 27-31 décembre, fait apparaître les cousins disparus de l'homme sous un nouveau jour.
L'étude a été effectuée à partir d'analyses de particules de nourriture enfermées dans des plaques de tartre sur des dents fossilisées de Néandertaliens découvertes sur des sites archéologiques en Irak et en Belgique.
Les chercheurs, menés par Dolores Piperno du département d'Anthropologie du musée d'histoire naturelle américain Smithsonian, ont découvert des grains d'amidon provenant de nombreuses plantes dont une herbe sauvage, différents légumes, des racines et des tubercules.
Un grand nombre de ces aliments ont subi des modifications physiques correspondant à la cuisson, notamment des grains d'amidon, ce qui laisse penser que l'homme de Neandertal maîtrisait le feu à l'instar des premiers humains modernes.
Ses dents contenaient également des particules de datte et de l'amidon provenant de beaucoup d'autres végétaux que les chercheurs tentent encore d'identifier.
Des objets en pierre n'indiquent toutefois pas que les Néandertaliens utilisaient des outils pour broyer les graines. Dès lors, ils ne pratiquaient probablement pas l'agriculture.
Mais "ces indices montrent que les Néandertaliens consacraient du temps et des efforts à rendre leurs aliments plus comestibles et a en accroître la valeur nutritionnelle", jugent ces chercheurs.
"Toutes ces données montrent que l'homme de Neandertal était sophistiqué dans sa façon de recueillir et préparer sa nourriture que ce soit pour chasser des animaux de grande taille ou récolter et préparer des aliments à base de végétaux", ajoutent-ils.
Selon ces anthropologues, les adaptations majeures dans l'acquisition et la préparation de la nourriture chez les hominidés, à savoir la cuisson des aliments à base de végétaux qui a ouvert la voie à l'agriculture, étaient déjà en route dès la fin du Paléolithique moyen, il y a environ 50.000 ans.
De ce fait, "l'exploitation de ces variétés de végétaux pour produire des aliments n'était pas une nouvelle stratégie développée par les premiers hommes modernes précurseurs des agriculteurs", concluent les auteurs de l'étude.
Ces chercheurs ont collecté des échantillons de tartre sur sept dents fossilisées de Néandertaliens, trois qui provenaient du site archéologique irakien de Shanidar 3 et quatre des cavernes de Spy 1 et Spy 2 en Belgique.
Source : 20 mn du 27/12/2010
L'homme de Neandertal cuisait sa nourriture
La nouvelle étude publiée dans les Annales a été effectuée à partir d'analyses de particules de nourriture enfermées dans des plaques de tartre provenant de dents fossilisées de Néandertaliens découvertes sur des sites archéologiques en Irak et en Belgique. Des chercheurs y ont découvert des grains d'amidon provenant de nombreuses plantes, dont une herbe sauvage, des traces de différents légumes, de racines et de tubercules.
PAS D'AGRICULTURE
Un grand nombre de ces aliments ont subi des modifications physiques correspondant à la cuisson, notamment des grains d'amidon, ce qui laisse penser que l'homme de Neandertal maîtrisait le feu, comme les premiers hommes modernes. Ces dents contenaient également des traces de particules de datte et de l'amidon provenant de beaucoup d'autres végétaux sur lesquels les chercheurs continuent à travailler pour les identifier.
Aucun artefact de pierre n'indique toutefois que les Néandertaliens utilisaient des outils pour broyer les graines, ce qui conduit à penser qu'ils ne pratiquaient probablement pas l'agriculture.
Source : Le Monde du 27/12/2010
L'Homo Sapiens serait-il Israélien et non Africain ?
Les scientifiques pourraient revoir l’histoire de l’évolution de l’homme moderne après la découverte de dents vieilles de 400 000 ans en Israël.
Jusqu’à présent les chercheurs pensaient que l’Homo Sapiens avait évolué en Afrique il y a environ 200 000 ans et qu’il avait ensuite migré au nord, par le Moyen Orient jusqu’en Europe et en Asie. Des découvertes récentes en Chine et en Espagne avaient déjà remis en doute la théorie «out of Africa», mais personne n’en était certain.
Or la découverte de restes humains préhistorique par les archéologues de l’Université d’Israël dans une grotte près de l’aéroport de Ben-Gurion, révélée lundi par le Dailymail, pourrait forcer les scientifiques à repenser leur théorie.
Huits petites dents
Les chercheurs de l’Université de Tel Aviv ont trouvé huit petites dents dans la grotte de Quesem à côté de Rosh Ha’Ayin, datées à 400 000 ans, du Pléistocène moyen, ce qui en fait les premiers restes de l’Homo sapiens découvert dans le monde.
Leur taille et leur forme est similaires à celles de l’humain moderne. Jusqu’à présent, les premiers exemplaires de ce type avaient été retrouvés en Afrique et dataient seulement de 200 000 ans. Les découvertes des chercheurs ont été publiées hier dans l’«American Journal of Physical Anthropology».
Usage du feu maîtrisé
Les fouilles ont également permis de mettre à jour des changements dans le comportement de l’homme préhistorique. Cette période est une étape très importante dans l’histoire humaine, culturellement et biologiquement.
Le Professeur Avi Gopher et le Dr Ran Barkai pensent que ces Homo Sapiens avaient déjà compris l’utilité du silex et maîtrisaient l’usage du feu.
Les chercheurs pensent que la découverte de Quesem devrait changer la perception largement répandue que l’origine de l’homme moderne est en Afrique.
Source : 20 mn ch du 27/12/2010
mardi 28 décembre 2010
Les restes du premier homo-sapiens (-400.000 ans) découverts dans l’Etat Juif
Ce qui suit est tiré du site de l‘Université de Tel-Aviv :
Les chercheurs de l’Université de Tel-Aviv ont découvert des preuves indiquant la présence de l’homme moderne (Homo sapiens) en Israël il y a environ 400 mille ans.
C’est la première fois que nous retrouvons sur des des reste d’un être humain datant de cette période. Ces preuves ont été découvertes dans la grotte Kessem (“grotte magique), un site historique près de Rosh Ayin qui a été découvert en l’an 2000. Les résultats scientifiques des chercheurs sont aujourd’hui publiés dans le très sérieux American Journal of Physical Anthropology.
Le professeur Avi Gopher et le Dr Ran Barkai du Département d’Archéologie, qui dirigent les travaux d’excavation grotte Kessem, eainsi que le professeur Israël Hershkovitz, du Département d’anatomie et d’anthropologie de l’Ecole de médecine Sackler de Tel-Aviv, ont menée l’enquête en collaboration avec un équipe internationale de scientifiques, huit analyse morphologique dentaire des restes de personnes ont trouvé dans la grotte Kessem.
L’analyse morphologique détaillée des dents aux rayons X indiquent que la taille des dents est similaire en forme et très similaires à celles des humains modernes découverts. Ils parlent des restes d’humains datant d’il y a 200.000 ans découverts en Afrique. Les dents retrouvées dans la Grotte Kessem sont également très similaires a celles déjà retrouvées en Israël et datée d’il y a 100.000 ans (dans la grotte du Carmel Ashul près de Nazareth).
Les excavations ont également permis de mettre à jour des changements significatifs dans le comportement de l’homme antique. Cette période est une étape très importante dans l’histoire humaine – culturellement et biologiquement, et le fait que les dents d’un homme moderne aient été trouvés, indique que ces changements apparemment liée à des changements évolutifs se sont produites chez l’homme.
Professeur Avi Gopher et le Dr Ran Barkai disent que les résultats sont propres à la culture des habitants de la grotte Kessem. Ils avaient déjà à l’époque, compris l’utilité du silex, ils avaient l’usage du feu, ils savaient cahsser, ils savaeint exploiter les mines. Tout renforce l’argument qu’il s’agit bien d’un comportement innovateur qui s’intègre bien avec l’apparition de l’homme moderne.
Les chercheurs disent que la découverte de Kessem devrait changer la perception largement répandue, que l’origine de l’homme moderne est en Afrique.
Source : JSS News du 27/12/2010
Neandertal cuisait ses aliments
Apparu en Europe et au Proche-Orient quelque 300.000 ans avant notre ère, l'homme de Neandertal a co-existé environ 10.000 ans avec l'humain anatomiquement moderne, l'Homo sapiens, avant de s'éteindre pour des raisons qui font toujours l'objet d'un débat.
Selon une hypothèse avancée par des travaux précédents, l'Homo sapiens a pu survivre en s'adaptant mieux à d'autres sources de nourriture, à savoir en consommant des végétaux et aussi des poissons et fruits de mer selon l'endroit où il se trouvait.
Cette nouvelle étude publiée lundi dans les Annales de l'Académie américaine des Sciences (PNAS) datées du 27-31 décembre, fait donc apparaître les cousins disparus de l'hommes sous un nouveau jour.
L'étude a été effectuée à partir d'analyses de particules de nourriture enfermées dans des plaques de tartre sur des dents fossilisées de Néandertaliens découvertes sur des sites archéologiques en Irak et en Belgique.
Source : Le Figaro du 27/12/2010
La fillette de Denisova, mère d'une autre humanité
"X woman", pensait-on alors, devait avoir environ 40 000 ans. Elle appartenait bien au genre Homo, mais à une lignée distincte de sapiens (c'est-à-dire nous-mêmes) et de neanderthalensis. Sa découverte était exceptionnelle à plusieurs titres : pour la première fois, un être réputé nouveau était présenté à la communauté paléontologique non pas sur la foi des seules données anatomiques, mais grâce à l'analyse génétique. En outre, cette analyse révélait qu'à une époque pas si reculée, la Terre était peuplée d'au moins trois humanités susceptibles de s'être croisées. Voire quatre, si l'on tient compte, plus près de nous, de l'homme de Florès (Homo floresiensis), découvert en Indonésie en 2003 et qui vivait encore il y a 13 000 ans.
L'irruption de l'enfant de Denisova laissait cependant ouverte une foule de questions. Une nouvelle analyse génétique, dont les résultats ont été publiés jeudi 23 décembre dans la revue Nature, permet d'y répondre pour partie.
Svante Pääbo et ses collègues se sont cette fois attaqués à l'ADN nucléaire. Les mutations de l'ADN mitochondrial, qui avait fait l'objet de la publication précédente, fournissent une horloge moléculaire pour dater l'ancêtre commun d'individus que l'on souhaite comparer. Mais cet -ADNmt a l'inconvénient d'être d'origine strictement maternelle, et sujet à des "dérives" difficiles à interpréter.
L'ADN du noyau cellulaire, issu de la fusion du patrimoine génétique des deux parents, raconte une histoire beaucoup plus riche : "Un seul individu offre alors un échantillon statistique de la population qui l'a précédé", résume Jean-Jacques Hublin (Institut Max Planck de Leipzig), cosignataire de l'article.
L'analyse est d'autant plus pertinente qu'on aura élargi la base de comparaison : en l'occurrence, les chercheurs disposaient de données sur des sapiens d'origine géographique variée, sur le chimpanzé et sur divers néandertaliens. C'est d'ailleurs l'équipe de Leipzig qui, en mai, a montré que l'homme de Neandertal a légué une partie de son ADN (environ 2,5 %) aux humains actuels, à l'exception des populations subsahariennes.
Le résultat de ces nouvelles comparaisons ? La fillette de Denisova voit sa singularité confirmée : elle est située sur un rameau frère de celui des néandertaliens. Les chercheurs, s'ils hésitent à parler d'une espèce nouvelle, parlent des dénisoviens, pour désigner ce groupe humain.
L'histoire qui se dessine est celle-ci : il y a environ 800 000 ans, une divergence apparaît chez le groupe humain qui va donner naissance aux néandertaliens et à l'homme moderne. 160 000 ans plus tard, la branche ancestrale des futurs néandertaliens se divise à nouveau pour donner un rameau qui conduit aux dénisoviens.
L'analyse génétique offre une surprise supplémentaire : parmi tous les hommes actuels, on trouve des fragments d'ADN dénisoviens chez les seuls Papous de Nouvelle-Guinée et de l'île de Bougainville - jusqu'à 5 % du génome ! Pour que ce brassage intervienne, il a fallu que des dénisoviens se trouvent sur le passage d'hommes modernes, sortis d'Afrique il y a environ 55 000 ans et qui ont colonisé l'Asie du Sud-Est, en chemin vers la Mélanésie, où ils apparaissent il y a 45 000 ans.
La répartition géographique des dénisoviens s'étendait donc bien au-delà de l'Altaï. Pour Jean-Jacques Hublin, "l'un des enjeux sera désormais de faire le lien entre cette lignée identifiée de manière génétique et les fossiles déjà trouvés dans cette région". Eva-Maria Geigl (Institut Jacques Monod, CNRS, université Paris-VII) se réjouit de la mise en évidence de ces mélanges génétiques entre des populations sorties d'Afrique il y a plus de 500 000 ans pour coloniser l'Eurasie et d'autres ayant quitté le berceau africain bien plus récemment (il y a 100 000 à 50 000 ans) : "Cela permet d'amorcer une synthèse entre l'hypothèse d'une origine multirégionale de l'homme moderne et celle de son origine africaine", estime-t-elle. Deux visions qui engendrent des guerres de tranchées entre spécialistes.
Une molaire a, en outre, été exhumée à Denisova. Son ADNmt permet d'affirmer qu'elle appartenait elle aussi à un dénisovien, qui a occupé les lieux à quelque 7 500 ans de distance de la fillette. Cette molaire a la particularité d'être très grosse, très archaïque d'aspect. Pas plus que l'auriculaire, elle n'a pu être datée directement et remonterait soit à 30 000 ans, soit au-delà de 50 000.
Cette dent évoque "un casse-tête javanais qu'on a déjà connu avec les méganthropes, dont la taille de la mâchoire et des dents était surprenante, avance Pascal Picq (Collège de France). Avec ces résultats génétiques, on parvient à éclairer les relations entre sapiens et neandertal en Europe, et on commence tout juste à découvrir la complexité du puzzle en Asie."
L'année 2010 aura donc été très riche pour la paléogénomique. C'est celle de la découverte de la part néandertalienne chez les non-Africains actuels, et de l'héritage dénisovien chez les Papous. Les généticiens savent que ces avancées peuvent ressusciter des thèses racialistes. Aussi prennent-ils soin de préciser que cet ADN en héritage est non codant, c'est-à-dire qu'il n'a pas de fonction connue. Mais "quand bien même il commanderait des gènes, la différence génétique ne saurait justifier le racisme", insiste Pascal Picq.
Source : Le Monde du 24/12/2010
lundi 27 décembre 2010
Quel est le propre de l'homme ? par Pascal Picq
Pour Rabelais, le propre de l'homme c'est le rire ! Et pour le paléoanthropologue Pascal Picq, serait-ce l'amour, la guerre, l'outil, le langage, la morale ou la bipédie ? Petit cours d'éthologie au tableau blanc pour relativiser notre place dans l'évolution.
dimanche 26 décembre 2010
Découverte d’un nouveau cousin de l’Homme
Une équipe de recherche internationale est parvenue à séquencer le génome de l'os d'un doigt découvert dans le sud de la Sibérie, rapporte l'AFP. Celui-ci s'est avéré provenir d'un hominidé, disparu depuis au moins 30.000 ans. Ces nouveaux cousins de l'Homme ont été baptisés les Denisovans, nom de la caverne où ils ont été retrouvé.
"Le fait que les Denisovans aient été découverts dans le sud de la Sibérie et aient contribué au patrimoine génétique des populations modernes de Nouvelle-Guinée montre que la présence de ce groupe pourrait avoir été étendue en Asie depuis la fin du Pléistocène", soit entre 400.000 et 50.000 ans avant notre ère, explique David Reich qui a mené l'analyse génétique des populations.
Svante Pääbo avait quant à lui conduit le séquençage du génome de l'homme de Neandertal. Il avait ainsi découvert que l'humain moderne aurait de 1 à 4 % de gènes néandertaliens. Pour lui, "la combinaison du génome de l'homme de Neandertal et de celui du Denisovan révèle la complexité des interactions génétiques entre nos ancêtres et les différents groupes d'hominidés anciens".
Source : Yahoo du 23/12/2010
samedi 25 décembre 2010
Le génome d'un hominidé éteint révèle un nouveau cousin de l'homme
Cette équipe internationale de recherche, menée par l'anthropologue Svante Pääbo de l'Institut Max-Planck en Allemagne, a séquencé le génome nucléaire de cet os du doigt de cet hominidé disparu il y a au moins 30.000 ans.
Cet os a été découvert avec une dent de sagesse en 2008 dans la caverne Denisova située dans le sud de la Sibérie.
Ces chercheurs ont déterminé qu'il s'agissait d'une femelle venant d'un groupe d'hominidés partageant une origine ancienne avec l'homme de Neandertal qui a ensuite divergé.
Ces "nouveaux" hominidés ont été baptisés les Denisovans du nom de la caverne.
A la différence des Néandertaliens, les Denisovans n'ont pas contribué au patrimoine génétique des Eurasiens modernes mais partagent un nombre élevé de variations génétiques avec les populations actuelles de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Cela laisse penser qu'il y a eu des croisements entre les Denisovans et les ancêtres des Mélanésiens, relèvent les auteurs de l'étude parue dans la revue britannique Nature datée du 23 décembre.
"Le fait que les Denisovans aient été découverts dans le sud de la Sibérie et aient contribué au patrimoine génétique des populations modernes de Nouvelle-Guinée montre que la présence de ce groupe pourrait avoir été étendue en Asie depuis la fin du Pléistocène", soit entre 400.000 et 50.000 ans avant notre ère, selon David Reich, professeur adjoint à la faculté de Médecine de l'Université de Harvard (Massachusetts, nord-est) qui a mené l'analyse génétique des populations.
Pour Svante Pääbo, "la combinaison du génome de l'homme de Neandertal et de celui du Denisovan révèle la complexité des interactions génétiques entre nos ancêtres et les différents groupes d'hominidés anciens."
Svante Pääbo avait conduit le séquençage de l'homme de Neandertal et révélé des croisements avec des ancêtres de l'humain moderne qui aurait de 1 à 4 % de gènes néandertaliens.
Source : Sciences et Avenir du 23/12/2010
vendredi 24 décembre 2010
L'ancêtre de Denisova confirme sa différence
Le séquençage du génome d'un ancêtre vieux d'environ 40.000 ans, découvert en Sibérie, confirme que cet individu appartient à une famille d'Homo encore inconnue, ni Neandertal ni Sapiens. On ne connait pourtant de lui qu'une molaire et une phalange.
Découverts dans la grotte de Denisova en Sibérie en 2008, ces fragments n’appartiennent ni à un Néandertalien ni à un homme moderne, d’après l’analyse de l’ADN mitochondrial extrait de l’os de la main réalisée par l’équipe de Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutive de Leipzig (Allemagne). Allant plus loin, ces chercheurs ont séquencé 70% de l’ADN nucléaire de l’individu, autrement dit de son génome, vieux de 30.000 à 50.000 ans. Ils confirment qu’il s’agit bien d’un ancêtre à part.
Pääbo et ses collègues, qui publient un nouvel article aujourd’hui dans la revue Nature, restent prudents: ils parlent d’un «homininé [un membre du genre Homo] archaïque» appartenant à la population disparue des "Denisoviens" et ne s’avancent pas à nommer une nouvelle espèce.
La molaire retrouvée sur le même site, dont l’ADN mitochondrial est similaire à celui de l’os, est elle aussi différente de la dentition des Homo neandertalensis comme de celle des Homo sapiens, confirmant la singularité des Denisoviens.
La comparaison du génome de cette ancienne habitante de la Sibérie –car il s’agit d’une femme- avec celui des autres Homo révèle qu’elle partage un ancêtre commun avec les Néandertaliens. Cependant, contrairement à ces derniers, les Denisoviens n’ont pas laissé de traces de leurs gènes chez les actuels habitants de l’Eurasie. Pour compliquer un peu plus le tableau, l’étude suggère que les seuls héritiers des Denisoviens seraient les Mélanésiens: en effet les anciens sibériens partagent un nombre important de variations génétiques avec les actuels habitants de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Cela impliquerait que les Denisoviens se soient mêlés avec les ancêtres des Mélanésiens. Où ? Quand ?... Ces observations laissent beaucoup de questions en suspens sur les routes empruntées par les anciens Homo et sur les relations entre les différents groupes. On aimerait disposer d’un squelette plus complet de ce mystérieux Denisovien pour en savoir plus.
Cette découverte incite également à regarder de plus près des crânes d’homininés découverts en Chine –comme le crâne de Dali âgé d’environ 200.000 ans- qui pourraient permettre de mieux comprendre la place des Denisoviens dans cette histoire décidément de plus en plus buissonnante et passionnante.
Source : Sciences et Avenir du 23/12/2010
mercredi 22 décembre 2010
La réouverture d'Altamira n'aura pas lieu
La fondation qui gère le site en a décidé ainsi.
En juin, le ministère espagnol de la Culture avait annoncé la réouverture d'ici la fin de l'année de cette grotte classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO et considérée, avec son homologue de Lascaux (France), comme l'une des plus belles "chapelles sixtines" de l'art rupestre paléolithique.
La fondation gestionnaire a créé un "groupe international pluridisciplinaire" qui sera chargé de "déterminer l'impact que la présence humaine a sur l'art rupestre". Cela permettra, dans un "délai de deux ans", de faire une "nouvelle évaluation de la grotte et de sa compatibilité avec un régime de visites", ont expliqué ses responsables. Ceux-ci en outre souligné que l'interdiction faite au public d'accéder à la grotte avait permis de retrouver "des conditions environnementales plus stables qu'avant la fermeture".
En avril dernier, le Conseil supérieur des recherches scientifiques avait averti que l'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement de la grotte susceptible de dégrader les peintures.
Le site avait été fermé au public en septembre 2002, après la découverte de micro-organismes qui détérioraient ses peintures rupestres. Depuis, quelque 2,5 millions de visiteurs ont dû se contenter d'admirer une réplique exacte de la grotte, installée à proximité.
Altamira avait été une première fois interdit d'accès en 1977, avant de rouvrir en 1982 avec un régime de visites limitées.
La grotte d'Altamira a été découverte en 1879 (elle était en fait connue depuis 1868), rapporte la légende, par Marcelino Sanz de Santuola... et sa fille de huit ans, Maria. S'y promenant régulièrement, le papa avait déjà remarqué la présence de dessins géométriques, mais il n'y avait pas cherché à savoir de quoi il s'agissait. Alors qu'il s'y trouvait avec Maria, celle-ci lui demanda pourquoi il y avait des "toros" au plafond...
Le site contient l'un des ensembles picturaux majeurs de la Préhistoire. Des ensembles, vieux de 15.000 à 17.000 ans, qui représentent des bisons, des biches, des sangliers dont la taille varie entre 1,40 m et 2 m, avec sa célèbre grande salle aux bisons.
Altamira est donc le premier ensemble préhistorique pictural découvert. Et surtout à avoir fait l'objet de publications scientifiques. Au tournant du XIXe et du XXe, l'importance de la découverte a d'ailleurs entraîné de vives polémiques sur l'authenticité de la grotte au sein de la communauté préhistorienne naissante. Notamment parce que l'existence des peintures rupestres venait bouleverser les idées scientifiques du temps.
Les Français ne furent pas les derniers à s'engager dans ces polémiques. Ce fut notamment le cas d'un certain Emile Cartailhac, qui fut l'un des plus sceptiques vis-à-vis de l'authenticité d'Altamira. Mais les découvertes en France, notamment dans les grottes des Combarelles, de Font-de-Gaume et de la Mouthe, et les visites qu'il y vit, le firent revoir sa position. En 1902, il publia un article, "La grotte d'Altamira. Mea culpa d'un sceptique", dans lequel il reconnaissait très honnêtement son erreur de départ. Un article qui fit taire les sceptiques. Les travaux d'un autre Français, l'abbé Henri Breuil, mondialement connu, ont également beaucoup contribué à la célébrité d'Altamira.
Source : France2.fr du 21/12/2010
vendredi 17 décembre 2010
Cro Magnon n'a jamais fait la révolution
Autres découvertes : ces traces d'activités culturelles, ou de technologies très anciennes - des dizaines de milliers d'années, et pourtant d'allure "moderne" qui relativisent la réputation de "révolutionnaire" de Cro-Magnon.
mercredi 15 décembre 2010
La grotte de Lascaux "se porte bien", assure Yves Coppens
C'est à la suite de la réunion du Conseil scientifique international de la grotte que le paléontologue Yves Coppens a fait part de son optimisme quant à l'état de la célèbre grotte de Dordogne découverte il y a soixante-dix ans. "La grotte se porte bien", a-t-il assuré, indiquant que les taches noires apparues il y quelques années et menaçant les peintures rupestres "sont en régression".
Toutefois, ce phénomène de diminution est à ce jour inexpliqué. "Nous sommes dans une phase d'observation face à ces champignons qui sont une espèce nouvelle. Cela nous inquiète de les voir, mais la grotte va mieux et est en période d'accalmie", explique le paléoanthropologue. Les champignons blancs qui menaçaient au début des années 2000 les fresques datant de 18.000 ans, "ont quasiment disparu", tandis qu'un autre champignon à l'origine des taches noires est désormais connu et identifié, a de son côté souligné le microbiologiste Thierry Heulin.
Malgré tout, et bien qu'ils disposent de "quelques éléments pour agir sur eux", les membres du conseil estiment qu'il n'est pour l'instant pas nécessaire de se lancer dans un traitement des champignons, les peintures n'étant pas altérées. Les scientifiques estiment en effet devoir étudier le phénomène, et "à plus long terme, caractériser tout l'écosystème de la grotte", explique Thierry Heulin.
Alors que la grotte est fermée au public depuis 1963, Yves Coppens tient à préciser que des simulations sont en cours pour mettre en place un plan en cas de crise. Mais redoutant que ces affirmations ne suffisent pas à convaincre de la bonne santé de la grotte, le paléontologue propose qu'une poignée de journalistes puisse visiter régulièrement le lieu menacé par l'Unesco d'être inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril. Ces visites permettront "d'autres témoignages que les nôtres" sur la santé de Lascaux, souligne Yves Coppens.
Source : MaxiSciences du 11/12/2010
lundi 6 décembre 2010
La disparition de l'homme Neandertal due à des volcans
Les volcans sont-ils responsables de la disparition de l'homme de Neandertal? C'est l'hypothèse de deux chercheurs russes du laboratoire de préhistoire de Saint-Pétersbourg, qui ont découvert, dans une grotte des montagnes du Caucase, des couches de cendres correspondant à deux gigantesques éruptions volcaniques dont les retombées ont affecté toute l'Europe du Sud il y a quarante mille ans. Les poussières ont alors obscurci l'atmosphère pendant plusieurs années, dévastant tout l'écosystème de la région et précipitant la fin de notre lointain cousin. Les Homo sapiens, nos ancêtres, auraient été épargnés car ils vivaient à l'époque plus au sud, en Eurasie et en Afrique.
Source : L'Express du 03/12/2010
mardi 16 novembre 2010
L'Homo sapiens a un développement plus lent que son ancêtre néandertalien
Cette découverte laisse penser que le fait que les humains aient un développement plus lent et une enfance plus longue est un phénomène récent et unique à notre espèce dans l'évolution, expliquent ces chercheurs, dont la communication paraît dans les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS). Selon eux, ce trait pourrait avoir donné aux premiers humains un avantage dans l'évolution sur l'homme de Néandertal, disparu depuis près de 30 000 ans pour des raisons encore obscures.
"De remarquables témoins"
"Les dents sont de remarquables témoins de l'évolution dans le temps, qui enregistrent chaque jour de croissance, un peu comme les cercles des arbres révèlent leur pousse annuelle", note Tanya Smith, professeure adjointe de biologie de l'évolution humaine à l'université Harvard (Massachusetts), une des coauteurs de cette étude. "Nos premières molaires contiennent même ce qui correspond à un minuscule certificat de naissance qui permet aux scientifiques de calculer très exactement l'âge d'un enfant au moment de sa mort", précise-t-elle dans un communiqué.
Une comparaison des premiers humains avec d'autres primates montre que ces derniers avaient une gestation plus courte, une enfance plus brève, un âge de reproduction plus précoce et une durée de vie dans l'ensemble moins longue. Mais il reste très difficile de déterminer à quel moment exact ces changements dans le rythme de développement se sont produits, depuis que les hominidés et les primates non-humains, – en particulier le chimpanzé, notre plus proche cousin – ont divergé dans l'évolution, il y a six à sept millions d'années.
Croisements avec les humains
Tanya Smith et ses collègues de l'Institut Max-Planck d'anthropologie de l'évolution, en Allemagne, ont notamment montré que la pousse des dents chez les jeunes néandertaliens était nettement plus rapide que chez les premiers groupes d'humains modernes qui ont quitté l'Afrique il y a entre 100 000 et 90 000 ans. Cette recherche vient conforter d'autres études qui ont mis en évidence l'existence de différences subtiles dans le développement entre l'Homo sapiens et son plus proche parent, l'homme de Néandertal.
L'étude des chercheurs de l'Institut Max-Planck, publiée le 8 novembre, montre que le cerveau des néandertaliens et celui de l'homme moderne, similaires à la naissance, avaient un développement très différent dès la première année de la vie. Ces variantes observées tôt dans le développement du cerveau humain reflètent probablement des changements dans les circuits et branchements cérébraux internes qui comptent le plus pour les capacités cognitives et l'émotion, selon ces chercheurs. Il est de ce fait improbable que les néandertaliens percevaient le monde comme les humains, selon eux.
Le séquençage complet du génome de l'homme de Néandertal, publié en mai, qui a révélé des croisements avec les humains et montre une très grande similitude génétique entre les deux espèces, a aussi mis en lumière des indices qui mettent en évidence des différences dans le développement du crâne et du squelette.
Source : Le Monde du 15/11/2010
lundi 15 novembre 2010
L’homme descend-il d'un primate passé d'Asie en Afrique ?
Des microprimates d'origine asiatique, dont les fossiles ont été mis au jour dans le désert libyen, seraient nos lointains ancêtres.
Les anthropoïdes, c’est-à-dire les primates regroupant toutes les formes apparentées à Homo sapiens, sont-ils apparus en Afrique ou en Asie ? Les restes d’anthropoïdes retrouvés dans une falaise du désert libyen, à Dur At-Talah, apportent des élements de réponse.
Jean-Jacques Jaeger de l’Université de Poitiers, et Mustapha Salem, de l'Université de Tripoli, viennent de rapporter la découverte de la plus ancienne communauté d’anthropoïdes africains connue. Elle comprend Afrotarsius, la forme la plus ancienne des primates archaïques dont nous sommes issus, qui aurait vécu il y a environ 38 millions d’années. Trois groupes de primates archaïques mis au jour dans des dépôts de l’Éocène supérieur ou de l'oligocène, datés entre 34 à 32 millions d’années, – Afrotarsiidés, Oligopithécidés et Parapithécidés – y sont représentés par des dents. À Dur At-Talah, trois nouveaux représentants de ces groupes ont été découverts : Talapithecus parvus pour le groupe des Oligopithécidés, Afrotarsius libycus pour les Afrotarsiidés, et Biretia piveteaui pour les Parapithécidés.
Chose notable, tous les restes trouvés appartiennent à des organismes de moins de 500 grammes. Or les premiers grands anthropoïdes trouvés dans le Fayoum, en Égypte, datent de 34 millions d’années et ne pesaient guère plus de deux à trois kilogrammes. Ces nouvelles découvertes renforcent l’idée que nos ancêtres anthropoïdes étaient très petits et qu’ils ont évolué vers de plus grandes tailles en Afrique, à partir de 37 millions d’années, estime J.-J. Jaeger.
Par ailleurs, les microprimates de Dur At-Talah partagent des caractères particuliers avec les Éosimiidés, des cousins asiatiques. Ils ont en outre été retrouvés en compagnie d’une communauté de rongeurs archaïques, elle aussi d'origine asiatique. Le fait que ces rongeurs soient répartis en plusieurs groupes suggère plusieurs vagues migratoires depuis l'Asie et illustrerait la diversité plus grande qui règne depuis toujours dans les immenses espaces du continent asiatique. Une histoire évolutive similaire explique-t-elle la diversité de cette communauté d’anthropoïdes ? L'histoire évolutive des anthropoïdes de Dur At-Talah est-elle comparable à celle de ces microrongeurs d’origine asiatique ? C’est ce que pensent les chercheurs, qui partent maintenant à la recherche, en Afrique mais aussi en Asie, des ancêtres des premiers anthropoïdes africains.
Source : Pour la Science du 10/11/2010
dimanche 14 novembre 2010
Les cerveaux néandertalien et humain divergent qu'après la naissance
Les cerveaux des nouveau-nés humains et des Néandertaliens ont à peu près la même taille et paraissent identiques, selon cette recherche parue en ligne dans la revue américaine Current Biology.
C'est après la naissance, et surtout durant la première année de la vie, que le cerveau de l'homme de Néandertal, éteint il y a environ 28.000 ans pour des raisons encore obscures, et celui de l'homo sapiens divergent.
Cette découverte est basée sur les comparaisons entre des empreintes virtuelles, à différents âges de développement, des circonvolutions cérébrales et des structures avoisinantes sur l'intérieur de crânes fossilisés d'hommes modernes et de Néantertaliens, y compris de celui de nouveau-nés.
Les différences observées tôt dans le développement du cerveau reflètent probablement des changements dans les circuits et branchements cérébraux, explique Philipp Gunz, de l'Institut Max Planck d'anthropologie de l'évolution en Allemagne, principal auteur de cette communication.
C'est en fait l'organisation interne du cerveau qui compte le plus pour les capacités cognitives, ajoute-t-il.
"Chez l'homme moderne, les branchements entre les diverses régions du cerveau sont établies durant la première année de la vie et sont importantes pour un degré avancé de socialisation, l'émotion et les fonctions de communication", explique ce chercheur dans un entretien à l'AFP.
"Il est de ce fait improbable que les Néandertaliens perçussent le monde comme nous le percevons", a-t-il ajouté tout en notant que nos proches cousins dans l'évolution n'étaient pas pour autant des demeurés.
"C'étaient des chasseurs sophistiqués, hautement spécialisés. De ce fait, il est très improbable que les Néandertaliens aient été totalement privés de langage, dont bien sûr nous ignorons le degré de sophistication", a ajouté ce chercheur.
Source : Sciences et Avenir du 13/11/2010
samedi 13 novembre 2010
Le cerveau de Neandertal plus proche du singe
Parce que la taille des cerveaux des humains modernes et des néandertaliens est similaire, de nombreux chercheurs ont précédemment supposé que les capacités cognitives de ces deux espèces étaient semblables. Une étude dirigée par des paléoanthropologues de l’Institut Max Planck remet pourtant en question cette hypothèse.
Basée sur des relevés détaillés des traces laissés par le cerveau sur la boite crânienne d’humains et de néandertaliens à différentes étapes de la vie, elle montre des différences dans les schémas de développement du cerveau des deux espèces d’Homo, principalement durant la première année de vie.
Un des éléments clés de ces travaux, publiés dans le Journal of Human Evolution a été la reconstruction du crâne d’un nouveau-né de Neandertal, découvert en 1914 par une équipe d'archéologues français près de Moustier en Dordogne.
vendredi 12 novembre 2010
Néandertal : le développement de son cerveau était limité
Si, pendant longtemps, les néandertaliens ont été considérés comme des benêts ou des brutes épaisses, l'heure est aujourd'hui à leur complète réhabilitation. Ces hommes qui ont colonisé l'Europe entre -400.000 et- 30.000 ans, avant d'être supplantés par nos ancêtres Homo sapiens, venus d'Afrique et du Moyen-Orient, sont désormais perçus comme des êtres intelligents, sensibles, pacifiques et même «écolos». La version moderne, en somme, du «bon sauvage» cher à Rousseau.
Ce revirement est en grande partie justifié. On sait notamment que Néandertal enterrait ses morts, qu'il vivait en groupes bien structurés, qu'il maîtrisait probablement le langage, qu'il portait peut-être même des peintures corporelles… C'est donc bien qu'il en avait «là-dedans». D'ailleurs, son cerveau n'était-il pas d'une taille comparable au nôtre ? Enfin, et ce n'est pas le moindre, on a appris cette année que nous avons hérité de lui entre 1 et 4% de notre ADN. De là en faire notre alter ego, il n'y avait qu'un pas que certains préhistoriens, comme Marylène Patou-Mathis, du Muséum national d'histoire naturelle de Paris et conseillère technique du film de Jacques Malaterre (Ao, le dernier Néandertal), n'hésitent plus à franchir.
jeudi 11 novembre 2010
L'homme descend-t-il d'un primate passé d'Asie en Afrique ?
Les anthropoïdes, c'est-à-dire les primates regroupant toutes les formes apparentées à Homo sapiens, sont-ils apparus en Afrique ou en Asie ? Les restes d'anthropoïdes retrouvés dans une falaise du désert lybien, à Dur At-Talah, apportent des élements de réponse.
Jean-Jacques Jaeger de l'Université de Poitiers, et Mustapha Salem, de l'Université de Tripoli, viennent de rapporter la découverte de la plus ancienne communauté d'anthropoïdes africains connue. Elle comprend Afrotarsius, la forme la plus ancienne des primates archaïques dont nous sommes issus, qui aurait vécu il y a environ 38 millions d'années. Trois groupes de primates archaïques mis au jour dans des dépôts de l'Éocène supérieur ou de l'oligocène, datés entre 34 à 32 millions d'années, – Afrotarsiidés, Oligopithécidés et Parapithécidés – y sont représentés par des dents. À Dur At-Talah, trois nouveaux représentants de ces groupes ont été découverts : Talapithecus parvus pour le groupe des Oligopithécidés, Afrotarsius libycus pour les Afrotarsiidés, et Biretia piveteaui pour les Parapithécidés.
Le Néandertalien pas aussi malin que l'Homo sapiens
Ces différences dans la manière dont le cerveau se développe au tout début de la vie expliquent la forme arrondie distinctive du crâne humain absente chez les Néandertaliens et les autres ancêtres et cousins de l'homme comme le chimpanzé, observent les chercheurs de l'Institut Max Planck d'anthropologie de l'évolution (Allemagne).
Chez l'homme de Neandertal, disparu il y a 28.000 ans pour des raisons obscures après avoir co-existé avec l'homo sapiens pendant 10.000 ans, le crâne a une forme légèrement plus allongée.
Cette découverte est basée sur les comparaisons entre des empreintes virtuelles, à différents âges de développement, des circonvolutions cérébrales et des structures avoisinantes sur l'intérieur de crânes modernes et fossilisés d'Homo sapiens et de Néandertaliens, y compris des nouveau-nés.
Ces variantes observées tôt dans le développement du cerveau reflètent probablement des changements dans les circuits et branchements cérébraux, explique Philipp Gunz, principal auteur de cette communication publiée lundi dans la revue Current Biology.
C'est en fait l'organisation interne du cerveau qui compte le plus pour les capacités cognitives, ajoute-t-il.
"Chez les humains modernes, les branchements entre les diverses régions du cerveau sont établies durant la première année de la vie et sont importantes pour un degré avancé de socialisation, l'émotion et les fonctions de communication", précise ce chercheur dans un entretien avec l'AFP.
"Il est de ce fait improbable que les Néandertaliens perçussent le monde comme nous le percevons", a-t-il ajouté.
Le fait de savoir si les capacités mentales des humains modernes sont différentes de celles des Néandertaliens est un sujet controversé en anthropologie et archéologie, relève Philipp Gunz.
Dans la mesure où le volume du cerveau des Néandertaliens et de l'homme moderne sont similaires, de nombreux chercheurs supputaient que les deux espèces avaient des capacités mentales comparables, une hypothèse mise à mal par les résultats de cette recherche.
La différence de développement mental ne veut pas dire pour autant que les Néandertaliens, apparus il y a 400.000 ans, étaient des demeurés, souligne ce scientifique.
"C'étaient des chasseurs sophistiqués, hautement spécialisés. Il est très improbable que les Néandertaliens étaient totalement privés de langage, dont bien sûr nous ignorons le degré de sophistication", ajoute-t-il.
Mais dans l'évolution "le développement du cerveau est très similaire chez les chimpanzés, animal le plus proche de l'homme, et les Néandertaliens", relève l'anthropologue.
L'humain moderne est le premier dans la lignée des hominidés à connaître un tel développement des circuits de son cerveau durant la première année de sa vie, poursuit-il.
Le séquençage complet du génome de l'homme de Neandertal, publié en mai, a révélé des croisements avec les humains. Il montre très peu de différences génétiques entre les deux espèces, parmi lesquelles quatre gènes liés au développement mental.
Ces mêmes gènes, lorsqu'ils présentent des mutations, sont aussi impliqués dans la schizophrénie, l'autisme et la trisomie 21, a rappelé ce chercheur.
Il a enfin relevé que l'étude des dents a montré que le cerveau des Néandertaliens devenait adulte plus rapidement que celui des humains, un trait aussi partagé avec les autistes.
Source : La Croix du 08/11/2010
lundi 8 novembre 2010
Institute of human origins
Il a été fondé en 1981.
Il est basé à Berkeley.
Et est dirigé par Donald Johanson.
http://iho.asu.edu/
vendredi 5 novembre 2010
L'ultime demeure de l'homme des glaces
Les circonstances de la mort de l’homme des glaces surnommé Ötzi, il y a environ 5 000 ans, n’en finissent plus de susciter la controverse. Cet homme, naturellement momifié par le froid, a été trouvé en 1991 dans le col de Tisenjoch, dans les Alpes italiennes. Depuis que l’on avait découvert une pointe de flèche fichée dans son épaule gauche, une grande partie des archéologues estimaient qu’il avait succombé à cette blessure lors de l’ascension. Mais aujourd’hui, une équipe italo-américaine remet en question ce scénario. Selon eux, le corps d’Ötzi aurait été déposé là intentionnellement, après sa mort, pour lui donner une sépulture.
Ils s’appuient sur une reconstitution minutieuse de l’organisation spatiale du site de la découverte, fouillé en 1992. Elle montre qu’Ötzi semble avoir glissé d’une petite plate-forme rocheuse, sans doute à cause de la fonte partielle de la neige qui l’entourait. En suivant la pente d’une fissure naturelle il s’est retrouvé 5 mètres plus loin, et 80 centimètres plus bas. Les objets éparpillés de son équipement semblent en effet tous venir de la direction de la plate-forme. Le sac à dos d’Ötzi se trouvait même sur cette dernière, ainsi que des poils humains, et de petits éclats de pierre. Ces derniers s’ajustent précisément sur les pointes des flèches du carquois trouvé plus bas, près du corps. Selon les chercheurs, cette plate-forme aurait été le lieu choisi par les proches d’Ötzi pour lui donner une sépulture.
jeudi 4 novembre 2010
Il y a 39 millions d'années, nos plus lointains ancêtres africains
Difficile d’imaginer que de si petites dents – 2 millimètres de long – puissent détenir autant d’informations précieuses sur nos origines. Et pourtant. Des paléoanthropologues français et libyens ont découvert 22 dents fossilisées dans le désert de Libye. Elles ont appartenu à des singes anthropoïdes datant de 39 millions d’années. Cette famille, qui regroupe notre espèce ainsi que les grands singes et les babouins, serait apparue en Asie il y a 57 millions d’années. Ce sont donc les ancêtres du plus vieil hominidé connu, Toumaï, vieux de 7 millions d’années. En d’autres termes, ce sont nos lointains aïeux.
« Ces dents sont les plus vieux fossiles d’anthropoïdes découverts en Afrique à ce jour », a déclaré le Professeur Jean-Jacques Jaeger (CNRS), principal auteur de cette étude parue hier dans Nature. Le record précédent était détenu par deux espèces d’anthropoïdes découverts en Egypte et vieux de 37 millions d’années. Outre l’ancienneté, l’autre surprise, c’est la petite taille de ces singes. D’après la taille des dents, les paléoanthropologues ont estimé que leur poids ne devait pas dépasser 450 grammes. Ces données suggèrent que notre taille a bien évolué par étapes au fil de l’évolution : de quelques centaines de grammes à une trentaine de kilogrammes pour Toumaï, 32 millions d’années plus tard.
Selon de récentes hypothèses, les anthropoïdes auraient migré depuis l’Asie vers le continent africain. En étudiant les plus vieux fossiles d’anthropoïdes africains (et donc les plus proches de ceux ayant migré), l’équipe de Jean-Jacques Jaeger espère mieux comprendre la relation entre les spécimens asiatiques et africains. Ils tenteront en particulier de déterminer si les espèces se sont diversifié avant ou après avoir migré.
Source : La Recherche du 29/10/2010
dimanche 31 octobre 2010
Des fossiles de nos lointains ancêtres découverts en Libye
L'origine des anthropoïdes, des primates incluant les singes et les humains, fait débat au sein des paléontologues. Si l'hypothèse d'une origine africaine a longtemps été admise, de récentes recherches tendent à prouver que cette famille est apparue en Asie il y a plus de 55 millions d'années.
Les fossiles trouvés au Dur At-Talah, au centre de la Libye, viennent révéler l'existence de trois formes d'anthropoïdes africains, les plus anciennes jamais découvertes sur ce continent. Et l'un de ces groupes serait celui de nos ancêtres les plus lointains, indique l'étude publiée dans la revue Nature.
"Jusqu'à présent on ne connaissait qu'une forme de primates anthropoïdes, vieux de 37 millions d'années pour les plus anciens, là on passe à 39 ou 38 millions d'années et on en a trois", s'enthousiasme Jean-Jacques Jaeger, chercheur de l'université de Poitiers qui plaide en faveur d'une origine asiatique. Les fossiles de Libye, 22 dents minuscules, révèlent que "deux millions d'années auparavant, il y en a déjà trois, l'histoire est donc plus compliquée. Et parmi les trois, il y a une forme asiatique reconnue comme telle par les spécialistes. Donc, ça signe le sens de migration de l'Asie vers l'Afrique" explique-t-il à l'AFP.
Très petits, les anthropoïdes apparus en Asie auraient migré vers l'Afrique dont les conditions plus favorables leur auraient permis de se diversifier et de grossir en taille. Mais reste à savoir si les groupes identifiés en Libye ont fait le voyage depuis l'Asie, ou s'ils sont issus d'une diversification qui aurait eu lieu sur le continent colonisé.
Source : Maxisciences du 28/10/2010
samedi 30 octobre 2010
Découverte de nos ancêtres très lointains ?
La découverte en Libye de plusieurs espèces de primates anthropoïdes datant de 38 à 39 millions d’années semble indiquer que les très anciens ancêtres de l’Homme sont originaires d’Asie.
Les hominidés sont nés et ont évolué en Afrique, à partir d'un groupe de singes, les anthropoïdes. Jusqu’à présent peu de choses étaient connues de leur histoire et de l'évolution d'une de leur lignée qui donnera naissance au premier hominidé, Toumaï, il y a 7 millions d'années.
La mise au jour, par une équipe franco-libyenne, à laquelle ont participé les chercheurs de l'Institut international de paléoprimatologie (CNRS/Université de Poitiers) de ces restes apporte des éléments permettant de mieux comprendre l’histoire de nos origines.
Ces fossiles, 22 dents minuscules, appartiennent à trois groupes distincts, dont l'un serait celui de nos ancêtres les plus lointains. Ils ont été extraits d’un site situé dans le désert Dur de At-Talah, au centre de la Libye. Ils représentent les plus anciennes traces d’anthropoïdes en Afrique.
Pour les paléontologues, qui publient leur découverte dans la revue Nature, cela renforce l’hypothèse d'une migration vers l'Afrique de primates venus d'Asie, où des fossiles similaires ont été découverts, notamment en Birmanie.
Reste maintenant à déterminer quand cette migration a eu lieu. Et selon quel scénario. Un seul ancêtre unique a-t-il fait le voyage pour ensuite diverger en Afrique ? Ou alors est-ce un groupe déjà diversifié d’anthropoïdes qui a colonisé ce continent ?Les auteurs suggèrent que de nouvelles explorations paléontologiques dans des couches de terrains contenant des fossiles vieux de 40 à 50 millions d’années, en Afrique et en Asie seront nécessaires pour mieux comprendre cette période importante mais mal connue de l'histoire évolutive des primates.
Source : Sciences et Avenir du 28/10/2010
vendredi 29 octobre 2010
On a retrouvé l'ancêtre africain de Toumaï, aïeul de l'homme
Découverts dans le désert du Sahara, côté Libye, ces restes sont les plus anciens fossiles d'anthropoïdes africains connus jusqu'alors: ils datent d'il y a 38 voire 39 millions d'années.
Aussi minuscules soient-ils, ils font le lien, à 32 millions d'années de distance, avec Toumaï, considéré par les paléoanthropologues comme le plus vieil hominidé au monde, âgé de sept millions d'années, explique le professeur Jean-Jacques Jaeger, de l'Institut international de paléoprimatologie, paléontologie humaine, évolution et paléoenvironnement (IPHEP).
"L'un des fossiles que nous présentons est certainement très proche de l'origine de Toumaï, découvert au Tchad, et de tous ses cousins", déclare-t-il à Reuters.
"On est là au début de l'histoire qui, à force de diversification, d'adaptation, de spécialisation dans des conditions de milieux particuliers, conduisent à Toumaï et aux grands singes comme les babouins. On est au tout début de notre histoire en Afrique", ajoute le scientifique.
Longtemps après Toumaï (Sahelanthropus tchadensis), vinrent l'australopithèque, l'Homo habilis (entre trois et deux millions d'années), l'Homo erectus (entre deux et un millions d'années) puis l'homme de Néanderthal et enfin l'Homo sapiens.
L'équipe franco-libyenne dirigée par Michel Brunet, du Collège de France, a effectué cinq campagnes d'un mois dans le désert entre 2006 et 2009, au terme de nombreux et difficiles accords entre Paris et Tripoli.
"VAGUE D'IMMIGRATION" D'ASIE VERS L'AFRIQUE
Elle tire trois grands enseignements de ses découvertes.
La présence de ces fossiles "signifient que nos ancêtres sont arrivés en Afrique il y a au moins 39 millions d'années" et qu'ils sont très probablement d'origine asiatique, explique Jean-Jacques Jaeger.
Lors de sa découverte par des chercheurs français au Tchad en 2001, Toumaï avait battu en brèche l'East Side Story du paléoanthropologue Yves Coppens, situant l'apparition de la lignée humaine en Afrique de l'Est.
Les fossiles libyens renforcent, eux, l'hypothèse d'une migration vers l'Afrique de primates venus d'Asie, où des fossiles similaires ont été découverts, notamment en Birmanie.
Vers 45 millions d'années, "je pense qu'il y a eu une vague d'immigration qui a amené trois groupes de rongeurs et de primates d'Asie vers l'Afrique mais, pour le moment, ce n'est qu'une hypothèse de travail. Ce n'est pas une preuve et c'est ce que nous allons chercher à l'avenir", dit Jean-Jacques Jaeger.
Physiquement, la surprise est venue de la très petite taille de ces primates libyens, dont le poids oscillait entre 150 et 470 grammes seulement.
Jusqu'alors, les scientifiques n'avaient étudié des primates anthropoïdes africains qu'à partir de 34 millions d'années et ils faisaient alors entre un et trois kilos.
Ils ont continué, pour certains, à grandir et prendre du poids pendant des millions d'années pour aboutir à Toumaï qui mesurait environ un mètre et pesait 35 kilos.
Ils avaient alors retrouvé un crâne quasiment complet, quoique déformé, mais à Dur At-Talah les dix scientifiques n'ont mis au jour que des molaires et des pré-molaires d'un ou deux millimètres de long, au prix de longs tamisages à l'eau avec des grilles d'un millimètre de maillage.
Source : Le Point du 27/10/2010
jeudi 28 octobre 2010
L'homme moderne pourrait avoir des ancêtres asiatiques
Une mandibule et deux dents fossiles, d'au moins 100.000 ans, trouvées dans une grotte du sud de la Chine, pourraient bien bouleverser l'histoire de la lignée humaine. Découverts en 2007, à Zhirendong par une équipe de paléontologues chinois et américains, «leur âge et leur morphologie suggèrent une possible émergence de l'homme moderne dans l'est de l'Asie», écrivent les auteurs dans un article publié mardi dans les «comptes rendus de l'Académie américaine des sciences» (Pnas). En clair, le berceau de notre espèce Homo sapiens ne se situerait pas exclusivement en Afrique, comme le veut le scénario privilégié jusqu'ici par les scientifiques. En outre, l'ancienneté des fossiles de Zhirendong, si elle est confirmée, signifie que nos lointains ancêtres asiatiques auraient cohabité pendant au moins 50.000 ans avec les hommes de Neandertal, une espèce cousine de la nôtre, soit plus du double que la durée admise pour l'instant.
La mandibule découverte par l'équipe dirigée par Xin-Zgi Wu, de l'Académie des sciences chinoise, et Erik Trinkaus, de l'université Washington à Saint Louis (États-Unis), présente indiscutablement des caractères modernes. Comme ce menton osseux, qui est l'une des principales caractéristiques d'Homo sapiens comparé à Neandertal, par exemple, qui en était dépourvu. Les auteurs notent toutefois que l'épaisseur et la robustesse de ladite mandibule montrent que son propriétaire était également morphologiquement proche d'humains archaïques plus anciens.
«Une bombe !»
Mais il est vrai que ces ossements ont plus de 100.000 ans: du jamais vu dans la partie orientale de l'Asie, où les plus vieux restes d'hommes modernes trouvés jusque-là n'avaient que 40.000 ans. Soit un bond de plus de 60.000 ans en arrière! Sachant que le départ des premiers Homo sapiens d'Afrique vers le Moyen-Orient puis l'Europe et le continent asiatique s'est produit il y a environ 90.000 ans, l'irruption de l'homme de Zhirendong vient remettre en question la théorie de l'«Out of Africa», qui veut que tous les hommes modernes actuels descendent en ligne directe d'ancêtres africains.
«Si la datation de 100.000 ans est confirmée, c'est une bombe!, s'exclame Jean-Jacques Hublin, chercheur à l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionnaire à Leipzig (Allemagne). Malheureusement, ce n'est pas la première fois que des collègues chinois trouvent des hommes modernes très anciens avant d'être démentis par la suite.»
En l'occurrence, l'équipe de Xin-Zgi Wu a daté de la calcite située au-dessus du niveau où les fossiles ont été mis au jour avec des restes d'animaux vivant au pléistocène ancien, soit il y a 100.000 ans. Il ne s'agit donc pas d'une datation directe. «En outre, les grottes ont souvent une histoire géologique mouvementée, si bien que le niveau étudié peut fort bien être plus récent que ce que les auteurs avancent.» Une chose est sûre: l'homme de Zhirendong n'a pas fini de faire parler de lui.
Soource : Le Figaro du 27/10/2010
mercredi 27 octobre 2010
Cent grottes peintes cachées en Paca
Une porte blindée condamne l'accès à la grotte Chauvet en Ardèche. Et pour faire bonne mesure, une caméra vidéo fonctionne 24 h/24. L'un des chefs-d'oeuvre de l'art pariétal en France est sous bonne garde. À Marseille, l'accès sous-marin à la grotte Cosquer a, lui, été muré.
Quel contraste avec l'abri Alain, dans les gorges varoises du Carami... Que l'envie prenne à un promeneur de tagger « Riri aime Zézette » par dessus « L'Homme couché » et c'est un témoignage vieux de presque 5 000 ans qui disparaîtrait. Parano ? Au Val, une main anonyme a gribouillé quatre lettres capitales S-B-V-C sur une peinture multimillénaire.
Sur le même site, « une dizaine de figures ont été détruites au burin dans les années 1990 », déplore Philippe Hameau, spécialiste reconnu des grottes ornées du Néolithique pour tout le sud-est de la France. Le vandalisme, c'est sa hantise numéro 1.
mardi 26 octobre 2010
La grotte Cosquer bientôt ouverte à la visite... virtuelle
Près de vingt ans après que sa découverte a été rendue publique - c'était en octobre 1991 -, la grotte Cosquer pourrait être finalement ouverte à la visite. De façon virtuelle s'entend. Depuis le début de l'année, le service régional de l'archéologie (SRA) a en effet conduit trois campagnes de mesures à l'intérieur de la cavité, avec du matériel capable de restituer le relief des parois et le détail des ornements avec une précision inframillimétrique. Avec ces données, deux entreprises spécialisées dans la réalité virtuelle et la valorisation du patrimoine travaillent, en ce moment, à la reconstitution de la grotte jusque dans ses moindres replis rocheux.À l'heure de lancer ce vaste chantier, Xavier Delestre, conservateur régional de l'archéologie, nous avait expliqué que ce travail répondait à un triple objectif. D'abord, enregistrer, avec la plus grande précision possible, la topographie de la grotte et l'ensemble des peintures et gravures qui y ont été tracées entre - 29 000 et - 17000 ans avant notre ère. La seule façon de se prémunir contre une éventuelle et brutale disparition de la cavité, par écroulement ou remontée des eaux. Outre cet objectif de conservation, l'idée était aussi de permettre aux préhistoriens qui ne savent pas plonger de travailler sur les oeuvres dans des conditions très proches du réel. Et, enfin, permettre au grand public d'approcher au plus près la réalité de ce véritable musée d'art pariétal immergé.
Pour l'heure, la forme définitive que cette grotte virtuelle prendra n'est pas arrêtée. La seule hypothèse qui semble d'ores et déjà écartée est celle d'une réplique à l'identique, comme celle réalisée à Lascaux au début des années 80. Pour le reste, tout semble ouvert. Même si les experts de la réalité virtuelle poussent pour la solution la plus spectaculaire actuellement envisageable avec le système Panrama 3D. Il s'agit, schématiquement, de projeter sur une demi-sphère des images en trois dimensions qui donnent au spectateur le sentiment d'être dans l'écran. Donc dans la grotte si les images projetées sont celles réalisées in situ. En attendant qu'une décision soit prise -et que les budgets nécessaires soient trouvés-, le travail continue pour les préhistoriens, qui ne cessent de faire de nouvelles découvertes.
Source : La Provence du 24/10/2010
lundi 25 octobre 2010
Le “Lascaux“ africain dévoilé par un archéologue héraultais
Le lieu-dit se nomme Laas Geel ; que l’on traduit par le petit puits des chameaux. Car si l’on creuse cette terre située à 80 kilomètres d’Hargeisa, la capitale du Somaliland, état autoproclamé d’Afrique, on y trouve de l’eau pour faire boire les bêtes. C’est là qu’Osman, un berger, s’est un jour assis. Face à un imposants amas rocheux. Son regard est attiré par les peintures qui le couvrent. Certainement des dessins esquissés par les Britanniques, qui ont occupé un temps le territoire, a-t-il pensé. Rien de cela. L’homme a découvert sans le vouloir le “Lascaux“ africain. L’équipe de chercheurs français, menée par Xavier Gutherz, archéologue héraultais, enseignant à l’université Paul-Valéry à Montpellier, l’a esnuite mis en lumière. Le 4 décembre 2002, précisément. Non sans émotion, explique le coordinateur du groupe : « Les richesses archéologiques du Somaliland se savaient, grâce aux publications de Clark, militaire anglais et préhistorien. Or la guerre du Golfe, puis les conflits civils, ne nous permettaient pas d’y aller ».
L’équipe embarque, une fois le calme revenu, à bord d’un vieil avion russe. Le voyage s’avère folklorique. Sur le même vol, une femme écoute la conversation, y prend part. L’heureux hasard veut qu’elle soit le ministre des affaires étrangères du Somaliland. « Elle nous a facilité les choses, présenté le président de l’époque », poursuit Xavier Gutherz. Cap sur le site de Laas Geel, repéré par le berger. Sur les parois de la vingtaine d’abris rocheux, des merveilles, signes et témoins des temps, se dévoilent : « Ces peintures rupestres sont de toute beauté, bien conservées alors qu’elles datent de 3 000 avant Jésus-Christ. A l’extérieur, on en distingue aussi, abîmées par les pluies ». Les missions sont courtes, les prospections se font au compte-gouttes. D’autres foyers sont mis à jour, dont un millier de sépultures mégalithiques, pas encore datées. Il reste à faire. Il faut pour cela réunir les conditions de travail et de sécurité idéales.
Depuis 2007, Xavier Gutherz n’est pas retourné à Laas Geel. Mais il sait que le site est hautement protégé et considéré. Quelque 150 visiteurs du monde entier s’y rendent chaque année. Peu certes face à l’instabilité du lieu, or la cathédrale rocheuse a fédéré nombre de fidèles attachés à sa conservation. « Le gouvernement et la population ont conscience de sa valeur ». Ce patrimoine leur importe d’autant plus que pour ce pays ignoré par le reste du monde, une preuve irréfutable de « sa culture, de son identité ». Le film de Claude-Timon Gagnaire, qui retrace le travail de l’archéologue héraultais et de son équipe, est un témoignage tout aussi significatif de ce territoire chargé d’histoire. Le 19 novembre prochain, Xavier Gutherz retourne au Somaliland. A la fois impatient et sur la réserve. Le pays est dans la ligne de mire des islamistes. « Quand on sait tout ce qu’ils ont détruit en Afghanistan... ». C’est pour cela qu’il faut en parler.
(1) Le festival Cinémed à suivre dans Midi Plus, à la fin du premier cahier. (2) “Les silences de Laas Geel “est projeté aujourd’hui, à 16 h, à l’Auditorium du musée Fabre, à Montpellier ; et le samedi 30 octobre à 16 h, au Corum, salle Einstein.
Source : Midi Libre du 23/10/2010
vendredi 22 octobre 2010
La marche néandertalienne reconstituée
Le LABO, c'est-à-dire le Laboratoire d'anatomie, biomécanique et organogénèse de la faculté de Médecine de l'Université Libre de Bruxelles vient de démontrer que les Néandertaliens marchaient comme les hommes modernes. A priori, la question paraît curieuse, car lorsqu'ils furent contemporains, Homo neanderthalensis et Homo sapiens eurent des modes de vie proches : celui de chasseurs-cueilleurs. Ils devaient donc marcher beaucoup, et même courir.
Pour autant, les membres inférieurs néandertaliens auraient pu fonctionner différemment des jambes de l'homme moderne. Pour tester cette possibilité, Tara Chapman, Serge Van Sint Jan, Patrick Semal et des collègues ont créé un modèle de jambes néandertaliennes à partir des os fossiles de Spy II (découvert en Belgique), de Kebara 2 (Israël) et de Néanderthal 1 (Allemagne). Après avoir tomographié les os de membres inférieurs nécessaires pour en obtenir la configuration précise, ils ont procédé à une restitution en trois dimensions de ces os sur ordinateur ; une mise à l'échelle et certains réglages leurs ont permis d'accorder en une seule forme cohérente les tailles et les configurations de ces os de provenances différentes. Les jambes néandertaliennes virtuelles ainsi obtenues ont ensuite été mises en mouvement à l'aide d'un logiciel développé au LABO pour analyser la marche de patients souffrant de troubles musculosquelettiques. La marche néandertalienne reproduite a ensuite été comparée aux mouvements des membres inférieurs d'individus modernes et même de bonobos, l'espèce de primates actuels anatomiquement la plus proche de nous.
Qu'en ressort-il ? Tout d'abord, que le marcheur néandertalien virtuel a la même amplitude articulaire qu'un marcheur actuel, très supérieure à celle des bonobos. Tous les comportements des différentes composantes de la jambe sont en adéquation avec le fonctionnement d'une jambe moderne. Cela dit, à taille égale, le squelette néandertalien reconstitué suggère une robustesse plus élevée que celui des humains modernes. Cette robustesse constitutive entraîne un placement différent de nombreuses insertions musculaires. Les chercheurs ont constaté que ces placements mettent les muscles en situation d'exercer des couples parfois nettement plus importants sur les articulations que dans la configuration moderne. À puissance égale, un Néandertalien dépensait moins d'énergie mécanique, explique ainsi Serge Van Sint Jan. Dans un environnement froid où se procurer de la nourriture était difficile, cela a pu représenter un avantage. Il est cependant difficile d'en être sûr, car cela dépend de l'efficacité physiologique du corps néandertalien, qui n'est pas connue.
Pour autant, l'agilité de la jambe dépend aussi de l'entraînement et du cerveau qui la contrôle. Il est donc probable que puisque la fonctionnalité des jambes des deux espèces sont comparables, les hommes modernes contemporains des Néandertaliens présentaient une mobilité similaire. Du reste, un autre facteur – l'usage de chaussures – a pu jouer un rôle : Erik Trinkaus, de l'Université de Washington à Saint Louis, aux États-Unis, pense avoir mis en évidence que les phalanges des petits orteils sont devenues de plus en plus graciles au cours d'une période allant du début du Paléolithique supérieur (il y a entre 35 000 et 8 000 ans) jusqu'à l'époque moderne. En outre, cette tendance s'est accentuée alors que les Européens devaient endurer un climat plus froid, constatation qui expliquerait le port de chaussures. En effet, celui-ci atténue la réaction du sol supportée par le petit orteil, ce qui expliquerait l'évolution de la forme de ce dernier. Puisque la jambe néandertalienne fonctionnait comme la jambe moderne, il est probable (même si cela n'est pas prouvé!) que le pied néandertalien, comme le pied moderne, avait aussi besoin de se protéger du froid… Dès lors, même si le mocassin n'est attesté que depuis quelque 12000 ans par une trace de pieds chaussés dans la Grotte de Fontanet en Ariège, il est vraisemblable que les Néandertaliens, qui ont traversé trois glaciations, l'avaient déjà inventé, et que cela influa sur leur mobilité…
Source : Pour la Science du 13/10/2010








