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dimanche 11 avril 2021

Moulin Quignon

Le Moulin Quignon est un site archéologique située dans le quartier de l'Espérance à Abbeville, dans le département de la Somme. Ce site préhistorique du Paléolithique inférieur se trouve à 400 mètres de la Carrière Carpentier.

Histoire

Les premières traces de présence humaine dans la Somme

Jusqu'au XIXe siècle, se trouvait à Abbeville, au sommet d'une butte, un moulin à vent portant le nom de son propriétaire. Cette butte fut par la suite transformée en carrière dans laquelle furent retrouvés des silex taillés, les bifaces acheuléens. Ces découvertes permirent à Jacques Boucher de Perthes, directeur des douanes à Abbeville et archéologue amateur de défendre l'hypothèse de l'existence de l'« Homme antédiluvien ». Il ne manquait que la découverte de restes humains pour valider sans contestation possible cette théorie.

Boucher de Perthes donna au Muséum d'histoire naturelle de Paris une partie de ses découvertes, elles sont aujourd'hui mises en dépôt au Musée Boucher-de-Perthes d'Abbeville.

La validité des thèses de Boucher de Perthes sur l'existence de l'« homme antédiluvien », furent reconnues en 1859. Mais la découverte en 1863 d'une partie de mâchoire porta le discrédit sur l'authenticité de ses découvertes.

La controverse

Le 23 mars 1863, l’un des ces terrassiers travaillant dans la carrière, apporta à Boucher de Perthes, une dent humaine trouvée à 4,50 m de profondeur. Se rendant sur place, Boucher de Perthes découvrit une demi-mâchoire humaine. La nouvelle de cette découverte fut diffusée par la presse, elle eut un retentissement international parmi les archéologues et le grand public. Des savants britanniques et français se rendirent sur place et une controverse s'engagea : les Français dans leur grande majorité soutinrent l'authenticité des découvertes de Boucher de Perthes, les Britanniques la contestèrent affirmant que certains silex avaient été fabriqués récemment, mettant en doute l'authenticité de la mâchoire découverte et en cause la probité des ouvriers du chantier.

En effet, Boucher de Perthes ayant promis aux ouvriers qui travaillaient à la carrière une prime de 200 francs en cas de trouvaille, certains d'entre eux l'avaient vraisemblablement abusé, plaçant dans les sédiments des silex taillés par eux et la fameuse mâchoire dont on prouva au début du XXe siècle qu'elle ne datait pas de la préhistoire mais du Moyen Âge. Cette supercherie ternit l'image de Boucher de Perthes et le sérieux de son travail.

Les fouilles de 2016-2017 valident les découvertes antérieures

En 2016 et 2017, une équipe de chercheurs de l'INRAP, du CNRS et du MNHN a effectué des fouilles géologiques et archéologiques sur le site du Moulin Quignon. L'objectif était de vérifier la véracité des découvertes de Boucher de Perthes

Après avoir localisé le site préhistorique fouillé il y a environ 160 ans, les chercheurs voulaient dater le site avec plus de précision qu'on ne pouvait le faire au XIXe siècle

La couche géologique, située à 4 mètres de profondeur, a été datée entre 600 000 et 700 000 ans. Plus de 260 objets en silex dont cinq bifaces ont été mis au jour dans des sables et graviers déposés par la Somme à une trentaine de mètres au-dessus de la vallée actuelle2. Ces découvertes attestent bien de la présence de l'Homo heidelbergensis. C'est la plus ancienne trace de la présence humaine en Picardie.

Intérêt du site

Le site du Moulin Quignon a permis de mettre en évidence les plus anciennes traces de l'homme préhistorique trouvées dans cette partie de l'Europe. Elles datent de - 650 000 ans, peut-être - 700 000 ans4. Ont été mis au jour des ossements et fossiles de cervidés, de sangliers, d'ours, de rhinocéros, d'hippopotame, de mollusques de la période interglaciaire mais pas de fossile humain.

Le Moulin Quignon est un site archéologique située dans le quartier de l'Espérance à Abbeville, dans le département de la Somme. Ce site préhistorique du Paléolithique inférieur se trouve à 400 mètres de la Carrière Carpentier.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 700 - 600 ka
découverte : Jacques Boucher de Perthes
date : 1863
espèce : Homo heidelbergensis

samedi 30 mai 2020

Un seul berceau... et tant d'origines

Leur destin fut différent : Homo floresiensis (à g.) s'est éteint, Neandertal (à dr. ) s'est fondu en nous. Et Homo naledi ? On n'en sait rien. Peut-être en subsiste-t-il des traces dans notre génome.

La quête des origines ne se résume pas à un berceau. Car dès que les humains modernes en sont sortis, ils se sont hybridés avec des populations aujourd'hui disparues, dont notre ADN conserve la trace. Nous descendons aussi de ces fantômes…

La croisée des chemins, le point de convergence inéluctable de tous les cours d'eau, le tronc qui unifie chaque racine, chaque rameau… Voilà ce que représente le Makgadikgadi pour l'humanité. Mais la richesse de notre histoire ne se résume pas à la découverte de ce berceau. Notre identité ne saurait s'éclairer à la lumière d'un unique zoom, aussi lumineux soit-il. Nous ne sommes pas seulement les héritiers de cette première population d'humains modernes, qui émergea il y a quelque 200 000 ans, puis qui envahit le monde. Même si vous, moi, et tous ceux qui peuplent aujourd'hui la Terre lui devons l'immense majorité de notre génome, l'histoire de notre origine est beaucoup plus complexe.

Car dans la longue marche imposée par l'évolution, les routes sont nombreuses, sinueuses et entrecroisées. Prenez Neandertal. Ce lointain cousin, qui a pris exil de notre lignée bien avant la naissance de l'humain moderne, n'est pas passé par notre berceau. Mais nous savons depuis une dizaine d'années - et la découverte en fut retentissante - qu'Européens et Asiatiques en sont les héritiers directs pour quelques pourcents de leur génome : il y a près de 40 000 ans, quelque part en Eurasie, sa lignée s'est fondue avec la nôtre, comme si elle ne nous avait jamais quittés.

"Les croisements entre les espèces humaines ont été bien plus nombreux que tout ce que nous pensions, témoigne Alan Rogers, généticien à l'université d'Utah, aux États-Unis.

Et les humains actuels en sont l'ultime résultat." Certes, nous avons un berceau, mais nous sommes aussi une chimère, une somme, la fusion de toutes les humanités qui nous ont précédés. Et les recherches actuelles ne font qu'accentuer ce fait poignant.

Sur notre alliance génétique avec Neandertal, pour commencer. Alors que nous pensions que celle-ci s'était nouée seulement en Eurasie, excluant de fait la présence d'ADN néandertalien au sein des populations africaines, voilà qu'une étude publiée à la fin du mois de février dernier prouve le contraire : tous les peuples africains étudiés porteraient jusqu'à 30 % des séquences génétiques néandertaliennes retrouvées dans les populations européennes actuelles !

UNE LIGNÉE HANTÉE

Cela implique plusieurs choses, commente Joshua Akey, généticien à l'université de Princeton, aux États-Unis, et auteur de l'étude : "Il semble qu'après la sortie d'Afrique des humains modernes, il y a 60 000 ans environ, et l'épisode d'hybridation avec Neandertal qui s'en est suivi, il y ait eu une migration retour vers l'Afrique de ces humains modernes portant en eux l'ADN néandertalien, qui s'est ensuite propagé. Tous les 2 054 individus que nous avons testés à travers le monde présentent des séquences néandertaliennes. Il faut encore des études pour le confirmer, mais on peut dire que Neandertal survit sûrement dans chaque humain vivant aujourd'hui." Nous sommes donc encore plus néandertaliens que nous ne le pensions…

Remontons encore dans le temps : cette même histoire, Neandertal l'aurait lui aussi vécue ! C'est ce qu'affirme Alan Rogers en pointant une portion d'ADN suspecte. Au temps où Neandertal et Denisova n'étaient encore qu'une seule et même lignée, il y a près de 600 000 ans, lors de leur propre sortie d'Afrique, eux aussi auraient bibliquement rencontré un prédécesseur. Qui ? Probablement le tout premier des explorateurs, celui qui, pour la première fois, aurait posé un pied conquérant, et non une patte, sur l'immense Eurasie, il y a de cela 2 millions d'années : Homo erectus lui-même. "Les dates concordent, confirme Alan Rogers, même s'il faudrait plutôt parler de rencontre avec les descendants d' Erectus. Toujours est-il que, puisque nous avons hérité de gènes néandertaliens et denisoviens, il est très possible que nous ayons aussi hérité de cet ADN lointain." Et voilà que nous devenons tous, peut-être, un peu Homoerectus .

Il est pourtant impossible de le savoir avec certitude : l'ADN d' Erectus n'a jamais pu être analysé, car celui contenu dans ses fossiles est trop vieux, trop détérioré. La portion d'ADN suspecte pourrait donc tout aussi bien être l'héritage d'une autre espèce humaine d'un même âge, et dont les fossiles n'ont jamais été retrouvés. Mais la dynamique actuelle de la recherche en paléoanthropologie est là : créer des méthodes statistiques permettant de comparer nos génomes avec ceux des néandertaliens et des denisoviens afin d'identifier justement les séquences qui échappent à leur parenté. Des séquences qui ne peuvent avoir été héritées de leur même ancêtre commun. Des séquences forcément venues d'ailleurs…

Les "fantômes". C'est ainsi qu'ont été baptisées ces populations inconnues, détentrices originelles de ces traces d'ADN découvertes au cœur de nos génomes. Des populations qui ont disparu de la surface de la Terre, mais qui continuent d'exister à travers nous. Les paléoanthropologues parlent même de "fantômes modernes", de "fantômes archaïques", voire de "fantômes super-archaïques", selon qu'ils apparaissent dans notre lignée comme des cousins plus ou moins éloignés. Et notre ADN s'avère plus hanté qu'un château écossais !

UNE HYBRIDATION OPPORTUNISTE

Plusieurs peuples d'Afrique de l'Ouest porteraient ainsi entre 2 et 19 % d'ADN d'un de ces fantômes… Celui-ci aurait quitté notre lignée avant même que Neandertal et Denisova ne le fassent, puis serait revenu s'hybrider il y a près de 50 000 ans avec certaines des premières populations d'humains modernes. Un autre signal similaire, mais qui n'a pu être daté cette fois, a aussi été découvert fin 2019 dans les populations d'Afrique sub-saharienne. "Et il y en aura sûrement beaucoup d'autres" , prévient Alan Rogers.

Qui étaient ces populations que l'humain moderne a totalement englouties dès l'aube de son histoire ? Les candidats ne manquent pas : l'Afrique, au même titre que l'Europe et l'Asie, fourmillait alors de lignées. Homo naledi, par exemple, cet humain fossile présentant une mosaïque de caractères modernes et ancestraux, dont un tout petit cerveau de la taille d'un pamplemousse, vivait encore il y a un peu plus de 200 000 ans en Afrique du Sud. Et un fossile attribué à Homo heidelbergensis, découvert en Zambie il y a un siècle, vient d'être redaté : âgé de 300 000 ans, il aurait pu sans conteste être absorbé par nous.

Bien sûr, certaines lignées humaines ont bel et bien disparu, sans rejoindre notre route. Comme Homo floresiensis , cette espèce naine qui habitait l'île de Florès, en Indonésie, qui s'est éteinte il y a près de 50 000 ans : nulle trace de fantôme n'a été retrouvée chez les populations actuelles de l'île, par rapport aux autres populations d'Asie. Mais contrairement à ce que l'on pensait, c'est l'exception qui confirme la règle. Car la norme, elle, était plutôt l'hybridation. "D'autant qu'on sait aujourd'hui que des espèces humaines séparées depuis plus d'un million d'années pouvaient encore s'hybrider, comme ce fut le cas entre les denisoviens et les possibles descendants d' Erectus " , renchérit Alan Rogers.

Ce qui n'étonne pas Nicolas Bierne, biologiste spécialiste du phénomène de spéciation à l'université de Montpellier : "Un million d'années, c'est extrêmement court dans l'évolution des espèces. Les populations séparées par ce laps de temps n'en sont finalement qu'au début de leur différentiation, dans ce qu'on appelle la 'zone grise de la spéciation'. Neandertal et les humains modernes étaient ainsi, d'un point de vue génétique, plus proches entre eux que certains animaux que l'on classerait pourtant comme étant de la même espèce. Longtemps on a cru que l'hybridation entre les humains modernes et les néandertaliens ne fonctionnait pas bien, car des portions entières du génome n'étaient jamais néandertaliennes, ou encore parce que nous n'en avons gardé que quelques pour-cents. Mais cela peut s'expliquer facilement : les humains modernes étaient simplement bien plus nombreux, et seuls les gènes particulièrement utiles ont été conservés. Avec la dérive génétique, au fil des générations, des portions entières du génome, moins efficaces, ont donc été effacées."

Et voilà une belle leçon de cette histoire : les portions d'ADN héritées de ces nombreux humains ancestraux ne sont certainement pas silencieuses. Nous n'avons pas seulement assimilé Neandertal et les autres, nous en avons surtout tiré le meilleur. "Les études montrent en effet que les séquences génétiques néandertaliennes jouent un rôle sur le système immunitaire ou la pigmentation de la peau, et ont donc une utilité, souligne Alan Rogers.

De la même manière, les Tibétains ont hérité un gène denisovien facilitant la vie en haute altitude, qui semble provenir originellement d'une population encore plus archaïque." Pour s'adapter à un nouveau milieu, un nouvel en vironnement, l'hybridation est plus efficace que la longue évolution. "Et c'est logique , renchérit Nicolas Bierne.

Les populations ancestrales étaient déjà sur place depuis des centaines de milliers d'années, ou plus : elles ont eu le temps de s'adapter. En un sens, elles nous ont préparé le terrain."

NOTRE MÉTISSAGE CONTINUE…

À côté de tout ce que nous devons à la population souche issue du berceau, les autres populations humaines, chacune à sa manière, nous ont aussi enrichis. Et quand bien même, en tant qu'individus, nous ne posséderions pas toutes ces ancestralités - en Europe, il nous manque celle de Denisova -, ce n'est sûrement que pour un temps. "Projetons-nous dans le futur lointain, imagine Nicolas Bierne. Les métissages vont continuer, au point qu'il n'y aura sûrement plus de populations dites 'pures', tels les Indiens d'Amériques, mais tout le monde, au contraire, en portera l'ADN. Est-ce que, parce que ce pourcentage sera faible, je ne voudrai pas me rattacher à leur histoire ? Bien sûr que si ! De la même manière, je veux me rappeler Denisova."

Alors, rendons hommage à Neandertal et Denisova, à Naledi et Heidelber-gensis , à Erectus et Habilis , à Floresiensis et Luzonensis, et à tous les fantômes qui continuent d'exister à travers nous. Car nous n'avons qu'un berceau, mais de multiples origines.

Source : Science et Vie du 28/05/2020

dimanche 5 avril 2020

Trois types humains vivaient côte à côte dans l'ancienne Afrique

Il y a deux millions d'années, trois espèces différentes de type humain vivaient côte à côte en Afrique du Sud, comme le montre une étude.

Les résultats soulignent une prise de conscience croissante du fait que la situation actuelle, où une seule espèce humaine domine le globe, peut être inhabituelle par rapport au passé évolutif.

Les nouvelles preuves proviennent des efforts déployés pour dater les os découverts dans un complexe de grottes près de Johannesburg.

Ces recherches ont été publiées dans la revue Science.

Les nouveaux travaux ont également révélé le plus ancien exemple connu d'Homo erectus, une espèce que l'on pense être un ancêtre direct de l'homme moderne (Homo sapiens).

Les trois groupes d'hominines (créatures ressemblant à des humains) appartenaient à l'Australopithèque (le groupe rendu célèbre par le fossile "Lucy" d'Ethiopie), au Paranthropus et à l'Homo - plus connu sous le nom d'humain.

Andy Herries, de l'université LaTrobe de Melbourne, en Australie, et ses collègues ont évalué les restes trouvés dans le complexe de la grotte de Drimolen en utilisant trois techniques de datation scientifique différentes : la résonance de spin électronique, le paléomagnétisme et la datation uranium-plomb.

"Nous avons rassemblé toutes les dates de chacune de ces techniques et, ensemble, elles ont montré que nous avions un âge très précis. Nous savons maintenant que la carrière principale de Drimolen et tous les fossiles qu'elle contient sont datés de 2,04 à 1,95 millions d'années", a déclaré la co-auteure Stephanie Baker, de l'Université de Johannesburg.

Le complexe de Drimolen a produit de nombreux fossiles anciens au fil des ans, y compris ceux d'hominidés anciens.

Mais il y a quelques années, les chercheurs ont découvert deux nouvelles calottes. L'une d'entre elles appartenait à l'espèce relativement primitive Paranthropus robustus. L'autre était d'apparence plus moderne et a été identifiée comme Homo erectus. Ils ont nommé la calotte crânienne H. erectus DNH 134.

L'Homo erectus est l'un de nos ancêtres humains directs et a peut-être été la première espèce humaine à migrer d'Afrique vers le reste du monde. Non seulement c'est le plus ancien exemple de l'espèce dans le monde, mais c'est aussi le seul spécimen connu d'Afrique du Sud.

"Jusqu'à cette découverte, nous avons toujours supposé que l'Homo erectus était originaire d'Afrique de l'Est. Mais la DNH 134 montre que l'Homo erectus, un de nos ancêtres directs, vient peut-être plutôt d'Afrique australe", a déclaré Stephanie Baker.

"Cela voudrait dire qu'ils se sont ensuite déplacés vers le nord, en Afrique de l'Est. De là, ils sont passés par l'Afrique du Nord pour peupler le reste du monde".

Nous pensions autrefois à l'évolution humaine comme à une progression linéaire, l'homme moderne émergeant à la fin comme le sommet du développement évolutif. Mais partout où nous regardons, il est de plus en plus clair que le tableau réel était beaucoup plus désordonné.

À titre d'exemple, une autre étude publiée cette semaine dans la revue Nature a utilisé des techniques modernes pour dater un crâne bien préservé trouvé dans une carrière à Kabwe, en Zambie, en 1921. Le crâne, qui est plus primitif que ceux des humains modernes, mais plus avancé que l'Homo erectus, était considéré comme ayant environ 500 000 ans d'après son anatomie.

Le crâne archaïque de Kabwe, ou Broken Hill, en Zambie, est plus jeune que ce que les scientifiques soupçonnaient auparavant

Il est considéré par de nombreux chercheurs comme appartenant à une espèce appelée Homo heidelbergensis - un ancêtre commun des humains modernes et des Néandertaliens.

Mais les scientifiques qui ont daté de petits échantillons d'os et de dents du crâne, ainsi que d'autres matériaux associés au spécimen, ont montré qu'il est beaucoup plus jeune - entre 324 000 et 276 000 ans.

L'auteur principal, le professeur Chris Stringer, du Musée d'histoire naturelle de Londres, au Royaume-Uni, a déclaré "C'est étonnamment jeune, car un fossile d'environ 300 000 ans devrait présenter des caractéristiques intermédiaires entre H. heidelbergensis et H. sapiens. Mais Broken Hill ne montre aucune caractéristique significative de notre espèce".

Cette découverte implique qu'au moins trois espèces différentes d'Homo coexistaient à cette époque en Afrique.

Le professeur Stringer a ajouté : "Auparavant, le crâne de Broken Hill était considéré comme faisant partie d'une séquence évolutive progressive et étendue en Afrique, de l'homme archaïque à l'homme moderne. Mais maintenant, il semble que l'espèce primitive Homo naledi ait survécu en Afrique australe, que H. heidelbergensis se trouvait en Afrique centrale du sud, et que les premières formes de notre espèce aient existé dans des régions comme le Maroc et l'Ethiopie".

Dans le cadre d'une autre étude importante sur l'évolution humaine, les chercheurs ont analysé cette semaine d'anciennes protéines provenant de fossiles d'Homo erectus vieux de 1,9 million d'années trouvés à Dmanisi en Géorgie et d'une espèce connue sous le nom d'Homo antecessor, qui serait présente en Espagne depuis 1,2 million d'années jusqu'à il y a 800 000 ans.

L'analyse des protéines a permis d'établir des relations entre les deux espèces et d'autres hominines pour lesquels nous disposons de données ADN. L'utilisation des protéines contribue à étendre notre connaissance des relations évolutives au-delà des âges où il devient difficile d'obtenir des preuves d'ADN, en raison de la dégradation de la molécule au fil du temps.

L'étude a montré que H. antecessor, dont la validité en tant qu'espèce distincte a été remise en question dans le passé, est une proche lignée sœur de l'homme moderne et d'autres espèces récentes d'Homo, comme les Néandertaliens et les Denisoviens.

Source : BBC News du 03/04/2020

dimanche 9 février 2020

Homo heidelbergensis

Homo heidelbergensis est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe au Pléistocène moyen, entre environ −700 000 et −300 000 ans avant le présent. Il est admis que cette espèce a donné naissance à l'Homme de Néanderthal en Europe.

Homo heidelbergensis au sens large regroupe des fossiles découverts en Afrique parfois attribués à Homo rhodesiensis, mais aussi en Asie. Dans cette vision, cette espèce a donné naissance aux humains modernes en Afrique.

L'holotype d'Homo heidelbergensis est la mandibule de Mauer, découverte en 1907 dans une sablière près de Heidelberg, en Allemagne. Elle fut décrite en 1908 par Otto Schoetensack. Plusieurs fossiles ou ensembles de fossiles attribués à Homo heidelbergensis ont été découverts depuis 1907 dans différents pays d'Europe.

Position phylogénétique

Ascendance

Homo heidelbergensis, attesté en Europe à partir d'environ 610 000 ans avant le présent, voire 700 000 ans en y incluant l'Homme de Petralona (Grèce), pourrait descendre soit d'Homo antecessor, dont les fossiles trouvés en Espagne ont été datés d'environ 860 000 ans, soit d'une forme africaine encore non identifiée, qui serait passée en Europe au début du Pléistocène moyen et aurait remplacé les formes locales.

Descendance

Eu égard aux ressemblances morphologiques entre les Homo heidelbergensis et les Néandertaliens, Jean-Jacques Hublin estime que le premier a probablement évolué il y a environ 450 000 ans pour donner progressivement naissance aux Néandertaliens.

Les analyses génétiques menées de 2013 à 2016 par l'équipe de Svante Pääbo, à l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig (Allemagne), sur des spécimens de la Sima de los Huesos, à Atapuerca, d'abord sur le génome mitochondrial puis sur le génome nucléaire, ont confirmé l'étroite parenté entre l'Homme de Néandertal et l'Homme de Denisova et ont évalué l'âge de leur dernier ancêtre commun à environ 450 000 ans. Homo heidelbergensis pourrait alors être l'ancêtre commun à ces deux taxons.

Sa fiche sur Wikipedia

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Quand ?
Apparue en Afrique ou au Levant voilà quelque 700.000 ans, cette espèce est probablement issue d'Homo erectus.

Taille ?
Grande taille (1,70 mètre) et cerveau de 1000 à 1300 cm3.

Spécificité ?
Elle a prospéré entre l'Europe et l'Asie, sachant utiliser des pieux à pointes en pierre taillée pour chasser le gros gibier.

Descendance ?
Il y a environ 400.000 ans, sa population se serait coupée en deux pour donner, d'un côté, les néandertaliens et, de l'autre, les dénisoviens.

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Age : de - 0,8 à - 0,3 millions d'années
Taille : 1,55 à 1,65 m
Poids : de 65 à 80 kg
Localisation : Afrique, Europe, Asie occidentale
Habitat : Régions tempérées et chaudes
Feux :
Outils : Fabrication probable de bifaces.

Sa fiche sur Hominidés.com

dimanche 19 mai 2019

La date de l’ancêtre commun des humains modernes et de Neandertal fait débat

Les scientifiques qui enquêtent sur les origines des humains ont réalisé d’immenses progrès grâce à l’amélioration récente des techniques d’analyse de l’ADN ancien.

L’étude, publiée mercredi dans la revue Science Advances, fait remonter à une date plus ancienne que le consensus scientifique actuel l’âge du dernier ancêtre commun d’Homo sapiens (notre espèce) et des Néandertaliens, soit 800 000 ans au lieu de 400 000 à 600 000 ans.

Ces travaux sont menés par Aida Gomez-Robles de l’University College de Londres. Cette nouvelle étude sur ce sujet est donc faite à partir de dents fossilisées. Une trentaine de molaires et prémolaires retrouvées dans les cavernes de Sima de los Huesos en Espagne, et qui appartenaient aux premiers hommes et femmes de Neandertal, ont donc été étudiées. Elle a aussi analysé des fossiles provenant de sept autres espèces humaines anciennes.

Le but de cette étude est de déterminer la date de la divergence entre les homos sapiens (nos ancêtres) et les Neandertal. Depuis la découverte de ces derniers en 1856, leur statut a varié : un temps considéré comme une sous-espèce d’Homo sapiens et nommé en conséquence Homo sapiens neanderthalensis, il est aujourd’hui considéré comme une espèce à part entière nommée Homo neanderthalensis.

Les dents utilisées pour dater la divergence entre les deux espèces

On sait que les dents de Sima de los Huesos ont été datées en 2014 par des techniques fiables à 430 000 années. Cette datation indiquait déjà en soi que la « divergence » entre Sapiens et Neandertal s’était donc produite avant 400 000 années.

Pour calculer à quand remonte cet ancêtre commun, la chercheuse a utilisé un modèle statistique qui part du principe que la forme des dents humaines évolue à un rythme constant. Le but est de remonter suffisamment loin dans le temps pour trouver un ancêtre capable à la fois d’avoir conduit aux dents des humains de Sima de los Huesos, et aux dents des humains modernes.

C’est avec ce calcul qu’Aida Gomez-Robles arrive à la conclusion que nos ancêtres et ceux de Neandertal ont « divergé » il y a 800 000 ans. La conséquence immédiate de ces travaux est qu’ils élimineraient l’homme d’Heidelberg (Homo heidelbergensis) comme l’ancêtre commun tant recherché.

Sa découverte fait débat chez ses confrères

Mirjana Roksandic, anthropologue à l’université de Winnipeg, a récemment publié un article de recherche décrivant H. heidelbergensis comme non-Neandertal. Elle salue le travail mené par sa consœur. « Elle trouve le moment où les Néandertaliens ont commencé à tracer leur propre route, c’est un résultat très, très important », dit-elle à l’AFP. « Les dents sont des fossiles, elles contiennent énormément d’informations ».

D’autres sont beaucoup plus modérés. L’anthropologue Bridget Alex, à Harvard, qualifie la nouvelle méthodologie d'« utile », tout en soulignant qu’elle créait de la tension entre les changements génétiques et les changements physiques et physiologiques dans l’évolution, qui peuvent se produire à des rythmes différents.

Susan Cachel, professeure d’évolution humaine à l’université Rutgers, critique en revanche l’étude. « Si les ancêtres des humains anatomiquement modernes et des Néandertaliens ne viennent pas d’Homo heidelbergensis, d’où viennent-ils ? Un ancêtre inconnu et mystérieux ? »

« Il existe des variations dentaires extraordinaires chez les humains vivants », dit-elle, ce qui saperait l’une des hypothèses du modèle d’Aida Gomez-Robles. Par exemple, les Amérindiens actuels ont un type de prémolaire très rare, « sans doute apparu dans les 15 000 ou 20 000 dernières années » explique-t-elle avant de conclure : « Je conteste par conséquent l’idée que les rythmes d’évolution dentaire soient invariablement lents ».

Un débat sans fin pour le moment ?

L’étude ne tranchera pas à elle seule le débat sur les origines de l’humanité, mais la professeure dit à l’AFP que l’étude des variations anatomiques « nous donne une image plus précise », notamment parce que l’extraction d’ADN de fossiles très anciens reste très difficile, souvent impossible.

Au-delà de 400 000 ans, l’ADN a trop peu de chances d’être préservé pour être étudié. Les scientifiques se basent donc uniquement sur les différents fossiles trouvés. L’hypothèse la plus probable suggère qu’un groupe se serait scindé il y a environ 1,2 million d’années. Une partie serait sortie d’Afrique pour coloniser l’Eurasie, petit à petit ce groupe aurait évolué en Europe vers l’homme de Néandertal. Une autre partie de ce groupe, resté sur le continent Africain, aurait peu à peu dérivé vers les Homo sapiens, nous.

Source : Le Parisien du 16/05/2019

samedi 18 mai 2019

A la recherche de cet ancêtre inconnu que nous partageons avec Néandertal

Une nouvelle étude vient de montrer que nos ancêtre directs, Homo sapiens, et l’homme de Néandertal ont divergé à partir d’un ancêtre commun il y a plus de 800.000 ans. Reste à savoir lequel.

Le portrait de la grande famille des ancêtres de l’homme ne cesse de s’agrandir mais la photo reste encore très floue. Difficile d’y voir clair entre les liens qui unissent chacun des protagonistes. Il y a quelques centaines de milliers d’années, plusieurs groupes humains peuplaient la planète. Parmi eux, l’homme de Néandertal occupait l’Europe depuis environ 400.000 avant l’arrivée de notre ancêtre direct, Homo sapiens il y a un peu moins de 40.000 ans. Les analyses ADN ont révélé que ces deux groupes ont divergé il y a plusieurs centaines de milliers d’années et la traque pour découvrir leur ancêtre commun passionne les spécialistes. Une chercheuse espagnole du département d’Anthropologie de l’University College de Londres, Aida Gómez-Robles, vient de publier dans la revue Science Advances une nouvelle étude dans laquelle elle date cette séparation il y a entre 800.000 ans et 1,2 million d’années.

«Les données génétiques nous apprenaient que cette séparation a eu lieu il y a plus de 500 000 ans, mais aucune donnée morphologique ne nous permettait de vérifier cette estimation», explique Clément Zanolli, paléoanthropologue à l’université de Bordeaux. «Aida Gomez-Robles utilise une nouvelle méthodologie statistique très convaincante qui sera d’une aide précieuse pour les travaux futurs.» À partir des analyses dentaires publiées dans la littérature scientifique, la chercheuse a mesuré l’évolution de la forme dentaire d’une espèce humaine à l’autre. Les dents sont très précieuses en paléoanthropologie car elles évoluent particulièrement lentement et préservent les informations sur les liens de parenté entre les différents groupes. En traitant l’ensemble de ces données, elle a réussi à définir à quel rythme sont apparues les divergences.

Ainsi, si la séparation entre les deux groupes avait eu lieu il y a moins de 700.000 ans, la forme des dents des Néandertaliens aurait évolué de manière extrêmement rapide. La chose n’est pas impossible, mais au regard du rythme évolutif constaté depuis 4 millions d’années, c’est hautement improbable. Inversement, si la séparation entre les deux groupes avait eu lieu il y a plus de 1,2 million d’années, c’est leur ancêtre commun qui n’aurait pas eu assez de temps pour évoluer et leur donner «naissance».

Maintenant que l’intervalle chronologique de séparation entre ces deux groupes est donnée avec plus de précision, a-t-on la moindre de chance de découvrir l’ancêtre commun? Et si oui, où faut-il le chercher? «Au-delà de 700 000 ans, on a très peu de fossiles en Eurasie, et encore moins en Afrique», explique Clément Zanolli. «C’est donc impossible de savoir où trouver cet ancêtre commun.» Aida Gomez-Robles ne propose pas de morphotype de dents. Les possibilités sont tout simplement trop nombreuses.

Au-delà de 400.000 ans, l’ ADN a trop peu de chances d’être préservé pour être étudié. Les scientifiques ne peuvent donc se baser que sur la morphologie des fossiles trouvés. Le schéma le plus probable suggère qu’un groupe se serait scindé il y a environ 1,2 million d’années. Une partie serait sortie d’Afrique pour coloniser l’Eurasie, petit à petit ce groupe aurait évolué en Europe vers l’homme de Néandertal. Une autre partie de ce groupe, resté sur le continent Africain, aurait peu à peu dérivé vers Homo sapiens.

Or on sait qu’au moins deux groupes humains peuplaient l’Europe avant qu’apparaissent les premiers Néandertaliens. Parmi eux, Homo heidelbergensis, découvert en 1907 présentait le profil idéal pour endosser le rôle d’un ancêtre commun aux deux groupes. Il vivait il y a environ 700 000 ans. «Malheureusement, la morphologie de ses dents l’éloigne trop des deux groupes», analyse Clément Zanolli. Un autre candidat se dégage: Homo antecessor. Découvert en 1994 à Atapuerca en Espagne, il vivait, lui, il y a plus de 820.000 ans. «Mais il est à la fois trop proche de Néandertal et trop éloigné d’Homo sapiens pour prétendre au rôle d’ancêtre commun», juge le chercheur.

Tout ce qui se passe autour du million d’années est une période clef de notre histoire évolutive. Les déplacements des différents groupes commencent à dessiner une cartographie qui se fera plus précise des centaines de milliers d’années plus tard. «C’est très frustrant de constater qu’en fait, on ne sait pas grand-chose, commente Clément Zanolli. Mais c’est ça aussi qui est captivant.»

Source : Le Figaro du 15/05/2019

vendredi 17 mai 2019

Et si l'ancêtre commun d'Homo sapiens et Néandertal était bien plus vieux qu'on ne croyait ?

Une étude fait remonter l'âge du dernier ancêtre à 800.000 ans au lieu de 400.000 à 600.000 ans comme on le pensait auparavant.

PRÉHISTOIRE - Les scientifiques qui enquêtent sur les origines des humains ont réalisé d’immenses progrès grâce à l’amélioration récente des techniques d’analyse de l’ADN ancien. Une nouvelle étude se repose sur une méthode alternative pour remonter dans le temps: l’analyse de dents humaines fossilisées.

L’étude, publiée mercredi 15 mai dans la revue Science Advances, fait remonter à une date plus ancienne que le consensus scientifique actuel l’âge du dernier ancêtre commun d’Homo sapiens (notre espèce) et des néandertaliens, soit 800.000 ans au lieu de 400.000 à 600.000 ans.

Mais ces travaux, menés par Aida Gomez-Robles de l’University College de Londres, font débat chez les anthropologues, dont certains contestent la précision de la méthodologie utilisée par la chercheuse.

L’étude part d’une trentaine de molaires et prémolaires retrouvées dans les cavernes de Sima de los Huesos en Espagne, et qui appartenaient aux premiers hommes et femmes de Neandertal. Elle a aussi analysé des fossiles provenant de sept autres espèces humaines anciennes.

Les dents de Sima de los Huesos ont été datées en 2014 par des techniques fiables à 430.000 années. Cette datation indiquait déjà en soi que la “divergence” entre sapiens et Neandertal s’était donc produite avant 400.000 années. Mais quand?

Divergence de nos ancêtres il y a 800.000 ans

Pour calculer à quand remonte cet ancêtre commun, la chercheuse a utilisé un modèle statistique qui part du principe que la forme des dents humaines évolue à un rythme constant. Le but est de remonter suffisamment loin dans le temps pour trouver un ancêtre capable à la fois d’avoir conduit aux dents des humains de Sima de los Huesos, et aux dents des humains modernes.

C’est avec ce calcul qu’Aida Gomez-Robles arrive à la conclusion que nos ancêtres et ceux de Neandertal ont “divergé” il y a 800.000 ans.

La conséquence immédiate de ces travaux est qu’ils élimineraient l’homme d’Heidelberg (Homo heidelbergensis) comme l’ancêtre commun tant recherché.

L’étude ne tranchera pas à elle seule le débat sur les origines de l’humanité, mais la professeure dit à l’AFP que l’étude des variations anatomiques “nous donne une image plus précise”, notamment parce que l’extraction d’ADN de fossiles très anciens reste très difficile, souvent impossible.

Le fait que l’ADN et les dents donnent des dates différentes conforte par ailleurs l’idée que les espèces ne se sont pas séparées d’un coup, mais que la divergence s’est faite sur de très longues périodes, pendant lesquelles les individus commencent à se différencier mais continuent à se côtoyer et à se reproduire.

Étude controversée

“La divergence entre néandertaliens et humains modernes, ou les divergences entre n’importe quelles espèces, ne sont pas des choses qui se produisent à un moment précis dans le temps”, dit l’auteure de l’étude. “On sait aujourd’hui qu’il y a eu une hybridation entre néandertaliens et humains modernes.”

Mirjana Roksandic, anthropologue à l’université de Winnipeg, a récemment publié un article de recherche décrivant Homo heidelbergensis comme non-Neandertal. Elle salue le travail menée par sa consœur.

“Elle trouve le moment où les néandertaliens ont commencé à tracer leur propre route, c’est un résultat très, très important”, dit-elle à l’AFP. “Les dents sont des fossiles, elles contiennent énormément d’informations”.

D’autres sont plus modérés. L’anthropologue Bridget Alex, à Harvard, qualifie la nouvelle méthodologie d’“utile”, tout en soulignant qu’elle créait de la tension entre les changements génétiques et les changements physiques et physiologiques dans l’évolution, qui peuvent se produire à des rythmes différents.

Susan Cachel, professeure d’évolution humaine à l’université Rutgers, critique en revanche l’étude. “Si les ancêtres des humains anatomiquement modernes et des néandertaliens ne viennent pas d’Homo heidelbergensis, d’où viennent-ils? Un ancêtre inconnu et mystérieux?”

“Il existe des variations dentaires extraordinaires chez les humains vivants”, dit-elle, ce qui saperait l’une des hypothèses du modèle d’Aida Gomez-Robles. Par exemple, les Amérindiens actuels ont un type de prémolaire très rare, “sans doute apparu dans les 15.000 ou 20.000 dernières années.”

“Je conteste par conséquent l’idée que les rythmes d’évolution dentaire soient invariablement lents”.

Source : Le Huffington Post du 16/05/2019

samedi 28 juillet 2018

Pyrénées-Orientales: Une dent d'enfant, vieille de 560.000 ans, découverte à Tautavel

ARCHEOLOGIE Lundi, 47 ans après la découverte de l’Homme de Tautavel, un nouveau fossile exceptionnel a été découvert sur le site préhistorique des Pyrénées-Orientales…

Les archéologues ont découvert sur le site de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales, une dent de lait d’un enfant âgé de 5 à 6 ans, et vieille de 560.000 ans.
Après la découverte en 2015 d’une dent d’adulte sur le même site, cette dent est le plus ancien reste d’enfant trouvé en France, ce qui en fait son caractère exceptionnel.

Les archéologues de Tautavel sont sur les dents… Ou plutôt sur LA dent. Lundi soir, dans le cadre des fouilles organisées chaque été sur le site préhistorique de la Caune de l’Arago, dans les Pyrénées-Orientales, les chercheurs ont découvert une dent.

Mais pas n’importe laquelle. Elle appartient à un enfant âgé de 5 à 6 ans et a été retrouvée dans une zone où le sol d’habitat est daté, à la louche, de 560.000 ans.

Bien plus vieille que l'homme de Tautavel et son célèbre fossile Arago 21, vieux de 450.000 ans, et dont les principaux vestiges ont été découverts dans les années 1970. Et certainement « contemporaine » à quelques décennies près, de celle d’un adulte retrouvé en 2015 au même endroit et qui avait repoussé de 100.000 ans - à 550.000 ans - le plus vieux reste humain trouvé en France.

Autant de traces des Homo heidelbergensis, les prédécesseurs de l’Homme de Néanderthal, qui sont aujourd’hui entreposés depuis au musée de Tautavel.


Plus vieille dent d’enfant en France

C’est là que sera présenté ce nouveau fossile mardi soir. Cette découverte exceptionnelle est le 150e reste humain découvert sur ce site. Mais surtout, c’est la plus vieille dent d’enfant découverte en France, ce qui en fait aussi l’un des plus anciens habitants de l’Europe connu.

« Cette dent va être scannée, étudiée au microscope, ce qui va permettre d’en apprendre plus sur sa croissance, son alimentation », indique un porte-parole du musée qui abrite le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel.

Les archéologues espèrent trouver d’ici à la fin du mois d’août des ossements du petit propriétaire de la dent, qui a la particularité de posséder une racine, ce qui signifie que l’enfant est mort à cet endroit-là.

Cette pièce unique sera plus tard exposée au sein du musée, comme les autres vestiges.

Source : 20 minutes du 24/07/2018

lundi 11 janvier 2016

On a reconstitué GrandPa, l'ancêtre de Sapiens et de Neandertal

Il a des pommettes de sapiens mais un bourgeon à l’arrière de la tête annonçant le chignon néandertalien : le crâne virtuel du dernier ancêtre commun aux deux hommes préhistoriques vient d’être reconstitué en 3D.


TROU FOSSILE. Nous savons que nous, les Homo sapiens, avons un dernier ancêtre commun (DAC) avec les néandertaliens, nos plus proches cousins mystérieusement éteints. Mais à quoi ressemblait ce dernier? “Et comment savoir si les rares fragments de fossiles antérieurs aux deux espèces d'Homo appartiennent vraiment à leur population ancestrale ?” Cette colle, le paléoanthropologue Aurélien Mounier, du Centre Leverhulme pour l’évolution humaine, de l’université de Cambridge (Royaume-Uni), vient de la résoudre de façon innovante. Pour combler les “trous fossiles” et mettre le “visage le plus vraisemblable” sur le célèbre inconnu, il a combiné des méthodes numériques 3D et des techniques d’estimations statistiques. “Cela nous a permis de prédire mathématiquement, puis de recréer virtuellement le crâne fossile du dernier ancêtre commun aux hommes modernes et aux néandertaliens”, explique le paléontologue français et collègue de Marta Mirazon Lahr. Le crâne (en vert ci-dessous) de ce “grand-père numérique” a été dévoilé en avant-première dans le Journal of Human Evolution.



Crâne d'Homo sapiens (en haut), crâne d'Homo neanderthalensis (en bas) et crâne virtuel de leur dernier ancêtre commun (au centre).

Un travail ultérieur doit l’habiller de muscles, de chair, de peau, pour lui donner figure humaine.

Évolution à rebours

“C’est une approche originale”, souligne le paléoanthropologue Antoine Balzeau, du musée de l’Homme. Concrètement (voir vidéo ci-dessous), Aurélien Mounier a d’abord analysé puis reconstitué virtuellement une quinzaine de crânes fossiles datés de -2,8 millions d’années à aujourd’hui, des tout premiers Homo aux hommes actuels, dressant un catalogue de 797 points repères morphométriques. Un peu comme s’il avait établi les "coordonnées GPS" de toutes les têtes d’hommes préhistoriques au fil des âges, défini leur cadre et leur calendrier évolutif. Partant des crânes de sapiens et de Neandertal, il a ensuite lancé son logiciel à remonter le temps, contraint par le mouvement brownien appliqué à l’évolution du vivant. Il a ensuite regardé quelle tête avait le Dernier Ancêtre Commun (DAC) à -400 000 ans, à -700 000 ans et à -1 million d’années, trois dates potentielles de séparation des lignées néandertalienne et moderne. Et comparé "ces crânes virtuels" avec une cinquantaine de crânes fossiles existants. Verdict ? L’ancêtre de 700 000 ans est le plus plausible… alors que la théorie classique veut que la divergence ait eu lieu 300 000 ans plus tard.

Des arcades proéminentes et face prognathe

A quoi ressemblait ce DAC ? “Il avait un front fuyant, des arcades sourcilières très proéminentes, une face prognathe”, détaille Aurélien Mounier. Bref, des caractères qui persisteront chez Neandertal, lui conférant cette “gueule” spectaculaire. Il a aussi, à l’arrière du crâne, un renflement qui préfigure le “chignon néandertalien” qui confère à Homo neanderthalensis son crâne très allongé. “Mais il a déjà des pommettes très Homo sapiens, qui annoncent les traits plus graciles que développera l’homme moderne”, poursuit le paléontologue de Cambridge. Ce travail confirme bien que les grosses arcades sourcilières et mâchoires sont des traits primitifs, dont l’Homo sapiens se débarrassera au cours de son évolution, tout en acquérant une face fléchie et un menton. Mais l’étude de l'université de Cambridge montre aussi que le dernier ancêtre commun aux néandertaliens et aux H. sapiens ressemble furieusement à l’espèce Homo heidelbergensis, dont le statut est toujours très discuté parmi les paléontologues. Aurélien Mounier en est convaincu : “Cet Afro-Européen, dont on trouve les premiers fossiles vers -700 000 ans en Afrique et qui perdurera jusqu’à -300 000 ans en Eurasie, serait donc notre ancêtre commun.” Après la scission, il aurait évolué au nord, vers Homo neanderthalensis. Persuadé que sa méthode peut être employée pour toutes les espèces disparues, Aurélien Mounier travaille désormais à reconstituer le mystérieux dernier ancêtre commun aux hommes et aux chimpanzés.



Source : Sciences et venir du 07/01/2016

vendredi 25 septembre 2015

L'arbre généalogique de l'Homme bouleversé par l'ADN

Des scientifiques ont séquencé l'ADN d'un ancêtre de l'Homme. Leurs recherches pourraient bien bouleverser l'arbre généalogique de l'espèce humaine en faisant apparaître de manière distincte les ancêtres de l'Homme (homo sapiens) bien plus tôt que ce que l'on pensait dans la chronologie de l'évolution.

C'est en étudiant l'ADN trouvé sur des fossiles trouvés en Espagne et vieux de 300 000 à 400 000 ans que les scientifiques ont identifié ce nouvel ancêtre de l'Homme. Lors de la conférence annuelle de la société européenne pour l'étude de l'évolution humaine, les chercheurs sont revenus sur le long chemin qui a abouti à cette découverte.

Un mystère résolu grâce à l'ADN

Dans les années 90, les ossements de 28 individus ressemblant à ceux des hommes de Néandertal primitifs avaient été découverts à Sima de los Huesos (la fosse aux ossements), dans les montagnes de l'Acapuerca, en Espagne. Ces ancêtres de l'Homme avaient alors été nommés "Homo heidelbergensis" et étaient considérés par la plupart des chercheurs comme les ancêtres directs de l'homme de Néandertal.

Mais en 2013, des recherches ADN effectuées sur l'un des ossements trouvés à Sima de los Huesos ont montré qu'ils étaient sensiblement différents de l'ADN trouvé sur les restes de l'Homme de Néandertal. En revanche, il présentait des similitudes avec les restes de l'homme de Denisova, trouvés en Sibérie. Pour résoudre ce mystère, les scientfiques de l'Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne) avaient alors annoncé leur intention de séquences l'ADN trouvé sur les fossiles en Espagne.

Des ancêtres plus vieux que ce que l'on pensait

Ce travail, long et complexe, a finalement abouti deux ans plus tard, soit cette année. Et les résultats ont montré que l'ADN trouvé à Sima de los Huesos présentait tout de même plus de similtudes avec celui de Néandertal qu'avec celui de l'homme de Denisovans ou de l'homme moderne. "Les specimens trouvés à Sima de los Huesos sont les premiers Neandertal ou de très proches cousins", en ont conclu les chercheurs.

Cela signifie donc que la séparation entre la branche qui aboutit à l’homme moderne, d’une part, et d’autre part celle qui aboutit aux Néandertaliens et aux Denisovans, est plus ancienne que ce que l'on pensait : elle pourrait dater de 550 000 à 765 000 ans. Cette découverte montrerait donc que les ancêtres de notre espèce ont commencé à se singulariser des autres humains archaïques entre 100 000 et 400 000 ans plus tôt que ce que l’on supposait.

Source : Direct Matin du 14/09/2015

mardi 24 juin 2014

Le voile se lève un peu plus sur l'origine de Neandertal

Des analyses menées sur des ossements vieux de 430 000 ans découverts dans la célèbre grotte préhistorique de la Sima de los Huesos (Espagne) suggèrent qu’ils appartiendraient à une forme précoce de l’homme de Neandertal.

En analysant les nombreux ossements qui ont été mis au jour depuis le début des années 1980 dans la célèbre grotte espagnole de la Sima de los Huesos (en français, la « grotte aux os »), des paléoanthropologues sont parvenus à la conclusion qu’ils appartiendraient à des individus que l'on pourrait qualifier de "néandertaliens primitifs".

Ce résultat a été publié le 20 juin 2014 dans la revue Science, sous le titre « Neandertal roots: Cranial and chronological evidence from Sima de los Huesos ».

Si cette conclusion venait à être considérée comme valide par l’ensemble de la communauté des préhistoriens (ce qui est loin d’être évident, tant ce domaine de recherche cumule les hypothèses et les théories divergentes), il s’agirait alors d’un résultat notable. En effet, il permettrait de lever partiellement le voile sur la période qui a vu l'émergence de l'Homme de Neandertal, une séquence de la préhistoire qui demeure encore largement mystérieuse.

Selon les travaux réalisés par le paléoanthropologue Juan-Luis Arsuaga (Université Complutense à Madrid, Espagne) et ses collègues, auteurs de cette nouvelle étude, les plus vieux ossements découverts dans cette grotte, et qui pourraient donc être ceux de "néandertaliens primitifs", seraient âgés de quelques 430 000 ans. Une datation qui permet de remonter considérablement dans l’histoire de l’homme de Neandertal, car jusqu'ici les ossements qui étaient attribués de façon certaine à Neandertal étaient plus jeunes de 100 000 à 150 000 ans.

Toutefois, il faut noter que ce nouveau résultat n'est pas complètement... nouveau. En effet, la plupart des ossements analysés par Juan-Luis Arsuaga et ses collègues sont en réalité connus depuis longtemps : les premiers d’entre eux ont été découverts dans la grotte de la Sima de los Huesos dès le début des années 1980. Mais jusqu’ici, ils avaient été attribués à une espèce distincte, appelée Homo Heidelbergensis (cette attribution prévaut d’ailleurs encore aujourd'hui pour de nombreux paléoanthropologues).

Or, depuis quelques années, un nombre croissant de paléoanthropologues considèrent que Homo Heidelbergensis est en réalité une forme précoce de l’homme de Neandertal.

Ces nouveaux travaux menés par Juan-Luis Arsuaga viennent donc conforter l’hypothèse que Homo Heidelbergensis est en fait une forme primitive de l’homme de Neandertal. Une hypothèse qui prend d’autant plus de consistance que les ossements analysés par Juan-Luis Arsuaga ne comprennent pas seulement des ossements de la Sima de los Huesos déjà connus des préhistoriens, mais aussi de nouveaux ossements non encore étudiés à ce jour, appartenant à moins 7 individus supplémentaires.

Rappelons que Juan-Luis Arsuaga est le co-auteur d’une précédente étude publiée en décembre 2013 dans la revue Nature, relatant le séquençage de l’ADN issu précisément de certains de ces ossements qui font l’objet de cette nouvelle étude (lire « De l’ADN ancien jette le trouble sur les origines de l’Homme »).

Source : Le Journal de la Science du 20/06/2014

dimanche 15 juillet 2012

Une nouvelle découverte dans la grotte de Tautavel

Fouillée depuis 1964, la grotte de Tautavel est encore le terrain de découvertes. Une mandibule d'homo erectus, qui vivait il y a 450 000 ans, a été mise au jour il y a une semaine.

Les chercheurs qui extraient depuis 1964 des fossiles humains préhistoriques de la grotte de Tautavel (Pyrénées-orientales) viennent de mettre au jour une cinquième mandibule d'homo erectus européen vivant il y a environ 450.000 ans sur ce site exceptionnellement riche en vestiges.

Le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel (CERP) a annoncé vendredi cette découverte, 41 ans après celle du crâne du premier homme de Tautavel, le 22 juillet 1971, par Henri de Lumley, dans cette grotte de La Caune de l'Arago. Il s'agit du crâne humain connu le plus vieux d'Europe.

Arago 131

La nouvelle mandibule d'homo erectus européen ou homo heidelbergensis est répertoriée Arago 131 car c'est le 131e reste humain découvert dans ce site. Elle peut être datée de 450.000 ans comme le crâne découvert en 1971, qui fut baptisé Arago XXI.

La mandibule a été mise au jour le 6 juillet à 11h30 et est encore en cours de dégagement de la couche au sein de laquelle elle a été découverte. Elle devrait être enlevée vendredi 20 juillet, précise le CERP.

20 000 générations entre lui et nous

La cinquième mandibule appartient à un adulte dont le sexe reste à déterminer indiquent les chercheurs. Les précédentes ont appartenu à des hommes et des femmes, adolescents et adultes, dont une femme d'environ 45 ans, un âge avancé pour l'époque. Ces mâchoires ont des caractéristiques anatomiques proches: une branche horizontale basse et très épaisse, des dents robustes.

Ces lointains ancêtres, il y a 20.000 générations, bien avant l'homme de Néandertal (135.000 ans) puis notre ancêtre direct Cro-Magnon, étaient des chasseurs de grands mammifères (chevaux, bisons, cerfs) parcourant un paysage de steppe d'environ 30 km autour de leur caverne. Ils vivaient dans un climat assez froid et extrêmement sec.

Source : Ouest France du 13/07/2012

jeudi 14 juin 2012

Néandertal et son ancêtre étaient d’une taille moyenne

Publiant leurs travaux dans le Journal of Human Evolution, des chercheurs espagnols ont évalué, à partir de fossiles bien conservés vieux d’environ 500.000 ans trouvés en Espagne, et grâce à des techniques affinées, la taille d’ancêtres de l’homme de Néandertal, Homo heidelbergensis.

L’étude a porté sur 27 os longs fossilisés vieux d’environ 500.000 ans, complets et en bon état, trouvés à Atapuerca (Burgos, Espagne) et ayant appartenu à des Homo heidelbergensis – les ancêtres des Néandertaliens. De précieux fossiles qui ont permis aux anthropologues de l'Université de Burgos d’estimer la taille de ces homininés anciens et de la comparer à celle d’autres espèces humaines.

"Les estimations, jusqu’à ce jour, étaient basées sur des échantillons d'os incomplets, dont la longueur elle-même a dû être estimée aussi. Nous avions également l'habitude d'utiliser des formules basées sur une seule population de référence, et nous n'étions même pas sûrs de leur pertinence", souligne José Miguel Díaz Carretero, auteur principal de l'étude. Les chercheurs ont donc recommencé les estimations en utilisant cette fois-ci des références multiraciales et multi-genres – ces fossiles permettant de déterminer le sexe de chaque individu – susceptibles de rendre les estimations plus proches de la réalité. Une technique qui leur a permis d'évaluer la taille de ces H. heidelbergensis d’Espagne, mais aussi, de comparer avec celle de Néandertaliens et d’H. sapiens anciens.

Les résultats suggèrent au final que la taille de ces hommes et de ces femmes d’Atapuerca était, en moyenne, légèrement plus élevée que celle de leurs descendants néandertaliens, les deux espèces étant de taille moyenne, similaire à celle des habitants actuels d’Europe centrale et méditerranéenne. Néanmoins, quelques individus de plus grande taille ont été recensés. Plus globalement, l’étude montre que la taille des diverses espèces humaines semble avoir été moyenne entre -2 millions d'années et -200 000 ans, date d’apparition d’Homo sapiens, un peu plus grand au départ.

Source : MaxiSciences du 07/06/2012

vendredi 6 janvier 2012

Le dernier ancêtre de l'homme moderne

Homo heidelbergensis, un humain archaïque, semble être le dernier ancêtre commun à l'homme moderne et à l'homme de Neandertal. Son origine commence à s'éclaircir.

Depuis 1987, on sait que l'homme moderne, Homo sapiens, est une espèce née en Afrique, il y a environ 200 000 ans. Cette conclusion, issue des études sur la diversité génétique de notre espèce, a fait pencher la balance en faveur de la théorie d'une origine africaine de l'homme moderne, au détriment de la théorie alternative, le modèle de l'évolution multirégionale. Ce dernier supposait une évolution continue au sein d'une même espèce humaine ayant une vaste aire de répartition, et prévoyait une origine bien plus ancienne de la variabilité humaine actuelle.

En 1997, une autre donnée génétique surprenante a éclairé un événement plus ancien de l'évolution de l'homme moderne : le moment où notre lignée évolutive s'est séparée de celle des Néandertaliens. On est parvenu pour la première fois à extraire des fragments d'adn des os fossilisés du squelette néandertalien le plus emblématique : celui qui avait été découvert en 1856 dans la vallée allemande du Neander (Neandertal, en allemand) et qui avait donné son nom à ce cousin de l'homme moderne. Ici aussi l'ancienneté de la séparation des deux lignées suggérée par les données génétiques était en accord avec ce que proposaient une partie des paléoanthropologues : 500 000 ans environ.

Pour comprendre les origines de notre espèce, nous devons tenir compte non seulement de son apparition il y a quelque 200 000 ans, mais aussi d'événements antérieurs, qui se perdent...

Source : Pour la science de janvier 2012

mercredi 5 mai 2010

Mélange racial à l'âge des cavernes

La prochaine fois que quelqu'un vous traitera d'«homme (ou de femme) des cavernes», remerciez-le en prenant un air flatté. Car il y a de fortes chances pour que vous soyez, tout comme votre accusateur, un hybride de néandertaliens et d'Homo sapiens modernes. Par l'extrême fin bout du poil de la fesse gauche, soit, mais un hybride quand même.

C'est du moins la conclusion à laquelle sont arrivés deux spécialistes de l'anthropologie génétique, le professeur Jeffrey Long et la doctorante Sarah Joyce, de l'Université du Nouveau-Mexique, en examinant 614 marqueurs génétiques prélevés sur 1983 personnes venant des quatre coins du monde. Le site de la revue Nature a fait écho à leurs travaux, pas encore publiés, qui apparaissent comme les indices (pas les preuves, notons-le) de métissage les plus solides jamais mis au jour.

Contrairement à ce qu'on a longtemps cru, Homo neanderthalensis n'est pas notre ancêtre, mais une sorte de cousin qui aurait évolué en parallèle avec nous à partir d'un ancêtre commun. Si on ignore pourquoi il a disparu, il y a environ 30 000 ans, il demeure certain qu'il fut un contemporain de nos ancêtres H. sapiens - d'où la question de savoir si les deux espèces se sont... comment dire... connues au sens biblique. Jusqu'à maintenant cependant, les indices d'hybridation que l'on possédait étaient, dans les meilleurs cas, extrêmement contestés. Les résultats préliminaires du séquençage du génome néandertalien, l'an dernier, ne montraient d'ailleurs aucun signe de mélange.

dimanche 4 avril 2010

Homo heidelbergensis

Reconstruction de John Gurche :
Reconstruction de Alice Roberts :

Reconstitution 3D et selon des méthodes empruntées à la médecine légale. Présenté lors des expositions de Dresde 2012 et Francfort 2010 : 

Miguelon, le plus complet squelette d'Homo heidelbergensis découvert, serait vieux de 400.000 ans.

jeudi 14 janvier 2010

Homo heidelbergensis

Homo heidelbergensis est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe au Pléistocène moyen, entre environ −700 000 et −300 000 ans avant le présent. Il est admis que cette espèce a donné naissance à l'Homme de Néanderthal en Europe.

Homo heidelbergensis au sens large regroupe des fossiles découverts en Afrique parfois attribués à Homo rhodesiensis, mais aussi en Asie. Dans cette vision, cette espèce a donné naissance aux humains modernes en Afrique.

L'holotype d'Homo heidelbergensis est la mandibule de Mauer, découverte en 1907 dans une sablière près de Heidelberg, en Allemagne. Elle fut décrite en 1908 par Otto Schoetensack. Plusieurs fossiles ou ensembles de fossiles attribués à Homo heidelbergensis ont été découverts depuis 1907 dans différents pays d'Europe.

Position phylogénétique

Ascendance

Homo heidelbergensis, attesté en Europe à partir d'environ 610 000 ans avant le présent, voire 700 000 ans en y incluant l'Homme de Petralona (Grèce), pourrait descendre soit d'Homo antecessor, dont les fossiles trouvés en Espagne ont été datés d'environ 860 000 ans, soit d'une forme africaine encore non identifiée, qui serait passée en Europe au début du Pléistocène moyen et aurait remplacé les formes locales.

Descendance

Eu égard aux ressemblances morphologiques entre les Homo heidelbergensis et les Néandertaliens, Jean-Jacques Hublin estime que le premier a probablement évolué il y a environ 450 000 ans pour donner progressivement naissance aux Néandertaliens.

Les analyses génétiques menées de 2013 à 2016 par l'équipe de Svante Pääbo, à l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig (Allemagne), sur des spécimens de la Sima de los Huesos, à Atapuerca, d'abord sur le génome mitochondrial puis sur le génome nucléaire, ont confirmé l'étroite parenté entre l'Homme de Néandertal et l'Homme de Denisova. Homo heidelbergensis pourrait alors être l'ancêtre commun à ces deux taxons.

Source : Wikipedia

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Découvert en 1907 à Mauer en Allemagne sous la forme d'une mandibule. 500000 ans Europe et Afrique. Avant lui H. erectus en Asie et en Afrique. Assez grande capacité cranienne. Le problème est de classer les échantillons entre H. neanderthalensis, H. heidelbergensis et H. erectus.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de - 0,8 à - 0,3 millions d'années
Taille : 1,55 à 1,65 m
Poids : de 65 à 80 kg
Localisation : Afrique, Europe, Asie occidentale
Habitat : Régions tempérées et chaudes
Feux :
Outils : ?

Sa fiche sur Hominidés.com

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0,6-0,2 MA.
Une mandibule (Mauer 1) ;Arago 21, Petralona, Atapuerca SH cranium 5.
Europe.
heidelbergensis ressemble beaucoup aux néandertaliens, dont il pourrait être l’ancêtre. Avait-il un lien de parenté avec Homo rhodesiensis ?

mercredi 13 janvier 2010

Homo rhodesiensis

Homo rhodesiensis est une espèce éteinte du genre Homo, présente en Afrique durant le Pléistocène moyen, entre environ 700 000 et 300 000 ans avant le présent.
Peu de fossiles de cette espèce ont été découverts à ce jour, et son articulation phylogénétique avec Homo sapiens, qui lui succède en Afrique, demeure débattue.

Historique
Homo rhodesiensis a été décrit en 1921 par Arthur Smith Woodward à partir du crâne fossile qu’un mineur suisse, Tom Zwiglaar, avait découvert peu avant dans une mine de fer et de zinc de Kabwe (autrefois appelée Broken Hill), en Zambie (autrefois appelée Rhodésie du Nord).
Outre le crâne, on a trouvé aussi la mâchoire supérieure d'un autre individu, ainsi qu’un sacrum, un tibia, et deux fragments de fémur. La relation des os entre eux n’est pas établie avec certitude, mais le tibia et les fossiles de fémur sont généralement associés au crâne.
Au moment de sa découverte, ce fossile a été appelé « Homme de Rhodésie », mais on parle aujourd'hui plutôt d'« Homme de Broken Hill » ou d'« Homme de Kabwe ».

Source : Wikipedia

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 0,5-0,2 MA.
Un crâne (Kabwe) ; Bodo, Dali, Jinniushan.
Afrique, Asie, peut-être Europe.
rhodesiensis pourrait être l’ancêtre des hommes modernes. Ces fossiles sont parfois nommés "Homo sapiens archaïques" (mais ce terme est à éviter).
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Homo rhodesiensis : Si vous avez entendu parler de l’une des espèces de cette liste, c’est probablement celle-ci. Le paléontologue Arthur Smith Woodward a créé le nom H. rhodesiensis pour un crâne découvert en 1921 à Broken Hill, ou Kabwe, en Zambie (qui faisait autrefois partie de la Rhodésie du Nord). Le crâne épais du fossile, le front incliné et les crêtes sourcilières géantes distinguaient l'espèce des êtres vivants. D'autres fossiles africains robustes datant d'environ 300 000 à 125 000 ans ont été ajoutés à l'espèce. Cependant, ce groupe de fossiles a été connu sous de nombreux autres noms. Certains anthropologues, par exemple, pensent que les os appartiennent aux premiers membres plus archaïques de notre propre espèce, H. sapiens. Cependant, la plupart des chercheurs regroupent aujourd'hui les fossiles de H. rhodesiensis avec l'espèce la plus répandue Homo heidelbergensis, qui vivait en Afrique et en Eurasie depuis environ un demi-million d'années et pourrait avoir été l'ancêtre commun des humains modernes et des Néandertaliens.

Source : Source

mercredi 1 septembre 2004

Homme de Mala Balanica

La grotte de Mala Balanica, qui signifie « petite Balanica »), est une grotte préhistorique située en Serbie.

Un fragment de mandibule humaine a été mis au jour dans la grotte de Mala Balanica en 2008 : le fossile BH-1. Elle contient encore 3 molaires en place dans leurs alvéoles. Le propriétaire est un jeune adulte, mais son sexe reste inconnu.

Attribution

Contrairement à la Sima de los Huesos, dont les fossiles sont datés de 430 000 ans, la dentition de la mandibule BH-1 ne présente aucun caractère protonéandertalien et semble provenir d'un type plus archaïque.

En 2016, l'analyse détaillée de la dentition confirme une minorité de points communs avec l'homme de Néandertal : elle est plus proche de la mandibule de Mauer, qui sert de référence pour Homo heidelbergensis, et des fossiles de la Caune de l'Arago, également classés dans cette espèce. En l'absence d'une plus grande variété de fossiles, cette mandibule a donc été attribuée à Homo heidelbergensis.

Source: Sa fiche Wikipedia