Le crâne a été récupéré dans la mine de plomb et de zinc de Broken Hill (aujourd'hui Kabwe), d'où son nom alternatif de «crâne de Broken Hill». Il avait été surnommé «l'Homme rhodésien» au moment de sa découverte, du nom de la région, la Rhodésie du Nord, aujourd'hui la Zambie.
Il est conservé au Natural History Museum de Londres et fait l'objet d'une demande de rapatriement.
Découverte
L'extraction du crâne dans le gisement d'une grotte a fait l'objet d'un récit détaillé par Aleš Hrdlička, un anthropologue de la Smithsonian Institution. Un mineur suisse, Tom Swiglaar, et un mineur africain dont le nom n'a pas été consigné avaient découvert le crâne le 17 juin 1921 alors qu'ils travaillaient dans la mine. Le crâne a ensuite été examiné par un médecin de Broken Hill, qui l'a reconnu comme un fossile d'une importance scientifique potentielle. Plusieurs mois plus tard, la Rhodesia Broken Hill Mine Company l'a expédié en Angleterre, et en a fait don au British Museum de Londres. Là, le paléontologue Arthur Smith Woodward l'identifie en 1921 comme appartenant à une nouvelle espèce, et l'attribue à l'espèce Homo rhodesiensis. A la découverte du crâne s'est ajoutée celle d'une mâchoire supérieure d'un autre individu, d'un sacrum, d'un tibia et de deux fragments de fémur.
Datation
La destruction du site paléoanthropologique a rendu impossible la datation stratigraphique. L'âge du fossile a été réévalué plusieurs fois. Avant les années 1970, on pensait que le crâne n'avait que 30 à 40 000 ans. En 1974, Bada et ses collègues (1974) ont établi une date de 110 000 ans, mesurée par le taux de racémisation de l'acide aspartique. La Smithsonian Institution a suggéré en 2010 un âge entre 150 000 et 300 000 ans, avec une limite supérieure de 500 000 ans suggérée par les fossiles d'animaux collectés sur le site. Une nouvelle technique appliquée au crâne a permis de retirer des fragments d'un quart de millimètre d'épaisseur et donc de dater directement le crâne, la nouvelle tranche d'âge estimée, selon une étude publiée en 2020 dans la revue Nature, est de 324 000 à 274 000 ans.
Morphologie
La capacité crânienne de l'Homme de Kabwe a été estimée à 1230 cm³.
L'individu robuste a les arcades sourcilières comparativement plus grandes que celles de tous les hominidés connus. Son visage large est semblable à celui de l' Homme de Néandertal (du fait de son gros os nasal et de ses épaisses arcades sourcilières saillantes).
Le crâne présente des caries dans dix des dents supérieures. Or la carie dentaire, considérée comme liée à la domestication des céréales, n'est identifiée qu'à partir du Néolithique. Des scientifiques ont essayé d'expliquer la présence des caries de l'Homme de Kabwe, «unique durant tout le Pléistocène et unique aussi dans cette région d'Afrique» d'après Evelyne Peyre et Jean Granat. Selon une première hypothèse, la zone étant riche en plomb, les dents de l'Homme de Kabwe ont pu être fragilisées par la fixation de plomb (Pb++) qui aurait remplacé des ions de Calcium (Ca++), ce qui aurait ouvert la voie au développement de caries. Selon une deuxième hypothèse, l'Homme de Kabwe aurait pu consommer une plante endogène riche en glucides, comme le « sorgho sucré ».
Les piqûres indiquent une infection importante avant la mort ; la cause du décès peut être due à une infection dentaire ou éventuellement à une otite.
Source : Wikipedia
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324 - 274 kaHomo heidelbergensis (initialement Homo rhodesiensis)
1921
Kabwe, Zambie
Tom Zwiglaar et un mineur africain
