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vendredi 16 avril 2021

Ledi-Geraru

Ledi-Geraru est une zone de recherche paléoanthropologique dans le district de Mille, région d'Afar, au nord-est de l'Éthiopie, le long des rivières Ledi et Geraru (deux affluents gauches de l'Awash, au sud de la rivière Mille). Il s'étend sur environ 50 km, situé juste au nord-est de la zone paléoanthropologique de Hadar.

Les premières recherches ont été menées en 1972–1974. Le projet de recherche Ledi-Geraru a été lancé en 2002. Le site est connu pour ses premiers outils en pierre, datés d'environ 2,6 millions d'années. Une mandibule d'hominidés a été trouvée en 2013, connue sous le nom de LD 350-1 et datée de 2,8 millions d'années, ce qui peut être considéré comme un spécimen très précoce du genre Homo.

Source : Wikipedia (en)

lundi 23 juillet 2018

Des outils vieux de 2,1 millions d’années montrent comment les humains ont conquis la Chine

La migration des humains hors d’Afrique a débuté très tôt, il y a plus de 2 millions d’années, confirme la découverte d’outils très anciens en Chine, sur le plateau de Loess.

Des outils vieux de 2,1 millions d'années ont été découverts en Chine, annoncent des géochimistes et des paléontologues de l'Académie des sciences chinoise et de l'université d'Exeter (Grande Bretagne). Ces pierres taillées de quartzite, exhumées à Schangchen, sur le plateau de Loess, au nord-est du pays, témoignent que cette partie de l'Asie a été peuplée très tôt par des Homo, possiblement des Homo erectus. Des incisives appartenant à ces homininés et vieilles de 1,7 million d'années ont d'ailleurs été décrites à Yuanmou, dans le sud de la Chine. Un crâne d'Homo erectus exhumé à Lantian, dans le Shaanxi, au centre du pays, a aussi récemment été daté de 1,67 million d'années.


L'âge des outils de Schangchen ne surprend absolument pas les spécialistes. La question d'une présence très ancienne en Chine est passionnément discutée et considérée comme plausible depuis plus d'une décennie. Contre les idées dominantes, des chercheurs français assuraient il y a plus de 15 ans que le pays avait été peuplé il y a plus de 2 millions d'années par des hommes au savoir technique original. Des choppers, datés aux alentours de 2 millions d'années, ont ainsi été trouvés à Longgupo, par le chercheur français Eric Boeda (Lire Sciences et Avenir, avril 2006 ) de l'Université Paris X-Nanterre qui a repris la fouille de ce site mythique dont le nom signifie " le versant aux os de dragons " dans les années 2000. La datation de dents de mammifères (chassés ?) découvertes sur ce site laisse penser qu'il a pu être occupé dès il y a 2,48 millions d'années, selon un article paru en 2017. Renzidong, plus à l'est du pays, est un site de boucherie animale qui a été fréquenté par des humains il y a peut-être plus longtemps encore.Toutefois, ces découvertes sont encore sujettes à controverse et discussion.

Dédaignant les travaux menés à Longgupo et Renzidong, Zhaoyu Zhu, de l'Académie des sciences chinoise et Robin Dennel, de l'université d'Exeter, qui ont daté les outils de Schangchen par paléomagnétisme assurent qu'il s'agit des plus anciens vestiges d'occupation humaine découverts hors d'Afrique à ce jour. Ils ont en tout cas 200.000 ans de plus que les pierres et crânes découverts à Dmanisi, en Georgie, aux portes de l'Europe.

Quoiqu'il en soit, les plus anciens outils restent africains : datés de 3,3 millions d'années, ils ont été mis au jour par la française Sonia Harmand sur le site de Lomekwi, à l'est du Kenya. C'est toujours sur le continent africain qu'ont été découverts les plus vieux membres du genre Homo et plus précisément à Ledi Geraru, dans l'afar Ethiopien dont le site a livré une mandidule datée de 2,8 millions d'années. Ce qui suggère que le berceau de l'humanité reste bien l'Afrique.

Source : Sciences et Avenir du 19/07/2018

lundi 1 juin 2015

Origine de l'Homme : découverte d'une nouvelle espèce d'australopithèque

La découverte d’une nouvelle espèce d’hominine, Australopithecus deyiremeda illustre à nouveau un phénomène que l’on a mis en évidence depuis quelques décennies avec l’arbre généalogique de l’humanité. Plusieurs espèces parmi les hominines ont coexisté et il est parfois difficile de préciser laquelle était l’ancêtre d’une autre. Cette dernière pourrait bien détrôner Lucy au titre de représentant de l’espèce ayant conduit directement au genre Homo.

Depuis quelques mois, les passionnés par les origines de l’Homme sont à la fête avec des annonces spectaculaires d’équipes d’archéologues et de paléoanthropologues. En mars 2015, on apprenait qu’il fallait repousser les origines du genre Homo d’au moins 400.000 ans suite à l’annonce d’une découverte remontant à janvier 2013. Le paléoanthropologue Éthiopien Chalachew Seyoum était tombé à l’époque sur un fragment de mâchoire inférieure fossilisée portant des dents alors qu’il participait à la campagne de fouilles de l’Arizona State University (ASU) explorent la région de Ledi-Geraru, proche d’Hadar en Éthiopie. Son étude et sa datation ont montré qu’elle appartenait à un hominine du genre Homo et qui vivait il y a entre 2,75 à 2,80 millions d’années. Il semble qu’il ne s’agissait pas d’un Homo habilis.

Plus récemment, l’archéologue française du CNRS, Sonia Harmand, qui codirige le West Turkana Archaeological Project (WTAP) a annoncé avec ses collègues qu’avaient été découverts en 2011 les plus vieux outils connus à ce jour, au Kenya cette fois-ci, non loin du lac Turkana. Âgés d’environ 3,3 millions d’années, il ne semble pas possible de les attribuer à des membres du genre Homo mais il était tentant d’y voir la trace d’une industrie lithique propre à Australopithecus afarensis, un hominine rendu célèbre par la découverte de Lucy dont l’espèce vivait précisément dans la région, il y a entre 3,8 et 2,9 millions d’années.



Trois ancêtres potentiels directs pour Homo

Mais un autre préhumain potentiel pouvait aussi faire l’affaire, Kenyanthropus platyops. Ses restes fossilisés, plus précisément un crâne, ont en effet été déterrés en 1999 non loin du site de Lomekwi 3 où les membres du WTAP ont fait leur extraordinaire découverte. Il existe cependant des polémiques quant à l’interprétation de ces restes âgés d’environ 3,5 à 3,2 millions d’années. Pour certains chercheurs, il pourrait s’agir simplement d’un spécimen d’Australopithecus afarensis dont le crâne est déformé. Mais pour d’autres ce crâne évoque plutôt celui d’Homo rudolfensis qui avec Homo habilis fait partie des tout premiers représentants du genre Homo, Kenyanthropus platyops est peut-être même un ancêtre direct de celui-ci. Si tel est le cas, il se pourrait bien qu’Australopithecus afarensis ne soit pas vraiment à l’origine de l’espèce humaine.

Or voilà que d’autres paléoanthropologues viennent encore de compliquer l’arbre généalogique en ce qui concerne les ancêtres directes d’Homo dans une publication du journal Nature.

Une équipe internationale dirigée par Yohannes Haile-Selassie du Muséum d’histoire naturelle de Cleveland annonce en effet qu’a été découvert une autre espèce d’australopithèque qui côtoyait celle de Lucy en Éthiopie, il y a entre 3,5 et 3,3 millions d’années. Elle a été baptisée Australopithecus deyiremeda, deyiremeda signifiant « proche parent » en langue afar, une peuplade vivant en Éthiopie et à Djibouti.

Les fragments de mâchoires et quelques dents, appartenant à au moins deux individus de cette nouvelle espèce, ont été découverts en 2011, à 35 km de distance seulement du lieu où vers la fin de l’année 1974, une équipe d’une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français codirigée par Donald Johanson (paléoanthropologie), Maurice Taieb (géologie) et Yves Coppens (paléontologie) a effectué les fouilles ayant conduit à la découverte de Lucy.

Un arbre généalogique complexe pour les hominines

Haile-Selassie n’hésite pas à affirmer avec ses collègues que : « Cette nouvelle espèce est une autre confirmation que celle de Lucy, Australopithecus afarensis, n’était pas la seule ancêtre potentielle de l’Homme habitant ce qui est maintenant la région de l’Afar en Éthiopie pendant le Pliocène moyen. L’étude des fossiles trouvés sur le site de Woranso-Mille montre clairement qu’il y avait au moins deux, et peut-être trois espèces de préhumains vivant à la même époque et géographiquement proche les unes des autres. Cette nouvelle espèce trouvée en Éthiopie place le débat en cours sur la diversité des préhumains à un autre niveau » et le chercheur ajoute que « certains de nos collègues vont être sceptiques en ce qui concerne cette nouvelle espèce, ce qui n’est pas inhabituel. Toutefois, je pense qu’il est temps que nous regardions les premières phases de notre évolution avec un esprit ouvert et que nous examinions soigneusement les preuves fossiles à notre disposition plutôt qu’en les rejetant immédiatement quand elles ne se conforment pas à nos préjugés ».

Source : Futura Sciences du 31/05/2015

lundi 9 mars 2015

Un fossile vieillit le genre humain de 400.000 ans

Cette découverte donne un nouvel éclairage sur l'émergence du genre Homo, estiment les scientifiques à l'origine de la découverte.

Une mandibule avec cinq dents datant de 2,8 millions d'années trouvée en Ethiopie est le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert qui repousse l'origine des humains de 400.000 ans.

Cette découverte annoncée mercredi 4 mars, donne un nouvel éclairage sur l'émergence du genre Homo, estiment les scientifiques dont les travaux paraissent mercredi dans la revue américaine "Science".

"La mise au jour de cette mâchoire inférieure aide à réduire le fossé dans l'évolution entre l'Australopithèque - la célèbre Lucy datant de 3,2 millions d'années - et les premières espèces du genre Homo comme l'erectus ou l'habilis", expliquent ces paléontologues.

"Ce fossile est un excellent exemple d'une transition des espèces dans une période clé de l'évolution humaine", ajoutent-ils.

Les indices des origines de la lignée Homo

Cette mandibule de huit centimètres de longueur, a été trouvée en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Ethiopie par une équipe internationale de chercheurs menée notamment par Kaye Reed, de l'Université d'Arizona et Brian Villmoare de l'Université du Nevada.

Depuis des décennies, les scientifiques cherchent des fossiles en Afrique pour trouver des indices des origines de la lignée Homo mais sans grand succès puisqu'ils ont découvert très peu de fossiles de la période jugée critique allant de moins trois millions d'années à moins 2,5 millions d'années.

De ce fait, les experts ne sont pas d'accord sur la période de l'origine de la lignée Homo qui a abouti à l'émergence des humains modernes, l'Homo Sapiens, il y a environ 200.000 ans.

Une nouvelle espèce du genre Homo ?

Le nouveau fossile de Ledi-Geraru apporte des indices importants sur les changements intervenus dans la mâchoire et les dents chez le genre Homo seulement 200.000 ans après la dernière trace connue de l'Australopithecus à savoir "Lucy". Son fossile a été découvert en Ethiopie en 1974 pas très loin de Ledi-Geraru.

"Des fossiles de la lignée Homo de plus de deux millions d'années sont très rares et le fait d'avoir un éclairage sur les toutes premières phases de l'évolution de notre lignée est particulièrement emballant", souligne Brian Villmoare, le principal auteur.

Mais ces chercheurs notent qu'ils ne sont pas en mesure de dire avec cette seule mâchoire s'il s'agit ou non d'une nouvelle espèce du genre Homo qui aurait abouti en évoluant à l'homo sapiens.

Petits arbustes et savane

Une recherche complémentaire parue mercredi dans "Science" portant sur la géologie et le climat dans la même région d'Ethiopie où a été trouvé le fossile de Ledi-Gerbera, met en évidence un changement climatique qui a rendu l'environnement plus aride il y a 2,8 millions d'années.

Ces scientifiques ont découvert des fossiles de mammifères contemporains de Ledi-Geraru montrant qu'il y avait surtout des espèces vivant dans des habitats dominés par de petits arbustes et la savane où les arbres étaient rares. Alors qu'à l'époque de Lucy qui était encore un grand singe, la végétation était plus verdoyante avec des forêts.

"Nous pouvons voir des indications de sécheresse dans la faune dominante dans l'environnement de Ledi-Geraru", explique Kaye Reed, professeur à l'Université d'Arizona, co-auteur de cette étude.

"Mais il est encore trop tôt pour dire si le changement climatique est responsable de l'émergence du genre Homo, il nous faudra avant cela examiner un plus grand nombre de fossiles d'hominidés que nous continuons à rechercher dans cette région", a-t-elle ajouté.

L'hypothèse de l'extinction des espèces antérieur à Homo

L'hypothèse du changement climatique ayant conduit à l'extinction des espèces antérieures à celles du genre Homo et à l'émergence de ce dernier est souvent avancée par les scientifiques, relève le professeur Reed.

Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s'adapter à un nouvel environnement. Leur cerveau est devenu plus gros ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents, supputent les scientifiques.

Dans une autre étude publiée mercredi dans la revue britannique "Nature", des chercheurs ont annoncé une nouvelle reconstruction d'une mandibule déformée qui appartenait à un Homo habilis "bricoleur" vieux de 1,8 million d'années découvert en Tanzanie.

Cette reconstruction a créé la surprise en faisant apparaître une mâchoire primitive de cette espèce et montre aussi un lien évident avec le fossile de la mâchoire de Ledi-Geraru.

Source : Le Nouvel Obs du 05/03/2015

vendredi 6 mars 2015

La découverte d'un fossile africain repousse l'origine du genre humain de 400 000 ans

Vieille de 2,8 millions d’années, une mandibule retrouvée en Éthiopie semble, selon toute vraisemblance, appartenir à un individu du genre Homo, repoussant l’origine de cette lignée de 400.000 ans.

Et si l'histoire du genre humain avait commencé encore plus tôt qu'on ne pense ? Lors de fouilles menées en Éthiopie, une équipe américaine de paléontologues a réalisé une découverte bouleversante. Les chercheurs ont mis en évidence une portion de mâchoire vieille de 2,8 millions d’années.

La singularité du fossile réside non seulement dans son âge très avancé mais aussi dans ses caractéristiques propres au genre Homo, dont fait notamment partie l’homme moderne. La trouvaille apporte ainsi un nouvel éclairage sur l’histoire de l’évolution humaine, qui pourrait être bien plus vieille que ce qui était jusqu’à présent imaginé.

Les origines ont en effet été repoussées de 400.000 ans. De cette époque, on ne sait actuellement que peu de choses. Il s’agit pourtant d’une étape particulièrement importante marquant la transition entre les animaux arboricoles et les êtres préhumains.

A la recherche d’indices sur les origines du genre humain

Depuis de nombreuses années, les scientifiques sillonnent le continent africain à la recherche d’indice sur les origines de la lignée Homo. Pourtant, jusqu’à présent leurs recherches se sont souvent avérées peu fructueuses. Rares sont en effet les fossiles correspondant à la période de transition, estimée entre il y a 2,5 et 3 millions d'années.

La fameuse mâchoire a été été retrouvée quant à elle il y a deux ans, dans la région Afar, sur une zone de fouille appelée Ledi-Geraru, non loin de celle où la célèbre Lucy a été excavée. Il s’agit d’une mandibule inférieure gauche de huit centimètres de long, ayant appartenu à un individu adulte. La mâchoire, dotée de cinq dents a été soumise à analyses.

Les résultats, publiés dans la revue américaine Science, indiquent que le fossile combine des caractéristiques ancestrales et des traits typiques du genre Homo comme des dents plus petites.

Une nouvelle espèce ?

"La mise au jour de cette mâchoire inférieure aide à réduire le fossé dans l'évolution entre l'Australopithèque - la célèbre Lucy datant de 3,2 millions d'années - et les premières espèces du genre Homo comme l'erectus ou l'habilis", expliquent les auteurs de l’étude, repris par l'AFP. "Ce fossile est un excellent exemple d'une transition des espèces dans une période clé de l'évolution humaine".

Pour l’heure, les chercheurs n’ont pas encore identifié si le fossile est une espèce déjà connue du genre Homo ou une nouvelle espèce encore non identifiée. Il pourrait s'agir d'un individu Homo habilis mais la seule mâchoire pourrait ne pas suffire pour trancher sur la question. Elle donne cependant des informations cruciales sur les premières phase d'évolution de la lignée Homo, qui a suivi celle des Australopithèques.

"En trouvant cette mâchoire, nous avons découvert où cette trajectoire a démarré. C'est le premier Homo. Cela marque selon toute vraisemblance, une transition d'adaptation majeure", a relevé Brian Villmoare de l'Université du Nevada repris par le Guardian. Davantage d’études devraient permettre d’en savoir plus sur ce mystérieux individu.

Source : MaxiSciences du 05/03/2015

Que nous apprend la découverte d’une mâchoire fossile en Afrique ?

Une mandibule avec cinq dents, datant de 2,8 millions d’années, trouvée en Éthiopie est le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert. Cette mâchoire repousse l’origine des humains de 400 000 ans. L’analyse de Michel Brunet, professeur de paléontologie à l’université de Poitiers.

« C’est une belle découverte, intéressante. Il s’agit d’une belle demi-mâchoire inférieure (demi-mandibule) de huit centimètres de long, munie de cinq dents, avec une mosaïque de caractères à la fois ancestraux et plus modernes comme de fines molaires et des prémolaires symétriques.

Depuis longtemps, les paléontologues fixaient l’origine du genre Homo autour de 2 millions d’années avant notre ère. Mais je m’attendais à ce qu’on trouve des fossiles de ce genre dans des sols datant de 2 à 3 millions d’années, y compris en France. On a d’ailleurs déjà découvert des outils datant de plus de 3 millions d’années qui, très probablement, ont été façonnés par une personne du genre Homo.

Cette mandibule a été trouvée en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Éthiopie par un étudiant éthiopien membre d’une équipe américaine. Une région très fréquentée par les paléontologues puisque, pas très loin en 1974, mon collègue Yves Coppens a co-découvert le squelette d’Australopithecus afarensis, plus connu sous le nom de Lucy, et daté de 3,2 millions d’années.

Cette mandibule-ci a été datée, indirectement, à 2,8 millions d’années après une analyse isotopique des roches volcaniques entourant les fouilles. Ce nouveau fossile s’intercale donc entre l’australopithèque Lucy (qui est encore un grand singe) à 3,2 millions d’années, et les premiers hominidés du genre Homo (habilis, rudolfensis et erectus) qui eux étaient situés à 2 voire 2,3 ou 2,4 millions d’années. En cela, la nouvelle mandibule complète le puzzle complexe de nos origines.

En revanche, ce n’est pas « un » et encore moins « le » chaînon manquant, dans la mesure où l’évolution de l’homme n’est pas une chaîne linéaire avec des maillons successifs, mais revêt la forme d’un arbre doté de nombreuses branches.

Une recherche complémentaire menée par une autre équipe internationale dans la même région met en évidence un changement climatique qui a rendu l’environnement plus aride à cette période. Verdoyante et pourvue de forêts au temps de Lucy, la végétation s’est transformée, pense-t-on, en savane à l’époque où la mandibule s’est fossilisée. Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s’adapter à la bipédie. Leur cerveau est devenu plus gros, ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents. »

Source : La Croix du 05/03/2015

jeudi 5 mars 2015

La mandibule qui met un coup de vieux à l'humanité

Un fossile de 2,8 millions d'années trouvé en Ethiopie repousserait l'origine des humains de 400 000 ans.

Une mandibule avec cinq dents datant de 2,8 millions d’années trouvée en Ethiopie est le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert qui repousse l’origine des humains de 400 000 ans.

Cette découverte annoncée mercredi, donne un nouvel éclairage sur l’émergence du genre Homo, estiment les scientifiques dont les travaux paraissent mercredi dans la revue américaine Science.

«La mise au jour de cette mâchoire inférieure aide à réduire le fossé dans l’évolution entre l’Australopithèque - la célèbre Lucy datant de 3,2 millions d’années - et les premières espèces du genre Homo comme l’erectus ou l’habilis», expliquent ces paléontologues.

«Ce fossile est un excellent exemple d’une transition des espèces dans une période clé de l’évolution humaine», ajoutent-ils.

Cette mandibule de huit centimètres de longueur, a été trouvée en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Ethiopie par une équipe internationale de chercheurs menée notamment par Kaye Reed, de l’Université d’Arizona et Brian Villmoare de l’Université du Nevada.

Depuis des décennies, les scientifiques cherchent des fossiles en Afrique pour trouver des indices des origines de la lignée Homo mais sans grand succès puisqu’ils ont découvert très peu de fossiles de la période jugée critique allant de moins trois millions d’années à moins 2,5 millions d’années.

De ce fait, les experts ne sont pas d’accord sur la période de l’origine de la lignée Homo qui a abouti à l’émergence des humains modernes, l’Homo Sapiens, il y a environ 200000 ans.

Le nouveau fossile de Ledi-Geraru apporte des indices importants sur les changements intervenus dans la mâchoire et les dents chez le genre Homo seulement 200000 ans après la dernière trace connue de l’Australopithecus à savoir «Lucy». Son fossile a été découvert en Ethiopie en 1974 pas très loin de Ledi-Geraru.

«Des fossiles de la lignée Homo de plus de deux millions d’années sont très rares et le fait d’avoir un éclairage sur les toutes premières phases de l’évolution de notre lignée est particulièrement emballant», souligne Brian Villmoare, le principal auteur.

Mais ces chercheurs notent qu’ils ne sont pas en mesure de dire avec cette seule mâchoire s’il s’agit ou non d’une nouvelle espèce du genre Homo qui aurait abouti en évoluant à l’homo sapiens.

Une recherche complémentaire parue mercredi dans Science portant sur la géologie et le climat dans la même région d’Ethiopie où a été trouvé le fossile de Ledi-Gerbera, met en évidence un changement climatique qui a rendu l’environnement plus aride il y a 2,8 millions d’années.

Ces scientifiques ont découvert des fossiles de mammifères contemporains de Ledi-Geraru montrant qu’il y avait surtout des espèces vivant dans des habitats dominés par de petits arbustes et la savane où les arbres étaient rares. Alors qu’à l’époque de Lucy qui était encore un grand singe, la végétation était plus verdoyante avec des forêts.

«Nous pouvons voir des indications de sécheresse dans la faune dominante dans l’environnement de Ledi-Geraru», explique Kaye Reed, professeur à l’Université d’Arizona, co-auteur de cette étude.

«Mais il est encore trop tôt pour dire si le changement climatique est responsable de l’émergence du genre Homo, il nous faudra avant cela examiner un plus grand nombre de fossiles d’hominidés que nous continuons à rechercher dans cette région», a-t-elle ajouté.

L’hypothèse du changement climatique ayant conduit à l’extinction des espèces antérieures à celles du genre Homo et à l’émergence de ce dernier est souvent avancée par les scientifiques, relève le professeur Reed.

Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s’adapter à un nouvel environnement. Leur cerveau est devenu plus gros ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents, supputent les scientifiques.

Dans une autre étude publiée mercredi dans la revue britannique Nature, des chercheurs ont annoncé une nouvelle reconstruction d’une mandibule déformée qui appartenait à un Homo habilis «bricoleur» vieux de 1,8 million d’années découvert en Tanzanie.

Cette reconstruction a créé la surprise en faisant apparaître une mâchoire primitive de cette espèce et montre aussi un lien évident avec le fossile de la mâchoire de Ledi-Geraru.

Source : Libération du 05/03/2015

Paléontologie : une mandibule africaine vieillit le genre humain de 400 000 ans

Ce n’est qu’un morceau de mâchoire muni de quelques dents mais il en dit long sur l’histoire de l’humanité. Plusieurs équipes de chercheurs décrivent ce jeudi dans les revues Science et Nature un fossile d’hominidé mis au jour dans la région de l’Afar au Nord-Est de l’Ethiopie. Datant d’il y a 2,8 millions d’années, il constituerait la trace la plus ancienne jamais retrouvée d’un représentant du genre Homo, dont fait partie l’homme moderne. Jusqu’alors, les spécialistes situaient leur apparition quelque 400 000 ans plus tard, soit il y a 2,4 millions d’années. Les conditions de cette émergence, dans un environnement naturel en pleine métamorphose, sont par ailleurs éclairées par une autre étude, aussi parue dans Science.

C’est le paléontologue éthiopien Chalachew Seyoum, de l’Université d’Etat d’Arizona, qui a mis la main sur le précieux fossile, lors d’une campagne de fouille menée en janvier 2013 sur le site de Ledi-Geraru, dans l’état éthiopien de l’Afar. Une région célèbre chez les paléontologues en raison des nombreux restes d’hominidés qui y ont déjà été découverts. Parmi ceux-ci, la célèbre australopithèque «Lucy», mise au jour en 1974 et datant d’il y a environ 3,2 millions d’années. Désigné dans le catalogue de fouilles sous le nom de «LD 350-1», le fossile de Ledi-Geraru correspond à la partie gauche de la mandibule d’un individu adulte. Deux prémolaires et trois molaires y sont toujours fixées.

Pour en estimer l’âge, des géologues de l’Université d’Etat de Pennsylvanie ont étudié les roches volcaniques qui l’entouraient sur le site. Leurs analyses d’isotopes radioactifs ont permis d’établir un âge d’environ 2,8 millions d’années. «La région de l’Afar, située dans la vallée du grand rift africain, connaît un phénomène d’expansion tectonique, qui a permis à ces roches vieilles de 2,8 millions d’années d’être déposées, puis exposées à l’air libre à travers un processus d’érosion et lors de l’apparition de failles géologiques», explique Erin DiMaggio, géologue à l’Université d’Etat de Pennsylvanie. Le plus vieux fossile attribué au genre Homo connu jusqu’alors, baptisé «AL 666-1», est d’ailleurs issu lui aussi de l’Afar; il date d’il y a environ 2,3 à 2,4 millions d’années.

Se penchant sur les caractéristiques de la mandibule LD 350-1, les anthropologues de l’Université d’Etat d’Arizona ont relevé certaines ressemblances avec celle d’Australopithecus afarensis, l’espèce dont fait partie Lucy: la forme fuyante du menton notamment. Une observation pas forcément étonnante dans la mesure où les spécimens les plus récents de l’australopithèque sont âgés «seulement» de 200 000 ans de plus que la mandibule de LD 350-1. Néanmoins, ce dernier possède aussi des attributs plutôt «modernes», se retrouvant beaucoup plus tard chez les représentants du genre Homo: la proportion globale de la mâchoire, les molaires fines et les prémolaires symétriques.

«Jusqu’alors, la période allant de -3 à -2 millions d’années n’était documentée que par un petit nombre de fossiles. Il s’agit pourtant d’une époque cruciale pour l’évolution humaine, puisqu’elle a vu naître notre propre lignée», s’enthousiasme Brian Villmoare, de l’Université du Nevada, qui a pris part à l’étude. «Ce nouveau fossile, qui possède des caractères propres aux australopithèques et d’autres spécifiques aux premiers Homo, illustre bien la transition entre ces deux groupes, estime de son côté William Kimbel, de l’Université d’Etat d’Arizona, co-auteur de l’étude. Mais le fait que LD 350-1 présente des spécialisations typiques du genre Homo le classe avec certitude dans cette catégorie.» A la question «un morceau de mandibule est-il suffisant pour attribuer à un individu une place dans notre arbre généalogique?», le paléontologue botte en touche: «Un squelette complet ne garantit de toute façon pas l’absence de débat».

Reste à savoir ce qui, autour de -2,8 millions d’années, a déclenché la transition des australopithèques vers le genre Homo, maîtrisant mieux la bipédie et capable d’utiliser des outils de pierre. Une hypothèse couramment avancée est celle d’un changement du climat, qui aurait entraîné une aridification de l’environnement. Celle-ci aurait alors favorisé les espèces moins arboricoles et plus adaptées aux paysages ouverts de la savane. Une théorie qui semble en partie étayée par une autre étude publiée dans Science cette semaine.

Un paysage moins arboré que celui qu’a connu Lucy

Pour tirer l’affaire au clair, des paléontologues des Universités d’Etat d’Arizona et de Pennsylvanie ont étudié les fossiles de mammifères présents sur le site de Ledi-Geraru à la même époque que la mandibule LD 350-1. Ils ont ainsi découvert que la faune de cette période – des antilopes, éléphants, crocodiles et autres hippopotames – correspondait justement à celle d’un milieu ouvert et parcouru de cours d’eau, comme on peut le trouver actuellement dans le Parc national de Seregenti en Tanzanie. Un paysage nettement moins arboré que celui reconstitué en lien avec les restes de l’australopithèque Lucy. Est-ce assez pour étayer la thèse que la transformation du milieu est directement à l’origine de l’émergence du genre Homo? «Il est encore trop tôt pour l’affirmer, tempère Kaye Reed, de l’Université d’Etat d’Arizona. Il nous faut davantage de fossiles, et c’est pourquoi nous continuons nos recherches sur le terrain.»

Outre l’époque et la cause de leur émergence, la séquence précise de d’apparition des premiers Homo et les différents acteurs impliqués continuent aussi à faire débat. «Nous savons qu’il y a 2 millions d’années, trois espèces d’Homo vivaient en Afrique: Homo habilis, Homo rudolfensis, et sans doute des représentants précoces de Homo erectus», indique Fred Spoor, du University College de Londres. Pour clarifier les liens de parenté entre ces différents espèces, l’anthropologue a eu l’idée de reconstruire virtuellement le fossile du premier Homo habilis décrit en 1964, et de le comparer aux restes d’autres représentants du genre Homo.

Ses résultats, publiés dans la revue Nature de manière concomitante aux études de Science, confirme la grande diversité du genre Homo. Surprise: ils suggèrent aussi l’existence d’un ancêtre commun au genre Homo qui aurait vécu il y a plus de 2,3 millions d’années. Est-il possible que ce dernier soit l’hominidé découvert à Ledi-Geraru? «Grâce à notre reconstitution digitale d’Homo habilis, nous pouvions nous faire une idée de la nature de son ancêtre, mais aucun fossile existant ne lui correspondait jusque-là, dit Fred Spoor. C’est alors que la mandibule de LD 350-1 est arrivée comme « sur demande », offrant effectivement un lien possible entre Autralopithecus afarensis et Homo habilis. C’est vraiment une belle découverte!»

Source : Le Monde du 04/03/2015

vendredi 1 juillet 2005

LD 350-1

LD 350-1 est un fragment de mâchoire fossile attribué au genre Homo et daté de 2,75 à 2,8 millions d'années. Ce reste fossile, considéré au moment de sa description en 2015 comme le plus ancien du genre humain, a été découvert en 2013 sur le site de Ledi-Geraru, dans la région de l'Afar dans le nord-est de l’Éthiopie, par Chalachew Seyoum, étudiant éthiopien à l'Université d'État de l'Arizona (États-Unis).

Description

LD 350-1 est une mandibule partielle, constituée de la partie gauche du corps de celle-ci, comportant cinq dents : une canine, une prémolaire et trois molaires. Ce fragment fossilisé provient d’un individu adulte.

Analyse

Cette mandibule et les dents ont été comparées à différentes espèces d’hominines. Selon les auteurs de sa description, LD 350-1 « combine une morphologie dérivée observée chez les Homo plus tardifs et des traits primitifs vus chez les premiers australopithèques ». En effet, la morphologie de l'os se distingue par une symphyse mandibulaire typique du genre Australopithecus, c'est-à-dire plus prognathe qu'une mandibule du genre Homo, alors que d'autres caractéristiques de LD 350-1 sont visibles sur des mandibules du genre Homo. Le fossile présente des similitudes avec l'espèce Australopithecus africanus vivant à la même période, entre environ 2,8 et 2,3 millions d’années (Ma) ou avec Australopithecus afarensis, dont des restes âgés d’environ 3,2−3,3 Ma ont été retrouvés sur des sites très proches, à Hadar et Dikika. Villmoare et ses collègues interprètent donc la morphologie de LD 350-1 comme une forme transitionnelle entre les deux genres Australopithèque et Homo.

La découverte de ce fragment fossile sur le site de Ledi-Geraru dans des sédiments du Pliocène vieux de 2,8–2,75 Ma, a repoussé de 400 000 ans l'origine jusqu'alors connue du genre Homo. En effet, les plus anciens restes fossiles attribués jusque-là au genre Homo étaient un maxillaire (AL 666-1) retrouvé à Hadar, localité distante d’une trentaine de kilomètres de Ledi-Geraru, et daté à −2,33 Ma4,2, KNM-BC 1, un os temporal mis au jour à Chemeron au Kenya (−2,4 Ma) ou la mandibule UR 501 (environ -2,3 à −2,5 Ma) provenant du Malawi. La mandibule de Ledi-Geraru a également remis en cause les différentes hypothèses concernant la lignée du genre Homo. Selon Villmoare et ses collègues, l’hypothèse qu'Australopithecus garhi, dont le spécimen-type est BOU-VP 12/130 (−2,5 Ma), soit l'ancêtre des humains demande une augmentation significative de la taille des dents entre -2,8 et −2,5 millions d’années, puis une diminution aussi importante entre -2,5 et −2,3 millions d’années. Par ailleurs, en raison de l’âge de LD 350-1, ces auteurs réfutent l’hypothèse émise par le paléoanthropologue Lee Berger que le genre Homo dérive d'Australopithecus sediba, daté à −1,98 Ma.

L'attribution de LD 350-1 au genre Homo est mise en cause par certains paléoanthropologues, tels John Hawks, Darry de Ruiter et Lee Berger, qui contestent notamment la comparaison des dents avec celles de MH2, un spécimen d'Australopithecus sediba.

Source : Wikipedia