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vendredi 19 mars 2021

Dans la grotte de Tautavel, les paléontologues tombent sur un os rare

Vieux de 450 000 ans, un fragment de 6 centimètres, mis au jour dans la caune préhistorique des Pyrénées-Orientales, a été identifié par les archéologues comme un bout de péroné humain. Un indice supplémentaire pour dessiner le portrait-robot de l’homme de Tautavel.

Tautavel, aux confins du massif des Corbières, ravive pour beaucoup le souvenir des cours de sciences et vie de la terre. Le village, au nord-ouest de Perpignan (Pyrénées-Orientales) abrite un site préhistorique d’une importance majeure en Europe en raison des nombreuses découvertes paléoanthropologiques qui y ont été faites. Et ce, sans discontinuer depuis les fouilles concluantes de l’équipe d’Henry de Lumley dans les années 60 et 70.

Longtemps, les fossiles dudit homme de Tautavel (des dents, des crânes quasi complets, outils en pierre taillée, etc.), d’un âge canonique de 450 000 ans, ont ainsi été considérés comme les plus anciens du continent. C’était avant d’être détrônés, vingt-cinq ans plus tard, par les restes d’Homo antecessor (environ 800 000 ans) de Sima de los Huesos, dans la sierra d’Atapuerca, en Espagne. Mais la caune de l’Arago – c’est le nom de la cavité de Tautavel – fait toujours et régulièrement parler d’elle pour ses recherches archéologiques.

En 2015, par exemple, les scientifiques y ont exhumé une incisive inférieure humaine de 560 000 ans lors des fouilles estivales annuelles. Aujourd’hui, c’est un autre fragment qui est mis en lumière. Mercredi, le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel (CERPT) a en effet annoncé l’identification, dans les réserves archéologiques du musée du site, d’un nouvel os ayant appartenu à un individu du genre Homo. Un micro-bout de fibula (ou péroné), l’os de la partie inférieure de la jambe articulé avec le tibia.

A quoi ressemble ce nouveau fossile humain, le 152e mis au jour à la caune de l’Arago, il y a une vingtaine d’années, à environ 7 ou 8 mètres de profondeur ? Déjà, «Arago 152» mesure 5 à 6 centimètres, présente des dentelures à son extrémité et, après comparaison, est identique aux six autres fragments de péronés découverts sur le site ces cinquante dernières années.

«Reconstituer le puzzle»

«C’est une pièce osseuse assez rare. Il n’en existe que trois en Afrique, même pas en Asie pour d’aussi vieux fossiles humains, commente auprès de Libération le géorarchéologue du musée de l’Homme, Christian Perrenoud, directeur des fouilles de Tautavel depuis 2016. Mais on est sûr que c’est de l’homme. Il nous manque un petit morceau pour le raccorder à un autre élément humain trouvé sur le même mètre carré, “Arago 104”, un fragment de péroné gauche ayant probablement appartenu au même individu.»

Les scientifiques le datent indirectement à partir de la datation de restes d’animaux sur la même couche stratigraphique. Néanmoins, il leur a fallu réexaminer de près ce fossile pour déterminer son origine, en l’occurrence humaine, compte tenu de la diversité et du très grand nombre de restes de faune (chevaux, mouflons, cerfs, etc.) préhistorique exhumés dans la cavité.

«Notre paléontologue Agnès Testu s’est tout de suite aperçue qu’il ne s’agissait ni d’un os d’herbivore ni d’un os de carnivore, et notre paléoanthropologue Tony Chevalier, en comparant son anatomie avec d’autres restes, a été catégorique, même si c’est plus difficile de rattacher un os à une espèce sans surface articulaire, poursuit Christian Perrenoud. Mais il en faut plus pour reconstituer le puzzle et avoir des informations sur la mobilité de ces hommes.»

1,65 mètre, trapu et la mâchoire fuyante

Car l’identité, disons le portrait-robot, de l’homme de Tautavel est encore très fragmentaire. «C’était un homme assez trapu, pas très grand d’après l’étude des péronés, 1,65 mètre environ, mais costaud, très large de bassin. Il avait le front et la mâchoire fuyantes, pas de menton et un grand bourrelet au-dessus des yeux. Sa capacité crânienne était faible mais rentre dans la variabilité actuelle pour le genre Homo», décrit le géoarchéologue. En l’absence d’ADN fossile, impossible, enfin, de le rattacher catégoriquement à une espèce à part entière, bien que les restes de Tautavel aient longtemps été attribués à Homo heidelbergensis, du nom de fossiles découverts dans une carrière de Mauer, en 1907, dans le Bade-Wurtemberg (Allemagne).

D’ailleurs, les classifications ont été bouleversées et complexifiées ces vingt dernières années, au fil des découvertes. «Des cinq mandibules de la caune, aucune n’est proche de la morphologie de celle d’Homo heidelbergensis, conclut Christian Perrenoud. [La paléoanthropologue] Marie-Antoinette de Lumley parle d’un Homo erectus évolué. On peut dire que c’est du prénéandertalien. Mais est-ce qu’il s’agit d’un ancêtre des Néandertaliens, c’est un autre débat…» La grotte de Tautavel, elle, a semble-t-il encore de nombreux secrets à livrer.

Source : Libération du 18/03/2021

jeudi 12 septembre 2019

Un très vieux crâne découvert en Grèce appartiendrait à Homo sapiens

Des chercheurs affirment qu’un crâne découvert dans la grotte d’Apidima, en Grèce, est celui d’un Homo sapiens mort il y a quelque 210 000 ans. Mais ce résultat soulève bien des doutes.

À la fin des années 1970, Théodore Pitsios, médecin et amateur de préhistoire, découvrait deux crânes humains fossiles dans la grotte d’Apidima, en Laconie (Péloponnèse). Deux groupes de chercheurs viennent d’en publier de nouvelles analyses, qui sont contradictoires.

Selon la première équipe, celle de Marie-Antoinette de Lumley, directrice de recherche émérite au CNRS, les deux crânes sont ceux de pré-Néandertaliens de même âge, (puisqu’ils ont été trouvés ensemble) : 160 000 ans environ. Dirigée par Katerina Harvati, de l’université de Tübingen, la deuxième équipe a fait sensation : si, comme la première, elle attribue le crâne noté Apidima 2 à un pré-Néandertalien mort il y a quelque 170 000 ans, elle voit dans le crâne Apidima 1 un Homo sapiens archaïque, qui aurait vécu il y a quelque 210 000 ans. Or aucun fossile sapiens de plus de 43 000 ans n’avait jamais été trouvé jusqu’à présent en Europe !

Reste que l’étude d’Apidima 1 est plus que délicate, car le fossile se limite à une demi-calotte crânienne postérieure gauche. L’équipe de Katerina Harvati conclut qu’il est sapiens sur la base d’une analyse morphométrique, c’est-à-dire d’une comparaison statistique des détails géométriques de deux zones de la surface d’Apidima 1 avec ceux des mêmes zones sur les calottes d’autres formes humaines (Homo sapiens anciens, Néandertaliens, humains des Paléolithiques moyens africain et européen). Il en ressort que les détails observés sur Apidima 1 sont plus proches de ceux des calottes des H. sapiens anciens que de ceux des calottes de toutes les autres formes humaines considérées. D’où la proposition de ces chercheurs : Apidima 1 est un H. sapiens archaïque.

Cette conclusion soulève de nombreux doutes chez les préhistoriens. L’un s’étonne par exemple qu’aucune comparaison n’ait été entreprise avec des crânes prénéandertaliens européens de même époque, par exemple avec ceux vieux de 200 000 ans de la grotte de la Chaise, en Charente (abri Suard). Pour sa part, Silvana Condemi, du CNRS, ne croit pas que l’absence sur Apidima 1 d’un « chignon néandertalien » (une petite bosse nucale), soulignée par l’équipe de Katerina Harvati, soit significative : on ne le connaît en effet que sur des Néandertaliens plus tardifs. En revanche, elle note sur les scans d’Apidima 1 présentés par les chercheurs que « les insertions des muscles sur la nuque ressemblent à celles des Néandertaliens ; et que la largeur maximale du crâne est en position basse comme chez tous les Néandertaliens » ; pour elle, il est clair que ce morceau de calotte ne suffira pas à établir un diagnostic précis d’espèce, et il lui semble plutôt prénéandertalien.

Les datations d’Apidima 1 et 2 sont aussi problématiques. Pour commencer, les fossiles ont été trouvés à quelques centimètres l’un de l’autre au sein du remplissage détritique d’une fente soudé par une matrice minérale fine, donc en l’absence de contexte stratigraphique aidant à dater. Dès lors, l’estimation de leurs âges ne pouvait que reposer sur une méthode physique : la datation par l’uranium-thorium. Or l’application de cette technique s’est révélée difficile : les chercheurs ont écarté 19 des 25 points de mesure choisis, parce que trop douteux (en raison d’une vraisemblable migration d’uranium entre la matrice et le fossile) ; et les autres font varier l’âge minimal du fossile entre 50 000 et 350 000 ans. En fin de compte, l’âge de 210 000 ans attribué à Apidima 1 est une moyenne entre des résultats hautement variables…

Par ailleurs, le statut problématique d’Apidima 1 n’est pas étonnant si l’on considère le cas d’un autre fossile grec : le crâne de Petralona. Depuis sa découverte, l’âge de ce fossile est controversé : le consensus est qu’il daterait de 200 000 à 400 000 ans. Or, a fait remarquer dans sa thèse le paléoanthropologue Gaspard Guipert, de l’université de Lyon, le crâne de Petralona est morphologiquement très proche de celui de Kabwe, en Zambie, vieux de 150 000 à 300 000 ans, et de celui de Bodo, en Éthiopie, âgé de 500 000 à 600 000 ans. Une constatation qui illustre les limites de l’analyse morphologique en l’absence, sur un fossile, de traits diagnostiques de l’espèce : que dit cette méthode en effet quand elle conduit à rapprocher des fossiles aussi dispersés dans le temps et dans l’espace que ceux de Kabwe et de Bodo ? Et que dit-elle dans le cas d’une demi-calotte postérieure gauche, difficile à dater, péniblement tirée d’une gangue minérale, qui s’est sans doute mélangée avec elle et l’a déformée, et tout cela compte tenu de la variabilité existant toujours au sein d’une espèce ?

Source : Pour la Science du 11/09/2019

vendredi 12 juillet 2019

Homo Sapiens est arrivé en Europe quatre fois plus tôt qu'on ne le pensait

Un crane d'Homo sapiens qui daterait de 210.000 ans a été retrouvé en Grèce. Mais cette lignée n'a pas réussi à survivre, peut-être à cause de l'homme de Néandertal.

SCIENCE - Dans la vulgate archéologique, on dit souvent qu’Homo Sapiens, notre espèce, a remplacé un peu partout l’homme de Néandertal. Et si avant cela, l’inverse s’était produit? C’est l’une des interprétations possibles d’une étude publiée ce mercredi 10 juillet dans Nature.

Une équipe internationale de paléontologues affirme avoir trouvé un morceau de crâne d’un Homo Sapiens, dans la grotte d’Apidima en Grèce, datant de 210.000 ans. C’est la plus ancienne preuve d’une présence en Europe de notre espère. C’est même quatre fois plus ancien que ce que l’on pensait (environ 48.000 ans).

Évidemment, comme tous les travaux d’archéologie, cette découverte est sujette à débat et demandera confirmation, mais l’équipe est plutôt sûre de ses résultats. Si la date et l’appartenance à notre espèce de ce fossile sont confirmées, cela changera radicalement notre connaissance de cette période.

Deux fossiles très différents

La grotte d’Apidima a été découverte dans les années 70. On avait alors excavé deux crânes, baptisés Apidima 1 et 2. Mais ils ont été peu étudiés. Les auteurs de l’étude se sont intéressés à nouveau à ces fragments. Ils ont reconstitué en 3D le reste du crâne pour caractériser l’espèce et ont utilisé une méthode de datation à l’uranium pour découvrir à quand remonte l’existence de ces hominidés.

Le résultat: Apidima 2 est un homme de Néandertal qui a vécu en Grèce il y a 170.000 ans et Apidima 1 un Homo sapiens qui a foulé le sol il y a approximativement 210.000 ans. Il n’est pas si illogique que deux crânes différents soient retrouvés côte à côte: la forme même de ces grottes et les processus sédimentaires peuvent ainsi faire s’accumuler des restes humains et animaux. “Tous nos résultats pointent vers la même conclusion”, a affirmé dans une conférence de presse Katerina Harvati, coautrice de l’étude.

Dispersion et extinction anticipée pour l’Homo sapiens européen

Cela voudrait donc dire que des Homo sapiens ont cohabité avec l’homme de Néandertal en Europe, avant de finalement s’éteindre. En effet, “nous savons, grâce à des preuves génétiques, que l’humanité actuelle est issue d’une dispersion massive hors d’Afrique qui a eu lieu il y a environ 40.000 ans”, précise Katerina Harvati.

Cela veut dire que le fossile découvert dans la grotte d’Apidima n’a aucun lien de descendance avec l’homme moderne. Cela pose plusieurs questions, pour l’autrice de l’étude: “Qu’est-ce qui a permis cette dispersion anticipée, une avancée technologique, de langage? Et pourquoi se sont-ils éteints?”

Une possibilité, c’est qu’ils n’aient pas été adaptés au climat de l’époque. Ou encore que l’homme de Néandertal ait pris le dessus. Voire que les deux espèces se sont mélangées avant de s’éteindre, des dizaines de milliers d’années plus tard, avec l’arrivée de l’ancêtre de l’homme moderne.

Car ici aussi, il faut rappeler qu’il y a plusieurs différences entre Homo Sapiens et l’homme moderne, même si nous sommes de la même espèce, comme nous le précisions lors de la découverte des plus vieux Homo sapiens au Maroc, en 2017.

L’évolution des premières formes d’Homo sapiens vers celle que nous connaissons aujourd’hui a été graduelle, avec des mutations qui ont notamment affecté le développement du cerveau. Cela, c’est ce qu’affirment déjà les récents travaux de paléogénétique publiés ces dernières années. Selon ces analyses, l’homme moderne n’a pas émergé d’un coup, il y a 200.000 ans en Afrique de l’Est. L’éloignement avec les autres espèces cousines de l’homme aurait commencé il y a plus de 500.000 ans.

Faisceaux d’indices

Cette étude sera certainement critiquée. D’ailleurs, les auteurs notent à la fin de leur article que, quelques mois avant la publication, une étude de Marie-Antoinette de Lumley, célèbre paléontologue française, affirme que ces crânes étaient ceux d’hominidés situés entre Erectus et Néandertal. Pour les auteurs de l’étude, leurs multiples analyses sont plus complètes et ne vont pas du tout dans ce sens.

Mais, quels que soient les critiques, le fait est que des faisceaux d’indices s’accumulent depuis des années du côté de la théorie de plusieurs dispersions hors d’Afrique avant celle que nous connaissons bien.

En avril 2018, un doigt découvert en Arabie Saoudite datant de 85.000 ans montrait qu’Homo sapiens avait quitté l’Afrique et le Levant (la côte méditerranéenne du Proche-Orient) plus tôt qu’on ne le pensait. Quelques mois plus tôt, un fossile d’Homo sapiens vieux de 194.000 ans a été découvert en Israël, dans la grotte de Mislya.

Il faudra tout de même d’autres découvertes ou de nouvelles analyses pour mieux comprendre l’histoire de notre espèce. Justement, une technique récente, la paléoprotéomique, permet dans certaines conditions d’analyse un ADN ancien, chose que l’on pensait impossible il y a encore quelques années.

Les auteurs de l’étude affirment qu’une telle analyse d’Apidima 1 va avoir lieu, de même que de nouvelles fouilles dans cette grotte. La quête de notre préhistoire ne fait que commencer.

Source : Huffington Post du 11/07/2019

vendredi 31 juillet 2015

Une dent humaine de 560 000 ans découverte à Tautavel

De jeunes archéologues bénévoles français ont découvert la semaine dernière à Tautavel, dans le sud-est de la France, une dent d'un individu adulte qui vivait il y a 560 000 ans, ce qui constitue une «découverte majeure», selon les chercheurs sur place.

L'incisive, dont on ne sait si elle appartenait à un homme ou une femme, date de 560 000 ans environ, soit 100 000 ans environ avant le célèbre Homme de Tautavel, âgé de 450 000 ans et retrouvé sur le même site, a expliqué mardi à l'AFP la paléoanthropologue Amélie Viallet.

«C'est une découverte majeure parce qu'on a très peu de fossiles humains à cette période-là en Europe», a-t-elle souligné, hormis la mandibule de Mauer, découverte en 1907 en Allemagne et datée autour de 600 000 ans.

«On avait déjà trouvé l'an dernier, en juin, une dent dans ce même carré qui date de 560 000 ans», rappelle Tony Chevalier, autre paléoanthropologue au Centre de recherches de Tautavel.

Mais cette découverte, qui était alors passée inaperçue, n'enlève rien à la trouvaille de la semaine dernière, et vient au contraire la conforter. «Cela pourrait être les dents d'un même individu adulte», selon la paléoanthropologue Marie-Antoinette de Lumley. «C'est prometteur, on attend la mandibule», espère Christian Perrenoud, le responsable des fouilles.

Le site de Tautavel, un village proche de Perpignan, est l'un des plus importants gisements préhistoriques du monde.

Sur ce site - fouillé depuis 50 ans par des milliers de bénévoles du monde entier -, plus de 140 restes de squelette de «l'homme de Tautavel», un pré-néandertalien vivant il y a 450 000 ans, avaient déjà été découverts.

Jeudi après-midi, la dent humaine a été découverte par deux jeunes bénévoles français, Camille, 16 ans, et Valentin, âgé d'une vingtaine d'années, qui travaillent au pinceau sur un carré de fouilles, a relaté Mme Viallet.

Cette dent et celle découverte l'an dernier sont «des éléments extrêmement importants, car on se rapproche de l'origine de l'espèce», a déclaré à l'AFP Tony Chevalier. Elles vont «contribuer à éclaircir un peu le débat» qui fait actuellement rage sur l'Homo Heidelbergensis, l'ancêtre de l'Homme de Néandertal, explique-t-il.

«L'Homo Heidelbergensis est-il simplement européen ou également africain? C'est un débat très important», ajoute-t-il.

La dent retrouvée la semaine dernière, qui date de 560.000 ans, «rappelle ce qu'on a déjà sur l'espèce et qui date de 450 000 ans». «Donc, on peut dire que cette espèce se prolonge dans le temps. Si on trouve une mandibule entière, on pourra dire s'il y a eu une évolution ou non», explique-t-il.

«À Tautavel, on a une présence humaine qui va probablement jusqu'à 690 000 ans, ce qui dépasse l'origine de l'espèce», l'Homo Heidelbergensis remontant entre 600 et 650 000 ans, selon M. Chevalier.

«Pour être franc, je suis très curieux de savoir ce qu'ils entendent par ''découverte majeure''. Cela mérite une explication», confie pour sa part à l'AFP Matthew Skinner, paléoanthropologue à l'Université du Kent (Grande-Bretagne).

«Si c'est simplement parce qu'il n'y a que très peu de fossiles humains de cette période en Europe, c'est vrai, mais je ne dirais pas que retrouver une seule dent constitue une découverte majeure, malheureusement», ajoute-t-il.

Source : La Presse du 28/07/2015

mardi 24 juin 2014

Préhistoire : le trésor de Tautavel

Objet de fouilles systématiques depuis cinquante ans, la grotte de Tautavel, dans le Roussillon, éclaire plus d’un demi-million d’années d’évolution du genre humain.

Une horde de savants a envahi ce week-end le paisible village de Tautavel­, dans le Roussillon. Quelque 80 paléontologues, parmi les plus éminents de leur discipline, ont afflué de toute la planète à l’invitation des époux Henry et Marie-Antoinette de Lumley pour y débattre, à partir d’aujourd’hui et durant cinq jours, des « hominidés du Pliocène et du Pléistocène inférieur et moyen dans le monde ». Tel est l’intitulé officiel du colloque organisé pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’ouverture du chantier de la Caune de l’Arago, cette grotte escarpée située sur le territoire de la petite commune et qui n’a pas cessé d’être fouillée par les paléontologues depuis 1964. « Ce colloque exceptionnel sera l’occasion de repenser l’arbre généalogique de l’humanité depuis Toumaï à la lumière des plus récentes découvertes », se réjouit d’avance Henry de Lumley, professeur au Muséum d’histoire naturelle et directeur de l’Institut de paléontologie humaine de Paris.En cinq décennies de fouilles systématiques, la Caune de l’Arago, dont les strates de sédiments superposées s’étalent dans le temps de 700.000 ans à 100.000 ans avant le présent, a livré aux spécialistes de la lignée humaine de nombreux trésors. A commencer par le fameux crâne de l’Homme de Tautavel, datant de 450.000 ans et découvert par les époux de Lumley le 22 juillet 1971, sept ans après le début des fouilles. En tout, celles-ci ont permis de mettre au jour 147 restes humains fossiles, mais aussi plus de 60.000 objets tels que des ossements de faune et des outils lithiques, dont de très nombreux bifaces. Le plus beau du lot, surnommé « Durandal », est un véritable couteau de pierre long de 36 centimètres et taillé dans de la cornéenne (une variété de schiste argenté), à la symétrie parfaite.

Sens de l’harmonie

Outils caractéristiques de la culture dite « acheuléenne », les premiers bifaces remontent à 1,7 million d’années en Afrique mais seulement 600.000 ans en Europe. Leur apparition marque le moment charnière où l’homme, de charognard qu’il était, devient chasseur. Il cesse de disputer les carcasses aux hyènes géantes et se met à organiser de grandes chasses communes au cours desquelles sont abattues des bêtes aussi puissantes que le bison ou (pendant les périodes froides) le renne. « C’est parce que l’homme est devenu chasseur qu’il s’est mis à fabriquer des bifaces, note Henry de Lumley. Les grossiers “choppers” utilisés jusque-là étaient tout juste bons à désarticuler les carcasses, et les petits éclats de silex à racler les lambeaux de viande attachés à l’os. Le biface, lui, permet de tuer, dépecer et mettre en quartiers les animaux. » Un changement de mode de vie qui va donner un formidable coup d’accélérateur à l’évolution anatomique de l’homme. « L’accès aux entrailles et aux viscères de leurs proies, rendu possible par le biface, fournit aux hommes un apport accru de vitamines qui va se traduire par une ossature plus robuste », précise Marie-Antoinette de Lumley, médecin de formation.Mais surtout, par la belle couleur de leur pierre, et plus encore par la double symétrie à la fois bifaciale et bilatérale qui les caractérise, ces outils témoignent du sens de l’harmonie et du souci esthétique qui étaient déjà ceux des hommes il y a 600.000 ans. Il est vrai que, si l’on sort de la Caune de l’Arago pour s’aventurer sur d’autres sites, en Afrique par exemple, on trouve des témoignages encore plus anciens d’un tel ordre de préoccupations. Ainsi de ces « bolas », des boules de pierre parfaitement rondes, datant pour certaines de 2 millions d’années. « Ce sont les plus anciens symboles connus que se soit donnés l’humanité, explique Henry de Lumley. On ignore à quoi ils correspondaient. Ce qui est sûr, c’est que le façonnage de sphères aussi parfaites dans des roches aussi dures que le quartzite devait nécessiter des centaines d’heures de travail », souligne Henry de Lumley. Autre étape majeure dans la marche de l’humanité : la domestication du feu. Là encore, ce moment crucial de notre lointain passé se lit dans la Caune de l’Arago comme dans un livre. « Dans les couches de sédiments plus anciennes que 400.000 ans, on ne voit nulle trace de foyers, tandis qu’elles sont présentes dans les couches supérieures », poursuit Henry de Lumley. Cette date coïncide d’ailleurs avec celle du campement de chasseurs de Terra Amata que ce même paléontologue a mis au jour en 1966 à Nice et qui présentait des traces de foyers.

Hominisation sociale et culturelle

La domestication du feu va entraîner son lot de bouleversements. Le recul des para­sitoses que les hommes contractaient en mangeant de la viande crue fait progresser l’espérance de vie : avant 400.000 ans, il était rare qu’un être humain dépasse l’âge de 25-30 ans ; après, on voit apparaître de plus en plus de fossiles de « vieillards » de 40, voire 50 ans ! Mais la maîtrise du feu, comme le biface qui l’a précédée, se traduit aussi en termes morphologiques. « Le puissant appareil masticateur nécessaire à ceux qui ne consom­maient que de la viande crue va peu à peu s’alléger, les dents devenir moins robustes, et la forme du crâne s’en trouver modifiée », relève Marie-Antoinette de Lumley. Dernière conséquence, mais non la moindre : le feu va constituer un formidable facteur d’hominisation – sur le plan social et culturel – de l’homme. C’est autour des foyers que s’affermissent les liens familiaux, que s’élaborent les premiers mythes, que se constituent les premières identités culturelles. Des mythes à la religion, il n’y a qu’un pas. L’Homme de Tautavel n’enterrait pas ses morts : il faudra attendre pour cela son successeur plus évolué (car doté d’une capacité crânienne supérieure, comparable à celle de l’homme moderne), Néandertal. Mais on a retrouvé à la sierra d’Atapuerca, en Espagne, un aven (gouffre naturel) dans lequel furent précipités une trentaine de défunts datant de 300.000 ans. Un beau biface avait été même jeté parmi les morts – c’est la plus ancienne offrande funéraire connue.Et notre Homme de Tautavel d’il y a 450.000 ans ? L’étude de ses restes a permis aux époux de Lumley de prouver qu’il avait fait l’objet de cannibalisme rituel, dans lequel n’étaient dévorées que certaines parties bien précises du cadavre, comme la cervelle. « Le cannibalisme rituel, qui a succédé au cannibalisme alimentaire, visait à s’approprier les forces physiques et psychiques du défunt », précise Henry de Lumley. Ce qui, à défaut de la croyance en un au-delà, témoigne déjà d’« un début de questionnement d’ordre non strictement matériel ou utilitaire ».

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0203583593141-prehistoire-le-tresor-de-tautavel-1015506.php?vTojQ3QUugsHSti7.99

Source : Les Echos du 20/06/2014

lundi 21 avril 2014

Au Centre européen de la Préhistoire, Interview d'Henry de Lumley pour le 50ème anniversaire du site de Tautavel

Qu’est-ce qui vous a amené à venir fouiller à Tautavel en 1964 ?

La Caune de l’Arago, autrefois appelée « Caverne à ossements d’Argou », a été explorée dès 1828 par Marcel de Serres, Professeur de Minéralogie à l’Université de Montpellier, et Joseph Farines, Pharmacien à Perpignan. Ils y avaient découvert des ossements de faunes disparues, appelées alors antédiluviennes, associées à de gros galets.

La Préhistoire en étant à ses débuts, la Caune de l’Arago fut alors oubliée jusqu’à ce que des amateurs dans les années 1950, y récoltent en surface quelques outils lithiques.

C’est au mois de mars 1964, dans le cadre d’une étude systématique des sites paléolithiques au Sud-Est de la France, qu’alors jeune chercheur au CNRS, je vins visiter la grotte. J’ai constaté que cette caverne contenait un important dépôt de sédiments quaternaires et que le sol était jonché d’ossements fossiles et d’outils lithiques archaïques mis au jour par l’érosion. J'ai décidé alors d’y ouvrir un grand chantier de fouilles, celui-ci débuta le 1er avril 1964, il y a aujourd’hui 50 ans.

Quelles sont les principales découvertes faites à Tautavel depuis 50 ans ?

Au cours des 50 années de fouilles, conduites sous ma direction avec le concours des chercheurs , venus de nombreux pays, plus de 600 000 pièces archéologiques ont été mises au jour : des ossements de grandes faunes quaternaires, des outils lithiques paléolithiques et 147 restes humains fossiles.

Les 147 restes humains fossiles d’Homo erectus européens découverts sont parmi les plus anciens restes d’hommes fossiles mis au jour en Eurasie, et de loin les plus anciens français. Avec le crâne de l’Homme de Tautavel, découvert en 1971, nous disposons de la seule face complète, d’un Homo erectus européen, plus ancien que 400 000 ans.

Le bilan des recherches multidisciplinaires consacrées à la Caune de l’Arago, placées au Carrefour des sciences de la terre, des sciences de la vie et des sciences de l’Homme, permet de suivre l’évolution de l’Homme pendant 600 000 années: l’histoire de son comportement, de son mode de vie, et son environnement.

Il met en évidence que l’Homme s’est toujours parfaitement adapté à son milieu naturel.

Au bout de 50 ans, avez-vous fait le tour de ce qui peut être appris sur les « Hommes de Tautavel » ?

Seule une partie infime du site a été fouillée jusqu’à présent. Des prospections ont mises en évidence, que cette caverne comprend plusieurs galeries qui sont entièrement comblées.

Dans la zone située à l’entrée de la caverne, qui seule a fait l’objet de fouilles, ce sont les dépôts dont l’âge est compris entre 100 000 et 600 000 ans qui ont été explorés. Nous ne connaissons rien encore sur les plus anciens habitants de la caverne, qui ont occupé le site entre 600 000 et 700 000 ans dont les dépôts sédimentaires n’ont été reconnus que par carottage.

La poursuite des fouilles devrait permettre de découvrir d’autres restes humains plus anciens que ceux connus actuellement et de mieux connaitre leur évolution.

Après avoir passé tant d’années à étudier le passé, comment voyez-vous l’avenir de l’homme, est-ce que la préhistoire donne des clefs pour appréhender le présent et peut être l’avenir ?

Les études préhistoriques mettent bien en évidence que l’Homme fait partie intégrante du milieu naturel et qu’il a su toujours s’adapter parfaitement à son milieu naturel malgré les changements incessants des environnements, des climats et des variations de biodiversité.

Il doit prendre en compte qu’il ne pourra jamais s’affranchir de son milieu naturel dans lequel il est intégré, qu’il ne pourra jamais couper les liens qui le rattachent à son environnement et qu’il doit impérativement mettre en place une éthique planétaire capable de protéger son environnement, et d’assurer son avenir.

Quels sont les éléments phare de la célébration du 50ème anniversaire de fouilles de Tautavel ?

Les évènements destinés au grand public:


Conférence d'Hubert REEVES, samedi 26 avril 15H.

« L'Homme au sein de l'Histoire de l'Univers et de la vie ». L’astrophysicien franco-canadien mondialement connu va tenter de répondre, aux grandes questions que l’on peut se poser sur l’univers. Il va notamment décortiquer les grandes découvertes d’hier et d’aujourd’hui.

Présentation de l’ouvrage : « Mémoires de préhistoriens. L’extraordinaire aventure de la Préhistoire. Les Hommes, les outils, les cultures », par Henry et Marie-Antoinette de Lumley, Éditions Odile Jacob.
Exposition de photographies, "450000 ans à Tautavel", 21 juin au 14 août.

Du 21 juin au 14 août, dans l'espace Moretti du Palais des Congrès de Tautavel, présentation d'une exposition de photographies artistiques de Claire ARTEMYZ inspirées par la préhistoire à Tautavel.

L'été à Tautavel, la Préhistoire en Fêtes.

Tout au long de l’été le village autour du musée vit au rythme de la préhistoire. Tous les après-midis, des animations préhistoriques sont proposées aux visiteurs sans supplément de prix.

50ème anniversaire des fouilles, les archéologues du centre de recherches proposent les 23èmes «Conférences de Tautavel» du 21 au 26 juillet, « Les Grands sujets de notre Temps ». Tous les soirs à 21 H en plein air au "Théâtre du millénaire", des scientifiques reconnus mondialement viennent partager leur savoir auprès du public. Gratuit.

L’apothéose du 22 au 23 juillet, "Fêtes de l'Homme de Tautavel", et du 5 au 6 août avec les 23èmes Fêtes de la Préhistoire, les visiteurs peuvent s’initier à différentes techniques préhistoriques (faire du feu, tailler des outils en pierre, faire de la musique, découvrir la cuisine préhistorique…), découvrir des stands scientifiques, des exposants,… Une journée en famille inoubliable !
Si vous le souhaitez obtenir des informations complémentaires sur les événements qui sont organisées dans le cadre de la célébration du cinquantième anniversaire de l’ouverture du grand chantier de fouilles préhistoriques de la Caune de l’Arago vous pouvez prendre contact : Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel, avec Monsieur David ANGELATS - tél : 04 68 38 31 10 et 04 68 29 07 76

Source : Newspress du 16/04/2014

mercredi 31 juillet 2013

Grotte de Tautavel : découverte de nouveaux trésors laissés par nos ancêtres cannibales

9 nouveaux ossements ont été découverts en quelques semaines dans cette grotte des Pyrénées-Orientales.

TRÉSORS. Sept dents isolées, une partie de mandibule, un sacrum et un fémur complet: en l'espace de quelques semaines, la grotte de Tautavel dans les Pyrénées-Orientales a encore livré de précieux trésors archéologiques, synonyme d'un cru 2013 exceptionnel pour les paléontologues.

Ces récentes découvertes portent désormais à 141 le nombre de restes humains découverts dans cette grotte creusée à flanc de montagne, depuis les premiers grattements de spatules des paléontologues Henry et Marie-Antoinette de Lumley en 1964.

"C'est une année extraordinaire. On n'en avait jamais trouvé autant en si peu de temps", s'émerveille le préhistorien, âgé aujourd'hui de 78 ans.

"CAUNE DE L'ARAGO". La richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700.000 à -100.000 ans.

En près de 50 ans de fouilles, quelque 360.000 objets ont été exhumés, des outils, fragments d'os humains ou d'animaux. Parmi les plus belles pépites de la grotte, appelée Caune de l'Arago, figure la face d'un crâne vieux de 450.000 ans immortalisé dans les manuels scolaires sous le nom de l'Homme de Tautavel.

Ce 21e fossile humain sorti de cette mine de vestiges en 1971, également nommé Arago XXI, a permis de donner pour la première fois un visage aux plus lointains de nos ancêtres.

Cannibalisme rituel

Bien avant l'homme de Néandertal (135.000 ans), puis notre ancêtre direct Cro-Magnon (35.000 ans), l'Homme de Tautavel ne maîtrisait pas encore le feu mais il taillait ses outils dans la pierre et chassait de grands mammifères dans un périmètre de 30 kilomètres. La grotte lui donnait une vue imprenable sur la vallée, la source d'eau en contrebas et vraisemblablement les animaux qui s'y déplaçaient.

Il pratiquait également un cannibalisme rituel. "Ils ne mangeaient que certaines parties du corps humain car ils avaient de quoi manger. Ils cassaient ensuite les os en morceaux, qu'ils laissaient ici. La caune de l'Arago, c'était en quelque sorte leur table de pique-nique", raconte avec humour la paléo-anthropologue Marie-Antoinette de Lumley.

Pour les chercheurs, la présence d'un fémur quasi entier, sans ses épiphyses (extrémités), au milieu de ce gisement de déchets culinaires, est un butin miraculeux. "Il a fallu attendre 50 ans de recherches pour trouver un os humain qui n'ait pas été fracturé pour en manger la moelle", souligne, encore ébahi, le directeur du chantier de fouilles, Christian Perrenoud.
Galeries non explorées

L'étude de ce nouveau joyau permettra déjà d'en savoir un peu plus sur le sexe, la morphologie et la robustesse de ces individus dévorés par leurs congénères.

Ainsi, l'homo erectus au fémur devait "mesurer près d'1m 70, ce qui est déjà grand pour un homme préhistorique!", révèle Mme de Lumley, directrice de recherche émérite au CNRS.

Encore partiellement en terre, sous un immense échafaudage de planches en bois et de barres métalliques, le précieux fémur sera prochainement photographié, scanné en trois dimensions puis moulé, avant de rejoindre ensuite le coffre-fort du Centre européen de recherche préhistorique.

TRÉSORS. Pour l'heure, l'os préhistorique est jalousement gardé par une armada de fouilleurs bénévoles, principalement des étudiants rattachés à l'université de Perpignan venus d'Europe, du Maghreb et des États-Unis pour racler et épousseter les parcelles encore à déchiffrer.

Et la tâche est encore grande. Aux dires d'Henry de Lumley, le filon n'est pas prêt de s'épuiser. "Nous n'avons fouillé qu'une partie de la grotte et il y a des galeries qui n'ont pas encore été explorées".

Que les futurs fouilleurs se rassurent, "les recherches devraient encore se poursuivre sur plusieurs générations", ajoute le célèbre paléontologue.

Source : Sciences et Avenir du 24/07/2013

vendredi 19 août 2011

Le front d’un homme de 170.000 ans découvert dans la grotte de Lazaret

C’est dans la grotte du Lazaret, à Nice, qu’émerge peu à peu l’os frontal d’un homme de 170.000 ans. Cette découverte préhistorique est majeure sur ce site fouillé patiemment depuis 50 ans, estiment les spécialistes scientifiques.

Aucun squelette complet de l'Homo erectus n’existe aujourd'hui et n’a pu être retrouvé car à son époque, les sépultures n'étaient pas encore d'actualité, explique TV5monde. C’est donc avec une grande fébrilité que les archéologues ont découvert l’os frontal d’un jeune homme de potentiellement moins de 25 ans, mais datant d’il y a 170.000 ans, dans la grotte du Lazaret, à Nice.

Ce chasseur nomade de la Côte d'Azur "avait moins de 25 ans au moment de sa mort car les sutures dentelées de l'os frontal ne sont pas encore soudées", analyse la paléontologue Marie-Antoinette de Lumley. Toutefois, cela ne peut pas être affirmé avec certitude puisqu’à l’heure actuelle encore, 30 % de la population possède toute sa vie un défaut d’ossification de cette suture, dite métopique.

Déjà près de 40.000 découvertes dans la grotte de Lazaret

Selon les archéologues, il s'agit de l'un des tout derniers Homo erectus et il pourrait bien révéler des informations importantes pour comprendre l'évolution vers son successeur, l'homme de Néandertal. "Avec ce front, assez bas et assez plat, vous voyez le sommet du visage", s'émerveille la paléontologue qui souligne surtout "la rareté" de la découverte mise à jour samedi par des étudiants participant aux fouilles estivales.

Pour l'instant, l'os frontal est encore accroché à l'envers sur le sol de la grotte. La précieuse découverte doit sécher quelques jours avant d'être délicatement dégagée pour atteindre sa face antérieure. "Nous dégageons actuellement un sol extraordinaire", précise Henry de Lumley, éminent préhistorien qui dirige les fouilles depuis leur commencement, le 1er septembre 1961. En cinquante ans, 2,40 mètres de terre ont été patiemment grattés et tamisés et 40.000 découvertes ont été étiquetées et analysées scientifiquement sur place.

Source : MaxiSciences du 18/08/2011

vendredi 13 août 2010

La grotte de Tautavel, centre de référence en danger

Lové au fond de sa vallée enserrée entre deux plateaux des Pyrénées-Orientales, le village de Tautavel peut s’enorgueillir d’une occupation humaine quasi-ininterrompue depuis plus de 600 000 ans. Un privilège rare, qui lui vaut d’être un centre mondial de référence pour la préhistoire.


A l’origine de cette célébrité, un homme : Henry de Lumley-Woodyear, directeur de l’Institut de paléontologie humaine de Paris et ancien directeur du Museum national d’histoire naturelle. Avec son épouse Marie-Antoinette, il fouille la Caune de l’Arago depuis 1964, une grotte accrochée à flanc de coteau. Et là, il a découvert le Graal des paléoanthropologues : 128 restes pré-humains - des Homo erectus -, datés de plus d’un demi-million d’années pour les plus anciens découverts en ces lieux.

Henry de Lumley-Woodyear imagine alors un concept qui a fait le tour du monde : un centre de recherches, adossé à un musée vivant. L’an dernier, 120 000 personnes sont venues s’y initier, alors que depuis 1964, plus de 2 000 fouilleurs ont gratté la terre de l’Arago. Des dizaines d’étudiants y ont passé leur thèse, en collaboration avec l’Université de Perpignan Voie Domitienne, et sont devenus professeurs ou directeurs de recherches en Asie, en Afrique ou en Amérique latine.

Le Centre européen de recherches préhistoriques est basé sur un instrument scientifique exceptionnel : le laboratoire de recherches. « Nous avons été les premiers au monde à privilégier l’approche interdisciplinaire, explique Henry de Lumley-Woodyear, avec des paléontologues, des géologues, des palynologues, des paléozoologues… La formation à la recherche et par la recherche passe par le master Préhistoire et paléoenvironnements quaternaires. La diffusion des connaissances est réalisée grâce au musée, ainsi que la formation continue dans la valorisation du patrimoine culturel ».

Le hic vient de l’organisation, sous forme d’une association loi 1901. Chaque année, les crédits de fonctionnement doivent être redemandés et sont souvent versés, même notifiés, en fin d’année. D’où un véritable souci pour la pérennisation de ce superbe outil scientifique et public.

La solution réside dans l’octroi au Centre, le plus rapidement possible, du statut d’Etablissement public de coopération culturelle (EPCC), pour lui donner une structure juridique et financière stable, avec les collectivités telles que la ville de Tautavel, la Communauté de communes du Rivesaltais-Agly, les villes de Prades et Sournia, la future Agglomération Perpignan-Méditerranée, le département des Pyrénées-Orientales et la Région Languedoc-Roussillon.

L’homme de Tautavel fait partie de ces restes mythiques qui, à l’instar du squelette de Lucy ou des traces de pas de Laetoli, nous révèlent l’histoire de nos ancêtres. Une raison évidente de protéger notre patrimoine humain.

Source : Midi Libre du 10/08/2010

mercredi 1 mai 2002

Homo cepranensis (Homme de Ceprano)

L'Homme de Ceprano est le nom donné au crâne fossile Ceprano 1, découvert en 1994 près de Ceprano, dans le Latium, en Italie. Après plusieurs datations provisoires, ce crâne a été finalement daté de 353 000 ans en 2011. Les chercheurs sont partagés sur l'attribution de ce fossile qui ne montrerait pas de caractères néandertaliens. Les dernières études tendraient à le rattacher à l'espèce européenne Homo heidelbergensis.

Découverte

La découverte date du dimanche 13 mars 1994 : l'archéologue Italo Biddittu cherchait assidûment des fossiles lors des prospections de surface effectuées pour le tracé d'une route près de Ceprano. Il découvrit les fragments du crâne, qui avait été éclaté par un bulldozer en une cinquantaine de morceaux. Italo entreprit une exploration de plusieurs semaines pour rassembler ces fragments. Cependant les éléments faciaux restèrent introuvables. Les morceaux étaient inclus dans une couche d'argile, ce qui a conduit Biddittu à surnommer le crâne Argil.

Description

Le fossile était initialement très fragmenté, en plus d'avoir subi une déformation taphonomique conséquente. Ses reconstructions ont ainsi été revues depuis sa découverte jusqu'en 2017 pour la dernière en date. Ses traits identifiables sont relativement archaïques, éloignés de ceux de Néandertal, et ont peu de similitudes avec ses contemporains connus. Tous ces éléments, en plus du bousculement de datation, ont laissé imaginer de nombreuses hypothèses de classement divergentes, allant même jusqu'à créer en 2003 l'espèce Homo cepranensis. Faute de pouvoir le relier clairement à d'autres spécimens proches dans le temps, il participe en tout cas à illustrer la diversité des types morphologiques qui précèdent Néandertal, aux côtés des autres découvertes européennes de cette période.

Datations

Sa première datation, d'environ 800 000 ans, avait d'abord fait de lui le plus vieux fossile européen connu, contribuant à faire naître l'hypothèse d'une colonisation ancienne de l'Europe. Cependant d'autres fossiles plus anciens furent découverts par la suite sur le continent, comme à la Sima del Elefante en 2007, ou encore à Orce en 2013, deux sites espagnols dont les fossiles humains dateraient de plus de 1,2 Ma.

D'autre part, la datation du crâne de Ceprano a subi entre 2009 et 2011 une série de trois corrections qui ont rajeuni le fossile de moitié, pour aboutir à un âge d'environ 353 000 ans. Elles retirent ainsi à Ceprano 1 son rôle de preuve d'un peuplement ancien de l'Europe, tandis qu'elles en font un emblème de la diversité du Pléistocène moyen.

  • En 1996 la publication de la découverte annonce que les morceaux du crâne se trouvent sous une couche volcanique, datée par K-Ar de 700 000 ans, et propose une date d'environ 800 000 ans, confortée par les premières reconstructions du crâne qui le classent en Homo erectus. 
  • En 2009 toutefois les estimations géochronologiques précédentes sont balayées par une nouvelle estimation à environ 450 000 ans, en tout cas cadrée entre 0,58 et 0,35 Ma, d'après des datations au K-Ar de faciès de pollens de la vallée. 
  • En novembre 2010 l'estimation précédente est reprécisée entre 430 et 385 Ka. Enfin en octobre 2011 la datation par 40Ar/39Ar conduit à un âge encore inférieur, d'environ 353 000 ans, à 4 000 ans près.

En 2017, la reconstruction informatique des déformations taphonomiques subies par le fossile montrent que la couche géologique où il a été découvert est bien sa couche d'origine, ce qui confirme les dernières datations basées sur les sédiments.

Reconstitutions et classification

La première reconstruction par l'équipe de Ceprano conduit à un volume crânien de 1 158 cm3. Alors que la datation était encore supposée à environ 800 000 ans, les découvreurs proposent de classer le fossile en Homo erectus tardif sur la base de ses caractéristiques les plus évidentes, et notent aussi des similitudes avec la mandibule 3 de Ternifine au Maroc. Ces premiers travaux sont publiés en 1996.

Cette approche est d'abord réévaluée en 2000 par le sud-africain Ron J. Clarke (université du Witwatersrand). Il conclut également à un classement en Homo erectus mais revoit le volume à 1 067 cm3. Peu après, un dernier avis sur la reconstruction est proposé par Marie-Antoinette de Lumley de l'institut de paléontologie humaine parisien et Francesco Mallegni de l'Université de Pise. Ils notent que deux tiers seulement des caractéristiques d'Homo erectus sont visibles et concluent à un volume crânien de 1 057 cm3.

En 2003 en revanche, sur la base d'une comparaison informatique des caractéristiques du crâne avec celles d'autres représentants connus du genre Homo, l'équipe propose d'en faire une nouvelle espèce. Homo cepranensis serait davantage apparenté à une forme précoce d'Homo rhodesiensis, contribuant peu au peuplement européen, et ayant émigré d'Afrique il y aurait 1 Ma. L'hypothèse n'est pas partagée unanimement mais semble toutefois plausible.

En 2017, une nouvelle reconstruction est effectuée par imagerie 3D. Le plâtre utilisé lors des reconstructions précédentes gêne les modifications nouvelles sur le fossile mais peut être virtuellement retiré sur le modèle, montrant alors des erreurs importantes dans la reconstruction physique antérieure. Cette nouvelle reconstruction virtuelle effectuée, les chercheurs ont ensuite appliqué au modèle 3D un algorithme qui inverse la déformation taphonomique subie par le crâne. Ils parviennent ainsi à retrouver une forme plus naturelle et symétrique, qui devrait permettre de revoir les nombreuses interprétations divergentes basées sur la morphologie complexe du fossile. Selon les auteurs, cette nouvelle visualisation réduit l'intensité des caractères qui faisait de ce crâne un spécimen si particulier, et le rapprocherait alors d'autres fossiles comme ceux de Kabwe et de Petralona.

Source : Wikipedia

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Homo cepranensis (il y a 450 000 ans) : Un seul fossile, un crâne incomplet, représente l'espèce Homo cepranensis. Il porte le nom de Ceprano, en Italie, où le fossile a été découvert lors de la construction d'une route en 1994. Le crâne court, large et épais ne correspondait pas tout à fait aux autres hominidés de l'époque, tels que H. erectus et H. heidelbergensis, les anthropologues lui ont donc donné son propre nom. Mais le fossile italien partageait certaines caractéristiques crâniennes, comme la forme des crêtes sourcilières, avec des hominidés vivant en Afrique il y a quelques centaines de milliers d'années (à peu près au même moment que H.helmei), ce qui a conduit les chercheurs à supposer que H. à ces formes africaines.

Source : Source

lundi 1 mai 2000

Narmada

La découverte en 1982 d'un crâne fossilisé dans la vallée centrale de la Narmada dans le Madhya Pradesh, en Inde, fournit la première preuve scientifiquement enregistrée de restes de squelette humain du sous-continent indien datant de la fin du Pléistocène moyen, il y a 300 000 à 150 000 ans. Le Dr Arun Sonakia du Geological Survey of India a trouvé le fossile exposé à la surface du sol d'un épais sédiment quaternaire d'origine fluviale et noyé dans un conglomérat de gravier fossilifère sur la rive nord de la rivière Narmada. C'est près du village de Hathnora et à environ 40 km au nord-est de la ville de Hoshangabad. Les parties conservées du spécimen sont le côté gauche de la voûte crânienne, la plupart de la base du crâne et la moitié gauche des crêtes sourcilières et de l'orbite. Par conséquent, il s'agit d'une calvaria, pas d'un crâne complet avec un visage complet comprenant les mâchoires supérieure et inférieure. Les dents sont absentes. En 1997, une annonce a été faite de la découverte d'une clavicule droite d'hominidés provenant de gisements du Pléistocène moyen dans la région d'Hathnora lors d'explorations sur le terrain entre 1983 et 1992, un os que le Dr AA Sankhyan de l'Anthropological Survey of India, Calcutta, associe au Narmada Man calvaria et décrit comme ayant appartenu à une femelle de la taille d'un pygmée adulte moderne de corpulence «trapue».

Dans la description de Sonakia, publiée en 1984 dans les Records of the Geological Survey of India, il attribue «Narmada Man» au taxon hominidé Homo erectus narmadensis. Son antiquité est basée sur l'association directe de la calvaria avec des outils en pierre, principalement des haches à main et des couperets, typiques de la tradition technologique préhistorique acheulienne qui était dominante à l'époque du Pléistocène moyen en Inde. Les restes d'animaux fossilisés dans le gisement - bovins, buffles, éléphants - comprennent certaines espèces aujourd'hui éteintes, mais ce sont des «fossiles d'indice» fiables de la fin du Pléistocène moyen. Les méthodes de datation radiométrique ne sont pas réalisables, donc l'âge du spécimen est une estimation de datation relative basée sur ses associations lithiques et fauniques.

En 1988, des réexamens des calvaires avaient été entrepris indépendamment par des anthropologues biologiques du Laboratoire de Paléontologie et Préhistoire Humaines de Marseille en France et du Laboratoire de Biologie Humaine de l'Université Cornell à Ithaque aux États-Unis. L'enquêteur français, le Dr Marie-Antoinette de Lumley, a reconnu que certaines caractéristiques physiques de la calvaria n'étaient généralement pas celles trouvées dans les fossiles d'Homo erectus d'Asie du Sud-Est, de Chine et d'Afrique. Par exemple, la capacité crânienne de ces spécimens du Pléistocène précoce et moyen est en moyenne de 1000 cm3, mais les estimations pour la voûte crânienne de Narmada sont comprises entre 1155 et 1421 cm3, valeurs comprises dans la fourchette des Homo sapiens anatomiquement archaïques. Le Dr de Lumley a baptisé Narmada Man comme un «Homo erectus évolué». Cette étiquette est acceptable pour les anthropologues biologiques qui professent que les humains anatomiquement modernes ont une lignée qui comprend Homo erectus comme espèce ancestrale, les hominidés anatomiquement archaïques du Pléistocène moyen et tardif (appelé Homo heidelbergensis) ayant un statut intermédiaire dans cette progression évolutive.

Outre les débats savants sur cette question, le chercheur américain, le Dr Kenneth AR Kennedy, a élargi les observations de Lumley par un examen approfondi de la calvaria à l'aide de mesures, d'analyses morphologiques et de procédures statistiques qui soutiennent la thèse selon laquelle Narmada Man (en fait un jeune adulte femelle) méritait d'être réaffecté en tant que premier Homo sapiens. Le spécimen a été comparé à des cranes d'autres fossiles d'hominidés du Pléistocène moyen (Bodo, Kabwe, Petralona, Dali, Ngandong, Saldanha, Sambungmachen, et ceux d'autres sites en Afrique, en Asie et en Europe), avec lesquels il a présenté un nombre important des similitudes anatomiques. Les données archéologiques n'excluent pas la possibilité que l'Homo erectus ait habité le sous-continent indien, mais les restes fossiles de cette espèce n'ont pas été retrouvés. L'importance de la calvaria Narmada est qu'elle démontre que la tradition de l'outil acheulien était pratiquée par les premiers sapiens dans une partie du monde située entre les sites fossiles d'hominidés plus riches en Afrique et en Asie du Sud-Est et en Extrême-Orient. C'est le fossile d'hominidé le plus ancien récupéré en Inde au moment de la rédaction de cet article.

Source : Source

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Site : Narmada, India
Age : Environ 300,000 ans
Espèce : Homo erectus

Homme d'Orce

L'Homme d'Orce désigne le fossile VM-0 découvert en 1982 par le paléoanthropologue espagnol Josep Gibert dans le gisement de Venta Micena, à Orce en Espagne. Il s'agit d'un fragment de crâne comprenant essentiellement un pariétal droit, un morceau de pariétal gauche, une partie de la suture sagittale, et une partie d'occipital.

De par sa nature très incomplète, ce fossile a été l'objet d'une controverse qui ne s'est jamais éteinte : elle proposait d'en faire plutôt un fragment de crâne d'un jeune équidé, non d'un humain. Le découvreur Josep Gibert consacra le restant de ses jours à infirmer cette théorie.

Découverte

Le fossile fut trouvé en 1982 et la découverte publiée en 1983.

Mais le nettoyage du crâne qui s'ensuivit en 1984 révéla une étrange petite crête au sommet du crâne.

Deux décennies de controverse

Josep Gibert fut invité en France par Henry et Marie-Antoinette de Lumley, célèbres paléoanthropologues français, pour étudier le crâne plus en détail. Marie-Antoinette de Lumley déclara qu'il pouvait s'agir d'un crâne d'un jeune âne au vu de ce type de crête commun aux équidés. Le groupe de la découverte se scinda entre les deux collègues qui acceptèrent l'idée, et Josep Gibert qui la refusa. Le 12 mai 1984, El País publia un article qui détaillait ces interprétations radicalement opposées.

La confusion créée fut immense, et dans les quatre jours suivants le quotidien enchaîna onze autres articles, avec interviews de scientifiques et caricatures obligées. La situation fit naître un complexe évident, entre les scientifiques espagnols qui ne distingueraient pas un âne d'un homme et le prestigieux couple de scientifiques français mondialement célèbres et incontestables, qualifiés d'« empereurs » de la paléoanthropologie, et un peu plus tard de « colonialistes scientifiques ». Au printemps 1986, Gibert se vit refuser le permis de fouille par la région autonome d'Andalousie.

Les différents congrès scientifiques qui eurent lieu entre-temps, où Gibert ou Lumley évoquaient le crâne, ne permirent pas le débat. Gibert travailla alors à écrire un livre, publié en 2004, ainsi que 138 articles, dont 27 publiés dans des revues scientifiques, pour défendre son point de vue. Gibert fut ensuite progressivement admis sur d'autres sites. En 2006 on découvrit un crâne d'une enfant de l'époque romaine, avec la même crête sur le crâne. La presse y vit enfin la preuve qu'il avait raison. Mais Gibert mourut en octobre 2007, et ses restes dispersés sur le gisement de Venta Micena.

Depuis, la dent de l'enfant d'Orce a confirmé la présence de fossiles humains de la même époque dans les gisements d'Orce.

Source : Wikipedia

mercredi 1 juillet 1998

Homme de Tautavel

L'Homme de Tautavel est le nom donné à un ensemble de fossiles du genre Homo, trouvés dans la Caune de l'Arago, sur la commune de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales (France). Les fossiles humains découverts sont datés sur une période allant de 570 000 à 400 000 ans avant le présent, et sont généralement attribués à l'espèce Homo heidelbergensis. La première dent fut mise au jour en 1965, et le fossile Arago 21 en 1971, par l'équipe d'Henry et Marie-Antoinette de Lumley. Les campagnes annuelles de fouilles continuent de livrer de nouveaux vestiges fossiles. L'industrie lithique associée à l'Homme de Tautavel est de type acheuléen.

Interprétation phylogénique

Les restes découverts ont fait l'objet d'interprétations taxonomiques qui ont évolué au fil du temps :
Pour l'équipe des inventeurs, l'Homme de Tautavel aurait été une forme européenne d'Homo erectus pour laquelle le nom d'Homo erectus tautavelensis avait initialement été proposé.
L'appellation Homo erectus tendant aujourd'hui à se restreindre à l'Asie, la majorité des auteurs modernes attribuent les fossiles à l'espèce Homo heidelbergensis, plus spécifiquement européenne.

La paléoanthropologue Amélie Vialet souligne toutefois que les mandibules fossiles de Tautavel paraissent plus graciles que la mandibule de Mauer, qui sert d'holotype à l'espèce Homo heidelbergensis. La définition des différentes espèces fossiles européennes suscite encore de nombreux débats parmi les spécialistes.

Source : Wikipedia

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Age : - 450 000 ans
Taille : 1,60 m
Poids : 50 kg
Localisation : Tautavel (France)
Habitat : Savanes, forêts
Feux : Maîtrisés vers - 400 000 ans
Outils : Fabriqués

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