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mercredi 7 décembre 2022

Sur les pistes de la bipédie

Il y a 3,6 millions d’années sur le site de Laetoli, en Tanzanie, des australopithèques ont foulé la cendre volcanique fraîche : deux espèces différentes suggère une nouvelle étude… et au moins deux façons de marcher sur deux jambes.

Chez les animaux, la bipédie est un comportement rare et extraordinaire. Les humains l’ont adoptée avant même d’avoir un gros cerveau, et bien avant de parler ou de faire du feu. De fait, les plus anciens préhumains connus – ceux qui vivaient entre 7 et 5 millions d’années – la pratiquaient déjà, au moins en partie, puisque leurs squelettes portent des marques d’adaptation à la marche sur les deux membres postérieurs. Ces premiers préhumains connus font partie des hominines, c’est-à-dire de l’ensemble des espèces de la lignée humaine depuis sa séparation d’avec celle des chimpanzés. Marcher sur deux membres plutôt que sur quatre a rendu possible les évolutions successives qui ont fini par produire les humains. Grâce à la bipédie, nos prédécesseurs purent diversifier leurs ressources et mieux exploiter leur environnement. En un mot, ce mode de locomotion est à l’origine de quasiment tous les traits qui ont rendu les humains uniques.

Dans la représentation iconique de l’évolution humaine, une succession linéaire d’ancêtres commence par un quadrupède en forme de chimpanzé, se poursuit par des formes préhumaines de plus en plus érigées et aboutit à un Homo sapiens marchant triomphalement sur deux jambes dans une posture parfaitement verticale. Cette vision simpliste fut popularisée dans les années 1960 par une illustration de vulgarisation – The March of Progress, « La marche du progrès » – et par ses nombreuses variantes imprimées et réimprimées dans les livres, sur des autocollants, des tasses, des tee-shirts…

Les découvertes accumulées au cours des dernières décennies obligent les chercheurs à définitivement rejeter la linéarité de cette imagerie traditionnelle. Nous savons aujourd’hui que plusieurs espèces d’hominines ont parfois vécu simultanément dans les habitats africains, où elles ont développé plusieurs locomotions bipèdes. L’apparition de la bipédie dans le registre fossile il y a quelque 7 millions d’années ne nous dit pas quand les primates ont pour la première fois marché sur deux jambes, ni pourquoi, mais elle atteste en tout cas du fait qu’un processus ininterrompu d’évolution de ce mode de locomotion était lancé. Notre façon de marcher n’a pas été prédéterminée de manière que chacun de nos ancêtres adopte une façon de marcher répondant à un objectif donné – l’évolution, après tout, ne fait pas de plan ! Elle est plutôt, parmi les nombreuses solutions de marche debout pratiquées par les hominines, celle qui a finalement prévalu.

Des empreintes énigmatiques

Le 24 juillet 1976 fut le jour de l’une des découvertes les plus heureuses de la paléoanthropologie. Venus visiter le site de Laetoli que fouillait l’équipe de la célèbre paléoanthropologue Marie Leakey, Kay Behrensmeyer, du Musée national d’histoire naturelle des États-Unis, et Andrew Hill, de l’université de Yale, se sont éloignés parce qu’ils manquaient de munitions dans la bataille de bouses d’éléphant déclenchée par leurs collègues. Le regard fixé à terre pour en repérer, ils sont entrés dans un ravin voisin, où, au lieu de trouver des bouses, ils sont tombés sur des traces d’éléphants et autres impacts de gouttes de pluie durcis, imprimés dans une couche de cendres volcaniques il y a 3,66 millions d’années…

Cette découverte fortuite arrêta la bataille de bouses, car les combattants vinrent s’émerveiller devant ces précieux instantanés anciens. Les fossiles ne nous renseignent en effet qu’en termes généraux sur un organisme, mais ses empreintes évoquent un morceau de sa vie, même s’il a disparu depuis longtemps.

Les semaines qui suivirent, l’équipe de Mary Leakey mit précautionneusement au jour le « site A », c’est-à-dire la zone de ces empreintes. Elle comprenait des milliers de pistes d’éléphants, de rhinocéros, de girafes, d’antilopes, de grands félins, d’oiseaux, sans parler de celles de petites antilopes et de lièvres, et même celles d’un scarabée. Dans l’espoir de découvrir des empreintes bipèdes, Mary Leakey poussait à leur recherche. Ce fut au cours du mois de septembre que deux jeunes membres de l’équipe Leakey – Peter Jones et Philip Leakey, l’un des fils de Mary – découvrirent cinq empreintes consécutives d’un animal bipède. Des empreintes d’hominine ? Peut-être, mais leurs formes étaient étranges : plutôt que de marcher comme le font habituellement les humains, l’animal en question avait déplacé son pied gauche en avant de son pied droit, un peu comme le font les mannequins de défilé, qui avancent sur une ligne imaginaire. Les traces de bipède du site A étaient énigmatiques.

Découvertes à Laetoli, en Tanzanie, ces pistes suggèrent que deux espèces différentes d’hominines vivaient simultanément dans la région il y a quelque 3,66 millions d’années. Tandis que la piste du site G, à droite, serait attribuable à Australopithecus afarensis, celle du site A, à gauche le serait par un hominine différent, non identifié encore.

Deux ans plus tard, Paul Abell et Ndibo Mbuika, des membres de l’équipe de Mary Leakey, découvrirent une nouvelle piste bipède située 2 kilomètres à l’ouest du site A : le site G. Deux, trois, peut-être même quatre individus avaient foulé à grands pas la cendre boueuse, imprimant 69 empreintes aux apparences étonnamment humaines. Selon la plupart des paléontologues, ces traces seraient celles d’Australopithecus afarensis (des congénères de la célèbre Lucy), dont on a trouvé des fossiles à Laetoli. Cependant, les traces du site G diffèrent de celles du site A. Si elles sont hominines, alors qui a foulé le site A ?

Au milieu des années 1980, Russ Tuttle, de l’université de Chicago, tenta de résoudre cette énigme. Après avoir comparé la forme des empreintes du site A avec celles d’humains non chaussés, de chimpanzés et d’ours de cirque habitués à marcher sur deux pattes, cet anthropologue conclut que les empreintes du site A étaient soit celles d’un ours se déplaçant sur deux jambes, soit celles d’un deuxième hominine présent à Laetoli au Pliocène (5,3 à 2,58 millions d’années). Ses conclusions firent pencher nombre de chercheurs pour l’hypothèse qu’un ours avait laissé ses traces sur le site A, sans doute parce que l’idée d’une évolution linéaire de la bipédie humaine dominait alors. Dès lors, tandis que les empreintes du site G furent étudiées de près et devinrent célèbres dans le monde entier, celles du site A tombèrent dans l’oubli. Trois décennies s’écoulèrent avant que quelqu’un ne s’y intéresse à nouveau.

Le Dartmouth College, où j’enseigne l’anthropologie, est une très ancienne université privée, nichée dans une vallée située entre les montagnes Blanches du New Hampshire et les montagnes Vertes du Vermont. Même si l’université n’est qu’à deux heures de Boston, sa devise est « Une voix qui crie dans le désert ». Le célèbre sentier des Appalaches jouxte son campus entouré de grandes étendues d’érables à sucre fournissant des tonnes de sirop ; des ours – beaucoup d’ours – vivent dans les forêts environnantes.

En 2017, mon étudiante Ellison McNutt, aujourd’hui professeuse d’anatomie à l’université de l’Ohio, et moi-même, nous sommes associés au connaisseur de l’ours noir Ben Kilham afin d’obtenir des empreintes de tailles similaires à celles du site A de Laetoli. À l’aide de sirop d’érable et de compote de pommes, nous avons amené des oursons à se dresser et à marcher sur leurs pattes arrière sur une piste expérimentale de boue. Leurs pistes, avons-nous alors constaté, ne correspondent pas à celle du site A : les pas sont très espacés, car l’anatomie de la hanche d’un ours et celle de ses genoux le fait osciller d’avant en arrière pendant qu’il progresse sur deux pattes, et les empreintes sont étroites. Nos premiers doutes sur l’hypothèse d’un ours marchant sur le site A de Laetoli étaient nés.

Plusieurs sites africains nous apprennent que l’ours Agriotherium a vécu en Afrique au Pliocène. Or pendant les quarante ans et plus qui se sont écoulés depuis la découverte du site A, l’érosion pluviale a mis au jour des dizaines de milliers de fossiles. Les équipes de Charles Musiba de l’université du Colorado à Denver, de Terry Harrison de l’université de New York, et de Denise Su à l’université d’État de l’Arizona en ont récolté un grand nombre sans jamais tomber sur des os d’ours. Cette constatation invitait à réétudier le site A. Nous avons décidé de le faire, mais comme les pluies érodent aussi les pistes animales fossilisées, nous craignions que les empreintes du site A aient disparu depuis longtemps.

Heureusement, lorsqu’en 2019 Charles Musiba et moi-même nous sommes rendus à Laetoli pour retrouver le site A, grâce aux dessins détaillés laissés par Mary Leakey, nous avons constaté avec bonheur que ce n’était pas le cas. Après plusieurs jours de terrassement, Kallisti Fabian, notre assistant tanzanien, a lancé le mot swahili signifiant « humain » : « Mtu ! » Il avait retrouvé les empreintes de pas. Les pluies avaient protégé ces cinq empreintes en les recouvrant d’une couche de fins sédiments. Nous les avons alors soigneusement nettoyées à l’aide de petites spatules de bois et de brosses à poils épais. Les détails des empreintes d’orteils que nous avons alors révélés grâce à nos scanners laser 3D à haute résolution n’avaient jamais été aperçus. Il faut dire que nous collègues des années 1970 ne disposaient pas des mêmes instruments… Clairement, les empreintes de talon du site A sont larges et le gros orteil est le doigt dominant. Seul un hominine peut les avoir laissées, mais lequel ?

Il peut s’agir a priori de celles d’un A. afarensis. Se promener sur une plage aide à comprendre pourquoi, car on peut y observer la variété des empreintes de pas sapiens : certaines, petites et plates, manifestement celles d’un enfant, voisinent avec d’autres, longues et arquées, celles de sa mère sans doute, etc. Nous savons bien que nos contemporains viennent dans une grande variété de tailles et de formes. Leurs pieds aussi ! Il semble donc vraisemblable que les pieds afarensis aient aussi été variables, ce que les sites A et G pourraient illustrer… Si cette interprétation est la bonne, les petites empreintes du site A pourraient être celle d’un enfant afarensis. C’est en tout cas l’hypothèse que j’ai émise au départ.

Les empreintes d’hominine du site G (exemple à gauche) sont vraisemblablement celles d’un A. afarensis ; en comparaison, celles du site A (exemple à droite) sont courtes et larges et montrent que le gros orteil dépassait sur le côté.

Puis Kevin Hatala, de l’université de Chatham, aux États-Unis, qui a participé à la découverte et à l’analyse des empreintes d’Homo ergaster vieilles de 1,55 million d’années à Ileret, au Kenya, s’est joint à notre équipe. Ensemble, nous avons comparé les empreintes du site A avec celles mieux conservées du site G, avec celles d’une autre piste découverte en 2015 sur le site S et aussi avec des centaines d’autres d’humains et de chimpanzés. Les différences relevées mettent les empreintes du site A hors du spectre des empreintes d’humains actuels de tous âges.

Nous avons en effet constaté que la forme des traces de pas du site A est aussi différente de celle des empreintes du site G et S que la forme des empreintes d’un chimpanzé est différente de celle des nôtres. Cela ne veut pas dire que les empreintes du site A et celles d’un chimpanzé sont identiques, mais seulement que leur forme est très différente de celle des empreintes d’un australopithèque des Afars. Comparées aux empreintes présumées afarensis des sites G et S, les empreintes du site A sont courtes et larges, le gros orteil dépassant un peu sur le côté. Il semble aussi que les auteurs des empreintes du site A avaient un pied médian plus souple.

En décembre 2021, nous avons décrit ces découvertes dans un article paru dans la revue Nature, affirmant non seulement que les empreintes du site A sont hominines, mais aussi qu’elles furent imprimées dans la cendre par une autre espèce que celle qui foula le site G. Comme toujours en science, nombre de nos collègues n’ont pas complètement rejoint notre interprétation : pour eux, les traces du site A sont afarensis. Rappelons toutefois que les empreintes du site A sont si différentes de celles du site G que les paléoanthropologues ont pu rester convaincus des décennies durant qu’un ours les avait faites…

Pour moi, il y a 3,66 millions d’années, peu après la pluie de cendres, deux hominines ayant des façons de marcher et des pieds différents ont foulé la surface cendreuse en direction du nord et du bassin d’Olduvai, en quête d’eau peut-être. Comme la couche à empreintes de Laetoli ne peut tout au plus avoir enregistré que quelques jours d’activité, elle constitue le meilleur indice que nous avons du fait que plusieurs espèces d’hominines vécurent simultanément dans l’environnement de Laetoli au Pliocène. Pour l’instant, nous ignorons tout de leurs interactions, s’ils en ont eu.

Pied fossile

Notre impression que les empreintes du site A de Laetoli furent laissées par une deuxième espèce d’hominines s’ajoute aux indices toujours plus nombreux d’une évolution de la bipédie bien moins linéaire et bien plus complexe que nous le pensions. Les autres indices proviennent des fossiles : fragiles, les os de pied sont malheureusement très peu fossilisés et les squelettes de pied pratiquement jamais. Malgré cette difficulté de fossilisation, les paléoanthropologues actifs dans la vallée du Grand Rift africain et dans les grottes d’Afrique du Sud ont pu rassembler un certain nombre d’os fossiles issus de la seule partie du corps d’un bipède en contact direct avec le sol, ce qui est passionnant. Beaucoup de ces découvertes échantillonnent une période charnière de l’évolution humaine, située entre 5 millions et 3 millions d’années, pendant laquelle nos ancêtres sont devenus des bipèdes terrestres de plus en plus complets. En 2017, Ellison McNutt et moi-même nous sommes associés à Bernhard Zipfel, de l’université du Witwatersrand, en Afrique du Sud – un podologue devenu paléoanthropologue – pour essayer d’interpréter ces trouvailles.

Plus précisément, nous avons cherché à réévaluer à partir des fossiles les idées reçues sur l’évolution de la bipédie. Dans la vision traditionnelle, les hominines ont d’abord eu un pied préhenseur semblable à celui des chimpanzés, qui a ensuite évolué vers un pied transitoire toujours capable de saisir mais aussi de marcher, semblable à celui de l’ardipithèque, une forme qui, il y a 4,4 millions d’années, vivait près de ce qui allait devenir Aramis, en Éthiopie. Si l’on saute ensuite de l’ardipithèque à Lucy, cet australopithèque des Afars (Australopithecus afarensis), qui, il y a 3,2 millions d’années, vivait dans ce qui allait devenir Hadar, en Éthiopie, on découvre un pied à gros talon et milieu rigide, mieux adapté à la vie au sol. Avec l’apparition d’Homo – un million d’années plus tard d’après les fossiles d’H. habilis, mais vers 2,8 millions d’années d’après le premier fossile humain, la demi-mandibule de Ledi-Geraru – des orteils plus courts et une voûte plantaire élevée traduisent une adaptation encore plus poussée du pied à la marche au sol.

Après avoir étudié tous les squelettes fossiles de pied conservés dans les musées africains, nous sommes parvenus à une vision très différente. Au cours du développement de la bipédie terrestre chez nos premiers ancêtres, une série d’expérimentations évolutives a abouti à des formes de pieds hominines différentes. Dans l’intervalle de deux millions d’années étudié, nous avons identifié cinq formes de pieds différentes, probablement indicatrices de cinq façons différentes de marcher debout. Outre les pieds d’Ardipithecus ramidus (Ardi) et celui d’A. afarensis (Lucy), apparaissent trois pieds de formes singulières : le premier est celui d’un ardipithèque découvert à Gona, en Éthiopie, de sensiblement le même âge qu’A. ramidus ; le deuxième est celui de Little Foot, un hominine de 3,67 millions d’années découvert dans la grotte de Sterkfontein, en Afrique du Sud ; le troisième est un pied étonnamment primitif de 3,4 millions d’années provenant du site de Burtele, à Woranso-Mille, en Éthiopie. Ces cinq pieds présentent chacun un mélange différent de traits rappelant d’un côté les singes non humains, de l’autre les humains. Leur diversité est incompatible avec le modèle d’une évolution progressive du pied de singe vers le pied humain.

Nous verrons si la suite de nos recherches permettra d’écrire une sorte d’histoire de Cendrillon paléontologique : l’un de ces cinq pieds récemment découverts s’ajustera-t-il aux énigmatiques traces du site A de Laetoli ? Nous verrons en continuant à explorer les premières étapes de notre histoire évolutive.

La forte diversité des bipèdes

À cet égard, il est intéressant de constater que la diversité locomotrice ne s’arrête pas là. Prenons, par exemple, Australopithecus sediba, une forme d’Afrique australe d’environ 1,98 million d’années. Sa découverte fut aussi fortuite que celle du site A, entraînée par la bataille de bouses d’éléphant évoquée plus haut. Alors que dans la grotte de Malapa, située dans le berceau sud-africain de l’humanité, il explorait une zone fouillée par son père, le paléoanthropologue Lee Berger, Matthew Berger, 9 ans, trébucha littéralement sur un rocher contenant une clavicule et une mâchoire inférieure d’hominine. Dans les mois qui suivirent, l’équipe de Lee Berger mit au jour deux squelettes partiels d’une nouvelle espèce d’australopithèque : Australopithecus sediba. Peu après mon doctorat, j’eus le privilège d’étudier ses pieds et ses jambes, invité par Lee Berger.

Les formes des os que je découvris alors me stupéfièrent, tant elles étaient inattendues. Pour un hominine de cette époque, l’os du talon relevait trop de celui d’un singe et, sur les deux squelettes disponibles, le pied médian, la cheville, le genou, la hanche et le bas du dos avaient des caractéristiques étranges. Isolément, ces os auraient semblé bizarres. Ensemble, ils étaient simplement ceux d’un hominine ayant une façon particulière de marcher, semblable à celle des personnes dont la marche est affectée par un affaissement de la voûte plantaire, qui distribue trop de poids sur la partie médiane du pied. Chez nos contemporains, de tels « pieds plats » entraînent de nombreuses pathologies articulaires. Selon Lee Berger, moi-même et d’autres collègues, les os si particuliers d’A. sediba sont des solutions anatomiques à ces problèmes. Nous pensons que l’espèce A. sediba était adaptée à la marche avec des pieds plats. Pourquoi pareille adaptation ? Les épaules et les bras d’A. sediba nous indiquent que cet australopithèque grimpait aux arbres. Ses dents conservent de microscopiques traces de cellules végétales provenant de feuilles, de fruits et d’écorces, qui prouvent qu’A. sediba se nourrissait souvent dans les arbres. Sa façon de marcher traduit l’adaptation à la fois à la locomotion au sol et dans les arbres d’un hominine contemporain d’autres espèces déjà engagées depuis très longtemps dans des modes de vie terrestres.

Il y a deux millions d’années, A. sediba n’était pas le seul hominine d’Afrique australe. En 2020, l’équipe d’Andy Herries, de l’université La Trobe, en Australie, a annoncé la découverte de nouveaux fossiles dans les carrières de Drimolen – dans le berceau de l’humanité sud-africain. Ils émanent de deux autres hominines : Paranthropus robustus et H. Ergaster. Ainsi, trois espèces différentes d’hominines appartenant à trois genres différents – Homo, Paranthropus et Australopithecus – coexistaient dans la région de Drimolen.

Grâce au garçon du Turkana, un squelette partiel découvert dans les années 1980 le long de la rive occidentale du lac Turkana, au Kenya, nous savons qu’H. ergaster avait un corps presque identique à celui des humains d’aujourd’hui. Des empreintes de pas retrouvées sur la rive orientale du lac confirment que ces anciens humains marchaient comme nous. Quand H. ergaster – l’ancêtre probable de la lignée qui a conduit à H. sapiens – regardait autour de lui, il pouvait lui arriver d’apercevoir deux autres bipèdes appartenant aux genres Australopithecus et Paranthropus. Étant donné les formes des os de leurs pieds et de leurs jambes, je pense que ces hominines avaient des façons de marcher différentes.

Même après l’apparition d’espèces marchant d’une façon comparable à nous, moult types de marche debout ont continué à exister et à évoluer. Australopithecus sediba (à gauche) était adapté à la fois à la locomotion terrestre et à la locomotion arboricole ; pour sa part, le petit Homo floresiensis (à droite) avait des pieds larges et plats, ce qui l’obligeait à lever la jambe pour faire ses petits pas.

Cette diversité de façons de marcher a persisté même après l’extinction des australopithèques et des paranthropes. Il y a à peine 60 000 ans, alors qu’H. sapiens dominait déjà l’Ancien Monde, une petite espèce humaine, H. floresiensis, vivait sur l’île de Flores, en Indonésie, dotée de pieds plats relativement grands et de jambes courtes comportant de petites articulations. Je me demande si la démarche qui en résultait est imitée aujourd’hui par les utilisateurs de raquettes, qui doivent faire des pas courts et pousser fortement des genoux.

Ces façons de marcher manifestement différentes aidaient peut-être les anciens hominines à reconnaître qui était de leur espèce et qui ne l’était pas. Si la démarche révélait l’espèce, un hominine pouvait percevoir en l’observant s’il avait affaire à des amis, de la famille, ou plutôt à des étrangers, éventuellement hostiles. Cet indice pouvait peut-être éviter ou provoquer un conflit, illustrant qu’une façon de marcher représente bien plus qu’une manière de se déplacer d’un point A à un point B.

Les questions restant ouvertes

De nombreuses questions subsistent quant à l’évolution de la bipédie. Nous ignorons toujours pourquoi marcher debout au sol fut assez avantageux pour nos ancêtres et parents éteints pour être sélectionné. Les hypothèses abondent. En 1809, le naturaliste français Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829) émit l’idée que les humains auraient évolué vers la marche debout à force de regarder par-dessus de hautes herbes. Six décennies plus tard, Charles Darwin supposa de son côté que la marche sur deux jambes avait été sélectionnée parce qu’elle libérait les mains. Depuis, d’autres chercheurs ont proposé que ce fût le cas parce que la bipédie permettait de récolter et de transporter de la nourriture ou de patauger dans des eaux peu profondes. D’autres encore qu’elle fut adoptée comme un moyen énergétiquement efficace d’exploiter des ressources dispersées sur un territoire. Pour autant, il me semble que tous ces efforts visant à identifier « la » raison de l’évolution vers la bipédie sont vains. Je pense plutôt qu’il est possible – voire probable – qu’au début de l’évolution des hominines, la marche bipède a émergé à plusieurs reprises chez différents hominines vivant dans des environnements quelque peu différents à travers l’Afrique. La diversité des formes de pieds hominines constatée, datant du Pliocène, soutient ce scénario.

Le registre fossile des singes du Miocène (23 millions à 5,3 millions d’années), qui a précédé le Pliocène, met en évidence d’autres facettes inconnues de la question. Malheureusement, les paléontologues travaillant en Afrique peinent à trouver des fossiles de singes de cette période cruciale pendant laquelle les hominines ont divergé des autres hominidés. Heureusement, leurs collègues d’Europe ont découvert un registre tout à fait impressionnant de cette période en Espagne, en France, en Allemagne, en Grèce, en Italie, en Hongrie et en Turquie. À en juger par leurs mains, leurs bras, leur dos, leurs hanches et leurs jambes, ces singes européens ne marchaient pas sur leurs phalanges comme les chimpanzés. Certains d’entre eux auraient été capables de se déplacer sur deux jambes plus souvent et plus efficacement que les singes africains modernes. D’après la position dans l’arbre phylogénétique de ces anciens singes – par exemple de Danuvius guggenmosi d’Allemagne, vieux de 11,6 millions d’années, dont la découverte a été annoncée en 2019 –, il est même envisageable que le singe dont les ancêtres des humains, des chimpanzés et des gorilles se sont séparés n’ait pas marché en s’appuyant sur les articulations de ses mains, mais ait utilisé la bipédie assistée par la main pour « marcher » dans les arbres, ce qui l’aurait redressé. Dans ce cas, l’adaptation à la marche debout, qui définit les hominines, ne serait pas la bipédie en soi, mais la bipédie au sol. Si d’autres fossiles confirment cette hypothèse, la première bipédie terrestre – encore très rudimentaire – pourrait ne pas avoir été une nouvelle forme de locomotion, mais l’utilisation au sol d’une adaptation acquise dans les arbres d’ancêtres arboricoles descendant de plus en plus souvent à terre.

Cette idée est controversée et doit être mieux testée. Le problème est que les paléoanthropologues n’ont pas encore découvert en Afrique de squelettes fossiles de pieds ou de jambes datant d’il y a entre 12 millions et 7 millions d’années, c’est-à-dire de la période clé pendant laquelle les lignées qui allaient conduire aux humains, aux chimpanzés et aux gorilles ont commencé à diverger. Nous nous appuyons sur l’anatomie des anciens singes d’Europe pour combler cette lacune. D’une certaine manière, cela revient à essayer de savoir à quoi ressemblait votre arrière-grand-mère en étudiant des lambeaux de photographies en noir et blanc de parents éloignés du XIXe siècle. Ce genre de données vous fournira quelques indices, mais difficilement son portrait complet. Nous verrons si cette hypothèse se confirme dans les décennies à venir, au fur et à mesure que d’autres fossiles seront découverts sur les sites du pourtour méditerranéen et d’Afrique. Pour l’instant, cependant, les débuts de la bipédie restent énigmatiques.

Quelle qu’en soit la solution, il est clair qu’une fois que nos ancêtres ont marché débout, ils ont continué à le faire… jusqu’à aujourd’hui. Au cours de sa vie, une personne non handicapée fait en moyenne environ 150 millions de pas, soit assez pour faire trois fois le tour de la Terre. Nous flânons, marchons à grandes enjambées, à pas de loup, en faisant du surplace ou en traînant les pieds, sur leur pointe ou d’un pas pesant, en trébuchant, en nous pavanant ou en paradant… Avant de juger quelqu’un, on nous demande de « marcher un mille dans ses chaussures ». Les grands hommes marchent sur l’eau et les génies sont des encyclopédies… ambulantes. Malgré sa présence constante dans nos pensées, nous autres humains pensons peu à la marche. Les fossiles de pied, cependant, révèlent à quel point elle est tout sauf ordinaire. Il s’agit d’un processus évolutif complexe et alambiqué, qui commençant par de premiers pas maladroits de singes dans les forêts miocènes a lancé les hominines autour du monde et au-delà.

Source : Pour la Science du 07/12/2022

mercredi 23 février 2022

Au Synchrotron européen, des chercheurs tentent de faire parler deux énigmatiques hominidés

Depuis le 20 février 2022 au Synchrotron européen de Grenoble (ESRF), les fossiles de deux hominidés, Australopithecus sediba et Homo naledi, recensés au cours de la dernière décennie, sont scannés à un niveau de définition inédit. L'objectif principal : leur fournir enfin des datations qui feront consensus. Sur place, leur découvreur, le paléoanthropologue star Lee Berger, live-tweete toutes les opérations.

Ce n’est pas un, mais deux invités de marque que reçoit actuellement l'Installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF), à Grenoble. L’un se nomme Australopithecus sediba, dit aussi "Karabo" ou l’Homme de Malapa, du nom de la célèbre grotte sud-africaine dans laquelle il a été trouvé. Il aurait vécu il y a un peu moins de 2 millions d’années, au même moment que le plus ancien représentant du genre Homo, Homo Habilis. L’autre a pour patronyme Homo naledi, l'"homme étoile" en langue sesotho, et ne cesse d’intriguer les paléontologues depuis sa découverte en 2013 dans les grottes souterraines de Rising Star, elles aussi en Afrique du Sud et toutes proches voisines de Malapa (ces sites ne sont pas surnommés le "berceau de l’humanité" pour rien). D’abord estimé entre 1 et 2 millions d’années, l’âge de Naledi avait été revu spectaculairement à la baisse en 2017 : il n’aurait que 236.000 ans, tout au plus 335.000 ans, faisant de lui un contemporain de l’humain moderne. Naledi a pourtant une toute petite tête, un cerveau de la taille d’une orange et des doigts courbes idéaux pour s’accrocher aux branches, des caractéristiques extrêmement archaïques pour son jeune âge.

Le crâne d'Australopithecus sediba lors de son scan à l'ESRF en 2010

Un outil très attendu

Durant un peu plus d’une semaine, ces deux humains primitifs qui n’ont cessé d’alimenter les débats depuis leur découverte par le paléoanthropologue américain Lee Rogers Berger vont être observés sous toutes les coutures, en haute résolution, grâce aux puissants rayons X de la ligne de tomographie BM18, inaugurée en septembre 2021. Le tout sous l’œil attentif de Lee Berger lui-même, venu spécialement d’Afrique du Sud où il réside et dirige le département de paléoanthropologie de l’Université du Witwaterstrand. "C’est un moment que l’on attendait tous depuis plusieurs années. Aucun autre synchrotron au monde n’est capable de nous fournir une telle résolution", s’enthousiasme le chercheur.

Le synchrotron le plus puissant au monde. Depuis sa mise à jour et son passage à la "quatrième génération", l’ESRF-EBS (pour Extremely Brilliant Source, son nouveau nom complet) est devenu le synchrotron le plus puissant au monde. Cet engin colossal – 900 mètres de circonférence et plus de 2.000 tonnes –, est une sorte de microscope géant qui, pour fonctionner, accélère des électrons à la vitesse de la lumière (300.000 km/s) dans un anneau. Les électrons accélérés génèrent ainsi une onde électromagnétique, les rayons X. Très pénétrants et sans dommage pour la matière, ce sont eux qui permettent aux chercheurs de plonger dans l'infiniment petit et d'étudier des objets, organiques ou non, avec une incroyable précision. Prévue pour être ouverte officiellement en septembre 2022, la ligne BM18 permettra aux scientifiques d'étudier de grands fossiles en 3D à l'échelle microscopique sans les endommager.

Une dent pour trancher sur l'âge d'Homo sediba

Australopithecus sediba n’en est pas à sa première visite à l’ESRF. Pour lui, l'aventure avait commencé il y a 12 ans, avec le scan de son crâne, qui avait donné lieu à de nombreuses publications. Le voici donc de retour en Isère, prêt à se soumettre docilement au faisceau de lumière quatrième génération de l’accélérateur de particules européen, cent fois plus brillant que dans sa version précédente. Cette fois, ce n’est plus son crâne mais l’une des ses molaires qui sera scannée. Avec, pour objectif, "de faire apparaître les perturbations dans les lignes de croissance progressive des dents et, en les faisant correspondre entre elles, de déterminer l'âge exact de la mort de Karabo", explique Lee Berger. Nous savons déjà que le petit Australopithèque avait entre 9 et 12 ans au moment de son décès, survenu à une période où les primates du genre Homo, nos ancêtres directs, ont succédé aux australopithèques primitifs. "Nous espérons pouvoir dater cette dent au jour près et enfin pouvoir lever les incertitudes sur la datation de ce fossile."

Naledi, un hominidé ancestral qui enterrait ses défunts ?

Ce sera ensuite au tour d’Homo naledi de passer sous les rayons X. Là encore, il s’agit d’un jeune enfant, dont l'âge est encore indéterminé. Plus de 1,6 million d’années le sépare de Sediba, peut-être davantage. Ses restes à lui – ici, son petit squelette complet - ont la particularité d’être encore enfermés dans un bloc de pierre que Lee Berger a tenu à ne jamais ouvrir : "Il fallait garder son contexte intact, car il pourrait nous livrer de précieuses informations", justifie-t-il. Pour l’anecdote, il s’agit du fils du chercheur, âgé de 9 ans à l’époque, qui a découvert le squelette dans la chambre aux fossiles Dinaledi, extrêmement difficile d’accès.

Entre novembre 2013 et mai 2014, plus de 1.150 ossements fossiles provenant d’au moins 15 individus – de jeunes enfants, des adolescents, des adultes et des vieillards – ont été mis au jour par l’équipe de Berger, soit un gigantesque assemblage fossile pour une seule espèce encore jamais observée ailleurs. Au cours des semaines d’exhumation, deux détails ont frappé les chercheurs : celui qu’ils finissent par appeler Homo naledi présente un étrange mélange de caractères archaïques et modernes, et ses restes ne sont accompagnés d’aucun ossement animal, des vestiges de repas que l’on retrouve habituellement en nombre dans les grottes souterraines. S’agissait-il alors d’une sépulture ? C’est l’hypothèse avancée par certains chercheurs. Dans deux articles publiés en novembre 2021 dans la revue PaleoAnthropology, deux équipes distinctes soutiennent l’hypothèse selon laquelle le crâne d’un autre bambin Naledi, appartenant lui aussi à l’immense ensemble de la chambre, pourrait avoir été déposé intentionnellement sur une étagère naturelle de calcaire. "Il n’y a pas d’autres ossements, pourtant plus résistants que ceux de la tête", indique Lee Berger. "Ce qui exclut l’hypothèse que l’enfant ait rampé jusque-là avant d’y mourir ; par ailleurs, le crâne ne porte aucune marque de blessure montrant qu’un prédateur l’y aurait traîné." Il pourrait donc s’agir de la première sépulture enfantine au monde, celle de l’enfant Homo sapiens de Mtoto, au Kenya, publiée début 2021, n’ayant que 78.000 ans.

Les clés attendues d'une énigme

L’autre petit Naledi – celui en prisonnier de la roche – pourrait enfin permettre de mieux comprendre qui étaient ces hominidés "hybrides" qui enterraient peut-être leurs morts. Parce que sa prison de pierre pèse pas moins de 22 kilogrammes et mesure 77 centimètres sur 45, ce fossile précis n’avait jamais pu être sondé jusqu'ici. "Ce n’est pas franchement le genre d’objet que l’on s’attend à voir étudié sous le faisceau d’un synchrotron", s’amuse Lee Berger. "Surtout lorsque l’on sait qu’une simple dent est déjà considérée comme un gros objet pour la microtopographie à rayons X. Aujourd’hui, la ligne BM18 nous permet l’exploit de voir à travers cet énorme bloc et de découvrir ce qu’il renferme."

Les analyses sur les deux spécimens devraient se poursuivre jusqu'à dimanche prochain. D'ici là, nous devrions sans doute en savoir plus grâce aux tweets de Lee Berger, habitués à abreuver en temps réel le public de ses découvertes. En 2013, lors de l'exploration de la grotte de Rising Star, le chercheur avait convié les caméras de National Geographic, qui, en contrepartie, avait financé une partie de la campagne de fouilles. Une fois de plus, Lee Berger joue le jeu de la communication, précisant même au passage qu'à ses côtés, à l'ESRF, Netflix est au rendez-vous pour tourner un documentaire. En attendant d'en savoir plus sur nos ancêtres qui, d'années en années, ne cessent de nous surprendre, nous pouvons donc sortir les popcorns.

Source : Sciences et Avenir du 22/02/2022

jeudi 25 novembre 2021

L'australopithèque qui marchait comme un humain

Les premiers hominidés utilisaient leurs membres supérieurs pour grimper comme des singes et leurs membres inférieurs pour marcher comme des humains. C'est ce que montre l'analyse de vertèbres d'Australopithecus sediba, vieux de 2 millions d'années et découvert en Afrique du sud.

Oh la jolie lordose ! La courbe orientée vers l'avant des vertèbres dorsales d'Issa, ("protectrice" en swahili), une femelle Australopithecus sediba vieille de 2 millions d'années découverte en Afrique du Sud, a complètement fait chavirer ses découvreurs et découvreuses. Elle atteste que cette hominine, dont l'espèce a été décrite pour la première fois en 2010, "marchait tranquillement sur ses deux pieds, en bonne bipède, comme une humaine", explique le professeur Scott Williams de l'Université de New York et de l'Université Wits.

Des ossements découverts en 2015

L'analyse des vertèbres (voir l'image ci dessous), facilitée par un passage au scanner, vient d'être publiée dans la revue e-Life. Les précieux ossements ont été découverts en 2015 lors des fouilles d'une piste minière longeant le site de Malapa sur le site du patrimoine mondial du "Cradle of Humankind" (Berceau de l'humanité), au nord-ouest de Johannesburg (Afrique du Sud).

Les vertèbres (en couleur) d'Australopithecus sediba forment une courbe orientée vers l'avant, comme chez les humains bipèdes.

Un bas du dos différent des grands singes ou des néandertaliens

"La région lombaire est essentielle pour comprendre la nature de la bipédie chez nos premiers ancêtres et pour comprendre à quel point ils étaient bien adaptés à la marche sur deux jambes", explique Scott Williams, premier auteur de l'article. "Les séries associées de vertèbres lombaires sont extraordinairement rares dans les archives fossiles d'hominidés, on n'a trouvé que trois apophyses épineuses [ces ailettes qui servent de point d’ancrage aux ligaments, NDLR] comparables à celles d'Issa dans l'ensemble des archives fossiles africaines! Les travaux montrent que l'A.sediba possédait bien 5 vertèbres lombaires, comme les humains et qu'elle présentait une lordose plus marquée que celle de tout autre australopithèque. "Cela démolit des analyses antérieures, menées par d'autres équipes, qui suggéraient que les A.sediba avaient une colonne vertébrale aussi droite que celle des singes, ou des lordoses faiblement marquées, comme les néandertaliens ou d'autres espèces plus primitives d'anciens hominidés âgés de plus de deux millions d'années", jubile le professeur Lee Berger, de l'Université du Witwaterstrand, qui dirige les fouilles de Malapa.

"D'autres caractéristiques du squelette suggèrent une puissante musculature du tronc, peut-être pour des comportements arboricoles", ajoute la professeure Gabrielle Russo de l'Université Stony Brook, co-auteure de l'étude. A.sediba avait conservé des aptitudes réelles à l'escalade et la brachiation (voir la reconstitution ci-contre).

L'une des principales questions en suspens sur les origines des premiers Homo consiste à savoir quand et pourquoi ils ont abandonné cette combinaison de traits pour ne conserver que la bipédie.L'étude conclut que A. sediba est une forme transitionnelle d'ancien parent humain et que sa colonne vertébrale est clairement de forme intermédiaire entre celles des humains modernes (et des Néandertaliens) et des grands singes. Comme le résume Lee Berger: "Issa marchait comme un humain, mais pouvait grimper comme un singe" .

Source : Sciences et Avenir du 24/11/2021

lundi 30 novembre 2020

Australopithecus sediba

Reconstruction de John Gurche :

vendredi 17 avril 2020

Il y a 2 millions d’années Homo erectus côtoyait 2 autres espèces d’hominidés en Afrique du Sud…

Sur le site de Drimolen des chercheurs ont mis au jour le plus ancien crâne d’Homo erectus en Afrique, daté de 2 000 000 ans.

Drimolen un site riche en hominidés


Des années de fouilles intenses sur le site riche en fossiles de Drimolen, situé à 40 kilomètres au nord-ouest de Johannesburg, en Afrique du Sud, ont abouti à la découverte de plusieurs fossiles d’importance. En plus du nouveau crâne d’Homo erectus (découvert pendant les fouilles de 2015 -2018), on peut citer les restes de Paranthropus robustus, qui a déjà été identifié sur d’autres sites à proximité dans les mêmes couches archéologiques. Par ailleurs, une troisième espèce, Australopithecus sediba, a été découverte dans des dépôts vieux de deux millions d'années, dans une grotte pratiquement en bas de la route qui mène à Drimolen.
Andy Herries (université LaTrobe de Melbourne, Australie) et ses collègues ont évalué les restes trouvés dans le gisement de la grotte de Drimolen en utilisant plusieurs méthodes de datation : la résonance de spin électronique, le paléomagnétisme et la datation Uranium-Plomb. L’utilisation de plusieurs techniques simultanément permet de confirmer et d’assurer les résultats et les âges obtenus. Dans le cas de Drimolen, les chercheurs ont compilé toutes les dates de chacune de ces techniques et ont pu déterminer une période où ces hominidés se sont rencontrés. « Nous savons maintenant que le gisement principal de Drimolen et tous les fossiles qu'il contient sont datés de 2,04 à 1,95 millions d'années", a déclaré la co-auteure Stéphanie Baker (Université de Johannesburg).

Homo erectus de plus en plus vieux !


Le site de Drimolen, situé dans le berceau de l'humanité (Cradle of Humankind - un site du patrimoine mondial de l'UNESCO) a vu passer un grand nombre d’hominidés très différents les uns des autres. La découverte d’un Homo erectus dans des strates archéologiques n’était pas « attendue » et encore moins dans les plus anciennes. En effet, ce crâne appartient au plus ancien des Homo erectus au monde et au premier représentant de son espèce en Afrique du sud !
Le crâne (DNH 134) exhumé pendant les campagnes de fouilles entre 2015 et 2018, a été reconstruit à partir de plus de 150 fragments séparés. C’est un enfant probablement âgé entre trois et six ans, donnant aux scientifiques la chance rare de comprendre la croissance et le développement des petits Homo erectus. Daté de 2 millions d’années, c’est donc plus de 200 000 ans en arrière par rapport au plus ancien représentant de l’espèce connu jusqu’à présent.
Pour Stéphanie Baker, cela modifie les origines géographiques d’Homo erectus "Jusqu'à cette découverte, nous avons toujours supposé que l'Homo erectus était originaire d'Afrique de l'Est. Mais DNH 134 montre que l'Homo erectus, un de nos ancêtres directs, vient peut-être d'Afrique australe". Elle rajoute, comme pour confirmer le berceau africain, «Cela voudrait dire qu'ils se sont ensuite déplacés vers le nord, en Afrique de l'Est. De là, ils sont passés par l'Afrique du Nord pour peupler le reste du monde".

Le berceau de l’humanité porte bien son nom !

Trois espèces d’hominidés fossiles ont en effet été découvertes sur le même gisement, dans des couches stratigraphiques de la même période. . "Contrairement à la situation actuelle, où nous sommes la seule espèce humaine, il y a deux millions d'années, notre ancêtre direct n'était pas seul", a déclaré Andy Herries, directeur de projet et chercheur principal de l'Université de La Trobe, en Australie.
"C'est vraiment épatant de s'apercevoir que pendant cette même tranche de temps étroite, il y a environ deux millions d'années, il y avait trois types très différents d'ancêtres humains anciens parcourant le même petit paysage", a déclaré Schwartz.
"La découverte du premier Homo erectus marque une étape importante pour le patrimoine fossile sud-africain", a déclaré la codirectrice du projet et doctorante à l'Université de Johannesburg, Stephanie Baker.

Source : Hominidés.com du 10/04/2020

mardi 14 avril 2020

Homo erectus est apparu au moins 200.000 ans plus tôt qu'on ne le pensait

On a découvert le plus vieux fossile d'Homo erectus. Il est âgé de 2 millions d'années et il côtoyait alors en Afrique du Sud plusieurs espèces d'Australopithèques.

Les sites des hominidés fossiles d'Afrique du Sud, à proximité de Johannesburg, sont célèbres et connus sous le surnom de « berceau de l'humanité » (Cradle of Humankind en anglais). On y trouve dans des grottes calcaires de nombreux fossiles d'hominines dont les plus connus sont sans doute ceux d'Homo naledi récemment découverts et ceux d'Australopithecus africanus (un jeune cousin des Australopithecus afarensis tels la fameuse Lucy) et qui ont été trouvés en Afrique de l'Est, principalement en Éthiopie, au Kenya et en Tanzanie.

Les recherches dans le berceau de l'humanité se poursuivent et un article publié dans Science par une équipe internationale de paléoanthropologues vient de bouleverser quelque peu l'arbre généalogique de l'Humanité tout en tendant à confirmer que le genre Homo est bien né en Afrique. On peut en effet se poser la question car c'est en Indonésie, en 1891 précisément, que le géologue et anatomiste Eugène Dubois a fait la découverte des premiers fossiles d'Homo erectus, le premier hominine à se dresser sur ses jambes comme l'Homme moderne, ou peu s'en faut, à utiliser le feu -- mais pas le premier à utiliser des outils. Les plus vieux fossiles d'Homo erectus avaient toutefois été trouvés à Dmanisi, en Georgie, et étaient âgés d'environ 1,8 million d'années alors que ceux Australopithecus africanus ont des âges compris entre 2 et 3,5 millions d'années.

Les chercheurs, venant d'universités en Australie, Afrique du Sud, Italie et États-Unis, ont en effet daté un ensemble de 150 fragments appartenant à un crâne d'Homo erectus découvert au cours de cinq années de fouilles sur le site connu sous le nom de carrière principale de Drimolen. Ils appartenaient à un Homo erectus âgé d'environ 2 à 3 ans au moment de sa mort survenue il y a 2 millions d'années environ. La trouvaille a été baptisée « Simon », du prénom d'un technicien, Simon Mokobane, hélas décédé en 2018, et qui a beaucoup contribué au succès des fouilles ; plus prosaïquement, les paléontologues le désignent sous le terme DNH 134.

Trois espèces d'hominines confrontées à un changement climatique

C'est à ce jour le plus vieux fossile d'Homo erectus découvert et c'est en Afrique. Le site de Drimolen contient également des restes de Paranthropus robustus, encore appelé Australopithecus robustus, ce qui veut dire qu'au moins trois hominines (rappelons que ce terme regroupe les représentants du genre Homo et du genre Australopithecus) se côtoyaient en Afrique du Sud il y a deux millions d'années.

Pour Justin Adams, de l'Université Monash, l'un des auteurs de l'article publié dans Science, cette constatation soulève des questions intrigantes sur la façon dont ces trois espèces ont vécu et survécu dans le même environnement à la même époque. Il explique ainsi que « l'une des questions qui nous intéresse est de savoir quel rôle les changements d'habitats, de ressources et les adaptations biologiques uniques des premiers Homo erectus ont pu jouer dans l'extinction d'Australopithecus sediba en Afrique du Sud. Des tendances similaires sont également observées chez d'autres espèces de mammifères au même moment. Par exemple, il y a plus d'une espèce de tigre à dents de sabre, Dinofelis, sur le site - dont l'une s'est éteinte après deux millions d'années. Nos données renforcent le fait que l'Afrique du Sud représentait un mélange vraiment unique de lignées évolutives, une communauté mixte d'espèces de mammifères anciens et modernes qui évoluait à mesure que les climats et les écosystèmes changeaient ».

Les chercheurs se demandent aussi finalement, avec cette découverte, si Australopithecus sediba pouvait vraiment être l'ancêtre d'Homo erectus comme il a été récemment proposé.

Ce qu'il faut retenir

Homo erectus est le premier hominine à se dresser sur ses jambes comme l’Homme moderne, ou peu s’en faut, et à utiliser le feu mais il n'est pas le premier à utiliser des outils.
La découverte de ses plus vieux restes connus à ce jour, âgés de 2 millions d'années, tend bien à confirmer qu'il est né en Afrique et qu'il la quittera pour aller coloniser le reste de la planète jusqu'en Indonésie.
Ces restes prouvent également qu'il côtoyait en Afrique du Sud au moins trois espèces d'Australopithèques dans le fameux « berceau de l'humanité » (Cradle of Humankind en anglais).

jeudi 9 avril 2020

Découverte : trois espèces d'hommes en Afrique du Sud il y a 2 millions d'années

C'est une découverte qui rebat quelques cartes et qui a le mérite de nous emmener très loin du coronavirus. En Afrique du Sud, il y a deux millions d'années, des chercheurs ont découvert la présence d'Homo erectus, un de nos ancêtres, et, fait a priori unique, il se partageait le territoire avec deux autres espèces ancestrales humaines aujourd'hui éteintes : Australopitheque et Paranthropus. Ces recherches sont publiées dans la revue Science.

Il y a deux millions d'années, l'Afrique du Sud change : le climat se modifie, des prairies aparaissent, les forêts reculent. Tout cela à un effet majeur sur les habitants de l'époque.

Renaud Joannes-Boyau est le coauteur de cette étude. C'est le directeur du laboratoire de géo-archéologie et d'archéométrie à l'université de Southern Cross en Australie :

« On a un remplacement dans les grands singes de la région, explique-t-il. C'est-à-dire que pendant le million d'années précédent, on a Australopithecus qui domine l'environnement. On a aussi Paranthropus qui apparait et on voit Homo erectus qui apparait aussi aux alentours de 2 millions d'années. C'est ce qu'on prouve dans ce papier. À la suite de ça, Australopithecus, on ne le trouve plus dans les couches fossiles, donc on sait qu'on a un changement climatique qui a certainement favorisé Homo erectus par rapport à Australopithecus. »

Mais pour les chercheurs c'est une surprise de voir Homo erectus si tôt en Afrique du Sud : « On ne sait pas d'où vient Homo erectus. Il a été proposé par exemple qu'Australopithecus sediba a été un de ses ancêtres, mais malheureusement, on voit dans le papier que l'on vient de publier, que sediba vit au même moment que Homo erectus. »

D'autres espèces sont suspectées d'être les ancêtres au genre homo, il y a Australopithecus africanus, lui aussi vivait en Afrique du Sud.

Source :RFI du 02/04/2020

mercredi 30 octobre 2013

Première sortie pour Lucienne, l'australopithèque

Depuis hier soir, la nouvelle star du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse, c’est Lucienne. Lucienne, c’est un petit nom un peu rétro, mais cette brave dame a près de deux millions d’années, ce qui est un âge respectable !

Lucienne, c’est une australopithèque, découverte en Afrique du Sud, en 2008, et qui représente sans doute un des maillons avant l’évolution vers l’homme moderne.

Comme l’explique le paléobiologiste José Braga, professeur à l’Université de Toulouse, qui se rend régulièrement en Afrique du Sud pour y poursuivre ses recherches : «Lucienne a encore beaucoup à nous apprendre». Lucienne est donc la pièce maîtresse d’une exposition «Afrique du Sud, l’autre pays de la préhistoire», qui a été inaugurée hier en présence du ministre des sciences et de la technologie d’Afrique du Sud, Derek Hanekom. Cette exposition a reçu le label des Saisons Afrique du Sud France 2 012 & 2013,et figure à la programmation officielle de la Saison sud-africaine en Franc. Elle constitue le deuxième volet de la collaboration Muséum de Toulouse - Centre des Origines de Johannesburg qui avait accueilli l’exposition composée au Muséum de Toulouse «Préhistoire

[s] , l’enquête» de novembre 2012 à mars 2013. C’est la première fois en Europe que le squelette reconstitué de Lucienne est présenté. Cette exposition nous permet de voyager dans le temps et de redécouvrir les premiers pas africains de nos ancêtres.

Source : La Dépêche du 29/10/2013

mardi 29 octobre 2013

L'australopithèque Sediba présenté en avant-première au Muséum de Toulouse

Mardi, le Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse présentera au public une exposition consacrée à l'Afrique du Sud. A cette occasion sera proposée la reconstitution de l'australopithèque Sédiba.
Vue d'une réplique des fossiles australopithèques Sediba

Ce sera la première apparition en Europe de Sédiba.

Australopithecus sediba

Australopithecus sediba est une espèce du genre Australopithecus proposée en 2010 par une équipe dirigée par Lee R. Berger à la suite de la découverte de deux nouveaux fossiles en Afrique du Sud. Lors du congrès international d'anthropologie qui s'est tenu en avril 2011 à Minneapolis, Lee R. Berger et ses collègues ont développé leur théorie : Australopithecus sediba, l'espèce définie à partir d'un fossile découvert dans une grotte de Malapa, pourrait représenter une forme intermédiaire entre les premiers australopithèques et le genre Homo.

Découvert par un enfant de 9 ans

L'holotype d’Australopithecus sediba est le squelette, partiellement conservé, Malapa Hominin 1 (MH1), découvert dans la grotte de Malapa, à 40 km à l'ouest de Johannesburg et à 15 km au nord-nord-est des sites célèbres d'hominidés fossiles de Sterkfontein, Swartkrans et Kromdraai. La grotte de Malapa est située dans la zone du Cradle of Humankind (berceau de l'humanité), site inscrit à la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Le 15 août 2008, Matthew Berger, le fils de Lee Berger âgé de neuf ans, a découvert le premier fossile d'Australopithecus sediba, une clavicule droite enregistrée sous le numéro d'archive UW885.

Inauguration à Toulouse

Lors de l'inauguration officielle, ce lundi, on notera la présence du ministre sud-africain des Sciences et des technologieset du professeur Thackeray, antropomogue de Johannesburg.

Vidéo : le reportage de Luc Truffert et J-Pierre Jauze


Sorce : France3 Midi-Pyrénées du 28/10/2013

lundi 28 octobre 2013

L'australopithèque Sediba, nouvelle star du Muséum

Mardi s’ouvrira au Muséum de Toulouse une exposition consacrée à l’Afrique du Sud. Avec, pour sa première apparition en Europe, la reconstitution de l’australopithèque Sediba.

L'australopithèque Lucy au milieu de deux spécimens de Sedida
L’Afrique du Sud est aussi un pays de gruyère… Mais il s’agit des trous, des galeries, des tunnels que les hommes ont creusés dans ce pays qui fut longtemps le premier producteur d’or et de diamants. Mais ce sous-sol africain contient un autre trésor : les origines de l’Humanité !

En 2008, le paléontologue Lee Berger était en train d’examiner des roches provenant justement d’une de ces mines. Mais c’est son fils, Matthew, âgé de 9 ans, qui lui a apporté un drôle de caillou. Lee Berger a immédiatement reconnu dans la roche la forme d’une clavicule. Celle d’un hominidé. Ainsi se réveillait l’Australopithèque Sediba, après un sommeil de deux millions d’années.

«On a trouvé un crâne, des vertèbres, des os, appartenant à des adultes et des adolescents, explique Francis Duranthon, le directeur du Muséum de Toulouse. Et à partir de là, on a pu reconstituer en trois dimensions un squelette qui sera présenté pour la première fois en Europe.»
L'art avant Cro-Magnon

Pendant l’année de la France en Afrique du Sud, le Muséum avait présenté son exposition sur la préhistoire (avec la fameuse tombe de Téviec) au Cap. Là, c’est donc en sens inverse, l’Afrique du Sud qui prête au muséum de Toulouse une précieuse exposition. Du reste, les chercheurs toulousains comme le Pr François Bon, le Pr José Braga, ou Camille Bourdier, maître de conférences, connaissent parfaitement l’Afrique du sud et ses merveilles.

Autre élément étonnant qui sera présenté dans cette exposition : les vestiges découverts dans la grotte de Blombos. Des éléments qui nous laissent à penser que ces hommes, bien avant Cro-Magnon, ont laissé les premières traces artistiques ou symboliques de notre espèce…

Au-delà de cette exposition, les équipes toulousaines en collaboration avec les équipes africaines poursuivent des recherches sur cette période passionnante où les grands primates se cherchent.

«Toutes ces découvertes, précise Francis Duranthon, nous laissent penser que l’évolution n’a pas été aussi linéaire qu’on l’imaginait auparavant. C’est beaucoup plus compliqué, beaucoup plus buissonnant.»

Francis Duranthon a aussi un petit sourire : «Quelqu’un a dit que l’Homme africain n’était pas entré dans l’Histoire… Mais la vérité, c’est que l’Homme africain a été le premier de toute notre histoire !»

*Muséum de Toulouse, ouvert du mardi au dimanche, 10h-18h. Tel.05.67.73.84.84.
Une première en Europe

C’est la première fois que le squelette de Sediba est présenté en Europe et c’est au Muséum de Toulouse. Voilà pourquoi, lors de l’inauguration officielle, prévue demain, le ministre Sud-Africain des sciences et des technologies, Derek Hanekom sera présent de même que Francis Thackeray, professeur d’anthropologie à Johannesburg et Nicolas Teyssandier, Chargé de recherches au CNRS à Johannesburg.

Source : La Dépêche du 27/10/2013

vendredi 19 avril 2013

Sediba : mi-homme, mi-australopithèque

L’étude poussée des ossements fossiles de l’hominidé sediba, découvert en 2008 en Afrique du Sud, confirme le caractère très mélangé, mi-homo mi-australopithèque, de cet ancêtre possible de la lignée humaine, daté de 1,98 million d’années. Explications.

Comme en 2011, lors de sa révélation au grand public, Australopithecus sediba, un étonnant hominidé fossile découvert sur le site de Malapa à proximité de Johannesburg, fait la une du magazine Science. Raison de cette gloire : les six articles, très étayés, qui précisent l’anatomie de ce nouveau venu dans le tableau de nos origines. Un hominidé situé chronologiquement au point charnière entre la domination des australopithèques sur le continent africain, il y a 4,2 à 2,5 millions d’années, et l’avènement des premiers représentants du genre Homo en Afrique de l’Est, il y a 2 millions d’années environ. Au point d’en faire, selon son principal découvreur Lee Berger, paléoanthropologue à l’université sud-africaine de Witwatersrand, le meilleur candidat au titre d’ancêtre de toute la lignée humaine… menant à notre espèce Homo sapiens.

Ces dernières études ont été menées sur les fossiles d’un jeune mâle sediba âgé d’environ neuf ans, baptisé « MH1 », et d’une femelle d’une vingtaine d’années, appelée « MH2 », tous deux extraordinairement bien conservés. Premier constat, la richesse fabuleuse du gisement de Malapa et la qualité de conservation des fossiles, déjà entrevues depuis la découverte, se trouvent confirmées. Grâce aux 220 ossements déjà sortis du terrain, et ceux en cours de collecte qui ont pu être déjà étudiés sur place, Australopithecus sediba constitue tout simplement l’espèce hominidée la plus complète connue à ce jour. Une richesse qui ne devrait qu’augmenter, puisque la grotte de Malapa renferme d’épais niveaux géologiques, et autant de fossiles potentiels…

Des études contradictoires

Les chercheurs ont tout d’abord analysé les dents de sediba, éléments du squelette qui se conservent le mieux. Ils ont ainsi repéré 22 traits anatomiques précis, comme l’épaisseur de l’émail, le nombre de racines par molaire, la finesse ou la taille des dents. Puis ils les ont comparés à ceux de huit autres espèces fossiles africaines (en particulier Australopithecus africanus, également présent en Afrique du sud, Australopithecus afarensis, localisé en Afrique de l’Est, Homo habilis et Homo erectus).

Conclusion : sediba s’apparente plus, du point de vue dentaire en tout cas, à ses cousins d’Afrique du Sud africanus, qu’aux australopithèques d’Afrique de l’Est afarensis, parmi lesquels la célèbre Lucy. Élément de compréhension supplémentaire, les dents de sediba le rapprochent plus des espèces Homo que des autres australopithèques. Un résultat quelque peu contradictoire avec une précédente étude, de juin 2012, portant sur cette même dentition, mais réalisée par d’autres équipes. Elle concluait que le régime alimentaire de sediba se composait essentiellement de fruits, de bois et d’écorce… Plus proche, donc, de celui des chimpanzés actuels que de tous les hominidés fossiles connus.

Primitif et moderne à la fois !

Pour tenter de préciser les choses, les paléoanthropologues se sont également penchés sur les membres supérieurs et inférieurs de sediba. Et là, même conclusion contrastée, qui fait ressembler l’anatomie de l’ancêtre de Malapa à une véritable mosaïque de caractères, dits « primitifs » ou « ancestraux », hérités des lointains australopithèques, et « dérivés », c’est-à-dire modernes (évolutivement parlant) et propres au genre Homo. « Prenez par exemple ses bras, décrit Steven Churchill, de la Duke University à Durham, aux États-Unis, la forme des articulations, la longueur, la forme et les proportions relatives entre les os qui les constituent, indiquent une capacité à la suspension aux branches et à la grimpe aux arbres proche de celle de nos cousins simiens. Mais les phalanges de ses doigts, plus longues, fines et moins courbées que celles des chimpanzés actuels, indiquent une évolution vers la main humaine. »

Même chose avec la partie inférieure du squelette, dont le bassin et les jambes, aux os longs et rectilignes, sont adaptés à la bipédie, mais dont les pieds sont nettement plus primitifs, avec un appui au sol très différent de celui des Homo à venir. Conclusion : sediba maîtrisait une bipédie quelque peu claudicante, avec un pied pivotant latéralement à chacun de ses pas, mais une bipédie tout de même, marque incontestable de son hominisation en marche...

Des surprises à venir ?

Alors, que conclure de ce tableau contrasté ? Tout en restant prudent, Lee Berger insiste tout de même sur la proximité importante de son « bébé » avec les premiers représentants du genre Homo, habilis et erectus en particulier. Sans répondre, pour l’instant, à la principale objection de ses détracteurs : comment un hominidé ayant vécu il y a près de 2 millions d’années à l’extrémité australe de l’immense continent africain pourrait-il être l’ancêtre de formes beaucoup plus modernes, Homo habilis par exemple, évoluant à la même époque en Afrique de l’Est… voire en Europe, très loin de l’Afrique, comme les Homo georgicus de Dmanissi en Géorgie ? La réponse se trouve peut-être cachée à quelques mètres de profondeur dans la grotte de Malapa : si les sediba « MH1 », « MH2 » et leurs frères ne sont que les derniers représentants d’une espèce bien plus ancienne dont les fossiles restent à découvrir, alors leur statut d’ancêtre de tous les hommes redeviendrait légitime… Affaire à suivre.

Source : Sciences Actualités du 12/04/2013

jeudi 18 avril 2013

L’australopithèque de Malapa précise l’histoire évolutive de l’Homme

L’Homme de Malapa fait à nouveau parler de lui, puisque six études viennent de lui être consacrées. Australopithecus sediba était bien bipède, mais il ne pouvait pas marcher ou courir comme nous. Cet hominine qui était à l'aise dans les arbres est peut-être notre ancêtre. Au fait, Lucy n’est probablement pas le sien.

Le « berceau de l’humanité » est un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000. Situé à proximité de Johannesburg, en Afrique du Sud, il fait depuis 2008 l’objet de nombreuses attentions. Repérée grâce à Google Earth, la grotte de Malapa abritait 220 restes fossiles appartenant à une nouvelle espèce d’australopithèques vieille de deux millions d’années : Australopithecus sediba.

L’auteur de cette découverte, Lee Berger de l’université du Witwatersrand (Afrique du Sud), a depuis coordonné un vaste programme de recherche international pour mieux connaître cet hominine. Six articles publiés dans la revue Science viennent de livrer les principaux résultats.

Le terme « mosaïque » résume bien les observations anatomiques réalisées sur MH1 et MH2, deux squelettes particulièrement bien conservés, ainsi que sur le fémur isolé de MH4. L’analyse des os et des dents de ces A. sediba a quelque peu chamboulé l’histoire évolutive de l’Homme et de ses ancêtres. Mais revenons d’abord sur la description de cette espèce, dont on sait déjà qu’elle se nourrissait d’écorces.

Ce crâne d'Australopithecus sediba, un hominine ayant vécu voici deux millions d'années, a été reconstruit à partir d'un reste fossile découvert dans la grotte de Malapa (Afrique du Sud). Des bras fixes durant la marche et la course ? La bonne conservation de l’holotype et du paratype a permis une reconstitution fidèle de leur cage thoracique. Elle mélange des caractères propres aux australopithèques, mais aussi aux premiers représentants du genre Homo. Sa partie supérieure présente une forme conique (elle est plus étroite à proximité du cou), comme chez les grands singes, ce qui autorise d’importants mouvements des omoplates. Or, ils sont justement requis pour grimper aux arbres, ce que faisait A. sediba selon la morphologie du radius, du cubitus, de l’omoplate, de la clavicule et d’un fragment de sternum de l’un des squelettes. En revanche, la forme de la cage thoracique ne permet pas le balancement des bras durant la marche ou la course bipède. L’Homme de Malapa ne se déplaçait donc pas comme nous, même si le bas de son thorax est comparable en forme à celui des premiers Hommes. Cependant, selon l’analyse détaillée des os des membres inférieurs, il marchait jambes tendues, mais avec les pieds fortement tournés vers l’intérieur (hyperpronation). Cette dernière caractéristique lui est propre, puisqu’aucun autre australopithèque ne la partage. Par ailleurs, il ne pouvait pas courir longtemps, car l’absence de mouvement de bras rend la course particulièrement énergivore. L’ancêtre le plus direct des premiers Hommes D’un point de vue évolutif, l'Homme de Malapa serait bien une nouvelle espèce d’après la taille et la forme de sa mandibule, et non un morphotype d’A. africanus. Selon plusieurs caractères dentaires, ces deux espèces sont cependant tellement proches qu’elles ont été rassemblées au sein d’un unique clade, celui des australopithèques d’Afrique du Sud. Ils se distinguent ainsi de leurs homologues d’Afrique de l’Est, ce qui signifierait qu'ils ne descendent probablement pas de Lucy (A. afarensis). Les dents montrent aussi des caractéristiques qualifiées de modernes, car elles sont présentes chez les premiers représentants du genre Homo, par exemple chez Homo erectus. La comparaison ne s’arrête pas là, puisque l’Homme de Malapa possède cinq vertèbres lombaires et cinq éléments sacrés (qui forment le sacrum chez l’Homme moderne)… comme nous. De même, sa courbure lombaire est plus prononcée que celle d’A. africanus, au point de ressembler à la situation rencontrée chez H. erectus. Face à tant d'éléments, A. sediba pourrait correspondre à l’ancêtre le plus direct des premiers représentants du genre Homo... et donc de l'Homme moderne !   Reconstitution du squelette de l'un des Australopithecus sediba découverts dans la grotte de Malapa en 2008. Les 220 fragments d'os mis au jour appartiendraient à six individus différents. Source : Futura Sciences du 16/04/2013

mercredi 17 avril 2013

L’évolution humaine a pris un tournant avec Australopithecus sediba

De nouvelles analyses de squelettes fossiles d’A. sediba, renforce l’idée que cette espèce constitue un pont évolutionnaire entre les australopithèques anciens et les premiers hommes.

ANCETRE. Depuis la découverte de fossiles en 2008 dans une caverne à Malapa en Afrique du Sud, Australopithecus sediba suscite l’intérêt des spécialistes de l’évolution qui qualifie cette espèce de mosaïque tant chez elle les caractères simiesques et humains sont mélangés. Vieux de deux millions d'années, sediba serait l'un de nos premiers ancêtres le plus proche, révèlent six nouvelles études publiées jeudi dans la revue Science.

Des squelettes bien conservés

Si A. sediba est si bien connu quelques années seulement après la découverte des premiers spécimens, c’est grâce à un coup de chance : les paléontologues sont tombés sur deux squelettes assez complet d'un jeune mâle et d'une femelle ainsi que le tibia isolé d'un adulte.

Crâne d'un A.sediba.

Cela a permis une analyse complète qui a constaté que le bassin, les mains et les dents des fossiles sont de type humain alors que les pieds, les longs bras, les épaules et le haut de la cage thoracique s'apparentent au singe.

Quand on regarde ces squelettes sous tous leurs aspects, de la mâchoire au pieds, on voit partout des marques de la transition entre l'Australopithèque (un hominidé éteint) et le genre homo" à qui appartient l'homme moderne, souligne Darryl de Ruiter, professeur d'anthropologie à l'Université du Texas, co-auteur d'une des six études.

Une histoire de dents

Une des études a porté sur les dents de Sediba qui ont été comparées à huit autres hominidés africains dont des humains modernes et des espèces éteintes du genre Homo et d'Australopithèques.

Mâchoire inférieure de sediba.

Les chercheurs ont aussi examiné des dents de 44 gorilles et ont conclu que les caractéristiques dentaires établissaient un lien étroit entre Sediba et les premiers humains.

A de nombreux égards cette étude sur les dents confirme les résultats de travaux antérieurs sur Sediba dont l'analyse de l'intérieur du crâne, de la main, du pelvis, du pied et de la cheville, souligne Debbie Guatelli-Steinberg, professeur d'anthropologie à l'Université de l'Etat d'Ohio, un des auteurs de ces travaux. "Toutes ces recherches montrent jusqu'à présent que Sediba avait une mosaïque de traits primitifs et modernes qui font penser que cette créature a été un lien entre les premiers Australopithèques comme la célèbre Lucy et les premiers humains", ajoute-t-elle.

Quelle place dans l’arbre de l’évolution ?



Les chercheurs ne sont pas encore sûrs de savoir où situer A. Sediba dans la lignée évolutive de l’homme mais ces six études montrent que les fossiles de Malapa sont un exemple frappant de cette évolution.

Squelette de sediba au centre avec un homme moderne à gauche et un chimpanzé à droite. 

"Nous faisons peut-être la meilleure observation d'une ancienne espèce d'hominidé jamais conduite auparavant", juge le professeur Berger, de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, ajoutant que Sediba "devrait être considéré comme le meilleur candidat potentiel pour être l'un des tous premiers membres du genre homo".

Source : Sciences et Avenir du 11/04/2013

samedi 13 avril 2013

Australopithèque Sediba : l'ancêtre mi-homme mi-singe dévoile ses secrets

Une étude menée sur des fossiles de l’Australopithèque Sediba, un spécimen vieux de 2 millions d’années, indiquent qu’il pourrait s’agir d’un des premiers ancêtres à la base de la lignée humaine.

Vieux de 2 millions d’années, mi-homme mi-singe, Australopithecus sediba est l’un des premiers ancêtres le plus proche de la lignée humaine. Une récente étude menée sur des fossiles retrouvés en 2008 dans une grotte de Malapa, en Afrique du Sud, met en lumière ses habitudes, comportements et modes de vie, restés jusqu’à présent plutôt mystérieux.

Les restes analysés proviennent des squelettes assez complets d’un jeune mâle, communément appelé MH1 et d’une femelle, MH2. Les résultats de cette enquête la plus approfondie à ce jour ont fait l’objet de six publications dans la revue Science. Ils mettent en évidence une combinaison étrange de traits à la fois humains et simiens.
Parmi les ossements retrouvés, certains sont similaires à ceux humains comme le bassin, les mains et les dents tandis que d’autres sont plus proches du singe comme les pieds, les bras et les épaules.

Des marques de transition entre Australopithèque et Homo

Au. Sediba était une créature bipède. Toutefois contrairement à ses successeurs, celle-ci se déplaçait en adoptant une démarche étrange, les hanches tournées et les genoux vers l’intérieur. Ses longs bras et ses pieds légèrement courbés lui permettaient par ailleurs de grimper aux arbres avec une aisance remarquable.
"Quand on regarde ces squelettes sous tous leurs aspects, de la mâchoire aux pieds, on voit partout des marques de la transition entre l'Australopithèque (un hominidé éteint) et le genre homo" à qui appartient l'homme moderne indique dans un communiqué Darryl de Ruiter, professeur d'anthropologie à l'Université du Texas et co-auteur d'une étude. Il ajoute : "On peut y observer l'évolution à l'œuvre".

Les chercheurs se sont également intéressés aux dents retrouvées sur les squelettes et les ont comparées à celles de huit autres hominidés africains et de 44 gorilles. Leurs conclusions suggèrent, au regard des caractéristiques dentaires, qu’Au. Sediba était un proche parent des australopithèques d’Afrique de l’ouest connu sous le nom d’Australopithecus africanus. Ces deux espèces seraient plus étroitement liées à l’homme que ne le serait Australopithecus afarensis, australopithèque d’Afrique de l’Est, représenté par la célèbre Lucy.

Le meilleur candidat potentiel

Davantage de fossiles sont encore nécessaires pour pouvoir trouver les pièces manquantes de ce puzzle de l’évolution. Toutefois, pour le moment Au. Sediba est considéré par les chercheurs comme le meilleur candidat potentiel pour être l'un des tous premiers membres du genre homo. Les fouilles devraient reprendre cet été à Malapa afin de découvrir d’éventuelles autres traces de cette espèce.

Source : MaxiSciences du 12/04/2013

mercredi 18 juillet 2012

Un bel ancêtre exhumé en Afrique du Sud

Il vivait il y a douze millions d’années et avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. L’australopithèque dont le squelette est le mieux conservé à ce jour vient d’être trouvé en Afrique du Sud.

Le squelette « le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme », appartenant à un australopithèque vieux de deux millions d’années, a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo. L’annonce en a été faite par le professeur Lee Berger, de l’université du Witwatersrand de Johannesburg, qui a identifié au scanner des fragments importants d’ossements enchâssés à l’intérieur d’un bloc rocheux d’un mètre de diamètre.

La découverte de Karabo a été fortuite. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire, dans l’attente d’être analysé. C’est en le déplaçant qu’un technicien a remarqué une dent qui semblait surgir de la pierre. Le bloc rocheux sera prochainement cassé pour en extraire les fossiles pétrifiés.

Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l’espèce « Australopithecus Sediba », et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de « berceau de l’humanité », inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d’un fémur complet comme il n’en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d’autres éléments de membres.

Mangeur d’écorces

Australopithecus Sediba n’est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu’il a vécu il y a environ deux millions d’années, à peu près à l’époque où les primates du genre « homo », nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg. « Ce qui rend ce site unique , a expliqué Bonita De Klerk, chef de laboratoire à l’université de Johannesburg, c’est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle ». La place de Sediba dans l’arbre généalogique de l’espèce humaine n’est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d’Australopithecus Africanus, lui-même issu d’Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre « Lucy » vieille de trois millions d’années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l’humanité.

L’espèce fascine les scientifiques, car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu’il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision. L’étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant : alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Sediba préférait largement le bois et les écorces d’arbres.

Source : Le Républicain lorrain du 14/07/2012

mardi 17 juillet 2012

Karabo, le premier pré-humain le plus complet

À proximité de Johannesburg, un australopithèque de deux millions d’années a été décelé. Il est le squelette « le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme »
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Des scientifiques ont exhumé cet australopithèque âgé de deux millions d’années. Le professeur de l’université de Witwatersrand de Johannesburg, Lee Berger a déclaré qu’il s’agissait avec certitude « du squelette le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme ». Cet individu a donc été baptisé Karabo et certaines données ont pu d’ores et déjà être transmises. Cet australopithèque avait entre 9 et 12 ans lors de sa mort et il appartenait à une espèce nommée « Australopithecus Sediba ». Le scanner a permis de révéler différents éléments de son squelette dans un bloc rocheux de 1 mètre de diamètre.

Cette espèce n’est vraiment connue par les scientifiques. Il existe aujourd’hui quelques informations la concernant. Elle aurait vécu il y a deux millions d’années au même moment que les primates du type « homo ». En 2008, une précédente découverte avait permis de déceler sur le même site des fragments de deux autres spécimens. Le chef de laboratoire de l’Université, Bonita De Klerk a donc déclaré que ce site était unique « c’est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle. Ces squelettes sont presque complets, et, à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-là, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle ».

La liaison avec l’humain n’est pas clairement définie, mais il pourrait être parent avec la célèbre famille de « Lucy ». Les scientifiques sont enthousiastes à l’idée de faire prochainement de nouvelles découvertes. Karabo est apparu par hasard puisque le bloc rocheux était présent dans le laboratoire depuis trois ans. Au mois de juin dernier, les scientifiques l’ont déplacé en remarquant une protubérance.


Karabo, l'exceptionnel australopithèque découvert en Afrique du sud

Selon l’AFP, les scientifiques d’une université sud-africaine ont récemment (re)découvert, dans un bloc rocheux prélevé il y a 3 ans sur un site paléontologique et ‘oublié’ depuis, un fossile quasi-completd’Australopithecus sediba, une espèce de préhumain vieille de 2 Ma identifiée assez récemment.

C’est par hasard, au mois de juin dernier, en déplaçant un gros échantillon de roche figurant parmi le matériel de laboratoire de l’Université du Witwatersrand (Johannesburg, Afrique du Sud), que le personnel de cet établissement s’est avisé que le bloc d’1m de diamètre recelait un précieux contenu… : "presque à coup sûr (...) le squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", selon le Pr Lee Berger, chercheur dans cette université.

Un scanner du bloc de roche a permis d’y déceler la présence d’une partie de la mâchoire, de côtes, de vertèbres, d'un fémur et d'autres éléments des membres. Baptisé Karabo, le fossile, celui d’un Australopithecus sediba de 9 à 12 ans, datant de -2 Ma, provient de la grotte de Malapa, non loin de Johannesburg, où plusieurs de ses congénères avaient déjà été mis au jour.

"Ce qui rend ce site unique, c'est que nous avons réussi à y trouver toutes les pièces du puzzle : les squelettes sont presque complets, et, à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-ci, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle[anatomique]", a déclaré Bonita De Klerk, chef de laboratoire à l’Université du Witwatersrand. Karabo pourrait devenir le spécimen type de son espèce.

dimanche 15 juillet 2012

Découverte de Karabo, l’australopithèque

Un squelette d’australopithèque a été retrouvé en Afrique du Sud.

On apprend ce matin par Francetv.info, la découverte d'un squelette d'australopithèque à Johannesburg en Afrique du Sud. Il s'agirait là du squelette "le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme", provenant de la grotte Malapa, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

Ce squelette a été presque découvert par hasard. En effet, le bloc de pierre contenant les ossements, se trouvait depuis quasiment trois ans dans le laboratoire pour recherche de fossiles. Au mois de juin 2012, un membre du personnel le déplace et constate qu'une dent semble émerger du bloc...

Ce squelette âgé environ de deux millions d'années et prénommé Karabo a été passé au scanner par Lee Berger, le professeur de l'université du Witwatersrand de Johannesburg. Lors du scanner, celui-ci a pu observer des fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur, des vertèbres et des morceaux de membres. Tout cela était contenu à l'intérieur d'un bloc rocheux mesurant environ un mètre de diamètre.

Après l'étude du squelette appartenant à l'espèce Australopithecus Sediba, les chercheurs estiment que Karabo est mort entre 9 et 12 ans. Cette espèce a la caractéristique d'une posture droite avec donc la possibilité de se déplacer debout mais les pieds suggèrent que Karabo vivait principalement dans les arbres. Son squelette dévoile également des bras longs, un cerveau assez complexe, des doigts courts sauf le pouce pour faciliter la préhension d'objets.

Ce qui est surprenant dans l'étude du squelette est révélé par l'étude de la dentition de Karabo. Effectivement, l'étude des dents permet de découvrir ce que mangeait Karabo. Alors que les autres hominidés avait un régime alimentaire essentiellement basé sur la consommation de feuilles et de plantes, cette espèce se nourrissait de bois et d'écorces d'arbres.

Prochainement le bloc sera ouvert pour retirer les derniers fossiles prisonniers dans la pierre.

Source : 24 matin du 13/07/2012

samedi 14 juillet 2012

Le squelette pré-humain le plus complet jamais découvert exhumé

Le squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'humain actuel a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo.

Il s'agit très probablement du squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme, selon le professeur Lee Berger, de l'université du Witwatersrand (Wits) de Johannesburg,en qui a identifié au scanner des fragments importants d'ossements enchâssés à l'intérieur d'un bloc rocheux d'un mètre de diamètre. Il appartient à un australopithèque vieux de deux millions d'années.

Fragments du squelette de Karabo, vieux de deux millions d'années

Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l'espèce "Australopithecus Sediba", et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de "berceau de l'humanité", inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.

Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur complet comme il n'en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d'autre éléments de membres.

Pas un inconnu

Australopithecus Sediba n'est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu'il a vécu il y a environ deux millions d'années, à peu près à l'époque où les primates du genre "homo", nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg.

Sa place dans l'arbre généalogique de l'espèce humaine n'est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d'Australopithecus Africanus, lui-même issu d'Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre "Lucy" vieille de trois millions d'années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l'humanité.

Source : RTS du 12/07/2012