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jeudi 1 juillet 2021

Nous sommes tous Cro-Magnon

Il y a 40.000 ans, les humains modernes venant du sud-est pénètrent dans un Hexagone dominé par le froid.

De la persévérance : c'est ce qu'il a fallu à nos ancêtres pour s'installer en France. Car lorsque les premiers représentants des Homo sapiens pénètrent sur le territoire, il y a 40 000 ans, celui-ci est en pleine glaciation. Ils vont être régulièrement chassés par ces poussées glaciaires, mais reviendront chaque fois encore plus forts.

D'où viennent-ils exactement ?

Homo sapiens est né en Afrique, il y a plus de 300 000 ans. Il y a 200 000 ans, on le retrouve au Proche-Orient. En 2021, de l'ADN des premiers arrivants en Europe, découvert en République tchèque ou encore en Bulgarie, était séquencé : il date d'environ 45 000 ans. Ces chasseurs-cueilleurs nomades progressaient donc lentement.

Quand ils arrivent en France, le territoire n'a rien du "doux pays de notre enfance". Les périodes les plus clémentes affichent quelques degrés de moins qu'aujourd'hui. Mais tous les 1 000 à 3 000 ans, le froid s'accentue. La glace envahit une grande partie du territoire. Les forêts de feuillus et de conifères sont remplacées par des paysages de steppes russes, parcourues de mammouths, rhinocéros laineux, rennes, chevaux… Au plus fort des glaciations, la France est un désert polaire et la glace gagne les bords de la Méditerranée.

L'homme moderne, de l'Afrique à la France. Homo Sapiens arrivait lui aussi d'Afrique. Au Proche-Orient, en Europe de l'Est (il y a 45 000 ans) puis en France, il croise les Néandertaliens.

Certes, les humains modernes ont de la ressource. Quand le froid s'intensifie, ils mangent moins de végétaux (racines, plantes) et plus de viande. Ils ont perfectionné leurs techniques de chasse et leurs outils sont plus performants : les pierres sont désormais précisément taillées pour être tranchantes, légères. Les os sont également travaillés pour servir de sagaies. On sait coudre des vêtements chauds dans la fourrure du gibier. Et l'on apprécie la douceur des grottes. Ces premiers humains modernes y laissent un témoignage d'une âme artistique étonnante : des parois couvertes de troupeaux de chevaux, de bisons ou de rennes qu'ils croisaient régulièrement.

Mais le froid est souvent plus fort : "Dans les données génétiques, nous voyons ces périodes de froid extrême, indique Maïté Rivollat (université de Bordeaux et Max Planck Institute for the Science of Human History d'Iéna). Lors du dernier maximum glaciaire il y a 20 000 ans, on observe une perte de diversité génétique importante. Cela indique une réduction sévère du nombre d'individus dans la population, ce qu'on appelle un goulet d'étranglement."

Pour échapper au froid, les tribus quittent le territoire et redescendent vers des refuges climatiques : la péninsule ibérique pour les uns, l'Italie, les Balkans, le sud de la Méditerranée pour les autres. Puis elles remonteront. Mais elles ne seront pas seules. "Il y a 14 500 ans, quand le climat commence à se radoucir, on voit dans les génomes apparaître un apport majeur de nouvelles populations venant du sud-est de l'Europe ou du Proche-Orient", poursuit la chercheuse. Des populations à la peau sombre qui vont venir grossir celle des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique.

Que reste-t-il aujourd'hui, en nous, de celui qu'on a longtemps appelé Cro-Magnon ? Selon les personnes, entre 5 et 15 % de génome provient de cet ancêtre. Car avec la période chaude de l'Holocène, une révolution couve au Proche-Orient. Un raz de marée se prépare.

Source : Sciences & Vie du 21/06/2021

vendredi 1 mai 1981

Homme de Cro-Magnon

L'Homme de Cro-Magnon est à l'origine le nom donné à un ensemble de restes fossiles d'Homo sapiens découverts en 1868 par Louis Lartet sur le site de l'abri de Cro-Magnon, aux Eyzies-de-Tayac (Dordogne, France), lieu auquel il doit son nom (cros voulant dire « creux » en occitan).

Cette expression a été étendue à la fin du XIXe siècle à tous les représentants de l'espèce Homo sapiens trouvés en Europe au Paléolithique supérieur, entre environ 45 000 et 12 000 ans avant le présent. Cette deuxième acception s'est toutefois aujourd'hui raréfiée dans la littérature scientifique, et s'emploie désormais surtout dans le langage courant. Les chercheurs utilisent actuellement plutôt les expressions Homo sapiens et Homme moderne.

Historique

Le nom de « Cro-Magnon » vient d'un toponyme faisant référence à un petit abri sous roche situé sur la commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil. Le toponyme lui-même est une francisation de l'occitan Cròs-Manhon. Le premier élément signifie « creux, grotte », tandis que le deuxième pourrait signifier « grand » (du latin magnus) ou être le nom d'une personne.

En 1868, le ministre de l'Instruction publique apprend la nouvelle d'une importante découverte à Tayac. Il confie au géologue Louis Lartet la mission de vérifier son authenticité. Celui-ci relate que les squelettes humains furent trouvés sous un talus formé d'éboulis provenant de l'escarpement rocheux situé au-dessus. La construction de la ligne de chemin de fer Niversac-Agen, vers 1863, avait déjà donné lieu à des emprunts de terre, mais c'est la construction d'une route voisine en mars 1868 qui entraine la découverte des restes humains. Louis Lartet effectue des fouilles sur le site, l'un des nombreux abris sous roche de la falaise des Eyzies. Il découvre cinq squelettes associés à d'autres restes fragmentaires. Parmi les cinq squelettes, on compte un adulte d'une cinquantaine d'années (Cro-Magnon 1), deux autres hommes adultes (Cro-Magnon 3 et 4) dont la taille atteignait 1,80 m, une femme (Cro-Magnon 2) et un nouveau-né, dans ce qui était probablement une sépulture, attribuée alors à l'Aurignacien. À cette époque, ce terme recouvrait ce que l'on nomme aujourd'hui l'Aurignacien et le Gravettien.

Datation

En 2002, une nouvelle datation des restes du site a précisé l'âge de la sépulture. Elle remonte au Gravettien, et pour le fossile Cro-Magnon 1, à 27 680 ans avant le présent (± 270 ans).

Source : Wikipedia

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Age : - 35 000 ans
Taille : 1,70 à 2 m
Poids : 65-70 kg
Localisation : Europe, Moyen-orient
Habitat : Forêt et plaine
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués

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