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dimanche 14 mars 2021

Lucy et l’enfant de Taung ont un nouveau visage

De nouvelles reconstructions faciales de Lucy et l’enfant de Taung, deux Australopithèques, montrent à quoi ces deux individus pouvaient ressembler à leur époque.

Qui était Lucy ?

C’est en 1974 que les chercheurs Yves Coppens, Donald Johanson et Maurice Taieb, en fouillant le site d’Hadar (Éthiopie) sont tombés sur les ossements de ce pré-humain. Avec 40 % des os retrouvés, ce squelette vieux de 3,2 millions d’années est l’un des plus complets jamais découvert. Il a depuis été rattaché à l’espèce des Australopithecus afarensis.

Grâce à l’analyse de ces ossements, et de l’environnement dans lequel ils ont été retrouvés, nous savons que Lucy mesurait entre 1,10 m et 1,20 m pour un poids d’environ 25 kg. Les découvertes d’autres crânes de ces mêmes pré-humains ont par la suite souligné un fort dimorphisme sexuel dans cette espèce. De par son petit gabarit, nous savons ainsi que Lucy était une femelle. Elle affichait également un visage prognathe abritant un petit cerveau d’environ 400 cm3.

Lucy était aussi bipède, se déplaçant au sol de manière un peu chaloupée, mais préférait grimper dans les arbres, en témoignent l’analyse de ses membres supérieurs un peu plus longs que ses membres inférieurs. D’abord considérée végétarienne, Lucy était vraisemblablement charognarde, découpant parfois la chair disponible avec des outils.

Enfin, il est désormais admis que Lucy n’est pas notre “grand-mère” à tous, comme nous le supposions au départ. En réalité, l’espèce Australopithecus afarensis se place sur une branche séparée de celle du genre Homo. Au mieux, elle est donc une très ancienne cousine éloignée.

Ceci étant dit, à quoi ressemblait-elle, précisément ? Des chercheurs de l’Université d’Adélaïde, en Australie, se sont penchés sur la question. Ils se sont également concentrés sur l’enfant de Taung, qui désigne le crâne d’un individu juvénile de l’espèce Australopithecus africanus découvert en 1924 près de Kimberley, en Afrique du Sud. Celui-ci serait décédé vers l’âge de trois ans il y a environ 2,8 millions d’années.

Des reconstructions pas toujours cohérentes

Il existe naturellement déjà des reconstructions de Lucy et de l’enfant de Taung. Le problème est qu’elles ne sont pas toujours très cohérentes. Une analyse précédente des reconstructions de 860 hominidés (un groupe comprenant des humains, des singes et leurs proches disparus) à partir de 55 expositions de musée a en effet déjà montré des incohérences remarquables, même celles représentant les mêmes individus. Et Lucy n’échappe pas à la règle.

«Je m’attendais à trouver une cohérence dans ces reconstructions exposées dans les musées d’histoire naturelle, mais les différences, même là, étaient très importantes», explique l’auteur principale de cette étude Ryan Campbell, dans un article de blog.

Un autre problème est que certaines reconstructions ont été fortement influencées par des contes imaginaires sur ce qui est “primitif” et “sauvage”, par rapport à ce qui est “civilisé” et “moderne”, poursuit Rui Diogo, de l’Université de Washington.

Ce dernier cite en exemple l’image emblématique de l’évolution humaine, “The March of Progress” de Rudolph Zallinger. Imprimée dans une série de livres scientifiques en 1965, celle-ci perpétue l’idée erronée que les humains ont évolué de l’animal à l’Homme à la peau blanche en passant par le singe selon une progression linéaire.

D’autres inexactitudes trouvées dans d’autres dessins ou expositions dépeignent également Lucy avec un compagnon et des enfants. Or, la structure de la famille nucléaire est une construction plus récente dans l’histoire de l’humanité.

Deux nouveaux visages

Dans le cadre de ces nouveaux travaux, les chercheurs expliquent avoir fait de leur mieux pour tenter de reconstruire les visages de Lucy et de l’enfant Taung en mettant de côté tous les a priori, tout en étant le plus scientifiquement précis. Ces visages, les voici.

Pour l’enfant Taung, les chercheurs ont utilisé des techniques traditionnelles de moulage pour faire un double du crâne à partir d’un autre moulage du spécimen original. Le crâne de l’enfant Taung avait été bien conservé, en revanche, ils devaient encore faire des hypothèses sur la façon de concevoir ses tissus faciaux.

La reconstruction de Lucy, quant à elle, était un vrai défi, dans la mesure où la plupart de ses os crâniens sont manquants. En revanche, sa mâchoire inférieure est assez complète, ce qui a aidé les chercheurs. Pour cette chère Lucy, ces derniers ont privilégié une teinte de peau similaire à celle des bonobos (Pan paniscus), tandis que les traits de l’enfant de Taung sont plus similaires à ceux des humains modernes originaires d’Afrique du Sud.

Source : SciencePost du 11/03/2021

mardi 10 mars 2020

Qui sont nos aïeux ?

Toumaï, Lucy, Florès... vous connaissez leur nom, mais savez-vous exactement qui est qui ?
Découvrez-le dans cette galerie de portraits.

Toumaï

7 millions d'années (Ma). Découvert au Tchad en 2001, Sahelanthropus tchadensis, alias Toumaï, est notre plus vieil ancêtre connu à ce jour. Sa capacité crânienne (350 cm3) est encore proche du chimpanzé, mais il était déjà probablement en partie bipède.

Lucy

3,2 Ma. Retrouvée en Ethiopie en 1974, Lucy (A. afarensis) est une australopithèque, bipède, mais n'ayant pas tous les caractères du genre Homo. Les médias ont fait d'elle la grand-mère de l'humanité, mais notre généalogie montre que ce n'est pas le cas.

Habilis

2,5 à 1,8 Ma. Avec sa boîte crânienne qui atteint les 600 cm3 (contre 450 pour Lucy), Homo habilis est traditionnellement considéré comme le premier hominidé du genre Homo et le premier à avoir fabriqué des outils.

Ergaster

2,2 à 1 Ma. Avec leur grande taille (1,85 m) et leurs arcades sourcilières peu proéminentes, les fossiles d'Homo ergaster retrouvés en Afrique ressemblent plus à des hommes modernes qu'aucun de leurs contemporains. Sont-ils des H. erectus africains, des ancêtres d'H. erectus ou bien des cousins ? Cela reste à ce jour un mystère.

Erectus

De 1,9 Ma à 120 000 ans. Homo erectus serait le premier Homo à sortir d'Afrique. Avec un cerveau de 1 000 cm3, il colonise l'Europe, le Proche-Orient et enfin l'Asie. Il utilise le feu, c'est certain, mais savait-il l'allumer ?

Flores

De 95 000 à 50 000 ans. Avec leur petit mètre de hauteur, un cerveau de 380 cm3 (un tiers du nôtre) et leurs grands pieds, les fossiles retrouvés sur l'île de Flores (Indonésie) sont des contemporains d'Homo sapiens. Comme lui, ils fabriquent des outils, chassent... Leur taille serait due à une adaptation à la vie insulaire.

Neandertal

De 300 000 à 28 000 ans. Avec son front fuyant, ses pommettes proéminentes et son corps trapu, le néandertalien paraît un peu fruste. Pourtant, il fabrique des outils, crée des bijoux, inhume ses morts... Sa branche aurait divergé de celle d'Homo sapiens il y a 500 000 à 700 000 ans, mais les analyses ADN montrent que les deux espèces ont eu des contacts plus que rapprochés...

Sapiens

Depuis plus de 200 000 ans. Les fossiles, vieux de 35 000 ans, retrouvés dans la grotte de Cro-Magnon, en Dordogne, constituent le plus célèbre représentant européen d'Homo sapiens, autrement dit l'homme moderne. Né il y a 200 000 ans en Afrique, Homo sapiens la quitte il y a 100 000 ans pour coloniser la planète entière. Il est le seul du genre Homo à avoir survécu.

lundi 13 avril 2015

Un os de babouin dans le squelette de Lucy

Pendant plus de 40 ans, on a cru que le squelette de Lucy, vieux de 3,2 millions d’années, comprenait 89 os. Mais en voulant faire une copie des restes du fameux australopithèque, deux chercheurs du Musée d'histoire naturelle de New York ont noté qu’un fragment de vertèbre paraissait trop petit pour s'intégrer au reste de sa colonne vertébrale...

Le magazine New Scientist raconte comment, après une étude plus poussée, l’os a été identifié comme appartenant... à un babouin. Si ce fragment a été inclus au squelette par erreur, les scientifiques restent toutefois rassurant quant à la provenance des 88 os restants : ils seraient bien ceux du plus célèbre des préhumains.

Source : 20 minutes du 11/04/2015

vendredi 7 mars 2014

Non, la femme de Cro-Magnon n'était pas qu'un objet sexuel...

Lucy était-elle vraiment une femme ? Que sait-on de la vie sexuelle, familiale et sociale de la femme préhistorique ? Le point avec la paléontologue Claudine Cohen.

Paléontologue et historienne des sciences, Claudine Cohen est l'auteur de "La femme des origines. Images de la femme dans la préhistoire occidentale", Editions Belin-Herscher, 2006. Interview.


Reconstitution de Lucy, la femme préhistorique remontant à 3,5 millions d'années, et de son supposé compagnon. Lucy a été découverte en 1974 dans la vallée du Rift en Ethiopie par l'Américain Donald Johanson et le Français Yves Coppens

Comment vivait Lucy il y a plus de 3 millions d’années ?

- Personne ne sait vraiment comment vivaient les Australopithèques, quelque soit leur sexe ! Ce sont des hominidés très anciens, largement bipèdes. D’après leurs dents, ils étaient végétariens, se nourrissant de graines, de fruits, peut-être aussi d’insectes ou de petits animaux. Ils se servaient probablement de projectiles et cassaient des cailloux pour se servir du tranchant. Du fait de sa bipédie, Lucy avait certainement perdu les signes de l'œstrus (l’ovulation visible). On peut donc supposer qu'elle avait une sexualité permanente, à la différence des grands primates qui ont des périodes de rut (traces olfactives, vulve saillante...) induisant des combats entre mâles pour accéder à la femelle le jour même de l’ovulation. On sait aujourd'hui que la perte de l'œstrus conduit à une transformation profonde des rapports entre les sexes. Est-ce une raison pour en déduire que Lucy vivait en famille, qu’il y avait des couples ? C'est une autre histoire... Mais si on croit Darwin, il se peut qu'en des périodes très anciennes, ce soit la femme qui choisissait ses partenaires, et, non l'inverse !

Vous écrivez dans "La femme des origines" que Lucy devra peut-être un jour être rebaptisée Lucien. Simple boutade ?

- Ce n'est pas improbable. Lucy a été mise en avant comme une sorte d’icône féminine, à un moment où les féministes se battaient pour redorer l'image de la femme et ancraient leur combat jusque dans le paléolithique. Jusque-là, c’était l’homme qui faisait la gloire de la recherche préhistorique. Et voilà qu'en 1974, une équipe franco-américaine (codirigée par Donald Johanson et Yves Coppens) tombe sur ce squelette exceptionnel d'un hominidé très ancien, mais en petits morceaux. Le soir même de sa découverte, il est baptisé Lucy (essentiellement en référence à la chanson des Beatles).

Faire d'une femme la nouvelle héroïne de la préhistoire, c'était une révolution ?

- Oui, et quel coup médiatique ! Or, son squelette éparpillé en centaines de fragments d'os, devait difficilement être déchiffrable au premier regard ! Deux critères sont essentiels pour reconnaître le sexe. Le premier est la gracilité. Et Lucy, squelette adulte, mesure 105 cm. Est-elle une femme pour autant ? Nous n'avons pas beaucoup d'éléments de comparaison, et jusqu'à aujourd'hui, le dimorphisme sexuel de cette espèce reste discuté. Le second critère tient à la structure du bassin : celui d’une femme qui a déjà enfanté doit s’écarter suffisamment pour laisser passer la tête de l'enfant. Mais chez Lucy, on a un crâne de moins de 500 cm3… Ce critère n’est donc pas très pertinent. Et l'on peut conserver un doute sur son sexe.

Lorsque la chasse se développe, le fait d’être homme ou femme change tout de même la donne ?

- La grande chasse (au mammouth, au bison...) se développe tardivement, à partir du paléolithique supérieur (- 35 000). Mais à l’époque où les hommes ont commencé à manger de la viande, il y a environ 1,5 millions d’années, il n’est pas dit que la chasse ait joué le rôle essentiel qu’on lui accorde. C’est ce qu’a démontré l’archéologue américain Lewis Binford dans les années 60, avant même que les féministes ne s’emparent du sujet. En étudiant certains sites de dépeçage ou de boucherie très anciens, il en a déduit que l’homo habilis ou ergaster était un charognard (il mange les carcasses d’animaux déjà tués) avant d’être un chasseur ! Cette thèse est loin d’être farfelue et permet de ramener les femmes sur le devant de la scène. Exit l’héroïque et valeureux chasseur ! Tous les individus d'un groupe, hommes, femmes, adolescents, peuvent participer au dépeçage et à la cueillette !

Le modèle de l’homme chasseur ne serait qu’une idéologie parmi d'autres ?

- C’est un modèle qui s’est développé dans les années 50, au lendemain de la guerre, et voulait au contraire tordre le cou aux idéologies, notamment racistes, du passé. Certains anthropologues américains, comme Sherwood Washburn, se sont penchés sur la chasse comme modèle de l’hominisation. La chasse répond très bien à cela : elle permet la fabrication des outils, elle induit une répartition des tâches entre les chasseurs, développe la ruse, l’altruisme, l’endurance à la course, révèle des qualités sociales, physiques, intellectuelles. Mieux, l’homme qui ramène le gibier peut s’octroyer ainsi les faveurs sexuelles de la femme restée dans la caverne. C'est un modèle qui fonctionne bien.

Le hic c'est que celui qui agit, qui devient intelligent, qui part vers le lointain... c'est l'homme seul ! Il a le beau rôle. La femme, elle, est complètement larguée, totalement passive, avec une multitude de marmots attachés à ses mamelles. On n’est pas loin des clichés véhiculés par les préhistoriens du 19e siècle. D'ailleurs, cette vision manichéenne provoquera des réactions virulentes chez les féministes américaines qui s'attacheront alors à bâtir un modèle totalement inverse : le chasseur est mis de côté, les femmes dominent le groupe, élèvent les enfants, pourvoient à la nourriture, s'intéressent aux plantes … Un modèle en vaut un autre, surtout lorsque les preuves sont rares. Mais celui des féministes des années 70 fut rapidement écarté au profit d'autres constructions jugées plus "raisonnables".

L'homme de Cro-Magnon est l'archétype de l'homme préhistorique, viril, chasseur, artiste... Un mythe ?

- Cro-Magnon, c’est l’homme du paléolithique supérieur. Son squelette est découvert en 1868, à un moment où la science préhistorique tente de s'écarter, non sans difficulté, du récit biblique. Mais il véhicule aussi les préjugés propres à la société bourgeoise et patriarcale du 19e siècle. Cro-Manon, c'est l'homme avec un grand H, qui arrive de l'Est il y a quelque 40.000 ans, reste nomade mais s'installe dans certains lieux de sédentarité et a une activité florissante: peinture, sculpture, cueillette. Il vit dans une société structurée, avec des règles. C'est lui qui triomphe sur Neandertal. C'est l'homme moderne, très grand, robuste. La femme de Cro-Magnon, elle, est totalement occultée. Or l'abri de Cro-Magnon servait de sépulture non seulement au fameux "vieillard", mais aussi à quatre autres individus, dont une femme. L'homme est devenu célèbre, sa compagne est restée dans l'ombre. Et les fantasmes vont bon train...

Justement, à côté de cet archétype de virilité, la femme sapiens n'était-elle qu'un objet sexuel ?

- L'image de Cro-Magnon traînant sa femme par les cheveux pour la culbuter au fond de la caverne ne tient pas la route. Ceux qui ont forgé cette image au 19e siècle ont sans doute repris quelques exemples ethnographiques australiens éternellement ressassés... Ils évoquaient aussi les pratiques de l'exogamie, qui consiste pour les hommes d'un clan à aller enlever, parfois violemment, des femmes à l'extérieur du groupe. Mais les hommes qui ont peint les grottes Chauvet et Lascaux appartenaient à des groupes sociaux structurés, avec des règles, des rituels, des productions techniques et artistiques raffinées. Il est peu probable qu'ils passaient leur temps à violer sauvagement leurs femmes... L'art préhistorique, dans sa dimension érotique, avec les vulves peintes ou taillées dans la roche ou les statuettes aux formes opulentes a probablement contribué à alimenter ces fantasmes. Notamment dans une société victorienne où la sexualité était taboue.

Sa place était donc près du feu, à s'occuper des enfants ?

- Rien n'est moins sûr ! Le culte de la fécondité tient mal la route dans une société de chasseurs-cueilleurs nomades. C'est ce qu'on a pu constater dans les groupes similaires actuels : avoir beaucoup d'enfants est incompatible avec le nomadisme et il est vital de contrôler autant que possible les naissances. C'est plus tard, avec la sédentarisation et l'agriculture, que la nécessité d'avoir beaucoup d'enfants se fait sentir. Mais admettons que la femme reste cloitrée dans son abri, près du feu. Était-elle passive pour autant ? Sur les sols des habitats, on a découvert des restes de petits outillages de pierre. Pourquoi les femmes ne s'en seraient-elles pas servis ? Pourquoi n'auraient-elles pas pu les fabriquer (la force n'est pas essentielle pour tailler la pierre) ? Rien ne les empêche non plus d'avoir eu une activité artistique. En ce moment, toute une polémique se développe autour d'éventuelles traces de mains - féminines ! - près des grottes ornées.

Partage des tâches, fabrication d'outils, et peut-être même activités artistiques … la femme de Cro-Magnon n'est pas celle qu'on croit ?

- La science préhistorique a beaucoup évolué. Les féministes américaines, qui s'étaient emparées de la préhistoire dans un but idéologique, ont mis beaucoup d'eau dans leur vin. Mais en dénonçant l'androcentrisme, elles ont ouvert la voie à de nouvelles recherches. Aujourd'hui un certain nombre d'archéologues cherchent à pister la femme sur les sites archéologiques. Pour trouver la femme, et comprendre son rôle, il faut d'abord la chercher !

Source : Le Nouvel Obs du 06/03/2014

jeudi 26 septembre 2013

Lucy relookée : la petite australopithèque "s’humanise"

Élaborée à partir des plus récentes découvertes, une nouvelle reconstitution du célèbre australopithèque surnommé Lucy a été présentée vendredi 20 septembre à Cleveland lors d’un colloque sur les origines de l’Homme.

C’est au Muséum d’histoire naturelle de Cleveland (Ohio), à l’occasion d’un symposium de paléoanthropologie qu’a été dévoilée la toute nouvelle ‘statue’ de Lucy, cette femelle d’Australopithecus afarensis vieille de 3,2 millions d'années découverte dans les années 1970 et qui est sans doute le fossile préhumain le plus célèbre du monde. La reconstitution est due au talent de l'artiste John Gurche.

Comme l’a expliqué Carol Ward, paléoanthropologue à l'Université du Missouri à Columbia, cette ‘nouvelle’ Lucy a bénéficié des dernières découvertes de fossiles de cette espèce sur le terrain, notamment de nouvelles côtes et un os du pied. Ces nouveaux éléments ont permis de corriger certains aspects un peu trop simiens des précédentes reconstitutions, élaborées à partir d’éléments fragmentaires et en partie inspirées de la morphologie des grands singes.

Un cou plus marqué, une cage thoracique arrondie et une taille étroite remplaçant le tronc en forme de cône de l’ancien modèle, et enfin un pied plus arqué : telles sont les principales caractéristiques de la nouvelle version de Lucy, toujours en partie arboricole mais un peu plus bipède. Yohannes Haile-Selassie, paléoanthropologue au Muséum de Cleveland, a supervisé son élaboration pour en restituer au mieux les détails.

Cette reconstitution de Lucy est installée juste à côté du squelette de l'australopithèque et est la pièce centrale de la nouvelle galerie montrant les origines de l'homme du Muséum de Cleveland. "Nous sommes ravis de dévoiler cette exposition dynamique et engageante qui met en lumière les découvertes majeures et les recherches en cours sur les origines de l'homme", explique le Dr Evalyn Gates, directrice du CMNH citée par Newsnet5.

Source : MaxiSciences du 25/09/2013

vendredi 1 janvier 1999

Lucy

Lucy, ou Dinqnesh, parfois écrit Dinknesh, est le surnom donné au fossile de l'espèce éteinte Australopithecus afarensis découvert en 1974 sur le site de Hadar, en Éthiopie, par une équipe de recherche internationale. Ce fossile est daté de 3,18 millions d'années.

Lucy constitue le premier fossile relativement complet (conservé à 40 %, avec 52 fragments osseux) qui ait été découvert pour une période aussi ancienne, et a révolutionné notre perception des origines humaines, en démontrant que l’acquisition de la bipédie datait d'au moins 3,2 millions d’années, et avait largement précédé le processus d'accroissement du volume endocrânien.

Découverte

Lucy a été découverte le 24 novembre 1974 à Hadar, sur les bords de la rivière Awash, dans le cadre de l'International Afar Research Expedition fondée par Maurice Taieb, un projet regroupant une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français, codirigé par Donald Johanson (paléoanthropologue), Maurice Taieb (géologue) et Yves Coppens (paléontologue). Le premier fragment du fossile a été repéré par Donald Johanson et Tom Gray, l'un de ses étudiants, sur le versant d'un ravin. Un monument commémoratif a été construit en ce lieu, en forme de table d'orientation portant un texte en trois langues, amharique, afar et anglais.

Lucy a été décrite une première fois en 1976 mais son rattachement à l'espèce Australopithecus afarensis n'a été proposé qu'en 1978.

Répertoriée sous le code AL 288-1, Lucy a été surnommée ainsi parce que les chercheurs écoutaient la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds le soir sous la tente, en répertoriant les ossements qu'ils avaient découverts. Elle est appelée Dinqnesh en amharique (Éthiopie), ce qui signifie « tu es merveilleuse ».

Position phylogénétique

Découverte dans des terrains datés de 3,18 millions d'années, Lucy a longtemps été considérée comme la représentante d’une espèce à l’origine de la lignée humaine. Aujourd'hui, la majorité des chercheurs ne retiennent pas cette hypothèse, et estiment que Lucy n'est pas une ancêtre du genre Homo, mais seulement la représentante d'une branche collatérale.

Source : Wikipedia